Vieilles Charrues 2010 J-7. L’indispensable checklist du photographe de concerts.

materiels-canon-vieilles-charrues-2010-herve-le-gallCharruesLand. J-7. Difficile pour moi de parler des Vieilles Charrues sans tomber dans l’excessif, l’enthousiasme débordant. Les Charrues c’est plus qu’un festival à mes yeux, ça dure quatre jours, quatre jours éreintants, épuisants et en même temps tellement enivrants, au sens figuré pour moi, au sens propre pour un certain nombre d’autres, mais bon c’est comme ça. On vient aux Charrues pour faire la fête, se lâcher, s’amuser, retrouver des amis qu’on n’a pas vus depuis l’an passé. Le festival des Vieilles Charrues, c’est beaucoup plus qu’un festival de musique. C’est un moment de retrouvailles entre potes, une immense kermesse ponctuée de toutes les musiques et ce jusqu’à pas d’heure. Pour un photographe, c’est la perspective de shooter pendant quatre jours, quasiment sans discontinuer, d’engranger une quarantaine de concerts sans compter les innombrables clichés d’ambiance glanés sur la légendaire plaine de Kerampuilh. Autant dire qu’il vaut mieux être prêt et bien dans ses pompes. Chaque année, une semaine avant le festival, j’ai un petit rituel qui consiste à faire ma checklist, une sorte d’inventaire à la Prévert des éléments indispensables. Cette année je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de partager ces petits trucs avec vous. Et puis, si vous fréquentez les fosses de concerts en festival, vous y trouverez peut-être quelques éléments indispensables à toujours avoir sur soi ou dans son sac…

Justement du sac, parlons-en. J’ai deux sacs de transport. Un sac Lowepro Slingshot 300 (2) qui me permet de transporter tout mon matériel proprement dit et un second sac LowePro Toploader (1) qui ne me quitte jamais et me permet de loger pile poil mon EOS en configuration 70-200. Côté matos, cette année, j’embarque deux boîtiers Canon. Un EOS 1D Mark IV (3) que j’ai découverts pendant le festival Yakayalé et son petit frère un EOS 7D (4). Deux boîtiers parfaitement complémentaires qui ont chacun des qualités que l’autre n’a pas. La différence de taille de capteur, APS-H coeff. 1,3 pour le 1D et APS-C coeff. 1,6 pour le 7D, permet d’avoir des points de vue différents avec la même optique. J’ai un flash Canon 580EX (5) qui ne me sert qu’en dehors de la scène (où, rappelons-le, son utilisation est strictement interdite), avec l’indispensable diffuseur Gary Fong (6). Du côté des optiques, j’ai un 70-200 2,8L IS Serie II (7) sur EOS 1D et un 70-200 2,8L IS (10) sur EOS 7D. Que dire de cette optique, sinon qu’elle est simplement la meilleure optique pro de sa catégorie ? J’embarque aussi un 135mm f2L (9) pour voir s’il est aussi bon que certains de mes amis photographes (comme Gérald Géronimi) le prétendent, ainsi qu’un 24-105 f4L (8) histoire de couvrir aussi les autres focales. Du côté du stockage, je viens d’acheter une carte 32Go Extreme III chez Digit Photo, pour compléter mon parc de cartes Sandisk (11). Je travaille en RAW exclusivement, à 20Mo à la louche le cliché, je ne vous fais pas un dessin. Mais quand on aime… En festival, je n’utilise pas d’autre cravate que la mienne (12) pour porter mes pass, elle est pratique car on peut déclipser le pass tout en gardant la cravate autour du cou. Quand je travaille, je déteste ce truc qui pendouille autour de mon cou, alors il finit le plus souvent dans ma poche. Dans les fosses ou ailleurs, la lumière d’appoint (13) est souvent indispensable, cette lumière frontale diffuse aussi une lumière rouge, plus discrète de nuit. Il arrive qu’il pleuve aux Charrues, j’ai toujours sur moi une housse jetable (14) pour protéger mon boîtier, même si EOS 1D est tropicalisé et même si EOS 7D est résistant à la pluie. Les bouchons d’oreilles (15) sont absolument indispensables, je les mets en concerts et dès que j’ai besoin de m’isoler. Idem pour les yeux : les lunettes de soleil (16) sont toujours à portée de main, modèle Ray Ban Wayfarer II en hommage à Jack et Elwood Blues. Pour pouvoir twitter en direct et garder le contact, j’ai mon inséparable iPhone 3G avec une batterie de secours qui ne me sert quasiment jamais mais bon, on n’est jamais trop prudent ! Une montre (18) Seiko (étanche à 200 mètres ce qui fait bien marrer mon pote Grémillot, le photographe underwater) pour être à l’heure aux concerts car le timing est toujours hyper serré, des lingettes de nettoyage d’optiques (19), une chiffonnette (20) parce que la plaine de Kerampuilh est poussiéreuse (et que je suis maniaque du boîtier propre), des pansements (21) parce qu’une coupure à un doigt c’est salement galère, du talc (22) et des chaussettes de trekking (23). Parce que, comme disait Lieutenant Dan à Forrest Gump, un trouffion qui veut rester en vie prend d’abord soin de ses pieds. Pour un photographe, c’est idem. Avant le départ, au début de la journée, on saupoudre généreusement le talc sur le pied, surtout entre les doigts de pieds ! On enfile les chaussettes de trekking (modèle Quechua à pas cher chez Décathlon) et les pompes, en général des Doc Martens. En cas de grosse chaleur, pieds nus, sandales Scholl et talc. Aux Charrues on est quasiment dix à douze heures debout d’affilée et ce sont les pieds qui trinquent. Parfois la douleur aux pieds peut être vive. Dans ce cas là, je fais un break, du lait délassant (24) pour les pieds de chez Cattier et ça repart ! Voilà. Je vous ai tout dit ou presque. Pendant les Charrues, je carbure à la flotte, on en trouve en palettes backstage et je mâche danois, Stimorol (27) exclusivement. Enfin, il y a deux trucs dont je ne me sépare jamais. Ja-mais. D’abord une pierre de pouce (26) quand je suis vraiment à cran ça me détend. Et puis un médiator (25), qui m’a été offert par un guitariste de mes amis après un concert mémorable, il y a quelques années. Un simple bout de plastique, un truc de rien mais qui symbolise à mes yeux tellement de choses. Le partage d’un souvenir, d’un concert, d’images gravées dans ma mémoire. Un histoire de potes qui se perdent de vue et qui se retrouvent chaque année, au même endroit, pour faire la fête. Les Vieilles Charrues, en somme…

• merci à toute l’équipe de Canon France pour leur soutien technique pendant cette édition des Vieilles Charrues.

Cinq bonnes raisons d’acheter un reflex numérique Canon EOS 7D.

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Chaque jour qui passe me rapprochait un peu plus de ma décision d’acheter, finalement, un EOS 7D. De vous à moi, cela faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti avec un boîtier Canon le feeling que j’ai pu avoir avec ce 7D. D’ailleurs il n’est pas de hasard si j’ai comparé l’obturateur de ce reflex avec celui de mon F1n. À dire vrai, je n’ai pas réalisé tout de suite que c’était surtout ce feeling, cette bonne sensation qu’on ressent quand on a un bon boîtier en main. Le dénominateur commun entre mon mythique F1n et ce tout nouveau numérique tient en un mot. Le plaisir. Lorsque Canon a introduit EOS 7D sur le marché, la marque rouge a positionné ce boîtier sur le segment des photographes amateurs experts et je ne suis pas sûr que ce choix était complètement judicieux. Cet EOS est un boîtier exigeant qui conviendra d’abord aux photographes. Les réactions vis à vis de ce nouveau reflex seront soit très positives, voire enthousiastes (suivez mon regard), soit réservées, voire négatives. C’est normal. EOS 7D est un boîtier qui se ressent, qui se dompte, qui s’apprivoise. Il faut faire de EOS 7D son boîtier, le prolongement de vos émotions. Alors, quand c’est fait, quand la symbiose se réalise, que vous découvrez vos images comme j’ai pu le faire moi-même au mois de mai, vous êtes saisi par ce flashback que vous prenez en pleine gueule. Les images sont là, traduites par DPP, brutes de capteur et vous sentez qu’il n’y a rien à faire. Tenter d’ajouter, de soustraire, de modifier et c’est l’essence même de l’image, sa pertinence qui en serait affectée. Aujourd’hui, je suis convaincu que EOS 7D est avec EOS 1D Mark IV le meilleur choix de la gamme reflex de Canon. En attendant un EOS 5D Mark III, qui devrait hériter des nombreuses avancées notamment en matière d’autofocus, voici au moins cinq bonnes raisons d’acheter un EOS 7D.

1- Parce que les fonctionnalités de EOS 7D sont proches du 1D Mark IV.
Pour avoir testé le grand frère dans tous les sens, je dois avouer que j’ai été surpris, lors de mes premiers tests avec le 7D et plutôt agréablement surpris. Pour tout dire, j’avais l’impression d’avoir en mains un petit 1D Mark IV. Et naturellement, le mot petit n’a rien de péjoratif, bien au contraire. 1D Mark IV est une remarquable machine, robuste, bien pensée, bien construite, tropicalisée. Bref, un engin polyvalent, juste un tantinet lourd. Alors évidemment, l’appréhension du 7D donne cette sensation de voyager léger. La taille, le poids, la nature du capteur (APS-H 1,3 sur 1D Mark IV versus APS-C 1,6 sur 7D), la tropicalisation, une capacité de paramétrages étendus sur le 1D. À y regarder des près, 7D embarque des fonctionnalités identiques et permet aussi un paramètrage assez fin du boîtier. Mine de rien il est costaud le petit, embarquant un double Digic IV qui étale le traitement sur 14 bits, capable d’encaisser 8 images par seconde au format RAW, excusez du peu. Le viseur 100% est un vrai plus, pour la précision du cadrage. Et l’autofocus 19 points est aussi paramétrable que précis. Signalons aussi l’accès aux paramètres sur l’écran 3 pouces qui n’est pas sans rappeler (encore) 1D Mark IV. Les adeptes de la vidéo trouveront aussi leur compte avec la capacité d’enregistrer des vidéos en mode full HD.

2- Parce que EOS 7D est léger, performant et polyvalent. Mais exigeant.
C’est toujours agréable de partir en emportant avec soi un matériel léger, dont on sait qu’il en a sous le pied. J’ai le sentiment qu’avec EOS 7D Canon réussit le pari de proposer un boîtier polyvalent, capable de s’adapter plus ou moins à toutes les conditions de terrain, pour peu qu’on le maîtrise bien. C’est cela que 7D me semble être : un excellent choix pour le photographe professionnel, soit en boîtier backup de 1D Mark IV soit lorsqu’il y a nécessité d’embarquer léger. L’exigence est au rendez-vous, mais il faut nécessairement apprendre à maîtriser ce boîtier et faire d’un 7D son 7D. Il peut avoir un comportement erratique en basses lumières et ce n’est pas un foudre de guerre en hauts iso. On peut cependant tabler sur un 3200iso clean, je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais eu besoin de monter au-delà, même si le boîtier propose un mode H à 12800iso. On ne retrouve pas les travers de 5D Mark II : pas de surex, pas d’autofocus qui pédale. Quand 7D accroche le focus et que le point d’équilibre est correct, il est capable de cracher de l’image d’un niveau de qualité assourdissant.

3- Parce que ce reflex a une signature.
La formule n’est pas de moi, mais je l’utilise tant elle me semble juste et convenir parfaitement à EOS 7D. “Ce reflex a une signature qui lui est propre.” Au cours d’une discussion avec un membre du staff de Canon France, mon interlocuteur a lâché cette phrase qui raisonne encore dans ma mémoire. C’est définitivement vrai et juste. Je parlais de qualité assourdissante. Lorsque j’ai développé (via DPP) les fichier RAW du concert de Fleurent-Didier, mon oeil a été attiré par un grain particulier, notamment visible dans les portraits en scène que j’affectionne. Il s’agit bien de grain, j’insiste sur ce point, de grain et pas de bruit. J’ignore à quoi est dûe cette particularité, cette signature. Peut-être à la nature même du capteur, à sa taille, alors que Canon réussit l’exploit insensé de faire tenir 18mp dans un capteur de taille réduite. Quoiqu’il en soit, 7D a une capacité à sublimer l’image, en restituant les couleurs, l’ambiance, ce truc impalpable et tout cela brut de capteur. Je pense au cliché de Tazartès étirant son accordéon, à Mareva Galanter qui effleure sa bouche d’un revers de main, à Arnaud Fleurent-Didier tête sur le côté. L’image peut être à la fois veloutée et sexy, d’une netteté comme je l’aime. Quant au piqué, c’est celui, imparable et incomparable de l’excellent 70-200 2,8L IS, qui se marie au 7D à la perfection.

4- Parce que Canon offre les meilleures optiques du marché.
Je sais bien. Affirmer que Canon produit les meilleures optiques du marché, c’est presque une évidence. Canon produit une gamme d’optiques plus complète que son concurrent direct, Nikon. Plus de choix, une qualité premium sur la gamme L et un coût nettement moins élevé. Si vous interrogez des photographes qui ont eu la tentation de switcher de Canon vers Nikon, que vous leur demandez pourquoi ils ont renoncé, l’argument numéro un est très souvent le parc d’optiques. Qui dit bon boîtier dit bonnes optiques. Sur EOS 7D, le conseil judicieux est de monter de l’optique de qualité et chez Canon c’est la gamme L et rien d’autre.

5- Parce que le cashback de Canon vous fait économiser 100€.
Sur la base du prix public de Digit Photo, ça nous met le boîtier à 1000€ HT et honnêtement voilà un prix très accessible pour un reflex de cette qualité. Alors ? Vous êtes photographe pro, équipé en Canon et vous cherchez un boîtier backup ? EOS 7D est un excellent complément à votre EOS 1D. Vous êtes photographe amateur, passionné par la belle image et vous cherchez à remplacer un 30D ou un 40D un peu au bout du rouleau ? Pas d’hésitation, pour vous EOS 7D est le choix naturel : ergonomie connue, préservation de vos optiques et une qualité de construction optimisée, en particulier au niveau de l’étanchéité. Et puis ce truc indéfinissable qui n’appartient qu’à Canon dans la fidélité de la restitution des couleurs.

cliché : Anli Pollicino au Cabaret Vauban mai 2010 (EOS 7D – 70-200 2,8L IS – 1600iso)

Tests Canon EOS 7D. Excellent, à tout point de vue.

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A l’issue de mes tests sur EOS 1D Mark IV, je discutais avec un membre de Canon France et je lui disais qu’au fond, après un test comme celui-là, il n’y avait plus grand chose à ajouter, tant il me semblait avoir fait le tour du sujet. Alors mon interlocuteur (bien intentionné) m’a soufflé qu’il restait encore des tas de choses passionnantes à découvrir chez Canon. “Comme le 7D par exemple ?” De vous à moi, j’étais bien tenté d’aborder ce boîter expert mais j’avais en mémoire quelques uns de mes propos sur EOS 7D, qualifié par mes soins de “Canada Dry de l’EOS 1D Mark IV“. Comme dirait Christophe Miossec, du tacle et de la mauvaise foi. Manquerait plus qu’il soit bon, ce 7D et là, pour le coup, j’aurais l’air malin. Mais la tentation était trop forte et l’envie de défricher trop tenace. Et puis 7D et 1D Mark IV, au fond, c’est un peu le syndrôme du boîtier critiqué à outrance par des gens qui ne l’ont jamais vraiment tenu en mains et encore moins utilisé. C’est d’ailleurs ce qui m’avait motivé pour tester sur le terrain, avec mes conditions, EOS 1D Mark IV et on connaît les résultats. Un boîtier capable de cracher 10 images/seconde sans un pet de flou, avec une qualité et une netteté étourdissante, surtout en bonnes conditions de lumière, même en mode AI servo. Comme EOS 7D est sorti avant son grand frère, embarquant un autofocus revu et corrigé, je me suis dit que ça valait peut être le coup de l’amener avec moi en ballade, sur le terrain. Mon intuition ne m’a pas trompé. Et même plutôt deux fois qu’une…

Le petit frère d’EOS 1D Mark IV
À le voir, comme ça, on sait tout de suite que c’est un EOS, dans la lignée 20 à 50D. Si vous avez déjà eu un EOS, vous ne serez donc pas dépaysé. La construction est propre, le boîtier n’est certes pas tropicalisé mais Canon assure avoir travaillé à l’amélioration de l’étanchéité. Face arrière, on retrouve l’ergonomie habituelle avec la grande molette, un écran 3 pouces confortable. Au chapitre grognon, le bouton on/off a changé de place, désormais logé en haut à gauche. Un bouton de démarrage rapide pour les adeptes de la vidéo (non, je n’ai toujours pas testé les fonctions vidéo). J’aime assez le positionnement des boutons, j’aime le bouton Q qui permet de visualiser et d’accéder aux paramètres du boîtier. Ou pas. Car EOS 7D intègre un menu détaillé avec des fonctions de personnalisation particulièrement élaborées pour un boîtier expert et qui ne sont pas sans rappeler le grand frère, même si évidemment ces fonctions sont moins étendues que sur le Mark IV. On peut affecter, via les menus, les boutons aux fonctions de son choix, décider par exemple d’affecter la molette avant à la vitesse et la roue arrière à l’ouverture (ou l’inverse), de décider du sens de rotation, bref c’est très complet et pour tout dire assez épatant pour les éternels insatisfaits que sont nombre de photographes (suivez mon regard). Une mention spéciale pour le viseur 100% parfaitement lumineux, le choix étendu du mode autofocus, l’illumination du viseur en rouge ou noir selon le niveau de lumière, le quadrillage virtuel, le niveau intégré et j’en passe. C’est un APS-C, un choix somme toute logique de la part de Canon. Un choix casse-gueule aussi : loger 18mp dans un capteur aussi petit ça tient presque du miracle. EOS 7D génère des RAW de 5184*3456 pixels pour un poids unitaire (à la louche) de 20Mo. Comptez 2Go d’espace disque pour la centaine de clichés, je ne vous fais pas un dessin. Vous pouvez commencer à investir chez Sandisk ou Lexar, en tapant sur des cartes 16Go minimum. Et pour le disque dur, c’est idem, 2To est désormais un standard.

Léger, discret, exigeant
EOS 7D ne vous envoit pas sur l’île aux enfants. C’est un EOS, c’est donc un boîtier exigeant. D’abord en optiques. Servez lui du L et exclusivement de la gamme L, votre boîtier vous le rendra. Pour mes tests, j’ai utilisé mes optiques L et principalement mon 70-200 2,8L IS. Mon optique de prédilection qui, par la grâce du capteur, se comporte en focale 110-320, autant dire un casse-tête dans une salle de dimension réduite où je suis collé à la scène et un vrai bonheur dans un pit de concert en festival comme aux Vieilles Charrues. Dans cette gamme d’EOS, j’aime la compacité du boîtier qui permet de voyager aussi discret que léger. Avoir un 7D en main après avoir trimballé 1D Mark IV, c’est assez savoureux. Seul bémol, la prise de vue en mode portrait, moins aisée, même si l’ajout d’un grip optionnel permet d’accéder à ce mode. Pour ma part, le grip j’en suis revenu : plus lourd c’est plus de fatigue à la fin de la journée. Puisqu’on parle de grip qui embarque deux batteries (donc un max d’autonomie), une précision sur la batterie propriétaire LP-E6 de Canon qui intègre des fonctions étendues, comme le nombre de prises de vue restantes, le niveau de charge. Comme toujours, avant de partir avec votre 7D sous le bras, LE bon conseil est de vous manger la doc. En entier ? Oui, en entier. Je l’ai fait avec 1D IV et j’en ai fait autant avec 7D. Une fois fait le tour du propriétaire, il est temps d’aller au charbon.

Sur le terrain avec EOS 7D
J’ai fait une demi douzaine de concerts avec 7D, pour le moment. D’abord au Vauban, avec Lætitia Shériff puis Nouvelle vague et bizarrement, j’ai senti que j’avais ce boîtier en main quasi immédiatement. En fait c’est comme si j’avais toujours eu un EOS 7D. Les clichés ramenés du concert de Nouvelle vague ont confirmés cette intuition. 7D génère une image douce et veloutée avec un niveau de piqué et de netteté très acceptable. Côté sensibilités, les clichés ont été réalisés sur une plage 400 à 1600iso, en mode one shot. Sur des conditions de lumières drastiques, j’ai testé le mode rafale, à 8 images par seconde autant dire que 7D tient la route ! Un mode qui devrait ravir les photographes animaliers et les photographes sportifs. Une fois ramenés à la maison les clichés et les premières sensations, j’ai travaillé sur l’affinage du paramétrage du boîtier. Rappelons encore une fois l’accès à des fonctions personnalisées, au paramétrage d’un style d’images par thématique voire par utilisateur. J’évoquais précédemment la lecture du manuel, prenez aussi le temps de tester différents paramétrages avant d’aller en prise de vues. Après avoir peaufiné mes réglages, j’étais prêt pour repartir sur le terrain.
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Seconde session, je suis au Club, la petite salle de la Carène pour le festival Sonore avec trois concerts de jazz, dont l’excellent Peter Brötzmann Tentet et le trio Tazartès, Berrocal, Fennech. Le déclenchement de 7D (lui aussi paramétrable) peut s’avérer aussi discret qu’utile, d’ailleurs j’aime assez le flap-flap du miroir qui n’est pas sans me rappeler le déclenchement du rideau en titane de mon F1n, allez savoir pourquoi. Je crois que je n’avais pas pris autant de plaisir à photographier depuis un bail, si j’exclus la période Nikon D3s et Canon 1D Mark IV. L’autofocus EOS 7D est parfaitement réactif, avec un léger poil de recul dans les zones d’ombres mais rien de dramatique. Le shoot est souple, confortable et on sent que le boîtier en a sous la godasse. En même temps, il convient de rappeler que 7D embarque un double Digic IV et une capacité surprenante à étaler de l’image en 14 bits, notamment en mode rafale, capable d’enregistrer du RAW à 8 fps, excusez du peu. Je ne le sais pas encore mais le meilleur est à venir.

Excellent à tout point de vue, brut de capteur.
J’ai choisi (sur le conseil express de Canon) de dérusher mes RAW avec DPP dans un premier temps en me disant que je pourrais toujours utiliser Adobe Lightroom au besoin pour optimiser mes images. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que les images de la session jazz shootée à la Carène au festival Sonore, ces images sont nickels, brut de capteur. En visualisant les clichés, j’ai ressenti un frisson de plaisir, ce truc indéfinissable qui se produit lorsqu’on découvre pour la seconde fois une image qu’on a réalisée. On regarde l’image, le cadrage, la netteté, le piqué, les couleurs, les lumières, les contrastes. Et si tous les paramètres sont réunis, en une fraction de seconde on se dit seulement “wouah !” On réalise alors que celle-là et puis celle-là, et puis celle-çi, et puis pas mal d’autres… Elle sont vraiment bonnes et ça va être chaud pour faire le tri. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec les trois séries tapées à la Carène. J’ai réalisé avec EOS 7D une série d’images d’un excellent niveau de qualité (je parle de technique). À aucun moment ou presque je n’ai été confronté avec EOS 7D à la cruelle problématique : mes réglages sont bons, mon cadrage est bon, tous les paramètres sont réunis pour que le cliché soit bon, mais… Est-ce que le boîtier va me suivre ? Oui, EOS 7D m’a suivi, j’ai l’impression d’avoir retrouvé avec lui une sérénité oubliée et même d’être revenu aux fondamentaux de la photographie. Un peu de technique, beaucoup de feeling. Et surtout du plaisir. Le plaisir de shooter. Le plaisir de montrer des images authentiques, brut de fonderie. Les clichés des trois sets de jazz n’ont en effet subi aucun post-traitement : cadrage d’origine, balance des blancs d’origine, zéro accentuation. Un simple RAW immédiatement traduit en jpeg. L’image vue par mon oeil et par le capteur de mon EOS 7D.

EOS 7D ? Putain de boîtier !
J’ai reçu ces derniers temps beaucoup d’emails de photographes propriétaires de boîtiers de série expert me demandant mon avis sur EOS 7D. Aujourd’hui, je peux me prononcer. Voilà un boîtier qui m’enthousiasme clairement et que je recommande à tous les photographes qui recherchent un reflex réactif, polyvalent, léger. Mais attention ! C’est aussi un boîtier très exigeant, ma recommandation s’accompagne d’optiques de qualité et pour cela rien de mieux à mes yeux que la gamme L de Canon. EOS 7D c’est aussi à mon avis un excellent choix pour les professionnels, autant comme boîtier principal qu’en boîtier backup, pour un prix somme toute très attractif (autour de 1000€ HT). En complément d’un fullframe comme d’un APS-H, le capteur APS-C du 7D peut s’avérer d’un grand secours, sur le terrain, avec son coeff de 1,6. Sa taille réduite lui permettra sûrement de se trouver une petite place dans votre sac et ses performances font de lui un excellent atout dans la panoplie du photographe. Last, but not least, un paramétrage fin du boîtier vous permettra de tirer la quintessence de ce reflex et de façonner EOS 7D à votre image. Pardon ! À vos images.

• clichés : Tazartès, Berrocal, Fennech Festival Sonore La Carène mai 2010 – EOS 7D + 70-200 2,8L IS 3200iso, brut de capteur.

voir la série de clichés EOS 7D brut de capteur sur Cinquième nuit

Cinq bonnes raisons de ne pas quitter Canon (pour le moment).

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Finalement, je vais faire encore un bout de chemin équipé en Canon. Une voie tracée il y a bien des années, un peu par hasard d’ailleurs, et puis un choix qui s’est maintenu au fil du temps. Mais dans une vie, rien n’est définitif. Je n’opte pas pour EOS 1D Mark IV qui est un boîtier performant mais dont les défauts en basse lumière sont rédhibitoires, pour un photographe qui travaille la nuit et quand on a comme moi tenu un Nikon D3s en main, un reflex pro aussi ultime que polyvalent. Je réalise qu’une bonne partie des arguments qui me font rester fidèle à Canon tiennent de l’irrationnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Comme le disait Molière, il y va aussi de la sagesse d’attendre

1- Les couleurs
Avec malice un photographe de mes amis (qui se reconnaîtra) me disait récemment que si autant de photographes équipés en Nikon travaillent en noir et blanc, c’est parce que la gestion des couleurs chez Nikon est calamiteuse. Il plaisantait bien sûr. Je pense que ce qu’il voulait mettre en avant, surtout, c’est la qualité de la gestion des couleurs made in Canon, ce que Jean-Philippe Grémillot désigne par “le velouté Canon“. C’est ce truc un peu magique qui fait que lorsque vous regardez un cliché signé avec un reflex Canon, vous avez ce ressenti si particulier lié aux couleurs. Tous les photographes équipés en Canon et tentés par un éventuel switch vers Nikon se sont, à un moment ou à un autre, posés cette question. Nikon, d’accord, mais quid de la gestion des couleurs ?

2- Le plaisir
Dans le comparatif Nikon vs Canon, j’ai essayé de décrire le plaisir que j’ai eu à shooter avec EOS 1D Mark IV. Il n’y a rien de mieux pour un photographe que de se sentir en phase avec son matériel, c’est même carrément essentiel. D’ailleurs entre nous, ça n’est pas spécifique aux photographes. J’ai le sentiment que la photo de concerts (et du spectacle vivant en général) a même tendance à décupler ce bonheur de photographier. C’est ce que ce cher Henri résumait en une phrase : “mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.” Je ne pense pas qu’on puisse faire un bon cliché en faisant la gueule.

3- Les optiques
J’ai utilisé pendant des années une optique d’exception, sur un boîtier d’exception. C’était un 55mm asphérique f/1,2, monture FD, sur un Canon F1 (puis un F1n). Les connaisseurs apprécieront. Ensuite j’ai eu un EOS 3 avec un 70-200 2,8L (puis le modèle IS). On lit souvent que les boîtiers passent et que les optiques restent. Et la question de savoir s’il est préférable de privilégier d’excellentes optiques à un excellent boîtier ne se pose pas. Côté optiques, Canon reste devant Nikon, même si le “loin devant” est désormais un simple “devant”. Devant en complétude, souvent en qualité et aussi en prix. Chez Nikon ne cherchez pas l’équivalent en optiques Canon, ça n’existe pas, pas pour le moment. Même si, au risque de me répéter, Nikon a fait des avancées considérables en la matière.
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4- L’affectif
Récemment, je lisais une pensée du Dalaï Lama sur son twitter. En substance, cet homme sage parmi les sages dit que la vie n’est pas possible sans compassion et sans affection. Je le crois volontiers. Je pense aussi qu’une photo faite sans cœur ne donnera jamais une grande photo, de celle dont on se souviendra. Je vois passer des tonnes d’images sur internet et je me dis que finalement bien peu resteront dans ma mémoire. D’ailleurs, quand j’y repense, à ces clichés qui m’ont marqué, je vois passer une photo de Cartier-Bresson (“derrière la Gare Saint Lazare”), Cali et Miossec à Ouessant par Gassian, un portrait de Daho par Antoine Le Grand, un portrait de Marylin par Richard Avedon. Je peux photographier des gens que je n’aime pas, mais à tout prendre je préfère shooter des gens que j’aime, parce qu’en général, ils me le rendent bien. L’affectif est indissociable de ma vie et des images que je capture.

5- La culture
C’est sans doute l’élément le plus subjectif, le plus irrationnel, le paramétre le plus improbable qui fait que je ne souhaite pas quitter Canon, en tout cas pas pour le moment. Simplement parce que Canon est étroitement associé à ma culture photographique, depuis toujours.

Se donner du temps
Je veux bien prendre date, dès aujourd’hui. Je suis convaincu que dans l’année qui vient – qui va donc nous mener, disons jusqu’à juin 2011 – nous allons vivre des moments absolument passionnants, riches en annonces et en rebondissement, tant chez Canon que chez Nikon.

D’abord Canon. Comme me le disait un responsable de la filiale française au salon de la photo 2009 : “Canon n’a pas l’intention de rester les bras ballants !” J’en suis convaincu. Il ne faudrait surtout pas s’empresser de reléguer Canon à une vulgaire place d’outsider. D’abord il y a eu EOS 1D Mark IV où Canon a su montrer sa capacité d’évolution, je pense à l’autofocus et à cette capacité de produire une image d’une qualité optimum. Dans l’année qui vient, Canon est attendu sur EOS 1Ds Mark IV et sur le successeur de 5D Mark II. Un EOS 5D Mark III en 2011 est dans le domaine du probable, avec des specs qui risquent de décoiffer, notamment dans le domaine de la vidéo (format Raw ?) mais aussi sûrement avec un autofocus largement optimisé par rapport au modèle précédent.

d4-nikon-shotsEnsuite Nikon. Comment douter une demie-seconde de ce qui va déferler en matière de reflex et d’optiques professionnels signés Nikon ? D’abord, un successeur plus que probable à l’excellent D700. Il avait hérité de fonctionnalités de son grand frère D3, on peut imaginer sans peine des specs héritées du génial D3s, en particulier au niveau de le gestion des sensibilités. En vérité je vous le dis. Le successeur du D700 va faire très, très mal, car Nikon est prêt à nous proposer le reflex ultime tout en voyageant léger. Et puis évidemment, on lorgne du côté du D4 et là encore on peut s’attendre à l’accord parfait, avec une liste de specs longue comme le bras. Du côté des optiques, aussi, il y aura sans aucun doute du lourd. Nikon va chercher à combler son retard en la matière. Les sorties récentes du 70-200 2,8 VRII, du 24 f1,4, du 16-35 f4, du 300 f2,8 VRII, du 200-400 f4 II, … étaient déjà un signal fort. Le message est clair : en matière d’optiques il faut aussi désormais compter sur Nikon. Message reçu.

et maintenant ?
J’ai envie de dire que la vie continue ! J’ai (mal) vécu l’épisode 5D Mark II, puis le test EOS 1D Mark IV, je vais tester dans les semaines qui viennent EOS 7D, histoire de me faire ma propre opinion sur un boîtier controversé qui a provoqué des réactions houleuses à sa sortie, je pense aux tests de Darwin Wiggett (et à son article ravageur “7D le boîtier que nous voulions aimer“) ou à Ole Jorgen Liodden (de feu Canonfieldreview rebaptisé Nikonfieldreview depuis que Ole eut décidé de switcher) qui avait largement contribué à tartiner sur le sujet. Entre nous, je n’étais pas moi-même blanc brun à l’époque, pour ce 7D que j’avais qualifié de Canada dry de 1D Mark IV. D’ailleurs, c’est à l’issue de l’épisode 7D que j’avais décidé que, désormais, je ne m’exprimerais plus sur un boîtier sans l’avoir moi-même testé. Rendez-vous, donc, dans les jours à venir, pour un test grandeur nature, sur le terrain, avec EOS 7D.

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