Nikon annonce son nouveau haut de gamme professionnel. Nikon D4. One step beyond.

nikon-annonce-D4-le-nouveau-haut-de-gamme-pro-janvier-2012-shots
J’y suis allé à reculons. Pétri de certitudes, je me disais qu’avec D3s, au fond, je n’avais plus guère à attendre de Nikon qui avait réalisé selon moi le boîtier parfait. C’est donc dans cet état d’esprit, en touriste, que je me suis rendu à Paris, à l’invitation de Nikon France, pour y découvrir Nikon D4 et plus, si affinités. Mais encore une fois sans rien attendre de plus que le plaisir de retrouver mes amis de la marque jaune et de partager avec eux un Breizh Cola et force petits fours et macarons. Parce que, côté attente matériel, pour ma part, je me sentais un peu comme le joueur de poker, un brelan d’as en main, n’ayant quasiment rien à espérer, sauf peut-être le miracle de l’as manquant. Non. Paris, me voilà. De bonne humeur (qui a dit pour une fois ?) et servi, comme au poker.

Confortablement installé dans une petite salle de conférence aux fauteuils en cuir bleus, je remarque dans le fond de la salle que la retransmission de la conf est assurée en live et à la prise de vue s’y collent trois boîtiers que je ne connais pas. Gonflé de la part de Nikon d’utiliser des boîtiers de pré-série pour diffuser le live, il faut vraiment que la marque ait une ineffable confiance dans son matériel. Elle peut et tout ce qui va suivre va lui donner raison. Après le chapitre sur les chiffres, toujours un peu barbant mais étape obligée, on en arrive à la présentation de l’engin et une liste de specs qui, par rapport à D3s, peut se résumer en un seul mot. Plus.

Nikon D4. Plus haut, plus loin, plus fort, plus vite.
Trois slides après le début de la présentation des specs de D4 j’ai déjà envie de me lever et d’aller en prendre un en mains en disant aux gens de Nikon “ça va, j’ai compris, n’en jetez plus !” Comment résumer D4 ? Disons pour faire court que c’est comme un D3s, mais en mieux. Par où commencer ? Peut-être par des points qui peuvent sembler inutile quand on n’y a pas accès et qui vont s’avérer indispensables quand ils vont être disponibles. Un exemple, l’ergonomie. D4 a été pensé pour que la prise en mains soit confortable, quel que soit le mode de prise de vue, paysage ou portrait. La préhension du boîtier, le positionnement des commandes est identique en paysage ou en portrait. Ensuite, D4 intègre un mini joystick de sélection rapide du collimateur, comme sur EOS ? Oui, comme sur EOS. Si vous avez comme moi l’habitude de sélectionner manuellement votre collimateur, vous imaginez aisément la pertinence d’un tel outil. Pertinent aussi, c’est rien de le dire, le rétro-éclairage des boutons de la face arrière. Et comme à chaque fois qu’on est face à une excellente idée, on se gratte la tête et on se dit : “Dieu me tripotte, mais pourquoi personne n’a jamais pensé à un truc pareil avant ?” Même la molette de sélection de gauche dispose d’une petite langue qui illumine les cadences de prise de vue. Un membre de Nikon Pro me regarde, un soupçon ironique et lâche avec malice :”pour le gars qui a l’habitude de shooter dans des ambiances un peu sombres, c’est très pratique le rétro éclairage, non ?” C’est cela oui, c’est cela. Je vous passe quelques détails éminemment utiles comme les sélections des modes AF qui s’opèrent désormais dans le viseur. Plus confortable, plus rapide. Plus aussi le capteur 16mp, parce que 16 c’est mieux que 12, quoiqu’on en dise, même si 12 c’est suffisant. 16 mégapixels, c’est une taille quasi idéale pour un reflex pro, produisant des images de très haute qualité tout en conservant une taille de stockage raisonnable. Ensuite (tenez-vous bien), deux accélérations particulièrement musclées. D’abord la sensibilité qui passe le mur du son à plus de 200Kiso. Vous avez bien lu, 204800iso avec un mode natif à 100iso. Là, je tempère un peu. Mon D3s monte à plus de 100Kiso et je ne bosse que rarement au delà de 3200iso, seuil au delà duquel je commence à percevoir un poil de bruit. J’imagine qu’avec D4, le seuil de perception passerait à 6400iso sans bruit et 12800 jouable. Et puis il y a l’autofocus, éternelle problématique de la photographie moderne et là, selon Nikon, les avancées sont patentes, avec un autofocus encore plus performant dans les basses lumières. Quand on connaît D3s, sa capacité à accrocher le focus dans des conditions de lumière improbables, les avancées promises avec le D4 laissent rêveur ! Le reste peut sembler presque accessoire et ne l’est pas. Le fait de conserver 11 collimateurs actifs même au delà de f5,6 va laisser plus d’un photographe pantois. Un D4, un 200-400 f4 boosté par un TC20-EIII et en avant la musique ! On shoote à 400-800 à f8 tout en conservant le bénéfice d’un autofocus parfaitement fonctionnel. Alleluïa ! Je ne vous parle pas du nouveau système Expeed 3 embarqué qui rend toutes ces choses possibles, comme de déclencher à 10vps avec l’AF et les fonctions de traitement d’image comme le Active D-lighting. Et là vous me dites ? N’en jetez plus ! D’accord. Abordons maintenant le sujet qui fâche. La vidéo.

Nikon D4. Désormais à armes égales sur le terrain de la vidéo.
La vidéo est un axe prioritaire. Je me souviens d’avoir entendu ce propos du côté de chez Nikon dans les allées du salon de la photo il y a trois ans. Impossible pour Nikon de laisser le champ libre à son principal concurrent sur un segment de marché en plein développement. Il fallait que Nikon réagisse, ça avait déjà été fait sur la gamme expert (je pense au D7000) on n’imaginait pas Nikon ratant la marche sur sa gamme pro. Avec D4, on peut affirmer sans ambages que Nikon comble définitivement le fossé qui le séparait jusqu’à présent de la marque rouge, avec une gamme de spécifications vidéo qui vont combler les utilisateurs les plus exigeants. Prise de vue en full HD 1080p, 24, 25 ou 30 images seconde (et même à 60 en 720p), son stéréo, monitoring, … Seule contrainte, la durée d’enregistrement est limitée sur une carte à un peu moins de 30 minutes, mais avec D4 on peut aussi filmer… sans carte. Le flux vidéo full HD non compressé peut être récupéré via la sortie HDMI par un enregistreur externe avec un niveau de qualité extrêmement élevé. En plus Nikon D4 offre trois formats de capture possibles. Format FX (plein format), format DX (1,5) et un nouveau format 2,7. D4 intègre même un fonction time lapse native qui enregistre les images directement au format vidéo. Nikon avait à cœur de combler l’écart qui le séparait de la boutique d’en face. Ça c’est fait. Le film “Why ?” réalisé en D4 et montré à l’issue de la présentation illustre à la perfection les capacités du nouveau haut de gamme Nikon, qui, pour l’anecdote, pèse 60 grammes de moins que mon D3s, c’est pas grand chose mais merci quand même d’y avoir pensé.

D4 en mains. Tu sens la puissance ?
Difficile de donner un ressenti après avoir eu Nikon D4 entre les mains pendant une dizaine de minutes. La nouvelle ergonomie est une totale réussite, la prise en main de ce reflex est aisé, tous semble facile, très intuitif. Une mention spéciale au joystick des collimateurs, au rétro-éclairage du back office, aux commandes directement dans le viseur. Il n’y avait rien que je n’aimais dans mon D3s, maintenant que j’ai son successeur je me dis que décidément la perfection est toujours perfectible. Nikon pousse encore le niveau de perfection de son AF. Avec D4 on accède à encore plus d’images, dans des conditions de lumière encore plus délétères, avec un AF en suivi 3D optimisé pour les sujets de petite taille. Côté stockage, le choix du support en surprendra plus d’un, puisque D4 propose un logement CF et un second logement au nouveau format XQD, l’occasion pour Nikon de permettre aux photographes de pérenniser les investissements passés, tout en embrayant vers ce qui va probablement devenir le prochain standard. Un choix à la croisée des chemins, en quelques sorte. Surprenante aussi la technologie du nouveau module (optionnel) Wifi qui autorise le contrôle distant du reflex en http via un ordinateur, un smartphone, une tablette. Possible également le transfert des images vers un ordinateur voire un serveur FTP ou le déclenchement simultané de dix reflex embarquant le module WT5. Autre subtilité, Nikon D4 embarque une prise ethernet pour transférer les images à une vitesse subsonique ! What else ? Un reflex garanti à 400000 déclenchements et il y a même une fonction HDR intégrée pour les amateurs du genre…

Nikon D4. L’héritier.
Je suis venu à reculons, mon brelan d’as en tête. Je n’ai pas eu de Breizh Cola mais j’ai eu les macarons et l’enthousiasme de l’équipe Nikon, pas peu fière de présenter ce qui est désormais le nouveau fleuron de la marque. C’est la vie. Tu arrives à une table de poker, persuadé d’être servi, avec ton brelan d’as tu te sens quasiment invincible. Jusqu’à ce que le type d’en face, avec son petit polo noir et le logo Nikon brodé en blanc te sorte sa quinte flush, mais avec le sourire. Moment de solitude. Nikon D4 donne furieusement envie d’aller chercher de l’image, encore. Plus vite, plus faut, plus fort. On se dit que les photographes vont adorer utiliser cet outil ultime, en photographie sportive (aux J.O. de Londres 2012), en photographe animalière, entre autres. Je suis sans limite. Nikon D4 annonce la couleur, place la barre tout en haut, au sommet du monde du reflex numérique. Il est le nouveau maillon fort d’une chaîne. Il est l’as manquant. Et surtout, il est le digne héritier d’une famille. D’une marque flamboyante qui n’a décidément pas fini de m’étonner.

Nikon D4. Disponible à partir du 16 février au prix conseillé de 5799€.

Pré-commandes sur le site Nikon Pro.

photo : Guillaume Cuvillier (Nikon Espace Pro) présente Nikon D4 et le nouveau 85mm f1,8.

Nikon D800. Quand la rumeur d’une annonce enflamme internet.

Nikon-D800-fake-rumors-shots-2011Il aura suffi d’un post sur le site Nikon Rumors pour enflammer, que dis-je ? Pour consumer tout ce qu’internet compte de fans et d’afficionados de la marque jaune. Nikon, qui devait annoncer le successeur de D700 courant ou fin octobre, a finalement décidé de remettre à plus tard, opportunément servie par le choc des catastrophes naturelles en Thaïlande. Les mauvaises langues vous diront aussi que Canon et le séisme de ses annonces dantesques, coup sur coup, d’un EOS capable de rivaliser avec la crème des matos vidéo, puis d’un EOS 1Dx avec une liste de specs longue comme le bras, ont dû filer un sacré coup de mou à la marque plus jaune que jamais. D’ailleurs, côté communication, chez Nikon c’est silence radio. Voilà un bail que le manitoba ne répond plus et ce n’est pas l’annonce d’une gamme mirrorless, avec ses specs vidéo aussi anecdotiques que la taille de son capteur qui aura fait avancer les affaires de Nikon. Donc, voilà où on en était, donc, quand un blogueur outre-atlantique bien intentionné et sans doute aussi impatient que gourmand en rentrées publicitaires (eh ouais c’est bientôt Noël…) décida de révéler au reste du monde incrédule l’imminence d’une annonce, image à l’appui.

Les specs de Nikon D800
Est-ce que c’est bien D800 qui se cache derrière les visuels publiés sur internet ? Dèjà les amateurs éclairés croient reconnaître des clichés déjà publiés. Que l’identifiant du boîtier soit masqué par un cadre noir, moi je veux bien mais qu’on ait aussi masqué la marque Nikon ne manque pas de piment, d’autant qu’un boîtier Nikon se repère aisément à son ergot rouge. En revanche, ce qui est vraiment drôle c’est les specs. D’abord D800 serait plus petit et plus léger que son prédécesseur. Il embarquerait un double lecteur de cartes Compact Flash et SD et rien que ça, ça serait plutôt déjà une mauvaise nouvelle. Devoir gérer deux stocks de carte, bonjour l’ambiance. Un écran un peu plus grand c’est pas du luxe, un AF hérité de D3 et D700 donc rien de mieux qu’avant au niveau autofocus, en même temps Nikon assure bien à ce chapitre même si je trouve ça un peu étrange que Nikon n’ait pas voulu nous apporter quelque chose d’encore mieux. Des modes vidéos Full HD 1080p (30/25/24) à tous les étages, histoire de courir après Canon sur le segment convergence photo vidéo. En revanche rien sur la montée en iso. D800 sera-t-il capable des prouesses de son grand frère D3s, ça reste à voir. Et puis, il y a la cerise sur le gâteau, tenez-vous bien (tenez-vous mieux !) une résolution de 36mp. Et là, comme disait Bedos (Guy hein ? Pas son rejeton Canada Dry) : “J’pouffe !

Combien vous dites pour le capteur ?
Bon, en même temps cette rumeur de capteur maousse est aussi tenace qu’elle n’est pas nouvelle. Mais quand même, sérieusement ! Un capteur de 36 mégapixels, c’est simplement la négation par Nikon corp. de tout qu’ils nous ont dit et répété depuis des années. Et encore ! Je zappe l’aspect anecdotique de la taille même des fichiers RAW crachés d’un hypothétique capteur 36 mégapixels, pour avoir gardé le souvenir de ceux générés par EOS 5D Mark II et son capteur de 21,1mp. Là pour le coup, les futurs possesseurs d’un APN de ce calibre peuvent commencer à faire des économies en investissant dans des disques durs de bonne taille, exprimée en tera octets. Mais c’est connu, quand on aime, on ne compte pas. En revanche, du côté l’image, de sa netteté, de son piqué, c’est carrément une autre paire de manches. On pourra toujours nous servir l’éternel argument et nous dire que dans une image de 36mp, “on peut cropper”. Pour ma part mon D3s affiche un sobre 12mp qui me suffit dans tous les cas de figure. En même temps, je n’ai ni l’envie ni le temps de cropper.

Je suis une blague.
Non franchement je n’y crois pas. En fait, je ne veux pas y croire, surtout. Je ne veux pas croire à la réalité d’un D800 équipé d’une taille de capteur pareille, mais beaucoup de questions restent sans réponses, comme toujours avec les rumeurs. Outre la montée en iso, je serais curieux de savoir, par exemple, qui fabrique ce capteur ? Et puis je m’étonne surtout de voir Nikon corp. nier ce qui a toujours prévalu dans sa politique de développement, la prudence raisonnée de la marque jaune sur les tailles de capteur. Quand on voit qu’en face Canon annonce pour le printemps 2012 un reflex EOS 1DX doté d’un capteur de 18mp, que la marque rouge elle-même soit revenue de ce qu’on a désigné par le terme de “course aux pixels” il serait singulièrement surprenant de constater que Nikon prend la tangente, alors qu’ils nous ont répété pendant des années que le nombre de pixels ne fait pas la qualité de l’image. Quand on a entre les mains un D3s et son capteur de 12mp, on ne peut qu’acquiescer.

2012. L’année de toutes annonces ?
Non, définitivement non, je n’y crois décidément pas. Maintenant je ne suis pas dans le secret de Nikon et je peux me tromper. Et puis, étant déjà propriétaire d’un Nikon D3s, un boîtier avec lequel je suis plutôt en phase (malgré son poids de mamouth) je vous avouerai que je regarde cette annonce avec un peu de recul. Tout au plus pourrais-je m’interroger sur l’intérêt de ce reflex en boîtier backup mais pour ça il faudra l’avoir eu en mains. 2012 devrait être l’année de toutes les annonces, tant chez Nikon avec un D800 et peut-être un D4 que chez Canon qui a devancé son monde en annonçant coup sur coup un EOS 1DX (et un capteur de 18mp, sans blague !) et le développement d’un futur reflex EOS C qui fait déjà copieusement jaser dans le Landerneau de l’APN vidéo… Plus que jamais, nous allons vers les beaux jours.

Canon annonce EOS C le développement d’un nouveau concept de reflex EOS dédié vidéo.

gamme-canon-EOS-C-C300-cinema-shots-2011
J’ai zappé. Comme le grand benêt de Nikita dans la pharmacie, j’ai zappé. J’ai vu l’annonce Canon EOS C300 ce matin, j’ai vu l’arbre et je n’ai pas vu la forêt. Et puis j’ai vu passer un message sur Twitter où mon interlocuteur me disait simplement avoir été surpris de mon silence sur l’annonce du développement d’un reflex 4K par Canon. Pardon ? Un reflex 4K signé Canon, what the fuck ? Je me duis dit que j’avais dû rater une marche, zapper une info. Quatorze secondes plus tard, j’avais le communiqué de presse Canon sous les yeux et franchement, je m’en serais voulu de louper ça, deux points ouvrez les guillements, je cite la marque red (ah ah) in extenso : “Canon Inc. annonce développer un nouveau concept de reflex EOS. Incluant une version améliorée de capture vidéo, ce nouveau boîtier reflex EOS rendra possible les productions cinématographiques et les réalisations numériques Haute Définition. Equipé d’un capteur CMOS plein format, il permettra l’enregistrement de vidéos 4K en 35 mm à la vitesse d’enregistrement de 24P (avec compression Motion-JPEG) avec une qualité d’images exceptionnelle, qui redéfinira les standards des tournages réalisés en EOS.” J’ai pris mon téléphone rouge, celui qui est directement connecté à Canon et j’ai appelé. Mon interlocuteur avait un enthousiasme aussi débridé que le mien, ce qui n’est pas peu dire. Décryptage.

En clair, Canon développe un nouveau reflex qui pour le moment porte la seule mention “C”. Que Canon développe un reflex, c’est une chose, que la firme décide de l’annoncer si tôt c’est clairement pour couper les pattes de la concurrence dont on sait qu’elle a des velléïtés sur ce segment et entre nous, là… Canon met la barre très, très haut. EOS C (appelons-le comme ça puisque pour le moment il ne porte pas de nom officiel) c’est donc un reflex numérique fullframe plutôt orienté vidéo mais qui devrait aussi savoir faire des photos, capable d’enregistrer des vidéos au format 4K en 35mm à 24 images seconde. Bon, donc en clair c’est de la vidéo numérique de haut vol, du cinéma numérique quoi. C’est une monture EF comme le reste de la gamme EOS et là le message est clair et vise tous les vidéastes ayant utilisé les systèmes 5D Mark II et plus récemment EOS 7D : vos investissements en optiques sont pérennisés.

Mes échanges avec mon canonesque interlocteur m’ont fait réaliser que je n’avais pas seulement zappé cette énorme annonce mais que j’avais aussi zappé les annonces d’optiques. Je pensais benoîtement que lorsque Canon évoquait les optiques 24, 50 et 85 il s’agissait des optiques existantes, que nenni ! Il s’agit bel et bien de nouvelles optiques, spécifiquement conçues pour ce nouvel EOS et il semble d’après mes informations que les performances sont simplement “amazing” (en anglais dans le texte). Et c’est pas tout ! Le 24mm ouvre à f1,5. Le 50mm et le 85mm ouvrent à f1,3. Les puristes apprécieront. Un reflex DSLR fullframe, capable de produire un flux vidéo 4K à 24p, utilisant la gamme d’optiques Canon EF et de nouvelles optiques de course, une qualité d’image qui s’annonce exceptionnelle, j’en connais plus d’un qui va commencer à mettre des sous dans le nourin…

Canon Inc. qui jouait en fond de court sur le marché du reflex depuis deux ou trois ans se met d’un seul coup à monter au filet, à nous faire quelques passings de folie, annonçant coup sur coup un nouvel EOS 1Dx truffé de fonctionnalités à faire rougir n’importe quel photographe, deux nouvelles caméras baptisées EOS C300, une gamme d’optiques au format EF et au format PL et le développement d’un EOS C dédié à la vidéo en 4K, c’est beaucoup plus qu’un simple effet d’annonces. Même si, il faut bien l’avouer, sur ce coup-là la marque rouge m’a bien eu. La partie va s’avérer plus que serrée pour la concurrence, non seulement pour Red sur le segment vidéo mais aussi pour Nikon sur le segment convergence photo-vidéo. Les sourires sont de retour sur les visages du staff Canon. Nul doute qu’il y aura de l’ambiance sur le stand Canon, la semaine prochaine au Satis

Canon EOS C300. C comme cinéma. H comme historique.

canon-EOS-C300-shots-2011C comme cinéma. H comme historique. Une bague rouge, un collier red. Une monture EF. Ceux qui pensaient que Canon s’était tiré une balle dans le pied en introduisant de la vidéo sur un reflex numérique doivent se gratter la tête aujourd’hui. Oui, j’en suis. Canon qui s’est affirmé sur le segment convergence photo-vidéo prend aujourd’hui la tangente inverse et a présenté, hier aux studios Paramount d’Hollywood, un lieu prédestiné, une camera numérique d’un genre radicalement nouveau. Avec une habileté sans faille, Canon brouille à nouveau les pistes et invite désormais au chemin inverse, en créant une convergence vidéo-photo, avec cette caméra numérique capable d’embarquer des optiques EF.

À y regarder de plus près, on ne peut être que fasciné par EOS C300, même si pour ma part la vidéo reste un monde totalement étranger, on ne se refait pas. Mais quand même. Comment ne pas être fasciné par cette créature totalement hybride, dotée comme un reflex de deux slots pour cartes Compact flash, capable d’ingurgiter un flux 1080p sans sourciller et d’utiliser des optiques PL ou… des optiques EF, soit l’un soit l’autre, car il existe deux modèles distincts. Cette capacité à embarquer des optiques EF, c’est une invitation clairement lancée aux photographes qui ont tâté de la vidéo sur leur DSLR et à tous les autres. Canon les invite à franchir le pas, tout en préservant leurs investissements, et ça, c’est une optique très séduisante (si j’ose dire). Mais attention, il faudra casser la tirelire. Ici on est dans le budget de huit EOS 5D Mark II, puisque l’engin devrait être introduit au prix de 12000€ HT au début de l’année 2012 (source : Canon France). Un prix finalement proche de celui d’une caméra Red, pour une caméra au format 4K qui n’arrive pas seule…

Des optiques ? Oui. Plein.
L’annonce de Canon EOS C300 s’accompagne d’optiques avec des focales qui laissent rêveur ! Deux zooms 14,5-60, deux zooms 30-300, sans oublier les stars de la gamme EF, 24, 50 et 85mm. Eh ouais… J’en vois plus d’un qui est assis le long du fleuve et qui se gratte la tête en se disant “ben merde alors…” S’il en est un qui n’a pas d’états d’âme c’est bien Vincent Laforêt, à qui on devait déjà le premier film tourné avec 5D Mark II, “Rêverie” en 2008. Cette fois, Vincent nous offre “Möbius”. Prenez place, regardez, c’est du cinéma. Splendide.

Mobius from Vincent Laforet on Vimeo.

Plus qu’une annonce, un nouveau pas en avant
L’annonce faite par Canon hier à Hollywood est historique, à mon sens à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle conforte radicalement l’avance de Canon Inc. sur le segment de la convergence photo vidéo, avec un device capable d’utiliser des optiques EF. Quand on sait que la gamme d’optiques Canon en photo demeure l’argument majeur de la marque rouge sur ses concurrents, quand on voit la qualité de vidéos produite par de simples reflex comme EOS 5D Mark II – tenez, au hasard, pour vous en convaincre, allez donc jeter un œil sur la production vidéo de Rod dit Le Hiboo – il est assez simple d’imaginer tout le profit qu’un vidéaste peut tirer d’un engin comme EOS C300 ! Et puis, vous l’avez noté. Cette caméra s’appelle EOS et ça, c’est loin d’être anecdotique et ça n’est évidemment pas le fruit du hasard. C’est à la fois un appel du pied vers le monde la photo et c’est bien plus que ça. C’est une façon pour Canon de dire au monde entier que la marque rouge est encore là, qu’elle est capable de susciter le désir, l’envie de l’aimer.

EOS C300. Et après ?
Après EOS 1Dx que tous les photographes attendent de tester avec une certaine fébrilité, on peut être sûr que d’autres annonces viendront, que des projets sont dans les cartons. Pour ma part, ce qui à la fois m’enthousiasme et me rassure, c’est ce sentiment d’avoir retrouvé une marque rouge pour laquelle je garde un attachement sincère. On n’efface pas trente cinq ans de sa vie d’un simple revers de main. Non. D’ailleurs notre histoire ne date pas d’hier et Canon a encore de beaux restes dans mon matos argentique… La belle histoire de Canon continue. Quelque part là-bas, sous le soleil de la Californie, un jeune cinéaste de la nouvelle vague s’apprête à mettre en images le film de sa vie, avec un EOS C300 en mains. Moteur. Action.

EOS 5D Mark III, EOS 3D, EOS 6D ? Annonces Canon à Hollywood le 3 novembre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

annonces-canon-EOS-5D-mark-III-shots-2011Décidément, dans le petit monde de la photographie en général et du reflex numérique en particulier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait que le mois d’octobre allait nous réserver de belles surprises du côté de la marque jaune et puis patatras ! Un séisme et une catastrophe naturelle plus tard, il n’y a plus rien. Adieu veau, vache, D800, cochon, couvée, … Tout au plus l’incursion de Nikon sur le marché du mirrorless qui, entre nous, n’a guère suscité d’émotions dans le Landerneau de la photographie. Pourtant, les informations étaient fiables, des annonces étaient bien prévues en octobre, mais d’annonces jaunes, comme Sœur Anne on n’a finalement rien vu venir de la part de Nikon, totalement en quarantaine, un vrai silence radio, que dis-je ? Un embargo de la communication. D’ailleurs, moi qui vous parle et qui bénéficiait d’accoutumée d’échanges plutôt dynamiques avec Nikon, c’est maintenant le calme plat, marée basse, bernique. Pas de réponses, pas d’info, on dirait que Nikon s’est mis en mode mute. Bon, en même temps, il n’y a pas à chercher bien loin les raisons de ce mutisme. En face, chez la maison Canon qu’on croyait moribonde, à jamais perdue pour le marché du reflex numérique pro, voilà qu’on annonce un nouveau reflex haut de gamme, réunissant les deux modèles professionnels, sport et studio, abandonnant au passage le capteur APS-H et offrant au monde des photographes une liste de specs, comment dire ? Vibrillonante. Des fonctionnalités dont j’écrivais qu’elles ne pouvaient laisser aucun photographe indifférent, quelque soit sa chapelle, si tant est qu’il en ait une. Canon revenu d’entre les morts (ça tombe bien, c’est Halloween), sur le devant de la scène avec un boîtier plus que prometteur, EOS 1DX, c’est rien de le dire, tant en matière d’autofocus, de puissance avec un double Digic V+ et de ce qui fait le signe particulier de la marque rouge depuis l’avènement de EOS 5D Mark II, ce qui lui a sans doute aussi évité de boire la tasse, de la vidéo en full HD sur un boîtier DSLR. Cette annonce en a, sans aucun doute, sidéré plus d’un et ce n’est pas tout. Dans la foulée de cette annonce, Canon a enfoncé le clou en promettant un deuxième acte, des annonces prévues pour le 3 novembre, annonces faites depuis la charmante bourgade de Hollywood, California USA.

Et là, comme moi, vous avez bondi hors de vos gonds et à l’instar du Commissaire Bourrel (désolé pour les gamins de moins de quarante ans à qui cette référence ne parlera guère) vous avez tapé dans vos mains en grommelant “Hollywood ? Bon sang ! Mais c’est bien sûr !” Eh oui ! Et si en plus je vous dis que la société Red, oui celle-là même qui conçoit des caméras numériques qui coûtent un œil et qui s’est fait salement allumer par cette concurrence aussi canonesque qu’inattendue, a annoncé que elle, aussi, ferait une série d’annonces ce jour-là… Nom d’un p’tit bonhomme ! Et que Hollywood c’est la capitale de… La capitale de… Qui le sait ? Qui le sait ? Non, pas du chewing gum ! Du Ci… Du Ci… Non pas du citron, du Cinéma merci pour ceux qui suivent, vous aurez compris que, peut-être Canon s’apprêterait à annoncer, enfin ! Le successeur de EOS 5D Mark II. Et que ce boîtier se nomme EOS 5D Mark III, EOS 6D, ou EOS 5Dx on s’en fout un peu. Car ce qui compte, pour Canon Inc. c’est l’effet d’annonce. De dire au monde “on est encore là et il faudra encore compter sur nous, demain.” Et comme me le confiait récemment un membre du staff Canon France : “C’est une immense satisfaction de constater que Canon a encore cette capacité à susciter l’admiration et l’envie.” Je confirme. Je ne connais pas un seul photographe qui n’ait pas frémis d’impatience à tenir un EOS 1DX entre ses mains, pour voir, moi le premier… Alors tout cela augure de choses excitantes pour l’avenir, d’autant qu’il pourrait bien y avoir des annonces sur deux boîtiers et pourquoi pas aussi deux ou trois optiques de bon aloi, comme un successeur du 24-70 f2,8 L dans une version IS que les amateurs de rouge attendent depuis perpète. On a retrouvé Canon et maintenant on attend la suite de l’histoire. On imagine volontiers ce que pourrait être un reflex fullframe dans la lignée de 5D Mark II, qu’il embarquerait des fonctions vidéo avancées, un processeur Digic V (ou V+ comme le futur grand frère) et on croise les doigts pour que Canon ait, cette fois, mis le paquet sur des fonctionnalités avancées d’autofocus et de gestion des hauts iso. Canon is back et remet les pendules à l’heure.

Et ce bel enthousiasme a semble-t-il singulièrement refroidi les ardeurs de Nikon. De l’autre côté de la ligne jaune, alors que les rouges se démènent comme de beaux diables, chez Nikon on reste coi. Les réseaux sociaux de la marque jaune ne s’activent plus guère, on a l’impression qu’ils sont tous d’un coup en quarantaine bien tassée et encore une fois c’est rien de le dire… Oubliées et remisées au placard les hypothétiques annonces prévues en octobre, Nikon semble plutôt attendre à quelle sauce son éternel concurrent va manger le monde du segment convergence photo-vidéo sur lequel Canon règne, il faut bien l’admettre, sans trop de partage, malgré de timides incursions et tentatives d’occupation de terrain de la part de Nikon . Enfin ! Plus que jamais, nous, les photographes, nous sommes assis le long du fleuve et nous attendons de voir… Comme toujours. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps. Prochaine édition, prochaine émission, le 3 novembre. Trois jours. Et ce jour là, je veux bien parier qu’il y en a plus d’un qui devrait voir rouge. Stay tuned.

Projective. Nikon mirrorless un jour sur le marché des APN hybrides ?

nikon-mirrorless-apn-hybride-shots-2011
Paris. Parvis de Notre dame, un lieu aussi mythique que sublime. Qu’on soit photographe ou pas, quand on est sur le parvis de cette cathédrale, on n’a qu’une envie, c’est de faire une petite photo. C’est comme ça que je me suis retrouvé au milieu de la place à déballer mon matos, à sortir l’énorme D3s, juste pour faire une petite photo. Et là je me suis rappelé, aussi loin qu’il m’en souvienne, que j’ai toujours plus ou moins fantasmé sur un appareil photo qui serait à la fois compact et discret, capable d’accueillir des objectifs interchangeables et de générer une excellente image. Bon, vous me direz, cet appareil existe, chez Leica. Je me souviens d’avoir croisé, il y a quelques années à Brest un photographe de renom qui faisait des photos avec un compact. Alors que je m’étonnais de le voir utiliser un compact, il avait eu cette phrase radicale : “la qualité n’est pas top mais ça me suffit. Et en plus, il a une grande qualité, il tient dans ma poche.” D’ailleurs, à l’époque j’avais moi-même opté pour un Powershot que j’utilise encore de temps à autre aujourd’hui. Seul travers de ce type de boîtier, un capteur rikiki, une optique moyenne et surtout fixe. L’idéal serait un boîtier compact, petit mais costaud, puissant, capable d’utiliser des objectifs interchangeables, une sorte de boîtier hybride, à mi-chemin entre le compact et le reflex. C’est ça. Petit comme un compact. Puissant et évolutif comme un reflex. Ce concept existe, il va se développer, mais quand ? On le désigne de l’acronyme MILC, pour Mirrorless interchangeable lens camera.

Mirrorless ? Kezako ?
Un appareil photo numérique “mirrorless” est un boîtier hybride qui se situe entre l’APN compact et le reflex. Il est doté d’objectifs interchangeables, d’un capteur de grande taille (à la différence du compact), ne dispose pas de miroir (d’où le nom) et surtout il est capable de produire une image d’excellente qualité dans une taille réduite. Panasonic a initié le mouvement avec son Lumix GF1 qui a connu un véritable engouement de la part de ses utilisateurs, puis ont suivi Olympus, la série NX de Samsung et bien sûr Sony qui a pris des parts de marché importantes avec son modèle NEX, notamment sur l’Asie. L’engouement des photographes, tant amateurs que professionnels, pour ce type de boîtier s’explique non seulement par la qualité d’image que ces petits APN sont susceptibles de produire mais aussi de leur capacité à changer d’objectifs. Sur la série G de Lumix, par exemple, il est non seulement possible d’utiliser l’excellente gamme proposée (comme le 14mm f2,5 surnommé « Pancake ») mais aussi, via un adaptateur, de monter des optiques tierces, comme celles de la mythique gamme FD de Canon. On est alors à la fois sur le terrain de l’exploration, si chère au cœur de nombreux photographes et on peut toucher au sublime quand on sait l’importance de l’utilisation d’une optique en photographie. Car, comme disait l’autre, c’est par l’optique que la lumière passe. Ceci explique d’ailleurs le regain d’intérêt pour ces optiques anciennes signées Canon dont la côte ne cesse de grimper depuis qu’il est possible de les utiliser sur ce type de boîtier, au grand dam des vieux collectionneurs (suivez mon regard).

Canon : no MILC today
Mais le rêve a ses limites, en tout cas aujourd’hui. D’abord, sur ce genre de boîtier, il n’y a pas de viseur optique et rien que ça, pour toute une génération de photographes habitués à la visée reflex, c’est carrément rédhibitoire. Car sans visée reflex ou télémétrique, il n’y a guère d’alternative. On est condamné à l’utilisation du liveview avec toutes les difficultés induites en matière de contrôle du focus, d’autant que l’autofocus se réalise par détection de contraste, plus lent et moins réactif que sur un reflex, surtout sur un capteur de grande taille. D’ailleurs Masaya Maeda, directeur des produits chez Canon Image (qui prévoit semble-t-il un modèle mirrorless en 2012) confirmait ce point dans une interview de septembre 2010 : “La rapidité de l’autofocus est au centre des préoccupations de Canon pour ce type d’appareil”, et selon Canon “les performances sur ce point pour les mirrorless actuels sont sensiblement en retrait par rapport aux reflex actuels.” Par ailleurs, dans cet entretien ce haut responsable Canon évoquait aussi “le manque de succès relatif des bridges” mettant en avant le viseur électronique par rapport au viseur optique. Sans compter que le marché du mirrorless pourrait être un frein éventuel sur le marché du reflex, bien que je ne sois pas convaincu de l’absolue pertinence de cet argument.

Nikon s’engouffrera-t-il dans le segment MILC ?
Le net s’agite de rumeurs en tout sens. Dans une interview donnée à Bloomberg en 2010, le président de Nikon, Makoto Kimura annonçait que Nikon allait sortir un appareil photo hybride (faut-il entendre par là sans miroir ?) à objectifs interchangeables et doté de fonction vidéos avancées, la volonté de Nikon étant de “créer un nouveau marché”. C’est d’ailleurs ce qui différencie, à mon sens, Nikon de ses concurrents (comme Sony, par exemple, cantonné au marché asiatique), la marque jaune ayant une réelle capacité planétaire pour donner une véritable impulsion à ce segment de marché. Le mirrorless, projet stratégique ? Bigre ! Alors que je voyais passer avec une certaine désinvolture (voire un désintérêt quasi total) ce projet, je réalise tout à coup tout l’intérêt d’un tel produit dans une stratégie de développement. J’ai donc voulu en savoir plus. Du côté de chez Nikon, est-il bien utile de préciser que le black out est complet ? Je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais, de toute ma vie, entendu le mot “mirrorless” dans la bouche d’un membre du staff Nikon. En matière de projective, il me fallait donc chercher ailleurs, en particulier sur internet.

Il semble que Nikon travaille à un nouveau concept d’APN depuis plusieurs années, des propos confirmés par Monsieur Kimura lui-même dans une interview figurant sur le site même de Nikon Corp., je cite, in extenso : “Nous avons presque terminé le développement d’un appareil photo numérique de nouvelle génération sur lequel nous avons commencé à travailler il y a plusieurs années, ce qui offrira aux clients de nouvelles façons de profiter des images. Nous suivons actuellement les tendances du marché mondial, nous considérons le moment approprié pour le lancement de ces nouveaux produits.” Ces jours derniers les choses se sont nettement précipitées, faisant pressentir que “le moment approprié” souligné par Monsieur Kimura pourrait approcher à grands pas. Un communiqué de Reuters affirme sans ambages : «Les actions de Nikon Corp. ont augmenté pour la troisième journée consécutive vendredi, après la spéculation du marché sur le lancement de l’entreprise de son premier appareil photo mirrorless était stimulé par un rapport dans le journal Nikkei affirmant que le nouveau produit serait sur le marché d’ici la fin de l’année.”

Le Mirrorless vu par Nikon Corp : comme les autres mais en nettement mieux.
Connaissant un peu la marque jaune, on n’imagine pas de les voir débouler sur un segment de marché comme le mirrorless sans biscuit. Alors, rêvons un peu ! Il pourrait y avoir quoi dans cette merveille ? Un boîtier compact, visée liveview,un capteur de 10 à 12mp sensiblement plus petit qu’un format 4/3, livré avec un objectif 10-30 (et un coeff de 2,8 ?). Si un adaptateur F-mount était disponible, ça serait une véritable cerise sur le gâteau ! Ainsi, les propriétaires de gros reflex lourds et encombrants pourraient partir en week end et voyager léger, si vous voyez ce que je veux dire. Et là, comme Georges piaffant d’impatience en attendant sa commande de Voluto, j’ai envie de dire : “What else ?” Le reste tient en un mot : vidéo. Ce petit APN pourrait embarquer un processeur maousse costaud (comme Expeed 3 ?) et avec ce moteur puissant on peut imaginer que le petit engin pourrait être capable de générer de la vidéo au format 4K (soit une déf quatre fois supérieure au full HD). Et là, à l’instar de Doc Emmett Brown hurlant “2,21 gigowatts ?!” je vous entends hurler “Quatre fois supérieur au full HD ?!” Bienvenue dans le futur.

4K c’est la ultra haute définition, on l’utilise déjà dans le cinéma numérique. C’est une définition de 4096 par 2160 pixels, un poil plus large que le 16/9ème. Pour info, Youtube a annoncé récemment que leur site supporte désormais le standard 4K. Ce futur standard 4k va reléguer le Full HD au rang d’une aimable plaisanterie vintage très rapidement. Aujourd’hui pour filmer en 4K il faut utiliser une caméra numérique du calibre Red (à titre indicatif une Red one coûte 25.000$). Et là vous me dites : “Si je comprends bien, en clair, ça veut dire qu’on pourrait shooter en 24 images par seconde, en mode 4k et que chaque image sera exploitable ?” Comme vous y allez, mais oui, pourquoi pas ? Le tout avec un autofocus silencieux et actif en temps réel. Reste la difficulté liée à la visée liveview… Mais on peut rêver, non ?

3615 Qui n’en veut ?
Un boîtier compact, capable de générer une image d’excellente qualité (fixe et vidéo), discret, évolutif, je pense pouvoir dire qu’on en a tous un peu rêvé, non ? Quand j’étais minot, le Leica M3 de Larry Burrows puis le M5 de Cartier-Bresson, leur 35mm ou leur 50mm me faisaient rêver ! Alors bien sûr si un jour Nikon me proposait un petit boîtier musclé, sur lequel je puisse monter mes cailloux Nikkor via une bague d’adaptation, ce serait le bonheur, même si entre nous j’imagine mal mon 70-200 sur un boîtier compact ! Si en plus ça fait de la vidéo de qualité, pourquoi pas ? Plus sérieusement, ce qui m’attire dans ce projet, c’est le capteur musclé et la configuration boîtier et optique pancake (genre 10 ou 12mm). Pour retrouver le plaisir de se balader sans s’encombrer sur le parvis de Notre Dame et avoir un appareil de qualité, évolutif et qui tient dans ma poche. Si en plus le prix d’introduction est raisonnable, je résisterai à la tentation, façon Oscar Wilde…

Je médite encore les propos de Monsieur Kimura, évoquant “un appareil photo numérique de nouvelle génération” qui permettrait d’appréhender le monde de l’image d’une nouvelle façon. Depuis que la photographie existe, la façon de l’appréhender n’a finalement jamais cessé d’évoluer, rendant sa pratique toujours plus attractive, permettant à notre curiosité et à nos regards d’aller toujours un peu plus loin, pour aller chercher des images curieuses et inédites. Curieux. Le mot est lâché. Être photographe, c’est sans doute ça, c’est être avide de curiosité, d’avoir envie ce capturer un instant décisif si cher au cœur de mon cher Henri, adepte du boîtier compact et discret. Le mirrorless pourrait être une nouveauté technologique qui nous permettrait de réinventer un mode d’accession à l’image. Je ne sais pas, vous, mais moi ça me tente, plutôt deux fois qu’une ! En vérité je vous le dis. La photographie n’a pas fini de me faire rêver…

Cinq bonnes raisons d’acheter un reflex numérique Canon EOS 7D.

anli-pollicino-vauban-2010-shots
Chaque jour qui passe me rapprochait un peu plus de ma décision d’acheter, finalement, un EOS 7D. De vous à moi, cela faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti avec un boîtier Canon le feeling que j’ai pu avoir avec ce 7D. D’ailleurs il n’est pas de hasard si j’ai comparé l’obturateur de ce reflex avec celui de mon F1n. À dire vrai, je n’ai pas réalisé tout de suite que c’était surtout ce feeling, cette bonne sensation qu’on ressent quand on a un bon boîtier en main. Le dénominateur commun entre mon mythique F1n et ce tout nouveau numérique tient en un mot. Le plaisir. Lorsque Canon a introduit EOS 7D sur le marché, la marque rouge a positionné ce boîtier sur le segment des photographes amateurs experts et je ne suis pas sûr que ce choix était complètement judicieux. Cet EOS est un boîtier exigeant qui conviendra d’abord aux photographes. Les réactions vis à vis de ce nouveau reflex seront soit très positives, voire enthousiastes (suivez mon regard), soit réservées, voire négatives. C’est normal. EOS 7D est un boîtier qui se ressent, qui se dompte, qui s’apprivoise. Il faut faire de EOS 7D son boîtier, le prolongement de vos émotions. Alors, quand c’est fait, quand la symbiose se réalise, que vous découvrez vos images comme j’ai pu le faire moi-même au mois de mai, vous êtes saisi par ce flashback que vous prenez en pleine gueule. Les images sont là, traduites par DPP, brutes de capteur et vous sentez qu’il n’y a rien à faire. Tenter d’ajouter, de soustraire, de modifier et c’est l’essence même de l’image, sa pertinence qui en serait affectée. Aujourd’hui, je suis convaincu que EOS 7D est avec EOS 1D Mark IV le meilleur choix de la gamme reflex de Canon. En attendant un EOS 5D Mark III, qui devrait hériter des nombreuses avancées notamment en matière d’autofocus, voici au moins cinq bonnes raisons d’acheter un EOS 7D.

1- Parce que les fonctionnalités de EOS 7D sont proches du 1D Mark IV.
Pour avoir testé le grand frère dans tous les sens, je dois avouer que j’ai été surpris, lors de mes premiers tests avec le 7D et plutôt agréablement surpris. Pour tout dire, j’avais l’impression d’avoir en mains un petit 1D Mark IV. Et naturellement, le mot petit n’a rien de péjoratif, bien au contraire. 1D Mark IV est une remarquable machine, robuste, bien pensée, bien construite, tropicalisée. Bref, un engin polyvalent, juste un tantinet lourd. Alors évidemment, l’appréhension du 7D donne cette sensation de voyager léger. La taille, le poids, la nature du capteur (APS-H 1,3 sur 1D Mark IV versus APS-C 1,6 sur 7D), la tropicalisation, une capacité de paramétrages étendus sur le 1D. À y regarder des près, 7D embarque des fonctionnalités identiques et permet aussi un paramètrage assez fin du boîtier. Mine de rien il est costaud le petit, embarquant un double Digic IV qui étale le traitement sur 14 bits, capable d’encaisser 8 images par seconde au format RAW, excusez du peu. Le viseur 100% est un vrai plus, pour la précision du cadrage. Et l’autofocus 19 points est aussi paramétrable que précis. Signalons aussi l’accès aux paramètres sur l’écran 3 pouces qui n’est pas sans rappeler (encore) 1D Mark IV. Les adeptes de la vidéo trouveront aussi leur compte avec la capacité d’enregistrer des vidéos en mode full HD.

2- Parce que EOS 7D est léger, performant et polyvalent. Mais exigeant.
C’est toujours agréable de partir en emportant avec soi un matériel léger, dont on sait qu’il en a sous le pied. J’ai le sentiment qu’avec EOS 7D Canon réussit le pari de proposer un boîtier polyvalent, capable de s’adapter plus ou moins à toutes les conditions de terrain, pour peu qu’on le maîtrise bien. C’est cela que 7D me semble être : un excellent choix pour le photographe professionnel, soit en boîtier backup de 1D Mark IV soit lorsqu’il y a nécessité d’embarquer léger. L’exigence est au rendez-vous, mais il faut nécessairement apprendre à maîtriser ce boîtier et faire d’un 7D son 7D. Il peut avoir un comportement erratique en basses lumières et ce n’est pas un foudre de guerre en hauts iso. On peut cependant tabler sur un 3200iso clean, je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais eu besoin de monter au-delà, même si le boîtier propose un mode H à 12800iso. On ne retrouve pas les travers de 5D Mark II : pas de surex, pas d’autofocus qui pédale. Quand 7D accroche le focus et que le point d’équilibre est correct, il est capable de cracher de l’image d’un niveau de qualité assourdissant.

3- Parce que ce reflex a une signature.
La formule n’est pas de moi, mais je l’utilise tant elle me semble juste et convenir parfaitement à EOS 7D. “Ce reflex a une signature qui lui est propre.” Au cours d’une discussion avec un membre du staff de Canon France, mon interlocuteur a lâché cette phrase qui raisonne encore dans ma mémoire. C’est définitivement vrai et juste. Je parlais de qualité assourdissante. Lorsque j’ai développé (via DPP) les fichier RAW du concert de Fleurent-Didier, mon oeil a été attiré par un grain particulier, notamment visible dans les portraits en scène que j’affectionne. Il s’agit bien de grain, j’insiste sur ce point, de grain et pas de bruit. J’ignore à quoi est dûe cette particularité, cette signature. Peut-être à la nature même du capteur, à sa taille, alors que Canon réussit l’exploit insensé de faire tenir 18mp dans un capteur de taille réduite. Quoiqu’il en soit, 7D a une capacité à sublimer l’image, en restituant les couleurs, l’ambiance, ce truc impalpable et tout cela brut de capteur. Je pense au cliché de Tazartès étirant son accordéon, à Mareva Galanter qui effleure sa bouche d’un revers de main, à Arnaud Fleurent-Didier tête sur le côté. L’image peut être à la fois veloutée et sexy, d’une netteté comme je l’aime. Quant au piqué, c’est celui, imparable et incomparable de l’excellent 70-200 2,8L IS, qui se marie au 7D à la perfection.

4- Parce que Canon offre les meilleures optiques du marché.
Je sais bien. Affirmer que Canon produit les meilleures optiques du marché, c’est presque une évidence. Canon produit une gamme d’optiques plus complète que son concurrent direct, Nikon. Plus de choix, une qualité premium sur la gamme L et un coût nettement moins élevé. Si vous interrogez des photographes qui ont eu la tentation de switcher de Canon vers Nikon, que vous leur demandez pourquoi ils ont renoncé, l’argument numéro un est très souvent le parc d’optiques. Qui dit bon boîtier dit bonnes optiques. Sur EOS 7D, le conseil judicieux est de monter de l’optique de qualité et chez Canon c’est la gamme L et rien d’autre.

5- Parce que le cashback de Canon vous fait économiser 100€.
Sur la base du prix public de Digit Photo, ça nous met le boîtier à 1000€ HT et honnêtement voilà un prix très accessible pour un reflex de cette qualité. Alors ? Vous êtes photographe pro, équipé en Canon et vous cherchez un boîtier backup ? EOS 7D est un excellent complément à votre EOS 1D. Vous êtes photographe amateur, passionné par la belle image et vous cherchez à remplacer un 30D ou un 40D un peu au bout du rouleau ? Pas d’hésitation, pour vous EOS 7D est le choix naturel : ergonomie connue, préservation de vos optiques et une qualité de construction optimisée, en particulier au niveau de l’étanchéité. Et puis ce truc indéfinissable qui n’appartient qu’à Canon dans la fidélité de la restitution des couleurs.

cliché : Anli Pollicino au Cabaret Vauban mai 2010 (EOS 7D – 70-200 2,8L IS – 1600iso)

Cinq bonnes raisons de ne pas quitter Canon (pour le moment).

de-canon-F1-a-eos-7D-shots
Finalement, je vais faire encore un bout de chemin équipé en Canon. Une voie tracée il y a bien des années, un peu par hasard d’ailleurs, et puis un choix qui s’est maintenu au fil du temps. Mais dans une vie, rien n’est définitif. Je n’opte pas pour EOS 1D Mark IV qui est un boîtier performant mais dont les défauts en basse lumière sont rédhibitoires, pour un photographe qui travaille la nuit et quand on a comme moi tenu un Nikon D3s en main, un reflex pro aussi ultime que polyvalent. Je réalise qu’une bonne partie des arguments qui me font rester fidèle à Canon tiennent de l’irrationnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Comme le disait Molière, il y va aussi de la sagesse d’attendre

1- Les couleurs
Avec malice un photographe de mes amis (qui se reconnaîtra) me disait récemment que si autant de photographes équipés en Nikon travaillent en noir et blanc, c’est parce que la gestion des couleurs chez Nikon est calamiteuse. Il plaisantait bien sûr. Je pense que ce qu’il voulait mettre en avant, surtout, c’est la qualité de la gestion des couleurs made in Canon, ce que Jean-Philippe Grémillot désigne par “le velouté Canon“. C’est ce truc un peu magique qui fait que lorsque vous regardez un cliché signé avec un reflex Canon, vous avez ce ressenti si particulier lié aux couleurs. Tous les photographes équipés en Canon et tentés par un éventuel switch vers Nikon se sont, à un moment ou à un autre, posés cette question. Nikon, d’accord, mais quid de la gestion des couleurs ?

2- Le plaisir
Dans le comparatif Nikon vs Canon, j’ai essayé de décrire le plaisir que j’ai eu à shooter avec EOS 1D Mark IV. Il n’y a rien de mieux pour un photographe que de se sentir en phase avec son matériel, c’est même carrément essentiel. D’ailleurs entre nous, ça n’est pas spécifique aux photographes. J’ai le sentiment que la photo de concerts (et du spectacle vivant en général) a même tendance à décupler ce bonheur de photographier. C’est ce que ce cher Henri résumait en une phrase : “mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.” Je ne pense pas qu’on puisse faire un bon cliché en faisant la gueule.

3- Les optiques
J’ai utilisé pendant des années une optique d’exception, sur un boîtier d’exception. C’était un 55mm asphérique f/1,2, monture FD, sur un Canon F1 (puis un F1n). Les connaisseurs apprécieront. Ensuite j’ai eu un EOS 3 avec un 70-200 2,8L (puis le modèle IS). On lit souvent que les boîtiers passent et que les optiques restent. Et la question de savoir s’il est préférable de privilégier d’excellentes optiques à un excellent boîtier ne se pose pas. Côté optiques, Canon reste devant Nikon, même si le “loin devant” est désormais un simple “devant”. Devant en complétude, souvent en qualité et aussi en prix. Chez Nikon ne cherchez pas l’équivalent en optiques Canon, ça n’existe pas, pas pour le moment. Même si, au risque de me répéter, Nikon a fait des avancées considérables en la matière.
optiques-nikon-2010-shots
4- L’affectif
Récemment, je lisais une pensée du Dalaï Lama sur son twitter. En substance, cet homme sage parmi les sages dit que la vie n’est pas possible sans compassion et sans affection. Je le crois volontiers. Je pense aussi qu’une photo faite sans cœur ne donnera jamais une grande photo, de celle dont on se souviendra. Je vois passer des tonnes d’images sur internet et je me dis que finalement bien peu resteront dans ma mémoire. D’ailleurs, quand j’y repense, à ces clichés qui m’ont marqué, je vois passer une photo de Cartier-Bresson (“derrière la Gare Saint Lazare”), Cali et Miossec à Ouessant par Gassian, un portrait de Daho par Antoine Le Grand, un portrait de Marylin par Richard Avedon. Je peux photographier des gens que je n’aime pas, mais à tout prendre je préfère shooter des gens que j’aime, parce qu’en général, ils me le rendent bien. L’affectif est indissociable de ma vie et des images que je capture.

5- La culture
C’est sans doute l’élément le plus subjectif, le plus irrationnel, le paramétre le plus improbable qui fait que je ne souhaite pas quitter Canon, en tout cas pas pour le moment. Simplement parce que Canon est étroitement associé à ma culture photographique, depuis toujours.

Se donner du temps
Je veux bien prendre date, dès aujourd’hui. Je suis convaincu que dans l’année qui vient – qui va donc nous mener, disons jusqu’à juin 2011 – nous allons vivre des moments absolument passionnants, riches en annonces et en rebondissement, tant chez Canon que chez Nikon.

D’abord Canon. Comme me le disait un responsable de la filiale française au salon de la photo 2009 : “Canon n’a pas l’intention de rester les bras ballants !” J’en suis convaincu. Il ne faudrait surtout pas s’empresser de reléguer Canon à une vulgaire place d’outsider. D’abord il y a eu EOS 1D Mark IV où Canon a su montrer sa capacité d’évolution, je pense à l’autofocus et à cette capacité de produire une image d’une qualité optimum. Dans l’année qui vient, Canon est attendu sur EOS 1Ds Mark IV et sur le successeur de 5D Mark II. Un EOS 5D Mark III en 2011 est dans le domaine du probable, avec des specs qui risquent de décoiffer, notamment dans le domaine de la vidéo (format Raw ?) mais aussi sûrement avec un autofocus largement optimisé par rapport au modèle précédent.

d4-nikon-shotsEnsuite Nikon. Comment douter une demie-seconde de ce qui va déferler en matière de reflex et d’optiques professionnels signés Nikon ? D’abord, un successeur plus que probable à l’excellent D700. Il avait hérité de fonctionnalités de son grand frère D3, on peut imaginer sans peine des specs héritées du génial D3s, en particulier au niveau de le gestion des sensibilités. En vérité je vous le dis. Le successeur du D700 va faire très, très mal, car Nikon est prêt à nous proposer le reflex ultime tout en voyageant léger. Et puis évidemment, on lorgne du côté du D4 et là encore on peut s’attendre à l’accord parfait, avec une liste de specs longue comme le bras. Du côté des optiques, aussi, il y aura sans aucun doute du lourd. Nikon va chercher à combler son retard en la matière. Les sorties récentes du 70-200 2,8 VRII, du 24 f1,4, du 16-35 f4, du 300 f2,8 VRII, du 200-400 f4 II, … étaient déjà un signal fort. Le message est clair : en matière d’optiques il faut aussi désormais compter sur Nikon. Message reçu.

et maintenant ?
J’ai envie de dire que la vie continue ! J’ai (mal) vécu l’épisode 5D Mark II, puis le test EOS 1D Mark IV, je vais tester dans les semaines qui viennent EOS 7D, histoire de me faire ma propre opinion sur un boîtier controversé qui a provoqué des réactions houleuses à sa sortie, je pense aux tests de Darwin Wiggett (et à son article ravageur “7D le boîtier que nous voulions aimer“) ou à Ole Jorgen Liodden (de feu Canonfieldreview rebaptisé Nikonfieldreview depuis que Ole eut décidé de switcher) qui avait largement contribué à tartiner sur le sujet. Entre nous, je n’étais pas moi-même blanc brun à l’époque, pour ce 7D que j’avais qualifié de Canada dry de 1D Mark IV. D’ailleurs, c’est à l’issue de l’épisode 7D que j’avais décidé que, désormais, je ne m’exprimerais plus sur un boîtier sans l’avoir moi-même testé. Rendez-vous, donc, dans les jours à venir, pour un test grandeur nature, sur le terrain, avec EOS 7D.

Photographe ou vidéaste ? Choisis ton camp.

photographe-aux-vieilles-charrues-2009
Je suis tombé récemment sur un texte absolument désopilant, gentillement transmis par une prod avant un concert. Ce texte concerne les photographes et les captations vidéo, dans la forme c’est drôle comme du Monty Python tout en étant très sérieux dans le fond. Morceau choisi. “Ne vous méprenez pas, j’ai le plus grand respect pour les gens de l’industrie de la communication, en fait mes ancêtres avaient un fort lien historique avec le service postal (…). Ces dernières années, et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi sur ce point, il y a eu une explosion de ce nombre de personnes qui, on va dire comme ça, sont touchées par la grâce du Seigneur d’une absence totale de talent, essayant par tous les moyens possibles de capturer de l’image et d’être l’oeil du public…” Ce témoignage est aussi pragmatique qu’édifiant, parce qu’il montre une certaine facette de la réalité. Aujourd’hui un shoot, un recadrage, une accentuation dans Lightroom ou Photoshop, voire au passage la suppression des couleurs parce que bidouiller en noir et blanc c’est toujours plus style et voilà. That’s it. T’as plus qu’à coller le mot photographer derrière ton nom et en avant Guingamp. Le nombre de demandes d’accréditations photographes a littéralement explosé, suivant la même courbe ascendante que le nombre de prétendants au titre. Pas étonnant, donc, que le système des accréditations payantes se développe de manière croissante. Mais mon propos, au fond, n’est pas là. Ces dernières années ont vu l’apparition sur la gamme des appareils photos reflex de fonctionnalités vidéo, permettant de réaliser des captations d’images vidéo de grande qualité. Je pense à Canon, en particulier, qui en même fait un de ses grands arguments marketing. Leur EOS 5D Mark II est capable aujourd’hui de rivaliser avec du matériel vidéo pointu, en capturant de l’image à une cadence de 24 à 30 frames par seconde. J’ignore si la stratégie de Canon consistant à intégrer des fonctionnalités vidéo dans toute sa gamme de reflex sera payante à terme, ou pas. En tout cas, aujourd’hui un EOS 7D ou un modeste EOS 550D permettent d’accéder à la vidéo full HD, comme le 5D II ou le nouveau 1D Mark IV. Nikon a une approche du segment qui semble plus pragmatique, même si les boîtiers reflex de la marque jaune se dôtent peu à peu de fonctions vidéo haut de gamme.

Le problème, c’est que l’accréditation photo et l’accord de captation vidéo d’un concert ne relèvent pas du tout des mêmes conditions. Quand un photographe est autorisé sur trois à quatre titres (voire selon les prods sur un temps déterminé), le vidéaste lui est beaucoup plus contrôlé, les captations vidéo dépassant rarement un titre. Car une vidéo intègre non seulement l’image de l’artiste mais aussi la bande sonore. Les questions soulevées par la possibilité pour un photographe de capter des images vidéo d’excellente qualité sont très nombreuses et vont, inévitablement, être une source de conflits supplémentaires dans les mois et les années à venir. Les risques sont multiples, non seulement de problèmes entre les prods et les photographes film-makers, avec à terme, on s’en doute, un durcissement des règles mais aussi de conflits entre photographes. Je ne serais pas étonné de voir fleurir dans un avenir proche des clauses dans les contrats d’accréditation stipulant aux photographes l’interdiction pure et simple d’utiliser les fonctions vidéos de leur boîtier reflex. Pour ma part, la question ne se pose pas, j’ai dit et répété que la vidéo n’est ni mon métier, ni ma tasse de thé. Mais une chose est claire. Entre photographe et vidéaste, avant d’entrer dans le pit, il faudra choisir son camp.

• cliché : un photographe dans la fosse Vieilles Charrues 2009

Apple iPad. Un bel objet nommé désir.

steve-jobs-presente-ipad-shots
Apple vient de présenter iPad, un périphérique communiquant via internet, à mi-chemin entre un iPhone et un ordinateur portable Macbook. Une fois dépassé l’impact du bel objet, fin, léger, racé comme Apple sait les concevoir, on en arrive rapidement à imaginer ce que les photographes (et accessoirement les vidéastes puisque désormais la frontière entre photo et vidéo est étroite) vont pouvoir faire de cet outil merveilleusement communiquant. Et pendant la keynote qui s’est déroulée hier, Steve Jobs, le boss d’Apple, n’a pas manqué son show jubilatoire avec iPad, en particulier au chapitre de l’image numérique.

Et il est vrai que iPad se prête volontiers aux présentations photos, d’abord dans sa capacité à orienter son écran au format portrait ou paysage, selon l’inclinaison qu’on donne à l’écran. Ce qui est intéressant avec iPad c’est que dans sa capacité de base – 16 Go – il va être possible de stocker des milliers de photos que le photographe va pouvoir ranger en thématique, j’ai même envie de dire en tas puisque c’est la façon dont les photos sont montrées. On tapote d’un doigt, on choisit son tas de photos, d’un geste du pouce et de l’index on étale les photos sur l’écran de 10 pouces. La navigation dans les photos est aussi sexy qu’intuitive et j’imagine que l’objet iPad va faire des ravages dans les milieux hypes de la mode, pour ne citer que celui-là.

Pour pouvoir montrer des photos sur iPad il faut d’abord l’alimenter, c’est là que le bât blesse. Pas de port USB, on va donc devoir synchroniser avec iPhoto sur son Mac (ou son PC) ou bien aller les chercher via internet sur un volume distant. Après tout pourquoi pas, l’hébergement de données distantes est un service qui va se développer dans les années qui viennent. On stockera de plus en plus nos données de manière déportée, sur des volumes distants de grosse capacité (exprimée en tera octets). De toute façon iPad n’a pas pour vocation première de remplacer un Mac portable, mais plutôt d’être un périphérique complémentaire. Ce qui est intéressant c’est qu’une fois les images sur iPad, la présentation des clichés devient immédiatement plus attractive (je passe sur la possibilité un peu niaise de réaliser des diaporamas avec une musique en background) et iPad devient alors un périphérique de présentation très vendeur.

Je ne serais donc pas étonné, dans les mois qui viennent, de voir iPad fleurir entre les mains de nombreux photographes. Quant aux vidéastes, à tout ceux qui utilisent désormais leur EOS 1D Mark IV ou leur D3s pour réaliser des vidéos, ils vont aussi à coup sûr craquer pour iPad, d’autant que son prix d’introduction (inférieur à 500$) le rend encore un peu plus attractif.

en savoir plus sur iPad : lire l’article sur Macacoco.

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes