Sandra Nkaké. Quand une diva tutoie les anges.

sandra-nkake-run-ar-puns-2009Une découverte musicale, c’est toujours un grand moment. Quand la découverte se fait en live, c’est encore plus violent. A dire vrai, je m’y attendais, à la gifle, mais franchement je ne pensais pas qu’elle serait aussi sèche, violente, sans appel. Il faut vous dire qu’on m’avait prévenu. Un de mes bons amis, un érudit estampillé world music qui se reconnaîtra, m’avait gentillement harponné sur le fait que j’avais quasiment passé sous silence le concert de Sandra NKaké en ouverture de Meï Teï Shô en me soufflant, un tantinet narquois que le putain de concert annoncé ne serait peut-être pas celui que je croyais. J’étais prévenu. Quelques jours plus tard, je passais au Run ar Puñs et là, pendant le café, Jakez me reparlait de Sandra Nkaké, y allant de son « ah oui ! Ça va te plaire… » Le soir du concert, je croise un habitué des lieux. Remise de couvert, tu connais Sandra NKaké ? C’est pas possible, c’est quoi ? Une coalition ? Une caméra cachée ? [Lire plus...]

Festival du Bout du monde, une affiche classieuse et stylée.

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Le festival du Bout du Monde a annoncé sa programmation et ce n’est désormais plus une surprise que les gens qui sont aux manettes de la programmation de ce festival teinté world music savent de quoi ils causent, dès lors qu’il s’agit de faire des choix éditoriaux. D’ailleurs, ça n’est pas pour rien si le festival breton est devenu une référence dont la réputation a depuis longtemps dépassé les frontières de la presqu’île de Crozon et de ses criques de rêve. C’est la dixième édition, déjà, que j’ai encore en tête les souvenirs de l’an passé. Il est des concerts qui marquent, qui laissent en mémoire des instants ancrés dans les yeux et dans le coeur. Alela Diane en acoustique avec son père, Kwal qui enflamme le chapiteau, Maceo Parker en costard sous un soleil de plomb, les Têtes raides et un set d’anthologie, Camille géniale folledingue, Keziah Jones aérien, j’en passe et j’en oublie. Et puis Bashung, pour une dernière valse. Inoubliable. Alors évidemment, lorsque la prog de la dixième édition est tombée, tout le monde s’est demandé si le petit miracle allait se reproduire, est-ce que l’équipe de Quai Ouest musiques qui est à la barre allait retrouver la même symbiose pour ce cru 2009 ?
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La programmation intégrale du festival des Vieilles Charrues 2009.

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Carhaix, salle Glenmor, jeudi 16 avril 11:00. On y est. Le staff des Vieilles Charrues va nous annoncer le menu. Côté jardin je fais quelques clichés avec l’EOS dans la main droite pendant que j’envoie les infos à mes followers sur Twitter (eh ouais, je suis moderne et parfaitement multi-tâches). Donc, cette année, plutôt que d’annoncer la prog de manière chronologique, les Charrues nous ont concoté une présentation thématique et je dois dire que c’est plutôt bien. Après la séquence happiness et le mode heureux en position on maxi sur le thème Springsteen à Kerampuilh (on ne se lassera pas de dire à quel point les programmateurs ont fait trop fort sur ce coup-là), on parle du Tremplin des Jeunes Charrues (et qui est mon chouchou cette année, hein ? hein ?), des arts de la rue (plein de découvertes cette année) et du Cabaret Breton. De celui-ci je retiens que Marthe Vassalo viendra chanter en trio et que Mesk (le projet Didier Squiban + Sheer K) sera aussi de la fête. A noter, un concours officiel de déguisement sur le thème des extra-terrestres. Si vous venez d’Altaïr ou de Cassiopée, vous êtes hors-concours mais il y a des parkings nombreux dans les champs alentours (parcours balisé dans tout le système solaire). Sinon, revenons à notre bonne vieille terre, avec la prog world : Baba Salah (Mali) parrainé par feu Ali Farka Touré, Alborosie, Nneka (sublime, vue à Art rock), les frères Morvan feat. les Tambours du Bronx. Là, je dois dire que les mecs qui ont imaginé cette rencontre, on leur doit un big up ! Puis vient une soirée Fargo pour fêter le célèbre label et là, mes aïeux, il y a du lourd : Olle Nyman, Alamo Race Track, Joseph Arthur (à voir !), Alela Diane découverte au Vauban puis au Bout du monde. Du côté de l’electro, du lourd aussi avec entre autres Solange la frange, Naïve new beaters, the Driver (Manu le malin), Surkin, … Les coups de coeur du festival : Priscilla Ahn (en ouverture de la soirée Sprinsgteen), Coming soon, Izia (c’est la fille d’Higelin et on me dit qu’elle déchire meuh meuh), Metronomy, Jim Jones revue, Zone libre (le projet Serge Teyssot-Gay et Marc Sens) vs Cadet et Hamé. Du hip hop avec Micronologie, les filles de Yo! Majesty, les gars du MAP, … Section pop rock, (yummy !) avec Fiction plane, Montgomery, et deux concerts qui s’annoncent monstrueux The Rakes et Nashville Pussy. Au chapitre qualifié de sensation : Cocoon (ou pas), la Rue Ketanou, TV on the radio, Julien Doré, The Ting tings, Birdy nam nam, Charlie Winston, excusez du peu. Last, but not least, les têtes d’affiche : Bruce Springsteen & the E-Street Band, The Killers, Lily Allen, Renan Luce, Bénabar, Suprême NTM, Lenny kravitz, Moby, Francis Cabrel. Une programmation éclectique, des noms prestigieux et des images en perspective, un max d’images, à la louche je devrais shooter une quarantaine de concerts sur quatre jours, ça va être chaud. Entre les groupes que je vais revoir et ceux que je vais découvrir, il me tarde d’y être. Dans quatre vingt dix jours, on sera à CharruesLand et comme chaque année, ça va être É-NORME !

• photo : la scène à la fin de l’annonce de la prog, vue de mon iPhone.

Nuit zébrée de Radio Nova : voyage au bout d’une nuit magique !

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La Carène de Brest accueille la nuit Z avec un Z comme zébrée mais aussi avec un M comme magique. C’est ça. Une cinquième nuit magique, avec quatre concerts savamment concoctés par Radio Nova, pour tous les goûts, funk, pop et touchy à souhait. On commence la soirée en douceur avec Stand High Patrol, un trio qui sert un mix d’electro dub mâtiné de reggae, vous savez ? Avec ces voix de tête haut perchées super agaçantes qui vous débitent des paroles auxquelles vous entravez que dalle. Généralement, le dub me fait fuir, mais là bizarrement, ils ont quelque chose d’authentique et de sincère qui fait passer la petite heure de set comme une formalité. La mise en place entre chaque concert est rapide, les techniciens de la Carène, sur ce coup-là, font très fort. Et puis comme le bar n’est pas loin, entre chaque set le public (plutôt à l’image de Nova, très cool donc) va boire une tasse ou en griller une à l’extérieur. Ce qui suit tient de la magie. Piers Faccini, que j’avais vu il y a un bail (cinq ans) au Run ar Puñs en ouverture de Laetitia Sheriff est sur scène, c’est pour lui que je suis là ce soir. Et comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, il est accompagné par une jolie bassiste qui n’est autre que… Laetitia Shériff elle-même. Deux pépites pour le prix d’une, Nova nous gâte. Ce qui suit tient de la symbiose entre musicalité parfaite et pur talent.
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Rumeurs Festival Vieilles Charrues 2009 : Nneka, la voix des anges.

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Nneka, festival Art Rock Saint Brieuc 2007. Un excellent souvenir, à plus d’un titre. En regardant la série de clichés, je relis ma review enflammée : « …Et puis arrive cette fille sur scène, elle se met à chanter et quand elle chante on entend les anges. A dire vrai on ne se contente pas d’entendre les anges, on les voit aussi… » Quelle giffle ! Je m’en souviens bien, c’était à la Passerelle, juste après le concert de folie des Rita Mitsouko. Nneka. Un concert d’une saveur, d’une douceur incomparable (classé putain de concert sur Cinquième nuit), un groove insensé, un feeling, une pureté de voix absolue. Pour moi Nneka, c’était LA révélation de cette édition Art Rock 2007. Et puis dans le viseur c’était la fête, j’avais fait une série de clichés dont j’étais content (comme quoi tout arrive), ils reflétaient bien l’ambiance de beauté qui avait régné sur ce moment magique. D’ailleurs un des clichés avait été publié dans le magazine Africa Report, pour moi c’était un motif de satisfaction supplémentaire. Alors vous imaginez que lorsque j’ai vu passer l’info d’une éventuelle participation de Nneka à la prochaine édition des Vieilles Charrues, j’en ai été très ému ! Rumeur confirmée sur son Myspace mais depuis l’info a été retirée… Nneka faisant des premières parties de la tournée française de Lenny Kravitz, il ne serait pas étonnant de la voir en juillet prochain à Kerampuilh.

Allez ! On sera fixé dans un peu moins d’une semaine. En effet, la conférence de presse des Vieilles Charrues aura lieu à Carhaix, jeudi prochain 16 avril, à 11:00. A cette occasion, la prog intégrale sera dévoilée et quelque chose me dit que cette année encore elle va être énorme !

• cliché (inédit) : Nneka au festival Art Rock Saint Brieuc en 2007
voir la série de clichés de Nneka sur Cinquième nuit

Plus rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie…

bashung festival du bout du monde crozon aout 2008Dans un festival, la mémoire ne retient que les moments très forts et a tendance à occulter les autres. Du Bout du Monde à Crozon, il y a les concerts que j’attendais et qui n’ont pas démérité et comme d’habitude il y a les révélations. Commençons donc par les révélations. Premier jour, première gifle, Macéo Parker, entre funk et free jazz avec une touche de groove, costards-cravate, choristes énième mode, la grande classe, le son parfait, tout en subtilité et en nuance. Géant. Dans un autre registre Ska Cubano, salsa sautillante, du fun pour commencer la journée. Le lendemain Ibrahim Maalouf, pas vraiment une surprise, je l’attendais, il nous a fait un set brillantissime. Le dimanche, Victor Demé, le couturier à la voix d’or, un pur feeling, un blues authentique et Young Blood brass band, une fanfare US à la mode trip hop, des mecs bien barrés, rien que de la pointure king size. Les attendus ont répondu présent. J’ai repris deux fois du Kwal, tellement c’était bien. Sous le chapiteau Kwal a foutu le feu avec son tapage nocture jusqu’à pas d’heure. Enorme ! Alela Diane, en formule duo avec son dad, touchant. Je n’attendais pas les Têtes raides qui ont envoyé le bois avec un set très électrique, un son pop rock à décorner les boeufs, décidément avec eux, on est dans l’imprévisible. Le samedi, Mouss et Hakim twelve points, les deux ex-Zebda d’Origines contrôlées ont mis un souk et un feu de folie sur la grande scène, dans un registre pourtant pas facile. Enorme talent, j’ai adoré, c’était un putain de concert de (très) haut niveau. Thiéfaine et Personne, les deux papys du blues n’ont pas démérité, Paulo arrachant des riffs sur sa Gibson, c’est toujours classieux quand il nous la joue guitar hero. Pura Fe, sous le chapiteau, divine, arrachant de sa slide son blues root mélancolique, toujours accompagnée du même guitariste, grosse pointure. Une mention à Camille, jus d’orange survitaminé, petite souris déglinguée, énervée. Je ne sais pas ce qu’elle prend le matin au petit déj mais je veux la même chose. Last, but not least, Bashung. Comme une étincelle, un regard qui se perd dans le lointain, deux mains tendues vers le public comme une supplique ou une offrande. Il y a des concerts où les qualificatifs se perdent, où les mots ne savent plus trop décrire la réalité. J’ai oscillé entre mélancolie et bonheur de voir Bashung, encore une fois, sur scène. Certains mots prennent une autre saveur, dans ce contexte. Un final sur des standards, de « Madame rêve » à « Osez Joséphine », Bashung nous a rappelé qu’au fond, seul compte le vertige de l’amour. Les lights se sont appaisées jusqu’à s’éteindre. Plus rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie…

Créer, c’est résister.

kwal en concert au vauban brest novembre 2007
« …derrière une phrase, on peut cacher un missile balistique, derrière un pas de danse dissimuler un pain de plastique ! Créer, c’est résiter, taper là où ça fait mal, tenter de porter le message aux portes des oreilles… Et si tout ça est dérisoire, face au pouvoir des chars, si le silence est d’or, il peut aussi être de mort ! Alors c’est sûr, je ne fais que poser des mots et des notes, mais le son est aussi une façon de s’opposer au bruit des bottes, et tant qu’il y aura des peuples en cage, un monde à deux étages, tant qu’il y aura des expulsions sur le pas de ma porte, j’aurai des raisons de penser que saltimbanque n’est pas bouffon et j’irai dire des phrases bien haut et y mettre du fond, c’est pas que j’ai une haute opinion de moi ou que je me sente en mission, j’ai juste une aversion pour le mot soumission, sans prétention aucune mais avec conviction, parce que je crois à la notion de mobilisation, sans haine, sans révolution, sans aller tout casser, ça veut pas dire non plus tout laisser passer sans réaction, alors j’ai envie d’aller chanter et faire la fête mais c’que je préfère c’est le faire sous certaines fenêtres, s’ils peuvent fermer les yeux leurs oreilles n’ont pas de paupières, pour les empêcher de dormir, j’irai chanter sous leurs pierres, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs… »

Tapage nocture (paroles et musique Vincent Loiseau aka Kwal)

• photo : Kwal en concert (Espace Vauban novembre 2007)
• retrouvez Kwal au festival du Bout du Monde le vendredi 8 août, sous le chapiteau (à 19:55 et à 23:45)

Kwal, la divine surprise du Bout du monde.


Danser, chanter, jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs… J’ai découvert Kwal, par hasard, un soir de septembre, au Run ar Puñs, l’an passé. D’ailleurs, c’est souvent comme ça au Run ar Puñs. On ne sait pas trop ce qu’on vient y voir et on ressort de l’endroit des étoiles plein les yeux. A dire vrai j’avais été subjugué par la prestation, non seulement de l’individu, mais du groupe tout entier. Classer Kwal, lui coller une étiquette, lui attribuer une case, un style ? Non, impossible. Kwal est inrangeable, inclassable, Kwal est un index unique, un artiste rare, polyvalent, politiquement incorrect. Entre slam, rap, chanson, comédie, Kwal surfe sur le mélange des genres, des ethnies, des cultures. Son univers à lui tient dans le seul titre « là où j’habite » où il décrit un quoitidien qui tire un peu sur le sordide sans tomber dans le pathos, où même le beauf de service recèle une part d’humanité. Mais Kwal n’est jamais larmoyant, bien au contraire, il manie l’humour et la déconne comme personne dans « reviens ! » ou « les pénibles », et quand il déclare sa flamme à l’élue de son coeur (« un bout de route ») c’est avec sensibilité et tact. Au Run ar Puñs, il avait dit, seul en scène, un texte d’une beauté rare dédié à sa mère, et tous les yeux s’étaient embués, comme sur le titre « bonhomme », un poème en prose dédié à un enfant. Voilà. Sur scène, aussi, on retrouve l’univers cosmopolite si cher au coeur de Kwal. Les cultures se croisent, se mêlent, s’entremêlent, les instruments s’accordent et le résultat est harmonieux. Kwal est un mélange de candeur, de naïveté et son regard sur le monde m’émeut. Pour moi, Kwal fait partie des concerts inratables de l’été, au même titre que Bashung au Bout du monde ou que Nina Nastasia à la Route du rock. Rendez-vous au bout du monde avec Kwal, pour danser, chanter jusqu’à pas d’heure…