Voilà l’été. Une sélection de festivals qui vous ressemblent.

les festivals en bretagne
Vous sentez ? Non ? Comment ça… Non ? Ne me dites pas que vous ne sentez rien, diantre ! Ne me dites pas que tout votre corps ne sent pas frétiller ce petit truc incroyablement sexy à l’aube de l’été qui approche à grands pas, aux boules de glaces qui fondent sur les doigts, aux jolies demoiselles court vêtues qui exhibent leurs jolies gambettes (et pas que) à tout va (à ce propos, la mode été 2011 est très courte ou c’est mon regard de old fucking bastard qui veut ça ?), bref vous sentez que c’est l’été et avec l’été s’annonce la période des festivals. Aussi sûrement que vous ne mangerez pas d’huîtres dans les mois sans air, de mai à août, en Bretagne vous allez comme chaque année vous goinfrer de bons sons, déguster des concerts jusqu’à plus soif. Comme chaque année, la Bretagne est en première ligne pour faire la fête et croyez-moi sur parole, cet été vous allez en voir de toutes les couleurs (et moi avec). Et comme toujours, il faudra faire des choix, alors ne reculant devant rien, je vous ai préparé une sélection de fêtes et de festivals inratables pour cet été qui s’annonce fruité et savoureux. Mais comme ici, à Shots, on ne fait jamais rien comme les autres, je vous propose de découvrir des festivals à votre image. Parce que finalement, dans le mot festival il y a le mot fête et dans une fête, l’important c’est d’abord de se sentir bien. Alors autant choisir un festival qui vous ressemble !

Vous aimez la fête, boire des coups avec vos potes et écouter une programmation variée.

vieillescharrues2011Alors là, aucune hésitation possible. Direction le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, une fête ininterrompue de quatre jours, sur la plus jolie plaine du centre-Bretagne, Kerampuilh. Bienvenue à CharruesLand. Vous laissez vos emmerdes à la porte, vous oubliez les tracas de la vie. Vous êtes accueillis par des bénévoles souriants, il y a un camping à proximité et le matin les jeunes agriculteurs vous offrent un verre de lait. Quand le soleil darde (et c’est souvent le cas à la mi-juillet en Breizh Land), les Charrues prennent des airs de kermesse géante, un immense lieu de fête jusqu’au bout de la nuit. On y croise un ou deux Jean Floc’h, à bloc donc dès le milieu de l’après-midi, mais l’ambiance demeure toujours festive et un peu potache. On se ballade, on découvre. Ici un concert des Jeunes Charrues, là sur la scène Gwernig c’est plutôt régional. Une pause au champignon rouge pour retrouver ses potes, déguster une Coreff ou un Breizh Cola dans l’un des nombreux bars. Uniques. Les Vieilles Charrues sont définitivement uniques. Côté zique, la prog est toujours très éclectique, parce que les Charrues c’est ça, c’est comme au resto. On passe de Kaiser Chiefs à Pierre Perret, de Yannick Noah à Goran Bregovic, de David Guetta à Lou Reed. On ne vous oblige pas à tout écouter mais on vous conseille de goûter à tout, sans exclusive. D’ailleurs c’est ça qui me plaît aux Charrues. On n’est obligés de rien, gast ! Pour moi, c’est LE festival de l’été, comme une grande bouffe musicale qu’on fait avec ses amis. Et le dimanche soir, cette année, il y aura un feu d’artifice et pendant un moment on va tous redevenir des gamins émerveillés. Que vive la fête et mes potes. Et longue vie aux Vieilles Charrues !

Vous aimez ce qui vous interpelle, vous êtes curieux et vous appréciez la découverte d’une programmation musicale raffinée.

routedurock2011La Route du rock de Saint Malo est faite pour vous. Vous êtes un esthète de la musique, abonné aux Inrocks vous êtes incollable tant sur la nouvelle scène indie electro pop alternative norvégienne que sur le revival du folk rock made in USA. Ou alors plus simplement vous ne connaissez aucun des noms de la programmation 2011, même pas les têtes d’affiche, mais c’est pas pour autant que vous vous sentez l’âme d’un blaireau. Car il faut au moins reconnaître à la Route du rock ce petit prodige. Réussir chaque année à réunir le temps du festival une programmation raffinée, un genre de best of de tout ce que la fine fleur pop, rock, folk ou electro compte de meilleur. La Route, c’est la haute couture des festivals d’été en Bretagne, d’ailleurs ce n’est pas un hasard si on désigne la version estivale de “collection été”, car il y a aussi une “collection hiver”. Donc, cette année entre le Fort Saint Père, les fauteuils profonds du Palais du Grand large ou la plage, vous allez pouvoir savourer quelques perles au premier rang desquelles le duo The Kills, qui a fait du chemin depuis cette année 2004 où je les avais découverts et vous ne raterez sous aucun prétexte le set des adorables et punchy demoiselles de Electrelane, qui ont décidé finalement de reformer ce groupe où à quatre elles sont tellement meilleurs qu’une par une. Pour l’heure toute la programmation n’est pas encore dévoilée mais il se murmure déjà que les sémillants Blonde redhead seraient de la fête. Qu’importe. Vous pouvez faire confiance aux programmateurs de la Route du rock. La fête sera belle au mois d’août à Saint Malo.

Vous aimez les musiques, toutes les musiques du monde, le métissage, le soleil et la fête.

boutdumonde2011Aucun doute possible, faites vite tamponner votre passeport pour le Festival du Bout du monde. D’ailleurs, ici à Crozon, au début du monde, dans l’un des coins les plus magiques qui soit en Bretagne, l’un des plus beaux aussi, pas besoin de visa. L’équipe du festival vous accueille avec le sourire. ici l’ambiance est vraiment familiale et la qualité de l’organisation est pour beaucoup dans le succès de ce rendez-vous estival dédié à la musique, non dédié à toutes les musiques. Chaque année, le plaisir est renouvelé et l’affiche donne toujours envie. Et cette année, mazette ! Il y a encore quelques pépites dénichées aux quatre coins de la planète. On y croise Marcio Faraco ou Gaëtan Roussel, Catherine Ringer ou Ben l’oncle soul, les allumés de Gogol Bordello ou Lavilliers. Et puis Louis Chédid et Jehro et puis Susheela Raman et puis… des rencontres inouïes (au sens littéral du terme) entre I Muvrini et le Bagad de Plomodiern et ça, ça promet un énorme moment d’émotion. Ah ! Le Bout du monde… La plaine de Landaoudec où on peut se ballader pépère parce que les organisateurs ne poussent pas à la roue et veillent à ce que la jauge public demeure raisonnable, la scène Kermarrec (salut Fanch !), le buffet bio, Jacques qui file comme Buzz l’éclair backstage sur son scooter, des visages, des figures et des sourires, encore et toujours. Le Festival du Bout du monde est sans aucun doute le festival le plus attachant et aussi l’un des plus humains qui soit. Allez-y cette année, vous allez adorer !

Vous aimez les valeurs sûres, un festival à taille humaine et faire la fête.

fetedubruit2011On dit de lui qu’il est le petit festival qui monte. L’an passé j’y suis allé et j’y ai vécu des émotions musicales absolument incroyables avec, pendant deux jours, sur une scène unique, le gratin de la scène internationale, un genre de best of pop, folk, rock, reggae, le tout servi au cœur d’une ville. Cette année la bien nommée Fête du bruit dans Landerneau remet le couvert avec une affiche éclectique où les gros noms comme Simple minds, The Hives, Moby, Arno, les Ogres de Barback… (excusez du peu) côtoient des activistes qui vont foutre un feu de tous les diables, je pense à The Flogging Molly ou aux incroyables Skip the use qu’il faut absolument voir en live. Et puis côté programmation, je note aussi quelques instants de grâce comme Stromae, Asa ou Lilly Wood and the Pricks. Même les amateurs de reggae et de cigarettes qui font rire (non je plaisante les enfants ! La drogue c’est mal, comme le pastis) vont vibrer cette année avec Patrice comme l’an passé avec Steel Pulse. Bref, vous l’avez compris, la Fête du Bruit c’est mon petit chouchou et j’y serai encore cette année avec grand plaisir. Une seule scène, c’est l’assurance de voir une brochette de concerts top qualité dans une ambiance super détendue. Et une organisation aux petits soins et à l’écoute de son public. Oui, il y aura plus de toilettes cette année et oui, Jean Floc’h, on veillera au prix du demi. Des concerts de qualité, des gens heureux et un petit festival qui n’arrête pas de monter. On signe où ?

Vous êtes curieux, vous aimez la découverte, la musique, les arts numériques.

artrock2011Depuis que le Festival Art rock existe, au cœur de la ville de Saint Brieuc, il propose la découverte d’un melting pot artistique, entre arts numériques, découvertes parfois loufoques (j’ai gardé le souvenir mémorable de trous qui fument exposés dans une chapelle) et concerts magnifiques au forum de la Passerelle, au Grand ou au petit Théâtre, sur la Place Poulain Corbion et dans tous les p’tits bars de la ville. Du théâtre aussi, des happenings, les huîtres et le p’tit blanc du dimanche matin, les rencontres avec des artistes qui se baladent dans les rues. J’ai tant de souvenirs heureux à Art rock, non, mieux, je n’ai que de bons souvenirs, en fait. Que du bonheur ! Comme disait un animateur lobotomisé de la télé poubelle, mais ici, avec ce festival-là on est dans le qualitatif, le fin du fin et quand je regarde l’affiche 2011, j’ai envie de faire le mur et d’aller tirer le portrait de Bryan Ferry à Poulain Corbion ou de friser la moustache de Florent Marchet au Grand Théâtre. D’aller me promener dans les rues, découvrir les inénarrables expositions d’art numérique, désormais un grand classique du festival. Art Rock me manque. J’y ai vécu de belles émotions scéniques et c’est ici que j’ai tapé quelques clichés que je ne suis pas prêt d’oublier. Art Rock. Le festival vivant par excellence, un must, une exception culturelle. Et vous qui me lisez, allez vivre au rythme de la programmation délicate de ce festival hors-normes, au cœur d’une ville.

Voilà. Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive et il y a plein d’autres festivals à découvrir un peu partout en Bretagne durant l’été, mais ces cinq là me sont particulièrement chers. Les Vieilles Charrues à Carhaix. La Route du rock à Saint Malo. Le Bout du monde à Crozon. La Fête du Bruit dans Landerneau. Art rock à Saint Brieuc. Tous différents et tous pareils finalement, parce qu’ils n’ont qu’un but. Faire la fête et vous rendre heureux. Bons festivals à toutes et à tous !

cliquez ici pour voir le site officiel du Festival des Vieilles Charrues.
cliquez ici pour voir le site officiel du Festival de la Route du rock.
et cliquez ici pour voir le site non-officiel de la Route du Rock.
cliquez ici pour voir le site officiel du Festival du Bout du Monde.
cliquez ici pour voir le site officiel de la Fête du Bruit.
cliquez ici pour voir le site officiel du festival Art Rock.

Programmation du festival des Vieilles Charrues 2011. United colors of Kerampuilh.


Aux toutes première notes de “Walk on the wild side” impossible pour moi de réprimer un petit “Oh !” qui fait sourire mon pote Hugues qui présente la prog de la vingtième édition des Vieilles Charrues cru 2011. Lou Reed, c’est l’excellente et totale surprise de cette édition. C’est celui que je n’imaginais pas, plus précisément que je n’espérais plus. T’en veux d’la légende bébé ? En v’là et pas du petit calibre. On y reviendra. Mais avant de vous parler plus en détail de mes coups de cœur de cette édition 2011, un petit préambule. Le meilleur moyen de ne pas être déçu par une programmation, c’est de n’en n’attendre rien de particulier. J’avais entendu Francis Cabrel dire qu’aux Vieilles Charrues, le truc important c’est pas les artistes, non, le truc important c’est les Vieilles Charrues. Il avait tout pigé, le Francis. Il avait capté l’esprit de ce festival. Finalement, pour schématiser, il y a deux sortes de festivaliers aux Charrues. D’un côté il y a les festivaliers qui viennent pour la programmation, ceux-là peuplent les forums, supputent à donfe, croient à la fois au Père Noël ET aux poissons d’avril. Ils fantasment grave toute la Sainte journée sur la venue, en vrac, de U2, de AC/DC ou des Who. Ils font la gueule à l’annonce de la prog mais pour une grande majorité d’entre eux ils viendront quand même. Parce que nombre d’entre eux fait partie des festivaliers qui viennent pour le festival, pour les Charrues, pour boire un godet de Coreff (ou un pichet d’un litre si tu t’appelles Jean Floc’h) ou un Breizh Cola au bar numéro 4 et savourer cette inimitable ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les Vieilles Charrues existent d’abord grâce aux bénévoles et aux festivaliers et ce n’est pas un hasard si la thématique retenue pour les vingt ans des Charrues c’est justement les gens, tous ces gens qui font vivre et vibrer la plaine de Kerampuilh pendant quatre jours. “On fournit le son, vous apportez les couleurs !” Voilà. Tout est dit. United colors of Kerampuilh, vingtième du nom. Top départ.

Et là vous me dites, et cette année alors ? Voici mes coups de cœur, en vrac. Pas nécessairement des têtes d’affiches, même si je place Lou Reed tout en haut des concerts absolument et définitivement inratables. Lou Reed, découvert il y a un bail par hasard à la sortie de “Coney Island baby“. La claque, la révélation du rock dans toute sa grandiose splendeur. Le Velvet underground, un nom mythique, une définitive légende du rock et de la pop. J’avais pris dans la gueule, coup sur coup “Transformer“, “Rock’n roll animal” et le sublissime “Berlin” qui fait partie de mon top ten personnel des dix meilleurs albums pop rock de tous les temps, on ne plaisante pas. J’ai vu Lou Reed en live en 1975 et ce concert est resté profondément ancré dans ma mémoire. Voir Lou Reed encore une fois, ça va être un magnifique privilège de la vie. Et pouvoir le croiser dans le collimateur de mon reflex, ça va être unique et intense. Dans un autre registre, je vais enfin voir Kaiser Chiefs qui devait passer aux Charrues il y a trois ans ou quatre je ne sais plus, leur son pop rock (comme on dit sur la FM) me parle, ça va pogotter maousse et rendre le public heureux. Pareil pour Pulp, le combo porte-étendard de la pop british avec un Jarvis Cocker qu’on espère remonté à bloc. Je vais en épater plus d’un mais j’attends aussi David Guetta, je veux bien parier une Coreff avec Jean Floc’h que le set va être monstrueux, même si ça ne tape pas vraiment dans mon registre (doux euphémisme), mais après tout un peu d’easy listening ça ne fait pas de mal, comme dirait Maïté. Dans la série deux pour le prix d’un, j’ai vraiment hâte de voir ce que les p’tits gars de The Octopus nous auront préparé en ouverture du festival, scène Kerouac le vendredi. Les gagnants du tremplin des Jeunes Charrues sont aussi de véritables bêtes de scène, il faut le savoir. Un conseil, vendredi 15 juillet, soyez à l’heure, The Octopus, ça va envoyer le pâté, Hénaff ça va sans dire ! Si vous avez faim de rock, de gros son, de sueur, de bière et d’animal, avec The Octopus, vous allez être servi. Vous ne raterez pas non plus The Bellrays et la sublime Lisa Kekaula, à mi-chemin entre Aretha (Franklin) et Tina (Turner), qui avait foutu un feu d’enfer en d’autres temps à mon respectable et mythique Cabaret Vauban, avec les rescapés du MC5. Dans la série beau temps, mer calme, j’ai promis à mon pote Hugues de ne pas zapper Jack Johnson le vendredi, qui va nous ramener du soleil de sa Californie natale, ainsi que Angus & Julia Stone, dans un registre pop folkeux australien de bon aloi. Dans le genre OMNI (objet musical non identifié), j’irai décalaminer mes esgourdes sur DJ Zebra feat. le Bagad de Carhaix, gast ! Du côté du cabaret breton, rebaptisé scène Youenn Gwernig, pendant les quatres jours il y aura quelques pépites succulentes, j’ai noté Titi Robin trio ou Ibrahim Maalouf (tous les deux découverts au festival du Bout du Monde), Olli & Mood, Marchand vs Burger (salut Rodolphe ça gaze ou quoi ?), Duoud (un duo de ouds), pour ne citer qu’eux. Et dans le rôle des potes de Brest, j’irai jeter quelques unes de mes forces, s’il m’en reste, dans le set de Electric Bazar Cie et je poserai mon sac pour Siam, le groupe composé par Fanny Labiau et Bruno Leroux dont je vous recommande au passage d’écouter l’excellent premier opus intitulé “L’amour à trois“, en vente partout. What else ? Plein de bonnes choses. Difficile d’ignorer les sets d’Adam Kesher (vu à Art rock et à la Route du rock), des Hyènes qui reprennent des standards du rock pour le fun mais pas en yaourt (même s’il y a deux vrais morceaux d’ex Noir Désir dedans) ou des allumés de The Inspector Cluzo que j’avais raté au Run ar Puñs récemment. Idem pour Cold war kids ou Stromae (qu’on verra aussi à la Fête du Bruit dans Landerneau en août). En partenariat avec le Sziget festival, il y aura du (beau) monde aux Balkans avec des joyeux déjantés dont Goran Bregovic, Balkan beat box, excusez du peu. Et maintenant, on range les cannes et on passe au calibre supérieur, pour la pêche au gros.

Pas de Vieilles Charrues sans des noms capables de faire venir la foule des grands jours. Yannick Noah fait partie de ceux-là, il vient de bourrer Penfeld en attirant 10.000 spectateurs à lui tout seul. Jeu, set et match. Le samedi, ça va être chaud, d’autant que c’est aussi le jour de Supertramp et de Cypress Hill ! Idem le dimanche, puisqu’en dehors de mon cher Lou Reed, sur la même scène on va savourer PJ Harvey que j’aime beaucoup et pas seulement parce qu’elle m’a emprunté mon prénom anglais et qu’elle est vachement sexy. Non, j’aime bien son côté hardcore déjanté, son style pop rock un peu crème au beurre, limite indigeste, mais c’est tellement bon de se baffrer comme ça sans retenue, non ? Écoutez “This is love” en poussant le potar vers le haut, vous comprendrez ce que je veux dire. Le jeudi, aussi, du lourd. D’abord du rock teuton avec Scorpions, dont on nous assure qu’il s’agira là de leur dernière prestation live (celui qui a dit “bonne nouvelle !” sort immédiatement de ce blog !). Si la femme de ma vie est dans les parages quand le groupe entonnera “Still loving you“, je lui promets un slow de derrière les fagots estampillé seventies. Bon, coup sur coup on aura aussi le même jour Kaiser Chiefs (i say yeah !), Snoop dog qui paraît-il se fait désormais surnommer “Doggy style”, amis du club des poètes bonsoir, le retour de Pulp qui va vous la décoller du bulbe la pulpe, et les frenchies de service qui vont rameuter la foule des grands jours. D’un côté M’sieur Aubert (celui qui en 77 gueulait dans l’hygiaphone) et Mademoiselle Olivia “just sing” Ruiz, qu’on ne présente plus. Et pendant que j’y suis, le lendemain, M’sieur Eddy pour une dernière séance ouakenole. J’ai oublié personne ? Ah ben si ! D’abord Ben l’oncle soul, vu au Cabaret Vauban. Un garçon plein d’énergie positive, vous allez adorer et mouiller la liquette. Et Pierre Perret, aussi connu pour son zizi légendaire (celui qui amidonne la main de sa soeur) que pour des registres plus graves comme le sublime “Lili”. Je l’avais vu, l’ami Pierrot, au festival du Bout du monde, c’était somptueux, j’en connais même un qui avait pleuré.

Allez, ça c’est fait. Je vous donne rendez-vous dans trois mois et un jour sur le site des Vieilles Charrues pour faire la fête. Si vous me croisez sur le festival, vêtu de mon élégant polo brodé Shots (Hervé Le Gall est habillé par Minipop), n’hésitez pas à vous manifester (même si tu t’appelles Jean Floch et que tu es déjà à bloc), on fera une petite photo souvenir. Les annonces de la conférence de presse d’hier, à Carhaix, étaient ponctuées par un lancer de boule de bowling d’un des membres de l’équipe des Vieilles Charrues. La dernière boule fut lancée par Jean-Jacques Toux, programmateur des Vieilles Charrues. Il s’est avancé sur la piste, fébrile, sous le regard un brin goguenard des journalistes présents. D’une main assurée, la boule a glissé sur la piste… Strike ! Jean-Jacques s’est retourné, est tombé à genoux les deux poings levés, large sourire. Belle image, je trouve. Finalement l’esprit de ce festival, on y revient toujours, c’est un peu ça. Les Vieilles Charrues, c’est d’abord l’histoire d’une bande de potes qui sont là pour se marrer. Alors ? Vous êtes prêts ou quoi ? N’oubliez pas. Cet été à Carhaix il y aura du gros son. Je compte sur vous pour nous en faire voir de toutes les couleurs !

La Route du rock 2009. Le meilleur de la prog vue par Polly, érudit pop.

festival-la-route-du-rock-2009
Polly (Pauline dans le civil) a 22 ans. Musicienne (elle tient la guitare-voix dans le groupe Daughters of Albion), animatrice radio d’une émission de référence sur la pop (Pop sessions sur Radio U), Polly connaît le monde de la pop sur le bout de ses dix doigts. Elle collabore, entre autres, à Cinquième nuit pour qui elle a déjà signé les reviews de la Route du Rock ainsi que pour le site Pop news en partenariat avec des labels (dont Beggars) et a, à son actif, quelques interviews de groupes (en anglais dans le texte), dont Yo la tengo, Camera obscura, …

Bon alors, Polly, qu’est-ce qu’elle a de spécial, en résumé, selon toi cette collection #19 été de la Route du Rock 2009 ? On a l’impression qu’ils ont commis l’affiche parfaite cette année, c’est aussi ton sentiment ?
Oui, j’ai vraiment ce sentiment, surtout après les impressions mitigées sur la programmation de l’été dernier. Cette année la prog est éclectique et pointue, et on peut déjà deviner un bon nombre de concerts anthologiques…

Le vendredi 14 août, le point d’orgue est My bloody Valentine au Fort Saint Père, j’ai aussi repéré Marissa Nadler au Palais Sony Ericsson ? Tu me conseilles quoi ce jour-là ?
Comme tout le monde, j’espère que My Bloody Valentine sera à la hauteur de sa légende ! Ce concert va forcément être le moment fort de cette journée, il devrait être très fédérateur et provoquer l’euphorie au Fort. Et il sera très bien amené par d’excellents concerts dans la journée ! Je conseille d’aller faire un tour au Palais pour aller écouter Marissa Nadler, personnellement, j’adore les concerts de l’après-midi, ça regorge de belles découvertes ! Et puis au Fort, je conseille fortement de jeter une oreille très attentive à Crystal Stilts, un groupe plus que prometteur qui fait partie de la scène très hype du renouveau du garage pop à Brooklyn ! Et bien sûr, il ne faudra pas rater Deerhunter, qui avait annulé à la Route du rock hiver, qui a été la sensation indie de l’année dernière! Et c’est plus que justifié… [Lire plus...]

Pourquoi (finalement) j’ai choisi EOS 5D Mark II.

canon-objectifs-shots
C’est décidé. Finalement, mon prochain boîtier sera un EOS 5D Mark II. Après mûre réflexion, tergiversations, détours, observation des produits concurrents, je décide de rester fidèle à la marque Canon avec laquelle je poursuis mon chemin de photographe depuis 1975. Le premier paramètre qui motive ma décision, c’est la qualité de mes optiques. Comme photographe de concert, j’ai deux options. Soit je shoote dans des salles à taille réduite (des jauges 500 et moins) comme le Vauban, le Run ar Puñs et dans ce cas je suis collé à la scène. Ou bien je suis dans une fosse, en recul par rapport à la scène, c’est le cas dans une salle comme la Carène et, bien sûr, c’est le cas dans des festivals comme les Vieilles Charrues, la Route du rock, Art rock, … Première option, je travaille avec mon 16-35, que j’avais initialement acheté en prévision d’un capteur fullframe. Il me tarde de le monter sur mon nouveau boîtier pour voir comment ce caillou s’exprime sur un plein format. Seconde option, je monte mon 70-200, dont je n’hésite pas à dire qu’il est l’un des meilleurs objectifs que j’ai jamais eu entre les mains. Je dois avouer que la perspective de ne plus l’utiliser me terrifait et que c’est en grande partie pour lui (et à cause de lui) que je suis resté chez les rouges. En revanche, paradoxalement j’appréhende un peu le capteur fullframe, dans des fosses comme à Kerampuihl et la perte du coefficient 1,6 bien pratique dans ce cas de figure précis. Pour compenser, je me dis que je pourrai toujours monter mon extender, gagner un coefficient de 1,4 et perdre deux diaphs, tout en montant à 3200 iso sans grain. Là aussi, côté sensibilité, je demande à voir, et le 5D Mark II a intérêt d’étaler (sinon on va pas être copain…). Autre élément, mineur pour beaucoup de photographes mais (très) important pour moi, le viseur du 5D Mark II affiche 98% de l’image, et donc du cadrage, un paramètre déterminant lors de la prise de vue. Et puis il y a, évidemment, ma connaissance de l’environnement Canon. Avec un 5D Mark II entre les mains, pas besoin de me faire un dessin ou une formation, même accélérée rapide. Je loge une carte (ce sera une Sandisk Extreme III de 16Go) et je fais des photos. Mais ne vous méprenez pas, comme je l’ai écrit ici, la mariée est nettement moins belle que ce que j’avais imaginé. Je zappe certains points noirs, je pense au mode rafale minable, concernant l’autofocus 9 points on fera avec et je ne vous parle même pas du mode vidéo. A ce propos, mes explorations du côté de Nikon n’auront pas été vaines. Il semble que la marque jaune s’intéresse aussi de près à l’implémentation d’un mode vidéo sur ces boîtiers… À l’avenir, donc, que ça nous plaise ou pas, il semble bien qu’on n’échappera pas à la présence de la vidéo sur nos boîtiers reflex. Tiens justement, de Nikon, parlons-en… [Lire plus...]

Run ar Puñs, La Carène, Espace Vauban. Le best of programmation.

abd-al-malik-art-rock-2007
Avec cinq concerts recommandés sur six dates programmées, le Run ar Puñs prouve encore une fois (mais au fond hein ? Etait-ce bien nécessaire de le rappeler ?) la pertinence de ses choix musicaux. C’est donc par le Run que je vais commencer ce tour d’horizon des concerts à venir, d’avril à juin. Le 11 avril, je vous interdis de rater la presta de Stuck in the Sound, probablement ce qui se fait de mieux en matière de rock estampillé french touch. Si vous aimez les ambiances torrides qui collent sous les aisselles et qui sentent les effluves de Grimbergen, avec des filles en débardeur qui pogottent dans une fosse grande comme un mouchoir de poche, alors Stuck au Run (ça sonne bien non ? On dirait le nom d’un groupe de rock…) c’est fait pour vous. Dans un autre style, tout aussi efficace, Julien Lourau et Jeff Sharel vont illuminer le Run ar Puñs. Lourau, c’est à chaque fois sublime et différent. Et puis on va aussi savourer Antony Joseph and the Spasm Band, et Meï Teï Sho, bref que du bon au Run ar Puñs. Il faudra me donner la recette pour concocter des affiches comme celle du Run ar Puñs : un soupçon de talent, un zeste de passion, puis agiter le tout pendant trente ans dans un chaudron magique.

Du côté de Brest, à la Carène, j’ai noté sur mes tablettes de vous parler de Ghinzu (le 4 avril) qui est à la Belgique ce que Stuck in the sound est à la France. La dernière fois c’était au Vauban en 2004, et c’était un set de folie. Le 10 avril la nuit Zébrée de Radio Nova propose sur un joli plateau d’argent (entre autres) Meï Teï Sho et Piers Faccini, qui est à lui seul un magicien de la note. A découvrir absolument si vous ne connaissez pas ce songwriter d’exception. Le 24 avril, Festival Les Femmes s’en mêlent avec les filles de An experiment on a bird in the air pump un nom à rallonge pour un combo british rock neo punk qui envoit le bois. Ca va donner ! Quant aux suédoises de Those dancing days, elles servent un pop touchy et acidulée du meilleur cru, bon ! D’accord, accessoirement elles sont super jolies. A voir, donc, sans l’ombre d’une hésitation ! Dans la série poids lourd, vous irez voir Thomas Fersen (le 29 avril), Joseph Racaille (le 6 mai), les inénarrables Wampas, salut Didier ! (le 16 mai). A ne surtout pas zapper, la presta de Mon automatique, un groupe de Brest que j’aime bien, avec un chanteur inspiré, charismatique, un brin lunaire. Chaque fois que je les ai vus c’était bien. Last, but not least, Abd Al Malik vient poser ses mots et son tempo le 5 juin, pour les amateurs de mix slam and rap.

A l’Espace Vauban on s’en prépare de belles aussi. Le 2 avril, je vais aller voir Herman Düne, un concert inévitable. J’en parle en connaissance de cause, pour moi ça sera la quatrième fois et c’est toujours aussi bien. Le 16 avril, je suis curieux de voir ce que va donner la soirée Ballake Sissoko et Thee Stranded Horse (ce dernier vu à la Route du rock), mais non intuition m’ordonne d’y aller, tant ça sent le putain de concert programmé ! Le 1er mai je vais aller mater Dig up Elvis, avec un vrai morceau de nouvelle star dedans (Julien Doré) et le lendemain je vais sans doute devoir zapper Murray Head parce que le samedi c’est aussi sûrement Run ar Puñs (et Julien Lourau) que le lundi c’est ravioli. Le 7 mai je suis au Vauban pour Charlie Winston, l’homme qui vend ses places de concert plus vite que son ombre. C’est donc complet. Et le 14 mai, un petit air de pop folk avec La Casa. Je les avais raté au Run ar Puñs, je ne vais pas refaire deux fois la même erreur au Vauban.

Et puis de juin à juillet, il n’y a qu’un pas, que je vais franchir, gai comme un pinson, heureux comme un gamin à la seule perspective de retrouver Kerampuilh, CharruesLand et quatre jours de concerts, pour un Festival des Vieilles Charrues qui s’annonce comme l’un des plus beaux que j’ai jamais vécu. Let the music play !

• cliché : Abd Al Malik au festival Art Rock en 2007
• retrouvez les programmations intégrales sur les sites du Run Ar Puñs, de la Carène, de l’Espace Vauban.

Scoop ! Federico Pellegrini (French Cowboy) en ouverture de Jonathan Richman au Vauban !

Hier soir, en quittant l’Espace Vauban, après le concert des Animals and friends feat. John Steele, j’ai croisé Federico Pellegrini, attablé et finissant son dîner. Le chanteur leader des French Cowboy fait partie de ces gens rares qui m’ont ébloui plusieurs fois de suite en concert, une fois à la Carène et une fois à la Route du rock (avec les French Cowboy), sans compter les participations en temps que Baby Face Nelson avec la délicieuse Helena Noguerra ou avec les Little rabbits. Donc, j’ai obliqué ma route pour aller lui serrer la paluche et lui dire les quelques banalités d’usage qu’une rencontre comme celle-là peut provoquer, dont un “j’aime beaucoup c’que vous faites, bla bla bla” très inspiré. Federico, toujours aussi cool, me dit qu’il est là parce que… peut-être… qu’il pourrait faire une apparition en ouverture du concert de Jonathan Richman jeudi soir au Vauban, ce qui à mes yeux constituerait la meilleure nouvelle de la semaine et une magnifique cerise sur le gâteau.

Une nouvelle confirmée ce matin, yeah ! Donc à noter sur vos tablettes, concert surprise de Federico Pellegrini jeudi 19 mars 2009 au Vauban à 19:30 en ouverture de Jonathan Richman dans le cadre du Festival Invisible. Life is so beautiful.

• cadeau bonux : une video french cowboy à la route du rock Saint Malo
• voir les photos du concert de French Cowboy à la Carène de Brest et à la Route du rock Saint Malo sur Cinquième nuit.

Festival Art Rock 2009, nous allions vers les beaux jours.

festival-art-rock-2009
Art Rock
vient d’annoncer sa programmation. Le festival au coeur de Saint Brieuc propose cette année une affiche équilibrée mêlant à la fois des têtes d’affiche, parmi lesquels Bloc Party ou Tricky, une carte blanche à Cirkus feat. Neneh Cherry (que j’avais photographié il y a trois ans et que je dois shooter à la Carène de Brest dans une dizaine de jours), le retour de valeurs sûres comme Maximö Park (vus à la Route du Rock en 2005) ou The Kooks (aux Charrues l’an passé). On notera aussi les furieux de Birdy nam nam qui vont mettre le feu ou des groupes dans la vibe comme Cold war kids, des artistes dans le buzz comme Charlie Winston (qui a remplit le Vauban à la vitesse supersonique) ou la québécoise Pascale Picard et le duo The Ting Tings vus l’an passé à la Route du rock. Last but not least, je ne peux pas passer sous silence la venue des brestois de Mon automatique, dont le presta aux Charrues en 2007 avait marqué tous les esprits à commencer par le mien. Et puis (et c’est presque un regret car je ne suis jamais à Art rock ce jour là), il ne faudra pas rater les concerts de la Passerelle, le jeudi en ouverture, avec deux sets incontournables, The Dodoz et les excellents Stuck in the sound.

Une affiche équilibrée, donc, qui fait la part belle aux découvertes, trois jours de musique et de concerts qui vont attirer à Saint Brieuc des publics éclectiques, électro, pop rock, chansons, avec quelques poids lourds et des nouveautés. Sans oublier les expos Numéri Art un peu partout dans la ville, avec quelques trouvailles incontournables, comme chaque année. Des écrans qui parlent, des animations qui bougent et des trous qui fument.

Bref, pour le festival Artrock aussi, nous allons vers les beaux jours…

Jeudi 28 mai 2009 : Sammy Decoster, The Dodoz, Stuck in the sound, Naïve new beaters.
Vendredi 29 mai 2009 : The Kooks, Birdy nam nam, Cold war kids, Get well soon, Mon automatique, Cage the elephant…
Samedi 30 mai 2009 : I’m from Barcelona, Charlie Winston, Pascale Picard, Tricky, Ebony Bones, Coming soon, Laxula, Success, Gablé…
Dimanche 31 mai 2009 : Carte blanche à Cirkus et Neneh Cherry, Anaïs, The Ting tings, Bloc Party, Maximo Park, Radio Moscow, …

retrouvez les photos des éditions 2004 à 2008 d’Art Rock sur Cinquième nuit.
site officiel du festival Art Rock

Rock en stock. Les aventures de Ting tings et Mouloud à Saint Malo.

French cowboy la route du rock 2008 saint malo
Saint Malo, ses remparts, ses touristes, son festival rock à la mi-août. Tu parles d’une idée à la con, d’organiser un festival de musiques, qui plus est de pop rock électro indé, en pleine saison touristique, justement quand il y a un max de monde dans la cité corsaire. N’empêche. Cette année, plus que jamais, je sentais l’impérieuse nécessité d’être présent là-bas, juste pour dire, avec les quelques milliers d’autres, on est là et il est hors de question que ce festival s’arrête. Saint Malo le 15 août. Ouais, c’est une une idée à la con, la ville est noire de touristes, d’allemands en short, d’anglaises en rose fluo, violet et vert chou. Saint Malo en été, c’est un outrage permanent et la police du bon goût est sur les dents. Premier bordel, j’arrive en train, ben ouais, Brest-Saint Malo, dix euro allez-retour en TER (à ce propos, merci Jean-Yves), ma moitié de comptable a vite fait le calcul. Arrivée à Saint Malo city, mon pass est au fort Saint Père, pour shooter les premiers concerts au Palais et à la plage sans le sésame, c’est chaud cacao. Alors pour les Dodos au Palais ou (Sainte) Nina Nastasia à la Plage, je bénis les gens d’Arka de se souvenir de ma tronche, d’année en année. Ensuite, puisqu’on en est au chapitre bénédictions, je remercie ma mère de m’avoir fait grand, large, lourd, épais, pas autant que Chabal mais pas loin, pour affronter la queue de la navette qui m’emmènera au Fort, une épreuve qui ressemble à Fort Boyard, mais sans le Père Fouras. L’absence d’organisation des navettes fait vraiment tâche pendant la Route et les festivaliers les plus avinés foutent un boxon d’enfer. Là encore, mon salut viendra d’un chauffeur compréhensif ou du gars de sécu Arka. Au Fort, tu es dans le Saint des saints, là où commence l’Aventure de la Route. Pas un coin pour se poser, ici tu bouffes de la zique et tu bois de la bière jusqu’à plus soif, à deux euro cinquante pièce. Perso, je carbure à la flotte et ça, c’est gratos. Backstage, tu montes vers le point presse, là où se déroulent les conf’ du même nom. C’est joliment décoré, cette année il y a un bar à vins qui dispose d’une vitrine réfrigérée Coca Cola qui ne vend que du vin et du champagne. Sur le point presse, je retrouve des têtes connues, un photographe de rock qui vient de sortir ses mémoires, le chanteur de Foals, un vieux canapé en cuir dans lequel je vais m’endormir et zapper le début du concert de Tindersticks, comme si mon corps voulait oublier que j’ai couvert plus de cent concerts cet été. La voix mélodieuse de Charles Mouloud me sort de ma torpeur et me rappelle à mes devoirs. Je dévale la pente quatre à quatre pour aller shooter des restes de Tindersticks à partir du public et les deux frangines Kim et Kelley Deal de The Breeders dans la foulée. Une ex-bassiste de Pixies, un album produit par Steve Albini, un hit dans les années 90 (“Canonball“) et tout le monde se pâme. De mon côté, je vois juste deux nanas rigolardes, comme étonnées d’être encore en vie après tout ce bordel. Les gifles c’est prévu pour le lendemain. Coup sur coups. Bowerdirds, une guitare, un accordéon tenu par une brunette en jupette, ça fait au moins trois bonnes raisons de tendre le zoom. Micah P. Hinson, aussi talentueux que décalé (c’est lui qui avait refusé de venir jouer en France à l’époque des attentats). Enfin, Why ? Au Fort Saint Père, lyrique et somptueux, malgré un air de déjà vu. Je croise Julien, le chanteur énervé d’Adam Kesher, je lui dis tout le bien que j’ai pensé de leur presta à L’Omnibus l’an passé et mon désarroi après le set caca-cata d’Art Rock. J’ai cru que la fille de la maison de disques qui accompagnait le groupe allait nous faire une rupture d’anévrisme. Dans ce milieu, tu encenses ou tu fermes sa gueule. Bref, j’ai zappé Adam Kesher ce soir-là et j’ai bien fait. Le son était pourrave, dixit Charles Mouloud qui a de grandes oreilles. Ah ! Et sinon, il y avait Sigur Ros. Il fut de bon ton de s’extasier, comme on le fit pour Arcade Fire l’an passé. Ne vous en déplaise, les deux relèvent de la même arnaque médiatico-visuelle. De la merde avec des plumes autour, pour faire joli. Le lendemain, c’en était déjà presque fini. Sur le fort j’ai vu une fille qui ressemblait à Laetitia Shériff, tellement que c’était elle. Au Palais, j’ai repensé à Nina Nastasia qui chantait Stormy weather sur la plage inondée de soleil et de cris d’enfants qui jouaient dans l’eau et c’était drôlement beau. J’ai vu passer Phosphorescent, un mec seul avec sa guitare, j’ai vu un groupe se rétamer avec un son plus pourri qu’à la fête communale du lancer de bigorneaux de Ploudal’ et des gens quitter la salle en grognant. Heureusement, au Fort, il y a eu Menomena et devant le bar à vins on a discutaillé avec Jérôme, Charles Mouloud et mes potes photographes. On a reparlé des Charrues et de Dada Ho et chacun y est allé de ses souvenirs d’anciens combattants (“moi, Muse en 2004, j’y étais nom de Dieu !“). En bas, j’ai vu les French cowboy poser, hilares pour un photographe et communier, enlacés avant d’aller au charbon, c’était bien cool, même si le son était un peu merdouilleux. Après Girls in Hawaï, aussi mou du genou qu’une demi molle carte vermeil, j’ai commencé à saluer mes potes. J’ai retrouvé Charles Mouloud, pas loin du stand qui affirme sans ambages “je sony ericsson la route du rock”, la cagoule offerte par le petit neveu du cousin du commandant Marcos vissée sur la tronche, expliquant le concept avec force détails à une petite minette à gros seins newlook, sous le charme. Non loin de Mouloud, Ting tings essayait vainement de nous refiler son rock en stock. Petite robe écossaise proprette sur leggins noirs, Katie White, blondinette péroxydée a bien du mal à me vendre sa came, malgré les aboiements extatiques d’un Mouloud en rut. Je shoote, mais sans conviction. La donzelle est un vrai Canada dry, elle a l’aspect de Karen O. (Yeah yeah Yeahs), la couleur de Debbie Harris (Blondie), les formes de Kazu (Blonde Redhead), un batteur qui cogne, mais bordel ! On n’y croit pas une seconde, on n’a qu’une envie, renvoyer cette fille à ses chères études, direction Rock Academy première année pour réapprendre tous les putains de fondamentaux qui forgent un bon, un vrai groupe de fucking rock’n roll. Allez ! Song is over. Il était écrit que la route du rock ne débanderait pas comme ça, juste pour une question de monnaie. Même le ciel fut clément, avec quelques gouttes le premier soir, l’occasion rêvée de sortir les Jeantex, Guy Cotten et de tester la Rainsleeve pour couvrir le boîtier. Il y aura deux nouvelles éditions de la Route, hiver et été. Si je reviens, cette fois, je jure que je ne raterai pas une halte chez Pinpain de la Gare et sa grande frite mayo à un euro cinquante. J’irai me promener sur le sillon, le casque de mon iPod scotché à es oreilles et je me ferai un revival seventies avec Abba (ou pas). Je n’aurai pas assez de mes deux bras pour enlacer mon Mouloud et mon Chouchou à moi que j’ai, de mes deux oreilles pour absorber les sons et cette putain de vibe unique, propre à cette route du rock. Last but not least, j’astiquerai mon oeil gauche, et je caresserai mon déclencheur de mon index masturbatoire, comme disait ce cher Henri. Till next year. La route du rock is still alive.

• photo (inédite) : French cowboy en pose avant sa montée en scène à la route du rock 2008.

Sur la route du rock 2008 à Saint Malo. Encore !

la route du rock saint malo 2008
Radical, impertinent, à la limite de l’insolence. A l’image du coq qui continue de chanter les deux pieds dans le purin, la Route du rock continue d’envoyer le son, encore et encore. Pas vraiment un râle d’agonie, ni même le chant du cygne. Pop is not dead, c’est écrit partout et il suffit d’y croire. Je fais partie de ceux-là, ceux qui y croient, alors malgré un été de festivals au calendrier bien charrette – Art rock, Vieilles Charrues, Bout du monde, excusez du peu… – on a tous signé pour la Route, direction Saint Malo, mon EOS, ma grosse fatigue et moi. Pas une affiche de folie, mais ça, hein ? On s’en fout ! Cette année, il fallait y être, juste pour dire aux gens qui organisent ce festival qu’on est là et qu’on les soutient. Alors comme toujours (et c’est particulièrement vrai à la Route du Rock), j’ai vu des choses sublimes que je connaissais déjà, des gens épatants dont j’ignorais jusqu’à l’existence même et puis j’ai vu des concerts dont je me serais bien passé. Au rayon sublime et déjà vu, j’ai vu, revu Nina Nastasia sur une belle plage, au soleil d’été, coquillages et crustacés. No comment, juste le pur feeling, l’émotion intacte. Why ? Qui a confirmé tout le bien que je pense de ce groupe savouré déjà l’an passé, French cowboys, toujours divins malgré un son proche de la cata. Un mauvais ingé son, ça vous fout un concert par terre ou ça le rend inaudible (voire les deux), et ce ne sont pas les Windsor for the derby qui me contrediront. Dans la série découvertes, The Dodos, un set énergique et sincère, Tindersticks aussi talentueux que légendaire, Micah P. Hinson éblouissant et décalé, Bowerbirds un duo raffraichissant, mélodique et souriant. Et aussi Phosphoresent, un mec à la guitare qui assure à lui seul comme un groupe entier. J’ai revu The Do pour la quatrième fois de l’année en mode off, j’ai (mal) supporté le set hilare des deux frangines de the Breeders, je n’ai pas adhéré au show tragi-cosmique des islandais de Sigur Ros. J’ai zappé les débuts de nuit, grosse fatigue oblige, je n’ai donc pas pu vérifier si le concert calamiteux d’Adam Kesher à Art Rock était un incident de parcours, alors que leur presta à la Route hiver à l’Omnibus avait été carrément dantesque. La pop gnian-gnian et sucrée des belges de Girls in Hawaï ne m’a pas convaincu (la prochaine fois mettez-moi un peu plus de girls et un peu moins d’Hawaï), en revanche, la petite blondinette en jupette écossaise de Ting tings m’a pulvérisé l’oeil, comme Kazu de Blonde Redhead, le talent en moins. Sinon, comme d’hab’ la Route c’était l’occase de retrouver des visages connus (j’ai croisé Laetitia Sheriff dans le public et j’ai même vu François Audrain de loin), de savourer le bordel ambiant des navettes, de tailler la bavette entre chaque concert au fort Saint Père avec Fred et quelques autres potes photographes croisés une fois par an ici à Saint Malo, des gens animés par une même envie de soutenir un festival raffiné et attachant. J’ai aussi croisé Charles Mouloud, en tenue de combat, parachuté sur le Fort pour y porter la bonne parole déconnante. Comme toujours, cette Route aurait été moins agréable sans le soutien de Jérôme et du staff de bénévoles. Enfin ! La bonne nouvelle est tombée dimanche, par la voix de François Floret, qui a confirmé l’édition de la Route du rock 2009 (hiver et été). On y sera.

• les photos de la Route du rock 2008 bientôt sur Cinquième nuit.

Faites du bruit pour le festival de la Route du rock 2008 !

shots soutient le festival de la route ru rock 2008
On a reçu cette carte vendredi, au courrier. Un amoncellement de logos Route du rock, avec une litanie de dates, le tout sur fond jaune, le genre de truc qui fait froid dans le dos. Et puis, surtout, le slogan du festival la Route du Rock, un slogan affirmatif depuis toutes ces années qui devient subitement interrogatif, pathétique même : Pop is not dead ? Au verso, les organisateurs expliquent avec des mots simples la réalité de la crise que les festivals traversent aujourd’hui.

Le marché du disque, piraté à outrance, se meurt lentement. Les artistes, qui ne peuvent plus compter sur une rémunération via le disque se tournent désormais vers la scène. Paradoxe, le spectacle vivant ne s’est jamais aussi bien porté mais les cachets, eux – qualifiés par les organisateurs eux-mêmes de “surréalistes” – explosent. Qu’on ajoute à celà la concurrence entre les festivals (aussi bien européenne que mondiale) et l’on comprend mieux la flambée des prix et le malaise plus que palpable.

La Route du Rock a toujours été un festival indépendant, avec une ligne éditoriale qui lui est propre, une cohérence artistique parfois radicale mais une esthétique remarquable pour ne pas dire exemplaire. Tout cela a un prix. Les déficits accumulés au fil des ans – 200.000 € – rendent la situation de plus en plus ingérable.A tel point que les deux éditions de la Route 2008 (du 22 au 24 février pour la collection hiver, du 14 au 16 août pour la collection été) pourraient bien être les dernières.

C’est connu, il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. Des solutions qui passent par la contribution, le don, la souscription. Si comme moi vous souhaitez voir vivre la Route du Rock – mais cela pourrait aussi à terme toucher tous les festivals pour lesquels j’ai un attachement sincère – c’est simple. D’abord, sortez votre carnet de chèque et signez un formulaire à l’ordre de Rock Tympans. Ensuite, parlez-en autour de vous, à vos proches à vos amis.

S’il vous plaît. Faites du bruit pour la Route du rock !

• envoyez votre chèque à : Rock Tympans 4, Mail François Mitterand 35000 Rennes

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes