C’est pas parce qu’on vous fait des optiques à f2,8 qu’il faut les utiliser à f2,8

joelle-leandre-festival-desordre-shots-2013Chaque fois que j’entends l’expression f2,8 il me revient en mémoire deux anecdotes. D’abord la mention f2,8 sur un panneau annonçant les autorisations et les restrictions photo du jour, au festival des Vieilles Charrues, il y a quelques années. L’auteur (Emmanuel Danielou, journaliste émérite, grand bénévole des Charrues devant l’éternel, chargé entre autres de martyriser le gang des joyeux photographes accrédités) avait ainsi libellé son annonce journalière : « Annonce à l’attention de tous les photographes et autres afficionados du f2,8″ tant ce chiffre symbolise bien ce qu’on peut faire de mieux en matière de luminosité, généralement, sur une optique de type zoom trans-standard. L’autre moment, c’était à un salon de la photo, sur le stand d’une marque prestigieuse dont je tairais le nom, parce que je ne suis ni une balance, ni une poucave d’abord, et que je tiens l’auteur de ces mots en grande estime, ensuite.

Ainsi donc nous devisions gaiement sur les reflex numériques et les optiques d’alors et pendant que je me laissais empêtrer par ma mauvaise foi légendaire (mais avec les amis, c’est permis) pour titiller mon interlocuteur, le pousser dans ses derniers retranchements, celui-ci avait lâché, passablement agacé par mon ton péremptoire, cet argument définitif qui sonnait comme une sentence, un couperet : « Bon, c’est pas parce qu’on vous conçoit des optiques à f2,8 que vous devez les utiliser à f2,8 ! Hein ? » Sur le coup, cet argument m’a tellement séché que j’en suis resté bouche bée. J’hésitais entre une charge à la hussarde, sabre au clair, tranchant toutes les têtes qui passaient à proximité (mais c’était pas une bonne idée parce qu’en fait on n’était que trois), voire une sortie théâtrale façon Maurice Clavel (« Messieurs les censeurs, bonsoir ! ») et une réflexion raisonnée sur le sujet. Parce que connaissant le bonhomme, son côté posé, son parcours professionnel, ses compétences techniques, je me suis dit que cette phrase avait sans doute du sens. On est donc passé à autre chose. Mais la phrase, elle, est restée.

J’ai souvent repensé à ce conseil d’expert, conseil éminemment précieux. À dire vrai, et de manière presque inconsciente, chaque fois que je travaille, si les conditions le permettent (et c’est la plupart du temps le cas, surtout avec Nikon D4, capable de monter, monter…), j’évite soigneusement de bosser à f2,8. J’ai souvent évoqué avec cet ami cette anecdote et à chaque fois qu’on en reparle ensemble, je le sens toujours un peu gêné d’avoir été aussi radical et pourtant son argument sonne comme une évidence. Oui, bien sûr, vous pouvez utiliser une optique à f2,8 puisque finalement elle a été conçue pour ça. Mais vos images, qui seront bonnes à f2,8 seront bien meilleures à f4. C’est ce qu’il voulait dire, le bougre. Il faut éviter de tomber dans le systématisme du f2,8 surtout si on peut éviter de faire autrement, en clair ouvrir moins grand. Le pire scénario auquel j’ai assisté (bien involontairement, pensez donc) c’est ce photographe qui répétait à l’envi qu’il ne bossait qu’en manuel. Un jour, je suis tombé par hasard sur ses clichés dont les données EXIFS révélaient qu’il travaillait systématiquement à 6400iso en mode priorité ouverture et à f2,8. Je ne vous fais pas un dessin, ça, c’est un mode automatique qui ne dit pas son nom et surtout c’est foutrement casse-gueule ! La négation d’un paramètre aussi fondamental que le diaphragme dénote d’une incompréhension voire de la non-assimilation d’une des bases de la photographie. Travailler à pleine ouverture de manière systématique, c’est non seulement idiot mais c’est aussi et surtout ne pas avoir compris à quoi sert un diaphragme, dans des notions aussi radicalement simples que la profondeur de champ pour ne citer que celle-là.

J’ai bien fait, ce jour-là de ne pas ruer dans les brancards, de ne pas monter dans ma tour quatre à quatre. Souvent, pas toujours mais parfois, lorsque mon œil est collé au viseur de mon reflex et que je choisis mon tandem vitesse diaphragme, si l’ouverture annonce deux huit j’ai l’impression d’entendre une petite voix dans ma tête. Deux huit ? C’est pas parce que… Oui, merci, ça va, je sais, j’ai bien retenu la leçon. Je fais partie des photographes afficionados des optiques à f2,8 qui se gardent bien de les utiliser à 2,8. D’ailleurs, finalement, cette règle est valable pour toutes les optiques. Essayez avec les vôtres. Vous verrez.

Joëlle Léandre. Festival Désordre Brest (janvier 2013). 200mm, 3200iso, 1/80 à f4.

Un an avec Nikon D3s. Deux ou trois choses que je sais de lui.

florent-marchet-au-vauban-23-novembre-2011Un an. C’est court dans la vie d’un photographe mais c’est largement suffisant pour savoir. D’ailleurs, avec lui, j’ai su tout de suite, dès que je l’ai tenu en mains, j’ai su. C’était il y a un an, pile poil. Malgré son poids d’éléphant (on y reviendra), j’ai senti que j’avais entre les mains LE reflex numérique que je cherchais depuis tant d’années. Un genre d’alliance ultime entre l’aboutissement d’années de recherches de Nikon corp. visant à créer un DSLR capable d’aller capter une image nette dans des conditions de lumières limites d’un côté. Et de l’autre un photographe tor penn*, éternel insatisfait, infatigable explorateur du plus grand mystère de sa vie, la lumière. Au salon de la photo, alors que je sortais d’une séparation houleuse, voire chaotique d’avec Canon, nos chemins s’étaient croisés chez Nikon France. Ah ! Nikon. C’était franchement pas ma tasse thé, Nikon. De toutes façons, j’étais tellement accro aux optiques Canon, au fameux « velouté », à cette façon irrésistible de transcrire les couleurs, que je ne me voyais pas un instant quitter la maison rouge. Et puis voilà, il y eut l’ours de Vincent (Munier), la présentation en catimini, la litanie des experts marketing cravatés et puis, enfin, la rencontre, la découverte, la première prise en main de ce boîtier dont je pensais à l’époque (et j’en reste convaincu) qu’il marquerait un tournant dans l’histoire de la photographie numérique. Le premier boîtier à avoir franchi la barre symbolique des 100.000 iso, un truc de fou, un concept renversant. Finalement, avec le recul, j’ai réalisé que cet argument choc, cette astuce marketing était surtout là pour marquer les esprits, de manière durable. Et entre nous, ça a plutôt bien fonctionné… Mais la puissance de de ce reflex numérique comme sa pertinence sont ailleurs. Dans la continuité de ce qui a fait le succès de la marque jaune sur le marché du reflex numérique depuis l’avènement du D1 en 1999. Dans cette volonté de pointer vers un seul objectif. Apporter aux photographes l’outil parfait. Une réponse de Nikon qui tient en deux lettres et un chiffre. D3s.
(*casse-tête en breton)

Un bon reflex fait ce qu’on lui dit de faire.
Mais revenons à moi, parce que, entre nous, même si c’est d’une banalité navrante, il faut bien le redire : aussi vrai que l’argent ne fait pas le bonheur, ce n’est pas le reflex qui fait le photographe, certes non. L’argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait feu mon grand-père mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. En photo, c’est pareil. Sauf que vous aurez beau avoir le boîtier super énième mode, si vous avez un regard de merde votre boîtier ne vous sera d’aucun secours. Banalité navrante, je vous dis. Bref. Mon truc à moi, c’est la photo de scène, j’ai même envie de dire de petite scène, l’un des genres photographiques techniquement les plus emmerdants qui soient, les plus contraignants aussi. Je fais aussi du packshot et je peux photographier à peu près tout et n’importe quoi du moment que ça paye les factures. Mais à chaque fois, les contraintes sont les mêmes. D’abord, je veux que mon reflex me suive. Conditions de lumières difficiles, il doit me suivre là où je vais. C’est en particulier vrai pour l’autofocus qui doit réagir au quart de poil, accrocher un point de netteté avec un zeste de lumière. Je bosse toujours en mode manuel, c’est comme ça, je ne sais pas faire autrement. J’ai besoin d’avoir le contrôle, de sentir que c’est moi qui décide. Idem pour l’autofocus. Je n’utilise jamais le mode suivi, je sélectionne manuellement mon collimateur, c’est contraignant mais c’est comme ça. À grande ouverture, quand la chaussure gauche est nette, la chaussure droite est dans le bokeh. Ça, c’est pour la prise de vue en concert. En packshot, c’est différent, moins de contrainte de lumière mais le placement des produits, la mise en scène sont autant de paramètres délicats. Mais quelque soient les conditions de prise de vue, il y a un chapitre où je ne veux pas, plus exactement où je ne peux pas me permettre de passer des heures de taff, c’est le post-traitement. Finalement, c’est pas à la prise de vue qu’on sait si on a en mains un bon reflex. C’est après. Et c’est là où Nikon D3s révèle toute sa pertinence, où il déploie toute sa puissance.

Nikon D3s. L’image est bonne. Tout de suite.
Parce qu’avec D3s, l’image est bonne et elle est bonne tout de suite. C’est quoi le bonheur avec D3s ? C’est de pouvoir cliquer dans le bouton exporter de Lightroom et rien d’autre. Pour moi, ça c’est du bon boulot. Et là vous me dites ? Dans ce cas là, pourquoi ne pas travailler directement au format jpeg plutôt qu’en RAW ? En fait le format RAW c’est une drogue dure, quand on y a touché, quand on sait à quel point ce format peut éventuellement vous sauver la mise, on n’envisage plus de shooter autrement. Mais vous avez raison ! D’ailleurs de nombreux photographes de presse qui utilisent Nikon D3s (comme les photographes de l’AFP par exemple) travaillent pour beaucoup directement en jpeg. C’est d’ailleurs ce qui me plait avec D3s, ce sentiment de confiance, d’adéquation, d’harmonie entre un boîtier, un bras, un œil et un cœur, comme disait ce cher Henri. Le bras, parlons-en. Car c’est le seul sujet qui fâche, avec D3s : son poids de mammouth ! Ah ! Mazette ! Qu’il est lourd à porter, le bougre. J’ai adapté une sangle Optech en lieu et place de la courroie d’origine, une sangle qui présente l’avantage d’être au besoin déclipsable, pratique quand je fais du produit. D’autant que côté optiques, à part le petit Nikkor 50mm f1,4 (que j’utilise rarement), j’embarque Nikkor 24-120mm f4, magnifiquement polyvalent, lumineux et réactif comme un f2,8, une optique qui sait tout faire avec une plage focale de rêve et bien sûr le définitif zoom trans-standard Nikkor 70-200mm f2,8 VRII qui a réussi l’exploit hallucinant de me faire oublier mon cher EF 70-200 2,8L IS et c’est pas peu dire. Nikon D3s et 70-200 accusent à la pesée 3134 grammes (avec deux cartes CF et une sangle Optech) et je vous garantis qu’à l’issue d’une séance mes bras en conservent le souvenir pendant un petit moment. C’est le prix à payer pour avoir le privilège de travailler avec un tandem d’exception.

D3s. Rien à déclarer, à part du plaisir.
Car finalement, le résultat est là. Si je mets de côté son poids, inhérent aux matériaux et aux technologies engagés dans la conception de ce boîtier, il n’y a rien, je dis bien RIEN que je puisse reprocher à Nikon D3s. Il est puissant et surtout il est polyvalent, capable de travailler dans toutes les conditions, il assure, il est capable de générer des images d’une pureté et d’un piqué irréprochables. Il y a un an, j’embarquais avec moi un D3s autant que j’embarquais à bord de la machine Nikon. On a fait un bout de route ensemble et il a toujours été là chaque fois que j’ai eu besoin de lui et il ne m’a jamais trahi. Je n’ai jamais réussi à le mettre en défaut et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé ! Je l’ai trimballé partout dans toutes les conditions de terrain, devant des plans de feux monstrueux comme dans des conditions d’éclairage modestes, sous le soleil, dans la poussière et sous la pluie. J’ai parfois shooté en rafale à 10fps, pour voir et j’ai vu. Dans des ambiances jazzy j’ai tapé en mode Q et personne ne m’a entendu. Nikon D3s, un an après. Chaque fois que je shoote avec ce boîtier, l’émotion est intacte et le plaisir toujours renouvelé. Voilà, on y revient encore, finalement, à la notion de plaisir. Le truc vraiment important, c’est de se sentir bien, d’être en phase avec son matériel, ça n’est pas seulement vrai pour le photographe mais pour tous les corps de métiers, un musicien avec son violon, un menuisier avec ses outils, … « Il ne doit pas y avoir de confrontation entre l’homme et la machine. » Ce postulat n’est pas de moi mais je vous garantis que le gars qui m’a dit ça sait de quoi il cause. D’ailleurs, comme c’est un aussi un lecteur de Shots et l’un de ceux par la grâce de qui cette rencontre avec Nikon D3s est arrivée, j’ai une pensée pour lui, il se reconnaîtra. C’est l’occasion aussi de saluer l’équipe de Nikon Pro, toujours là quand il faut. On dit que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis. Je confirme.

D3s. La bonne main.
Avec D3s j’ai enfin réussi à satisfaire et à caler mon éternelle quête d’exigence. Grâce à lui, le doute ne m’habite plus. Au moins, avec un D3s, quand je chie une photo, je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Et puis, au delà de tout, j’ai trouvé un compagnon de route en qui j’ai confiance. J’ai le sentiment que la route sera longue et pleine de belles rencontres. Alors bien sûr, il y aura d’autres boîtiers, bientôt, avec des specs qui vont faire vibrer les photographes. Mais j’ai l’impression d’être comme un joueur de poker, d’être servi et d’avoir vraiment une bonne main. Je regarderai passer les annonces, bien sûr, avec beaucoup d’intérêt, peut-être et même sans doute aurai-je envie de les tester ? Mais mon boîtier de référence demeure Nikon D3s, pour quelques années au moins. Parce que, finalement, quand on a le privilège d’avoir en mains un boîtier de ce calibre, il faut savoir savourer…

Post-scriptum
Un an. Pour ce premier anniversaire, j’ai choisi de vous montrer quelques clichés réalisés avec Nikon D3s. Ici un stage portrait de Charles Gayle marquant la pose à son piano au Cabaret Vauban, là la fougue de Ari Hoenig, batteur magnifique et instinctif dans le même lieu ou Napoleon Maddox, concentré sur sa machine à sons. PJ Harvey, Yelle, The Chemical brothers au festival des Vieilles Charrues. Une même constance, la complicité avec ce putain de boîtier. Toujours prêt, toujours au rendez-vous. Franchement, entre nous, avec lui, je me suis bien marré et comme dit le Francis, c’est que le début d’accord d’accord. Voilà. On y revient toujours. Du plaisir.

Festival les Vieilles Charrues 2011. Kerampuilh, c’était demain.

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On attend ce moment toute l’année et arrivé comme aujourd’hui à la veille du festival, il y a comme une douce quiétude qui a fait place à l’angoisse des semaines précédentes. Voilà. On y est. Demain je signe pour le Festival des Vieilles Charrues 2011, vingtième édition, la huitième pour moi en temps que photographe officiel. Ça, des photographes, dans les jours qui viennent, c’est pas ça qui va manquer, on va en voir partout, surtout dans le pit de la grande scène à Glenmor. Si vous voulez voir du matos, du gros, du lourd, du tatoué, c’est là qu’il faut être. Aucun doute possible, pour voir du matos photo, la fosse de Glenmor à Carhaix en juillet, c’est vachement mieux que le Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris en octobre. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore ma feuille de route. Comme chaque année j’ai listé mes concerts probables et comme chaque année il me faudra réduire la toile et les ambitions qui vont avec. Les timings seront serrés, comme toujours. Par exemple, le vendredi où l’un de mes groupes chouchous, The Octopus (vainqueurs du tremplin des Jeunes Charrues l’an passé) ouvriront à Kerouac alors que mes potes brestois de Siam seront à Gwernig (ex-Cabaret breton) exactement au même moment. Pour shooter les deux, il va y avoir du sport.

Hier soir j’ai fait un check du sac, comme tous les ans. Cette année, je vais voyager beaucoup plus léger que l’an passé où j’embarquais deux boîtiers Canon, dont l’un (un excellent EOS 1D Mark IV) était en test en partenariat avec la marque rouge. Après avoir finalement décidé de switcher pour Nikon au début de cette année, c’est avec mon reflex Nikon D3s que je vais arpenter la plaine, amenant avec moi mes deux cailloux de prédilection. D’abord le fabuleux Nikkor 70-200 2,8 VRII, mon optique de référence, ensuite l’étonnant Nikkor 24-120 f4 qui ne cesse de m’époustoufler. Pouvoir couvrir les focales de 24 à 200 avec deux optiques, c’est le bonheur, non ? Et puis cette année, quand même, il fallait bien que je profite de l’événement que sont les Vieilles Charrues et du fait que Nikon France est partenaire du festival (oui, j’y suis un peu pour quelque chose et je n’en suis pas peu fier, de ce rapprochement entre mon festival et la marque jaune) pour solliciter un test grandeur nature. Pour Nikon je vais donc tester le discret doubleur de focale TC20-EIII. Un accessoire discret, léger, petit mais costaud. Grâce à lui, le 70-200 double sa focale (mais perd deux diaphs), je vais donc couvrir les focales de 24 à 400 avec deux optiques et demi.

Quoi d’autre d’essentiel dans mon sac Lowepro Topload cette année ? Pas grand chose à vrai dire. Nikon D3s embarque deux cartes Sandisk Extreme 32G et une carte 16G en secours, au cas où. Mais avec une capacité de plus de trois milles clichés (au format RAW) par jour, je ne risque pas la saturation, d’autant que cette année le mot d’ordre est « zen ». Ma bretelle Fnac pour mon pass, quelques pansements pour les pieds en cas d’ampoules, mes bouchons d’oreilles, ma sangle Optech, des lingettes Vu pour nettoyer mes optiques. Mon flash Nikon (SB900) que je n’utiliserai sans doute pas, quelques cartes de visite, une mini lampe torche Nitecore waterproof qui éclaire mieux qu’une énorme Maglite et qui tient dans ma poche. Last, but not least, mon médiator fétiche, qui m’accompagne à tous les concerts et qui m’avait été offert par Sammy, mon guitar hero de feu Matmatah, après un concert épique.

Zen et léger, c’est le mot d’ordre pour cette édition 2011. Je vais sans doute m’intéresser un peu plus aux festivaliers cette année, si mon planning m’en laisse le temps, profiter pour aller rencontrer des gens, parce qu’au fond, ce festival des Vieilles Charrues n’existerait pas sans son public et sans ses bénévoles non plus. J’irai voir le mythique tirer de charrue mené de main de maître par les frères Morvan, j’irai boire un verre de lait avec les jeunes agriculteurs et comme chaque année je n’aurai pas le temps de manger des patates au lard. Je sais déjà que les quatre jours qui viennent vont filer comme l’ombre et que lundi on aura tous le blues. On comptera alors les jours qui nous sépareront de la vingt et unième édition des Vieilles Charrues… Mais ça, gast ! On n’y est pas encore ! Demain c’est le début de la fête. Si vous me croisez, sur la plaine, faites-moi plaisir ! Venez me voir. Je ne vous garantis pas qu’on aura le temps de boire une Coreff ou un Breizh Cola, mais on aura sûrement le temps de faire une petite photo souvenir…

Canon EOS 5D Mark III, une annonce au CES en 2011.

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Ce matin, tout est calme. Le soleil perce un léger voile de brume, il fait beau sur Brest. Pas un bruit, pas un chat dans les rues, calme plat. Retour de réveillon. Silence radio. Dieu merci, il y a Twitter et Facebook où tu trouves toujours quelqu’un pour s’exprimer ou dire une connerie. Ah ! Merveille des réseaux sociaux où, selon l’adage qui n’aurait pas contrarié Michel Audiard, c’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! Ici une petite de dix sept ans qui est amoureuse de son nouveau boy friend (ça ne durera pas, mais à quoi bon la prévenir ?), là un ami qui s’émerveille sur sa nouvelle paire de pompes, plus loin les aventures de mon pote qui a célébré Noël en fumant un pétard par moins cinq à oilpé sur sa terrasse. Mais comment faisait-on sans Facebook et Twitter, je vous l’demande ma bonne dame ?

Et puis, au détour de deux banalités et d’une grosse blague, il y a, quand même, une info qui tombe sur Canon et qui annonce les specs d’un EOS 5D Mark III et ça, évidemment, c’est tout bon pour moi. D’instinct, en lisant la prose de mon cher et inénarrable Craig de Canon rumors (oui, parce qu’entre nous qui d’autre pourrait s’avancer sur une info aussi hasardeuse un lendemain de Noël, je vous le demande ?), je relance mon iTunes. Hasard de l’écoute, c’est le vénérable Frandol qui s’y colle avec une petite chanson aux textes ciselés comme lui seul en a le secret, une bluette dont le titre lui-même tombe à point nommé, la rumeur. En gros, ça raconte à peu près ça. Elle encore toute fraîche la petite nouvelle, elle excite les oreilles tendues. Faut voir comme elle se dépêche, la petite nouvelle, tu ne la perds pas de vue… J’aime beaucoup Frandol. J’avais découvert par hasard et pas rasé l’ex-leader du cultissime Roadrunner en écoutant une démo cinq titres qui incluait une reprise des papillons noirs (de Gainsbourg, précision inutile, mais bon… sait-on jamais), de Rose (sur un excellent texte de Miossec) et de cette fameuse rumeur. Finalement, hein ? C’est assez simple de lancer une rumeur, surtout sur internet. D’abord un bon titre, bien péremptoire, salement accrocheur, comme le titre du présent billet par exemple. On affirme bien haut, tout en prenant garde de préciser, finalement, qu’on n’est sûr de rien et même que, si vous me demandez mon avis, à moi… Bref, je dois à la vérité de dire que le procédé m’agace un brin. Parce que dire que Canon va annoncer un successeur à 5D Mark II en 2011, c’est un peu enfoncer une porte ouverte.

Reste à définir une liste de specs et là, évidemment, l’exercice devient un peu plus tordu. Est-ce que Canon va continuer sa fuite en avant en terme de taille de capteur ? Sur 5D Mark II on était à 21mp avec les galères que l’on sait, la grande question est de savoir si Canon va pousser le bouchon et proposer un 28mp ? Je crains que oui. J’ignore si la taille sera exactement de 28mp, mais je vois bien la marque rouge persister et signer dans la surenchère. Je pense que la scission entre Canon et son concurrent historique va être avérée en 2011, dans le sens où Canon va appuyer son discours sur l’argumentation vidéo. J’avais évoqué cette possibilité au salon de la photo avec le staff Canon, en prenant comme exemple le format RAW en vidéo. Réponse de Canon : « Pour enregistrer un flux vidéo au format RAW, il faut être capable de capter un débit constant à un certain niveau. On n’en n’est effectivement pas loin. » Comprendre on sait faire. De là à traduire on va faire il n’y a qu’un pas, que je me garderai bien de franchir.

Finalement, la grande question de l’année qui s’annonce, pour Canon, n’est pas tant de savoir si la marque rouge va annoncer un EOS 5D Mark III ou un nouveau haut de gamme 1DS Mark IV. Non. LA question est de savoir si Canon va continuer à produire du matériel photo pour les photographes professionnels ou si, progressivement, comme je le pressens depuis deux ans, elle va s’orienter vers le segment de marché vidéo initié avec l’avènement du 5D Mark II ? Car il faut bien se l’avouer, même si la vérité est difficile à entendre. Canon a perdu la bataille du marché pro du reflex numérique, face un concurrent qui a sans doute fait de meilleurs choix stratégiques en proposant une gamme de produits parfaitement adaptée à la demande du marché. Reste pour Canon une gamme d’optiques remarquable, une gestion de l’image qui n’appartient qu’à elle (oui, le fameux velouté Canon pour reprendre l’expression de Grémillot) et un récent sursaut avec le 1D Mark IV, qui sait produire de merveilleuses images (mais qui est gourmand en lumière) et surtout EOS 7D dont je ne cesse de répéter qu’il est ce que Canon a produit de meilleur depuis des lustres, sur des points qui lui faisaient cruellement défaut, en particulier un gain notable de performances sur l’autofocus.

Attention ! Scoop ! En 2011, Canon va sortir un successeur à EOS 5D Mark II. Est-ce que Canon va conjurer le sort et utiliser une dénomination Mark III qui ne lui a guère porté chance par le passé ? Franchement, de vous à moi, rien n’est moins sûr. Le japonnais est, paraît-il, très superstitieux ! Le truc c’est que l’épicerie d’en face ne va pas rester les deux pieds dans le même sabot. D’ailleurs, je me suis laissé dire que ses troupes sont déjà en ordre de marche avec des argumentaires salement bien affûtés. Comme je l’écrivais ici même, au cours d’une discussion avec un lecteur de Shots, j’ai la certitude que l’année qui s’annonce sera teintée de jaune, mais… Car il y a un mais. Canon a une capacité de rebondir qui ne cesse de m’étonner, il suffit de regarder ce qui s’est passé avec 5D Mark II où Canon a fait un carton sur le segment vidéo avec un boîtier reflex dont les specs photo se sont avérées finalement, avec le temps, assez pauvres (doux euphémisme). Canon a peut-être perdu une bataille, mais Canon n’a pas perdu la guerre, m’affirmait récemment un membre du staff Canon France, en paraphrasant Charles de Gaulle. Je ne demande qu’à y croire, lui ai-je répondu. Mais le doute m’habite, en paraphrasant Pierre Desproges.

Salon de la photo 2010 à Paris. Génération numérique.

leica et summicron collapsible salon de la photo 2010Ah ! Quelle belle journée je viens de passer, dans la plus belle ville du monde, surtout par cette sublime journée de printemps en novembre. Oui, oui, on a passé la journée en polo et il faisait un temps radieux. Fin de matinée, je retrouve mon best fellow J-P Gremillot (LE french underwater photographer, expert ès velouté Canon), traversée de Paris, on croise quelques uptown girls court vêtues qui allument nos yeux photographiques (et pas que). La journée se présente bien. On engloutit le meilleur tartare de Paris dans un chouette petit resto, le Verre bouteille. Allez-y, demandez un tartare « Fort des Halles » et dites que vous venez de la part de Jean-Philippe Gremillot. Géant. Direction la porte de Versailles. En chemin avec Jean-Philippe, on papotte, on reparle de Larry Burrows, un photographe de guerre dont je vais bientôt vous parler, sur Shots. Un photographe héros de mon adolescence, avec Henri évidemment. Arrivée Porte de Versailles vers quatorze heures et il y a beaucoup, beaucoup de monde, beaucoup plus que l’an passé. Je reconnais dans la foule le sourire inimitable (et la casquette Kangol) de Gérald Géronimi, qu’on ne présente plus (relire le billet « Je hais les photographes, surtout les bons »). On constate qu’il y a un max de monde sur le stand Adobe. À défaut de comprendre la photo, on peut toujours essayer de bidouiller dans Lightroom. Gérald repart vers de nouvelles aventures et mon camarade et moi nous nous engouffrons (joyeusement) dans le salon, nous laissant entraîner par la foule comme disait Edith. On croise du côté de Leica. Derrière une vitre blindée on voit un M9. « Qui peut s’acheter un M9 ? » me demande Grémillot. J’en sais rien, moi je veux un M3. Tiens à ce propos, sur un mur du stand Leica il y a une fresque avec un vrai Leica fixé au mur. Vieux modèle, avec un Summicron 5cm collapsible. Mon pauvre Henri ! Vous devez vous retourner dans votre tombe, hein ? Votre boîtier et votre optique fétiches relégués sur un mur, collés à la superglue, décidément tout fout l’camp ! Le jour où Canon utilise un F1 vissé au mur pour faire de la pub, je rends mon tablier, merde ! Le matos, même vieux, ça se respecte. Surtout vieux d’ailleurs. Enfin, comme dirait JPG, « toutes façons tu t’en fous, t’auras jamais de Leica ! » Après tout, c’est pas faux. On passe par Pentax (ils font encore des reflex chez Pentax ?), Sigma (ils font des reflex chez Sigma ?) et Sony (…). Et puis on arrive enfin Place Saint Pierre, dans le Saint des Saints. Ici à ma gauche les adeptes de la marque jaune, par là les afficionados de la marque rouge. On commence par Nikon, chez qui il y a énormément de visiteurs. On cherche des têtes connues et comme on ne trouve personne direction la maison Canon où il y a au moins autant de monde qu’en face. C’est marrant, on croise plein de touristes japonais avec des reflex autour du cou et pourtant c’est bien le dernier endroit sur la planète où je viendrais faire des photos ! En même temps, je ne suis pas japonais, encore moins touriste. Chez Canon on retrouve nos techniciens préférés. Jean-Philippe ne peut pas s’empêcher de lancer son « alors ? C’est pour quand le prochain EOS 5D Mark III ?! » Tout le monde se marre mais évidemment personne ne réagit. On parle un peu technique mais pas trop, à dire vrai ce salon ne nous apprend pas grand chose, rien à vrai dire. C’est juste l’occasion de se retrouver, entre nous, comme un rituel chaque année. En repartant on passe vite fait sur le stand Lumix qui présente son GF2 et sur le stand Epson qui expose des digigraphies carrément chouettes. En sortant je vois qu’il y a toujours autant de monde sur le stand Adobe, avec des démos Photoshop et Lightroom qui font toujours recette. Le salon de la photo 2010 cartonne, avec des passionnés de photo toujours plus nombreux. Parmi eux, les photographes de demain. Ils ont rangé les argentiques au placard, ils ont plus ou moins zappé les notions de films, de révélateur, bain d’arrêt, fixateur. La nouvelle génération est résolument numérique, les yeux rivés sur les écrans de leur Mac, dérushant leur RAW dans Lightroom ou Aperture. Je les observe qui suivent sagement les sessions sur le stand Adobe. Aucun doute possible. La génération numérique est en ordre de marche et finalement, c’est plutôt une bonne nouvelle. La relève est assurée…

Nikon annonce D7000 : 16mp, vidéo full HD, autofocus amélioré. Bienvenue au fight club.

nikon-annonce-D7000-shots-2010Disons-le clairement. Même si ce nouveau boîtier Nikon D7000 présente de nombreux atouts – un capteur plus musclé, un double slot SD, un mode vidéo full HD, un autofocus optimisé, … On va y revenir ! – c’est quand même rien d’autre qu’un boîtier positionné sur le segment expert semi pro, pas de quoi fouetter un chat ! Un second couteau en somme. Bienvenue, vous êtes sur Shots. Vous vous attendiez à quoi ? Qu’on se liquéfie, qu’on se répande ? Voilà un boîtier au format DX qui pour un pro peut être une excellente alternative, au mieux un backup de son D3 ou de son D3s. Ce boîtier en a sous le pied et je vous propose de regarder les points qui me semblent intéressants d’être notés, Mais de vous à moi, ce D7000, clairement positionné face au 7D de Canon est annonciateur d’une bagarre à venir sur le segment pro que, pour ma part, j’attends avec une impatience fébrile. L’annonce aujourd’hui de D7000 n’est qu’un hors d’oeuvre, un amuse-gueule, un premier round, une mise en jambes en attendant le combat des chefs, le vrai, le couillu, sur le terrain professionnel. C’est dans les mois qui viennent que vont se livrer deux combats décisifs entre les deux principaux constructeurs japonais que sont Nikon et Canon. Dans un premier temps avec les deux boîtiers full frame pros, pour Nikon le successeur de D700, pour Canon le successeur de EOS 5D Mark II. Dans un deuxième temps avec l’annonce tant attendue de leurs nouveaux reflex haut de gamme, probablement D4 chez Nikon et EOS 1DS Mark IV chez Canon. Et lorsque j’écris le mot « décisif« , je pèse et je soupèse. Après la relative déroute des armées Canon, autant vaincues de l’intérieur sur le segment pro que par l’exceptionnelle et insolente réussite d’un Nikon plus en verve que jamais, l’étape qui s’annonce va s’avérer cruciale. Canon va devoir prouver sa capacité à rebondir en proposant un 5D Mark III flamboyant, dôté d’un AF opérationnel, d’une gestion des hautes sensibilités vraiment optimisée et de fonctions vidéo qui cloueront sur place la concurrence. D’autant qu’en face, on imagine un Nikon plus remonté que jamais, fort de ses succès sur le segment pro. Fermez les yeux deux secondes et imaginez un successeur au D700, intégrant de la vidéo full HD, dôté d’un AF dont seule la marque jaune a le secret (un 51 points hérité du D3s serait déjà époustouflant) et d’une gestion des hauts iso également en droite ligne du D3s. Voilà, vous y êtes ? Canon versus Nikon, dans les mois qui viennent, ça va ressembler au fight club. Et il est probable que l’un des deux va en prendre plein la gueule. Vae victis.

D7000 : des specs qui préfigurent le chapitre suivant
Observez-le bien ce boîtier. Il se positionne sur le segment amateur éclairé et nous dit plein de choses sur le futur de la marque jaune. D’abord et avant tout, la taille du capteur. C’est fait. Nikon se décide enfin à proposer une taille de capteur digne de ce nom ! Comme disait un ami qui se reconnaîtra, seize c’est mieux que douze. Une lapalissade, peut être, mais qui n’a rien d’anecdotique. C’est radicalement plus simple d’obtenir une image clean à 100% avec un capteur 12mp qu’avec un capteur 16mp. Un autre ami photographe (qui se reconnaîtra aussi) me disait récemment à propos de ses images produites avec 5D Mark II : « quand je regarde les images du 5D II à l’écran, je me contente de 50%, comme ça elles sont nettes ! » avant d’éclater de rire. Comparer des images produites à 21mp avec des images crachées à 12mp, était-ce bien raisonnable ? Bon, en tout cas, avec ce capteur 16mp, on va enfin pouvoir comparer les images du D7000 avec celles d’un EOS 7D. Et puis 16mp ça laisse quand même un peu plus de latitude que 12 en cas de crop. Taille capteur, ça c’est fait. Le deuxième paramètre intéressant c’est ce double slot SD. D’abord parlons du format SD qui, à terme, pourrait bien remplacer un standard compact flash ancien et nettement plus encombrant. Ensuite un double slot, comme sur D3s, avec probablement des fonctions épatantes en matière de remplissage (débordement, backup, RAW/jpeg, …). Passons sur la construction du boîtier lui-même qui, sans être tropicalisé, a quand même été prévu pour l’anti-ruissellement et une résistance aux chocs avec son boîtier magnésium. Son viseur 100% lumineux, son écran LCD 3 pouces, … Construction Nikon, pas besoin de vous faire un dessin. Non, parlons plutôt des sujets qui fâchent (suivez mon regard), oui ! Parlons de l’autofocus.

Autofocus. Quand Nikon améliore la perfection.
Chaque fois qu’on me parle de l’autofocus de Nikon, je repense à cet ami photographe (encore un) qui me disait : « tu donnes un reflex Nikon à un pékin lambda qui n’a jamais fait une photo de sa vie, ça sera cadré avec les pieds mais une chose est sûre. les photos seront nettes. » C’est vrai. C’est ce qui m’avait bluffé lors de mes tests avec D3s, ce sentiment de ne jamais pouvoir prendre l’autofocus en défaut. Ah oui ! Bien sûr, il y a ceux qui vous diront : « l’autofocus, dans le temps ça n’existait pas et on vivait bien quand même ! » Oui, mais aujourd’hui, un photographe ne vit pas sans un AF qui assure. Nikon produit déjà des boîtiers reflex dôtés d’un autofocus redoutablement efficace, même dans des conditions de lumière délicates, avec, cerise sur le gâteau une gestion des hautes sensibilités radicalement élaborée. Lorsque je lis que l’autofocus 39 points a encore été optimisé, qu’il permet, je cite, de produire des images « de haute qualité et incroyablement précises« , ma première réaction c’est évidemment de demander à voir et ma seconde réaction c’est d’inviter Canon a bien penser sa prochaine copie au chapitre autofocus + gestion des hauts iso. Au risque de me répéter, cette annonce du D7000 n’est pas une simple annonce d’un nouveau boîtier DX semi-pro, mais bien le signe annonciateur d’une énorme bagarre.

Vidéo. Comme au poker, Nikon se refait et double la mise.
Au chapitre de la vidéo, Nikon n’avait pas vu le coup venir, j’entends par là le coup du 5D Mark II. D’ailleurs, entre nous, même Canon ne s’attendait pas à un tel succès. Comme me le disait un membre du staff Nikon France il y a tout juste un an, « rendez-vous en 2010 ! » On y est. Non seulement sur le terrain de la vidéo Nikon a largement comblé son retard – c’était déjà le cas avec D3100 qui intégre full HD 1080/24 – mais en plus en a profité pour implémenter des fonctionnalités curieusement absentes chez la concurrence. Ainsi le mode autofocus est disponible en vidéo avec le mode AF-F et sa mise au point continue pendant l’enregistrement vidéo. Je passe sur le format MPEG4 AVC/H264, la présence d’un micro stéréo pour un son stéréo de qualité et la possibilité de réaliser un montage basique directement à partir du boîtier, histoire de partager ses vidéos rapidement. Bref, on est chez Nikon hein ? C’est propre, c’est pro, c’est du rêve et même un cran au dessus. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si la marque jaune positionne D7000 sur le segment « aventure ludique« . La photographie comme terrain de jeux, c’est pas nouveau mais ça fait toujours recette. Avec D7000, vous allez pouvoir vous amuser, faire de chouettes photos (nettes) et de jolies vidéos. Pour un prix rikiki…

Moins de 1000€ HT
Habituellement chez Nikon, on n’a pas l’habitude de donner le matériel. Les optiques, en particulier, sont nettement plus chères que la concurrence. Mais sur ce boîtier, Nikon propose un prix agressif si on le compare à EOS 7D, puisqu’on se situe à un prix d’introduction de 1149€ TTC soit 960€ HT. On devrait pouvoir rapidement toucher le D7000 à un prix inférieur (autour de 1000€ TTC). Un prix attractif pour un boîtier de ce calibre parfaitement positionné sur le segment convergent de la photo et de la vidéo.

Le déploiement de forces de Nikon. Bienvenue au Fight club.
On sent parfaitement la stratégie de Nikon se développer, sur tous les fronts. D’abord sur le segment pro où Nikon fait un carton, avec une vague maousse de photographes pros qui ont switchés de la marque rouge vers la marque jaune et c’est pas fini. Nikon appuie sur le segment vidéo où son concurrent Canon avait trouvé un soupçon d’oxygène. Nikon appuie sur le segment d’entrée de gamme et innove à tour de bras sur la gamme compact Coolpix autant que sur la gamme reflex, D3100 et aujourd’hui D7000. Nikon développe aussi plein pot sa gamme d’optiques où sa réputation de complétude n’égale pas celle de Canon. Aujourd’hui Nikon propose un 35mm f1,4 et un 200mm f2. Nikon est partout, sur tous les fronts et avance en force. D’ici au printemps 2011, on peut s’attendre à la sortie d’un nouveau reflex numérique pro, successeur du D700 et dans le courant de l’année une annonce du D4. Canon est prévenu, Nikon a de quoi faire et la baston va être dantesque. Bienvenue au fight club.

Je hais les photographes, surtout les bons. Chapitre 1. Gérald Géronimi, photographe de mariage.

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J’en conviens volontiers, le titre est un peu racoleur (mais on ne se refait pas). J’ai toujours vu le parcours de photographe comme un truc de solitaire, donc il n’y a pas trop d’intérêt à regarder ce que font les voisins. Bon, bien sûr, on vous dira qu’un photographe, à l’instar d’un peintre, d’un sculpteur, d’un cinéaste, … est toujours plus ou moins influencé par le travail d’un autre. C’est un peu vrai. Il y a quelques années, lorsque j’ai rencontré Claude Gassian, je lui ai dit que c’est en regardant ses photos que j’ai eu envie de faire des photos de scène. Il était content, je crois. Gassian est une exception notable, avec les deux Richard (Bellia et Dumas) et Antoine Le Grand. Et puis HCB, tellement connu qu’on peut se contenter de le désigner par ses initiales ou par son concept de l’instant décisif. Et puis un jour, sur Facebook, j’ai reçu une demande d’ami d’un photographe que je ne connaissais pas. Gérald Géronimi. Avec son nom de chef apache, à une lettre près, ce type ne pouvait pas me laisser indifférent. C’est tellement vrai qu’il y a eu un avant Géronimi et un après Géronimi. Avant, je me souciais aussi peu des photographes (à l’exception notable de la poignée citée précédemment) que de l’évolution du cours du Dow Jones. Et puis, je ne sais pas pourquoi, j’ai eu la curiosité de pousser la porte, de miser quelques pièces comme au poker, pour voir. Et là, j’ai découvert un type totalement hors-normes, qui exprime via la photographie sa sensibilité à fleur de peau. Il est connu (et reconnu), entre autres, pour ses photos de mariage. Photo de mariage ? Autant dire un genre définitivement casse-gueule, s’il n’est pas pratiqué avec la dose d’humanisme, de tendresse, de générosité, de bonté d’âme ou d’impertinence et surtout, surtout, de sensibilité. Et ça tombe bien parce que voilà résumé en quelques mots le portrait de Géronimi. Un drôle de gars, au fond. Un gars du sud profond, de là-bas du côté des calanques avé l’accent qui chante et qui rigole, frais comme un pastis, un expatrié au nord, qui ne jure que par la Picardie et les lumières magiques de la baie de Somme, Géronimi est une énigme vivante à lui tout seul. Et puis il y a ses photos. Ses photos qui me parlent, qui me racontent des histoires. Gérald est un chamallow bien tendre, un romantique avoué, un cœur d’artichaut, une plaque sensible à fleur de peau. Alors évidemment, dans ces conditions, on comprend vite que ce gars n’a pas son pareil pour photographier des amoureux qui vont se dire oui.

Il y a dans les photos de mariés de Gérald Géronimi ce petit truc indicible et une bonne dose d’humour. Gérald ne met jamais en scène, il improvise, l’air de rien et toujours avec brio. Mais comment fait-il ? C’est simple. Il fait avec ce qu’il a, avec l’émotion du moment. Deux alliances entremêlées sur une branche d’arbre fragile. Gros plan, somptueux bokeh d’arrière plan. Voilà, itae missa est, si j’ose dire. L’oeil de Gérald, accompagné de son inséparable EOS et de son 135mm f2 ont encore frappé. On regarde la photo et on reste planté là, un très léger sourire au coin des lèvres, en hochant de la tête et en marmonnant « ah… ouais ! ». Géronimi, marchand de bonheur, il y a de ça. On s’est rencontré par hasard, l’an passé au salon de la Photo. Je l’ai immédiatement reconnu avec sa casquette Kangol (une marque de fabrique, un signe de reconnaissance) et quand on s’est salué, j’ai vu son œil sourire. Il m’a raconté son épopée en Afrique, son studio mobile, ses portraits d’enfants. Son œil s’est un peu embué quand il parlait de ce gosse qui avait fait vingt bornes sur les chemins de brousse pour aller amener sa photo à son grand-père. Un mec comme ça, qui décide du jour au lendemain de prendre son sac et de se faire son road movie en Afrique, ce mec-là méritait bien qu’on s’y attarde un peu et lorsque j’ai imaginé cette série de portraits, son nom s’est imposé, naturellement, en tête de liste. D’ailleurs, je n’ai pas été étonné lorsque j’ai appris que l’Unicef venait de sélectionner deux de ses clichés d’enfants pour la prochaine Photokina. Respect.

Ne vous étonnez pas si je vous dis que Gérald Géronimi bosse beaucoup et que là-bas, dans ce nord qu’il affectionne tant, il est très demandé. Chaque mariage est un défi à son imagination, comme un challenge chaque fois renouvelé. Il tisse et entretient avec les mariés, avec leurs familles un vrai lien et c’est peut-être là que réside l’un de ses secrets. Quand Gérald arrive sur un mariage, il n’est pas ressenti comme un élément étranger. Il est de la famille, il a cette capacité de se fondre, de partager, d’offrir un sourire, une lueur. Et finalement, de créer des images bouleversantes qui lui sont propres et qui portent sa signature. Avant de rencontrer Gérald Géronimi, j’avais beaucoup d’a priori sur la photo de mariage, un peu trop considérée comme un genre mineur. En fait, lorsqu’on a le privilège de partager un shooting avec un type du calibre de Gérald, on réalise à quel point il faut être vivace et foutrement inventif, pour apporter un témoignage authentique sur ce jour unique. C’est alors que la photographie et le photographe s’invitent à la fête et jouent pleinement leur rôle. Ils deviennent le témoin du bonheur, comme un soupçon d’éternité.

cliché : la mariée était en rouge, par Gérald Géronimi.

7 questions à Gérald Géronimi, ses réponses au questionnaire Shots !

découvrir le book en ligne de Gérald Géronimi et son blog.

Sa page Facebook Pro.

PMA 2010 : rumeurs sur la présentation du futur Nikon D900

pma2010Vous sentez ? Non ? Non, vous ne sentez rien et c’est normal. Il ne se passe rien dans le Landerneau de la photo, rien, niante, nibbe, nada, que dalle. Comme disait Desproges, on s’emmerde profondément. D’ailleurs c’est simple. Depuis mes tests sur le Nikon D3s et son 70-200 2,8 de course, je n’ai quasiment pas touché à un déclencheur, c’est vous dire si je m’emmerde. Il faut dire que la saison glaciale ne se prête guère aux sorties nocturnes. Finalement, j’attends de pouvoir tester EOS 1D Mark IV, juste histoire de voir si mon prochain boîtier, c’est lui. Il ne vous a pas échappé que nous sommes à deux semaines de la PMA à laquelle Canon, justement, n’a pas souhaité participer cette année. La faute à la localisation géographique, Anaheim south California en lieu et place de Vegas. Cette année Canon a donc décidé de faire des économies et de ne pas tenter le jackpot.

Nikon, en revanche, sera de la fête. La marque jaune pourrait bien annoncer dès demain un renouvellement de sa gamme Coolpix et il se murmure, sans grande certitude, que le remplaçant du D700 pourrait être annoncé pendant la PMA qui démarre donc, notez-le sur vos tablettes, le 21 février 2010. Première grosse incertitude, la numérotation. On avait évoqué un temps un D700s ou D700x et voilà que des sources bien informées tablent désormais sur D900. Une numérotation plus en phase avec des specs type musclor, un plus gros capteur (la rumeur, toujours généreuse allant de 18 à 24,5mp) et un mode vidéo full HD, tout cela articulé autour de l’autofocus 51 points et puis peut-être bien quelques specs directement héritées du D3s, le tout dans un boîtier un peu plus light, notamment au niveau du poids.

Et là vous me dites : quand ? Selon Thom Hogan (un photographe qui a publié aussi quelques guides Nikon), Nikon devrait annoncer, outre quelques modèles Coolpix, deux nouveaux objectifs (dont un 24mm f/1,4G), des accessoires et… une surprise. Qui toujours selon Thom ne serait pas un nouveau reflex, avant d’ajouter : « mais ne vous inquiétez pas, entre mars et août on devrait voir arriver pas mal de produits intéressants. » Selon le site Fotopropaganda, un nouveau boîtier 18mp serait prévu en février 2010 (D800 ou D900, aucune certitude sur la numérotation) ainsi que deux nouveaux zooms (pour remplacer le 24-120 et le 80-400).

Comme toujours le temps qui passe nous dira si nous avions raison ou tort. En tout cas, une chose est sûre, c’est que du côté des forums US ça ne se bouscule pas au portillon. Sur dPreviews, rien ne transpire. Encore deux semaines de patience…

[Edit 9 février 2010] selon mes sources, une nouvelle version du D700 n’est pas prévue, ni dans les semaines à venir ni pour l’année 2010.

Nikon D3s : polyvalent, performant, puissant. En un mot pro.

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J’ai l’impression que c’est Noël avant l’heure. Ce matin, dès le réveil, rapide coup d’oeil sur la maison des voisins. Tout est blanc, il a neigé sur Brest et rien que ça, c’est plutôt rare. Avec le D3s je fais quelques clichés du paysage, histoire de tester la fonction D-lighting, qui permet de faire apparaître des détails dans les zones d’ombre. Comme le photographe peut lier cette fonction au bracketing, il est possible de taper jusqu’à cinq clichés en un seul déclenchement pour pouvoir ensuite sélectionner le meilleur rendu. D’ailleurs c’est un peu ce qui caractérise ce nouveau boîtier Nikon, il me semble. Cette capacité que Nikon propose au photographe le plus exigeant d’adapter, de personnaliser son D3s. Chacun va pouvoir customiser le D3s selon son travail, grâce à des commandes comme le Picture Control, qui permet de déterminer l’aspect final des photos (contraste, saturation), voire de simuler l’emploi de filtres en mode monochrome. Bref, Nikon D3s est totalement paramétrable, entièrement personnalisable ! Si vous souhaitez par exemple affecter la molette avant au réglage de la vitesse et préférer la molette arrière pour l’ouverture, libre à vous, il y a une fonction pour ça. Si vous souhaitez utiliser le boîtier à plusieurs et enregistrer vos paramètres perso, il y a une fonction qui permet d’enregistrer jusqu’à quatre configurations. On peut même les renommer individuellement (Arthur, Pierre, Paul, Jacques). Ainsi quand Paul prend le D3s, il sélectionne son prénom dans les réglages perso et le boîtier fonctionne avec ses paramètres à lui.

Il me revient en mémoire qu’à la présentation de D3s au salon de la photo, Nikon avait particulièrement insisté sur l’aspect polyvalence du D3s, je pense que c’est vraiment le cas. D3s va convenir à un spectre très large de photographes, sans se cantonner à une famille en particulier, en étant capable de travailler aussi bien en studio qu’en extérieur, dans des conditions difficiles : photographie sportive, animalière, là où l’image doit être capturée à vif, comme le fait, avec le talent qu’on lui connaît, Vincent Munier par exemple. Je n’ai pas encore testé la prise de vue en mode rafale 9fps, j’ai juste déclenché à vide, histoire d’entendre ronronner le moteur de cette formule 1.

• L’autofocus : no comment !
En façade du boîtier un loquet permet de sélectionner le mode de l’AF, soit en mode ponctuel S qui mémorise la mise au point, soit en mode continu C où l’appareil continue à faire la mise au point jusqu’au déclenchement, soit en mode M manuel. A dire vrai, et je pense que ce détail n’échappera à personne, ce qui m’impressionne vraiment sur Nikon D3s, le premier feeling que j’ai eu dès ma première prise en main, c’est la réactivité de l’autofocus. Une réactivité qu’on peut qualifier d’exceptionnelle. Non, en fait l’AF du D3s est une tuerie. Au départ j’ai réglé l’AF du D3s en mode spot, collimateur central. J’ai testé le mode C, sur un sujet mobile, D3s suit le sujet, en adaptant le collimateur le plus approprié et en l’utilisant pour faire la MAP. Dans les réglages perso, il est possible de choisir la zone dynamique de l’autofocus, c’est à dire de déterminer le nombre de collimateurs qui vont être utilisés : 9 points, 21 points, 51 points et 51 points 3D. Le mode suivi 3D permettant de faire la MAP pour un sujet mobile en adaptant le collimateur le plus approprié. On peut aussi utiliser un collimateur unique en mode AF ponctuel et on peut… désactiver l’autofocus. Parce que, comme le disait un lecteur (qui se reconnaîtra) « dans l’temps, on n’avait pas d’autofocus et on faisait quand même des photos ! »

L’autre sujet crucial, évidemment, c’est la capacité que le D3s a de réaliser des clichés à de très hautes sensibilités. En réalisant un cliché de nuit à 12800 iso, j’ai voulu savoir si la promesse était tenue. Elle l’est. Nikon D3s produit des images sans l’ombre du début d’un pet de grain à 12800 iso et ça, ça change tout, pour tout ceux qui ont l’habitude de travailler dans des conditions de lumières difficiles, je ne vous fais pas un dessin. Pouvoir taper à 1/80e ouverture 2,8 à 12800 iso, ça laissera inévitablement rêveur le photographe limité aujourd’hui par son boîtier à 1600 ou 3200 iso. Ce qui ne manquera pas de reposer la question : « les photographes sont-ils égaux devant l’image ? » La réponse est définitivement non ! Prenez un Nikon D3s en main, vous comprendrez ce que je veux dire.

Comme le dit ce cher Dexter, tonight’s the night. Prochain rendez-vous ce soir, en concert, au Vauban avec Eiffel. La nuit promet d’être longue.

• cliché : Suzy derrière la porte (Nikon D3s, Sigma 24-70 2,8, mode priorité ouverture, 400 iso, 1/60e f/2,8 focale 70mm)

Banc d’essai Nikon D3s Shots. Premiers pas sur la ligne jaune.

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19 heures pétantes. Il neige sur Brest. Vu de ma fenêtre, il y a les lumières du stade et derrière les sapins j’entends les cris de quelques irréductibles joueurs de foot. One shot. C’est mon premier cliché avec Nikon D3s, non mieux c’est mon tout premier cliché avec un boîtier Nikon. Je ne suis pas habitué au son du déclencheur, mais à dire vrai je ne suis habitué à rien avec Nikon, d’ailleurs pour dire les choses simplement, je n’ai jamais fait de photo avec autre chose qu’un boîtier Canon. Alors mes potes m’ont prévenu, que j’allais en baver des ronds de chapeaux pour prendre en main ce D3s, le nouveau must professionnel de Nikon. En réalisant ce cliché, de nuit, sous la neige, j’ai repensé à ma rencontre avec Nikon France sur le salon de la photo, lançant comme une boutade que, tiens, je le testerais volontiers, moi, ce nouveau boîtier. Alors Nikon France m’a dit pourquoi pas ? Et me voilà avec un boîtier Nikon D3s en main. Expérience inédite, moi le photographe Canoniste jusqu’au bout des ongles, je franchis la ligne jaune et j’entre dans la zone interdite…

Je me suis installé confortablement, le D3s dans une main, le manuel de prise en main rapide dans l’autre et j’ai fait un petit tour du propriétaire. Sur le D3s, j’ai monté un Sigma 24-70 2,8 DG HSM Ex, en attendant de recevoir un 70-200 2,8 VRII qui devrait arriver demain matin, si Dieu et la météo le veulent bien. Première impression, la robustesse, on sent que le boîtier a été conçu pour un usage intensif et pro. Je loge une carte Sandisk Extreme III 16Go dans le premier logement disponible. Nikon D3s est dôté de deux logements et l’utilisateur peut paramétrer l’utilisation de ses cartes, voilà une idée qu’elle est bonne. On peut soit remplir la première carte et quand elle est pleine ça permutte sur la seconde. Ou bien utiliser la carte numéro 2 en backup de la première, en temps réel. Ou bien encore choisir d’enregistrer le RAW sur la première, les jpeg sur la seconde. Le truc qui me faisait un peu paniquer, c’est que je suis habitué à la grosse molette de navigation et de réglages sur le boîtier Canon. J’ai mis D3s en mode manuel et ma crainte s’est immédiatement dissipée, mieux encore, l’approche de Nikon me semble nettement plus optimisée : l’index sur la molette frontale permet de régler l’ouverture et la molette située sur le dos, juste à proximité du pouce permet le réglage de la vitesse. Je n’avais pas le boîtier en main depuis dix minutes que ça me semblait déjà naturel. L’ergonomie du boîtier Nikon n’est donc pas une légende… L’accès au menu est simple, en revanche le paramétrage et la personnalisation du boîtier permettent à l’utilisateur de faire de ce boîtier son boîtier, des possibilités que je n’ai vous vous en doutez pas encore exploré. Côté réactivité, l’autofocus du D3s me semble fidèle à sa légende, mais pour vous en dire plus à ce sujet, j’attends d’aller taper quelques clichés en concert (et mon petit doigt me dit que ça ne saurait tarder).

Allez ! One shot, juste pour le fun. Mode priorité ouverture, 12800 iso, 1/50ème f/4. Je regarde le jpeg brut de capteur sur mon iMac avec Photoshop CS4. Ça envoit le bois, c’est propre, c’est net et surtout il n’y a pas un pet de grain. Il me tarde déjà d’être à demain pour tester le 70-200 VRII et là, croyez-moi sur parole. Ce D3s je vais lui en faire voir de toutes les couleurs…