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	<title>Photos de concerts, Shots Hervé LE GALL Photographe&#187; miossec</title>
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	<description>le blog du photographe Hervé LE GALL</description>
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		<title>L&#8217;école de la loose.</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jan 2012 13:26:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est d&#8217;une banalité navrante d&#8217;affirmer aujourd&#8217;hui, que, grâce au numérique (ou à cause de, c&#8217;est selon), l&#8217;acte photographique s&#8217;est totalement banalisé. D&#8217;ailleurs, entre nous, si je puis me permettre, c&#8217;est à mes yeux l&#8217;immense majorité de la production photographique qui s&#8217;étale au fil des jours sur les nombreux médias internet qui est d&#8217;une banalité navrante. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2012/01/gare-de-sedan-sous-la-pluie-par-MG-shots-2012.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2012/01/gare-de-sedan-sous-la-pluie-par-MG-shots-2012.jpg" alt="gare-de-sedan-sous-la-pluie-par-MG-shots-2012" title="gare-de-sedan-sous-la-pluie-par-MG-shots-2012" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-2207" /></a>C&#8217;est d&#8217;une banalité navrante d&#8217;affirmer aujourd&#8217;hui, que, grâce au numérique (ou <em>à cause de</em>, c&#8217;est selon), l&#8217;acte photographique s&#8217;est totalement banalisé. D&#8217;ailleurs, entre nous, si je puis me permettre, c&#8217;est à mes yeux l&#8217;immense majorité de la production photographique qui s&#8217;étale au fil des jours sur les nombreux médias internet qui est d&#8217;une banalité navrante. Autrefois, je veux dire du temps de l&#8217;argentique, au siècle passé, quand il fallait payer pour faire une photo, quand l&#8217;acte photographique coûtait de l&#8217;argent, on y réfléchissait à deux fois avant d&#8217;appuyer sur le déclencheur. D&#8217;ailleurs, il y avait nettement moins de prétendants à la couronne, quand il fallait dépenser ses maigres économies dans l&#8217;achat des pellicules et du nécessaire développement, alors on était nettement moins pressé de prétendre à la succession de ce cher <em>Henri</em>. Et puis sont venus le numérique et, comme un bonheur n&#8217;arrive jamais seul, l&#8217;avènement d&#8217;internet. Songez donc. Non seulement tout le monde allait pouvoir faire des photos quasi gratuitement, sans débourser un <em>kopeck</em>, sauf pour acheter le matériel, mais on allait en plus pouvoir montrer au monde ébahi toute l&#8217;étendue de son talent et, accessoirement, de l&#8217;ego qui va avec. <em>Que demande le peuple ?</em> Et comme si ça ne suffisait pas, on allait en plus mettre à la disposition des photographes en herbe plein de beaux outils pour optimiser leurs clichés, voire pour les rendre un peu plus présentables. Et les fondamentaux de la photographie dans tout ça ? On verrait plus tard. <em>Ou pas</em>.</p>
<p>• <strong>L&#8217;art du paraître</strong><br />
Le côté pervers, dans cette volonté de paraître avant de comprendre, c&#8217;est que ça ne mène nulle part. La meilleure illustration, si j&#8217;ose dire, est le développement ces dernières années de toute une gamme de bidouilles logicielles qui permettent de générer des images qui, a défaut d&#8217;avoir de véritables qualités photographiques intrinsèques (je parle de notions comme le cadrage, la gestion du mouvement, la lumière, …) permettent de donner à son auteur l&#8217;illusion d&#8217;une image qui ait de la gueule. Un exemple parfait selon moi est le phénomène <em>Instagram</em>, ce petit logiciel astucieux permettant de trafiquer les équilibres colorimétriques d&#8217;une image numérique et de générer une photographie qui sorte de l&#8217;ordinaire. Cerise sur le gâteau, Instagram est accessible à partir d&#8217;un smartphone et en plus, il est gratuit. D&#8217;ailleurs, mine de rien,  les <em>iPhone</em> et autres <em>Androïd</em> ont pris aujourd&#8217;hui une part de marché non-négligeable sur le segment photographique. Internet est inondé de ces images fadasses qui, finalement, se ressemblent toutes plus ou moins. D&#8217;ailleurs le problème posé par ces traitements à la chaîne est bien là. Dans l&#8217;uniformité du résultat. Ils imaginent qu’ils vont être <em>tous différents</em>. Et au fond ils sont <em>tous pareils</em>. </p>
<p>• <strong>Les effets pervers de la technologie</strong><br />
La technologie <em>c&#8217;est bien, en abuser ça craint</em>. Un exemple extrême se résume dans certaines techniques comme la photographie <strong>HDR</strong>, qui est, selon moi, une claque dans la gueule, une véritable insulte à l&#8217;art de la photographie, mais après tout chacun voit midi à sa porte, enfin ! Quand il sait lire l&#8217;heure. Plus proche et beaucoup plus répandue est l&#8217;utilisation massive (et souvent désastreuse, pour ne pas dire calamiteuse) de logiciels de post-traitement comme <strong>Lightroom</strong>. J&#8217;en vois déjà qui sont prêts à dégainer. Comprenons-nous bien, je dis et je répète que je n&#8217;ai évidemment <em>rien</em> contre Lightroom que j&#8217;utilise moi-même. Comme tout outil, Lightroom peut s&#8217;avérer aussi utile que désastreux lorsqu&#8217;il est mal employé, voire détourné et c&#8217;est malheureusement trop souvent le cas, avec un recours massif à ces procédures automatisées de traitement qu&#8217;on désigne sous le nom de <em>presets</em>. Résultat ? Comme on dit chez <strong>Kanabeach</strong> de Plouzané &#8220;All different but all together&#8221;. Toutes les images se ressemblent et <em>c&#8217;est la caca, c&#8217;est la cata, c&#8217;est la catastrophe</em>. Parce que, dans ces conditions, espérer <em>le mimi, le rara, le miracle,</em> se dire que Lightroom va compenser ton cadrage de merde, réparer ton expo hasardeuse, te rattraper le coup, voire faire croire que, te donner l&#8217;illusion d&#8217;un cliché réussi, <em>ce que tu te goures fillette, ce que tu te goures !</em> Et finalement, le résultat c&#8217;est que TOUTES les photos produites suivant le schéma consistant à utiliser des <em>presets</em> Lightroom, toutes ces photos se ressemblent. <em>Toutes différentes mais toutes pareilles</em>. Vous me direz, quand on voit des clichés de ce cher <em>Henri</em> on sait <em>immédiatement</em> que c&#8217;est du <strong>Cartier-Bresson</strong>. Ben ouais ! Parce que HCB, il a un style, une patte, un cœur et un œil. Et on crie, à raison, au génie. En revanche, pour les photos fadasses passées au mixeur à la sauce presets, on se dit seulement <em>tiens, en voilà encore un qui a (mal) utilisé Lightroom</em>. Et ça, franchement, c&#8217;est la <em>loose</em>. </p>
<p>• <strong>Faites des photos qui vous ressemblent !</strong><br />
J&#8217;ai souvent écrit et répété ici-même et ailleurs que selon moi, le bonheur, c&#8217;est d&#8217;obtenir une image qui soit bonne sortie de capteur. Propre, nette, cadrée aux petits oignons, avec l&#8217;expo qui va bien… Si je dois passer des plombes sur LR pour que mes clichés aient une gueule potable, <em>nan trugarez</em>* ! C&#8217;est là, aussi, où avoir un bon boîtier avec lequel on se sente bien, en phase, qu&#8217;on maîtrise pas trop mal, dans un contexte où, pour reprendre une expression désormais célèbre, il n&#8217;y ait <em>pas conflit entre l&#8217;homme et la machine</em>, est un paramètre essentiel. Avoir un bon boîtier, pour un photographe, c&#8217;est comme <em>avoir un bon copain, c&#8217;est c&#8217;qu&#8217;il y a d&#8217;plus chouette au monde</em>, comme dirait <strong>Miossec</strong>. Pour ma part, j&#8217;ai trouvé mon harmonie avec <strong>Nikon D3s</strong> et deux optiques qui couvrent l&#8217;essentiel de mes besoins, que demander de plus ? La bonne idée, à défaut de donner un conseil, c&#8217;est que si vous aimez faire des photos, mettez à profit cette passion pour montrer les choses, les gens tels que vous les voyez (tels que vous les aimez), en un mot dialoguez avec le monde et faites des photos qui <em>vous</em> ressemblent. N&#8217;imitez pas, ne tentez pas de reproduire et surtout gardez en mémoire que lorsque vous avez déclenché c&#8217;est fait, la messe est dite. Vous pourrez améliorer en post-prod mais ne comptez pas sur &#8220;après&#8221; pour faire d&#8217;une photo approximative un cliché de référence.<br />
(*non merci.)</p>
<p><em>Last but not least</em>. La photographie c&#8217;est un peu comme la passion, c&#8217;est une alchimie étrange, un compromis, un équilibre entre des forces divergentes que tout oppose et que la photographie, justement, dans une miraculeuse conciliation, une grâce ultime, réunit. La lumière, le mouvement, le cadre, l&#8217;image. C&#8217;est de la chimie aussi. Un truc fascinant, la révélation de la lumière qui tient pratiquement de la magie. Je ne saurais trop vous conseiller d&#8217;aller faire un tour dans ce monde-là, pour sentir les choses, dans tous les sens du terme. Vous comprendrez, vous assimilerez quelques clés indispensables sans lesquelles, finalement, on se sent un peu perdu. </p>
<p>• merci à Juliette Gréco, à Miossec et aux Inconnus. Et à Henri Cartier-Bresson, mon respect éternel.</p>
<p>• crédit photo : MG (Gare de Sedan. Instagram)<strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Test Nikkor 200-400mm f4 VR. Pour enfin atteindre l&#8217;inaccessible étoile.</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Dec 2011 09:54:06 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sur le bon de livraison en provenance de Nikon France il y a écrit &#8220;Nikkor 200-400 f4 VR&#8220;. Petit frémissement. Je regarde le prix pour l&#8217;assurance. Ah ouais, quand même&#8230; Il s&#8217;agira donc de ne pas le perdre ou de le laisser tomber. De toutes façons, un engin pareil monté sur mon D3s ça accuse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/nikon-D3s-200-400-sur-manfrotto-shots-2011.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/nikon-D3s-200-400-sur-manfrotto-shots-2011.jpg" alt="nikon-D3s-200-400-sur-manfrotto-shots-2011" title="nikon-D3s-200-400-sur-manfrotto-shots-2011" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-2112" /></a><br />Sur le bon de livraison en provenance de Nikon France il y a écrit &#8220;<em>Nikkor 200-400 f4 VR</em>&#8220;. Petit frémissement. Je regarde le prix pour l&#8217;assurance. Ah ouais, quand même&#8230; Il s&#8217;agira donc de ne pas le perdre ou de le laisser tomber. De toutes façons, un engin pareil monté sur mon D3s ça accuse plus de cinq kilos à la pesée, alors pour le <em>shooting</em> à main levée, on oublie. Non. Là, c&#8217;est direction <a rel="nofollow" href="http://www.shots.fr/goto/http://www.photos-de-concerts.com/go_16.html"  target="_blank"><strong>Digit Photo</strong></a> au rayon <em>Manfrotto</em>. J&#8217;ai investi dans un monopode pas trop cher (autour de 45€) qui supporte un poids de dix kilos. Un investissement indispensable, de toutes façons et puis comme j&#8217;ai déjà eu la bonne idée d&#8217;investir dans un trépied de la même marque, l&#8217;excellente rotule du trépied s&#8217;adapte à merveille sur le monopode, c&#8217;est ce qui s&#8217;appelle péréniser ses investissements. Me voilà paré. Pour le test sur le terrain j&#8217;ai choisi deux grandes salles. D&#8217;abord <em>le Quartz</em>, scène nationale et son grand auditorium avec <strong>Miossec</strong> pour la soirée <strong>Georges Perros</strong>. Ensuite <em>la Carène</em>, la grande salle qui accueille le concert <em>sold out</em> de <strong>Selah Sue</strong>. Deux salles, deux configurations idéales pour un <em>shooting</em> live et un test grandeur nature d&#8217;une optique d&#8217;exception, un zoom capable d&#8217;étaler de 200 à 400mm à f4 constant, équipé d&#8217;un VR, et plus si affinités avec un téléconverstisseur TCF14 capable de faire monter l&#8217;engin à une focale de 560mm à f5,6 constant. N&#8217;en jetez plus !</p>
<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/miossec-le-quartz-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/miossec-le-quartz-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011.jpg" alt="miossec-le-quartz-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011" title="miossec-le-quartz-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-2113" /></a><br />
Évidemment, le premier paramètre de ce monstrueux zoom <strong>Nikkor 200-400 mm</strong>, c&#8217;est justement son aspect énorme. Et puis quand le prend en main, comme disait Izma, <em>tu sens la puissance Kronk ?</em> (Oh oui ! On la sent bien). Habituellement, on attache une optique à son boîtier, ici c&#8217;est l&#8217;inverse. Il est conseillé de fixer solidement l&#8217;attache de la rotule sur le zoom, puis de fixer le zoom sur le monopode et d&#8217;amener le DSLR à la rencontre de l&#8217;optique. Pas d&#8217;ambiguïté, dans cette configuration c&#8217;est l&#8217;optique qui supporte le D3s qui semble bien <em>rikiki</em> quand il est fixé au 200-400. Un peu flippant au début, je m&#8217;assure que tout est solidaire et c&#8217;est parti. Premier constat. Je suis tout au fond du Quartz et à 200 je n&#8217;ai déjà pas assez de recul pour shooter tout le groupe. En revanche à 400mm c&#8217;est la fête. L&#8217;image dans le viseur est d&#8217;une luminosité sans nom, d&#8217;une clarté impeccable. Le zoom est très réactif, capable d&#8217;aller chercher un point de netteté dans des conditions <em>borderline</em>, tout ce que j&#8217;aime. On s&#8217;habitue très vite, finalement, à cette focale qui semble vraiment naturelle. Précision, il s&#8217;agit d&#8217;une émission qui passe en direct sur <em>France Culture</em>, donc on n&#8217;a pas affaire à un plan de feux phénoménal, d&#8217;une part et le tintamarre du déclencheur est totalement proscrit. Avec mon D3s je vais donc bosser en <em>mode Q</em> (le mode silencieux) et à 6400iso. Dans ces conditions, l&#8217;image présente un poil de grain mais c&#8217;est toujours moins pire que pas d&#8217;image du tout. Mais revenons à <strong>Nikkor 200-400</strong>. Si l&#8217;on excepte son poids, sensiblement plus élevé que la moyenne (doux euphémisme), au niveau du comportement, c&#8217;est un zoom de la famille <strong>Nikkor</strong> (j&#8217;allais dire <em>comme un autre</em>) avec toutes les qualités qu&#8217;on leur connaît, une grande souplesse d&#8217;utilisation, une fluidité parfaite de la bague de zoom, sauf que dans le cas présent on peut la tourner avec le plat entier de la main et pas du bout des doigts ! Dans le viseur, on s&#8217;habitue très vite à l&#8217;image, à sa clarté, à sa netteté, le plus troublant bien sûr demeure le ratio d&#8217;agrandissement à 400mm. En fait, en étant au fond de la salle, j&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;être au premier rang. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce qui m&#8217;a le plus gêné dans ce test, ce genre de matos lourd et encombrant, monté sur monopode ou trépied ne permet évidemment <em>a priori</em> pas la même souplesse qu&#8217;avec un 70-200, par exemple. Les contraintes sont plus sévères mais le champ d&#8217;action est immense. J&#8217;imagine aisément tout le profit qu&#8217;un photographe de sports ou un photographe animalier peuvent tirer d&#8217;une optique pareille, avec des fonctionnalités d&#8217;AF en continu, entre autres.</p>
<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/selah-sue-la-carene-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/12/selah-sue-la-carene-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011.jpg" alt="selah-sue-la-carene-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011" title="selah-sue-la-carene-nikon-D3s-nikkor-200-400-shots-2011" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-2114" /></a><br />
Quelques jours plus tard, j&#8217;ai rendez-vous à <em>la Carène</em>, pour un concert cette fois et un plan de feux qui a fait la réputation de cette salle. C&#8217;est <strong>Selah Sue</strong> qui sera mon sujet d&#8217;expérimentation, il y a pire. Comme au <em>Quartz</em> je suis en fond de salle, sur le balcon, une perspective très inhabituelle pour moi qui suis plutôt habitué aux fosses. Bizarrement, ce soir, je me sens beaucoup plus à l&#8217;aise avec le 200-400, la rotule <em>Manfrotto</em> permet une grande latitude et le monopode se règle en un clin d&#8217;œil, se déployant ou se rétractant très facilement. D&#8217;ailleurs, avec un peu d&#8217;habitude on peut se permettre quelques fantaisies de positionnement avec le monopode qui n&#8217;est pas condamné à reposer à terre, il peut aussi être en soutien ailleurs, sur le bout de ma chaussure par exemple, avec la rotule l&#8217;exercice est un peu sportif mais convaincant. Cette grande stabilité du monopode permet de shooter à des vitesses basses et le moteur VR fait des petits miracles. Tranquille à 1/60e, la capacité de Nikon D3s à monter tranquillement en iso permet de shooter à 1/125e f4,5 et au delà. Comme toujours, D3s fait preuve de son insolente domination dans sa capacité à accrocher le focus même dans des conditions de lumière délicates, pour peu qu&#8217;il trouve un point de contraste.</p>
<p>• <strong>Le verdict. Que voulez-vous que je vous dise ?</strong><br />
<strong>Caillou d&#8217;exception</strong>, ça vous va ? Focale de rêve, f4 constant, optique ultra-lumineuse, dotée d&#8217;un VR des plus efficaces. Monté sur un calibre comme <strong>Nikon D3s</strong> on joue sur du velours, l&#8217;AF est extrêmement réactif. Le tandem produit des images d&#8217;un piqué remarquable. Comme d&#8217;habitude, j&#8217;ai poussé le bouchon en plaçant un téléconvertisseur <strong>Nikkor TC14</strong> entre le boîtier et le zoom, en perdant certes un diaph (f5,6) mais en montant la focale à 560mm, excusez du peu, sans réelle perte de lisibilité, tout en préservant une image bien nette. Voilà le verdict. <strong>Nikkor 200-400</strong> est à classer dans les <em>must-have</em>, les <strong>optiques de rêve</strong> qui permettent d&#8217;aller loin, plus loin pour <em>enfin atteindre</em>, comme le disait si joliment le grand Jacques, <em>l&#8217;inaccessible étoile</em>. Et puis quelle focale, mazette ! Quelle latitude, de 200 à 400, une focale qui ravira les photographes animaliers, sportifs, événementiels et <em>people</em>, cette optique monumentale, capable d&#8217;aller voir ce que les autres ne voient pas tout en se payant le luxe de produire une image nette et piquée, le tout à f4 constant, encore une fois excusez du peu. On lui adjoindra évidemment un boîtier <em>fullframe</em> d&#8217;exception, comme <strong>Nikon D3s</strong> (what else ?) voire un excellent D700. Et, surtout, avant d&#8217;investir dans cette optique, on prendra une profonde inspiration par le nez avant de signer, en apnée, d&#8217;une traite et avec le sourire un chèque de l&#8217;ordre de <strong>7500€</strong> TTC. Mais c&#8217;est bien connu. Quand on aime, on ne compte pas. C&#8217;est le prix du ticket pour un voyage vers les étoiles.<strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Vieilles Charrues 2011. Quand on aime, on a toujours vingt ans.</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Jul 2011 12:33:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/07/asaf-avidan-and-the-mojos-vieilles-charrues-shots-2011.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/07/asaf-avidan-and-the-mojos-vieilles-charrues-shots-2011.jpg" alt="asaf-avidan-and-the-mojos-vieilles-charrues-shots-2011" title="asaf-avidan-and-the-mojos-vieilles-charrues-shots-2011" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-1929" /></a><br />Entre ce festival et moi, comme dirait <strong>Miossec</strong>, <em>notre histoire ne date pas d&#8217;hier</em>. C&#8217;est toujours pareil, chaque année. Un mois avant, je commence à traîner des pieds, une semaine avant je me dis que je suis trop fatigué, trop vieux, que le matériel est désormais trop lourd. L&#8217;avant veille je suis prêt à rendre les armes, à laisser ma place. La veille, je ne veux plus qu&#8217;on me parle des <strong>Vieilles Charrues</strong>. Je veux plaquer, partir reporter de guerre en première ligne en Afghanistan ou n&#8217;importe où sur la planète mais en tout cas loin de <strong>Carhaix</strong>. Et puis le jeudi matin j&#8217;entends la voix douce et sexy de Kerampuilh qui me susurre à l&#8217;oreille : &#8220;bon alors ? On se voit cet après-midi hein ?&#8221; Et me voilà à <strong>CharruesLand</strong>, pour la énième fois, mon pass <em>Accès scène</em> autour du cou, fier comme un p&#8217;tit banc, comme un écolier qui rentre au CP. Je foule la prairie, je me charge d&#8217;émotions, je regarde les gens, putain ! C&#8217;est ce lieu qui est magique ou bien les festivaliers, les bénévoles, l&#8217;organisation ? C&#8217;est un <em>mix</em> de tout ça, c&#8217;est ça <strong>les Vieilles Charrues</strong>. Je regarde le ciel. Il fait beau, mais c&#8217;est presque accessoire, finalement. J&#8217;entame ma longue marche, <em>backstage</em>, qui va me mener pendant quatre jours de scène en scène. De <em>Glenmor</em> à <em>Kerouac</em>, jusqu&#8217;à <em>Graal</em> et le Cabaret breton désormais appelé <em>Gwernig</em>. Je commence avec Mademoiselle <strong>Ruiz</strong> et ses crêpes aux champignons. Olivia ne change pas, la tigresse ibérique n&#8217;a rien perdu de son mordant et de son regard infiniment sexy. Trois titres. Je redescends le chemin quatre à quatre pour aller <em>dérusher</em> et donner des images pour la <em>webcover</em>. C&#8217;est la première année où j&#8217;accepte de bosser comme ça, à contre-cœur d&#8217;ailleurs. cette façon de travailler dans l&#8217;urgence ne me convient pas, elle ne correspond pas à ma façon d&#8217;être, encore moins à ma culture. Je reste un photographe <em>old style</em>, école argentique où l&#8217;on a besoin de laisser du temps au temps. D&#8217;ailleurs, dès le surlendemain le <em>Macbook Pro</em> restera à la maison.</p>
<p>Les Charrues, c&#8217;est d&#8217;abord des rencontres, et moi, photographe, je suis là pour prendre des instants, pour qu&#8217;on jour on puisse <em>se souvenir des belles choses</em>. Et des belles choses, <em>gast</em> ! J&#8217;en ai vécues. Plein. D&#8217;abord sur scène, avec quelques concerts d&#8217;artistes vibrillonants, au premier rang desquels, cette année, <strong>Asaf Avidan and the Mojos</strong>, LE concert de cette édition 2011. Après les trois premiers titres, je fonce <em>backstage</em>, instinctivement, parce que j&#8217;en veux encore, j&#8217;en veux plus, je ne veux pas me contenter de l&#8217;image lambda, non, non. Il y a autre chose à faire avec un mec comme ça. Je me retrouve donc <em>backstage</em>, médusé. Une voix me dit à l&#8217;oreille : &#8220;<em>Je suis sûr que ça te plait, hein ?</em>&#8221; Je me retourne. <strong>Jean-Jacques Toux</strong>, le programmateur des Charrues me sourit. On évoque cette pépite, véritable OVNI de la prog 2011. Et puis j&#8217;attends. <strong>Asaf Avidan</strong> tend son micro au public, une main sur l&#8217;oreille. Pas d&#8217;hésitation, j&#8217;engrange l&#8217;image dans mon <strong>Nikon D3s</strong>. Voilà c&#8217;est fait, j&#8217;ai mon image. Les anges volent au dessus de ma tête et l&#8217;un d&#8217;entre eux me conseille de rester, parce que l&#8217;histoire n&#8217;est pas encore complètement écrite. Fin du set. Asaf tombe genoux à terre et rend les armes et tout le reste devant le public magnifique de Kerampuilh, extatique. Un ange me dit &#8220;<em>C&#8217;est maintenant</em>&#8220;. C&#8217;est dans le collimateur, l&#8217;index droit que <strong>Cartier-Bresson</strong> qualifiait de <em>masturbateur</em> titille l&#8217;obturateur jusqu&#8217;à l&#8217;orgasme visuel. Allez, ça c&#8217;est fait. Un rapide coup d&#8217;œil, dans ce plaisir solitaire, j&#8217;étais vraiment seul, tout seul. Cet image n&#8217;existera donc que par la grâce de l&#8217;ange qui m&#8217;a guidé jusqu&#8217;au backstage de Glenmor. Idem pour <strong>Siam</strong>. Je suis arrivé à Gwernig essoufflé, le temps d&#8217;embrasser mon pote Charles du <strong>Cabaret Vauban</strong>. Sur la scène, le set de Siam a déjà commencé, mais on ne peut pas être à la fois sur Kerouac à taper de l&#8217;image des excellents <strong>The Octopus</strong> (vainqueur du tremplin Jeunes Charrues 2010) qui exécutent une reprise du MC5 en compagnie de ce cher <strong>Dominic Sonic</strong> et ailleurs. Sur scène Fanny Labiau et Bruno Leroux (accompagnés de Benoît &#8220;Scholl&#8221; Fournier ex-Matmatah à la batterie et de Christophe Le Bris ex-Miossec à la basse) sont déjà à l&#8217;œuvre. Lumières ravissantes, rideau rouge, je retrouve ce qui fait la grâce du duo brestois qui joue coup sur coup &#8220;<em>la nuit je tais nos cris</em>&#8221; et &#8220;<em>mercure</em>&#8221; mes deux titres préférés de l&#8217;album. <strong>Siam</strong>, c&#8217;est un de mes coups de cœur de ces Charrues 2011 avec <strong>Ibrahim Maalouf</strong>, dans un tout autre genre. Je suis arrivé sur son set pour le titre &#8220;Beyrouth&#8221;. Pure et définitive émotion, grâce infinie. Mon Dieu et tous tes anges, de grâce ! Préserve ces pépites et fait qu&#8217;ils ne deviennent jamais des vieux cons aigris par la vie, le pognon, <em>la coke et les putains</em>, comme dirait Miossec, encore lui. Et je ne dis pas ça pour <strong>Lou Reed</strong>, en tout cas pas que pour lui. Que reste-t-il des mes amours de velours ? Vingt cinq minutes de <em>shooting</em> interminables, un coït interrompu, un truc pathos où la fille te regarde et te lâche un définitif : &#8220;non, mais t&#8217;inquiète, c&#8217;était bien hein ?&#8221; Dieu que j&#8217;étais triste. J&#8217;ai repensé à <em>Coney island baby</em>, à <em>Berlin</em>. <em>Caroline says that I&#8217;m just a toy</em>… Ben ouais, Lou, <em>when the music&#8217;s over</em>, comme disait ce cher Jim qui a dû se marrer autant que moi sur l&#8217;énorme presta de <strong>DJ Zebra</strong> accompagné du <strong>Bagad Carhaix</strong>. C&#8217;est aussi à Zebra qu&#8217;on doit le mix final joué sur le feu d&#8217;artifice. Ah ! Zebra ! Le Chevalier Jedi du mix, petit prince de Kerampuilh, éternel sourire, capable de réveiller un public en deux accords. Total respect. Il paraît que <strong>David Guetta</strong> a mis le feu, aussi. Je ne peux pas vous dire, au moment de ses exploits, j&#8217;étais dans les bras de Morphée. En revanche j&#8217;étais là pour shooter le classieux <strong>Jarvis Cocker</strong> de <strong>Pulp</strong>. J&#8217;ai ramené dans ma besace quelques clichés qui devraient ravir les amateurs de pop savoureuse à la mode <em>british</em>…</p>
<p>Difficile de résumer une édition des Vieilles Charrues en quarante lignes. Bien sûr cette édition était spéciale aussi pour moi puisqu&#8217;elle scellait le partenariat entre les <strong>Vieilles Charrues</strong> et <strong>Nikon France</strong> et que, photographe officiel des Vieilles Charrues équipé par Nikon j&#8217;étais bien placé pour favoriser le rapprochement de ces deux entités. C&#8217;est une petite fierté, un peu comme lorsque deux de tes amis qui ne se connaissent pas deviennent eux-mêmes des amis. <strong>Nikon</strong> qui rejoint ma bande de frères et qui ouvre le festival à cinq jeunes photographes, ça ne pouvait que me plaire. Louise, Marjorie, Mathieu, William, Christophe, équipés de leur reflex Nikon D7000 (excusez du peu) et d&#8217;une flopée d&#8217;optiques, ont arpentés la plaine pendant quatre jours et franchement, pour avoir débriefé leur travail avec eux et Nikon le dernier jour, je peux vous dire que j&#8217;étais médusé par la qualité de leur travail. Chaque membre de l&#8217;équipe a ramené des clichés de qualité professionnelle, tous dans un style et un regard qui leur sont propres. Je suis vachement fier d&#8217;avoir initié cette idée. La candeur de l&#8217;œil de <em>Louise</em>, quinze ans, mais déjà une maturité visuelle remarquable. Le côté <em>funky style</em> de <strong>William</strong>, qui a ramené des images enthousiastes comme son regard. <strong>Marjorie</strong>, la romantique de l&#8217;équipe qui a shooté, le regard empli de tendresse, des clichés de festivaliers heureux. <strong>Mathieu</strong> qui a cadré au cordeau a ramené des shoots remarquables. Enfin <strong>Christophe</strong> qui nous a prouvé qu&#8217;un fauteuil et une mobilité réduite ne sont pas un obstacle et peuvent au contraire devenir une force, un atout et montrer le festival sous un autre angle, vu de sa fenêtre. Ouaip ! Au risque de me répéter, les gars et les filles de la <strong>team Nikon</strong>, je suis fier de vous ! Un petit clin d&#8217;œil aussi à l&#8217;équipe H. qui drive la plateforme handicapés, avec Ronan, Dan, Fred, Gaël et Gaëlle et toute une équipe de bénévoles qui ouvrent le festival aux personnes à mobilité réduite. Chapeau bas, M&#8217;sieurs Dames, ainsi qu&#8217;aux artistes qui se sont déplacés, au premier rang desquels <strong>Pierre Perret</strong>. Ah ! Pierrot chantant &#8220;Les jolies colonies de vacances&#8221; avec les bénévoles, ça valait son pesant de cacahuètes et je me devais d&#8217;être là afin d&#8217;immortaliser le moment. Respect aussi à <strong>Ben l&#8217;oncle soul</strong> et <strong>Snoop Dogg</strong> qui sont venus faire des bises et signer des tonnes d&#8217;autographe.</p>
<p>C&#8217;est pas fini. Les Vieilles Charrues, ça ne sera jamais fini tant que les bénévoles retrousseront leurs manches pour aller servir des frites, faire la vaisselle, ramasser des papiers gras, accueillir les artistes, gérer les états d&#8217;âme de certains photographes, suivez mon regard. <strong>Jérôme Tréhorel</strong> est resté le dandy classieux que j&#8217;aime jusqu&#8217;au dernier moment et mon cher <strong>Tangui Le Cras</strong>, finalement, n&#8217;a eu aucun problème et ne s&#8217;est pas séparé une seconde, ni de son regard malicieux, ni de son ineffable enthousiasme. Idem pour mes potes de la <em>fosse Team</em>, sans qui on serait volontiers restés plus de trois titres sans flash sur certains artistes ou pas, hein Lou ? J&#8217;ai salement kiffé &#8220;Never miss a beat&#8221; de <strong>Kaiser Chiefs</strong> mais je n&#8217;ai pas dansé sur &#8220;Still loving you&#8221; de <strong>Scorpions</strong>. <strong>Lisa Kekaula</strong> et <strong>the Bellrays</strong> sont toujours aussi sublimes, idem pour <strong>PJ Harvey</strong>, noir ultra. Côté cœur, <strong>M&#8217;sieur Eddy</strong>, côté balcon <strong>Yannick Noah</strong> toujours aussi impeccable, surtout sur les <em>passing shots</em> ! Il reste maintenant à dérusher tout ce bordel et à montrer le <em>best of</em> sur <strong>Cinquième nuit</strong>. Et puis, déjà, on va commencer à compter les jours qui nous séparent des retrouvailles avec ce festival au goût unique. On se souviendra longtemps de l&#8217;attachement sincère qu&#8217;on avait, cette année-là en 2011, pour la vingtième édition des Vieilles Charrues. On se souviendra longtemps des visages, des figures. Et, surtout, on n&#8217;oubliera jamais nos vingt ans… <strong>Happy birthday, Vieilles Charrues</strong>. Et à l&#8217;année prochaine, évidemment.     <strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Siam. L&#8217;amour à trois. Comme une désespérance heureuse.</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Jun 2011 12:46:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Comment reconnaît-on un bon album, je ne dis pas un pur album, non, ça, c&#8217;est pour plus tard, mais comment décèle-t-on qu&#8217;un album a franchi la limite, passé la barrière comme disait cette vieille fripouille de Schopenhauer, pour s&#8217;installer de manière durable dans le gotha des albums de musique qui vous font du bien ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/06/siam-au-vauban-novembre-2010.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/06/siam-au-vauban-novembre-2010.jpg" alt="siam bruno leroux fany labiau en novembre 2010 au cabaret vauban brest" title="siam-au-vauban-novembre-2010" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-1896" /></a><br />Comment reconnaît-on un bon album, je ne dis pas un pur album, non, ça, c&#8217;est pour plus tard, mais comment décèle-t-on qu&#8217;un album a franchi la limite, passé la barrière comme disait cette vieille fripouille de <strong>Schopenhauer</strong>, pour s&#8217;installer de manière durable dans le <em>gotha</em> des albums de musique qui vous font du bien ? On y revient sans cesse, mué par une force irrépressible, un truc qui vous attire sans vraiment trop savoir pourquoi, comme un <em>junkie</em> qui demande sa dose, comme un alcoolo en fin de parcours, au petit matin <em>Boulevard Clemenceau</em> mécontent de constater qu&#8217;à six heures du mat&#8217; le bar du Vauban n&#8217;est même pas encore ouvert. Ouais, c&#8217;est ça <em>un bon album</em>. Un truc dont tu as envie et qui te fait du bien. Parfois, c&#8217;est insidieux, un peu comme la passion, comme l&#8217;amour qui te tombe sur le coin d&#8217;la gueule sans que tu t&#8217;en aperçoives. Un jour, ça arrive et tu ne l&#8217;as pas vu venir. J&#8217;aurais pu vous dire tout le bien que je ne pensais pas de &#8220;<em>L&#8217;amour à trois</em>&#8220;, premier opus de <strong>Siam</strong>, duo brestois, comme certains sans même l&#8217;avoir vraiment écouté. Ça aurait facile, finalement, d&#8217;écrire une <em>review</em> tout en complaisance pour ces deux lascars que je connais depuis des lustres et qui font partie de mon deuxième cercle, mais non justement. Je ne voulais pas me mentir et encore moins mentir à mes potes. Alors, un soir, au Vauban, j&#8217;ai embarqué l&#8217;album avec moi, pour voir. Tout en douceur, sans violence, les titres se sont installés sur mon <em>iTunes</em>, calés entre une improbable <em>Shania Twain</em> dont je me demande toujours par quel prodige cette blonde peroxydée made in US a pu s&#8217;immiscer dans ma play list et l&#8217;estimable <em>Steve Hillage</em>, souvenirs de vieux baba chevelu et de pop <em>made in Albion</em> de bon aloi. Mais, encore une fois je m&#8217;égare, revenons à l&#8217;album de <strong>Siam</strong>…</p>
<p>Un soir qu&#8217;au Vauban je traînais mes baskets pas très loin des water-closets, tiens ! Voilà que je me sers de la rime façon <strong>Gainsbourg</strong> pas tout à fait par hasard (et pas rasé) et puisque je vous parle de Serge, je m&#8217;étais entretenu avec Bruno (Leroux qui forme Siam avec Fanny Labiau. NDLR) au comptoir du bar du Vauban, entre limonade et café-cognac de l&#8217;éventuelle filiation entre les textes de Siam et les mots du grand Serge. J&#8217;avais reçu une fin de non-recevoir aussi sèche que définitive. Bruno, semble-t-il lassé qu&#8217;on lui rebattes sans cesse les oreilles d&#8217;une éventuelle inspiration <em>gainsbourienne</em> dans son écriture, m&#8217;avait ramené brutalement dans les cordes, m&#8217;assénant : &#8220;Et merde ! Je n&#8217;ai rien en commun avec Gainsbourg. Je n&#8217;ai pas été imprégné des ses textes, la seule chose que je connaisse vraiment de ce mec c&#8217;est l&#8217;image médiatique que le bonhomme renvoyait à la télé.&#8221; Dont acte. Je n&#8217;avais pas trop insisté sur le sujet qui semblait agacer mon interlocuteur. Pas plus de chance non plus sur une possible filiation avec <strong>Miossec</strong>. Aïe ! Sujet sensible mais inévitable. Là encore, le réveil fut brutal. Je décidais donc de mettre un terme à un exercice finalement assez casse-gueule et j&#8217;invitais Bruno à une séance pose-express sur le canapé du hall de l&#8217;hôtel Vauban, invitation qu&#8217;il s&#8217;empressa de décliner, évidemment.</p>
<p>Je devais donc chercher ailleurs, puiser dans d&#8217;autres sources, essayer de trouver une influence. Ou pas. Exit <strong>Gainsbourg</strong>. Quant à <strong>Miossec</strong>, le fait que <strong>Bruno Leroux</strong> ait fait partie du trio (avec <strong>Guillaume Jouan</strong> et Christophe Miossec) qui avait commis le définitif et somptueux premier album &#8220;Boire&#8221; n&#8217;était pas non plus un indice. Alors ? D&#8217;où vient cette pertinence, ce son, cette fluidité, cette beauté des mots ? Un ton, un son très <em>french touch</em>, une dégaine scénique qui n&#8217;est pas sans rappeler un <strong>Bashung</strong> voire un <strong>Daho</strong> période &#8220;Mythomane&#8221;, et des mots, des putains de mots que n&#8217;auraient sans aucun doute pas renié Lucien Ginzburg. &#8220;<em>Comme un homme et sa maîtresse, comme deux amants en détresse, rien d&#8217;autre que l&#8217;amour, mais la foule nous entraîne et déjà la foule gronde, cours, mon amour, le temps change et je t&#8217;emmène, loin des peurs et loin des peines. Je meurs d&#8217;envie d&#8217;en finir dans ton lit, la nuit je tais nos cris…</em>&#8221; Échec, certes, mais pas mat. Il m&#8217;en fallait plus. Finalement, le premier titre &#8220;Le club des caniches&#8221;, signé Miossec, m&#8217;apparaissait désormais en complet décalage avec le reste de l&#8217;album. Non, il me fallait chercher ailleurs. Peut-être dans le somptueux &#8220;Mercure&#8221; qui <em>glisse entre les doigts sans qu&#8217;on puisse y faire quoique ce soit</em>. C&#8217;est donc ça la signature de <strong>Siam</strong>, cette forme de désespérance heureuse, cette fuite en avant mâtinée de cynisme opportun, ce pied de nez à la vie. Je venais de comprendre et j&#8217;avais mis du temps (on ne se refait pas). Dès lors, Siam m&#8217;ouvrait les bras et chaque titre claquait à mes oreilles comme une évidence. Un phrasé de bandonéon, des envolées lyriques séchées par quelques riffs méchamment assénés, je n&#8217;avais désormais plus qu&#8217;une envie. Fermer les yeux et monter le son, encore, et encore. Comme à l&#8217;image du final de &#8220;Mercure&#8221;, entre pop et rock. Splendide. L&#8217;album se termine sur &#8220;Lionel&#8221; quelques mots touchants, graves, posés avec une douce délicatesse, le souvenir d&#8217;un ami, d&#8217;un frère. Un texte magnifique, soutenu par une ligne mélodique discrète qui exprime le sentiment avec pudeur et élégance. Non. On ne sort pas intact de l&#8217;écoute attentive du premier album de Siam.</p>
<p>Avec &#8220;L&#8217;amour à trois&#8221; Siam franchit avec allégresse et désinvolture cette barrière si chère au cœur d&#8217;<strong>Arthur Schopenhauer</strong>. Le duo signe un album qui restera, qui marquera l&#8217;histoire de la pop française, comme d&#8217;autres avant eux, en d&#8217;autres temps. <strong>Siam</strong> a la noblesse d&#8217;une lignée, héritier qu&#8217;il est de ce que la <em>french touch</em> a commis de meilleur avec une gouaille, un coup de gueule d&#8217;amour qui n&#8217;est pas sans rappeler la chanson réaliste à la <strong>Fréhel</strong>, celle-là même qui offrait des diabolos menthes au petit Lulu. La boucle est bouclée. Siam, c&#8217;est une osmose, quelque part au bout de cette rue qui mène à l&#8217;océan, c&#8217;est un peu tout ça en même temps, les mots, les sons qui mis bout à bout, me touchent, m&#8217;émeuvent et font que je reviens aux chansons de &#8216;L&#8217;amour à trois&#8221; avec ce petit plaisir sans cesse renouvelé. C&#8217;est à ça qu&#8217;on reconnaît un bon album. Au fond, Bruno avait raison. Les choses sont toujours beaucoup plus simples qu&#8217;elles n&#8217;y paraissent…</p>
<p>• <strong>photo : SIAM au Cabaret Vauban en novembre 2010</strong></p>
<p>• <a rel="nofollow" href="http://www.shots.fr/goto/http://www.youtube.com/watch?v=bxnQRqIFznQ" ><strong>voir le clip de SIAM &#8220;la nuit je tais nos cris&#8221; </strong></a><strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Ce petit rien admirable qu&#8217;on appelle un œil.</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Mar 2011 13:13:13 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/03/rock-audience-richard-bellia-shots.jpg" ><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2011/03/rock-audience-richard-bellia-shots.jpg" alt="rock-audience-richard-bellia-shots" title="rock-audience-richard-bellia-shots" width="590" height="590" class="aligncenter size-full wp-image-1773" /></a>Je viens de regarder à l&#8217;instant des clichés de concerts, un exercice que je goûte assez peu. Je ne vais pas citer le nom du photographe, ça ne serait pas correct. Et puis je vais vous dire. Vous ne m&#8217;entendrez jamais critiquer le travail d&#8217;un autre photographe, sauf le cas échéant pour l&#8217;encenser, mais dans le cas présent, ce que je viens de voir m&#8217;attriste. Pire encore, ça ne m&#8217;émeut pas. Voilà, c&#8217;est ça le truc. Une photographie, moi, ça doit me parler, me raconter des choses, me dire une histoire, m&#8217;embarquer, me faire vibrer, mais là, ce que je viens de voir me laisse de marbre. Électroencéphalogramme plat, mort clinique, la <em>near death experience</em> visuelle. Rien, zéro, <em>niante</em>, le vide sidérant d&#8217;une photo lambda, plutôt propre techniquement parlant mais bordel ! Sans âme, sans rien. Je repense à des clichés de <strong>Claude Gassian</strong>, d&#8217;<strong>Antoine Le Grand</strong>, de <strong>Richard Dumas</strong>, de <strong>Richard Bellia</strong>. <em>Du rock et des couilles</em>, de la bière et de la sueur. Quand je regarde un cliché de concert de <strong>Bellia</strong>, je peux sentir des odeurs de transpiration, des effluves, je peux palper l&#8217;ambiance qui donne chaud. Pour les autres, c&#8217;est idem. Un portrait de <strong>Miossec</strong> par <strong>Dumas</strong>, c&#8217;est définitif. On me demande souvent, très souvent, mon avis sur un travail photographique et systématiquement je botte en touche, c&#8217;est mon côté faux-cul. Pas le temps et surtout pas envie. En plus, dans ce monde de plus en plus <em>open</em> qu&#8217;est la photographie numérique, tout le monde est photographe. Avec un billet de mille balles, aujourd&#8217;hui, tu vas taper de la photo, tu montes un blog, tu colles la mention <em>photographe</em> derrière ton nom et <em>en avant Guingamp !</em> Sauf que ça ne marche pas comme ça. <em>Il est long le chemin et les pièges nombreux</em>, comme disait ce cher Etienne. Et parmi les pièges tendus, il y a la <em>post prod</em>. La <em>Lightroom génération</em> a mis les deux pieds dedans et franchement, le résultat est risible. Non, pire. Pathétique. Résultat des courses, tous perdants, avec des clichés qui se ressemblent. Aucune humanité, des clichés cadrés au cordeau si beaux qu&#8217;ils puent le <em>crop</em> à plein nez et surtout, au delà de tout, on sent l&#8217;absence dramatique de l&#8217;œil. Et ça, en photographie, ça ne pardonne pas. T&#8217;as pas d&#8217;œil, t&#8217;es mort.</p>
<p>On m&#8217;a demandé récemment avec quel logiciel je développais mes fichiers RAW. Sans entrer dans le détail, la question faisait allusion au fait que j&#8217;ai écrit (et je persiste et signe, mais bon c&#8217;est un détail) que la chromie est sensiblement différente entre <em>Nikon</em> et <em>Canon</em>, bref. J&#8217;ai répondu que j&#8217;utilise <em>Lightroom 3.3</em> sur un Mac calibré tout en précisant que mon côté <em>old school</em> fait que j&#8217;utilise ce logiciel dans sa portion congrue, limitant finalement ses fonctionnalités au strict minimum. Je dois avouer que ce qui me plait dans un cliché, c&#8217;est quand il est bon <em>brut de capteur</em>. Rien à ajouter, rien à enlever, même pas un poil de netteté. De ce côté là, avec D3s et les optiques Nikkor, ça va plutôt pas mal. Si je dois commencer à taquiner la balance des blancs, à ajouter du noir, du contraste, de la netteté, c&#8217;est <em>niet</em>. Sans moi. Ce qui m&#8217;amène à revenir à mon propos. Je n&#8217;ai évidemment rien contre l&#8217;utilisation massive de LR en <em>post prod</em>, rien non plus contre l&#8217;application de <em>presets</em> tout faits, après tout, chacun fait ce qu&#8217;il veut de ses images. Croire qu&#8217;une image moyenne, comprendre parce que le photographe a chié ses réglages, parce que les lumières étaient nazes, parce qu&#8217;il y avait trop de rouge et pas assez de bleu, croire que votre image molle, mal cadrée, <em>dégueu</em> en somme, va devenir le cliché du siècle en le passant en <em>black and white</em> pour faire <em>chicos</em>, en triturant la balance des couleurs ou pire en utilisant un preset LR, croire qu&#8217;une image transformée, martyrisée, blessée, bidouillée à la hussarde va devenir simplement une bonne image, pour paraphraser <strong>Queneau</strong>, <em>ce que tu te gourres fillette, ce que tu te gourres !</em> Non, croire à ça c&#8217;est aller dans le mur. Mais il y a pire, finalement. Car ce genre de cliché qui sent l&#8217;esbroufe et l&#8217;épate, si ça peut enthousiasmer l&#8217;œil de ta concierge ou du quidam et flatter l&#8217;ego souvent démesuré de son auteur, ça ne trompe personne et surtout pas les pros, je veux dire ces gens qui ont mis trente ans avant d&#8217;accoler le mot photographe à leur nom de famille, qui ont commencé par tremper leurs paluches dans les bacs de révélateur à une époque où les deux Steve boutonneux bidouillaient encore leur premier computer dans le garage de papa.</p>
<p>Non. Vous ne m&#8217;entendrez jamais critiquer le travail d&#8217;un autre photographe, surtout s&#8217;il est de la nouvelle génération et puise son inspiration dans le manuel <em>Lightroom pour les nuls</em>. Pour tout vous dire, je m&#8217;en fous un peu. Non, en fait, je m&#8217;en fous tout court. Le chemin, s&#8217;il est long, est aussi un parcours de solitaire. Le photographe a une double casquette. Il est à la fois son metteur en scène et son premier spectateur. C&#8217;est d&#8217;ailleurs à ça qu&#8217;on fait le tri entre le bon grain et l&#8217;ivraie, dans cette capacité à ne montrer aux yeux des autres que du très bon, <em>à ses yeux</em>. À ses yeux, le mot est lâché. La photographie c&#8217;est d&#8217;abord une question de regard, d&#8217;impertinence, d&#8217;ironie. En une photo, une seule, la messe doit être dite. C&#8217;est le regard plein de tendresse d&#8217;un vieux clebard sur une petite fille, par <strong>Fabrice Drevon</strong>. C&#8217;est une mariée en rouge par <strong>Gérald Géronimi</strong>. C&#8217;est un fada au regard halluciné qui scrute sa machine à laver, par <strong>Vincent Montibus</strong>. C&#8217;est une murène qui calcule la main du plongeur par <strong>Jean-Philippe Grémillot</strong>. C&#8217;est un ours au clair de lune, par <strong>Vincent Munier</strong>. C&#8217;est Harrison Ford dans un couloir du Crillon par <strong>Antoine Le Grand</strong>. C&#8217;est Miossec qui s&#8217;endort sur l&#8217;épaule de Cali par <strong>Claude Gassian</strong>. C&#8217;est Miossec, encore lui, dans la chambre 304 de l&#8217;hôtel Vauban par <strong>Richard Dumas</strong>. C&#8217;est un temple au Cambodge par <strong>David Grimbert</strong>. C&#8217;est simplement le rock, incarné dans le portrait de Joe Strummer, par <strong>Richard Bellia</strong> en 1989. Des jeunes, des moins jeunes, la photo c&#8217;est pas une question de <em>g-g-g-generation</em>, en fait. Un soir, on m&#8217;a interpellé à la fin d&#8217;un concert, pour que je donne un conseil. J&#8217;aurais volontiers conseillé d&#8217;arrêter la photo et de reprendre la poterie ou le macramé. J&#8217;ai rien dit, j&#8217;ai juste bafouillé deux ou trois excuses, pas le temps, beaucoup de taff et je me suis éclipsé. J&#8217;ai repris la route, ma route. <em>Long is the road</em>. Jeunes ou pas, la photo n&#8217;est ni une question de génération et encore moins d&#8217;outil. <em>Lightroom</em> ne vous sauvera pas la vie. Il vous donnera tout au plus l&#8217;impression d&#8217;avoir du style. Et comme disait <strong>Vian</strong>, ce sera une impression fosse. Car il vous manquera toujours ce petit rien. Ce petit rien admirable qu&#8217;on appelle un œil.</p>
<p>• Cliché : <strong>Richard BELLIA</strong>, reproduit ici avec l&#8217;aimable autorisation de l&#8217;auteur. </p>
<p>• Special thanks à Richard Bellia, photographe de rock, qui sort actuellement un livre de clichés sur le thème &#8220;Sex &#038; rock&#8217;n roll 1984-2010&#8243;. </p>
<p>• <a rel="nofollow" href="http://www.shots.fr/goto/http://www.richardbellia.com/"  target=_blank><strong>cliquez ici pour voir le site de Richard Bellia. </strong></a><strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Canon EOS 5D Mark III, une annonce au CES en 2011.</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 12:13:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ce matin, tout est calme. Le soleil perce un léger voile de brume, il fait beau sur Brest. Pas un bruit, pas un chat dans les rues, calme plat. Retour de réveillon. Silence radio. Dieu merci, il y a Twitter et Facebook où tu trouves toujours quelqu&#8217;un pour s&#8217;exprimer ou dire une connerie. Ah ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2010/12/Canon-EOS-5D-mark-III-shots-2010.jpg" alt="Canon-EOS-5D-mark-III-shots-2010" title="Canon-EOS-5D-mark-III-shots-2010" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-1684" /><br />Ce matin, tout est calme. Le soleil perce un léger voile de brume, il fait beau sur <strong>Brest</strong>. Pas un bruit, pas un chat dans les rues, calme plat. Retour de réveillon. Silence radio. Dieu merci, il y a <em>Twitter</em> et <em>Facebook</em> où tu trouves toujours quelqu&#8217;un pour s&#8217;exprimer ou dire une connerie. Ah ! Merveille des réseaux sociaux où, selon l&#8217;adage qui n&#8217;aurait pas contrarié <strong>Michel Audiard</strong>, <em>c&#8217;est pas parce qu&#8217;on n&#8217;a rien à dire qu&#8217;il faut fermer sa gueule !</em> Ici une petite de dix sept ans qui est amoureuse de son nouveau <em>boy friend</em> (ça ne durera pas, mais à quoi bon la prévenir ?), là un ami qui s&#8217;émerveille sur sa nouvelle paire de pompes, plus loin les aventures de mon pote qui a célébré Noël en fumant un pétard par moins cinq à oilpé sur sa terrasse. Mais comment faisait-on sans <em>Facebook</em> et <em>Twitter</em>, je vous l&#8217;demande ma bonne dame ? </p>
<p>Et puis, au détour de deux banalités et d&#8217;une grosse blague, il y a, quand même, une info qui tombe sur <strong>Canon</strong> et qui annonce les <em>specs</em> d&#8217;un <strong>EOS 5D Mark III</strong> et ça, évidemment, c&#8217;est tout bon pour moi. D&#8217;instinct, en lisant la prose de mon cher et inénarrable <strong>Craig</strong> de <strong>Canon rumors</strong> (oui, parce qu&#8217;entre nous qui d&#8217;autre pourrait s&#8217;avancer sur une info aussi hasardeuse un lendemain de Noël, je vous le demande ?), je relance mon <em>iTunes</em>. Hasard de l&#8217;écoute, c&#8217;est le vénérable <strong>Frandol</strong> qui s&#8217;y colle avec une petite chanson aux textes ciselés comme lui seul en a le secret, une bluette dont le titre lui-même tombe à point nommé, <em>la rumeur</em>. En gros, ça raconte à peu près ça. <em>Elle encore toute fraîche la petite nouvelle, elle excite les oreilles tendues. Faut voir comme elle se dépêche, la petite nouvelle, tu ne la perds pas de vue…</em> J&#8217;aime beaucoup <strong>Frandol</strong>. J&#8217;avais découvert par hasard et pas rasé l&#8217;ex-leader du cultissime <strong>Roadrunner</strong> en écoutant une démo cinq titres qui incluait une reprise des <em>papillons noirs</em> (de <strong>Gainsbourg</strong>, précision inutile, mais bon… sait-on jamais), de <strong>Rose</strong> (sur un excellent texte de <strong>Miossec</strong>) et de cette fameuse <em>rumeur</em>. Finalement, hein ? C&#8217;est assez simple de lancer une rumeur, surtout sur internet. D&#8217;abord un bon titre, bien péremptoire, salement accrocheur, comme le titre du présent billet par exemple. On affirme bien haut, tout en prenant garde de préciser, finalement, qu&#8217;on n&#8217;est sûr de rien et même que, si vous me demandez mon avis, à moi… Bref, je dois à la vérité de dire que le procédé m&#8217;agace un brin. Parce que dire que <strong>Canon</strong> va annoncer un successeur à 5D Mark II en 2011, c&#8217;est un peu enfoncer une porte ouverte.</p>
<p>Reste à définir une liste de <em>specs</em> et là, évidemment, l&#8217;exercice devient un peu plus tordu. Est-ce que Canon va continuer sa fuite en avant en terme de taille de capteur ? Sur 5D Mark II on était à <strong>21mp</strong> avec les galères que l&#8217;on sait, la grande question est de savoir si Canon va pousser le bouchon et proposer un <strong>28mp</strong> ? Je crains que oui. J&#8217;ignore si la taille sera exactement de 28mp, mais je vois bien la marque rouge persister et signer dans la surenchère. Je pense que la scission entre Canon et son concurrent historique va être avérée en 2011, dans le sens où Canon va appuyer son discours sur l&#8217;argumentation vidéo. J&#8217;avais évoqué cette possibilité au salon de la photo avec le staff Canon, en prenant comme exemple le <strong>format RAW</strong> en vidéo. Réponse de Canon : &#8220;Pour enregistrer un flux vidéo au format RAW, il faut être capable de capter un débit constant à un certain niveau. On n&#8217;en n&#8217;est effectivement pas loin.&#8221; Comprendre <em>on sait faire</em>. De là à traduire <em>on va faire</em> il n&#8217;y a qu&#8217;un pas, que je me garderai bien de franchir. </p>
<p>Finalement, la grande question de l&#8217;année qui s&#8217;annonce, pour Canon, n&#8217;est pas tant de savoir si la marque rouge va annoncer un <strong>EOS 5D Mark III </strong>ou un nouveau haut de gamme <strong>1DS Mark IV</strong>. Non. LA question est de savoir si Canon va continuer à produire du matériel <em>photo</em> pour les <strong>photographes professionnels</strong> ou si, progressivement, comme je le pressens depuis deux ans, elle va s&#8217;orienter vers le segment de marché <strong>vidéo</strong> initié avec l&#8217;avènement du 5D Mark II ? Car il faut bien se l&#8217;avouer, même si la vérité est difficile à entendre. <strong>Canon a perdu la bataille du marché pro du reflex numérique</strong>, face un concurrent qui a sans doute fait de meilleurs choix stratégiques en proposant une gamme de produits parfaitement adaptée à la demande du marché. Reste pour Canon une gamme d&#8217;optiques remarquable, une gestion de l&#8217;image qui n&#8217;appartient qu&#8217;à elle (oui, le fameux <em>velouté Canon</em> pour reprendre l&#8217;expression de <strong>Grémillot</strong>) et un récent sursaut avec le 1D Mark IV, qui sait produire de merveilleuses images (mais qui est gourmand en lumière) et surtout <strong>EOS 7D</strong> dont je ne cesse de répéter qu&#8217;il est ce que Canon a produit de meilleur depuis des lustres, sur des points qui lui faisaient cruellement défaut, en particulier un gain notable de performances sur l&#8217;autofocus. </p>
<p>Attention ! <em>Scoop</em> ! En 2011, Canon va sortir un successeur à EOS 5D Mark II. Est-ce que Canon va conjurer le sort et utiliser une dénomination <strong>Mark III</strong> qui ne lui a guère porté chance par le passé ? Franchement, de vous à moi, rien n&#8217;est moins sûr. Le japonnais est, paraît-il, très superstitieux ! Le truc c&#8217;est que l&#8217;épicerie d&#8217;en face ne va pas rester les deux pieds dans le même sabot. D&#8217;ailleurs, je me suis laissé dire que ses troupes sont déjà en ordre de marche avec des argumentaires salement bien affûtés. Comme je l&#8217;écrivais ici même, au cours d&#8217;une discussion avec un lecteur de <strong>Shots</strong>, j&#8217;ai la certitude que l&#8217;année qui s&#8217;annonce sera teintée de <em>jaune</em>, mais… Car il y a un mais. Canon a une capacité de rebondir qui ne cesse de m&#8217;étonner, il suffit de regarder ce qui s&#8217;est passé avec 5D Mark II où Canon a fait un carton sur le segment vidéo avec un boîtier reflex dont les specs photo se sont avérées finalement, avec le temps, assez pauvres (doux euphémisme). <em>Canon a peut-être perdu une bataille, mais Canon n&#8217;a pas perdu la guerre</em>, m&#8217;affirmait récemment un membre du staff Canon France, en paraphrasant <strong>Charles de Gaulle</strong>. <em>Je ne demande qu&#8217;à y croire</em>, lui ai-je répondu. <em>Mais le doute m&#8217;habite</em>, en paraphrasant <strong>Pierre Desproges</strong>.<strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Courchevel. J&#8217;ai mille raisons de détester Florent Marchet.</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Dec 2010 15:06:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2010/12/florent-marchet-aux-vieilles-charrues-2005.jpg" alt="florent-marchet-aux-vieilles-charrues-2005" title="florent-marchet-aux-vieilles-charrues-2005" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-1681" /><br />Au moment où je commence à poser mes mots, avec l&#8217;ambition démesurée d&#8217;écrire une review sur le nouvel album de <strong>Florent Marchet</strong>, alors que dehors le soleil darde sur <strong>Brest</strong> (dans ta gueule Barbara) et que j&#8217;en aurais presque honte pour mes amis parisiens qui sont sous la neige (comme ceux de <strong>Courchevel</strong> où par ailleurs je dois noter que je n&#8217;ai aucun ami), même si on se pèle le bout du nez, alors que mon <em>Nabaztag</em>, programmé par mes soins pour débiter des inepties de manière totalement aléatoire me rappelle à l&#8217;instant &#8220;<em>qu&#8217;une tartiflette ça ne se refuse pas</em>&#8220;, je réalise que ça fait un bail que je n&#8217;ai pas écrit une <em>review</em> bien sentie sur un album de musique. Bon, d&#8217;accord. À ma décharge, je dois à la vérité de dire que je n&#8217;ai rien vu passer de bien folichon cette année, si je compte bien. Sur mon <em>iPod</em>, le top est toujours squatté par le même gang de <em>frenchies</em>, <strong>Miossec</strong>, <strong>Daho</strong>, <strong>François Audrain</strong>, <strong>Eiffel</strong> et quelques vieilleries <em>old fucking style</em>, de <strong>Creedence</strong> aux <strong>Who</strong> en passant par <strong>Muse</strong> ou un revival pop autour du <strong>Floyd</strong>. Et puis il y a le cas Florent Marchet et ses deux premiers albums inusables, j&#8217;allais dire inoxydables. J&#8217;avais pris &#8220;Gargilesse&#8221; comme une magistrale claque dans la gueule, déjà, à l&#8217;époque. J&#8217;avais été subjugué par la qualité des textes et j&#8217;avais immédiatement détesté ce garçon, qui, non content d&#8217;avoir une qualité d&#8217;écriture et de mélodies éblouissante, avait en plus la gueule de l&#8217;emploi, comprendre cette gueule d&#8217;ange qui fait fondre les filles et énerve les garçons. J&#8217;avais écouté &#8220;Le terrain de sport&#8221;, je m&#8217;y étais salement retrouvé, trait pour trait. C&#8217;était décidé. Florent Marchet ne serait jamais mon ami. Comme Miossec ou François Audrain ? Oui, si vous voulez, mais ne nous éloignons pas du sujet initial, le nouvel album de Florent Marchet : &#8220;<strong>Courchevel</strong>&#8220;. </p>
<p>À vrai dire, j&#8217;ai découvert Florent Marchet un peu par hasard, grâce à la femme de ma vie, grande découvreuse de raretés devant l&#8217;éternel. J&#8217;avais donc écouté &#8220;Gargilesse&#8221;, j&#8217;avais suivi la bouche ouverte de béatitude le parcours du petit Florent, j&#8217;avais été éberlué par le cynisme des mots. Des titres comme &#8220;Levallois&#8221;, &#8220;Je n&#8217;ai pensé qu&#8217;à moi&#8221;, &#8220;Je m&#8217;en tire pas mal&#8221; (avec Mio en brestois deluxe) m&#8217;avaient singulièrement titillé le tympan, sans parler du &#8220;terrain de sport&#8221; qui m&#8217;avait définitivement convaincu que j&#8217;avais découvert, grâce à ma moitié, une grande plume de la chanson française comme on dit dans <strong>Telerama</strong>. Alors, quand le second opus est arrivé dans les bacs, j&#8217;ai vraiment eu peur, pas tellement pour moi, non plutôt pour lui. Peur qu&#8217;il se soit vautré, peur d&#8217;un second album facile qui ne confirmerait pas tout le bien que je pensais de ce garçon et qui m&#8217;aurait permis de le ranger aux oubliettes, que c&#8217;en serait fini de Florent Marchet, bon débarras, à qui le tour ? Et vint donc &#8220;Rio Baril&#8221; qui raconte comme une genèse l&#8217;histoire du petit Florent qui tuerait volontiers son père, qui admire sa mère autant qu&#8217;elle l&#8217;insupporte, qui croise des femmes sans trop les voir. La litanie de la vie quoi, comme cette audacieuse et inoubliable lecture de la posologie d&#8217;un médicament dans &#8220;Les cachets&#8221; mon titre préféré allez savoir pourquoi. J&#8217;avais pris &#8220;Gargilesse&#8221; comme une gifle aller-simple, &#8220;Rio Baril&#8221; était un retour bien appuyé. Saleté !</p>
<p>Comment Florent Marchet pouvait-il prétendre remettre le couvert, pour un troisième album, après tout ça ? J&#8217;ai logé les titres de Courchevel sur mon iPod et j&#8217;ai écouté l&#8217;album dans les pires conditions qui soient. En travaillant. Dès le début on est pris dans le petit monde de Florent Marchet qui nous raconte ses petites histoires. J&#8217;ai posé le stylo, je me suis avachi dans mon fauteuil, captivé, prisonnier du sort, en n&#8217;ayant pas le moindre doute. La voix, le tempo, les mélodies, les arrangements avec ces cuivres qui viennent de loin, aucun doute possible c&#8217;est du Marchet cent pour cent pur Cru bourgeois et dès les premiers titres, je sens que le gars Florent va me la jouer sur l&#8217;air du <em>revenez-y</em> sans qu&#8217;à aucun moment ça ne sente le déjà vu. Il y va de ses anecdotes qui ressemblent parfois à du <strong>Néry</strong> comme dans &#8220;L&#8217;idole&#8221; et rebondit sur des morceaux dont on sait qu&#8217;ils vont devenir des standards, comme le joyeux &#8220;Benjamin&#8221; ou &#8220;L&#8217;eau de rose&#8221; qui reprend des thèmes chers au coeur de Marchet, la trentaine et le temps qui passe, les portes qui se ferment plus qu&#8217;elles ne s&#8217;ouvrent. Et pour ce qui est du <em>featuring</em> classieux, dans cet album c&#8217;est <strong>Jane Birkin</strong> qui vient poser sa voix bouleversante, pleine de fêlures, de grâce et de fragilité sur &#8220;Roissy&#8221;, un duo beau, dramatique et lyrique, presque surréaliste. On est à peine à la moitié de l&#8217;album et je sais déjà que j&#8217;ai de bonnes raisons de détester Florent Marchet encore un peu plus. Le reste, tout le reste est à l&#8217;avenant. Ce garçon n&#8217;est jamais où on l&#8217;attend, capable d&#8217;écrire sur la solitude de la vie dans une bluette sautillante (&#8220;La charette&#8221;) avant d&#8217;asséner une mélodie définitive et des mots d&#8217;une poésie implacable sur le, comment dire ? Sublime, oui c&#8217;est ça, sur le sublime &#8220;Narbonne plage&#8221; qui me percute la tête comme l&#8217;avait fait &#8220;Le terrain de sport&#8221; en d&#8217;autre temps. Une suite de polaroids, une chanson comme un film, des images qui défilent et finalement un dénouement dramatique, une conclusion cynique à souhait. Voilà, c&#8217;est presque fini. Florent Marchet conclut par un &#8220;Qui je suis&#8221; où on espère des réponses et dans une ultime pirouette, à laquelle le gars nous a habitué, on obtient seulement un sibyllin &#8220;qui je suis ? Dis moi qui je suis ?&#8221; Bitch !</p>
<p>Je suis sorti de mon écoute bouleversé, chamboulé, une fois de plus Florent Marchet réussit l&#8217;exploit rare de me livrer un troisième pur album, vous savez ? De ces albums dont on se dit que finalement il n&#8217;y a rien à jeter. Il y a quelques années, j&#8217;avais croisé Florent et je lui avais dit à quel point j&#8217;étais client de sa petite entreprise. Je n&#8217;aurais pas dû. Il n&#8217;y a rien de bon, au fond, à les encourager. Non, il vaut bien mieux regarder passer Florent Marchet et accessoirement, chaque fois que l&#8217;occasion se présente, acheter ses albums. En vérité je vous le dis. Il faut acheter la musique de Florent Marchet. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Parce que j&#8217;aime bien ses petites histoires, sa façon de les raconter, la qualité de ses mots, sans même évoquer la mise en musique qui me happe. C&#8217;est ça. J&#8217;ai mille raisons de détester Florent Marchet et au moins une bonne raison de l&#8217;aimer. Ce mec me fait du bien. </p>
<p>• <strong>cliché (inédit) : Florent Marchet aux Vieilles Charrues en 2005.</strong>    <strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Miossec. Brest Recouvrance, les quatre moulins, Marianne et moi.</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Oct 2010 11:43:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Samedi 9 octobre 2010. Je passe le pont de Recouvrance, ce qui est assez inhabituel. Quand je vais à Recouvrance, c&#8217;est vraiment que j&#8217;ai quelque chose à y faire, alors que je peux marcher rue de Siam sans d&#8217;autre but que de marcher. Le brestois (d&#8217;adoption) rive gauche que je suis ne traverse jamais la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2010/10/miossec-brest-recouvrance-2010.jpg" alt="miossec-brest-recouvrance-2010" title="miossec-brest-recouvrance-2010" width="590" height="393" class="aligncenter size-full wp-image-1616" />Samedi 9 octobre 2010. Je passe le pont de <strong>Recouvrance</strong>, ce qui est assez inhabituel. Quand je vais à Recouvrance, c&#8217;est vraiment que j&#8217;ai quelque chose à y faire, alors que je peux marcher <em>rue de Siam</em> sans d&#8217;autre but que de marcher. Le brestois (d&#8217;adoption) rive gauche que je suis ne traverse jamais la <em>Penfeld</em> sans une raison valable, même si j&#8217;ai le sentiment que les choses vont changer dans les années à venir, en particulier grâce au tram qui va relier la ville de part en part, lui (re)donner du souffle, lui insuffler une nouvelle énergie, notamment en aménageant le plateau des Capucins. J&#8217;aime bien <strong>Brest</strong>, à dire vrai. Donc me voilà à la mairie annexe des <em>Quatre moulins</em>, sur la hauteur de Recouvrance, où l&#8217;on inaugure des fresques murales à la gloire de la ville, du Brest même qu&#8217;on aime, de l&#8217;arsenal, des valeurs qui ont tenu cette ville vivante au fil du temps, même sous les bombes. Ici c&#8217;est Brest, ville debout. Pour l&#8217;occasion des enfants viennent réciter des haïkus, petits poèmes courts, odes à la gloire de leur ville, quelques instants de grâce à peine couverts par le bruit des voitures qui passent, parce que fresques ou pas, Brest continue de respirer. Et puis direction la mairie, où nous attend <strong>Miossec</strong> dans la salle des mariages, ça ne s&#8217;invente pas. <strong>Christophe Miossec</strong>, le parrain des fresques, qui va donner un mini-concert avec <strong>Manu Lann Huel</strong>, est un peu fébrile, comme d&#8217;hab&#8217;. Sous l&#8217;oeil bienveillant d&#8217;une Marianne côté jardin et côté cour du portrait en pied d&#8217;un gars dont le nom m&#8217;échappe, Miossec va nous offir un mini set, simplement accompagné d&#8217;un piano. La foule envahit la salle, discours express et plein d&#8217;humour de <strong>François Cuillandre</strong>, maire de Brest, qui nous assure que <em>oui, les travaux du tramway finiront bien un jour ou l&#8217;autre</em>. Dans un silence monacal, Miossec nous livre &#8220;<em>Je m&#8217;en vais</em>&#8221; suivi de deux titres de circonstance, un &#8220;<em>Brest</em>&#8221; dont les paroles résonnent d&#8217;une émotion particulière en ce lieu et puis &#8220;<em>Recouvrance</em>&#8221; comme une évidence, un titre qui a une saveur particulière, chargée de tant de choses, de souvenirs tenaces quand il est chanté ici-même. Applaudissements nourris, petit impair du maire adjoint de Brest qui propose aux invités de prendre un pot en attendant Manu. Erreur stratégique élémentaire, on ne propose jamais à un brestois de boire un coup alors que le concert n&#8217;est pas fini. Manu aura bien du mal à capter l&#8217;attention, entre deux flûtes de kir et un petit four. Il se consolera en m&#8217;apprenant que son spectacle prévu au <strong>Quartz</strong> de Brest en avril 2011 (avec Eric Le Lann et des invités) est déjà <em>sold out</em> et qu&#8217;une date supplémentaire a été prévue. Tandis que je papote avec Manu, j&#8217;observe Christophe qui dédicace à tour de bras, avec une constance épatante, avec le sourire, toujours. Il est content d&#8217;être là, ça se voit. D&#8217;ailleurs ici il est chez lui, à la maison. Seule ombre au tableau, une dame ne semble pas satisfaite du service. Je lui demande ce qui se passe, elle me répond qu&#8217;elle s&#8217;appelle Béatrice et que la dédicace mentionne : &#8220;<em>à Béatrice Dalle, bien amicalement. Miossec.</em>&#8221; Courroucée qu&#8217;elle est parce qu&#8217;elle ne s&#8217;appelle pas Dalle. On est tous morts de rire et la dame s&#8217;en va en maugréant. Du Miossec pur jus quoi. J&#8217;ai embarqué la set list avec les textes imprimés par Christophe, on n&#8217;est jamais trop prudent. Finalement le flux des amateurs d&#8217;autographes finit par se tarir. Encore quelques photos et Christophe Miossec peut aller fumer une clope. Je le salue et je repars, direction rive gauche. Ironie du sort, en passant le pont de Recouvrance, la radio passe un air connu. &#8220;<em>Elle fait un pas, elle s&#8217;avance, elle me dit au revoir…</em>&#8220;<strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Droit à l&#8217;image : Miossec, Renan Luce, Tiersen… Les calendar boys se rebiffent !</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 13:08:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le droit à l&#8217;image est un droit fondamental dans ce pays. En clair, ça signifie qu&#8217;on ne peut pas diffuser votre image sans votre consentement. Bon, évidemment comme toutes les lois, il ne faut pas prendre le texte au pied de la lettre. Si vous allez faire les soldes et que vous retrouvez votre tête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le droit à l&#8217;image</strong> est un droit fondamental dans ce pays. En clair, ça signifie qu&#8217;on ne peut pas diffuser votre image sans votre consentement. Bon, évidemment comme toutes les lois, il ne faut pas prendre le texte au pied de la lettre. Si vous allez faire les soldes et que vous retrouvez votre tête parmi d&#8217;autres têtes photographiées pendant la ruée des soldes, vous ne pouvez pas revendiquer un quelconque droit à l&#8217;image. En revanche, si vous êtes photographié de manière isolée dans une posture qui peut porter, selon vous, préjudice à votre image, vous pouvez demander à un tribunal de juger du bien-fondé de ce préjudice. Et si vous êtes quelqu&#8217;un de connu, les choses se compliquent encore un peu plus. C&#8217;est la mésaventure qui vient d&#8217;arriver à une banque (le Crédit Mutuel de Bretagne) et l&#8217;histoire commence à faire grand bruit dans le <em>Landerneau</em> de la photographie.</p>
<p>Au départ, donc, une banque. Qui se dit que pour les voeux, elle utiliserait volontiers des têtes connues, pour son calendrier, son agenda, ses cartes de voeux. Le service communication contacte le magazine <em>Bretons</em> qui possède un certains nombre de clichés d&#8217;artistes bretons dont <strong>Miossec</strong>, <strong>Tiersen</strong>, <strong>Renan Luce</strong>, <strong>Stivell</strong>, ainsi que des personnalités du monde de la voile comme <strong>Yann Éliès</strong> ou <strong>Olivier de Kersauzon</strong>. Le magazine propose à la banque de reproduire des pages entières, incluant les photos et <em>en avant Guingamp !</em> Ce qui n&#8217;est pas vraiment du goût de <strong>Christophe Miossec</strong> qui n&#8217;apprécie pas du tout l&#8217;utilisation faite de son image, par une banque dont précise-t-il, avec l&#8217;humour qu&#8217;on lui connaît, &#8220;<em>dont il n&#8217;est même pas client !</em>&#8221; Ça c&#8217;est fait, les banquiers sont habillés pour l&#8217;hiver. L&#8217;histoire n&#8217;est certes pas anecdotique. Par exemple, dans le cas du navigateur <strong>Yann Éliès</strong>, il faut savoir qu&#8217;une société d&#8217;assurances, sponsor du navigateur, est un concurrent du CMB. Ambiance… </p>
<p><strong>Miossec</strong> s&#8217;empresse de préciser : &#8220;<em>L&#8217;argent que j&#8217;obtiendrai je le reverserai à une association caritative.</em>&#8221; On comprend d&#8217;autant mieux le coup de sang de Miossec qu&#8217;il a été mis devant le fait accompli, en recevant un exemplaire du calendrier par la poste. Ce qui ne laissera pas d&#8217;étonner, c&#8217;est le manque de précautions dont une banque peut faire preuve alors qu&#8217;habituellement ces gens-là nous ont plutôt habitués à déployer l&#8217;arsenal juridique au moindre soupçon. Mais <em>nul n&#8217;est censé ignorer la Loi</em>, pas même une banque et selon les textes c&#8217;est bien <em>celui qui utilise l&#8217;image qui est responsable</em>. Charge aux avocats, désormais de trouver des transactions financières.</p>
<p>Il y a beaucoup d&#8217;angélisme dans cette affaire, car oui, à mes yeux de photographe il s&#8217;agit bien d&#8217;une <em>affaire</em>. Prendre une photo n&#8217;est pas anecdotique, la diffuser l&#8217;est encore moins. Choisir ce qui est montré et ce qui ne l&#8217;est pas, faire la part entre l&#8217;image publique et l&#8217;image privée, c&#8217;est de la responsabilité du photographe. Relayer et utiliser des clichés de photographes sans leur consentement c&#8217;est de la responsabilité des médias. Je comprends d&#8217;autant mieux la réaction de Miossec, qu&#8217;elle a été la mienne il y a quelques années lorsqu&#8217;un quotidien national a publié un de mes clichés qui avait été chargé sur internet. Depuis ce jour, mes clichés portent un filigrane. Et mon avocat veille au grain. <strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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		<title>Miossec à la Carène. Brest, comme à la maison.</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2009 08:51:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>harvey</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.shots.fr/wp-content/uploads/2009/10/miossec-la-carene-herve-le-gall-2009.jpg" alt="miossec-la-carene-herve-le-gall-2009" title="miossec-la-carene-herve-le-gall-2009" width="490" height="326" class="aligncenter size-full wp-image-1126" /><br /><strong>La Carène</strong>, <em>salle des musiques actuelles</em>. Mardi 20 octobre, 19:50 heure de <strong>Brest</strong> même. J&#8217;arrive dans la place, ils sont tous là. Une queue interminable, digne d&#8217;une boulangerie polonaise à l&#8217;époque du <em>Général Jaruzelski</em>, des gens d&#8217;ici pour voir la vedette du coin, de chez nous quoi. Dans la queue, il me semble apercevoir quelques têtes connues, venues spécialement de <em>Ouessant</em> et même de <em>Molène</em>. Les portes s&#8217;ouvrent, la longue queue s&#8217;étire en direction de la grande Carène qui va se remplir aussi sûrement qu&#8217;un ballon de rouge au comptoir du <strong>Vauban</strong>. A l&#8217;accueil de la Carène, en me remettant mon pass, la gentille demoiselle me glisse un &#8220;<em>trois premiers titres sans flash</em>&#8221; de circonstance. Trois premiers titres, je crois bien que c&#8217;est la première fois qu&#8217;on m&#8217;impose une restriction sur un concert de <strong>Miossec</strong>. Pas grave, on fera avec, de toutes façons ce soir, je suis naze, alors trois titres, un suppo et au lit. Première partie. <strong>Alan Corbel</strong>, de jolies chansons en anglais un peu <em>bluesy</em>, un brin de désespérance, une guitare en main et une voix de tête, façon <em>Jeff Buckley</em>. Bon feeling, on voit que le garçon en a sous le pied et qu&#8217;il se retient. On sent le talent qui suinte et on se prend à imaginer ce que ça pourrait donner, avec des zicos <em>king size</em> tout autour de lui. <em>Alan Corbel</em>, notez ce nom, on pourrait bien en reparler un de ces jours&#8230; Une petite demie-heure de set et le public est invité à faire une pause, en attendant le concert. Noir salle. Ovation, petite musique étrange façon suspense <em>hitchcockien</em>. Et ça dure, ça dure. Au premier rang, une dame s&#8217;impatiente. Je lui glisse &#8220;ne vous inquiétez pas, ce sont les deux ou trois premières heures qui sont longues&#8230;&#8221; Elle se marre. Et puis les zicos se pointent et je reconnais, entre autres, ce cher <strong>Robert Johnson</strong>, le guitariste dandy aussi élégant que sautillant tout droit venu de son Albion natale.<span id="more-1125"></span> <strong>Miossec</strong> est au micro et envoit le son. Jouer à Brest, c&#8217;est compliqué, doit-il se dire Christophe. Côté <em>lights</em>, on nous a gâté, même si avec mon pote Fred Morvan (photographe du Télégramme) on se sent à l&#8217;aise dans la fosse, rien que pour nous deux. Ambiance <em>Macumba</em>, lumières tournantes, trois titres pour capturer un animal invisible, putain, je me dis que ça va être chaud. Et puis je connais bien le gars Miossec, je sens qu&#8217;il y a un truc qui ne lui va pas, qu&#8217;il n&#8217;est pas dedans. Jouer à la maison, devant tant de gens qui le connaissent, pas facile. Mais ça, c&#8217;est sans compter sur les zicos, <strong>Nicolas Stevens</strong> aux claviers et au violon et <strong>Magic Johnson</strong> à la guitare, qui le regarde d&#8217;un oeil complice, qui s&#8217;approche, balance des riffs, en se disant qu&#8217;il va bien finir par réagir et sortir de sa boîte, l&#8217;animal. Alors le micro commence à voltiger, les premières conneries fusent dans le public. Une chieuse (désolé, je ne trouve rien d&#8217;autre) se met à gueuler parce que Miossec passe pas à Lannion. &#8220;<em>Lannion ? Mais qui a envie d&#8217;aller à Lannion ? Carhaix à côté&#8230; mais c&#8217;est Las Vegas !</em>&#8221; Mmmmh ! Des tacles et de la mauvaise foi, quelques gouttes de sueur, une ou deux vannes sur Quimper, ça commence à sentir le fauve. J&#8217;ai quitté la fosse pour aller planquer derrière un sub, côté jardin et c&#8217;est de là que j&#8217;assiste à l&#8217;ouverture de la boîte de Pandore, façon paparazzi. &#8220;<em>On est des putes en fait&#8230; Celle-là, on devrait pas la chanter, mais bon&#8230;</em>&#8221; Premières notes d&#8217;intro de <em>Brest</em> au piano, énorme ovation. &#8220;<em>Est-ce que désormais tu me détestes, d&#8217;avoir pu un jour quitter Rouen&#8230;</em>&#8221; Petit sourire en coin quand la salle le conspue, lui il s&#8217;en fout, mieux encore il s&#8217;en délecte. Entre titres du nouvel album Finistériens, dont le très chouette &#8220;<em>Joggeurs du dimanche</em>&#8221; ou &#8220;<em>Fortune de mer</em>&#8221; avec une mention spéciale pour &#8220;<em>Jésus au PMU</em>&#8221; et quelques grands classiques, dont un &#8220;<em>non, non, non je ne suis plus saoûl</em>&#8221; sauvage, presque instinctif, autant craché (<em>veux-tu bien</em>) que chanté, Miossec finit son set à fond. Ce mec n&#8217;est jamais aussi magnifique que lorsqu&#8217;il livre sa part d&#8217;ombre sans retenue, sans pudeur, qu&#8217;il crache son côté obscur, celui qui laisse la gueule en vrac comme après une nuit de piste entre le <em>Vauban</em> et <em>Recouvrance</em>. <strong>Miossec</strong>. À chaque fois je vis son concert comme si c&#8217;était la dernière fois. Une dernière chance pour aller traquer la bête, un aller simple sans retour, sans rémission, se dire qu&#8217;il n&#8217;y a plus rien à tirer, qu&#8217;il est temps de rentrer, un suppo et au lit. Et je me retrouve dans la nuit brestoise, direction <em>le Vauban</em> où j&#8217;irai écluser un dernier gorgeon, une petite limonade avant de rentrer à la maison. En comptant les jours qui me séparent de notre prochaine rencontre. </p>
<p>• cliché inédit : Miossec en concert à la Carène Brest, mardi 20 octobre 2009.<strong>Article(s) pouvant aussi vous intéresser :</strong>
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