Tests EOS 1D Mark IV autofocus en mode AI servo. Canon botte le cul de ses vieux démons !

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S’il y a bien un mot qu’il ne faut pas prononcer devant un membre de Canon France c’est bien 1D Mark III. Un peu comme le mot Alesia provoquait la colère des irréductibles gaulois. Celui par qui le scandale est arrivé s’appelle Rob Galbraith. Il est photographe sportif aux Etats-Unis, pas le moins connu et pas le plus mauvais non plus. C’est lui qui a détecté les problèmes d’autofocus en mode AI servo sur 1D Mark III, qui les a signalés, quitte à passer pour un benêt incapable de tenir un appareil photo entre ses mains. Canon a d’abord nié en bloc et puis finalement des séries entières de boîtiers ont été repris direction le SAV avec des issues plus ou moins heureuses. Bref, le scénario cauchemar, pour reprendre l’expression d’un membre de Canon France. Lorsque 1D Mark IV est sorti, fin décembre 2009, toute la communauté avait les yeux rivés sur la parole de Rob. Et là, patatra ! Saint Galbraith balance en substance que Canon n’a nullement réglé ses problèmes d’autofocus et à en croire le photographe US ça serait presque pire. Bonjour l’ambiance ! Le 15 février 2010, c’est Chasseur d’images qui s’y colle et en remet une couche, pointant du doigt des problèmes sur l’AF en mode AI servo. Comme j’avais testé Nikon D3s en décembre, je me suis dit à ce moment-là que la cause était entendue. Seulement voilà. Ici c’est Brest. Au début du monde, on ne se laisse pas dicter la leçon par des photographes, fussent-ils américains.

Modalités du test autofocus en mode AI servo
Dès que j’ai eu EOS 1D Mark IV en mains, je me suis promis de tester l’autofocus dans de nombreuses conditions de prises de vue. Le mode autofocus AI servo consistant à prédire la mise au point d’un objet en mouvement, il me fallait trouver un objet en mouvement à photographier. Et tant qu’à faire, choisir une cible mouvante salement rapide. J’ai rejoint la piste de karting de mes amis de la Récré des 3 Curés, où, avec la complicité de Patrice (le kart manager), j’ai pu tester librement la capacité de EOS 1D Mark IV à gérer l’autofocus en mode AI servo pendant tout un après-midi en me positionnant à différents endroits de la piste (boucle, ligne droite). Et puis comme j’étais dans un parc d’attractions, j’ai aussi shooté le train de la mine sur la boucle du grand huit et j’ai terminé ma session, le lendemain par quelques clichés sur un match de football américain, avec une spéciale dédicace à Rob Galbraith
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le karting et le grand huit en mode AI servo
J’ai réglé EOS 1D Mark IV sur AI servo, mode priorité vitesse (1/500e), 400iso, format Raw. J’ai d’abord tapé quelques clichés dans une boucle en accrochant au collimateur central un karting, en le suivant dans son déplacement et en shootant en rafale. J’avais repéré plusieurs pilotes sur la piste qui drivaient avec une certaine dextérité et qui bourrinaient bien, comprendre le pied au plancher. Shoots dans la boucle en suivi AI servo. Ensuite je me suis installé un peu au delà du milieu de la ligne droite, avec là encore un test simple. Dès que le karting sort de la boucle et attaque la ligne droite, j’accroche au collimateur central et en conservant la focale sur 80mm je shoote en rafale le karting qui vient vers moi. Histoire de compliquer la chose, j’ai choisi de shooter deux kartings, l’un piloté par le père, le second par le fils qui se tiraient la bourre dans la ligne droite. Et là vous me dites… et alors ? Et alors rien ! Je veux dire par là que je suis très embêté de contredire ce cher Galbraith et Chasseur d’images réunis, mais je dois à la vérité de dire que je n’ai tapé aucun fichier flou dans aucune de mes séries karting. En clair, aucun fichier flou ça veut dire que la première photo est nette, la seconde aussi, la troisième pareille et ça sur une série de quinze. Et pour mémoire je shootais en Raw, je n’ai pas eu l’ombre d’un problème. J’ai passé deux heures sur la piste, en réalisant des prises de vue à différents angles, je n’ai jamais pu mettre l’autofocus mode AI servo en défaut. En clair, toutes les séries karting sont bonnes, en matière de netteté et de piqué de l’image. Et certains clichés sont vraiment épatants ! En quittant le karting et en passant devant le train fou sur le grand huit, j’en ai profité pour réaliser quelques clichés du train dévalant le rail à pleine vitesse, avec le secret espoir de prendre 1D IV en défaut. J’ai tapé des séries de 15 clichés en rafale, focus sur le nez du train et shoot. J’ai remis le couvert en réalisant une seconde série de 10 clichés, toujours dans les mêmes conditions (1/500e f/4,5) et toujours le même résultat, une image nette et piquée de la une à la 10.

le foot US en mode AI servo
Le lendemain, après avoir visualisé les séries réalisées la veille au parc de loisirs, j’étais consterné, vraiment, mais dans l’enthousiasme ! Je n’avais qu’une envie, repartir au taff pour réaliser de l’image. J’ai rejoint le stade, à deux pas de mon bureau, pour faire quelques clichés de football américain avec l’équipe locale, le Tonnerre (de Brest). Exercice totalement inédit pour moi, une expérience à vivre le jour où vous avez un 1D Mark IV entre les mains. J’ai conservé mes réglages, 400iso, AI servo, en pointant le collimateur central sur l’action à suivre. j’ai shooté les joueurs à 10 images par seconde à des vitesses de 1/1000ème et 1/1250ème. Sur ce shooting, je n’ai qu’un seul regret, c’est d’être arrivé à dix minutes de la fin du match ! Le foot US est un sport vraiment photogénique autant dans le look des joueurs que dans celui des arbitres, ainsi que dans le format. Les actions sont courtes, très violentes. Au départ j’étais surpris de voir des types se faire sécher de manière assez brutale, en revanche, au niveau de l’image, quel pied ! Surtout qu’une fois encore, à aucun moment, EOS 1D Mark IV n’a pu être pris en défaut. Oui, les images produites sont littéralement bluffantes, oui ça pique, oui c’est net, même et surtout sur un crop à 100% dans Photoshop CS4. Et enfin oui TOUTES les images tapées en rafale à 10fps sont nettes. Quand je suis revenu au bureau et que j’ai regardé les images sur l’écran de mon iMac j’étais épaté, enthousiaste et perplexe…
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Canon botte le cul de ses vieux démons !
Le constat est simple. Le tandem EOS 1D Mark IV + EF 70-200 2,8L IS II est capable de produire de l’image au top de la qualité et à aucun moment je n’ai pu mettre le mode AI servo en défaut. Sur les séries d’images réalisées en rafale avec ce boîtier, je confirme que j’obtiens 100% d’image nettes. On dirait bien que Canon a réussi son pari et par la même occasion fait oublier avec ce Mark IV les galères et les cauchemars du Mark III. Là où je suis perplexe, c’est que je n’ai pas réussi à reproduire les schémas délétères décrits par Rob Galbraith, encore moins celui de Chasseur d’images. Mais, car il y a un mais, il faut souligner que les tests AF réalisés par CI l’ont été avec un 70-200 2,8L IS série I alors que j’ai pour ma part utilisé le série II, ceci explique peut-être celà. D’autre part, tous les tests que j’ai réalisé l’ont été dans des conditions de lumière du jour. Ceci étant posé, il ne faut pas non plus tergiverser. Les résultats sont excellents, EOS 1D Mark IV a produit des images piquées, bien nettes, bien contrastées et son mode AI servo est définitivement efficace en mode rafale. Voilà, c’est dit.

1D Mark IV en mode action, j’ai aimé
Le mode AI servo permettant de shooter en rafale 10 images nettes à la suite et ma foi, ça suffit à mon bonheur. Les photographes de sport et d’une manière générale tout ceux qui cherchent un boîtier performant dans l’action (photographie animalière) vont trouver chaussure à leur pied avec ce nouvel EOS 1D Mark IV. À boîtier haut de gamme, optiques haut de gamme. Donc, sur cet EOS il convient de monter des cailloux qui soient dignes de lui, en clair des optiques Canon de gamme L. J’ignore si le 70-200 qui m’a été livré par Canon a été micro-ajusté pour ce boîtier, en tout cas le duo a véritablement fait un carton dans les images produites.

1D Mark IV en mode action, j’ai moins aimé
A dire vrai, il n’y a rien que j’ai moins aimé ! Quand je vois les images tapées en dix minutes montre en main sur du foot US, je me dis que posséder un boîtier de ce calibre, quand on est un photographe de sport, ça doit être un véritable privilège.

prochaine étape, phase 3 : le comparatif hautes sensibilités Canon EOS 1D Mark IV vs Nikon D3s

Tests Shots nouveau boîtier Canon EOS 1D Mark IV. Phase 1 : la photo de concerts.

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On a beaucoup écrit, beaucoup parlé sur Canon EOS 1D Mark IV. Pour ma part, après avoir testé Nikon D3s en décembre dernier (avec le soutien de Nikon France), j’avais décidé d’un blackout total sur le sujet EOS, tant que je n’avais pas moi-même testé le nouveau haut de gamme de la marque rouge. Il faut dire que l’épisode 5D Mark II m’avait sensiblement refroidi et je ne fais pas seulement référence aux problèmes récurrents rencontrés sur mon boîtier. S’exprimer publiquement sur le sujet, c’est s’exposer à la vindicte d’une caste de tiffosis de la marque rouge, avec des réactions pour le moins virulentes, c’est rien de le dire. Qu’importe. Il en faut plus pour m’atteindre et accessoirement pour entamer la confiance que j’ai en Canon, depuis un bail. Profitant de la disponibilité d’un boîtier sur une période de festivals, j’ai donc pu tester le nouvel EOS 1D avec mes conditions de prise de vue. Canon France m’a confié un EOS 1D Mark IV ainsi que le nouveau 70-200 2,8L IS II et un 24-105 f4. Avant la prise de vue proprement dite, je me suis offert un après-midi de prise en main, à tête reposée, une période que j’ai consacrée à la découverte du boîtier, lecture intégrale du manuel en sus, ce qui n’est pas un luxe. Les fonctions personnalisées de ce boîtier permettent au photographe le plus exigeant de pousser sa personnalisation dans ses réglages les plus fins. Une fois que j’avais fait le tour d’EOS, il ne restait plus qu’à le voir évoluer sur le terrain.

• Modalités du banc d’essai
Les tests se sont déroulés sur quinze jours, en plusieurs phases. J’ai souhaité confronter EOS 1D Mark IV à des conditions de prises de vue réelles et je pense que c’est ce qui a motivé Canon France en me confiant ce matériel. J’ai d’abord utilisé 1D Mark IV en photographie de concert : en festival d’abord, puis dans une grande salle dôtée de plans de feux puissants (la Carène), enfin dans deux salles de petite jauge (le Vauban et le Run ar Puñs). Ensuite j’ai souhaité tester le mode AI servo, histoire de faire le point (si j’ose dire) sur la capacité de l’autofocus du 1D à assurer le suivi et à produire des images nettes. J’ai également fait quelques portraits en extérieur, ainsi qu’une session de karting et de football américain, pour le côté sportif. Enfin, j’ai réalisé le test du pot de fleur (gestion des hauts ISO) dans des conditions de prises de vue identiques à celle du Nikon D3s, histoire de comparer les deux. Je vais vous parler de tout ça, dans les jours qui viennent, de mon ressenti sur le nouveau haut de gamme signé Canon. Et on commence tout de suite par mon domaine de prédilection, la photo de concert.

• Prise en main de l’EOS 1D Mark IV
iggy-pop-yakayale-2010-eos-1D-mark-IVVendredi 9 avril 2010, festival Yakayalé, premier jour. J’ai rendez-vous avec Eiffel, Iggy and the Stooges, Gaëtan Roussel, No one is innocent. Un plateau garni avec tout ce qu’il faut pour bien bosser. Dans la fosse, un rapide coup d’oeil. Côté matos, sur la dizaine de photographes présents, on est deux photographes équipés en Canon, tous les autres sont en jaune. Petit moment de solitude, mais au fond sans grande importance. En ouverture c’est Mike Guerrand qui s’y colle. Les lights sont un peu molles, le sujet est fixe, guitare acoustique. Mais ça ne va pas durer. Gaëtan Roussel (ex Louise Attaque) prend la suite. Pas de folie côté réglages. Mode manuel, one shot, collimateur central avec option gauche/droite en mode paysage, haut/droit en mode portrait. Si le collimateur central n’accroche pas le focus, 1D Mark IV utilise un automatiquement un autre spot dans les environs proches. Premier constat, l’autofocus accroche bien, il est très rapide pour ne pas dire instantané. De ce côté-là, les efforts de Canon semblent payants. J’utilise assez peu la prise de vues en rafale, d’autant que sur EOS 1D Mark IV la rafale ça balance 10 images par seconde. J’ai paramétré le boîtier à 4 fps pour le mode L et 7fps pour le mode H, ce qui évite un engloutissement d’images, d’autant que le déclencheur est très sensible (mais je pense que ce très léger défaut vient de ce boîtier qui a peut-être été testé par un utilisateur quelque peu bourrin). J’utilise une carte Sandisk Extreme III 16Go qui étale bien et j’ai shooté en Raw sur l’ensemble de la session. À propos de format de carte, 1D Mark IV propose deux slots, une carte CF et une carte SD, je préfère nettement l’option choisie par Nikon sur le D3s avec deux formats de cartes identiques (CF). Du côté de la prise en main et du ressenti, rien que du très bon. Je me suis senti immédiatement à l’aise, il ne m’a guère fallu plus de quelques dizaines de clichés pour me sentir bien, serein. EOS 1D Mark IV est merveilleusement ergonomique, le viseur est clair, les commandes sont très intuitives et encore une fois paramétrables à l’envi. L’affectation de la touche Set aux changements d’iso permet d’évoluer rapido en sensibilité sans quitter l’oeil du viseur et puisque j’en suis à parler d’iso, je ne suis pas monté au delà de 3200iso pendant ce festival.

• Côté lumière, EOS 1D Mark IV est (très) exigeant
Pendant la prise de vue en concert, j’évite généralement la visualisation sur l’écran 3 pouces. Il n’y a rien de moins casse-gueule que d’imaginer qu’un shoot est dans la boîte parce que sa preview est flatteuse. En revanche avec un peu d’habitude, on voit tout de suite si ça tape ou pas. Avec le Mark IV, dans des conditions d’éclairage difficiles, des zones d’ombres, le boîtier exige de la lumière. À pleine ouverture, à une vitesse inférieure à 1/200ème, l’image a tendance à se ramollir, le focus à devenir hésitant sans que ce soit systématique. En revanche, dès que l’éclairage se stabilise sans être trop erratique, dès lors qu’on peut monter un peu en vitesse et réduire la toile autour de f4, alors là mes aïeux ! EOS 1D Mark IV est capable de flamboyance, surtout s’il est bien accompagné. Ça tombe bien, pour cette session, Canon France m’a proposé d’embarquer le nouveau 70-200 2,8L IS II. À ce propos, je me demandais comment Canon pouvait améliorer la perfection d’un caillou aussi merveilleusement polyvalent que le 70-200 2,8L IS. Je confirme. Ils l’ont fait. De cette osmose lumières, diaph, vitesse, le tandem 1D Mark IV + 70-200 série II est capable de produire une image piquée, avec un contraste et une netteté au rendez-vous. D’ailleurs les tests que j’ai pu réaliser en extérieur et en lumière du jour sont sans appel. En mode portrait comme en mode reportage la qualité EOS 1D Mark IV est bien au rendez-vous, avec une image piquée, détaillée, contrastée. J’imagine qu’en studio et en éclairage contrôlé, cet EOS 1D devrait également donner d’excellents résultats.

• La part d’ombre du Mark IV
Venons-en maintenant aux sujets qui fâchent, à commencer par la gestion des hautes sensibilités. Soyons clairs (si j’ose dire). Sur 1D Mark IV, le grain est un poil visible dès 3200iso. L’ayant constaté sur mon premier shooting (Coeur de Pirate), j’ai soigneusement éviter de pousser la molette au delà de 3200. De ce point de vue, la déception est à la hauteur de l’attente, d’autant qu’en face, chez Nikon, le D3s est capable de produire une image exempte de grain jusqu’à 12800iso. Dans mes tests du D3s, en décembre dernier, j’avais réalisé un cliché de nuit, à 25600iso avec un niveau de grain très acceptable. On se demande pourquoi Canon a intégré une plage qui va de 50 à plus de 100Kiso, quand on constate qu’à partir de 3200 on est déjà le nez dedans ! Côté hauts iso, donc, rien à attendre de magique sur Mark IV. Au Run ar Puñs, en conditions de lumière difficiles, j’ai tapé à 10000iso, histoire de voir. Le grain est nettement perceptible, même si l’image demeure acceptable. Sur le point de la présence de grain, certains avancent l’argument qu’on ne peut pas comparer les images produites par le capteur APS-H 16mp de 1D Mark IV d’un côté et par le capteur fullframe12mp de Nikon D3s de l’autre, un argument valide. Puisqu’on en est à parler taille de capteur, dans certains cadrages j’ai regretté l’absence du plein format et dans d’autres je me suis réjoui d’un coeff 1,3. Sur ce point précis, le choix de l’APS-H par Canon n’est pas du tout handicapant. En revanche, dans les zones d’ombre ou en conditions de lumière difficiles, on peut siffler la fin de la récré. L’AF devient hésitant, les images sont molles, manquent de netteté, de contraste. Là où on peut monter en iso sur un D3s (jusqu’à 12800 à l’aise), on est quasiment cantoné à 6400iso sur 1D Mark IV. C’est là, dans des conditions de lumière difficiles, que le boîtier de Canon révèle quelques faiblesses.

• 1D Mark IV, j’ai aimé
D’abord j’aime la “Canon touch“, ce truc indéfinissable qui fait que vous savez immédiatement que vous avez affaire à un capteur signé Canon. Une certaine chaleur de l’image, un rendu des couleurs qui peut s’avérer littéralement somptueux. Ensuite les fonctions personnalisées, très étendues, qui permettent au photographe le plus méticuleux de paramétrer “son” Mark IV avec une précision diabolique. L’autofocus étale bien, surtout en conditions de lumières stables. Le mode silencieux, pratique pour shooter discrètement. Ce boîtier (nécessairement équipé d’optiques à la hauteur, comprendre gamme L exclusivement) ravira les photographes de studio autant que les photographes de reportage, de mariage et les photographes sportifs (à venir un test photos de sport sur Shots). J’aime aussi beaucoup le capteur 16mp, une taille idéale, qui permettra de cropper sans trop de casse et capable de générer, lorsque les conditions sont réunies, des images d’un piqué, d’une netteté et d’un contraste véritablement enthousiasmantes !

• 1D Mark IV, j’ai moins aimé
La gestion des hautes sensibilités où Canon met à côté, avec du grain dès 3200iso. La perdition dans les zones d’ombres. Dès lors que les lumières deviennent un peu délicates, le fonctionnement de 1D Mark IV devient erratique : perte du focus, images molles. À grande ouverture (f2,8) et à faible vitesse (1/100ème et en dessous) 1D Mark IV met à côté quasi systématiquement. J’attendais un viseur 100% et un capteur fullframe sur un boîtier de ce calibre (et de ce prix), même si le ressenti du capteur APS-H est quasiment identique à un capteur FF.

• Prochaine étape, le test photo de sport : mode AI servo et suivi autofocus.

• cliché : Pony pony run run au festival Yakayalé (EOS 1D Mark IV + Canon EF 70-200 2,8L IS II. 3200iso, 70mm 1/400e f/2,8). Iggy Pop (EOS 1D Mark IV + Canon EF 70-200 2,8L IS II. 1600iso, 85mm 1/200e f/2,8).

Wankin’ noodles + Skip the use. Au Run ar Puns deux putains de concerts pour le prix d’un !

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Putains de concerts ! Ça faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé, d’être suffisamment scotché après un concert (voire deux) pour prendre mon clavier et gueuler mon enthousiasme sur tous les toits. Bon, c’est vrai, il faut dire que ça faisait quelques mois que je n’étais pas allé au Run ar Puñs, mais parfois la tête dit oui et le corps dit non. Bref, samedi soir, session de rattrapage, j’ai vu deux groupes qui m’ont carrément subjugué !

D’abord les rennais de Wankin’ noodles. Un chanteur king size, totalement déjanté, un poil insolent mais juste ce qu’il faut pour tendre l’oreille. Une prestation scénique de très (très) haut niveau, une dégaine rock british très seventies au look très étudié, un groupe bien en place et un rythme d’enfer pendant tout le set. Le genre de concert où quand ça s’arrête tu te dis “merde alors ! C’est déjà fini ?” Le public, extatique, chauffé à blanc, a pogotté dans tous les sens et a rappelé le groupe. Énorme ! Et un putain de concert, un !

Ensuite Skip the use. J’avais déjà fait le précédent concert, pied au plancher, sans jamais décrocher de la cinquième (nuit) mais je ne savais pas qu’on pouvait aussi passer la sixième et lâcher la bride à ce point-là. Comment dire ? Sur scène j’ai déjà vécu la furia, j’en ai déjà vu des allumés, des fadas du gros son, des racks de Marshmal calibrés proches de l’implosion, des climats de guerre civile dans la fosse,je pense à des gens comme Aqme, Lack, Those legendary shack shakers, les Béru (au Vauban) ou Mass Hysteria mais franchement ! Mouss et ses potes (d’avance pardon Mouss pour ce que je vais dire…) c’est des enfants de choeur à côté du bois qu’envoit un groupe comme Skip the use. Ici c’est du rock énergique (doux euphémisme), c’est furieux mais ça reste très mélodique, c’est aussi méchant dehors que tendre dedans, le tout étant structuré autour de la prestation scénique monstrueuse du chanteur qui répond au doux patronyme de Mat Bastard. Une reprise de Blur meilleure que l’originale (Song 2), le groupe est rappelé, encore et encore. Seul bémol de la soirée, une petite blondinette (qui aurait dû préférer le Breizh cola au rhum planteur) qui n’a cessé de proférer au chanteur des insanités que la décence m’interdit de retranscrire ici (lol) et qui, mine de rien nous a un peu pourri le groove, mais bon ! Ambiance ouakenole. Et un deuxième putain de concert, un !

Des soirées comme celle-là, je veux bien en signer deux par mois (au delà, je me connais, je tiendrai pas). Le dimanche matin, j’avais un peu la gueule en vrac, la pulpe encore fraîchement secouée par la soirée de la veille. N’empêche. J’étais vraiment heureux de retrouver le Run ar Puñs dont on ne répètera jamais assez que cette salle est parmi ce qui se fait de mieux en matière de musique actuelle. D’ailleurs, quitte à être un peu radical (salut Doudou ça gaze ou quoi ?), je vais vous dire. C’est simple. Si vous n’avez jamais vécu une soirée comme celle-là au Run ar Puñs, il manque un chapitre définitivement essentiel à votre manuel de la Rock academy. Alors ? Vous venez quand au Run ar Puñs ?

cliché : Skip the use au Run ar Puñs

bientôt en ligne sur Cinquième nuit les photos de Wankin’ noodles et Skip the use.

voir le site du Run ar Puñs

Festival Yakayalé 2010. Un iguane, deux amis et un fantôme.

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De retour à Quimper où on mange des crêpes et où ça a un p’tit air du Finistère (œuvres intégrales de Grand corps malade, volume 1). Fin d’après midi, plein soleil, encore peu de monde dans les alentours, petit vent léger et discret, température printanière. Backstage j’aperçois Gaëtan Roussel et ses potes qui prennent le soleil. Mickaël Guerrand qui ouvre le festival peaufine sa balance et à l’extérieur du Pavillon le noyau de public commence à se former à l’entrée. 19:20 pétantes, Mike ouvre le bal, seul en scène. C’est parti pour une longue soirée qui va durer bien au delà de deux heures du matin. Avec en point d’orgue pour le public le set de Iggy Pop and the Stooges. Backstage on aperçoit Philippe Manoeuvre, attentif aux circonvolutions de l’iguane qui fait son show. J’ai souvent écrit que le photographe qui rate une photo de Iggy Pop doit immédiatement reprendre la poterie, ou le macramé, voire les deux. En dérushant les clichés tapés sur les Stooges tout à l’heure j’ai eu la confirmation que je pouvais continuer à faire des photos. Tiens à ce propos, je ne perds pas de vue que j’étais là aussi pour tester le nouveau haut de gamme de Canon. De ce point de vue, je réserve encore mon verdict, je peux seulement dire que les sensations avec ce boîtier sont bonnes, voire très bonnes, et que j’ai pris beaucoup de plaisir à shooter avec EOS 1D Mark IV. Du côté de l’autofocus, rien à dire, quand j’ai chié une photo c’était ma faute, mais en photo de concert et en mode manuel, shit happens. Ça n’étonnera personne si je vous dis que dans le panel photographes, on n’était pas nombreux à être équipé en rouge. En revanche, malgré la touche set que j’avais réglée pour activer les iso directement au viseur, je ne suis jamais monté au delà de 1600 iso, le grain étant déjà perceptible à cette sensibilité, je n’ai pas voulu pousser le bouchon.

Du côté de la musique, j’attendais évidemment le set de mon cher Eiffel. Estelle et Romain, croisés backstage, semblent détendus. Je demande à Romain s’il compte faire un featuring avec The Stooges, il se marre et me dit que tout compte fait, la reprise d’un titre d’Iggy Pop ça sera peut-être pour plus tard. Eiffel livre un bon set, énergique, la voix et le charisme scénique de Romain Humeau étant un indéniable atout, une voix soutenue à la guitare par un ex-Dolly, Nicolas Bonnière, qui donne un vrai plus au groupe, non seulement par son jeu habile débridé et péchu mais aussi par une attitude scénique authentiquement rock. Seul bémol, mais la remarque vaut aussi pour les autres groupes, un son un peu tassé et d’un niveau élevé. En même temps, le Pavillon n’est pas le Zénith. A propos de Zénith, si vous aimez Eiffel, notez que le groupe sera au Zénith de Paris le 15 octobre prochain. Et puis il y a eu Iggy et les Stooges, un groupe avec un vrai morceau de légende dedans. Je ne sais pas trop combien de temps ça durera, je ne sais pas trop non plus où Iggy Pop va puiser son énergie. L’iguane, qui n’a quasiment pas pris une ride depuis que je l’ai vu aux Vieilles Charrues il y a cinq ans, offre au public du Festival Yakayalé, qui est venu pur lui, un set rock’n roll parfait, venant au contact, multipliant les provocations, le concert commençant toujours par un Motherfuckers ! bien appuyé. Pour Iggy Pop, le doigt d’honneur est une formule de politesse… Tout le reste est à l’avenant, Iggy torse nu qui loge le micro dans son pantalon et qui exécute une version déjantée de “I wanna be your dog“. Face à moi je shoote aussi Mike Watt, LE bassiste légendaire des Stooges, connu pour son phrasé puissant et une attitude scénique souvent hors normes. Sur sa basse, une petite photo est collée, celle de Ron Asheton, guitariste et membre fondateur des Stooges, décédé en janvier 2009. Nul doute que le fantôme de Ron est là, présent ce soir. Petit coup de blues pendant un set rock. La soirée se termine, des étoiles plein le ciel, avec un set déjanté de No one is innocent, histoire de décoller ce qui nous reste de pulpe collé dans le haut de la tête. Je ne sais pas trop ce que prend Kemar au petit déj’ mais je veux la même chose.

Back home. Dans la nuit claire je rentre à Brest. Demain est un autre jour, avec le day #2 du festival et une affiche plus orientée reggae, mais avec Archive en invité de marque. Le poste diffuse une vieillerie rock’n roll de circonstance. I’m The passenger and I ride and I ride. I ride through the city’s backside, I see the stars come out of the sky. Yeah, there bright in a hollow sky, you know it looks so good tonight…

• photo : Iggy Pop dans le public – festival Yakayalé 2010

voir les photos du concert Iggy and the Stooges sur Cinquième nuit

Coeur de pirate, à l’abordage avec Canon EOS 1D Mark IV !

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D’abord deux mots sur Coeur de Pirate, que je n’avais pas prévu de shooter à la Carène et puis l’arrivée mardi matin du 1D Mark IV et la frénétique envie d’aller au charbon m’ont convaincu de demander une accrèd pour le soir même. Au passage big up au service comm de la Carène, idem pour Astérios, Arsenal Prod. et Gloria qui m’ont permis de shooter la miss et de vous montrer le résultat. Coeur de pirate donc. Perso, j’étais resté coincé sur “et tu m’aimes en-encore” la chanson toute auréolée de sa victoire de la musique, option choix du public. Le public, il est là et la Carène est carrément blindée, sold out jusqu’aux yeux. Première partie (ne jamais oublier les premières parties) avec un groupe de là-bas, t’sais d’laut’ côté de la grande bleue. Chinatown est un groupe plutôt sympathique, avec un chanteur, comment vous dire ? Au look entre Patrick Watson et le gars de la Chanson du Dimanche. Le trio livre un set court et acoustique, avec des petites chansons pop rigolottes et légères, faisant rimer Pénélope avec pop pop. Une pop joyeuse et déconnante, comme ils savent en faire là-bas, dans la belle province. Et puis vient la demoiselle, souriante, avec ce juste ce qu’il faut de grâce, avec ce truc un peu troublant de femme-enfant, tatouée comme un membre de gang de L.A., sauf qu’à y regarder de près, les tatouages sont plus à son image qu’à celle d’une bikeuse méchamment estampillée Hell’s. Elle traîne avec elle une angine carabinée et pourtant elle va assurer son set, comme une vraie pro qu’elle semble déjà être. Le répertoire est assez varié, entre comptines pop envoyées avec beaucoup de pudeur et d’élégance au piano et ballade country, avec entre deux une chouette reprise de Phoenix, un groupe français comme la demoiselle s’amuse à le préciser. Les zicos sont efficaces mais cela n’étonnera personne si je vous dis que, sur scène, je n’ai vu qu’elle. On ne se refait pas. Béatrice Martin va rejoindre mon panthéon des Girls rock, où elle aura une place de choix, entre Ruyter Suys et Constance Verluca.

Côté matos, j’embarquais avec moi EOS 1D Mark IV, avec mon 70-200 2,8L IS (j’ai reçu le série II le lendemain) et un 24/105 f4. J’ai d’abord tapé quelques shoots en mode AV, histoire de voir et puis rapido en mode M, qui est le seul mode qui me convienne vraiment. Du côté des réglages, rien d’exotique : collimateur central, mode de mesure évaluative standard, balance des blancs standard, format RAW. Du côté des sensibilités, là non plus pas de plages hors-normes, j’ai shooté de 200 à 1600 iso. Il faut avoir l’honnêteté de se dire que du point de vue de la gestion des hautes sensibilités, les efforts déployés par Canon sont sans commune mesure avec les moyens engagés par Nikon. Celà dit, à 1600iso l’image me semble clean, il faudra que je teste ce week-end les sensibilités plus élevées. Du côté de l’autofocus, en revanche, Canon a fait de gros efforts et son nouveau haut de gamme obtient de réelles performances. J’ai shooté au moteur, impressionnant de taper de la rafale à 10 images par seconde mais à éviter pendant un silence ou un concert de jazz : ambiance garantie ! J’avais été refroidi (doux euphémisme) par la review de Rob Galbraith à propos de l’AF. De mon côté j’ai shooté des séries de dix clichés en one shot, la première était bonne, les neuf suivantes aussi. À tester en mode AI servo sur un énervé du micro (comme Iggy Pop). Le boîtier produit des RAW de 22 Mo que j’ai dérushé dans Lightroom. Un zoom à 100% confirme une certaine molesse de l’image qui disparaît dès qu’on accentue un peu l’image qui semble alors se révéler, j’allais dire dans toute sa splendeur. On retrouve ce qui fait le charme des images générées avec un capteur Canon, dans le ton, les nuances de couleur. En revanche, à 1600 iso, j’ai retrouvé ce qui m’avait tant agacé sur 5D Mark II. Même en point d’équilibre, à grande ouverture et à une vitesse inférieure à 1/200ème, les résultats peuvent être erratiques (cramages en séries). Je testerai ce point avec plus d’acuité dans les jours qui viennent.

Finalement, quand je regarde la série Coeur de pirate réalisée avec EOS 1D Mark IV, je suis plutôt soulagé. J’ai lu et entendu tellement de trucs sur le boîtier que j’avais hâte d’en avoir le coeur net. Canon a fait un véritable effort sur l’aspect AF qui réagit de manière instantanée, même dans certaines zones d’ombre et ça c’est plutôt la bonne nouvelle du jour. Reste à voir comment le boîtier se comporte sur un set plus secoué, avec d’autres conditions de lights. Vendredi et samedi je couvre l’excellent festival Yakayalé qui fête sa dixième édition avec une affiche qui me ravit. Eiffel (mon putain de groupe d’ahuris), Iggy et les Stooges, Archive, le brestois Mickaël Guerrand en ouverture (et plein d’autres), ça va le faire. L’occasion aussi d’en faire voir de toutes les couleurs au 1D IV sur lequel je vais monter (avec la complicité de Canon France) pour l’occasion, le nouveau 70-200 2,8L IS serie II. Et ce tandem là, à mon avis, ça va dépotter…

• merci spécial à la Carène (Brest) et à la prod (Astérios, Arsenal Prod.) et au management de Coeur de Pirate (Gloria) d’avoir rendu cette session possible. Et bien sûr merci à Canon France pour son soutien.

Premiers pas avec Canon EOS 1D Mark IV. En attendant Iggy.

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J’ai ouvert le colis, j’ai sorti EOS 1D Mark IV de sa boîte. Je ne vais pas vous dire sans émotion, les gens qui me connaissent sauraient que je mens. Il y a nécessairement une émotion quand vous êtes au contact d’un boîtier de ce calibre pour la première fois. C’était déjà vrai avec Nikon D3s, ça l’est aussi avec 1D Mark IV et même un peu plus. Un peu plus ? Oui, c’est normal, c’est Canon et il y a un plus affectif qui ne date pas d’hier. Bon, je monte le 24-105 livré avec, je vous rassure je reçois le 70-200 2,8L IS II demain matin, et machinalement je loge une carte Extreme III 16Go dans la trappe, je note la trappe supplémentaire (merde, c’est pas une CF, dommage), deux ou trois réglages, priorité ouverture, format RAW, 400 iso, one shot, collimateur central, … Le boîtier tient bien en main, les commandes aussi, ergonomiques, la grosse molette (que j’adore), le joystick. Si vous avez déjà tenu un boîtier reflex Canon alors vous n’avez aucune appréhension à tenir un Mark IV. Le boîtier ne me semble pas très lourd, un coup d’oeil au viseur, je n’ai pas le boîtier en main depuis cinq minutes que j’ai déjà l’index qui me démange.

Je loge Momo dans mon viseur, autofocus nickel, je déclenche. Mon chat (Momo) n’a pas le temps de réaliser, 10 images par seconde c’est dans la boîte. Rapide preview on dirait que ça le fait. La mère de Momo me regarde d’un air réprobateur. Le temps de désactiver le mode H, je tape quelques clichés de la reine mère et de son sublime regard bleu de mer. Je descends au pas de course, direction le Mac et Lightroom dont j’extrais quelques jpeg brut de capteur sans traitement. Pas dégueu, mine de rien. Sur la série Momo les clichés sont cleans (en clair pas de flou). Sur les photos de sa mère à f4 j’aime beaucoup le bokeh, très soft et le chouette piqué naturel de l’image.

Un coup d’oeil sur le planning. Ce soir c’est Coeur de Pirate à la Carène, ça tombe bien… Une fille photogénique comme elle dans l’une des plus belles salles de concert de France, avec un plan de feux sublime, que demander de mieux pour un premier test grandeur nature ?! Bon, certes, je n’ai pas encore reçu le 70-200 2,8L IS série II, donc je me contenterai du mien et du 24-105. Un excellent prélude en attendant Eiffel, Archive, Iggy & The Stooges et tous les autres, vendredi et samedi prochain au festival Yakayalé à Quimper.

Canon EOS 5D Mark II vs Nikon D700. Lequel choisir ?

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Je reçois régulièrement des emails de photographes, qu’ils soient amateurs ou pro n’a que peu d’importance, qui s’interrogent, à juste titre il me semble, sur les options à choisir. Étant moi-même dans cette situation il m’a semblé intéressant d’en parler. Aujourd’hui, Canon et Nikon tiennent le haut du pavé en matière de boîtiers reflex. Les deux se tirent la bourre depuis des années et la tendance semble s’incliner favorablement au profit de Nikon ces deux dernières années. C’est sans doute dû à des choix radicaux de la part de la marque jaune et à une série d’incidents techniques ayant violemment secoués Canon, ce à quoi il faut peut être ajouter, de la part de la marque rouge, un certain manque de clairvoyance et d’anticipation de l’évolution du marché. En tout cas, aujourd’hui le constat est là. Des photographes équipés en Canon ont glissé vers Nikon (on dit “switché”), l’épisode le plus médiatique étant le passage de l’AFP de Canon (marque historique de l’agence) pour Nikon.

Mais revenons à cet email, que je vous livre quasi in extenso : “J’ai actuellement un Canon EOS 50 D. Avec 10-22, 28-135, 24-70 f2,8, 70-200 f4. J’aimerais  passer à un plein format. Je fais de la photo de sport, de nature, et un peu de photo famille. Mis à part le côté budget et vu les problèmes  du 5D, ma question est : EOS 5D Mark II ou Nikon D700 ?” Voilà bien la question casse-gueule par excellence, mais puisque vous me demandez conseil, allons-y ! Premier constant, vous êtes déjà équipé et plutôt bien, si j’en juge à la lecture de la liste de vos objectifs. Passer d’un EOS 50D à un 5D Mark II, alors que vous souhaitez bénéficier d’un capteur fullframe, me semble un choix naturel. Votre parc d’optiques est préservé et avec lui votre investissement. 5D Mark II est un bon boîtier, dôté d’un capteur de 21mp qui produit des images de qualité, sans l’ombre d’un grain à 3200iso, mais il a aussi quelques faiblesses reconnues, parmi lesquelles un autofocus peu réactif. D’ailleurs Canon n’a pas produit d’effort particulier par rapport à la fonction AF, en dôtant le Mark II de l’autofocus du modèle 5D précédent. En relisant votre email, je me dis que 5D Mark II sera parfait pour de la photo de nature ou vos photos de famille. En revanche, pour la photo de sport, je suis plus circonspect. Et c’est là qu’on en arrive à parler de D700…

Chaque fois qu’on me parle de Nikon D700, il me revient une image en tête, toujours la même, celle de mon ami Jean-Michel Roignant, photographe des Vieilles Charrues, shootant de la fosse Bruce Springsteen à main levée, avec un Nikon D700 équipé d’un 70-200 2,8 VR, dans des conditions de lumière relativement précaires. J’ai cette image collée dans le fond de ma mémoire et je crois qu’elle symbolisera à jamais la marque Nikon. Je passe sur le fait qu’à l’époque je galérais avec un 5D Mark II capricieux, j’ai seulement l’image de mon pote, hilare, tapant le boss au jugé. J’étais scotché, mais pas autant que lorsque Jean-Michel m’a montré le résultat sur l’écran du Mac à l’issue du concert. C’est là où j’ai vraiment réalisé qu’il y avait un monde entre l’AF 51 points équipant D700 (et directement hérité du D3) et le modeste AF 9 points du 5D Mark II (hérité du 5D). Et je ne parle même pas du piqué, de la netteté “native” des images produites par le boîtier Nikon. Alors que je m’étonnais auprès d’un autre photographe qu’il ne travaillait pas au format RAW avec son D700, celui-ci m’avait répondu en substance et avec un brin d’ironie : “travailler en RAW, pourquoi faire, quand les jpegs sont parfaits ?” Circulez, y’a rien à voir !

Tout cela, c’était en juillet 2009. Depuis l’eau a coulé sous les ponts. Nikon a sorti un éblouissant D3S (que j’ai testé), Canon a sorti un EOS 1D Mark IV (que je vais tester). D’après les premiers retours, des efforts ont été sensiblement déployés par la marque rouge en direction de l’autofocus, un peu moins semble-t-il sur le traitement des hautes sensibilités. Canon USA propose actuellement des rebates sur EOS 5D Mark II acheté en couple avec certaines optiques et des rumeurs insistantes évoquent l’arrivée d’un EOS 5D Mark III qui pourrait bénéficier d’avancées notoires en matière d’autofocus et de hautes sensibilités, sans parler de fonctionnalités vidéo, si chères au coeur de Canon. Si cela venait à se confirmer, l’actuel 5D Mark II pourrait connaître une forte disponibilité dans les semaines et les mois qui viennent sur le marché de l’occasion. Alors ? Conserver son parc, le péréniser en achetant un 5D Mark II plein format qui utilisera vos optiques. Ou bien switcher pour Nikon, en misant sur le bon niveau de revente de ses optiques Canon. Au delà du simple choix de la marque, il y a des paramètres en prendre en compte, comme l’ergonomie par exemple. Si vous savez utiliser un 50D vous saurez prendre en main un 5D Mark II. En même temps, les amateurs de Nikon ne manqueront pas de vous dire (à juste titre) que l’ergonomie Nikon est tellement intuitive qu’il ne vous faudra pas longtemps pour prendre votre D700 en main. Finalement, on choisit une marque en mettant en adéquation un matériel avec ses besoins et son budget. L’effet pervers, à trop gamberger et à trop attendre , c’est d’en arriver à s’occuper plus du choix de son matos que de faire des photos… Vous avez des éléments et vous ferez sûrement le bon choix !

Rob Galbraith, Chasseur d’images. Qui veut la peau de Canon EOS 1D Mark IV ?

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Si vous êtes lecteur de Shots, je pense qu’il n’est pas utile de vous faire un résumé des épisodes précédents. Vous savez que, par le passé, j’ai pu avoir avoir la dent particulièrement dure, sans concession aucune vis à vis de Canon. Ce que j’ai vécu avec mon 5D Mark II, je ne souhaite à personne d’en vivre autant. Ce qui a changé, sans doute, c’est un détail de syntaxe qui ne vous aura pas échappé. Je parle de mon expérience avec mon 5D Mark II. Je n’affirme pas (plus) aujourd’hui que les défaillances de mon boîtier (car il s’agissait bien à mon sens de défaillances) furent une généralité. Rétrospectivement, je réalise avoir beaucoup appris, ouvert les yeux sur certaines failles voire certaines faiblesses de la marque rouge. Paradoxalement, les incidents rencontrés avec Canon m’ont permis d’échanger avec de très nombreux photographes qui partagèrent avec moi des retours d’expériences douloureux ou au contraire qui ne comprenaient pas ma démarche. Finalement, le point positif de ces mésaventures fut de m’ouvrir aux autres, d’être sans doute plus à l’écoute de la réalité et ma rencontre avec l’autre monde, avec les gens de la boutique d’en face (comprendre Nikon) restera une étape décisive. Si l’on m’avait dit, il y a un an à peine, qu’un jour non seulement je testerais un Nikon D3s mais qu’en plus j’en dirai tout le bonheur du monde, je pense que j’aurais volontiers demandé mon internement. La morale de cette histoire, c’est que l’approche technique du matériel photo demande, aujourd’hui, beaucoup de pragmatisme. Désormais, j’en conviens, je n’écrirais plus rien d’un boîtier que je n’ai pas tenu en main. Je pense au raffut fait autour de EOS 7D, et ce n’est pas Ole Jørgen Liodden qui me contredira. Quand je vois les clichés qu’il a réalisé avec un 7D, j’ai du mal à assimiler les critiques parfois véhémentes (doux euphémisme) qui ont fusé de son blog. C’est la vie ! L’important pour un photographe c’est de se sentir en phase avec son matos et en regardant les photos de Canon Field reviews, je sais que Ole est aujourd’hui serein.

On ne peut pas en dire autant de Rob Galbraith ! J’ai lu avec attention son feedback relatif aux tests réalisés avec EOS 1D Mark IV et le moins qu’on puisse dire c’est que Rob n’y va pas avec le dos de la cuillère. Extrait. “Le système autofocus (de EOS 1D Mark IV) confine à l’effondrement total, un peu comme l’EOS-1D Mark III à ses débuts…” Allez ! Ça c’est fait. En une phrase cinglante, assassine, définitive, Galbraith flingue 1D IV. Sa review, c’est du pain béni, un signal, une confirmation, un “Ah ! Vous voyez, je vous l’avais bien dit !” Trois ans après, on a l’impression que Galbraith porte l’estocade finale à Canon, avec un enthousiasme jubilatoire qui moi, me gêne. D’ailleurs son article commence par une remise de couvert sur l’épisode Ô combien douloureux ! Des défaillances d’EOS 1D Mark III, qui est à Canon ce que Alésia était à Abraracourcix. L’occasion pour ce cher Robbie de rappeler qu’il fût en son temps, l’initiateur de tout ce bordel. Dont acte. Rob a donc choisi la veille d’un des plus grands événements sportifs de l’année, les Jeux Olympiques de Vancouver, pour rendre compte de ses critiques, mais il s’agit là, sûrement, d’un hasard de calendrier !

Rob Galbraith, en substance, souffle le chaud et le froid, affirmant d’abord que l’autofocus de Mark IV montre “des signes de brillance” pour déplorer quelques lignes plus loin une propension au front focus en particulier et à de singulières défaillances de l’autofocus en général. En gros, Rob qualifie l’AF de Mark IV de passable à médiocre sur des clichés de basket, en patinage l’AF patine (si j’ose dire) passant alternativement de frontfocus à backfocus de manière inexplicable alors que sur deux matchs de foot (l’un en lumière naturelle, le second en lumière de stade) 1D Mark IV a parfaitement accroché sa cible. Sur un autre match, mêlant lumière naturelle et lumière artificielle, en fin d’après-midi, Galbraith évoque un nombre inacceptable de clichés, frontfocus comme backfocus. Et en lumière naturelle (matin ensoleillé) selon Rob, “le système AF confine à l’effondrement total“. Ce qui est étrange et par ailleurs noté par l’auteur de la review c’est que les prises de vues ont été réalisées avec le même caillou (un 400mm f/2,8). En gros la conclusion c’est que l’autofocus de EOS 1D Mark IV est capable du meilleur, comme du pire. Tout en précisant que les tests ont été réalisés avec une version du firmware antérieure à la version 1.06 qui corrige des problèmes liés à l’autofocus en AI servo.

nikon-d3s-2009-shotsRob compare 1D Mark IV et D3s et son avis n’est pas aussi tranché qu’il y paraît. Selon les disciplines sportives, 1D IV s’en sort mieux que D3s alors qu’en basket par exemple ou en patinage le boîtier pro de Nikon s’avère le meilleur. En foot, même s’il se comporte bien globalement des problèmes de frontfocus sont signalés. Et c’est bien ce qui est troublant dans les tests du photographe sportif : aucun des deux boîtiers ne semble trouver grâce à ses yeux. Peut-être convient-il donc donner un peu de temps au temps, avant de juger de manière catégorique ?

Chasseur d’images (n°321 du 15 février 2010) se veut plus nuancé, même si le constat, lui aussi, est radical, en matière d’autofocus. Dans son banc d’essai, CI note l’AF d’EOS 1D Mark IV avec une relative sévérité : “le contentieux attaché à l’AF du 1D Mark III ne semble donc pas totalement résolu“. CI note que le nombre de vues nettes diminue de plus de moitié avec le facteur vitesse/distance, notant la présence d’images “molles” dans une série d’images parfaitement nettes. Ce que CI qualifie avec une certaine ironie de “léger manque de stabilité en suivi continu” pourrait bien s’avérer comme le talon d’Achille du 1D Mark IV. Du côté du grain, le constat est rude pour 1D Mark IV, puisque selon CI “on peut travailler sans trop de souci à 3200iso mais 6400iso est la limite pour des images courantes.” 1D IV à la traîne de D3s dans la gestion des hautes sensibilités ? Pour avoir moi-même testé Nikon D3s, je confirme avoir été surpris par la qualité de l’image, quasiment sans grain jusqu’à 12800iso et même acceptable jusqu’à 25600.

Alors ? Qui veut la peau de l’EOS 1D Mark IV ? Je crois qu’il ne faut pas plonger dans la psychose et décréter que Canon n’a pas évolué d’un iota dans sa gestion de l’autofocus. Sur ce point précis, Rob Galbraith et Chasseur d’images rendent tous les deux justice à la marque rouge. Mais, comme le souligne avec beaucoup de justesse CI, la présence de Nikon D3s, concurrent “particulièrement affûté” rend les choses complexes pour Canon qui se trouve face à un boîtier remarquablement conçu, disposant d’un capteur plein format 12mp (contre un APS-H 16mp sur 1D IV). Pour ma part, je sais ce que vaut le boîtier Nikon D3s. Grâce à la collaboration de Nikon France, j’ai eu le privilège de l’avoir en main pendant trois semaines et comme un bonheur n’arrive pas seul ce D3s était équipé du nouveau 70-200 2,8 VRII. J’ai donc pu m’exprimer sur le sujet, en toute connaissance de cause. Pour m’exprimer sur EOS 1D IV, j’attends de le tenir en main et de pouvoir le tester sur mon terrain de jeux, avec mes conditions. C’est promis, ça ne va pas tarder. Stay tuned !

lire l’article de Rob Galbraith (en anglais)

voir le blog de Ole Jørgen Liodden

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