Nikkor 24-120mm f4 est le meilleur choix de Shots pour 2011.

le-chat-sur-le-mur-par-herve-le-gall-2011Je ne voudrais pas me la jouer blasé mais quand je vois les optiques que j’ai eu entre les mains en 2011, je dois avouer que j’ai quand même, mine de rien, touché le top du matos en matière d’optiques, grâce à la complicité bienveillante de l’équipe Nikon Pro, merci M’sieurs dames et pour 2012, surtout changez rien, parce que je suis loin d’être rassasié de mes envies de découverte. Ah ! Nikkor. Putain d’optiques. Pendant longtemps on a dit que c’était le talon d’Achille de Nikon par rapport à la crèmerie d’à côté, j’ignore si ça a été vrai autrefois, en tout cas aujourd’hui, ça ne l’est plus vraiment. Bon, bien sûr on vous citera des optiques qui n’existent pas chez Nikon, allez ! Au hasard on va vous parler du 85mm f1,2 ou du 135mm f2 et de quelques autres… Mais franchement, ça demeure anecdotique et je ne connais pas un seul photographe équipé en Nikon qui se soit plaint que la non-disponibilité d’une focale l’avait un jour handicapé dans son travail. Bref, je disais donc, avant d’être interrompu par un troll sorti de moi-même, que j’en ai testé de l’optique de poids lourd cette année. Spectaculaire Nikkor 200-400 f4. Sportif Nikkor 70-200 f2,8. Magique Nikkor 14-24 f2,8. Discret Nikkor 50 f1,4. Et puis les téléconvertisseurs TC14, TC20. Polyvalent Nikkor 24-120 f4. J’ai posé mon sac et je me suis posé la question à cent euro. Si je ne devais choisir qu’une seule optique, laquelle partirait accrochée à mon D3s ? La réponse n’a pas tardé. Sans l’ombre d’une hésitation et au risque d’en étonner plus d’un, mon optique Nikkor de prédilection et en même temps mon meilleur choix de l’année 2011 est le 24-120mm f4.

La focale idéale sur un reflex FX
24-120mm. Elle est pas belle la vie ? Un caillou aussi polyvalent, c’est du rêve en barre pour un photographe. Voilà un objectif capable de parcourir une focale qui va du vrai grand angle, à 24mm jusqu’au petit télé à 120mm. Aucun caillou ne peut prétendre au qualificatif “polyvalent” autant que ce Nikkor 24-120mm. En fait, je me souviens parfaitement du jour où Nikon a lancé ce modèle, ma première réaction avait été de me dire que Nikon avait sans doute réussi là où Canon avait partiellement échoué en se limitant à 105mm et ce ressenti s’est confirmé la première fois que j’ai monté un 24-120 sur un D700. Si comme moi vous faites varier vos cadrages sans pouvoir bouger votre cul (et c’est souvent le cas dans les salles de concerts que je fréquente), vous pouvez imaginer tout le bénéfice qu’on peut tirer d’une optique capable d’étaler sur une pareille focale. Et puis il y a l’image, dans le viseur et là franchement ? C’est la fête ! Et après aussi…

Nikkor 24-120 f4 est une optique brillante
Nikon a appliqué un traitement nanocristal sur chaque lentille de cette optique, ce qui a pour effet de réduire de manière drastique les lumières parasites. Dans le viseur, l’image est claire, j’allais dire “confortable” et en fait c’est ça ! C’est très exactement ce que j’aime avec cette optique, c’est ce sentiment de confort lumineux alors que, rappelons-le cette optique ouvre à f4. À f4 ? Je n’ai franchement jamais été gêné par le fait que cette optique ouvre à f4 (comprendre pas à la sacrosainte ouverture de f2,8) d’autant que j’utilise ce caillou sur un D3s, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis rappelons aussi que cette optique embarque un système de réduction de vibration absolument remarquable, alors VR d’un côté et D3s de l’autre compensent allègrement la perte d’un diaph’ si tant est qu’on puisse parler de perte.

Le seul défaut du 24-120
Pour l’avoir utilisé pendant un an, je peux en parler objectivement. La tendance au vignetage est avérée, à pleine ouverture. C’est un point qui m’agace un brin, même si ça se corrige assez facilement, je fais avec parce que finalement ça n’a vraiment rien de rédhibitoire et puis selon l’image un vignetage n’est parfois pas pour me déplaire, avec son petit côté vintage. Non, le seul vrai travers de ce caillou tient dans sa conception elle-même et dans sa foutue capacité à favoriser l’aspiration et la pénétration de poussières, via le mécanisme du zoom, dans le boîtier. Et les poussières sur le capteur, c’est vraiment le mal du siècle de la photographie numérique, c’est rien de le dire. Mais il y a tellement de bonnes nouvelles par ailleurs que j’ai tendance à zapper ce défaut là.

En résumé
Bon, en résumé, Nikkor 24-120mm f4 c’est : une optique lumineuse, super polyvalente avec son range de rêve de 24 à 120mm, sa capacité à produire des images propres et piquées, sans trop de distorsion (à part à 24mm où elle est un peu plus présente), avec un poil de vignetage mais rien de violent, dotée d’un système de réduction de vibration VR redoutablement efficace. Et bien sûr j’ai gardé le meilleur est pour la fin : son prix. À moins de 1000€ TTC c’est une optique abordable, à toujours avoir dans son sac, avec un range nettement plus étendu qu’un 24-70mm f2,8 tout en étant plus légère et, accessoirement, singulièrement moins coûteuse.

photo : Le chat sur le mur (Nikon D700, Nikkor 24-120mm f4. 1/160, f4, 200iso, 100mm)

voir la fiche produit Nikkor 24-120mm f4

Les jeunes reporters Nikon au 20ème festival des Vieilles Charrues.

jeunes-reporters-nikon-aux-vieilles-charrues-2011Il est des cadeaux qui font plaisir, d’autres qui vous touchent. Le livre que j’ai reçu hier matin, c’est un peu les deux, en fait. C’est un joli petit bouquin d’une vingtaine de pages édité par Nikon France, à l’occasion de l’opération jeunes reporters qui a eu lieu dans le cadre du vingtième festival des Vieilles Charrues à Carhaix en juillet 2011. Et si ça me touche autant, c’est parce que, d’une certaine manière, je suis l’initiateur de cette idée. J’avais mis à profit mon statut de photographe officiel du festival des Vieilles Charrues et de mon lien privilégié avec Nikon France pour proposer au festival d’ouvrir ses portes à de jeunes reporters en herbe, amateurs de photographie et de demander à Nikon France de soutenir ce projet. On connaît la suite. L’idée a été relayée avec enthousiasme par les deux partenaires, un concours étant organisé par Nikon France, ouvrant les portes du festival à un groupe de cinq jeunes reporters, les soutenant activement en leur fournissant du matériel de pointe. Le résultat c’est ce petit livre qui regroupe une sélection de leurs clichés, de leurs souvenirs, de leurs émotions. Et du plaisir qu’ils ont eu à participer à cette aventure de rêve.

Rendez-vous en 2012, avec Nikon France et les Vieilles Charrues pour de nouvelles aventures. Soyez prêts.

voir le site de Nikon France

voir le site du festival des Vieilles Charrues

Test Nikkor 200-400mm f4 VR. Un peu plus près des étoiles.

piers-faccini-au-cabaret-vauban-test-nikkor-200-400-shots-2011Petite retour sur la publication de mon article sur Nikkor 200-400 f4. À la suite de cette publication j’ai reçu comme toujours quelques commentaires intéressants ainsi que la volée de bois vert habituelle comme à chaque fois où j’écris un truc élogieux sur un matos Nikon. Pour mémoire, je rappelle ici que je suis d’abord photographe avant d’être blogueur et que je ne suis aucunement journaliste. Je n’ai donc aucune obligation de tempérer mon enthousiasme, surtout quand j’ai le privilège de tester un matos de haute volée comme des optiques Nikkor. Franchement, connaissant Nikon, pensez-vous sérieusement qu’on peut sortir autrement que totalement extatique d’un test terrain avec des optiques d’exception comme celles que j’ai eu le bonheur de tester cette année, hein ? Comment ne pas être subjugué par un calibre comme Nikkor 14-24mm f2,8 ? Comment ne pas être enthousiasmé par un Nikkor 24-120mm f4 ? Ou par un Nikkor 70-200mm f2,8 VRII ? Voire par un téléconvertisseur comme TC20-EIII ? Non, je n’ai pas l’obligation journalistique d’induire une petite dose de “j’aime pas” dans mes tests-terrain. J’aime sans limite et sans concession et c’est pas pour autant que j’accepterai le poste de sales manager chez Nikon (sauf si c’est très, très bien payé à la rigueur). Cela dit, cette petite remarque ironique me fut également attribuée lorsque, par le passé, j’encensais EOS 1D Mark IV ou EOS 7D le magnifique. Les pisse-vinaigres trouveront toujours quelque chose à redire, mais ça, c’est leur problème. Moi, mon kiff, mon bonheur, mon satori, c’est le privilège (oui, oui, c’en est un) de pouvoir toucher du matos calibré, du matos d’exception et de ramener de l’image. Tiens à ce propos, reparlons-en, de l’image…

J’avais donc fait mon test-terrain et j’étais prêt à rendre le matériel à Nikon quand j’ai reçu un email d’un camarade expert en matière de matériels Nikon. Celui-ci, avec la franchise qui caractérise les relations entre amis me tenait à peu près ce langage, et là je cite in extenso : “Je pense que tu es passé à côté des deux points les plus importants. Le poids, bien moindre qu’un AFS 400/2.8 ou 500/4, il permet de travailler à main levée… Et c’est dans ces conditions que la stabilisation prend tout son intérêt et ouvre les portes à l’illustration du mouvement. La mise au point mini. Si tu t’étais mis au premier rang, tu aurais osé un grand nombre de détails à 50cm du sujet.” Si je fais abstraction du fait qu’on me dise franchement (mais les amis c’est fait pour ça) que j’étais un peu passé à côté de l’essentiel, je dois à la vérité de dire que ce message m’a singulièrement interpellé. Et comme il se trouvait que trois jours plus tard, j’avais un concert au Cabaret Vauban, j’ai décidé de substituer à mon habituel 70-200 cette vénérable optique au poids plume, m’imaginant ahanant, épuisé à l’idée de trimballer cinq kilos de matos à bout de bras. Ministère de l’homme, vous en avez ? Nous aussi. D’ailleurs ce soir-là, j’ai croisé une jeune pigiste d’un quotidien, qui, soupesant le bestiau pour le fun a compris, ce soir-là, que la photographie c’est une histoire de mecs, nom de dieu ! Je blague évidemment. Je me suis approché de la scène avec Monstro sous le bras, sous le regard incrédule des gens du public, et encore j’avais omis de positionner le pare-soleil. J’étais prêt.

D3s et Nikkor 200-400 à main levée. Jouable, mais sportif.
ched-helias-au-cabaret-vauban-test-nikkor-200-400-shots-2011On ne va pas se la raconter, si je vous dis que c’est facile de porter Nikon D3s et Nikkor 200-400 à bout de bras, de régler la vitesse, le diaph, de sélectionner son collimateur, de choisir sa focale, de cadrer et tout cela dans le même espace temps, vous ne me croirez pas et vous aurez raison. C’est pas facile. Non, là c’est plutôt le truc maousse qui remplit les mains d’un honnête homme, sans blague, mais c’est jouable. Disons qu’on reste dans les limites du raisonnable avec un poids global de cinq kilogrammes, alors que sur des focales comme le 400 ou le 500 on est carrément hors limite, à moins de se prénommer Arnold, comme le gouverneur de Californie. En revanche, dans le viseur ! Ô mes aïeux ! Dans le viseur du D3s l’image est d’une pureté cristalline et la capacité de ce caillou à faire le point à très faible distance est avérée. Avec une mise au point à 50 centimètres du sujet, on accède effectivement à des cadrages inhabituels. En revanche, impossible de demeurer trop longtemps dans la position de visée, car le poids se fait alors sentir. Encore une fois, j’imagine le profit de cette optique, en photographie sportive ou animalière.

D3s + 200-400. Le duo parfait ?
J’ai travaillé à 3200iso, capitalisant sur la capacité de D3s à générer une image propre à ce niveau, tout en me disant que ça allait me permettre d’être confortable, de pouvoir bosser à grande ouverture (f4) et avec une vitesse raisonnable (1/125e). Et puis comme toujours en concert, les conditions de lumière ont fait que j’ai dû réduire la toile, bossant à des vitesses moindres. Au un soixantième avec un morceau pareil, j’imaginais qu’au bout ça ne serait pas Byzance. Je me suis trompé. Par la grâce de la stabilisation, de ce fameux VR, on peut shooter à 1/60ème sans états d’âme. Et quand on accroche au collimateur, D3s se fait une joie d’engranger de l’image, et quelle image ! Un piqué, une netteté comme je les aime, une foule de détails, de nuances, de contrastes, de couleurs. Là, en bossant à main levée, proche du sujet, on frôle le parfait. En revanche, cadrer au cordeau est un exercice plus complexe qu’avec une optique lambda mais travailler avec ce 200-400 dans ces conditions un peu musclées restera une expérience inoubliable.

Nikkor 200-400 f4. Hautement recommandée.
Au risque de me répéter, voilà bien une optique d’exception, beaucoup plus polyvalente qu’on ne le pense de prime abord. Il a eu raison mon ami Nikoniste de me faire remarquer que j’étais passé à côté d’une expérience essentielle en zappant le shooting à main levée. Comme toujours en photographie, c’est l’image qui parle, c’est à elle qu’appartient le dernier mot. Et je dois avouer que je suis plutôt subjugué par les images produites par le tandem. Oui, mais… Si j’étais journaliste, que faudrait-il que je vous dise pour tempérer cet enthousiasme parfaitement suspect ? On s’en fout ! Je ne suis pas journaliste, je suis photographe. Je sais seulement une chose. Lorsqu’on a le privilège de toucher d’aussi prêt les étoiles, on n’a qu’une envie. C’est d’y retourner.

• photo : Piers Faccini au Cabaret Vauban (3200iso, mode M, 1/60, f4, focale 400mm, à main levée, cadrage d’origine)

• photo : stage portrait de Ched Hélias au Cabaret Vauban (3200iso, mode M, 1/100, f4, focale 400mm, à main levée, cadrage d’origine)

Un an avec Nikon D3s. Deux ou trois choses que je sais de lui.

florent-marchet-au-vauban-23-novembre-2011Un an. C’est court dans la vie d’un photographe mais c’est largement suffisant pour savoir. D’ailleurs, avec lui, j’ai su tout de suite, dès que je l’ai tenu en mains, j’ai su. C’était il y a un an, pile poil. Malgré son poids d’éléphant (on y reviendra), j’ai senti que j’avais entre les mains LE reflex numérique que je cherchais depuis tant d’années. Un genre d’alliance ultime entre l’aboutissement d’années de recherches de Nikon corp. visant à créer un DSLR capable d’aller capter une image nette dans des conditions de lumières limites d’un côté. Et de l’autre un photographe tor penn*, éternel insatisfait, infatigable explorateur du plus grand mystère de sa vie, la lumière. Au salon de la photo, alors que je sortais d’une séparation houleuse, voire chaotique d’avec Canon, nos chemins s’étaient croisés chez Nikon France. Ah ! Nikon. C’était franchement pas ma tasse thé, Nikon. De toutes façons, j’étais tellement accro aux optiques Canon, au fameux “velouté”, à cette façon irrésistible de transcrire les couleurs, que je ne me voyais pas un instant quitter la maison rouge. Et puis voilà, il y eut l’ours de Vincent (Munier), la présentation en catimini, la litanie des experts marketing cravatés et puis, enfin, la rencontre, la découverte, la première prise en main de ce boîtier dont je pensais à l’époque (et j’en reste convaincu) qu’il marquerait un tournant dans l’histoire de la photographie numérique. Le premier boîtier à avoir franchi la barre symbolique des 100.000 iso, un truc de fou, un concept renversant. Finalement, avec le recul, j’ai réalisé que cet argument choc, cette astuce marketing était surtout là pour marquer les esprits, de manière durable. Et entre nous, ça a plutôt bien fonctionné… Mais la puissance de de ce reflex numérique comme sa pertinence sont ailleurs. Dans la continuité de ce qui a fait le succès de la marque jaune sur le marché du reflex numérique depuis l’avènement du D1 en 1999. Dans cette volonté de pointer vers un seul objectif. Apporter aux photographes l’outil parfait. Une réponse de Nikon qui tient en deux lettres et un chiffre. D3s.
(*casse-tête en breton)

Un bon reflex fait ce qu’on lui dit de faire.
Mais revenons à moi, parce que, entre nous, même si c’est d’une banalité navrante, il faut bien le redire : aussi vrai que l’argent ne fait pas le bonheur, ce n’est pas le reflex qui fait le photographe, certes non. L’argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait feu mon grand-père mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. En photo, c’est pareil. Sauf que vous aurez beau avoir le boîtier super énième mode, si vous avez un regard de merde votre boîtier ne vous sera d’aucun secours. Banalité navrante, je vous dis. Bref. Mon truc à moi, c’est la photo de scène, j’ai même envie de dire de petite scène, l’un des genres photographiques techniquement les plus emmerdants qui soient, les plus contraignants aussi. Je fais aussi du packshot et je peux photographier à peu près tout et n’importe quoi du moment que ça paye les factures. Mais à chaque fois, les contraintes sont les mêmes. D’abord, je veux que mon reflex me suive. Conditions de lumières difficiles, il doit me suivre là où je vais. C’est en particulier vrai pour l’autofocus qui doit réagir au quart de poil, accrocher un point de netteté avec un zeste de lumière. Je bosse toujours en mode manuel, c’est comme ça, je ne sais pas faire autrement. J’ai besoin d’avoir le contrôle, de sentir que c’est moi qui décide. Idem pour l’autofocus. Je n’utilise jamais le mode suivi, je sélectionne manuellement mon collimateur, c’est contraignant mais c’est comme ça. À grande ouverture, quand la chaussure gauche est nette, la chaussure droite est dans le bokeh. Ça, c’est pour la prise de vue en concert. En packshot, c’est différent, moins de contrainte de lumière mais le placement des produits, la mise en scène sont autant de paramètres délicats. Mais quelque soient les conditions de prise de vue, il y a un chapitre où je ne veux pas, plus exactement où je ne peux pas me permettre de passer des heures de taff, c’est le post-traitement. Finalement, c’est pas à la prise de vue qu’on sait si on a en mains un bon reflex. C’est après. Et c’est là où Nikon D3s révèle toute sa pertinence, où il déploie toute sa puissance.

Nikon D3s. L’image est bonne. Tout de suite.
Parce qu’avec D3s, l’image est bonne et elle est bonne tout de suite. C’est quoi le bonheur avec D3s ? C’est de pouvoir cliquer dans le bouton exporter de Lightroom et rien d’autre. Pour moi, ça c’est du bon boulot. Et là vous me dites ? Dans ce cas là, pourquoi ne pas travailler directement au format jpeg plutôt qu’en RAW ? En fait le format RAW c’est une drogue dure, quand on y a touché, quand on sait à quel point ce format peut éventuellement vous sauver la mise, on n’envisage plus de shooter autrement. Mais vous avez raison ! D’ailleurs de nombreux photographes de presse qui utilisent Nikon D3s (comme les photographes de l’AFP par exemple) travaillent pour beaucoup directement en jpeg. C’est d’ailleurs ce qui me plait avec D3s, ce sentiment de confiance, d’adéquation, d’harmonie entre un boîtier, un bras, un œil et un cœur, comme disait ce cher Henri. Le bras, parlons-en. Car c’est le seul sujet qui fâche, avec D3s : son poids de mammouth ! Ah ! Mazette ! Qu’il est lourd à porter, le bougre. J’ai adapté une sangle Optech en lieu et place de la courroie d’origine, une sangle qui présente l’avantage d’être au besoin déclipsable, pratique quand je fais du produit. D’autant que côté optiques, à part le petit Nikkor 50mm f1,4 (que j’utilise rarement), j’embarque Nikkor 24-120mm f4, magnifiquement polyvalent, lumineux et réactif comme un f2,8, une optique qui sait tout faire avec une plage focale de rêve et bien sûr le définitif zoom trans-standard Nikkor 70-200mm f2,8 VRII qui a réussi l’exploit hallucinant de me faire oublier mon cher EF 70-200 2,8L IS et c’est pas peu dire. Nikon D3s et 70-200 accusent à la pesée 3134 grammes (avec deux cartes CF et une sangle Optech) et je vous garantis qu’à l’issue d’une séance mes bras en conservent le souvenir pendant un petit moment. C’est le prix à payer pour avoir le privilège de travailler avec un tandem d’exception.

D3s. Rien à déclarer, à part du plaisir.
Car finalement, le résultat est là. Si je mets de côté son poids, inhérent aux matériaux et aux technologies engagés dans la conception de ce boîtier, il n’y a rien, je dis bien RIEN que je puisse reprocher à Nikon D3s. Il est puissant et surtout il est polyvalent, capable de travailler dans toutes les conditions, il assure, il est capable de générer des images d’une pureté et d’un piqué irréprochables. Il y a un an, j’embarquais avec moi un D3s autant que j’embarquais à bord de la machine Nikon. On a fait un bout de route ensemble et il a toujours été là chaque fois que j’ai eu besoin de lui et il ne m’a jamais trahi. Je n’ai jamais réussi à le mettre en défaut et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé ! Je l’ai trimballé partout dans toutes les conditions de terrain, devant des plans de feux monstrueux comme dans des conditions d’éclairage modestes, sous le soleil, dans la poussière et sous la pluie. J’ai parfois shooté en rafale à 10fps, pour voir et j’ai vu. Dans des ambiances jazzy j’ai tapé en mode Q et personne ne m’a entendu. Nikon D3s, un an après. Chaque fois que je shoote avec ce boîtier, l’émotion est intacte et le plaisir toujours renouvelé. Voilà, on y revient encore, finalement, à la notion de plaisir. Le truc vraiment important, c’est de se sentir bien, d’être en phase avec son matériel, ça n’est pas seulement vrai pour le photographe mais pour tous les corps de métiers, un musicien avec son violon, un menuisier avec ses outils, … “Il ne doit pas y avoir de confrontation entre l’homme et la machine.” Ce postulat n’est pas de moi mais je vous garantis que le gars qui m’a dit ça sait de quoi il cause. D’ailleurs, comme c’est un aussi un lecteur de Shots et l’un de ceux par la grâce de qui cette rencontre avec Nikon D3s est arrivée, j’ai une pensée pour lui, il se reconnaîtra. C’est l’occasion aussi de saluer l’équipe de Nikon Pro, toujours là quand il faut. On dit que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis. Je confirme.

D3s. La bonne main.
Avec D3s j’ai enfin réussi à satisfaire et à caler mon éternelle quête d’exigence. Grâce à lui, le doute ne m’habite plus. Au moins, avec un D3s, quand je chie une photo, je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Et puis, au delà de tout, j’ai trouvé un compagnon de route en qui j’ai confiance. J’ai le sentiment que la route sera longue et pleine de belles rencontres. Alors bien sûr, il y aura d’autres boîtiers, bientôt, avec des specs qui vont faire vibrer les photographes. Mais j’ai l’impression d’être comme un joueur de poker, d’être servi et d’avoir vraiment une bonne main. Je regarderai passer les annonces, bien sûr, avec beaucoup d’intérêt, peut-être et même sans doute aurai-je envie de les tester ? Mais mon boîtier de référence demeure Nikon D3s, pour quelques années au moins. Parce que, finalement, quand on a le privilège d’avoir en mains un boîtier de ce calibre, il faut savoir savourer…

Post-scriptum
Un an. Pour ce premier anniversaire, j’ai choisi de vous montrer quelques clichés réalisés avec Nikon D3s. Ici un stage portrait de Charles Gayle marquant la pose à son piano au Cabaret Vauban, là la fougue de Ari Hoenig, batteur magnifique et instinctif dans le même lieu ou Napoleon Maddox, concentré sur sa machine à sons. PJ Harvey, Yelle, The Chemical brothers au festival des Vieilles Charrues. Une même constance, la complicité avec ce putain de boîtier. Toujours prêt, toujours au rendez-vous. Franchement, entre nous, avec lui, je me suis bien marré et comme dit le Francis, c’est que le début d’accord d’accord. Voilà. On y revient toujours. Du plaisir.

Test Nikkor 200-400mm f4 VR. Pour enfin atteindre l’inaccessible étoile.

nikon-D3s-200-400-sur-manfrotto-shots-2011
Sur le bon de livraison en provenance de Nikon France il y a écrit “Nikkor 200-400 f4 VR“. Petit frémissement. Je regarde le prix pour l’assurance. Ah ouais, quand même… Il s’agira donc de ne pas le perdre ou de le laisser tomber. De toutes façons, un engin pareil monté sur mon D3s ça accuse plus de cinq kilos à la pesée, alors pour le shooting à main levée, on oublie. Non. Là, c’est direction Digit Photo au rayon Manfrotto. J’ai investi dans un monopode pas trop cher (autour de 45€) qui supporte un poids de dix kilos. Un investissement indispensable, de toutes façons et puis comme j’ai déjà eu la bonne idée d’investir dans un trépied de la même marque, l’excellente rotule du trépied s’adapte à merveille sur le monopode, c’est ce qui s’appelle péréniser ses investissements. Me voilà paré. Pour le test sur le terrain j’ai choisi deux grandes salles. D’abord le Quartz, scène nationale et son grand auditorium avec Miossec pour la soirée Georges Perros. Ensuite la Carène, la grande salle qui accueille le concert sold out de Selah Sue. Deux salles, deux configurations idéales pour un shooting live et un test grandeur nature d’une optique d’exception, un zoom capable d’étaler de 200 à 400mm à f4 constant, équipé d’un VR, et plus si affinités avec un téléconverstisseur TCF14 capable de faire monter l’engin à une focale de 560mm à f5,6 constant. N’en jetez plus !

miossec-le-quartz-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011
Évidemment, le premier paramètre de ce monstrueux zoom Nikkor 200-400 mm, c’est justement son aspect énorme. Et puis quand le prend en main, comme disait Izma, tu sens la puissance Kronk ? (Oh oui ! On la sent bien). Habituellement, on attache une optique à son boîtier, ici c’est l’inverse. Il est conseillé de fixer solidement l’attache de la rotule sur le zoom, puis de fixer le zoom sur le monopode et d’amener le DSLR à la rencontre de l’optique. Pas d’ambiguïté, dans cette configuration c’est l’optique qui supporte le D3s qui semble bien rikiki quand il est fixé au 200-400. Un peu flippant au début, je m’assure que tout est solidaire et c’est parti. Premier constat. Je suis tout au fond du Quartz et à 200 je n’ai déjà pas assez de recul pour shooter tout le groupe. En revanche à 400mm c’est la fête. L’image dans le viseur est d’une luminosité sans nom, d’une clarté impeccable. Le zoom est très réactif, capable d’aller chercher un point de netteté dans des conditions borderline, tout ce que j’aime. On s’habitue très vite, finalement, à cette focale qui semble vraiment naturelle. Précision, il s’agit d’une émission qui passe en direct sur France Culture, donc on n’a pas affaire à un plan de feux phénoménal, d’une part et le tintamarre du déclencheur est totalement proscrit. Avec mon D3s je vais donc bosser en mode Q (le mode silencieux) et à 6400iso. Dans ces conditions, l’image présente un poil de grain mais c’est toujours moins pire que pas d’image du tout. Mais revenons à Nikkor 200-400. Si l’on excepte son poids, sensiblement plus élevé que la moyenne (doux euphémisme), au niveau du comportement, c’est un zoom de la famille Nikkor (j’allais dire comme un autre) avec toutes les qualités qu’on leur connaît, une grande souplesse d’utilisation, une fluidité parfaite de la bague de zoom, sauf que dans le cas présent on peut la tourner avec le plat entier de la main et pas du bout des doigts ! Dans le viseur, on s’habitue très vite à l’image, à sa clarté, à sa netteté, le plus troublant bien sûr demeure le ratio d’agrandissement à 400mm. En fait, en étant au fond de la salle, j’avais l’impression d’être au premier rang. C’est d’ailleurs ce qui m’a le plus gêné dans ce test, ce genre de matos lourd et encombrant, monté sur monopode ou trépied ne permet évidemment a priori pas la même souplesse qu’avec un 70-200, par exemple. Les contraintes sont plus sévères mais le champ d’action est immense. J’imagine aisément tout le profit qu’un photographe de sports ou un photographe animalier peuvent tirer d’une optique pareille, avec des fonctionnalités d’AF en continu, entre autres.

selah-sue-la-carene-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011
Quelques jours plus tard, j’ai rendez-vous à la Carène, pour un concert cette fois et un plan de feux qui a fait la réputation de cette salle. C’est Selah Sue qui sera mon sujet d’expérimentation, il y a pire. Comme au Quartz je suis en fond de salle, sur le balcon, une perspective très inhabituelle pour moi qui suis plutôt habitué aux fosses. Bizarrement, ce soir, je me sens beaucoup plus à l’aise avec le 200-400, la rotule Manfrotto permet une grande latitude et le monopode se règle en un clin d’œil, se déployant ou se rétractant très facilement. D’ailleurs, avec un peu d’habitude on peut se permettre quelques fantaisies de positionnement avec le monopode qui n’est pas condamné à reposer à terre, il peut aussi être en soutien ailleurs, sur le bout de ma chaussure par exemple, avec la rotule l’exercice est un peu sportif mais convaincant. Cette grande stabilité du monopode permet de shooter à des vitesses basses et le moteur VR fait des petits miracles. Tranquille à 1/60e, la capacité de Nikon D3s à monter tranquillement en iso permet de shooter à 1/125e f4,5 et au delà. Comme toujours, D3s fait preuve de son insolente domination dans sa capacité à accrocher le focus même dans des conditions de lumière délicates, pour peu qu’il trouve un point de contraste.

Le verdict. Que voulez-vous que je vous dise ?
Caillou d’exception, ça vous va ? Focale de rêve, f4 constant, optique ultra-lumineuse, dotée d’un VR des plus efficaces. Monté sur un calibre comme Nikon D3s on joue sur du velours, l’AF est extrêmement réactif. Le tandem produit des images d’un piqué remarquable. Comme d’habitude, j’ai poussé le bouchon en plaçant un téléconvertisseur Nikkor TC14 entre le boîtier et le zoom, en perdant certes un diaph (f5,6) mais en montant la focale à 560mm, excusez du peu, sans réelle perte de lisibilité, tout en préservant une image bien nette. Voilà le verdict. Nikkor 200-400 est à classer dans les must-have, les optiques de rêve qui permettent d’aller loin, plus loin pour enfin atteindre, comme le disait si joliment le grand Jacques, l’inaccessible étoile. Et puis quelle focale, mazette ! Quelle latitude, de 200 à 400, une focale qui ravira les photographes animaliers, sportifs, événementiels et people, cette optique monumentale, capable d’aller voir ce que les autres ne voient pas tout en se payant le luxe de produire une image nette et piquée, le tout à f4 constant, encore une fois excusez du peu. On lui adjoindra évidemment un boîtier fullframe d’exception, comme Nikon D3s (what else ?) voire un excellent D700. Et, surtout, avant d’investir dans cette optique, on prendra une profonde inspiration par le nez avant de signer, en apnée, d’une traite et avec le sourire un chèque de l’ordre de 7500€ TTC. Mais c’est bien connu. Quand on aime, on ne compte pas. C’est le prix du ticket pour un voyage vers les étoiles.

Annonces Nikon. Quand une simple intuition devient une information planétaire.

je-suis-une-blague-shots-2011
Petit résumé si vous avez raté l’épisode précédent. Lundi 5 décembre 2011. Demain, c’est mon anniversaire. Alors ? On fait quoi ? J’imagine un truc pour Shots, sans penser une seconde à quel point la mayonnaise va prendre. J’essaie de penser à l’avenir, je cogite, je me fie à mes intuitions façon Skywalker. Après tout, ça ne m’a pas trop mal réussi par le passé. Vous voulez que je vous rafraîchisse la mémoire ? Tenez quand j’avais prédit, le 27 septembre 2009, la date de lancement de EOS 1D Mark IV en pariant sur le mois d’octobre quand le reste du monde affirmait mars 2010. Bref, je ponds un billet dans la joie et la bonne humeur, où je me risque à un pronostic assez casse-gueule mais finalement plutôt réaliste sur les annonces Nikon. Et je vais même jusqu’à imaginer une date de lancement du produit. Et puis je vais me coucher.

Mardi 6 décembre. Happy birthday Harvey. Je jubile à l’idée de cette bonne blague et je publie mon billet, fier comme un p’tit banc. Le billet est publié depuis un quart d’heure, mes potes sur Twitter sont au taquet, j’ai réussi mon coup. Tout le monde se marre et je comprends bien que mes potes, eux, ont bien pigé qu’il s’agissait bien évidemment d’une intuition, d’une histoire de mon petit doigt qui m’a dit et de rien d’autre. Premier dérapage, ma chère et tendre (qui est aussi accessoirement mon boss) tombe sur le billet et apprécie modérément. Elle, ce billet ne la fait pas rire, du tout et en pareil cas c’est toujours le boss qui décide. D’un commun accord (mais elle était plus d’accord que moi) on décide de supprimer le billet et je passe à autre chose. Sauf que voilà, sur internet, les choses vont vite. Ce qui ne devait être qu’une petite info devient subitement un scoop planétaire, relayée par des médias qui sont à l’affût de toute info et qui font feu de tout bois, ce qui tend bien à prouver qu’ils ne savent généralement rien. Mieux encore, je récolte sur Shots des commentaires haineux, où quelques esprits réduits alimentent la théorie du complot. Je deviens l’arroseur arrosé par la grâce de quelques crétins persuadés que l’article a été enlevé sous la pression d’une très haute autorité. Et là on ne rigole plus.

Qu’est-ce que toute cette histoire m’inspire ? D’abord qu’elle pourrait prêter à sourire, si elle n’avait pris les proportions que l’on sait. D’ailleurs, être contraint d’écrire un billet sur le sujet pour réaffirmer que tout n’était, à la base, qu’une intuition, c’est déjà devoir prêter le flanc aux critiques les plus sournoises, voire les plus imbéciles, mais que voulez-vous ? On ne refera pas le monde, on n’éteindra pas les jalousies de tous ceux dont le seul tort, la seule faiblesse est bien de ne pas exister. Comme dans la fable de La Fontaine, je suis gros jean, comme devant. Aux gens honnêtes, à mes amis, je dis désolé pour le bruit, je suis le clown qui s’excuse de vous avoir fait rire. Je n’en tire aucune leçon, car de cette anecdote ridicule, il n’y a que ceux qui se sont enflammés qui méritent de méditer leur connerie et je pèse mes mots. Quant à moi, je garderai désormais mes intuitions pour moi et refuserai de relayer les rumeurs. Je laisse cette tâche à des sites dont c’est le fond de commerce et qui ne savent finalement rien. Voilà. Si cette histoire a une morale, c’est bien celle-là.

Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Nikon D800. Quand la rumeur d’une annonce enflamme internet.

Nikon-D800-fake-rumors-shots-2011Il aura suffi d’un post sur le site Nikon Rumors pour enflammer, que dis-je ? Pour consumer tout ce qu’internet compte de fans et d’afficionados de la marque jaune. Nikon, qui devait annoncer le successeur de D700 courant ou fin octobre, a finalement décidé de remettre à plus tard, opportunément servie par le choc des catastrophes naturelles en Thaïlande. Les mauvaises langues vous diront aussi que Canon et le séisme de ses annonces dantesques, coup sur coup, d’un EOS capable de rivaliser avec la crème des matos vidéo, puis d’un EOS 1Dx avec une liste de specs longue comme le bras, ont dû filer un sacré coup de mou à la marque plus jaune que jamais. D’ailleurs, côté communication, chez Nikon c’est silence radio. Voilà un bail que le manitoba ne répond plus et ce n’est pas l’annonce d’une gamme mirrorless, avec ses specs vidéo aussi anecdotiques que la taille de son capteur qui aura fait avancer les affaires de Nikon. Donc, voilà où on en était, donc, quand un blogueur outre-atlantique bien intentionné et sans doute aussi impatient que gourmand en rentrées publicitaires (eh ouais c’est bientôt Noël…) décida de révéler au reste du monde incrédule l’imminence d’une annonce, image à l’appui.

Les specs de Nikon D800
Est-ce que c’est bien D800 qui se cache derrière les visuels publiés sur internet ? Dèjà les amateurs éclairés croient reconnaître des clichés déjà publiés. Que l’identifiant du boîtier soit masqué par un cadre noir, moi je veux bien mais qu’on ait aussi masqué la marque Nikon ne manque pas de piment, d’autant qu’un boîtier Nikon se repère aisément à son ergot rouge. En revanche, ce qui est vraiment drôle c’est les specs. D’abord D800 serait plus petit et plus léger que son prédécesseur. Il embarquerait un double lecteur de cartes Compact Flash et SD et rien que ça, ça serait plutôt déjà une mauvaise nouvelle. Devoir gérer deux stocks de carte, bonjour l’ambiance. Un écran un peu plus grand c’est pas du luxe, un AF hérité de D3 et D700 donc rien de mieux qu’avant au niveau autofocus, en même temps Nikon assure bien à ce chapitre même si je trouve ça un peu étrange que Nikon n’ait pas voulu nous apporter quelque chose d’encore mieux. Des modes vidéos Full HD 1080p (30/25/24) à tous les étages, histoire de courir après Canon sur le segment convergence photo vidéo. En revanche rien sur la montée en iso. D800 sera-t-il capable des prouesses de son grand frère D3s, ça reste à voir. Et puis, il y a la cerise sur le gâteau, tenez-vous bien (tenez-vous mieux !) une résolution de 36mp. Et là, comme disait Bedos (Guy hein ? Pas son rejeton Canada Dry) : “J’pouffe !

Combien vous dites pour le capteur ?
Bon, en même temps cette rumeur de capteur maousse est aussi tenace qu’elle n’est pas nouvelle. Mais quand même, sérieusement ! Un capteur de 36 mégapixels, c’est simplement la négation par Nikon corp. de tout qu’ils nous ont dit et répété depuis des années. Et encore ! Je zappe l’aspect anecdotique de la taille même des fichiers RAW crachés d’un hypothétique capteur 36 mégapixels, pour avoir gardé le souvenir de ceux générés par EOS 5D Mark II et son capteur de 21,1mp. Là pour le coup, les futurs possesseurs d’un APN de ce calibre peuvent commencer à faire des économies en investissant dans des disques durs de bonne taille, exprimée en tera octets. Mais c’est connu, quand on aime, on ne compte pas. En revanche, du côté l’image, de sa netteté, de son piqué, c’est carrément une autre paire de manches. On pourra toujours nous servir l’éternel argument et nous dire que dans une image de 36mp, “on peut cropper”. Pour ma part mon D3s affiche un sobre 12mp qui me suffit dans tous les cas de figure. En même temps, je n’ai ni l’envie ni le temps de cropper.

Je suis une blague.
Non franchement je n’y crois pas. En fait, je ne veux pas y croire, surtout. Je ne veux pas croire à la réalité d’un D800 équipé d’une taille de capteur pareille, mais beaucoup de questions restent sans réponses, comme toujours avec les rumeurs. Outre la montée en iso, je serais curieux de savoir, par exemple, qui fabrique ce capteur ? Et puis je m’étonne surtout de voir Nikon corp. nier ce qui a toujours prévalu dans sa politique de développement, la prudence raisonnée de la marque jaune sur les tailles de capteur. Quand on voit qu’en face Canon annonce pour le printemps 2012 un reflex EOS 1DX doté d’un capteur de 18mp, que la marque rouge elle-même soit revenue de ce qu’on a désigné par le terme de “course aux pixels” il serait singulièrement surprenant de constater que Nikon prend la tangente, alors qu’ils nous ont répété pendant des années que le nombre de pixels ne fait pas la qualité de l’image. Quand on a entre les mains un D3s et son capteur de 12mp, on ne peut qu’acquiescer.

2012. L’année de toutes annonces ?
Non, définitivement non, je n’y crois décidément pas. Maintenant je ne suis pas dans le secret de Nikon et je peux me tromper. Et puis, étant déjà propriétaire d’un Nikon D3s, un boîtier avec lequel je suis plutôt en phase (malgré son poids de mamouth) je vous avouerai que je regarde cette annonce avec un peu de recul. Tout au plus pourrais-je m’interroger sur l’intérêt de ce reflex en boîtier backup mais pour ça il faudra l’avoir eu en mains. 2012 devrait être l’année de toutes les annonces, tant chez Nikon avec un D800 et peut-être un D4 que chez Canon qui a devancé son monde en annonçant coup sur coup un EOS 1DX (et un capteur de 18mp, sans blague !) et le développement d’un futur reflex EOS C qui fait déjà copieusement jaser dans le Landerneau de l’APN vidéo… Plus que jamais, nous allons vers les beaux jours.

Canon annonce EOS C le développement d’un nouveau concept de reflex EOS dédié vidéo.

gamme-canon-EOS-C-C300-cinema-shots-2011
J’ai zappé. Comme le grand benêt de Nikita dans la pharmacie, j’ai zappé. J’ai vu l’annonce Canon EOS C300 ce matin, j’ai vu l’arbre et je n’ai pas vu la forêt. Et puis j’ai vu passer un message sur Twitter où mon interlocuteur me disait simplement avoir été surpris de mon silence sur l’annonce du développement d’un reflex 4K par Canon. Pardon ? Un reflex 4K signé Canon, what the fuck ? Je me duis dit que j’avais dû rater une marche, zapper une info. Quatorze secondes plus tard, j’avais le communiqué de presse Canon sous les yeux et franchement, je m’en serais voulu de louper ça, deux points ouvrez les guillements, je cite la marque red (ah ah) in extenso : “Canon Inc. annonce développer un nouveau concept de reflex EOS. Incluant une version améliorée de capture vidéo, ce nouveau boîtier reflex EOS rendra possible les productions cinématographiques et les réalisations numériques Haute Définition. Equipé d’un capteur CMOS plein format, il permettra l’enregistrement de vidéos 4K en 35 mm à la vitesse d’enregistrement de 24P (avec compression Motion-JPEG) avec une qualité d’images exceptionnelle, qui redéfinira les standards des tournages réalisés en EOS.” J’ai pris mon téléphone rouge, celui qui est directement connecté à Canon et j’ai appelé. Mon interlocuteur avait un enthousiasme aussi débridé que le mien, ce qui n’est pas peu dire. Décryptage.

En clair, Canon développe un nouveau reflex qui pour le moment porte la seule mention “C”. Que Canon développe un reflex, c’est une chose, que la firme décide de l’annoncer si tôt c’est clairement pour couper les pattes de la concurrence dont on sait qu’elle a des velléïtés sur ce segment et entre nous, là… Canon met la barre très, très haut. EOS C (appelons-le comme ça puisque pour le moment il ne porte pas de nom officiel) c’est donc un reflex numérique fullframe plutôt orienté vidéo mais qui devrait aussi savoir faire des photos, capable d’enregistrer des vidéos au format 4K en 35mm à 24 images seconde. Bon, donc en clair c’est de la vidéo numérique de haut vol, du cinéma numérique quoi. C’est une monture EF comme le reste de la gamme EOS et là le message est clair et vise tous les vidéastes ayant utilisé les systèmes 5D Mark II et plus récemment EOS 7D : vos investissements en optiques sont pérennisés.

Mes échanges avec mon canonesque interlocteur m’ont fait réaliser que je n’avais pas seulement zappé cette énorme annonce mais que j’avais aussi zappé les annonces d’optiques. Je pensais benoîtement que lorsque Canon évoquait les optiques 24, 50 et 85 il s’agissait des optiques existantes, que nenni ! Il s’agit bel et bien de nouvelles optiques, spécifiquement conçues pour ce nouvel EOS et il semble d’après mes informations que les performances sont simplement “amazing” (en anglais dans le texte). Et c’est pas tout ! Le 24mm ouvre à f1,5. Le 50mm et le 85mm ouvrent à f1,3. Les puristes apprécieront. Un reflex DSLR fullframe, capable de produire un flux vidéo 4K à 24p, utilisant la gamme d’optiques Canon EF et de nouvelles optiques de course, une qualité d’image qui s’annonce exceptionnelle, j’en connais plus d’un qui va commencer à mettre des sous dans le nourin…

Canon Inc. qui jouait en fond de court sur le marché du reflex depuis deux ou trois ans se met d’un seul coup à monter au filet, à nous faire quelques passings de folie, annonçant coup sur coup un nouvel EOS 1Dx truffé de fonctionnalités à faire rougir n’importe quel photographe, deux nouvelles caméras baptisées EOS C300, une gamme d’optiques au format EF et au format PL et le développement d’un EOS C dédié à la vidéo en 4K, c’est beaucoup plus qu’un simple effet d’annonces. Même si, il faut bien l’avouer, sur ce coup-là la marque rouge m’a bien eu. La partie va s’avérer plus que serrée pour la concurrence, non seulement pour Red sur le segment vidéo mais aussi pour Nikon sur le segment convergence photo-vidéo. Les sourires sont de retour sur les visages du staff Canon. Nul doute qu’il y aura de l’ambiance sur le stand Canon, la semaine prochaine au Satis

EOS 5D Mark III, EOS 3D, EOS 6D ? Annonces Canon à Hollywood le 3 novembre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

annonces-canon-EOS-5D-mark-III-shots-2011Décidément, dans le petit monde de la photographie en général et du reflex numérique en particulier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait que le mois d’octobre allait nous réserver de belles surprises du côté de la marque jaune et puis patatras ! Un séisme et une catastrophe naturelle plus tard, il n’y a plus rien. Adieu veau, vache, D800, cochon, couvée, … Tout au plus l’incursion de Nikon sur le marché du mirrorless qui, entre nous, n’a guère suscité d’émotions dans le Landerneau de la photographie. Pourtant, les informations étaient fiables, des annonces étaient bien prévues en octobre, mais d’annonces jaunes, comme Sœur Anne on n’a finalement rien vu venir de la part de Nikon, totalement en quarantaine, un vrai silence radio, que dis-je ? Un embargo de la communication. D’ailleurs, moi qui vous parle et qui bénéficiait d’accoutumée d’échanges plutôt dynamiques avec Nikon, c’est maintenant le calme plat, marée basse, bernique. Pas de réponses, pas d’info, on dirait que Nikon s’est mis en mode mute. Bon, en même temps, il n’y a pas à chercher bien loin les raisons de ce mutisme. En face, chez la maison Canon qu’on croyait moribonde, à jamais perdue pour le marché du reflex numérique pro, voilà qu’on annonce un nouveau reflex haut de gamme, réunissant les deux modèles professionnels, sport et studio, abandonnant au passage le capteur APS-H et offrant au monde des photographes une liste de specs, comment dire ? Vibrillonante. Des fonctionnalités dont j’écrivais qu’elles ne pouvaient laisser aucun photographe indifférent, quelque soit sa chapelle, si tant est qu’il en ait une. Canon revenu d’entre les morts (ça tombe bien, c’est Halloween), sur le devant de la scène avec un boîtier plus que prometteur, EOS 1DX, c’est rien de le dire, tant en matière d’autofocus, de puissance avec un double Digic V+ et de ce qui fait le signe particulier de la marque rouge depuis l’avènement de EOS 5D Mark II, ce qui lui a sans doute aussi évité de boire la tasse, de la vidéo en full HD sur un boîtier DSLR. Cette annonce en a, sans aucun doute, sidéré plus d’un et ce n’est pas tout. Dans la foulée de cette annonce, Canon a enfoncé le clou en promettant un deuxième acte, des annonces prévues pour le 3 novembre, annonces faites depuis la charmante bourgade de Hollywood, California USA.

Et là, comme moi, vous avez bondi hors de vos gonds et à l’instar du Commissaire Bourrel (désolé pour les gamins de moins de quarante ans à qui cette référence ne parlera guère) vous avez tapé dans vos mains en grommelant “Hollywood ? Bon sang ! Mais c’est bien sûr !” Eh oui ! Et si en plus je vous dis que la société Red, oui celle-là même qui conçoit des caméras numériques qui coûtent un œil et qui s’est fait salement allumer par cette concurrence aussi canonesque qu’inattendue, a annoncé que elle, aussi, ferait une série d’annonces ce jour-là… Nom d’un p’tit bonhomme ! Et que Hollywood c’est la capitale de… La capitale de… Qui le sait ? Qui le sait ? Non, pas du chewing gum ! Du Ci… Du Ci… Non pas du citron, du Cinéma merci pour ceux qui suivent, vous aurez compris que, peut-être Canon s’apprêterait à annoncer, enfin ! Le successeur de EOS 5D Mark II. Et que ce boîtier se nomme EOS 5D Mark III, EOS 6D, ou EOS 5Dx on s’en fout un peu. Car ce qui compte, pour Canon Inc. c’est l’effet d’annonce. De dire au monde “on est encore là et il faudra encore compter sur nous, demain.” Et comme me le confiait récemment un membre du staff Canon France : “C’est une immense satisfaction de constater que Canon a encore cette capacité à susciter l’admiration et l’envie.” Je confirme. Je ne connais pas un seul photographe qui n’ait pas frémis d’impatience à tenir un EOS 1DX entre ses mains, pour voir, moi le premier… Alors tout cela augure de choses excitantes pour l’avenir, d’autant qu’il pourrait bien y avoir des annonces sur deux boîtiers et pourquoi pas aussi deux ou trois optiques de bon aloi, comme un successeur du 24-70 f2,8 L dans une version IS que les amateurs de rouge attendent depuis perpète. On a retrouvé Canon et maintenant on attend la suite de l’histoire. On imagine volontiers ce que pourrait être un reflex fullframe dans la lignée de 5D Mark II, qu’il embarquerait des fonctions vidéo avancées, un processeur Digic V (ou V+ comme le futur grand frère) et on croise les doigts pour que Canon ait, cette fois, mis le paquet sur des fonctionnalités avancées d’autofocus et de gestion des hauts iso. Canon is back et remet les pendules à l’heure.

Et ce bel enthousiasme a semble-t-il singulièrement refroidi les ardeurs de Nikon. De l’autre côté de la ligne jaune, alors que les rouges se démènent comme de beaux diables, chez Nikon on reste coi. Les réseaux sociaux de la marque jaune ne s’activent plus guère, on a l’impression qu’ils sont tous d’un coup en quarantaine bien tassée et encore une fois c’est rien de le dire… Oubliées et remisées au placard les hypothétiques annonces prévues en octobre, Nikon semble plutôt attendre à quelle sauce son éternel concurrent va manger le monde du segment convergence photo-vidéo sur lequel Canon règne, il faut bien l’admettre, sans trop de partage, malgré de timides incursions et tentatives d’occupation de terrain de la part de Nikon . Enfin ! Plus que jamais, nous, les photographes, nous sommes assis le long du fleuve et nous attendons de voir… Comme toujours. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps. Prochaine édition, prochaine émission, le 3 novembre. Trois jours. Et ce jour là, je veux bien parier qu’il y en a plus d’un qui devrait voir rouge. Stay tuned.

Petit exercice de photographie. Le jeu des 36 poses.

brest-le-port-de-commerce-sep-2011-herve-le-gallAh ! C’était mieux avant, l’argentique, la pelloche, on n’avait pas accès aux images tout de suite, on prenait son temps, bla bla bla… En même temps, c’est pas faux. Seulement voilà. On est en 2011, tous les photographes ou presque sont passés au numérique, à l’exception de quelques irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. D’ailleurs, entre nous j’en fais partie. De temps en temps je sors une TriX du frigo, je la loge dans mon Canon F1n et je vais la cramer, en concert ou ailleurs. Et puis je reviens à la maison et je développe ma pellicule, souvent avec plusieurs semaines de décalage, comme au bon vieux temps quoi ! Et puis je découvre le négatif, que je scanne. Je me raccroche ainsi au wagon du numérique, en quelque sorte. Et là vous me dites, un brin goguenard : “tout ça c’est bien joli, mais nous on est en numérique !” Et là j’ai envie de vous dire et alors ? Et si on oubliait deux secondes que votre reflex est numérique. Si on imaginait deux secondes que votre carte numérique est une pellicule virtuelle ? Ça vous branche ? Venez, on va jouer au jeu des 36 poses. Non seulement vous allez vous amuser, mais en plus vous allez devenir meilleur.

Le matériel
Alors, on a besoin de quoi pour jouer au jeu des 36 poses ? Pas grand chose au fond. D’abord on a besoin d’un appareil photo numérique, plutôt un reflex à objectif interchangeable. Sur ce reflex, montez un 50mm. Pourquoi un 50mm ? Parce que c’est une focale standard, c’est aussi l’un des cailloux les plus produits, on en trouve à pas cher dans presque toutes les crèmeries. Tenez, au hasard, si vous êtes équipés en Canon, la marque rouge produit un très bon standard 50mm f1,8 pour un prix très abordable (autour de 100€, de mémoire). Idem par ailleurs chez Nikon. Vous aurez aussi besoin d’une carte mémoire, un ou deux giga seront largement suffisants. Alors, je récapitule. Un reflex, un objectif 50mm, une carte mémoire. Vous êtes paré, il ne manque plus que vous et un peu de votre temps.

La règle du jeu
La règle du jeu est toute simple. On peut jouer tout seul, ou à plusieurs. D’abord, logez votre carte mémoire dans votre reflex et partez vous promener. Vous pouvez aller où vous voulez, photographier ce que vous voulez, le sujet n’a aucune importance, le seul truc vraiment important c’est que ça vous inspire, que ça vous plaise, que vous vous sentiez bien. Vous disposez d’une pellicule virtuelle. Vous avez donc le droit à trente six poses, pas une de plus. Bien sûr vous n’êtes pas condamné à faire trente six poses, si vous avez fait dix huit photos ou vingt quatre et que vous êtes content, c’est bien aussi. Il y a deux choses que vous n’avez pas le droit de faire, dans ce jeu. Vous ne pouvez pas visualiser les photos déjà faites. Vous ne pouvez pas non plus effacer une photo déjà faite. Enfin, débrayez tous les automatismes de votre reflex. Passez en mode manuel pour le réglage du diaphragme et de la vitesse et débrayez l’autofocus. Réglez la sensibilité de votre choix, selon le moment de la journée (entre 100 et 400 iso, ça devrait aller) et n’en changez plus. Voilà. À partir de maintenant, vous êtes le patron, c’est vous qui décidez, votre viseur est le prolongement de votre œil. Une fois que vous avez assimilé et admis les règles du jeu, vous êtes prêt. Ou presque.

Quelques conseils avant de vous lancer
Choisissez un thème qui vous inspire. Moi par exemple, j’aime la ville. Ici, chez moi à Brest, les sujets d’inspiration sont nombreux. Dès qu’un sujet accroche mon œil, je construis une image mentalement. Parfois, ça va vite. Un chien noir qui descend un escalier, c’est difficile de lui demander de s’arrêter pour prendre la pose… J’aime bien aussi me balader sur le port de commerce, un lieu qui mélange les grues industrielles bleues et orangées avec les petits bateaux de marins pêcheurs. Prenez votre temps, respirez, laissez vous envahir par l’image, soyez vous-même (et avec soi-même on ne triche pas). Eloignez votre index de l’obturateur, construisez votre image à travers le viseur, réfléchissez à ce que vous avez envie de montrer, à la façon dont vous voulez le montrer. Et encore une fois, au risque de me répéter, prenez votre temps, votre respiration. Adaptez vos réglages à ce que vous avez envie de montrer, jouez avec le diaphragme, les profondeurs de champs, la vitesse, le cadrage et lorsque vous êtes prêt, et surtout que vous en avez envie, déclenchez. C’est dans la boîte.

La régle des 60.
Dans ce jeu, pas de gagnant, pas de perdant. Regardez vos clichés, un par un. Le privilège du photographe, finalement, il est là. Être à la fois son metteur en scène et son premier spectateur. Si ce que vous voyez vous plaît, brut de pomme, alors c’est gagné. Sinon une règle consistant à établir que 60% des clichés réalisés doivent vous donner satisfaction est un bon postulat, ça permet de placer la barre plutôt à bonne hauteur. Sur trente six poses, ça signifie avoir entre 21 et 22 bons ou très bons clichés et j’en conviens c’est pas aisé. Encore une fois, tout cela n’est qu’un jeu. Le fait d’évoluer en mode manuel, de piloter à vue, de penser, de se poser, de réfléchir au cadrage, aux réglages, vous verrez c’est un exercice très enrichissant, un parcours solitaire où l’avis des autres n’a strictement aucune importance. Ce qui a de l’importance, en photographie, c’est vous, votre avis, votre regard. Tout le reste, le bla bla académique, on s’en balance. Voilà. Bonne promenade photographique et surtout amusez-vous bien. Et que la passion de votre œil transpire à travers vos clichés. Ah ! Une dernière chose. Faites imprimer vos meilleurs clichés dans un laboratoire de qualité et offrez-les à des gens que vous aimez. Leur regard qui s’éclaire à la vue de vos photographies sera votre meilleure récompense et vous saurez alors qu’à ce petit jeu, il y a plus d’un gagnant…

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes