Courchevel. J’ai mille raisons de détester Florent Marchet.

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Au moment où je commence à poser mes mots, avec l’ambition démesurée d’écrire une review sur le nouvel album de Florent Marchet, alors que dehors le soleil darde sur Brest (dans ta gueule Barbara) et que j’en aurais presque honte pour mes amis parisiens qui sont sous la neige (comme ceux de Courchevel où par ailleurs je dois noter que je n’ai aucun ami), même si on se pèle le bout du nez, alors que mon Nabaztag, programmé par mes soins pour débiter des inepties de manière totalement aléatoire me rappelle à l’instant “qu’une tartiflette ça ne se refuse pas“, je réalise que ça fait un bail que je n’ai pas écrit une review bien sentie sur un album de musique. Bon, d’accord. À ma décharge, je dois à la vérité de dire que je n’ai rien vu passer de bien folichon cette année, si je compte bien. Sur mon iPod, le top est toujours squatté par le même gang de frenchies, Miossec, Daho, François Audrain, Eiffel et quelques vieilleries old fucking style, de Creedence aux Who en passant par Muse ou un revival pop autour du Floyd. Et puis il y a le cas Florent Marchet et ses deux premiers albums inusables, j’allais dire inoxydables. J’avais pris “Gargilesse” comme une magistrale claque dans la gueule, déjà, à l’époque. J’avais été subjugué par la qualité des textes et j’avais immédiatement détesté ce garçon, qui, non content d’avoir une qualité d’écriture et de mélodies éblouissante, avait en plus la gueule de l’emploi, comprendre cette gueule d’ange qui fait fondre les filles et énerve les garçons. J’avais écouté “Le terrain de sport”, je m’y étais salement retrouvé, trait pour trait. C’était décidé. Florent Marchet ne serait jamais mon ami. Comme Miossec ou François Audrain ? Oui, si vous voulez, mais ne nous éloignons pas du sujet initial, le nouvel album de Florent Marchet : “Courchevel“.

À vrai dire, j’ai découvert Florent Marchet un peu par hasard, grâce à la femme de ma vie, grande découvreuse de raretés devant l’éternel. J’avais donc écouté “Gargilesse”, j’avais suivi la bouche ouverte de béatitude le parcours du petit Florent, j’avais été éberlué par le cynisme des mots. Des titres comme “Levallois”, “Je n’ai pensé qu’à moi”, “Je m’en tire pas mal” (avec Mio en brestois deluxe) m’avaient singulièrement titillé le tympan, sans parler du “terrain de sport” qui m’avait définitivement convaincu que j’avais découvert, grâce à ma moitié, une grande plume de la chanson française comme on dit dans Telerama. Alors, quand le second opus est arrivé dans les bacs, j’ai vraiment eu peur, pas tellement pour moi, non plutôt pour lui. Peur qu’il se soit vautré, peur d’un second album facile qui ne confirmerait pas tout le bien que je pensais de ce garçon et qui m’aurait permis de le ranger aux oubliettes, que c’en serait fini de Florent Marchet, bon débarras, à qui le tour ? Et vint donc “Rio Baril” qui raconte comme une genèse l’histoire du petit Florent qui tuerait volontiers son père, qui admire sa mère autant qu’elle l’insupporte, qui croise des femmes sans trop les voir. La litanie de la vie quoi, comme cette audacieuse et inoubliable lecture de la posologie d’un médicament dans “Les cachets” mon titre préféré allez savoir pourquoi. J’avais pris “Gargilesse” comme une gifle aller-simple, “Rio Baril” était un retour bien appuyé. Saleté !

Comment Florent Marchet pouvait-il prétendre remettre le couvert, pour un troisième album, après tout ça ? J’ai logé les titres de Courchevel sur mon iPod et j’ai écouté l’album dans les pires conditions qui soient. En travaillant. Dès le début on est pris dans le petit monde de Florent Marchet qui nous raconte ses petites histoires. J’ai posé le stylo, je me suis avachi dans mon fauteuil, captivé, prisonnier du sort, en n’ayant pas le moindre doute. La voix, le tempo, les mélodies, les arrangements avec ces cuivres qui viennent de loin, aucun doute possible c’est du Marchet cent pour cent pur Cru bourgeois et dès les premiers titres, je sens que le gars Florent va me la jouer sur l’air du revenez-y sans qu’à aucun moment ça ne sente le déjà vu. Il y va de ses anecdotes qui ressemblent parfois à du Néry comme dans “L’idole” et rebondit sur des morceaux dont on sait qu’ils vont devenir des standards, comme le joyeux “Benjamin” ou “L’eau de rose” qui reprend des thèmes chers au coeur de Marchet, la trentaine et le temps qui passe, les portes qui se ferment plus qu’elles ne s’ouvrent. Et pour ce qui est du featuring classieux, dans cet album c’est Jane Birkin qui vient poser sa voix bouleversante, pleine de fêlures, de grâce et de fragilité sur “Roissy”, un duo beau, dramatique et lyrique, presque surréaliste. On est à peine à la moitié de l’album et je sais déjà que j’ai de bonnes raisons de détester Florent Marchet encore un peu plus. Le reste, tout le reste est à l’avenant. Ce garçon n’est jamais où on l’attend, capable d’écrire sur la solitude de la vie dans une bluette sautillante (“La charette”) avant d’asséner une mélodie définitive et des mots d’une poésie implacable sur le, comment dire ? Sublime, oui c’est ça, sur le sublime “Narbonne plage” qui me percute la tête comme l’avait fait “Le terrain de sport” en d’autre temps. Une suite de polaroids, une chanson comme un film, des images qui défilent et finalement un dénouement dramatique, une conclusion cynique à souhait. Voilà, c’est presque fini. Florent Marchet conclut par un “Qui je suis” où on espère des réponses et dans une ultime pirouette, à laquelle le gars nous a habitué, on obtient seulement un sibyllin “qui je suis ? Dis moi qui je suis ?” Bitch !

Je suis sorti de mon écoute bouleversé, chamboulé, une fois de plus Florent Marchet réussit l’exploit rare de me livrer un troisième pur album, vous savez ? De ces albums dont on se dit que finalement il n’y a rien à jeter. Il y a quelques années, j’avais croisé Florent et je lui avais dit à quel point j’étais client de sa petite entreprise. Je n’aurais pas dû. Il n’y a rien de bon, au fond, à les encourager. Non, il vaut bien mieux regarder passer Florent Marchet et accessoirement, chaque fois que l’occasion se présente, acheter ses albums. En vérité je vous le dis. Il faut acheter la musique de Florent Marchet. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Parce que j’aime bien ses petites histoires, sa façon de les raconter, la qualité de ses mots, sans même évoquer la mise en musique qui me happe. C’est ça. J’ai mille raisons de détester Florent Marchet et au moins une bonne raison de l’aimer. Ce mec me fait du bien.

cliché (inédit) : Florent Marchet aux Vieilles Charrues en 2005.

Nikon 24-120 f4. Une optique indispensable. Même à 24.

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Il est comment à 24 ?” Je dois à la vérité de dire que je n’ai pas compris tout de suite la question parce que je ne suis pas un habitué de la gamme et de l’historique de Nikon, mais il se trouve qu’avant que Nikon n’ait la brillante idée de nous pondre ce zoom trans standard, la marque jaune avait commis un 24-85 qui ne donna pas en son temps, si j’ai bien compris l’histoire, toute la satisfaction qu’on est en droit d’attendre d’une optique signée Nikon. D’où cette question émanant d’un utilisateur de la marque, il est comment à 24mm ? Le bon feeling que j’avais sur cette optique, dès son lancement, était un peu comme un coup de poker. Dès l’annonce du 24-120, ma première réaction a été de me dire que Nikon est allé au bout du rêve, c’est à dire de pousser le bouchon jusqu’à 120, là où Canon avait prudemment choisi de s’arrêter à 105. Et ça, ce choix là de monter un poil de plus en focale (oui, je confirme, quinze millimètres ç’est énorme), c’est le coup de génie qui confère à cette optique une qualité qui n’a aucun équivalent sur le marché.

Donc, après m’être fait interpeller ici-même par un lecteur de Shots, j’ai tendu l’oreille (enfin l’œil je veux dire) et je suis allé taper quelques clichés, en concert, à focale 24, quasi pleine ouverture (entre f4 et f5), sur le Nikon D700 (putain de boîtier !), histoire de vérifier si un quelconque défaut apparaît à l’image, ou pas. À l’occasion du set de Dominic Sonic et des virulents détenteurs du tremplin des Jeunes Charrues 2010 The Octopus, chez moi au Cabaret Vauban, j’ai eu l’occasion de remettre le couvert avec ces putains de concerts qui sentent la bière, le vieux Rexona usagé, le t-shirt humide et l’animal, collé à la scène pour taper quelques images 100% ouakenole dans des positions acrobatiques qui ne sont plus de mon âge ma bonne dame et tout ce joyeux bordel, la poignée dans le coin, plein pot à 24mm et en fullframe s’il vous plaît. Et là, mes aïeux, croyez-le ou pas, mais j’ai vécu un bonheur, une sensation de plaisir, une ouache pas possible. Un truc, une vision, un champ d’ouverture monstrueux, le feeling retrouvé comme au bon vieux temps du F1 avec une optique FD 24. Seule différence, ici l’ouverture est à f4, ce qui ne manquera pas de faire hurler mon ami David Grimbert (entre autres) pour qui une optique au delà de f1,4 c’est une hérésie… Ici je vous parle bien de f4 et l’image renvoyée par le viseur du D700, un viseur qui n’est pas à 100% se plairont à rappeler quelques pisse-vinaigres, mais on ne peut pas tout avoir dans la vie hein ? Un viseur à 100% ET un flash intégré… Or donc, cette image-là est simplement lumineuse à souhait. Mais comment les ingénieurs de Nikon réussissent-ils à obtenir une image aussi limpide et lumineuse à f4 ? Simple. C’est le traitement des lentilles et un savoir-faire singulièrement agaçant. Et puis on ne répétera jamais assez que deux diaphs au dessus (comprendre au dessus de f2,8) c’est pas franchement gênant quand on dispose d’un reflex capable de cracher une image propre et sans grain à 6400iso, suivez mon regard embrumé de larmes. Et encore, je ne parle même pas d’une optique comme le 24-120 monté sur le D3s et son 12800iso nickel, et là, franchement, vous pouvez sortir les kleenex.

Persiste et signe. Si je devais acheter une optique chez Nikon (ce qui n’est pas actuellement le cas parce que jusqu’à preuve du contraire on ne peut pas monter du Nikkor sur un EOS), j’opterais sans l’ombre d’une hésitation pour ce petit 24-120 discret, maousse costaud et pas d’un prix rédhibitoire comme c’est parfois le cas chez Nikon, qui entre nous n’a pas la réputation de donner ses optiques à vil prix, mais en même temps c’est le prix de la qualité. Bon, bien sûr, c’est sur un reflex fullframe comme le D700 que s’exprime à la perfection tout le potentiel de ce zoom, même s’il conviendra aussi à merveille à votre D300s ou votre D7000 ou n’importe quel boîtier reflex de la gamme Nikon. Mais sa plus grande qualité sur laquelle j’insiste vraiment, c’est sa polyvalence, du grand angle au petit télé. Ce 24-120 f4 saura tout faire, il vous accompagnera partout et grâce à lui votre capteur restera à l’abri des poussières, vu que vous ne changerez jamais d’optique ! En ce moment c’est ce que je vis, au quotidien. J’embarque D700 et le 24-120 sous le bras, une carte Sandisk Extreme 32Go histoire de voir venir, je n’ai même plus besoin de sac. Le bonheur. Un dernier argument, si tant est que cette optique en ait encore vraiment besoin. En novembre, pour le banc d’essai Shots, Nikon France m’a prêté un D700 et un 24-120 f4 et vous savez quoi ? J’ai refusé de le rendre. Et ça, de vous à moi, c’est un signe qui ne trompe pas…

[EDIT] du 7 décembre 2010
Mais comment les ingénieurs de Nikon réussissent-ils à obtenir une image aussi limpide et lumineuse à f4 ?

Quelques heures après la publication de cet article dans Shots, le hasard a voulu que j’ai un responsable technique de Nikon France au téléphone. J’ai évoqué avec lui la brillance de l’optique Nikon 24-120 en lui demandant par quel prodige Nikon avait réussi à obtenir une luminosité aussi accrue sur une optique ouvrant à f4 comparable à la luminosté d’une optique à f2,8. Réponse de Nikon France in extenso :

En fait, depuis un peu moins d’un mois que cette nouvelle optique Nikon 24-120 f4 est disponible sur le marché, nous obtenons un retour de satisfaction très élevé de la part des photographes qui l’utilisent et beaucoup d’enthousiasme par rapport à l’aspect lumineux dont tu me parles. Il faut savoir que sur cette nouvelle gamme d’optiques à f4, qui inclut non seulement le 24-120mm mais aussi le 16-35mm, nos ingénieurs ont conçu un traitement nano cristal particulièrement élaboré sur chaque lentille qui constitue l’objectif. Il en résulte moins de pertes de lumière. C’est vrai que tous les photographes qui ont utilisé ce 24-120 sont enthousiasmés par son côté très lumineux. Et on obtient des résultats similaires avec le 16-34 f4. Finalement, le diaph de différence avec une optique f2,8 se compense avec la capacité de nos boîtiers comme le Nikon D3s à réaliser une image propre et sans grain à un nombre iso élévé.

Précision sur le nombre d’iso élevé, j’ai testé D3s à 12800iso sans un poil de grain. Mais sans aller aussi loin, à 8 ou 10000 iso, D3s est capable de produire une image parfaite, alors le diaph de différence devient véritablement anecdotique. Demeure alors, pour les optiques à f2,8 (et supérieures) une qualité et une finesse d’arrière plan (bokeh) souvent incomparables.

Vieilles Charrues et Fête du Bruit. Comme un rêve de gosse…

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Putain d’été, qui ne finit pas d’en finir. Grisaille et temps de merde entrecoupé d’éclaircies néanmoins somptueuses. Cette année j’ai respecté la feuille de route conseillée par mon doc qui prend soin de ma santé et préserve le kilométrage de mon moteur Ford Thunderbird millésime 1957, un petit bijou à ce qu’on dit mais nettement capricieux, avec le temps. Cet été, un festival. No more, no less. Exit mon cher Art Rock à Saint Brieuc, adios la Route du rock, bye bye le Bout du monde. Pour paraphraser Coluche, parfois la tête dit oui et le corps dit non. Enfin ! Cette saison 2010 a eu de beaux restes, mine de rien, avec une édition des Vieilles Charrues à classer au rayon Cru bourgeois, en attendant un vingtième anniversaire qui s’annonce comme un brillantissime Grand Cru Classé. Je garderai pour toujours et à jamais dans ma mémoire visuelle le concert de Muse à Glenmor, la nouvelle structure de scène avec cette avancée qui permet aux musiciens qui le souhaitent de venir au contact du public et aux photographes d’évoluer librement. Certains sont restés en retrait, bien à l’abri sur leur scène, d’autres sont venus au combat et ont largement profité de l’aubaine. Je pense à NTM, des furieux avec une bonne dose d’humanisme, une touche de fraternité entre eux qui fait plaisir à voir, je pense à -M- qui s’est offert une course folle à travers le public histoire d’aller taper un solo au centre du monde, à Jamiroquai, à Mika… Et puis à Matthew Bellamy, somptueusement classieux dans son joli K-way transparent très mode, seyant à merveille avec les pluies, comment dire ? Diluviennes, dantesques, des pluies telles que Forrest Gump a dû en rencontrer lors de son périple dans les rizières du Viet “fucking” Nam. C’est ça. Glenmor, ce jeudi 15 juillet 2010 à 23 heures et des brouettes, c’était le Vietnam mais sans les balles traçantes. En attendant Muse, j’ai observé les photographes avec un soupçon de compassion, trempés comme des souches, protégeant comme ils le pouvaient leur boîtier. Sous ma veste de mer Jeantex, EOS 1D Mark IV piaffait d’impatience d’aller au contact et je dois à la vérité de dire que sur ce coup-là, le boîtier pro de Canon m’aura vraiment épaté, engrangeant les clichés RAW avec une régularité métronomique, littéralement aussi trempé que si je l’avais amené avec moi sous la douche. Je confirme. EOS 1D Mark IV est parfaitement tropicalisé et on ne peut pas en dire autant de tout le monde. Après le concert, c’était le mur des lamentations et la valse des sèche-cheveux. De mon côté, un kleenex aura suffi pour assécher la bête et j’ai eu une pensée émue pour le mec, chez Canon, qui a pondu la tropicalisation de ce boîtier ! Le lendemain, la plaine de Kerampuilh avait retrouvé son ciel azuréen et le festival nous a offert trois jours de concerts dont quelques pièces d’anthologie.

Le temps de dérusher les quelques quatre milles clichés réalisés à Carhaix, j’étais prêt pour mon second rendez-vous de l’été, à deux pas de chez moi cette fois, pour la Fête du bruit dans Landerneau, l’occasion encore une fois de retrouver des potes et de taper pendant deux jours une grosse douzaine de concerts dans une ambiance festive, quasi intimiste. Accueillir plus de vingt cinq mille festivaliers sur la plaine de la Petite Palud, en plein coeur de Landerneau, le pari était vraiment gonflé. Réunir des pointures comme Placebo, Morcheeba, Steel Pulse, la Rue Kétanou avec un dose de jeune scène (BB brunes, Zaz, …) mâtiné d’électro bon teint (Wax Tailor, 2 many DJ’s), c’était bien vu. Et puis, évidemment, la grosse cerise sur le gâteau, c’était la venue de Status Quo et ses deux inoxydables et inusables frontmen, Rick Parfitt et Francis Rossi. Car la divine surprise de cette Fête du bruit, c’était bien eux. Ah ! Depuis le temps que j’attendais le moment de taper les deux anciens sur scène, il fallait bien que ça finisse par arriver un jour. Je savais exactement le cliché que je voulais, Parfitt et Rossi, guitares parallèles et riffs de bon aloi, scandant les paroles de “Caroline” ou de “Softer ride”. I ain’t gonna work I ain’t gonna work no more. Francis Rossi avait repéré en un coup d’oeil ma tronche visiblement réjouie dans le pit et m’a offert quelques pitreries dont il a le secret. Bref, ces images-là je ne suis pas prêt de les oublier, ce concert non plus d’ailleurs, classé dans mon top 10 des plus beaux concerts de tous les temps. Un été en demi-teintes, avec quelques coups de blues et le privilège d’avoir traversé cet été au bras d’une diva. À la rentrée, je vous reparlerai en long et en large de mes aventures avec EOS 1D Mark IV, le boîtier haut de gamme signé Canon dont il y a tant à dire. Pour en avoir déjà un aperçu, il suffit de regarder les images produites aux Vieilles Charrues et à la Fête du Bruit. Avec Nikon aussi, il y a eu de bons moments, entre mes aventures sur le hub en temps que rédac’ chef invité et les photos (très chouettes) fournies par mes quatre photographes officiels des Vieilles Charrues équipés et soutenus par Nikon France, comme je l’ai été moi-même par Canon France. Mon petit doigt me dit que de belles surprises se profilent à l’horizon par les deux constructeurs, à un mois de la Photokina. De ça aussi, on va bientôt en reparler, plutôt deux fois qu’une. En attendant, les riffs de Matthew Bellamy et de Francis Rossi résonnent encore dans ma tête. Je savoure mes derniers instants d’été et quelques rayons de soleil, quand il y en a. Je vais faire quelques tirages papiers et nul doute que le cliché de Parfitt & Rossi rejoindra le mur de mon bureau. Entre Archie Shepp et Blonde Redhead. Cette photo, c’est comme un rêve de gosse, un clin d’oeil au passé. Take my hand, together we can rock’n roll.

• cliché inédit : Francis Rossi et Rick Parfitt (Status Quo, Fête du Bruit dans Landerneau 2010)

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cliquez ici pour voir tous les clichés de la Fête du Bruit 2010

Rotor Jambreks University. Mes devoirs de vacances à la Rock Academy.

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L’idée est aussi simple que lumineuse, comme toutes les bonnes idées. La Rotor Jambreks University propose en un après-midi, de revisiter l’histoire du rock’n roll, de sa naissance à nos jours. Ça a l’air de rien, dit comme ça, j’y suis allé en me disant que j’étais incollable sur le sujet et finalement, j’ai appris plein de trucs. Par exemple que le p’tit gars Elvis Aaron Presley avait honteusement pompé certains répertoires du blues afro-américain, à commencer par le cultissime “That’s alright Mama” (excusez du peu), en 1954, alors que cette chanson avait été signée par Arthur Crudup huit ans plus tôt. Crudup n’a jamais réussi à faire reconnaître son bon droit et a fini sa vie dans la gnole. Rotor Jambreks embarque son public, alternant cours magistral et travaux pratiques. De chaque côté de l’écran, à gauche la petite scène façon Rotor, à droite un bureau sur lequel trône une mappemonde, le manuel de la Rock Academy et bien sûr une figurine d’Elvis Presley. L’histoire commence aux racines du rock’n roll et tout y passe, de l’analyse étymologique du terme rock and roll aux composants de cette musique, dont les tenants de le droite américaine la plus jusqu’au boutiste pensaient qu’elle venait directement de l’enfer. De vous à moi, cinquante balais plus tard, le credo des jusqu’aux Boutin n’a guère évolué. Chaque étape du parcours est ponctuée de reprises de standards parfaitement envoyés, balancés avec la maestria et la pêche qu’on connaît au gars Jambreks. Entre stand-up, mini-concert et approche sociologique de l’histoire de la musique contemporaine, Rotor Jambreks réussit son coup. On ne s’emmerde pas une seconde, on se marre beaucoup, on participe, on apprend plein de choses et quand c’est fini on se dit “ah ben merde alors ! C’est déjà fini ?” Le format est parfait, convient à tous les publics et nul doute qu’on va en entendre parler.

Concert et action sociale.
Tous les publics, justement, parlons-en. Ce concert-spectacle, qui s’est déroulé au Family, en préambule de la Fête du bruit dans Landerneau, était 100% gratuit. L’idée, qu’on doit à Régie Scène association, est on ne peut plus simple. Attirer un public qui ne vient pas aux concerts et leur proposer un spectacle de qualité, le temps d’un après-midi. Une idée réalisée en partenariat avec l’épicerie sociale et qui pourrait bien faire son chemin. Carol Consola de Régie Scène Association résume en deux mots le concept : “Notre objectif est d’établir des partenariats avec des entreprises motivées pour financer ce type de projet. Un mécénat permettant d’associer le nom d’une entreprise à une action sociale.” À y regarder de plus près, il est possible aujourd’hui, pour un budget raisonnable, de monter une affiche, sachant que l’asso (qui est en prise directe avec Régie Scène, l’un des acteurs majeurs en matière de production de spectacles en Bretagne) fournit l’ensemble du package, incluant la salle, le son, les lumières. D’ailleurs c’est ce qui m’a épaté dans ce projet. L’accueil du public avec de vrais billets de concerts, le confort de la salle (places assises), la qualité du spectacle offert et, cerise sur le gâteau (si j’ose dire), un goûter offert par l’épicerie sociale à l’issue du concert. Bon, si je résume… Une belle salle, une organisation motivée, un artiste généreux et enthousiaste, un public souriant et multi-générationnel, des lumières et du rock’n roll. Une certaine idée du bonheur, en somme.

écouter la version originelle de “that’s all right mama” par Arthur Crudup

Festival les Vieilles Charrues 2010. Des moments de plaisir.

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Dimanche 18 juillet. Vision de ouf, ce type voguant sur le public dans son bateau pneumatique, façon Marcel et son orchestre. Je me dis que s’il s’approche trop du rivage, il va se fracasser la tronche sur le récif, comprendre sur les maousses de la sécurité qui le matent et l’attendent, l’air narquois, prêt à lui foncer dessus et à l’alpaguer comme un goëland sur une sardine. Le gars lui, ne se doute de rien, il est tout à son plaisir de naviguer sur une mer de mains. Voilà. C’est l’image que je garderai de cette dix neuvième édition des Vieilles Charrues, la septième à mon compteur. Comme chaque année, j’ai souffert, j’ai eu mal (aux pieds), j’ai fait des kilomètres de marche, j’ai shooté sans discontinuer, faisant ronronner EOS 1D Mark IV, en one shot comme en rafales monstrueuses à dix images seconde. J’ai vécu des moments inoubliables, en veste de haute mer sous des déluges de flotte, j’avais l’impression d’être dans la peau de Michel Desjoyaux, au milieu de l’atlantique à la barre d’un trimaran, prenant des paquets de flotte dans la gueule. Pendant le concert de Muse, je me suis fait lessiver comme rarement pendant un concert. Ça tanguait de tous les côtés, et comme disait Renaud, j’ai failli vomir mon quatre heures et mon midi aussi, mais on a tenu le coup, EOS et moi. Sur la fin du set, j’avais tellement de flotte entre le viseur et mon œil gauche que j’avais l’impression d’être photographe underwater, comme Jean-Philippe Grémillot, j’en regrettais presque de ne pas avoir pensé à lui emprunter son caisson Ikelite. Je voyais la flotte ruisseler de partout, sur le boîtier, sur le 70-200 et j’ai prié le ciel et tout ses Saints en pensant au gars qui avait conçu la tropicalisation du 1D Mark IV. Il n’a pas bougé d’un poil et tout le monde ne peut pas en dire autant, suivez mon regard. Putain de boîtier, putain d’optique. J’ai tapé trente huit concerts, sans ostracisme. J’ai pris un pied fou à faire de l’image sur des groupes complètement inconnus, aux Jeunes Charrues et je me suis parfois emmerdé comme un rat mort sur des groupes connus. J’ai sillonné la plaine, avec ma cowgirl, d’est en ouest, du nord au sud, l’occasion de croiser des têtes connues de mes amis, j’ai fait aussi quelques portraits de gens inconnus mais tellement attachants. Côté scène les chocs annoncés n’ont pas déçu. NTM, évidemment. La puissance, l’énergie et aussi une bonne dose de fraternité, de partage et pourtant Dieu seul sait à quel point je suis éloigné du rap, mais face à une référence pareille on ne peut que s’incliner. Airbourne dans un autre registre c’est idem. Une énorme patate sans prise de tête, le groupe envoit le bois sans trop se poser de questions. Et puis le chanteur frontman qui escalade la structure pour aller chanter sur le toit de Xavier Grall, c’était inédit. The Octopus, vainqueur des Jeunes Charrues. En fin de concert le batteur déménage ses fûts pour les loger en bord de scène, pour un final dantesque. Et puis au milieu de tout ce bordel, une pépite. Wovenhand (ex 16th Horsepower), un moment de pur bonheur, une voix grave, un instant de grâce. Gush ou Fanfarlo, tout en nuance, délicatesse du son folk rock, Féfé (ex Saïan supa Crew) en prince du beat qui a ouvert samedi et nous a mis le feu. Organisateurs de concerts qui me lisez, signez Féfé les yeux fermés, ce mec vaut vraiment le détour ! À ce propos, j’ai une pensée pour les programmateurs des Vieilles Charrues qui réussissent chaque année le pari d’une prog éclectique et variée, c’est aussi ça qui fait le charme de ce festival. What else ? Gaëtan Roussel, qui m’a bien scotché, c’est la deuxième fois cette année, la première c’était à Yakayalé. Ce mec groove comme personne et donne envie de sourire. Indochine, ah ! Indochine. On n’a pas échappé aux petites remarques de la presse, aux trucs habituels, aux petites phrases assassines du journaleux de base qui se prend pour un critique musical de NME avant qu’il ne s’en retourne à la rubrique faits divers, dont acte. Indochine ne pouvait pas décevoir et a servi un set puissant, Nicola Sirkis pouvant toujours compter sur ses deux frontmen in black que sont Oli de Sat et le tonique Boris Jardel. J’ai eu un frisson sur “le dernier jour” qui est mon titre préféré du dernier album et une pensée pour Stef. Indo aux Charrues, c’était un chouette cadeau. Pareil pour Pony pony run run ou Julian Casablancas, une pop joyeuse et enlevée, avec un petit rappel façon Strokes , évidemment. Au chapitre bien mais sans plus, il y a Phœnix qui a servi un set honorable sans pour autant m’allumer l’oreille, il y a M’sieur Souchon qui a fait un chouette set avec des chansons bien chantées et belles comme sur le disque. Et puis il y a eu -M- et le Matthieu que j’aime nous a fait le coup du revenez-y, avec ses mimiques décuplées à l’image de sa coiffure postiche et ses petits mots qui vont bien, sauf que cette fois, la mayonnaise n’a pas pris, pas de bol. Trop d’huile, pas assez de moutarde, des oeufs pas bien frais, bref, mon gars Matthieu ça l’a pas fait à mes oreilles gracieuses. Il est temps que tu tues -M- que tu t’en débarasses, que tu jettes le corps au fond d’un puit et que tu redeviennes Matthieu Chedid. Enfin au chapitre non, merci, sans façon et en vrac, Diam’s qui se noie dans les bons sentiments, la justification de ce qu’elle est ou aimerait être. Où est passée la performeuse qui avait enflammé la scène Xavier Grall il y a juste quatre ans ? Jamiroquai qui ne m’a rien fait, pas d’image, pas de son. Etienne de Crecy, de l’électro de mauvais aloi, fils naturel de Jean-Pierre Foucault qui lui a transmis le décor de l’académie des neuf, aussi imbittable pour le son que pour l’image. Tant qu’à m’éclater sur de de l’électro pop, je préfère une DJ Missil ou une Elisa Do Brasil qui ne craignent pas de se montrer, qui sont super jolies et qui bougent divinement. Enfin Sophie “eins, zwei, drei, vier” Hunger qui s’est littéralement noyée sur la scène Glenmor dans un set acoustique réaménagé en électrique, ach ! Mein Gott ! Ce fut un parcours du combattant, j’ai souffert pour elle tellement je l’ai vu ramer. Mais comme toujours dans les belles histoires, ma mémoire effacera les souvenirs moyens pour ne garder que la substantifique moëlle. Dieu m’est témoin que ce garçon n’est pas ma tasse de thé, mais bon sang, que le bonheur de Mika a évoluer sur la scène Glenmor faisait plaisir à voir. Pour un peu, j’en connais plus d’un qui aurait volontiers posé le reflex et la chemise pour rejoindre Mika sur l’allée centrale. Ce p’tit gars en a sous la semelle et Kerampuilh n’est pas prêt d’oublier sa prestation lumineuse. Et là vous me dites ? Comment s’est terminée l’aventure de notre marin sur sa mer de mains ? Après s’être dangereusement approché des grosses paluches de la sécurité, notre Kersauzon en herbe a bénéficié d’un recours en grâce, en étant refoulé par les gars de la sécu qui ne voyaient pas ce qu’ils allaient pouvoir en faire. Le navigateur a donc repris la mer sous le regard attendri et amusé des photographes et on n’a plus eu de nouvelles de lui. On espère le revoir l’année prochaine, en espérant qu’il croise à nouveau du côté de Kerouac. Même heure, même endroit. Et si tout va bien, j’y serai aussi…

• bientôt les concerts en ligne sur Cinquième nuit.

Vieilles Charrues 2010. Alors ? Prêt à dégainer pied tendre ?

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Hier j’étais sur la plaine de Kerampuilh, histoire de faire un peu de reconnaissance sur le terrain avant le jour J. Et là cette fois on y est, au jour J, tout est prêt pour accueillir sur quatre jours plus de 200.000 festivaliers. En point d’orgue le set de Muse, ce soir sur la scène Glenmor à 23:00. Troisième participation pour le combo british, après l’édition de 2000 et surtout celle de 2004 où Matthew Bellamy et ses potes avaient enflammé la plaine de Kerampuihl, j’ose à peine imaginer le déluge de décibels, d’effets spéciaux et autres effets lasers qui vont s’abattre sur nous ce soir, mais je veux bien parier mon pass que ce concert va être dantesque. L’autre rendez-vous attendu, c’est Jacques et sa gymnastique Dutronc. Lui, c’est un héros de mon enfance, calé quelque part entre Zorro et Thierry La Fronde. Ça me fait toujours une sorte de fussoir quand j’entends les mots “je suis tout nu dans mon bain, avec une fille qui me nettoie“, quand j’étais minot c’était d’un érotisme torride, ce que ne peuvent pas comprendre les gamins d’aujourd’hui qui voient défiler des culs et des nibards siliconés en prime time. Ouais, ça va être marrant de voir le père Dutronc fouler la même scène que son fils Thomas il y a deux ans. Pas sûr en revanche que le padre soit aussi avenant que son fils ! Les échos que j’ai de ses prestations et l’image que l’ex play-boy renvoit dans ses interviews a un peu tendance à casser le mythe et c’est dommage. On verra tout ça ce soir.

• Hervé Le Gall, rédac chef invité du Nikon Hub. Non ?

What else ? Je vous avais réservé une petite surprise de dernière minute, la voilà. Pendant ces quatre jours, vous pourrez suivre le festival en direct via Twitter, Facebook et bien sûr ici-même sur Shots. La chouette cerise sur le gâteau, c’est la proposition que m’a faite Nikon France de rejoindre le Nikon Hub (en clair le blog de Nikon France) comme rédac chef invité. Chaque jour je livrerai donc un billet de bonne humeur sur le festival, vu du backstage pour faire partager l’ambiance si particulière des Vieilles Charrues vues de l’intérieur. Et comme un plaisir n’arrive jamais seul, chaque billet, sera illustré d’une photo de l’un des photographes officiels du festival. Quatre jours, quatre billets, quatre photographes officiels et à chaque fois, un petit portrait de chaque photographe, de son ressenti par rapport au matériel Nikon, puisqu’entre autres choses Nikon France soutient les quatre photographes officiels équipés de leurs matériels. Une occasion, aussi, d’avoir le feeling de quatre pros particulièrement affûtés et rompus aux techniques de terrain.

Voilà, on y est, presque. Dans une ambiance far west, le thème 2010, une déco saloon (je ne vous dis que ça), le plus beau festival de musiques du monde s’apprête à vous accueillir. Venez, rejoignez la caravane ou le tipi pour cette nouvelle édition des Vieilles Charrues qui s’annonce, encore une fois, magnifique !

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Vieilles Charrues 2010 c’est demain. Que la fête commence !

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J’ai ma feuille de route de photographe officiel des Vieilles Charrues sous les yeux. Entre les concerts, mes projets de portraits et les photos que je dois faire aux quatre points cardinaux du festival, je sens qu’il va y avoir du sport, mais bizarrement l’angoisse disparaît dès que mes pieds touchent la terre de Kerampuilh. J’ai consciencieusement pointé la trentaine de concerts qui me semblent, à mes yeux, totalement inratables. En gros le jeudi, compte tenu de la prog un peu light, quand je dis light je parle du nombre de concerts évidemment, je vais donc taper tout le monde, avec une petite prédilection pour Dutronc et Muse évidemment, mais aussi du plaisir pour les autres comme The Raveonettes. Le vendredi commencera traditionnellement par le vainqueur des Jeunes Charrues, j’aurais adoré shooter Lazhar mais le jury a opté pour I Arkle. N’empêche, j’aurai une pensée pour Lazhar. J’éviterai de repenser au vent que m’avait mis Sophie Hunger au Run ar Puñs, sinon les photos vont être floues. Wovenhand c’est un peu l’ovni de la prog, un moment de grâce à savourer avant la rage de NTM, sans aucun doute l’événement majeur de ce festival 2010, même si leur registre n’est pas ma tasse de thé, ça va envoyer. Idem pour Diam’s que j’aurais préféré sur Glemor. Idem pour Airbourne qui aurait mérité une grande scène. Bon on fera avec Xavier Grall et dans quelques années on pourra dire “Airbourne ? J’y étais, mother fucker !” Je vais shooter Mika, vous savez ce chanteur à qui on a toujours envie de demander si ses parents savent qu’il est là. Je me finirai en enquillant Blackbox et Vitalic et je vais devoir zapper l’atelier maquillage de Punish yourself. Le samedi j’aimerais bien faire un ou deux portraits de Yann Fañch Kemener avant d’aller à la playa de la Beach box boire un piña colada en compagnie d’une ou deux naïades court vêtue et shooter les allumés de Poor boy. Beach box, la plage, le sable fin, les transats et les parasols. Le site des Vieilles Charrues bouge cette année, j’espère pouvoir vous montrer ça, soit ici sur Shots, soit sur la page Facebook de Cinquième nuit ou via Twitter, en direct live avec iPhone. En fin d’après-midi à Kerouac je serai avec Midlake du rock US indé mélodieux et je vais sans doute devoir zapper The Octopus du rock garage de chez nous (mais si je peux, je passerai, parce que mes potes sinon, ils vont me baffer). Dans la foulée, le sémillant Gaëtan Roussel qui a quitté la Louise et son Tarmac mais qui ne change pas, toujours le même talent intact. A Glenmor sur le coup de 22:30 je veux bien parier un godet de Breizh Cola que la plaine sera noire de monde pour le set d’Indochine et que ça va être énorme. Indo, on aime ou on n’aime pas, mais les fans de Nicola Sirkis gueulent toujours le plus fort. Avec un répertoire long comme le bras, je pense que je vais me faire le concert, si je peux, dans son intégralité. Quatre vingt dix minutes avec Indo c’est court, il me faudra peut être zapper un poil pour shooter les très photogéniques Sexy sushi, avant de me finir avec Phoenix, LE groupe french touch qui fait pâmer la planète entière et Sofia Coppola. Songez donc que ces garçons sont passés au David Letterman Show il y a un an, ça vous donne une idée du séisme provoqué outre-atlantique par les french kids. Et finalement on pourra toujours compter sur Gojira pour se décalaminer les esgourdes au début de la nuit… Le dimanche j’espère pouvoir shooter Im Takt le power trio façon électro avec des vrais morceaux de brestois dedans, dont le légendaire El Vinz Roudaut croisé en d’autres temps avec feu Amzerzo et plus récemment avec Cru. Ensuite, coup sur coup, Gush, Pony pony run run (qui ont fait pogotter les festivaliers de Yakayalé en avril dernier) et l’inénarrable M’sieur Souchon qui va faire un carton. Idem pour Julian Casablancas qui est toujours aussi beau (et talentueux) même en dehors des Strokes. Du côté de Xavier Grall ça sentira l’herbe qui fait rire avec une soirée reggae, dub, roots, trop cool man. La soirée nous réservera ensuite trois gros morceaux. D’abord -M- avec le retour de Matthieu Chedid à Glenmor. On peut compter sur lui pour nous servir un de ces concerts funky mâtiné de sons pop rock dont il a le secret, parfait sous tout rapport. Dans la foulée et dans un autre genre Etienne de Crecy et puis Jamiroquai en bouquet final. Et voilà, ça sera déjà fini et comme chaque année on se dira, “merde, c’est déjà fini ?” et on aura le blues jusqu’à pas d’heure, en noyant son chagrin dans le Breizh Cola ou la Coreff, c’est selon.

Sept ans de réflexion. Putain ! Sept ans déjà ! Cette édition est ma septième participation au festival des Vieilles Charrues. J’aurai une pensée particulière pendant le concert de Muse pour Yann Colin qui ne sera pas avec nous cette année (j’espère que Matthew Bellamy sera compréhensif). Il me tarde déjà d’y être, d’engranger des images de scène et bien sûr de vous, puisque cette année je vais me promener sur le site à la recherche de festivaliers à croquer. Rendez-vous à Carhaix du 15 au 18 juillet 2010 pour cette nouvelle édition du festival des Vieilles Charrues. Et que la fête commence !

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Airbourne live at Vieilles Charrues 2010. Rock’n roll motherfucker !



Au chapitre concert inratable, je veux bien parier un fût de Coreff que la prestation de Airbourne sur la scène Xavier Grall va être l’un des événements marquants de cette édition 2010 des Vieilles Charrues. Le combo australien balaye tout sur son passage et glane au fil du temps des critiques dithyrambiques à la mesure de la qualité de leurs prestations scéniques. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si Lemmy himself, oui notre Lemmy à nous qu’on a eu sur la scène Glenmor en 2008, le légendaire bassiste et frontman du cultissime Motörhead, a accepté de faire un featuring dans le clip de l’excellent titre Runnin’ wild. Alors un conseil… Ne ratez pas la prestation de Airbourne à Xavier Grall, le vendredi 16 juillet à 21:50 et un jour vous pourrez dire : “ouaip mon p’tit gars ! Airbourne je les ai vus aux Vieilles Charrues en 2010 ! Et c’était dantesque !” Alors en attendant, montez le son et écoutez Runnin’ wild, ce que la scène australienne nous a donné de meilleur depuis AC/DC !

Vieilles Charrues 2010 J-7. L’indispensable checklist du photographe de concerts.

materiels-canon-vieilles-charrues-2010-herve-le-gallCharruesLand. J-7. Difficile pour moi de parler des Vieilles Charrues sans tomber dans l’excessif, l’enthousiasme débordant. Les Charrues c’est plus qu’un festival à mes yeux, ça dure quatre jours, quatre jours éreintants, épuisants et en même temps tellement enivrants, au sens figuré pour moi, au sens propre pour un certain nombre d’autres, mais bon c’est comme ça. On vient aux Charrues pour faire la fête, se lâcher, s’amuser, retrouver des amis qu’on n’a pas vus depuis l’an passé. Le festival des Vieilles Charrues, c’est beaucoup plus qu’un festival de musique. C’est un moment de retrouvailles entre potes, une immense kermesse ponctuée de toutes les musiques et ce jusqu’à pas d’heure. Pour un photographe, c’est la perspective de shooter pendant quatre jours, quasiment sans discontinuer, d’engranger une quarantaine de concerts sans compter les innombrables clichés d’ambiance glanés sur la légendaire plaine de Kerampuilh. Autant dire qu’il vaut mieux être prêt et bien dans ses pompes. Chaque année, une semaine avant le festival, j’ai un petit rituel qui consiste à faire ma checklist, une sorte d’inventaire à la Prévert des éléments indispensables. Cette année je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de partager ces petits trucs avec vous. Et puis, si vous fréquentez les fosses de concerts en festival, vous y trouverez peut-être quelques éléments indispensables à toujours avoir sur soi ou dans son sac…

Justement du sac, parlons-en. J’ai deux sacs de transport. Un sac Lowepro Slingshot 300 (2) qui me permet de transporter tout mon matériel proprement dit et un second sac LowePro Toploader (1) qui ne me quitte jamais et me permet de loger pile poil mon EOS en configuration 70-200. Côté matos, cette année, j’embarque deux boîtiers Canon. Un EOS 1D Mark IV (3) que j’ai découverts pendant le festival Yakayalé et son petit frère un EOS 7D (4). Deux boîtiers parfaitement complémentaires qui ont chacun des qualités que l’autre n’a pas. La différence de taille de capteur, APS-H coeff. 1,3 pour le 1D et APS-C coeff. 1,6 pour le 7D, permet d’avoir des points de vue différents avec la même optique. J’ai un flash Canon 580EX (5) qui ne me sert qu’en dehors de la scène (où, rappelons-le, son utilisation est strictement interdite), avec l’indispensable diffuseur Gary Fong (6). Du côté des optiques, j’ai un 70-200 2,8L IS Serie II (7) sur EOS 1D et un 70-200 2,8L IS (10) sur EOS 7D. Que dire de cette optique, sinon qu’elle est simplement la meilleure optique pro de sa catégorie ? J’embarque aussi un 135mm f2L (9) pour voir s’il est aussi bon que certains de mes amis photographes (comme Gérald Géronimi) le prétendent, ainsi qu’un 24-105 f4L (8) histoire de couvrir aussi les autres focales. Du côté du stockage, je viens d’acheter une carte 32Go Extreme III chez Digit Photo, pour compléter mon parc de cartes Sandisk (11). Je travaille en RAW exclusivement, à 20Mo à la louche le cliché, je ne vous fais pas un dessin. Mais quand on aime… En festival, je n’utilise pas d’autre cravate que la mienne (12) pour porter mes pass, elle est pratique car on peut déclipser le pass tout en gardant la cravate autour du cou. Quand je travaille, je déteste ce truc qui pendouille autour de mon cou, alors il finit le plus souvent dans ma poche. Dans les fosses ou ailleurs, la lumière d’appoint (13) est souvent indispensable, cette lumière frontale diffuse aussi une lumière rouge, plus discrète de nuit. Il arrive qu’il pleuve aux Charrues, j’ai toujours sur moi une housse jetable (14) pour protéger mon boîtier, même si EOS 1D est tropicalisé et même si EOS 7D est résistant à la pluie. Les bouchons d’oreilles (15) sont absolument indispensables, je les mets en concerts et dès que j’ai besoin de m’isoler. Idem pour les yeux : les lunettes de soleil (16) sont toujours à portée de main, modèle Ray Ban Wayfarer II en hommage à Jack et Elwood Blues. Pour pouvoir twitter en direct et garder le contact, j’ai mon inséparable iPhone 3G avec une batterie de secours qui ne me sert quasiment jamais mais bon, on n’est jamais trop prudent ! Une montre (18) Seiko (étanche à 200 mètres ce qui fait bien marrer mon pote Grémillot, le photographe underwater) pour être à l’heure aux concerts car le timing est toujours hyper serré, des lingettes de nettoyage d’optiques (19), une chiffonnette (20) parce que la plaine de Kerampuilh est poussiéreuse (et que je suis maniaque du boîtier propre), des pansements (21) parce qu’une coupure à un doigt c’est salement galère, du talc (22) et des chaussettes de trekking (23). Parce que, comme disait Lieutenant Dan à Forrest Gump, un trouffion qui veut rester en vie prend d’abord soin de ses pieds. Pour un photographe, c’est idem. Avant le départ, au début de la journée, on saupoudre généreusement le talc sur le pied, surtout entre les doigts de pieds ! On enfile les chaussettes de trekking (modèle Quechua à pas cher chez Décathlon) et les pompes, en général des Doc Martens. En cas de grosse chaleur, pieds nus, sandales Scholl et talc. Aux Charrues on est quasiment dix à douze heures debout d’affilée et ce sont les pieds qui trinquent. Parfois la douleur aux pieds peut être vive. Dans ce cas là, je fais un break, du lait délassant (24) pour les pieds de chez Cattier et ça repart ! Voilà. Je vous ai tout dit ou presque. Pendant les Charrues, je carbure à la flotte, on en trouve en palettes backstage et je mâche danois, Stimorol (27) exclusivement. Enfin, il y a deux trucs dont je ne me sépare jamais. Ja-mais. D’abord une pierre de pouce (26) quand je suis vraiment à cran ça me détend. Et puis un médiator (25), qui m’a été offert par un guitariste de mes amis après un concert mémorable, il y a quelques années. Un simple bout de plastique, un truc de rien mais qui symbolise à mes yeux tellement de choses. Le partage d’un souvenir, d’un concert, d’images gravées dans ma mémoire. Un histoire de potes qui se perdent de vue et qui se retrouvent chaque année, au même endroit, pour faire la fête. Les Vieilles Charrues, en somme…

• merci à toute l’équipe de Canon France pour leur soutien technique pendant cette édition des Vieilles Charrues.

Il va y avoir du bruit dans Landerneau. Parfitt and Rossi are back in town !

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Fête du bruit dans Landerneau. Ce matin j’ai rendez-vous pour la conf de presse du festival. Ambiance familiale dans l’arrière salle du bar le Demi Lune, Place des Quatre Pompes à Landerneau, sous un soleil étourdissant qui illumine le célèbre pont habité. Je croise les doigts pour que le soleil soit au rendez-vous en août prochain. C’est la deuxième édition du festival, cette année sur deux jours, avec une affiche qui va attirer la foule des grands jours. Comme d’hab’ c’est Jo et Carol de Régie Scène qui sont aux manettes et rien que ça c’est déjà plutôt rassurant. D’abord ça nous garantit une ambiance cool, ensuite on est sûrs qu’on va voir quelques pépites. Comme toujours dans les festivals concoctés par la fine équipe, la prog est éclectique, familiale, à la fois teintée teinté world, reggae, musique festive, hip hop, electro et rock. Allez ! La prog en détail. Le samedi 14 août, une carte blanche à la Rue Ketanou pour le côté festif assuré, avec aussi Florent Vintrigner. On verra aussi Steel Pulse, groupe culte de roots reggae british originaire de Birmingham et Danakil, croisé à Yakayalé dans le même registre. Petit blanc-sec avec Batignolles, p’tit verre de rhum avec Soldat Louis et limonade avec Zaz dont le single “Je veux” tourne en boucle sur toutes les radios. Et puis en soirée, on mettra les guitares en parallèle et on opinera du chef avec Status Quo, LE combo mythique tout droit venu de l’Albion pas si perfide que ça finalement. Status Quo c’est une liste de standards long comme le bras, des tubes en acier inoxydables. Je vais enfin shooter les survivors Rick Parfitt et Francis Rossi sur scène au manche de leur Fender et seuls les mecs qui m’ont connu quand j’avais quinze piges peuvent comprendre l’émotion que je ressentirai à ce moment-là. Status Quo, c’est rien d’autre qu’un bout de légende du rock british. Au moment où j’écris ces lignes, j’écoute Forty-five hundred times, interminable titre de près de dix minutes comme on en faisait dans les années soixante dix, à une époque où, rendez-vous compte, les programmes télévisuels surtaxés calibrés Demimol – pour Lucette Dugenou tapez 1 – n’existaient même pas. Comme disait feu mon Pierre, c’est vous dire si on s’emmerdait grave. No way. Fuck me twice on sunday ! Et plutôt deux fois qu’une. Le dimanche aussi, c’est gratiné. D’un côté les amateurs de hip hop classieux ont rendez-vous avec Wax Tailor tandis que les afficionados de l’electro boum-boum se donneront rendez-vous plus tard pour un set flamboyant de 2 many Dj’s. Les deux frangins belges avaient mis le feu aux Charrues l’an passé et leur presta est inratable. Le reste, c’est rien que des cerises sur le gâteau. D’abord la délicieuse Melissa Auf der Maur, ex-bassiste de Smashing Pumpkins qui drive là son projet solo. Et puis les kids de BB brunes qui vont servir leur rock énervé, mazette les filles vont encore mouiller le maillot (et pas que). Ensuite le retour de Morcheeba, oui le retour parce que Morcheeba sans sa chanteuse, Skye Edwards, c’est au moins aussi incongru que Placebo sans Brian Molko. Ce qui m’amène naturellement à Placebo qui signe là une de ses rares apparitions sur une scène française cet été. Le retour d’un Placebo flamboyant avec “Battle for the sun“, sixième opus du power trio avec un son qui revient nettement à la source, période Black market music. Voilà ! Deux jours de fête qui promettent d’être bien cools. Rendez-vous au coeur de l’été sur l’esplanade de la Petite Palud à Landerneau. Le pass 2 jours est disponible, il ouvre l’accès à toute la fête et coûte 50€, ce qui nous met le concert à 3,50€. À ce prix-là, vous allez pouvoir consommer de la bonne musique sans aucune modération !

voir le site du festival Fête du bruit dans Landerneau

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