Tests reflex pro Nikon D3s. Effleurer enfin l’inaccessible étoile.

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Je m’en souviens parfaitement, de cette image. Jacques Rosay, pilote de chasse, pilote de ligne et surtout pilote d’essai du projet A3XX qui est devenu, plus tard, Airbus A380. Je me souviens bien de son regard, du pétillant de ses yeux, après le premier essai en vol du prototype A380, nouveau gros porteur d’Airbus industries. Le vieux briscard avait retrouvé son enthousiasme de jeune pilote et sans doute des sensations oubliées. Piloter, maîtriser un engin pareil, au doigt et à l’œil, de vous à moi c’est pas donné à tout le monde. Jacques Rosay fait partie de ces pilotes mythiques, de l’étoffe des héros si chère au cœur de Chuck Yeager, grand baroudeur du ciel devant l’éternel, de ces mecs sévèrement burnés qui sont allés, un jour, chatouiller les étoiles. Mais je m’égare, si je vous parle de Jacques Rosay et de son regard d’enfant retrouvé, c’est parce que j’ai vécu hier soir une expérience similaire, toutes proportions gardées, en embarquant avec moi un Nikon D3s pour un nouveau vol d’essai, pour calibrer l’engin, maîtriser la bête avant le concert privé de -M- samedi soir à Carhaix avec mes potes du festival des Vieilles Charrues. Avec le soutien de Nikon France qui a joint l’utile à l’agréable en livrant un Nikkor 70-200 2,8 VRII sur D3s, je suis allé au Cabaret Vauban et son plan de feux intimiste taper quelques clichés dans l’ambiance cosy des concerts de mes amis de Penn ar jazz. En arrivant sur place, j’ai décidé de ne pas faire dans la dentelle, en montant la molette des sensibilités à 10000iso. Pendant le set, j’ai croisé mon ami Guy Chuiton (mon photographe officiel) qui faisait des clichés argentiques avec son boîtier Contax. Rencontre de deux mondes. J’ai allumé l’écran de contrôle arrière et je lui ai montré la mention “10000″. Il a souri. J’avais l’impression que Jacques Rosay montrait le joystick de pilotage du A380 à Chuck Yeager. Et puis chacun est reparti dans sa bulle…

Nikon D3s. Putain de reflex.
Je vais essayer de me réfréner, de ne pas paraître trop dithyrambique, sinon on va encore me suspecter de publi-reportage pour le compte de Nikon. Tiens, à ce propos, comme le soulignait avec malice un ami photographe, si Shots mangeait dans ce genre de gamelles, je ne serais pas contraint, à l’issue de mes tests, de rendre les boîtiers. Quel dommage ! J’aurais le privilège d’avoir sur mon étagère quelques boîtiers légendaires… Difficile de ne pas sortir extatique d’un shooting avec D3s, tant ce boîtier surclasse de trois têtes, à l’aise, tout ses concurrents. Tous ? Oui, tous sans exception. Nikon D3s est définitivement, à l’heure actuelle, le meilleur reflex professionnel du marché. En combinant une réactivité sans égale, je pense à cet autofocus 51 points redoutablement efficace, la qualité d’optique Nikkor (le piqué du 70-200 2,8 VRII est splendide à f2,8, sublime à f4), un paramétrage personnalisé d’une grande finesse, la capacité de shooter en mode rafale et en suivi autofocus 3D, ce boîtier sait absolument tout faire. Et puis, il y a le coup de génie de Nikon…

Hautes sensibilités. Nikon voyage au bout de la nuit.
Le coup de génie absolu de Nikon c’est d’avoir poussé le bouchon au maximum des possibilités actuelles en matière de gestion des hauts iso. Bien sûr, des gens bien intentionnés vous diront qu’on n’aura jamais besoin de faire des photos à 102400iso. Depuis que la photographie existe, les techniciens n’ont eu de cesse que d’améliorer le confort des photographes, de leur apporter des possibilités sans cesse plus étendues et ce n’est pas Monsieur Leitz et son ingénieur en chef Oskar Barnack, génial concepteur du Leica, qui me contrediraient. Donc, une fois cet argument d’une absurdité sans nom écarté, ce qui m’intéresse c’est que cette fonctionnalité proposée par Nikon sur D3s permet d’aller capturer des images là où on ne pouvait pas techniquement le faire avant D3s. J’ai en mémoire la photo de l’ours réalisée par Vincent Munier, à 12800iso, de nuit, sans un poil de grain, avec pour seule source de lumière les lueurs de la pleine lune. Hier soir, n’ayant ni pleine lune, ni ours sous la main, je me suis contenté de Louis, qui officiait (avec le brio qu’on lui connaît) à la console son du Cabaret Vauban, avec pour seul éclairage celui de la console et les diodes qui la faisaient ressembler à un cockpit d’Airbus A380. J’ai tapé deux clichés, à 16000iso, focale 140mm, 1/50e à f2,8. Un cinquantième, les puristes apprécieront ! Un cinquantième de seconde à 2,8 avec quasiment zéro lumière. Deux ou trois constats sur la netteté, sur le grain et enfin sur la lumière.

La netteté d’abord. Par quel sortilège D3s est-il capable d’accrocher un point de focus dans la quasi obscurité ? Comment l’autofocus de D3s réalise cet exploit, là où la plupart de ses concurrent patinent comme un francilien sur une plaque de verglas en décembre ? On ne le répétera jamais assez. En matière d’AF Nikon est devant, loin devant. Est-ce que l’image présente du grain ? Oui, un peu, mais pas trop. Elle est parfaitement acceptable, comprendre publiable pour un photo reporter, le reste c’est du bla bla… Enfin, D3s est un animal de nuit, capable de sublimer une once de lumière. Une truffe d’ours sous la lune comme les diodes d’une console son au Vauban. Et puis à bien y réfléchir, je me dis que la grande qualité de ce reflex, c’est qu’il apporte au photographe ce sentiment de confort et d’absolue confiance, comme une petite voix qui murmure “vas-y, je te suis et je ne te laisserai jamais tomber“. Voilà, la qualité de Nikon D3s elle est là et tout le reste est singulièrement accessoire. Au moment où j’écris ces lignes, je sais que Nikon ne peut pas fournir de D3s et par avance je m’excuse auprès d’eux d’en avoir ajouté une couche, car j’en connais plus d’un (suivez mon regard embrumé) qui vont craquer à la lecture de ces lignes. Il n’est pas de hasard. Si aujourd’hui on constate une ruée vers D3s c’est que ce boîtier numérique est capable de permettre au photographe pro de réaliser des clichés là où tous les autres sont à la ramasse. Toutes spécialités confondues ! Car D3s est aussi un reflex polyvalent, en clair il sait tout faire, en étant aussi à l’aise en studio que sur le terrain en reportage.
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Points faibles du D3s.
Il y a quelques années, un journaliste qui écrivait un article sur un logiciel que j’avais testé me demandait d’évoquer ses points faibles. Comme je n’en trouvais pas, il m’avait expliqué que dans un banc d’essai il faut toujours trouver un ou deux points faibles, sinon on n’est pas crédible. Alors deux choses. D’abord je ne suis pas journaliste, je suis photographe et je n’ai pas besoin de trouver des points faibles à D3s pour être crédible, sans blague. Ensuite, clairement, je ne trouve pas de faiblesse à ce boîtier. Étonnamment je l’avais trouvé lourd lors de mes premiers galops d’essai il y a un an, hier soir ça ne m’a pas frappé (mais j’ai repris le sport il y a six mois). Clairement, avec un D3s en main, surtout avec son 70-200, comme aurait dit feu ma grand mère il y a de quoi remplir la main d’un honnête homme. Le seul bémol de D3s c’est la taille de son capteur (12mp). Je ne suis pas un adepte du recadrage, pour moi le cadrage est un paramètre essentiel de la photographie, j’ai hérité ça de ma culture argentique, de mes glorieux ancêtres et héros, de Lartigue à Cartier-Bresson en passant par mon cher Larry Burrows. Et puis 12mp c’est largement suffisant pour réaliser des tirages de tailles honorables.

Non, il n’y a rien à dire sur l’évidence et Nikon D3s c’est, à l’évidence, la perfection photographique. Avec ce boîtier pro, Nikon frôle les étoiles, permet d’aller toujours plus haut, plus loin. Avec D3s le photographe pro retrouve ce sentiment de puissance, de performance, de sécurité et surtout, surtout d’absolue confiance. De repousser toujours un peu plus les limites du possible. Un peu comme lorsque Chuck Yeager, au manche de son Bell X1A, tapait le mur du son en octobre 1947 et effleurait, ce jour-là, l’inaccessible étoile…

• illustration photos : Louis, ingénieur du son au Cabaret Vauban (Brest, décembre 2010). La lampe du bar du Vauban (détail) à 16000iso.

Nikon 24-120 f4. Une optique indispensable. Même à 24.

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Il est comment à 24 ?” Je dois à la vérité de dire que je n’ai pas compris tout de suite la question parce que je ne suis pas un habitué de la gamme et de l’historique de Nikon, mais il se trouve qu’avant que Nikon n’ait la brillante idée de nous pondre ce zoom trans standard, la marque jaune avait commis un 24-85 qui ne donna pas en son temps, si j’ai bien compris l’histoire, toute la satisfaction qu’on est en droit d’attendre d’une optique signée Nikon. D’où cette question émanant d’un utilisateur de la marque, il est comment à 24mm ? Le bon feeling que j’avais sur cette optique, dès son lancement, était un peu comme un coup de poker. Dès l’annonce du 24-120, ma première réaction a été de me dire que Nikon est allé au bout du rêve, c’est à dire de pousser le bouchon jusqu’à 120, là où Canon avait prudemment choisi de s’arrêter à 105. Et ça, ce choix là de monter un poil de plus en focale (oui, je confirme, quinze millimètres ç’est énorme), c’est le coup de génie qui confère à cette optique une qualité qui n’a aucun équivalent sur le marché.

Donc, après m’être fait interpeller ici-même par un lecteur de Shots, j’ai tendu l’oreille (enfin l’œil je veux dire) et je suis allé taper quelques clichés, en concert, à focale 24, quasi pleine ouverture (entre f4 et f5), sur le Nikon D700 (putain de boîtier !), histoire de vérifier si un quelconque défaut apparaît à l’image, ou pas. À l’occasion du set de Dominic Sonic et des virulents détenteurs du tremplin des Jeunes Charrues 2010 The Octopus, chez moi au Cabaret Vauban, j’ai eu l’occasion de remettre le couvert avec ces putains de concerts qui sentent la bière, le vieux Rexona usagé, le t-shirt humide et l’animal, collé à la scène pour taper quelques images 100% ouakenole dans des positions acrobatiques qui ne sont plus de mon âge ma bonne dame et tout ce joyeux bordel, la poignée dans le coin, plein pot à 24mm et en fullframe s’il vous plaît. Et là, mes aïeux, croyez-le ou pas, mais j’ai vécu un bonheur, une sensation de plaisir, une ouache pas possible. Un truc, une vision, un champ d’ouverture monstrueux, le feeling retrouvé comme au bon vieux temps du F1 avec une optique FD 24. Seule différence, ici l’ouverture est à f4, ce qui ne manquera pas de faire hurler mon ami David Grimbert (entre autres) pour qui une optique au delà de f1,4 c’est une hérésie… Ici je vous parle bien de f4 et l’image renvoyée par le viseur du D700, un viseur qui n’est pas à 100% se plairont à rappeler quelques pisse-vinaigres, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie hein ? Un viseur à 100% ET un flash intégré… Or donc, cette image-là est simplement lumineuse à souhait. Mais comment les ingénieurs de Nikon réussissent-ils à obtenir une image aussi limpide et lumineuse à f4 ? Simple. C’est le traitement des lentilles et un savoir-faire singulièrement agaçant. Et puis on ne répétera jamais assez que deux diaphs au dessus (comprendre au dessus de f2,8) c’est pas franchement gênant quand on dispose d’un reflex capable de cracher une image propre et sans grain à 6400iso, suivez mon regard embrumé de larmes. Et encore, je ne parle même pas d’une optique comme le 24-120 monté sur le D3s et son 12800iso nickel, et là, franchement, vous pouvez sortir les kleenex.

Persiste et signe. Si je devais acheter une optique chez Nikon (ce qui n’est pas actuellement le cas parce que jusqu’à preuve du contraire on ne peut pas monter du Nikkor sur un EOS), j’opterais sans l’ombre d’une hésitation pour ce petit 24-120 discret, maousse costaud et pas d’un prix rédhibitoire comme c’est parfois le cas chez Nikon, qui entre nous n’a pas la réputation de donner ses optiques à vil prix, mais en même temps c’est le prix de la qualité. Bon, bien sûr, c’est sur un reflex fullframe comme le D700 que s’exprime à la perfection tout le potentiel de ce zoom, même s’il conviendra aussi à merveille à votre D300s ou votre D7000 ou n’importe quel boîtier reflex de la gamme Nikon. Mais sa plus grande qualité sur laquelle j’insiste vraiment, c’est sa polyvalence, du grand angle au petit télé. Ce 24-120 f4 saura tout faire, il vous accompagnera partout et grâce à lui votre capteur restera à l’abri des poussières, vu que vous ne changerez jamais d’optique ! En ce moment c’est ce que je vis, au quotidien. J’embarque D700 et le 24-120 sous le bras, une carte Sandisk Extreme 32Go histoire de voir venir, je n’ai même plus besoin de sac. Le bonheur. Un dernier argument, si tant est que cette optique en ait encore vraiment besoin. En novembre, pour le banc d’essai Shots, Nikon France m’a prêté un D700 et un 24-120 f4 et vous savez quoi ? J’ai refusé de le rendre. Et ça, de vous à moi, c’est un signe qui ne trompe pas…

[EDIT] du 7 décembre 2010
Mais comment les ingénieurs de Nikon réussissent-ils à obtenir une image aussi limpide et lumineuse à f4 ?

Quelques heures après la publication de cet article dans Shots, le hasard a voulu que j’ai un responsable technique de Nikon France au téléphone. J’ai évoqué avec lui la brillance de l’optique Nikon 24-120 en lui demandant par quel prodige Nikon avait réussi à obtenir une luminosité aussi accrue sur une optique ouvrant à f4 comparable à la luminosté d’une optique à f2,8. Réponse de Nikon France in extenso :

En fait, depuis un peu moins d’un mois que cette nouvelle optique Nikon 24-120 f4 est disponible sur le marché, nous obtenons un retour de satisfaction très élevé de la part des photographes qui l’utilisent et beaucoup d’enthousiasme par rapport à l’aspect lumineux dont tu me parles. Il faut savoir que sur cette nouvelle gamme d’optiques à f4, qui inclut non seulement le 24-120mm mais aussi le 16-35mm, nos ingénieurs ont conçu un traitement nano cristal particulièrement élaboré sur chaque lentille qui constitue l’objectif. Il en résulte moins de pertes de lumière. C’est vrai que tous les photographes qui ont utilisé ce 24-120 sont enthousiasmés par son côté très lumineux. Et on obtient des résultats similaires avec le 16-34 f4. Finalement, le diaph de différence avec une optique f2,8 se compense avec la capacité de nos boîtiers comme le Nikon D3s à réaliser une image propre et sans grain à un nombre iso élévé.

Précision sur le nombre d’iso élevé, j’ai testé D3s à 12800iso sans un poil de grain. Mais sans aller aussi loin, à 8 ou 10000 iso, D3s est capable de produire une image parfaite, alors le diaph de différence devient véritablement anecdotique. Demeure alors, pour les optiques à f2,8 (et supérieures) une qualité et une finesse d’arrière plan (bokeh) souvent incomparables.

Canon Expo 2010. Je ne suis pas de retour du futur.

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La nouvelle est tombée, sèche comme un coup de trique, sous la forme d’un email. “Votre TGV ne circule pas“. Solidarité forcée avec des cheminots, me voilà coincé à Brest, au début du monde, privé de Canon expo 2010. Dire que je suis un peu chonchon tiendrait de l’euphémisme. Comme toujours, c’est Shots qui va prendre, l’écriture sous forme d’exutoire ça sert à ça. Je m’étais fait une vraie joie de cette ballade parisienne, le temps de retrouver le staff de Canon France avec qui c’est toujours un plaisir de partager une certaine vision du futur. Las ! Un email de la SNCF plus tard c’était adieu veau, vache, cochon, couvée et réalité augmentée. Mais c’était sans compter sur le joyeux animateur et responsable new média de la marque rouge (hello Anthony !) qui nous a alimenté chaque jour, nous pauvres exclus de l’expo, de joyeuses images toutes plus fascinantes les unes que les autres, via Twitter. Ici un prototype de reflex numérique, là un capteur 80mp et encore ici des lunettes tout droit sorties de Retour vers le futur lorsque notre cher Doc Emmett Brown en revient, justement, du futur !

Le truc, c’est que le futur c’est fascinant, certes, mais franchement ce que Canon sortira dans trente piges, on s’en bat un peu les steacks. Parce que dans trente ans, au pire on aura plié les cannes et on bouffera les pissenlits au quotidien et par la racine, au mieux on sera tout vieux, tout sec et ça fera un bail qu’on trouvera EOS 1D bien trop lourd pour nos vieux os. Certains, par la grâce de Saint Alzheimer, ne se souviendront même pas qu’ils sont photographes et pour ceux qui auront encore une tête et des yeux, ils pourront tout au plus faire quelques photos avec leur Powershot 30 ou, pour les plus fortunés avec leur Leica M16. Non sans blague, comme disait Doc, le futur, on s’en balance. Ou alors, le futur simple. Celui qui arrive, là, à très court terme. Celui-là, oui, je vous le garantis sur facture, il va être absolument passionnant. Si vous observez bien le marché pro de la photographie numérique, vous devez pressentir qu’une bagarre se profile à court terme. Début 2011, on va être à la croisée des chemins, avec d’un côté Canon qui doit logiquement renouveler son modèle EOS 5D Mark II et en face, dans le même espace temps, Nikon qui doit en faire autant avec son D700. Passionnant, je vous dis. Nikon, loin devant sur le segment pro, qui a cumulé les réussites depuis trois ans, avec en point d’orgue D3s, le meilleur reflex pro du marché, ne peut pas nous décevoir. Je n’ose même pas imaginer ce que la marque jaune nous prépare, mais je peux fantasmer un peu. Un reflex fullframe léger comme l’actuel D700, embarquant un capteur un poil plus musclé mais pas trop (14 ou 16mp), un autofocus 51 points encore optimisé, des fonctionnalités directement héritées du D3s comme la gestion des hauts iso (on accédera sans aucun doute à 12800iso sans un pet de bruit) ou de la vidéo embarquée en full HD 1080/24 avec AF comme on l’a vu sur D7000 et j’en passe. Nikon surfant sur la réussite flamboyante, il va falloir s’y habituer. Canon en challenger, l’histoire ne nous avait pas habitué à ça, mais il en va ainsi dans tous les cycles industriels. Mais attention à ne pas vouloir jeter la marque rouge avec l’eau du bain. Le succès insolent de la boutique d’en face ne saurait masquer le retour en force de Canon, d’abord avec la sortie de EOS 1D Mark IV (putain de boîtier) sur le segment du reflex pro, une véritable machine de guerre numérique capable d’engranger de l’image à vitesse supersonique et puis EOS 7D, bien sûr. Certes Canon n’en n’a pas fini de ses vieux démons mais je suis convaincu que la marque est sur la voie de le rédemption. Et cette rédemption pourrait bien passer par le successeur de 5D Mark II, en 2011. Autant on peut raisonnablement entrevoir ce que Nikon pourrait proposer pour succéder à son D700, autant du côté de Canon c’est le blackout total. On espère de nettes améliorations sur les sujets qui fâchent (l’autofocus, entre autres, la gestion des hauts iso) mais on peut aussi s’attendre à des morceaux de choix du côté de la vidéo, un segment sur lequel l’actuel 5D Mark II a connu un succès inespéré. J’avais questionné Canon sur l’hypothétique implémentation du format RAW en mode vidéo et j’avais obtenu une réponse aussi claire qu’ambigüe “On n’en n’est pas très loin, finalement !” Et en même temps j’espère que Canon ne se bornera pas au seul segment de marché vidéo sur ce futur EOS 5D. J’ai confiance en Canon, en sa capacité à rebondir, à nous étonner…

• Rendez-vous au Salon de la Photo !
Dans trois semaines, du 4 au 8 novembre prochain, c’est le Salon de la Photo à Paris. J’espère pouvoir y aller, si les camarades cheminots veulent bien m’y transporter. Je ne suis pas sûr qu’on y glane des informations sur le futur simple de Nikon et Canon, mais le salon est une bonne occasion de prendre la température et de prendre un café avec les amis photographes. Non, plus sérieusement je reste convaincu que 2011 verra des annonces de part et d’autre, de la part des deux géants. En attendant, que cela ne vous empêche pas de sortir et de faire des photos. Demain, c’est votre futur. Et pour reprendre une pensée philosophique de Doc Brown “Le futur n’est que ce que vous en ferez !

Nikon annonce D7000 : 16mp, vidéo full HD, autofocus amélioré. Bienvenue au fight club.

nikon-annonce-D7000-shots-2010Disons-le clairement. Même si ce nouveau boîtier Nikon D7000 présente de nombreux atouts – un capteur plus musclé, un double slot SD, un mode vidéo full HD, un autofocus optimisé, … On va y revenir ! – c’est quand même rien d’autre qu’un boîtier positionné sur le segment expert semi pro, pas de quoi fouetter un chat ! Un second couteau en somme. Bienvenue, vous êtes sur Shots. Vous vous attendiez à quoi ? Qu’on se liquéfie, qu’on se répande ? Voilà un boîtier au format DX qui pour un pro peut être une excellente alternative, au mieux un backup de son D3 ou de son D3s. Ce boîtier en a sous le pied et je vous propose de regarder les points qui me semblent intéressants d’être notés, Mais de vous à moi, ce D7000, clairement positionné face au 7D de Canon est annonciateur d’une bagarre à venir sur le segment pro que, pour ma part, j’attends avec une impatience fébrile. L’annonce aujourd’hui de D7000 n’est qu’un hors d’oeuvre, un amuse-gueule, un premier round, une mise en jambes en attendant le combat des chefs, le vrai, le couillu, sur le terrain professionnel. C’est dans les mois qui viennent que vont se livrer deux combats décisifs entre les deux principaux constructeurs japonais que sont Nikon et Canon. Dans un premier temps avec les deux boîtiers full frame pros, pour Nikon le successeur de D700, pour Canon le successeur de EOS 5D Mark II. Dans un deuxième temps avec l’annonce tant attendue de leurs nouveaux reflex haut de gamme, probablement D4 chez Nikon et EOS 1DS Mark IV chez Canon. Et lorsque j’écris le mot “décisif“, je pèse et je soupèse. Après la relative déroute des armées Canon, autant vaincues de l’intérieur sur le segment pro que par l’exceptionnelle et insolente réussite d’un Nikon plus en verve que jamais, l’étape qui s’annonce va s’avérer cruciale. Canon va devoir prouver sa capacité à rebondir en proposant un 5D Mark III flamboyant, dôté d’un AF opérationnel, d’une gestion des hautes sensibilités vraiment optimisée et de fonctions vidéo qui cloueront sur place la concurrence. D’autant qu’en face, on imagine un Nikon plus remonté que jamais, fort de ses succès sur le segment pro. Fermez les yeux deux secondes et imaginez un successeur au D700, intégrant de la vidéo full HD, dôté d’un AF dont seule la marque jaune a le secret (un 51 points hérité du D3s serait déjà époustouflant) et d’une gestion des hauts iso également en droite ligne du D3s. Voilà, vous y êtes ? Canon versus Nikon, dans les mois qui viennent, ça va ressembler au fight club. Et il est probable que l’un des deux va en prendre plein la gueule. Vae victis.

D7000 : des specs qui préfigurent le chapitre suivant
Observez-le bien ce boîtier. Il se positionne sur le segment amateur éclairé et nous dit plein de choses sur le futur de la marque jaune. D’abord et avant tout, la taille du capteur. C’est fait. Nikon se décide enfin à proposer une taille de capteur digne de ce nom ! Comme disait un ami qui se reconnaîtra, seize c’est mieux que douze. Une lapalissade, peut être, mais qui n’a rien d’anecdotique. C’est radicalement plus simple d’obtenir une image clean à 100% avec un capteur 12mp qu’avec un capteur 16mp. Un autre ami photographe (qui se reconnaîtra aussi) me disait récemment à propos de ses images produites avec 5D Mark II : “quand je regarde les images du 5D II à l’écran, je me contente de 50%, comme ça elles sont nettes !” avant d’éclater de rire. Comparer des images produites à 21mp avec des images crachées à 12mp, était-ce bien raisonnable ? Bon, en tout cas, avec ce capteur 16mp, on va enfin pouvoir comparer les images du D7000 avec celles d’un EOS 7D. Et puis 16mp ça laisse quand même un peu plus de latitude que 12 en cas de crop. Taille capteur, ça c’est fait. Le deuxième paramètre intéressant c’est ce double slot SD. D’abord parlons du format SD qui, à terme, pourrait bien remplacer un standard compact flash ancien et nettement plus encombrant. Ensuite un double slot, comme sur D3s, avec probablement des fonctions épatantes en matière de remplissage (débordement, backup, RAW/jpeg, …). Passons sur la construction du boîtier lui-même qui, sans être tropicalisé, a quand même été prévu pour l’anti-ruissellement et une résistance aux chocs avec son boîtier magnésium. Son viseur 100% lumineux, son écran LCD 3 pouces, … Construction Nikon, pas besoin de vous faire un dessin. Non, parlons plutôt des sujets qui fâchent (suivez mon regard), oui ! Parlons de l’autofocus.

Autofocus. Quand Nikon améliore la perfection.
Chaque fois qu’on me parle de l’autofocus de Nikon, je repense à cet ami photographe (encore un) qui me disait : “tu donnes un reflex Nikon à un pékin lambda qui n’a jamais fait une photo de sa vie, ça sera cadré avec les pieds mais une chose est sûre. les photos seront nettes.” C’est vrai. C’est ce qui m’avait bluffé lors de mes tests avec D3s, ce sentiment de ne jamais pouvoir prendre l’autofocus en défaut. Ah oui ! Bien sûr, il y a ceux qui vous diront : “l’autofocus, dans le temps ça n’existait pas et on vivait bien quand même !” Oui, mais aujourd’hui, un photographe ne vit pas sans un AF qui assure. Nikon produit déjà des boîtiers reflex dôtés d’un autofocus redoutablement efficace, même dans des conditions de lumière délicates, avec, cerise sur le gâteau une gestion des hautes sensibilités radicalement élaborée. Lorsque je lis que l’autofocus 39 points a encore été optimisé, qu’il permet, je cite, de produire des images “de haute qualité et incroyablement précises“, ma première réaction c’est évidemment de demander à voir et ma seconde réaction c’est d’inviter Canon a bien penser sa prochaine copie au chapitre autofocus + gestion des hauts iso. Au risque de me répéter, cette annonce du D7000 n’est pas une simple annonce d’un nouveau boîtier DX semi-pro, mais bien le signe annonciateur d’une énorme bagarre.

Vidéo. Comme au poker, Nikon se refait et double la mise.
Au chapitre de la vidéo, Nikon n’avait pas vu le coup venir, j’entends par là le coup du 5D Mark II. D’ailleurs, entre nous, même Canon ne s’attendait pas à un tel succès. Comme me le disait un membre du staff Nikon France il y a tout juste un an, “rendez-vous en 2010 !” On y est. Non seulement sur le terrain de la vidéo Nikon a largement comblé son retard – c’était déjà le cas avec D3100 qui intégre full HD 1080/24 – mais en plus en a profité pour implémenter des fonctionnalités curieusement absentes chez la concurrence. Ainsi le mode autofocus est disponible en vidéo avec le mode AF-F et sa mise au point continue pendant l’enregistrement vidéo. Je passe sur le format MPEG4 AVC/H264, la présence d’un micro stéréo pour un son stéréo de qualité et la possibilité de réaliser un montage basique directement à partir du boîtier, histoire de partager ses vidéos rapidement. Bref, on est chez Nikon hein ? C’est propre, c’est pro, c’est du rêve et même un cran au dessus. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si la marque jaune positionne D7000 sur le segment “aventure ludique“. La photographie comme terrain de jeux, c’est pas nouveau mais ça fait toujours recette. Avec D7000, vous allez pouvoir vous amuser, faire de chouettes photos (nettes) et de jolies vidéos. Pour un prix rikiki…

Moins de 1000€ HT
Habituellement chez Nikon, on n’a pas l’habitude de donner le matériel. Les optiques, en particulier, sont nettement plus chères que la concurrence. Mais sur ce boîtier, Nikon propose un prix agressif si on le compare à EOS 7D, puisqu’on se situe à un prix d’introduction de 1149€ TTC soit 960€ HT. On devrait pouvoir rapidement toucher le D7000 à un prix inférieur (autour de 1000€ TTC). Un prix attractif pour un boîtier de ce calibre parfaitement positionné sur le segment convergent de la photo et de la vidéo.

Le déploiement de forces de Nikon. Bienvenue au Fight club.
On sent parfaitement la stratégie de Nikon se développer, sur tous les fronts. D’abord sur le segment pro où Nikon fait un carton, avec une vague maousse de photographes pros qui ont switchés de la marque rouge vers la marque jaune et c’est pas fini. Nikon appuie sur le segment vidéo où son concurrent Canon avait trouvé un soupçon d’oxygène. Nikon appuie sur le segment d’entrée de gamme et innove à tour de bras sur la gamme compact Coolpix autant que sur la gamme reflex, D3100 et aujourd’hui D7000. Nikon développe aussi plein pot sa gamme d’optiques où sa réputation de complétude n’égale pas celle de Canon. Aujourd’hui Nikon propose un 35mm f1,4 et un 200mm f2. Nikon est partout, sur tous les fronts et avance en force. D’ici au printemps 2011, on peut s’attendre à la sortie d’un nouveau reflex numérique pro, successeur du D700 et dans le courant de l’année une annonce du D4. Canon est prévenu, Nikon a de quoi faire et la baston va être dantesque. Bienvenue au fight club.

Cinq bonnes raisons de ne pas quitter Canon (pour le moment).

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Finalement, je vais faire encore un bout de chemin équipé en Canon. Une voie tracée il y a bien des années, un peu par hasard d’ailleurs, et puis un choix qui s’est maintenu au fil du temps. Mais dans une vie, rien n’est définitif. Je n’opte pas pour EOS 1D Mark IV qui est un boîtier performant mais dont les défauts en basse lumière sont rédhibitoires, pour un photographe qui travaille la nuit et quand on a comme moi tenu un Nikon D3s en main, un reflex pro aussi ultime que polyvalent. Je réalise qu’une bonne partie des arguments qui me font rester fidèle à Canon tiennent de l’irrationnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Comme le disait Molière, il y va aussi de la sagesse d’attendre

1- Les couleurs
Avec malice un photographe de mes amis (qui se reconnaîtra) me disait récemment que si autant de photographes équipés en Nikon travaillent en noir et blanc, c’est parce que la gestion des couleurs chez Nikon est calamiteuse. Il plaisantait bien sûr. Je pense que ce qu’il voulait mettre en avant, surtout, c’est la qualité de la gestion des couleurs made in Canon, ce que Jean-Philippe Grémillot désigne par “le velouté Canon“. C’est ce truc un peu magique qui fait que lorsque vous regardez un cliché signé avec un reflex Canon, vous avez ce ressenti si particulier lié aux couleurs. Tous les photographes équipés en Canon et tentés par un éventuel switch vers Nikon se sont, à un moment ou à un autre, posés cette question. Nikon, d’accord, mais quid de la gestion des couleurs ?

2- Le plaisir
Dans le comparatif Nikon vs Canon, j’ai essayé de décrire le plaisir que j’ai eu à shooter avec EOS 1D Mark IV. Il n’y a rien de mieux pour un photographe que de se sentir en phase avec son matériel, c’est même carrément essentiel. D’ailleurs entre nous, ça n’est pas spécifique aux photographes. J’ai le sentiment que la photo de concerts (et du spectacle vivant en général) a même tendance à décupler ce bonheur de photographier. C’est ce que ce cher Henri résumait en une phrase : “mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.” Je ne pense pas qu’on puisse faire un bon cliché en faisant la gueule.

3- Les optiques
J’ai utilisé pendant des années une optique d’exception, sur un boîtier d’exception. C’était un 55mm asphérique f/1,2, monture FD, sur un Canon F1 (puis un F1n). Les connaisseurs apprécieront. Ensuite j’ai eu un EOS 3 avec un 70-200 2,8L (puis le modèle IS). On lit souvent que les boîtiers passent et que les optiques restent. Et la question de savoir s’il est préférable de privilégier d’excellentes optiques à un excellent boîtier ne se pose pas. Côté optiques, Canon reste devant Nikon, même si le “loin devant” est désormais un simple “devant”. Devant en complétude, souvent en qualité et aussi en prix. Chez Nikon ne cherchez pas l’équivalent en optiques Canon, ça n’existe pas, pas pour le moment. Même si, au risque de me répéter, Nikon a fait des avancées considérables en la matière.
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4- L’affectif
Récemment, je lisais une pensée du Dalaï Lama sur son twitter. En substance, cet homme sage parmi les sages dit que la vie n’est pas possible sans compassion et sans affection. Je le crois volontiers. Je pense aussi qu’une photo faite sans cœur ne donnera jamais une grande photo, de celle dont on se souviendra. Je vois passer des tonnes d’images sur internet et je me dis que finalement bien peu resteront dans ma mémoire. D’ailleurs, quand j’y repense, à ces clichés qui m’ont marqué, je vois passer une photo de Cartier-Bresson (“derrière la Gare Saint Lazare”), Cali et Miossec à Ouessant par Gassian, un portrait de Daho par Antoine Le Grand, un portrait de Marylin par Richard Avedon. Je peux photographier des gens que je n’aime pas, mais à tout prendre je préfère shooter des gens que j’aime, parce qu’en général, ils me le rendent bien. L’affectif est indissociable de ma vie et des images que je capture.

5- La culture
C’est sans doute l’élément le plus subjectif, le plus irrationnel, le paramétre le plus improbable qui fait que je ne souhaite pas quitter Canon, en tout cas pas pour le moment. Simplement parce que Canon est étroitement associé à ma culture photographique, depuis toujours.

Se donner du temps
Je veux bien prendre date, dès aujourd’hui. Je suis convaincu que dans l’année qui vient – qui va donc nous mener, disons jusqu’à juin 2011 – nous allons vivre des moments absolument passionnants, riches en annonces et en rebondissement, tant chez Canon que chez Nikon.

D’abord Canon. Comme me le disait un responsable de la filiale française au salon de la photo 2009 : “Canon n’a pas l’intention de rester les bras ballants !” J’en suis convaincu. Il ne faudrait surtout pas s’empresser de reléguer Canon à une vulgaire place d’outsider. D’abord il y a eu EOS 1D Mark IV où Canon a su montrer sa capacité d’évolution, je pense à l’autofocus et à cette capacité de produire une image d’une qualité optimum. Dans l’année qui vient, Canon est attendu sur EOS 1Ds Mark IV et sur le successeur de 5D Mark II. Un EOS 5D Mark III en 2011 est dans le domaine du probable, avec des specs qui risquent de décoiffer, notamment dans le domaine de la vidéo (format Raw ?) mais aussi sûrement avec un autofocus largement optimisé par rapport au modèle précédent.

d4-nikon-shotsEnsuite Nikon. Comment douter une demie-seconde de ce qui va déferler en matière de reflex et d’optiques professionnels signés Nikon ? D’abord, un successeur plus que probable à l’excellent D700. Il avait hérité de fonctionnalités de son grand frère D3, on peut imaginer sans peine des specs héritées du génial D3s, en particulier au niveau de le gestion des sensibilités. En vérité je vous le dis. Le successeur du D700 va faire très, très mal, car Nikon est prêt à nous proposer le reflex ultime tout en voyageant léger. Et puis évidemment, on lorgne du côté du D4 et là encore on peut s’attendre à l’accord parfait, avec une liste de specs longue comme le bras. Du côté des optiques, aussi, il y aura sans aucun doute du lourd. Nikon va chercher à combler son retard en la matière. Les sorties récentes du 70-200 2,8 VRII, du 24 f1,4, du 16-35 f4, du 300 f2,8 VRII, du 200-400 f4 II, … étaient déjà un signal fort. Le message est clair : en matière d’optiques il faut aussi désormais compter sur Nikon. Message reçu.

et maintenant ?
J’ai envie de dire que la vie continue ! J’ai (mal) vécu l’épisode 5D Mark II, puis le test EOS 1D Mark IV, je vais tester dans les semaines qui viennent EOS 7D, histoire de me faire ma propre opinion sur un boîtier controversé qui a provoqué des réactions houleuses à sa sortie, je pense aux tests de Darwin Wiggett (et à son article ravageur “7D le boîtier que nous voulions aimer“) ou à Ole Jorgen Liodden (de feu Canonfieldreview rebaptisé Nikonfieldreview depuis que Ole eut décidé de switcher) qui avait largement contribué à tartiner sur le sujet. Entre nous, je n’étais pas moi-même blanc brun à l’époque, pour ce 7D que j’avais qualifié de Canada dry de 1D Mark IV. D’ailleurs, c’est à l’issue de l’épisode 7D que j’avais décidé que, désormais, je ne m’exprimerais plus sur un boîtier sans l’avoir moi-même testé. Rendez-vous, donc, dans les jours à venir, pour un test grandeur nature, sur le terrain, avec EOS 7D.

Comparatif Canon EOS 1D Mark IV Nikon D3s : le choix de Sophie.

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Voilà, c’est fini. Après avoir testé les deux boîtiers haut de gamme Nikon et Canon, j’ai une idée précise des qualités de chacun des deux hauts de gamme. J’en profite pour remercier Nikon France et Canon France pour la confiance qu’ils m’ont accordée dans le prêt de ces matériels. L’intérêt était de tester des boîtiers de calibre similaires avec des conditions de terrain. Avec le recul, je réalise que j’ai poussé les tests un peu plus avant avec EOS 1D Mark IV qu’avec le D3s, c’est normal. Il ne faut pas perdre de vue que je suis équipé en Canon depuis toujours, l’approche de 1D Mark IV était donc plus naturelle et plus intuitive. Avant de tester D3s, je n’avais jamais eu en main un boîtier Nikon de ma vie. D’ailleurs, s’il y a une chose qui a changé, c’est bien le regard que je porte désormais sur la marque jaune et j’ai envie de dire que rien que pour ça, je suis heureux d’avoir réalisé ce comparatif. Dans les deux cas, tant pour Nikon que pour Canon, j’ai eu rencontré de vrais pros à l’écoute des pros, droits dans leurs pompes, clairs dans leur démarche, enthousiastes sur leur matériel et aussi très lucides. Je sais qu’ils me lisent, ils se reconnaîtront (thanks guys !). Nikon D3s vs Canon 1D Mark IV, c’est le choc des titans.

Nikon D3s : le reflex pro polyvalent et ultime
Il suffit de prendre D3s en main pour comprendre que ce boîtier ne transige d’aucune manière avec le plus haut niveau de qualité. Ce boîtier haut de gamme est l’héritier de la saga Nikon et intègre tout ce qu’un photographe professionnel est en droit d’attendre d’un reflex pro. L’ergonomie est absolument stupéfiante, surtout lorsqu’on vient d’ailleurs et qu’on n’a jamais utilisé un boîtier reflex Nikon de sa vie. Je me demandais combien de temps il allait me falloir patienter avant que les commandes ne tombent sous mes doigts de manière intuitive. En dix minutes, montre en main, j’en étais plutôt à me demander pourquoi tous les reflex n’étaient pas conçus comme le D3s. En fait, ce qui a fait le charme de ce test avec le boîtier Nikon c’est que je n’attendais rien du D3s, tant je savais par avance à quoi m’attendre. Un autofocus irréprochable, 51 points encore plus optimisés, un capteur 12mp, des fonctionnalités de crop avec le mode recadrage pour transformer le capteur full frame en coeff 1,2 (à 8,5mp), un paramétrage du boîtier pour personnaliser “son” reflex dans les moindres détails, un mode rafale dantesque, un outil de récupération des détails dans les hautes et basses lumières (D-Lighting), un double logement CF dôté d’un paramétrage évolué, … Finalement, un piqué et une netteté irréprochables, brut de capteur. Et puis, cette fabuleuse capacité en matière de gestion des hautes sensibilités, avec la capacité de produire des images sans l’ombre d’un début de grain jusqu’à 12800iso, le D3s étant capable de générer une image plus que convenable jusqu’à 25600iso. Dans le même temps, Nikon a déployé des efforts considérables pour proposer aux pros une gamme d’optiques remarquables, à commencer par le 70-200 2,8 VRII, admirable (j’allais dire indispensable) complément optique du D3s.

Canon EOS 1D Mark IV, capable de flamboyance
Je me souviendrai longtemps de l’émotion ressentie lorsque mon oeil a perçu l’image à travers le viseur du 1D Mark IV. J’ai pris ce boîtier en main et dès les premiers instants c’est comme si j’avais eu un EOS 1D Mark IV toute ma vie. Ça, c’est le truc indéfinissable qui me lie à Canon, depuis maintenant un bail. On attendait 1D Mark IV au tournant sur le sujet de l’autofocus, de ce point de vue les efforts de Canon sont payants, avec un autofocus particulièrement efficace, même et surtout en mode AI servo. Seul travers qui se paye cash, 1D Mark IV aime la lumière. Dans de bonnes et dans de stables conditions de lumières, 1D Mark IV est capable de flamboyance, produisant des images somptueuses, avec cette touche de réalisme et de douceur que mon ami Grémillot – le photographe underwater – nomme le “velouté Canon“. Mais dès que les conditions de lumière sont un peu faiblardes, le reflex pro de Canon montre ses limites : AF hésitant, images molles, perte de netteté et de piqué. Inutile alors d’envisager une montée en ISO. De ce point de vue Canon a vraiment mis à côté avec une gestion des hautes sensibilités pour le moins erratique : le grain commence à pointer dès 3200iso pour devenir perceptible à 6400iso. Le mode 12800iso n’est ni envisageable, ni convenable. En revanche, du point de vue des optiques, Canon demeure un leader. Le nouveau 70-200 2,8L IS II, par exemple, que j’ai testé sur le terrain est un modèle du genre, pour ne pas dire LA référence.

L’heure du choix : entre le plaisir et la raison
Comme de nombreux photographes avant moi, je suis confronté à un choix. Ou bien je reste chez Canon et je préserve mon parc d’optiques et ce qui va avec (flash, accessoires, …). Ou je switche et je rejoins Nikon. C’est pas le choix de Sophie mais ça y ressemble. De mes tests avec Canon EOS 1D Mark IV je garde d’abord le plaisir, un paramètre primordial. Le plaisir de shooter, cette vibration intense qui passe à travers le viseur et me foudroie le cortex, l’image qui se construit, l’espace d’un bref instant, la photographie en somme. Je l’admets volontiers, j’ai pris un plaisir fou à travailler avec 1D Mark IV et je pense que tous les photographes qui ont eu le privilège, comme moi, de tenir ce boîtier d’exception entre leurs mains savent de quoi je parle. De mes tests avec Nikon D3s je garde un sentiment d’efficacité absolue auquel s’ajoute la véritable polyvalence d’un boîtier pro. D3s est le reflex parfait sur toute la ligne, en amont à la prise de vue et en aval à la production d’images d’une netteté, d’un piqué, d’une perfection qui raviront le plus exigeant des photographes, dans toutes les conditions de travail, même (et surtout) les plus ardues. Nikon D3s sait tout faire, à la perfection : un autofocus 51 points aussi précis et tranchant qu’une lame de rasoir, une gestion des hautes sensibilités pour aller shooter au bout de la nuit.
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Il n’est pas de hasard si tant de photographes ont choisi de switcher de Canon à Nikon. À l’heure où j’écris ces lignes, mon choix ne s’est pas encore définitivement porté vers l’une ou l’autre des marques. L’affectif et le plaisir me poussent à rester chez Canon. La raison me porte à choisir Nikon et à migrer vers la marque jaune, avec un engagement financier qui n’est pas anecdotique, car les optiques Nikon coûtent (relativement) cher ! Trois cailloux pour remplacer mes optiques Canon (16-35 f4, 24-70 f2,8, 70-200 f2,8 VRII), un extender 1,4 pour la route et un flash SB900, c’est pas loin de 5000€ HT au prix tarif. Et je ne parle même pas du boîtier, car je sais que ma comptable me lit… Le choix va être d’autant plus difficile qu’il m’engagera pour de nombreuses années, si ce n’est de manière définitive. Réponse dans le courant du mois de mai.

Tests Nikon D3s versus Canon EOS 1D Mark IV : le coup de gueule !

Se faire traiter de charlot ou d’imbécile n’est jamais très agréable. D’ailleurs, celui qui a tenu ces propos s’en est expliqué, par email privé. Mais, vous connaissez l’adage : “diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose“. Les gens qui me connaissent, les photographes qui me côtoient dans les fosses où j’officie depuis quelques années savent que si je n’ai pas que des qualités, il y a au moins un défaut que je n’ai pas, c’est d’être malhonnête. Alors, quand un lecteur de Shots déboule et à grands renforts d’arguments entend démontrer que j’aurais bidonné volontairement le test de gestion des hauts ISO entre D3s et 1D Mark IV, là on arrête de rire. C’est la raison pour laquelle j’ai fermé les commentaires, la raison pour laquelle je publie ce billet qui est aussi un vrai coup de gueule.

Pourquoi avoir fermé les commentaires ?
D’abord, une précision. Shots n’est pas un forum, mais un journal, mon journal. Si vous souhaitez commenter ce que je raconte, libre à vous, tant que vous ne m’insultez pas ou que vous ne me menacez pas de mort. Si dans un commentaire vous écrivez que je suis un charlot, un crétin on peut encore discuter (et encore, si je suis de bon poil). Si dans un commentaire vous me menacez de sévices pouvant entraîner la mort, là, c’est direction mon avocat. Le problème c’est que sur internet beaucoup de gens pensent bénéficier d’un relatif anonymat et qu’un message insultant en entraîne d’autres. Il est préférable, pour éviter les dérapages, lorsque cela arrive, de couper immédiatement le flux. C’est le choix que j’ai fait.

Sur les conditions de réalisation des tests
On m’a reproché d’avoir réalisé un test à la va vite, que ce test n’est pas “scientifique”. Et à franchement, je voudrais qu’on revienne deux secondes aux bases de la photographie. Le test consistait à évaluer la capacité d’un boîtier reflex à capter et à restituer la lumière sur un objet, sachant que pour ce test j’utilisais le même objet, dans des conditions d’éclairage identiques, avec un matériel similaire (focale 70-200), en me positionnant au même endroit, en utilisant le même format (Raw), en utilisant le même logiciel d’extraction (Lightroom). En gros les arguments développés par un lecteur pour contrer mes tests ont été d’insinuer que l’éclairage n’était pas identique, mettant en avant les ombres du vase et le reflet sur le vase. Et partant de là, que les tests étaient bidonnés, en clair que j’ai voulu sciemment avantager Nikon. A ce stade du propos, je voudrais rappeler que, lorsque dans mon test sur 1D Mark IV j’évoque la qualité de l’autofocus en mode AI servo, aucune voix ne s’élève pour contester ce fait ou commenter mon propos. Seul un utilisateur (qui dit avoir switché récemment de Canon à Nikon) émet la possibilité de refaire le test AI servo de nuit ou en conditions de faible lumière. J’ai par ailleurs reçu de nombreux emails de photographes professionnels me disant que les tests étaient aussi clairs qu’incontestables. J’ajoute que ni Canon, ni Nikon n’ont mis en doute un seul instant l’honnêteté de mes tests. Mais qu’importe, le ver était dans le fruit.
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Je suis donc retourné sur les lieux de mon forfait (si j’ose dire), pour vous apporter quelques éléments de réponses, si tant est que ce test ait besoin d’être justifié. Le test Nikon D3s a été réalisé en décembre, celui avec le 1D Mark IV en avril. Le positionnement du vase n’était pas strictement identique, ce qui explique le positionnement de l’ombre. Regardez la photo réalisée avec mon iPhone, vous comprendrez. La seule source de lumière était identique dans les deux tests, un simple spot de plafond, les deux autres spots étant tous les deux inactifs. Voilà pour les bases du test. Shots est un blog, je n’ai ni les moyens techniques ou financiers d’un magazine comme Chasseur d’images. N’empêche. Un objet inerte, un éclairage fixe, une focale identique, on fait des photos et on compare le résultat.
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Y’a pas photo !
Finalement, l’éclairage supplémentaire apporté sur ce test en particulier met en lumières encore plus avant les disparités entre les deux boîtiers en matière de traitement des hautes sensibilités. La problématique de Canon n’était pas la même que celle de Nikon en créant 1D Mark IV. La priorité de la marque rouge était d’abord de régler les problèmes avec l’autofocus qui lui ont causé tant de tort par le passé. Il est clair que Nikon (qui n’avait pas à se soucier d’un problème sur son AF 51 points considéré à juste titre comme le meilleur du marché) a déployé des efforts importants en misant sur la réalisation d’un traitement efficace des hauts ISO et ce pari est réussi. Désormais Nikon installe le standard de qualité à 12800iso.

Bien sûr, on vous dira que le capteur n’est pas le même, qu’un capteur APS-H 16mp ne peut pas être comparé à un capteur full frame 12mp, bla bla bla… Dites ça à un photographe pro et regardez-le sourire. Il se marre parce qu’il s’en fout ! Interrogez un photographe pro qui fait du mariage. Ce qu’il veut c’est le meilleur outil pour faire des photos, dans les meilleures conditions possibles. Dans l’église, où il n’utilisera pas le flash, s’il peut taper à 12800iso sans grain il a le sourire. Et dans l’action, il demande à son AF de ne pas patiner, même si les conditions de lumière sont dégueulasses. Alors après, tout ce qu’on peut lui raconter, sur la taille de son capteur et les technologies embarquées, lui, du moment que ses photos sont réussies, le reste c’est de la littérature… Comme me le disait un photographe pro (équipé, je le précise, en Canon) que j’ai eu au téléphone la semaine dernière : “ton test ? Il suffit d’avoir des yeux. Et franchement, c’est clair, y’a pas photo !

En conclusion…
Finalement, tout cela ne me donne pas envie de partager des tests matériels qui, initialement, sont destinés à ma propre information. Sur un test réalisé avec un souci de transparence, on trouvera toujours quelqu’un pour pinailler, mettre en avant des arguments plus ou moins valides, instiller un doute là où il n’y en n’a pas. Canon a perdu la bataille des ISO, certes, mais Canon n’a pas vraiment bataillé sur le sujet parce que ses préoccupations étaient ailleurs. On ne refera pas le match.

Voilà. C’est dit. Maintenant, vous pouvez librement vous exprimer, commenter, apporter votre avis. Gardez simplement en mémoire les conditions de modération. Sur Shots.fr vos commentaires sont les bienvenus, tant qu’ils sont concis, pertinents et argumentés. Les commentaires injurieux seront supprimés sans préavis… A bon entendeur…

Gestion des hauts ISO. Test comparatif D3s – 1D Mark IV. Nikon : 1 – Canon : 0

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Qui a vraiment besoin de faire des photos à 25600iso ?” Au top 10 des remarques stupides de l’année 2009, il y aura cette réflexion profonde d’un photographe qui préfèrera sans doute conserver l’anonymat. A chaque étape décisive des techniques, il y a toujours eu un crétin pour revendiquer que ça ne marcherait jamais. En d’autres temps, d’aucuns se demandaient à quoi pourrait bien servir un autofocus. Bref, de vous à moi, la première fois que j’ai entendu parler de 102400iso, j’ai cru qu’il y avait une coquille, une faute de frappe. Photographie. Écrire avec la lumière, même quand il n’y a pas de lumière, ou quasiment pas. Toute ma vie je me souviendrai de l’émotion que j’ai ressentie en voyant la photo d’un ours shooté en pleine nuit à 12800iso avec un Nikon D3s (une photo signée Vincent Munier). Push the limits ! Lorsque j’ai testé Nikon D3s en décembre dernier, je savais qu’à un moment ou à un autre je serais amené à tester son concurrent chez Canon, l’EOS 1D Mark IV dans des conditions identiques. J’ai donc élaboré un protocole de test auquel j’ai soumis les deux boîtiers dans des conditions identiques, afin de tester leurs performances respectives. Hautes sensibilités Nikon D3s versus Canon 1D Mark IV, c’est parti !

modalités du test
J’ai photographié un vase en faïence posé sur un meuble, éclairé par une série de spots de plafond. Pour les tests avec le boîter Nikon D3s j’ai utilisé le 70-200 2,8 VRII fourni par Nikon France, pour le boîtier Canon EOS 1D Mark IV j’ai utilisé le 70-200 2,8L II fourni par Canon France. Compte tenu de la différence de capteur (full frame pour le D3s, APS-H pour le 1D Mark IV), il a fallu adapter la focale du boîtier Canon pour obtenir un cadrage identique avec les deux boîtiers. L’éclairage était strictement le même, l’heure de prise de vue également. J’ai réalisé pour chacun des deux boîtiers une série de dix prises de vues sur cette plage de sensibilités : 200iso, 400iso, 800iso, 1600iso, 3200iso, 6400iso, 12800iso, 25600iso, 51200iso et enfin 102400iso. Dans les deux cas j’ai shooté en RAW, les clichés étant convertis en jpeg sans aucun post traitement. Il s’agit donc d’images brutes de capteur.

1600iso, jusqu’ici tout va bien
les premières séries sont parfaites quelque soit le boîtier. Un crop à 100% dans Adobe Photoshop ne révèle rien de particulier jusqu’à 1600iso. À partir de 3200iso, si l’on observe attentivement certaines parties de l’image générée par 1D Mark IV, on perçoit un très léger flottement, ce n’est pas encore du grain mais ça semble un peu moins clean que sur le D3s, notamment dans les zones d’ombre. Cette très sensible dégradation de l’image générée par 1D Mark IV se confirme à 6400iso, même si l’image est encore tout à fait convenable. On commence à percevoir du grain dans les zones de léger flou et dans la matière de la faïence. Du côté du D3s c’est nickel, l’image ne se dégrade pas. On monte à 12800iso et là, plus de doutes possibles. Il y a du grain sur l’image du 1D IV et il est très nettement visible. Le grain est partout, dans la matière, dans les zones floues, dans le fond jaune. Sur l’image Nikon D3s ça ne bronche pas d’un poil. Le cliché reste net, piqué, on a l’impression de ne même pas avoir tourné la molette des ISO.
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À 25600iso, sur 1D Mark IV j’ai déjà envie d’arrêter le test, l’image graine très fort à un point qu’on peut même se demander si elle est récupérable en post traitement. Un coup d’oeil sur le cliché réalisé à 25600iso avec le D3s, on commence (enfin) à percevoir un très léger soupçon de grain mais franchement rien d’alarmant. 51200iso. Le cliché craché par 1D Mark IV n’est pas négociable alors que celui généré par D3s ne présente pas un niveau de grain démesuré par rapport à l’étape précédente à 25600iso. Tout en haut, à 102400iso c’est la fête du pixel sur le cliché Canon : le grain est énorme, des pixels rouges se balladent aléatoirement, bref, c’est mort. Du côté de D3s le grain est très perceptible dans les zones d’ombre alors que dans les zones claires il aurait presque tendance à s’estomper. Mais surtout l’image reste cohérente, pour ne pas dire exploitable.
crop-nikon-d3s-shots
Nikon 1 – Canon 0
Au chapitre de la gestion des hautes sensibilités, il n’y a absolument aucun doute possible, Nikon D3s est très, très largement devant Canon 1D Mark IV. Soyons clair. Sur le boîtier Canon on commence à percevoir un poil de grain dès 3200iso alors qu’il faut attendre 12800iso sur le boîtier Nikon, qui conserve une grande cohérence jusqu’à 25600iso. Ce qui ne fait d’ailleurs que confirmer ce que j’avais déjà constaté en décembre dernier lors de mes essais avec le D3s. Aucun doute possible, Nikon réussit là où Canon échoue. D’ailleurs le patron de Nikon avait indiqué dans une interview que sa société avait déployé de grands moyens pour obtenir un niveau qualitatif sans failles dans la gestion des hautes sensibilités. Je ne peux qu’aquiescer et confirmer que ce déploiement, sur D3s s’avère aussi judicieux qu’efficace.

Qui a besoin de 25600iso ?
Moi. Et vous, qui me lisez, sans aucun doute. Tous les photographes, à un moment de leur parcours, ont besoin de photographier dans des conditions de lumière difficiles, sont confrontés à l’absence de lumière et je ne pense pas seulement à la photographie de concert… Mais puisque j’en parle, de cette photo qui occupe une grande partie de ma vie et pour avoir testé les deux boîtiers en conditions de prises de vue réelles, je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais shooté au delà de 10000iso avec 1D Mark IV (voir les clichés de Skip the use au Run ar Puñs) alors que je savais que je pouvais travailler à 12800iso sans états d’âme avec le Nikon D3s, tout en conservant un niveau de piqué et de propreté inégalé, une réactivité sans faille de l’autofocus.

Sommes-nous toujours égaux devant la prise de vue ? Incontestablement non. Avec un boîtier comme le Nikon D3s un photographe pourra continuer à aller chercher de l’image là où les autres enclencheront le bouton off. De l’image jusqu’au bout de la nuit, comme la truffe d’un ours en pleine obscurité…

prochaine (et dernière) étape : Nikon D3s vs Canon 1D Mark IV, le comparatif final.

Canon EOS 5D Mark II vs Nikon D700. Lequel choisir ?

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Je reçois régulièrement des emails de photographes, qu’ils soient amateurs ou pro n’a que peu d’importance, qui s’interrogent, à juste titre il me semble, sur les options à choisir. Étant moi-même dans cette situation il m’a semblé intéressant d’en parler. Aujourd’hui, Canon et Nikon tiennent le haut du pavé en matière de boîtiers reflex. Les deux se tirent la bourre depuis des années et la tendance semble s’incliner favorablement au profit de Nikon ces deux dernières années. C’est sans doute dû à des choix radicaux de la part de la marque jaune et à une série d’incidents techniques ayant violemment secoués Canon, ce à quoi il faut peut être ajouter, de la part de la marque rouge, un certain manque de clairvoyance et d’anticipation de l’évolution du marché. En tout cas, aujourd’hui le constat est là. Des photographes équipés en Canon ont glissé vers Nikon (on dit “switché”), l’épisode le plus médiatique étant le passage de l’AFP de Canon (marque historique de l’agence) pour Nikon.

Mais revenons à cet email, que je vous livre quasi in extenso : “J’ai actuellement un Canon EOS 50 D. Avec 10-22, 28-135, 24-70 f2,8, 70-200 f4. J’aimerais  passer à un plein format. Je fais de la photo de sport, de nature, et un peu de photo famille. Mis à part le côté budget et vu les problèmes  du 5D, ma question est : EOS 5D Mark II ou Nikon D700 ?” Voilà bien la question casse-gueule par excellence, mais puisque vous me demandez conseil, allons-y ! Premier constant, vous êtes déjà équipé et plutôt bien, si j’en juge à la lecture de la liste de vos objectifs. Passer d’un EOS 50D à un 5D Mark II, alors que vous souhaitez bénéficier d’un capteur fullframe, me semble un choix naturel. Votre parc d’optiques est préservé et avec lui votre investissement. 5D Mark II est un bon boîtier, dôté d’un capteur de 21mp qui produit des images de qualité, sans l’ombre d’un grain à 3200iso, mais il a aussi quelques faiblesses reconnues, parmi lesquelles un autofocus peu réactif. D’ailleurs Canon n’a pas produit d’effort particulier par rapport à la fonction AF, en dôtant le Mark II de l’autofocus du modèle 5D précédent. En relisant votre email, je me dis que 5D Mark II sera parfait pour de la photo de nature ou vos photos de famille. En revanche, pour la photo de sport, je suis plus circonspect. Et c’est là qu’on en arrive à parler de D700…

Chaque fois qu’on me parle de Nikon D700, il me revient une image en tête, toujours la même, celle de mon ami Jean-Michel Roignant, photographe des Vieilles Charrues, shootant de la fosse Bruce Springsteen à main levée, avec un Nikon D700 équipé d’un 70-200 2,8 VR, dans des conditions de lumière relativement précaires. J’ai cette image collée dans le fond de ma mémoire et je crois qu’elle symbolisera à jamais la marque Nikon. Je passe sur le fait qu’à l’époque je galérais avec un 5D Mark II capricieux, j’ai seulement l’image de mon pote, hilare, tapant le boss au jugé. J’étais scotché, mais pas autant que lorsque Jean-Michel m’a montré le résultat sur l’écran du Mac à l’issue du concert. C’est là où j’ai vraiment réalisé qu’il y avait un monde entre l’AF 51 points équipant D700 (et directement hérité du D3) et le modeste AF 9 points du 5D Mark II (hérité du 5D). Et je ne parle même pas du piqué, de la netteté “native” des images produites par le boîtier Nikon. Alors que je m’étonnais auprès d’un autre photographe qu’il ne travaillait pas au format RAW avec son D700, celui-ci m’avait répondu en substance et avec un brin d’ironie : “travailler en RAW, pourquoi faire, quand les jpegs sont parfaits ?” Circulez, y’a rien à voir !

Tout cela, c’était en juillet 2009. Depuis l’eau a coulé sous les ponts. Nikon a sorti un éblouissant D3S (que j’ai testé), Canon a sorti un EOS 1D Mark IV (que je vais tester). D’après les premiers retours, des efforts ont été sensiblement déployés par la marque rouge en direction de l’autofocus, un peu moins semble-t-il sur le traitement des hautes sensibilités. Canon USA propose actuellement des rebates sur EOS 5D Mark II acheté en couple avec certaines optiques et des rumeurs insistantes évoquent l’arrivée d’un EOS 5D Mark III qui pourrait bénéficier d’avancées notoires en matière d’autofocus et de hautes sensibilités, sans parler de fonctionnalités vidéo, si chères au coeur de Canon. Si cela venait à se confirmer, l’actuel 5D Mark II pourrait connaître une forte disponibilité dans les semaines et les mois qui viennent sur le marché de l’occasion. Alors ? Conserver son parc, le péréniser en achetant un 5D Mark II plein format qui utilisera vos optiques. Ou bien switcher pour Nikon, en misant sur le bon niveau de revente de ses optiques Canon. Au delà du simple choix de la marque, il y a des paramètres en prendre en compte, comme l’ergonomie par exemple. Si vous savez utiliser un 50D vous saurez prendre en main un 5D Mark II. En même temps, les amateurs de Nikon ne manqueront pas de vous dire (à juste titre) que l’ergonomie Nikon est tellement intuitive qu’il ne vous faudra pas longtemps pour prendre votre D700 en main. Finalement, on choisit une marque en mettant en adéquation un matériel avec ses besoins et son budget. L’effet pervers, à trop gamberger et à trop attendre , c’est d’en arriver à s’occuper plus du choix de son matos que de faire des photos… Vous avez des éléments et vous ferez sûrement le bon choix !

Rob Galbraith, Chasseur d’images. Qui veut la peau de Canon EOS 1D Mark IV ?

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Si vous êtes lecteur de Shots, je pense qu’il n’est pas utile de vous faire un résumé des épisodes précédents. Vous savez que, par le passé, j’ai pu avoir avoir la dent particulièrement dure, sans concession aucune vis à vis de Canon. Ce que j’ai vécu avec mon 5D Mark II, je ne souhaite à personne d’en vivre autant. Ce qui a changé, sans doute, c’est un détail de syntaxe qui ne vous aura pas échappé. Je parle de mon expérience avec mon 5D Mark II. Je n’affirme pas (plus) aujourd’hui que les défaillances de mon boîtier (car il s’agissait bien à mon sens de défaillances) furent une généralité. Rétrospectivement, je réalise avoir beaucoup appris, ouvert les yeux sur certaines failles voire certaines faiblesses de la marque rouge. Paradoxalement, les incidents rencontrés avec Canon m’ont permis d’échanger avec de très nombreux photographes qui partagèrent avec moi des retours d’expériences douloureux ou au contraire qui ne comprenaient pas ma démarche. Finalement, le point positif de ces mésaventures fut de m’ouvrir aux autres, d’être sans doute plus à l’écoute de la réalité et ma rencontre avec l’autre monde, avec les gens de la boutique d’en face (comprendre Nikon) restera une étape décisive. Si l’on m’avait dit, il y a un an à peine, qu’un jour non seulement je testerais un Nikon D3s mais qu’en plus j’en dirai tout le bonheur du monde, je pense que j’aurais volontiers demandé mon internement. La morale de cette histoire, c’est que l’approche technique du matériel photo demande, aujourd’hui, beaucoup de pragmatisme. Désormais, j’en conviens, je n’écrirais plus rien d’un boîtier que je n’ai pas tenu en main. Je pense au raffut fait autour de EOS 7D, et ce n’est pas Ole Jørgen Liodden qui me contredira. Quand je vois les clichés qu’il a réalisé avec un 7D, j’ai du mal à assimiler les critiques parfois véhémentes (doux euphémisme) qui ont fusé de son blog. C’est la vie ! L’important pour un photographe c’est de se sentir en phase avec son matos et en regardant les photos de Canon Field reviews, je sais que Ole est aujourd’hui serein.

On ne peut pas en dire autant de Rob Galbraith ! J’ai lu avec attention son feedback relatif aux tests réalisés avec EOS 1D Mark IV et le moins qu’on puisse dire c’est que Rob n’y va pas avec le dos de la cuillère. Extrait. “Le système autofocus (de EOS 1D Mark IV) confine à l’effondrement total, un peu comme l’EOS-1D Mark III à ses débuts…” Allez ! Ça c’est fait. En une phrase cinglante, assassine, définitive, Galbraith flingue 1D IV. Sa review, c’est du pain béni, un signal, une confirmation, un “Ah ! Vous voyez, je vous l’avais bien dit !” Trois ans après, on a l’impression que Galbraith porte l’estocade finale à Canon, avec un enthousiasme jubilatoire qui moi, me gêne. D’ailleurs son article commence par une remise de couvert sur l’épisode Ô combien douloureux ! Des défaillances d’EOS 1D Mark III, qui est à Canon ce que Alésia était à Abraracourcix. L’occasion pour ce cher Robbie de rappeler qu’il fût en son temps, l’initiateur de tout ce bordel. Dont acte. Rob a donc choisi la veille d’un des plus grands événements sportifs de l’année, les Jeux Olympiques de Vancouver, pour rendre compte de ses critiques, mais il s’agit là, sûrement, d’un hasard de calendrier !

Rob Galbraith, en substance, souffle le chaud et le froid, affirmant d’abord que l’autofocus de Mark IV montre “des signes de brillance” pour déplorer quelques lignes plus loin une propension au front focus en particulier et à de singulières défaillances de l’autofocus en général. En gros, Rob qualifie l’AF de Mark IV de passable à médiocre sur des clichés de basket, en patinage l’AF patine (si j’ose dire) passant alternativement de frontfocus à backfocus de manière inexplicable alors que sur deux matchs de foot (l’un en lumière naturelle, le second en lumière de stade) 1D Mark IV a parfaitement accroché sa cible. Sur un autre match, mêlant lumière naturelle et lumière artificielle, en fin d’après-midi, Galbraith évoque un nombre inacceptable de clichés, frontfocus comme backfocus. Et en lumière naturelle (matin ensoleillé) selon Rob, “le système AF confine à l’effondrement total“. Ce qui est étrange et par ailleurs noté par l’auteur de la review c’est que les prises de vues ont été réalisées avec le même caillou (un 400mm f/2,8). En gros la conclusion c’est que l’autofocus de EOS 1D Mark IV est capable du meilleur, comme du pire. Tout en précisant que les tests ont été réalisés avec une version du firmware antérieure à la version 1.06 qui corrige des problèmes liés à l’autofocus en AI servo.

nikon-d3s-2009-shotsRob compare 1D Mark IV et D3s et son avis n’est pas aussi tranché qu’il y paraît. Selon les disciplines sportives, 1D IV s’en sort mieux que D3s alors qu’en basket par exemple ou en patinage le boîtier pro de Nikon s’avère le meilleur. En foot, même s’il se comporte bien globalement des problèmes de frontfocus sont signalés. Et c’est bien ce qui est troublant dans les tests du photographe sportif : aucun des deux boîtiers ne semble trouver grâce à ses yeux. Peut-être convient-il donc donner un peu de temps au temps, avant de juger de manière catégorique ?

Chasseur d’images (n°321 du 15 février 2010) se veut plus nuancé, même si le constat, lui aussi, est radical, en matière d’autofocus. Dans son banc d’essai, CI note l’AF d’EOS 1D Mark IV avec une relative sévérité : “le contentieux attaché à l’AF du 1D Mark III ne semble donc pas totalement résolu“. CI note que le nombre de vues nettes diminue de plus de moitié avec le facteur vitesse/distance, notant la présence d’images “molles” dans une série d’images parfaitement nettes. Ce que CI qualifie avec une certaine ironie de “léger manque de stabilité en suivi continu” pourrait bien s’avérer comme le talon d’Achille du 1D Mark IV. Du côté du grain, le constat est rude pour 1D Mark IV, puisque selon CI “on peut travailler sans trop de souci à 3200iso mais 6400iso est la limite pour des images courantes.” 1D IV à la traîne de D3s dans la gestion des hautes sensibilités ? Pour avoir moi-même testé Nikon D3s, je confirme avoir été surpris par la qualité de l’image, quasiment sans grain jusqu’à 12800iso et même acceptable jusqu’à 25600.

Alors ? Qui veut la peau de l’EOS 1D Mark IV ? Je crois qu’il ne faut pas plonger dans la psychose et décréter que Canon n’a pas évolué d’un iota dans sa gestion de l’autofocus. Sur ce point précis, Rob Galbraith et Chasseur d’images rendent tous les deux justice à la marque rouge. Mais, comme le souligne avec beaucoup de justesse CI, la présence de Nikon D3s, concurrent “particulièrement affûté” rend les choses complexes pour Canon qui se trouve face à un boîtier remarquablement conçu, disposant d’un capteur plein format 12mp (contre un APS-H 16mp sur 1D IV). Pour ma part, je sais ce que vaut le boîtier Nikon D3s. Grâce à la collaboration de Nikon France, j’ai eu le privilège de l’avoir en main pendant trois semaines et comme un bonheur n’arrive pas seul ce D3s était équipé du nouveau 70-200 2,8 VRII. J’ai donc pu m’exprimer sur le sujet, en toute connaissance de cause. Pour m’exprimer sur EOS 1D IV, j’attends de le tenir en main et de pouvoir le tester sur mon terrain de jeux, avec mes conditions. C’est promis, ça ne va pas tarder. Stay tuned !

lire l’article de Rob Galbraith (en anglais)

voir le blog de Ole Jørgen Liodden

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