Canon EOS C300. C comme cinéma. H comme historique.

canon-EOS-C300-shots-2011C comme cinéma. H comme historique. Une bague rouge, un collier red. Une monture EF. Ceux qui pensaient que Canon s’était tiré une balle dans le pied en introduisant de la vidéo sur un reflex numérique doivent se gratter la tête aujourd’hui. Oui, j’en suis. Canon qui s’est affirmé sur le segment convergence photo-vidéo prend aujourd’hui la tangente inverse et a présenté, hier aux studios Paramount d’Hollywood, un lieu prédestiné, une camera numérique d’un genre radicalement nouveau. Avec une habileté sans faille, Canon brouille à nouveau les pistes et invite désormais au chemin inverse, en créant une convergence vidéo-photo, avec cette caméra numérique capable d’embarquer des optiques EF.

À y regarder de plus près, on ne peut être que fasciné par EOS C300, même si pour ma part la vidéo reste un monde totalement étranger, on ne se refait pas. Mais quand même. Comment ne pas être fasciné par cette créature totalement hybride, dotée comme un reflex de deux slots pour cartes Compact flash, capable d’ingurgiter un flux 1080p sans sourciller et d’utiliser des optiques PL ou… des optiques EF, soit l’un soit l’autre, car il existe deux modèles distincts. Cette capacité à embarquer des optiques EF, c’est une invitation clairement lancée aux photographes qui ont tâté de la vidéo sur leur DSLR et à tous les autres. Canon les invite à franchir le pas, tout en préservant leurs investissements, et ça, c’est une optique très séduisante (si j’ose dire). Mais attention, il faudra casser la tirelire. Ici on est dans le budget de huit EOS 5D Mark II, puisque l’engin devrait être introduit au prix de 12000€ HT au début de l’année 2012 (source : Canon France). Un prix finalement proche de celui d’une caméra Red, pour une caméra au format 4K qui n’arrive pas seule…

Des optiques ? Oui. Plein.
L’annonce de Canon EOS C300 s’accompagne d’optiques avec des focales qui laissent rêveur ! Deux zooms 14,5-60, deux zooms 30-300, sans oublier les stars de la gamme EF, 24, 50 et 85mm. Eh ouais… J’en vois plus d’un qui est assis le long du fleuve et qui se gratte la tête en se disant “ben merde alors…” S’il en est un qui n’a pas d’états d’âme c’est bien Vincent Laforêt, à qui on devait déjà le premier film tourné avec 5D Mark II, “Rêverie” en 2008. Cette fois, Vincent nous offre “Möbius”. Prenez place, regardez, c’est du cinéma. Splendide.

Mobius from Vincent Laforet on Vimeo.

Plus qu’une annonce, un nouveau pas en avant
L’annonce faite par Canon hier à Hollywood est historique, à mon sens à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle conforte radicalement l’avance de Canon Inc. sur le segment de la convergence photo vidéo, avec un device capable d’utiliser des optiques EF. Quand on sait que la gamme d’optiques Canon en photo demeure l’argument majeur de la marque rouge sur ses concurrents, quand on voit la qualité de vidéos produite par de simples reflex comme EOS 5D Mark II – tenez, au hasard, pour vous en convaincre, allez donc jeter un œil sur la production vidéo de Rod dit Le Hiboo – il est assez simple d’imaginer tout le profit qu’un vidéaste peut tirer d’un engin comme EOS C300 ! Et puis, vous l’avez noté. Cette caméra s’appelle EOS et ça, c’est loin d’être anecdotique et ça n’est évidemment pas le fruit du hasard. C’est à la fois un appel du pied vers le monde la photo et c’est bien plus que ça. C’est une façon pour Canon de dire au monde entier que la marque rouge est encore là, qu’elle est capable de susciter le désir, l’envie de l’aimer.

EOS C300. Et après ?
Après EOS 1Dx que tous les photographes attendent de tester avec une certaine fébrilité, on peut être sûr que d’autres annonces viendront, que des projets sont dans les cartons. Pour ma part, ce qui à la fois m’enthousiasme et me rassure, c’est ce sentiment d’avoir retrouvé une marque rouge pour laquelle je garde un attachement sincère. On n’efface pas trente cinq ans de sa vie d’un simple revers de main. Non. D’ailleurs notre histoire ne date pas d’hier et Canon a encore de beaux restes dans mon matos argentique… La belle histoire de Canon continue. Quelque part là-bas, sous le soleil de la Californie, un jeune cinéaste de la nouvelle vague s’apprête à mettre en images le film de sa vie, avec un EOS C300 en mains. Moteur. Action.

EOS 5D Mark III, EOS 3D, EOS 6D ? Annonces Canon à Hollywood le 3 novembre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

annonces-canon-EOS-5D-mark-III-shots-2011Décidément, dans le petit monde de la photographie en général et du reflex numérique en particulier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait que le mois d’octobre allait nous réserver de belles surprises du côté de la marque jaune et puis patatras ! Un séisme et une catastrophe naturelle plus tard, il n’y a plus rien. Adieu veau, vache, D800, cochon, couvée, … Tout au plus l’incursion de Nikon sur le marché du mirrorless qui, entre nous, n’a guère suscité d’émotions dans le Landerneau de la photographie. Pourtant, les informations étaient fiables, des annonces étaient bien prévues en octobre, mais d’annonces jaunes, comme Sœur Anne on n’a finalement rien vu venir de la part de Nikon, totalement en quarantaine, un vrai silence radio, que dis-je ? Un embargo de la communication. D’ailleurs, moi qui vous parle et qui bénéficiait d’accoutumée d’échanges plutôt dynamiques avec Nikon, c’est maintenant le calme plat, marée basse, bernique. Pas de réponses, pas d’info, on dirait que Nikon s’est mis en mode mute. Bon, en même temps, il n’y a pas à chercher bien loin les raisons de ce mutisme. En face, chez la maison Canon qu’on croyait moribonde, à jamais perdue pour le marché du reflex numérique pro, voilà qu’on annonce un nouveau reflex haut de gamme, réunissant les deux modèles professionnels, sport et studio, abandonnant au passage le capteur APS-H et offrant au monde des photographes une liste de specs, comment dire ? Vibrillonante. Des fonctionnalités dont j’écrivais qu’elles ne pouvaient laisser aucun photographe indifférent, quelque soit sa chapelle, si tant est qu’il en ait une. Canon revenu d’entre les morts (ça tombe bien, c’est Halloween), sur le devant de la scène avec un boîtier plus que prometteur, EOS 1DX, c’est rien de le dire, tant en matière d’autofocus, de puissance avec un double Digic V+ et de ce qui fait le signe particulier de la marque rouge depuis l’avènement de EOS 5D Mark II, ce qui lui a sans doute aussi évité de boire la tasse, de la vidéo en full HD sur un boîtier DSLR. Cette annonce en a, sans aucun doute, sidéré plus d’un et ce n’est pas tout. Dans la foulée de cette annonce, Canon a enfoncé le clou en promettant un deuxième acte, des annonces prévues pour le 3 novembre, annonces faites depuis la charmante bourgade de Hollywood, California USA.

Et là, comme moi, vous avez bondi hors de vos gonds et à l’instar du Commissaire Bourrel (désolé pour les gamins de moins de quarante ans à qui cette référence ne parlera guère) vous avez tapé dans vos mains en grommelant “Hollywood ? Bon sang ! Mais c’est bien sûr !” Eh oui ! Et si en plus je vous dis que la société Red, oui celle-là même qui conçoit des caméras numériques qui coûtent un œil et qui s’est fait salement allumer par cette concurrence aussi canonesque qu’inattendue, a annoncé que elle, aussi, ferait une série d’annonces ce jour-là… Nom d’un p’tit bonhomme ! Et que Hollywood c’est la capitale de… La capitale de… Qui le sait ? Qui le sait ? Non, pas du chewing gum ! Du Ci… Du Ci… Non pas du citron, du Cinéma merci pour ceux qui suivent, vous aurez compris que, peut-être Canon s’apprêterait à annoncer, enfin ! Le successeur de EOS 5D Mark II. Et que ce boîtier se nomme EOS 5D Mark III, EOS 6D, ou EOS 5Dx on s’en fout un peu. Car ce qui compte, pour Canon Inc. c’est l’effet d’annonce. De dire au monde “on est encore là et il faudra encore compter sur nous, demain.” Et comme me le confiait récemment un membre du staff Canon France : “C’est une immense satisfaction de constater que Canon a encore cette capacité à susciter l’admiration et l’envie.” Je confirme. Je ne connais pas un seul photographe qui n’ait pas frémis d’impatience à tenir un EOS 1DX entre ses mains, pour voir, moi le premier… Alors tout cela augure de choses excitantes pour l’avenir, d’autant qu’il pourrait bien y avoir des annonces sur deux boîtiers et pourquoi pas aussi deux ou trois optiques de bon aloi, comme un successeur du 24-70 f2,8 L dans une version IS que les amateurs de rouge attendent depuis perpète. On a retrouvé Canon et maintenant on attend la suite de l’histoire. On imagine volontiers ce que pourrait être un reflex fullframe dans la lignée de 5D Mark II, qu’il embarquerait des fonctions vidéo avancées, un processeur Digic V (ou V+ comme le futur grand frère) et on croise les doigts pour que Canon ait, cette fois, mis le paquet sur des fonctionnalités avancées d’autofocus et de gestion des hauts iso. Canon is back et remet les pendules à l’heure.

Et ce bel enthousiasme a semble-t-il singulièrement refroidi les ardeurs de Nikon. De l’autre côté de la ligne jaune, alors que les rouges se démènent comme de beaux diables, chez Nikon on reste coi. Les réseaux sociaux de la marque jaune ne s’activent plus guère, on a l’impression qu’ils sont tous d’un coup en quarantaine bien tassée et encore une fois c’est rien de le dire… Oubliées et remisées au placard les hypothétiques annonces prévues en octobre, Nikon semble plutôt attendre à quelle sauce son éternel concurrent va manger le monde du segment convergence photo-vidéo sur lequel Canon règne, il faut bien l’admettre, sans trop de partage, malgré de timides incursions et tentatives d’occupation de terrain de la part de Nikon . Enfin ! Plus que jamais, nous, les photographes, nous sommes assis le long du fleuve et nous attendons de voir… Comme toujours. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps. Prochaine édition, prochaine émission, le 3 novembre. Trois jours. Et ce jour là, je veux bien parier qu’il y en a plus d’un qui devrait voir rouge. Stay tuned.

Un Nikon D800 au pied du sapin et un Nikon D4 en 2012. Et un nouveau processeur Expeed 3 ? Le point sur les rumeurs et l’avenir du marché du reflex.

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Vous sentez ? Non, vous ne sentez rien du tout parce que le blackout est total et que c’est la valse des clauses de confidentialité. Je ne sais pas, vous, mais moi je trouve que ça fait quand même un bail qu’on attend, non ? Et là je ne parle même pas uniquement de Nikon mais aussi de la boutique d’en face, chez Canon. C’est vrai, entre temps il y a eu cette terrible tragédie de Fukushima et la production nippone a pris un singulier coup dans l’aile. On a l’impression que les deux grands constructeurs mondiaux que sont Nikon et Canon (et inversement selon votre préférence) se regardent en chien de faïence, comme un duel au soleil sur Main street, attendant de savoir qui va dégainer sa nouveauté en premier. De vous à moi, je suis pour ma part infiniment moins intéressé par d’éventuelles annonces que je ne l’étais il y a encore un an. Depuis, de l’eau a passé sous les ponts et je vogue depuis lors en compagnie de Nikon D3s qui est définitivement le putain de reflex numérique que j’espérais. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, j’ai le privilège (oui, oui, c’en est un) de pouvoir tester des optiques d’exception quand j’en ai envie, ou le besoin (voire les deux) avec la complicité de mes camarades tout de jaune vêtus. Mais que voulez-vous ? On ne se refait pas et puis entre nous, aussi bon que soit ce D3s, il a quand même un travers de poids, si je puis me permettre. J’ai bien un Nikon D7000 en backup mais je ne peux pas vous dire la couleur qu’il a, car en bon boîtier backup qu’il est, il demeure dans sa boîte en attendant une hypothétique défaillance du grand frère, ce qui entre nous n’est pas prêt d’arriver. En plus, franchement, quand on passe ses nuits dans un palace au format FX (le fullframe made in Nikon) du calibre de D3s, on n’a pas vraiment envie de coucher dans un trois étoiles même très confortable mais au format DX, c’est humain. Certes. Mais… si Nikon avait l’intention de nous proposer un nouveau reflex, successeur de l’excellent D700, je tendrais volontiers l’oreille ! Un reflex pro fullframe qui pourrait s’appeler Nikon D800, qui embarquerait des fonctionnalités directement héritées de Nikon D3s voire plus si affinités ? Un boîtier plus fort, qui irait haut, plus loin, plus vite ? Et là, à l’instar de Pierre de Coubertin toujours prêt à participer aux jeux, je dis qu’on demande à voir.

Canon, Nikon. L’état des lieux.
Alors, il en est où, au jour d’aujourd’hui, le marché du reflex professionnel ? D’un côté il y a Nikon qui affiche une santé flamboyante, certains diront insolente, sur tous les segments de la photographie, plus de 25% de parts de marché en juillet 2011, excusez du peu. On a l’impression que Nikon n’a finalement que peu subi la crise, malgré la crise économique, malgré la crise boursière, malgré les cataclysmes naturels comme le tsunami. J’ai l’impression qu’à l’image des irréductibles gaulois qui ne craignaient qu’une chose, c’est que le ciel ne leur tombe sur la tête, les membres du staff Nikon ne redoutent qu’une chose, aujourd’hui, c’est de ne pas pouvoir fournir leurs clients dans les délais, tant la demande est forte. Nikon cartonne. C’est un fait avéré, non seulement sur le segment de la photographie professionnelle mais aussi, il faut le savoir, sur les segments grand public. Et en face ? J’ai envie de dire, avec une once de réalisme mâtinée de mélancolie, qu’en face, sur le marché de la photographie et du reflex pro, il ne me semble y avoir plus personne ou quasiment. Voyons les choses avec pragmatisme et sans cynisme aucun, sur le segment pro, Canon n’existe quasiment plus, virtuellement. Considérons son offre actuelle : un EOS 1D Mark IV (qui rappelons-le est doté d’un capteur non fullframe), un EOS 5D Mark II, seul reflex numérique fullframe de la gamme, un modèle vieillissant qui n’est toujours pas remplacé alors qu’il a été introduit voilà maintenant plus de trois ans. Sur le segment haut de gamme, Canon peine à annoncer un EOS 1DS Mark IV et souffre encore de l’épisode peu glorieux du 1D Mark III… Dieu merci, comme un petit miracle, l’intuition de Canon d’occuper le terrain de la vidéo avec un reflex numérique a été salutaire. D’ailleurs aujourd’hui, force est de constater que Canon ne communique plus que sur ce seul sujet, la vidéo. À ce propos, deux constats. D’abord, Canon a vu sa clientèle “historique” de clients photographes professionnels s’éloigner, au profit de Nikon (“et c’est rien de le dire” me disait un revendeur professionnel). Ensuite, la stratégie de repli sur le segment vidéo, ce que techniquement on désigne par “hybridation des médias” pourrait bien s’avérer particulièrement périlleuse à long terme pour la marque rouge. Vendre des reflex à 2000 euro pour combler les attentes des vidéastes de tout poil c’est bien, mais c’est aussi se tirer une balle dans le pied quand on sait que Canon est également un fabriquant de matériels vidéos de pointe. D’autant qu’on peut compter sur Nikon pour ne pas rester les deux pieds dans le même sabot et les bras ballants sur le segment de la vidéo et, à mon avis, de ce côté là aussi on peut s’attendre à quelques innovations musclées dans les mois à venir. Une réponse du berger à la bergère qui pourrait bien intervenir justement sur un D800 qui, pour le coup aurait tout d’un grand. Parce qu’en face de Canon et sa gamme pro réduite à la portion congrue, Nikon affiche une offre carrément musclée : D3x, D3s, D3, D700 et vient agacer Canon sur le segment expert de EOS 7D avec un D7000 qui collectionne tant les compliments des utilisateurs que les Awards, tout en étant d’un prix nettement plus abordable. Alors ? Vous sentez maintenant hein ? Comme moi vous sentez débouler Nikon qui a, face à lui, un véritable boulevard. Dans les mois à venir, je veux bien parier un Breizh Cola au bar du Vauban (à Brest) que les annonces vont vous donner le tournis… Nikon va nous en faire voir de toutes les couleurs.

Un Nikon D800 au pied du sapin, d’abord.
Mon petit doigt (qui en sait des choses) me dit que tout ceux qui attendent une annonce de la part de Nikon depuis des mois ne vont pas être déçus. Tout le petit monde des amateurs de jaune s’était un peu excité la calebasse avec des annonces fin août et il se murmure que peut-être la fin du mois de septembre (certains évoquent la date du 21) pourrait nous apporter de bonnes nouvelles. Puisqu’on en est au petit jeu des prédictions, pour ma part, je verrais bien une annonce Nikon (Allez ! Soyons fous…) vers le milieu du mois d’octobre, ce qui veut dire une disponibilité produit, en magasin, pour la fin de l’année. De temps en temps, il faut s’engager. Après tout, j’avais eu bon sur l’annonce de 1D Mark IV en octobre 2009 quand le reste du monde tablait sur mars 2010, non ? Franchement, j’y crois volontiers, je dis et je redis donc “annonce d’un successeur du D700 par Nikon à la mi octobre 2011 et dispo en magasin pour Noël” et c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

OK. C’est noté. Un Nikon D800 (ou Nikon D900, on ne va pas chipoter sur la dénomination) au pied de mon sapin, ça c’est fait. Reste à savoir les specs du boîtier en question et là encore on fonctionne à l’intuition et au recoupement d’informations. Nikon D800 sera un fullframe, évidemment. On l’imagine un poil plus musclé en pixels que son grand frère D3s et ses modestes 12mp, mais on connait aussi la prudence de Nikon sur ce sujet, alors je serais tenté de voir un reflex à 14 voire 16mp. Une gestion des hauts iso directement héritée du D3s et tout ce qui a déjà fait le succès des reflex Nikon, dont cet excellentissime autofocus. Mais finalement, c’est surtout à l’intérieur, au cœur de la bête, que l’innovation risque d’être la plus palpable, avec l’éventualité d’un nouveau processeur Expeed 3.

Expeed 3. Citius, Altius, Fortius.
expeed-3-un-nouveau-processeur-nikon-en-2011Plus vite. Plus haut. Plus fort. La devise olympique colle parfaitement à ce que Nikon pourrait bien nous concocter et par là-même nous annoncer. Rien de moins qu’un successeur à Expeed 2, l’événement pourrait s’avérer considérable car, on a tendance à l’oublier un peu vite, nos reflex numériques sont d’abord de véritables ordinateurs embarqués de traitement d’image et à l’instar de l’ordinateur qui trône sur mon bureau, ce qui fait la puissance et les capacités d’un appareil photo numérique tient dans son cœur, dans sa capacité à traiter l’image, plus vite, plus haut, plus fort. On ne sait rien ou quasiment du projet Expeed 3 mais on veut bien imaginer ce que Nikon gamberge dans le plus grand secret pour ce nouveau processeur, capable d’engloutir et de traiter de l’information avec infiniment plus de puissance et de performance. Et dans quel domaine a-t-on besoin de puissance, je vous le demande ? Dans le traitement du signal vidéo, pardi. Et là je sens bien que votre imagination se met à cavaler à la vitesse d’un cheval au galop, hein ? Un Expeed 3 capable d’ingurgiter de l’image c’est aussi la capacité d’enregistrer un flux vidéo en full HD avec un niveau de qualité jamais égalé. Fermez le ban. Et là vous me dites ? Un reflex numérique Nikon qui embarquerait des fonctionnalités liées à un nouveau processeur dont la capacité de traitement permettrait l’enregistrement d’un flux vidéo au format RAW, par exemple ? Vous y êtes.

Quarante jours de patience.
Vous sentez ? Bien sûr, maintenant, je suis persuadé que comme moi, vous sentez le coup venir. Il se prépare quelque chose de gros, de monstrueux du côté de chez Nikon. Un nouveau reflex pro fullframe d’ici Noël, peut-être équipé d’un nouveau processeur Expeed 3, sur ce coup-là je veux bien miser mon D3s et mes optiques Nikkor et une annonce d’ici mi-octobre. Des fonctionnalités en terme de vidéo et à ce chapitre je sens bien la volonté de Nikon de taper un grand coup, histoire de faire vaciller le quasi monopole de Canon sur son socle. Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là, évidemment. On espère que la marque rouge saura réagir en présentant un hypothétique EOS 5D Mark III et un EOS 1DS Mark IV. De toutes façons Canon n’a pas le choix, ils doivent réagir car les coups de butoir de Nikon sont sévères. Contrairement à l’adage cher au cœur de l’estimé Pierre de Coubertin, dans ce monde industriel l’important n’est pas de participer, mais de gagner… D’autant que 2012 apportera aussi son lot de nouveautés, avec l’annonce plus que probable d’un Nikon D4 qui doit être prêt et dispo dans les sacs des reporters photos pour les Jeux Olympiques de 2012 à Londres, en été. Les mois qui viennent s’annoncent excitants pour tout ceux que la photographie numérique passionne. Alors, plus que jamais… Stay tuned !

Les photographes heureux n’ont pas d’histoire.

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Vous sentez ? Non ? Non, vous ne sentez rien, évidemment. Rien d’autre que ce vieux consensus mou comme on l’aime par ici, hein ? J’ai reçu un email il y a quelques jours, d’un lecteur de Shots qui se lamentait de n’avoir plus rien à se mettre sous la dent. C’est comme ça. Quand je n’ai rien à dire, je ne dis rien. Ah ! Bien sûr, je pourrais vous la jouer “je comble les silences en attendant l’actu.” Faire comme les petits camarades blogueurs, réutiliser du flux et de préférence le flux des autres. Et hop ! Ici une petite vidéo Nikon ! Et tac ! À moi une vidéo filmée façon tilt-shift avec un 5D Mark II (mes préférées). Ça ne coûte pas un rond, ça rapporte du lectorat et des gwennegs*. Sauf qu’ici, à Shots, c’est pas le genre de la maison. Je n’ai pas non plus envie d’attirer le chaland sur des mots-clés juteux. Catastrophe nucléaire, Fukushima, Tchernobyl, nuage radioactif. Je trouve indécent (et là je pèse mes mots) d’oser la ramener sur un sujet aussi périlleux. J’ai juste une pensée pour les gens de la région de Sendaï, ceux qui bossent du matin au soir dans les usines de Nikon pour produire des boîtiers reflex qui relayent des images sur la planète entière. Juste un peu de compassion et une bonne dose d’espoir. Mais ne comptez pas sur moi pour en parler. Devant l’ampleur d’une telle tragédie, on peut juste se taire, prier pour ceux qui y croient, attendre pour les autres.

Il ne se passe rien, côté actu photo. Le temps semble s’être figé comme un bloc de béton au dessus d’une centrale nucléaire fissurée par un tsunami. Alors que le Japon panse ses plaies tant bien que mal et compte ses morts, il serait notoirement indélicat de se demander si Nikon, Canon et consorts envisagent le lancement de telle ou telle nouveauté. J’ai l’impression qu’en ce moment tout le monde s’en fout (et moi le premier). Les consciences sont ailleurs, tournées vers le désespoir. Ceci explique peut-être celà. Je me suis réveillé ce matin avec une migraine d’enfer et un moral chancelant. Et pourtant, vu de ma fenêtre, il fait un temps sublime sur Brest (et je t’emmerde Barbara). Pas un pet de vent sur la plus belle rade du monde, juste un temps à aller se balader au petit Minou pour faire quelques shoots de longboarders et de filles en jupes de printemps. Mais non. L’humeur de chien reprend le dessus. Je me connais, il faudra du temps. Mais pour le moment, plus envie.

On vous a habitué, tous autant que vous êtes, à une certaine logique de pensée. “On” c’est les médias et en particulier la presse spécialisée. Je fais bien sûr référence à mon feedback sur Nikon D3s. Dans les écoles de journalisme, on a appris aux gratteux en herbe qu’un bon papier c’est de ne surtout pas dire que du bien ou l’inverse. Non, non, non. Un bon papier se doit d’être comme un bon petit déjeuner. Équilibré. Quitte à aller chercher le petit détail dont tout le monde se fout, mais un banc d’essai ne saurait encenser un matériel, au risque de te faire passer pour un soutien de la marque. Voilà, tout est dit. Seulement, voilà, moi, je ne suis pas journaliste, je suis photographe. La première fois que j’ai eu un Nikon D3s entre les mains, j’ai su. Quelques semaines plus tard, il était avec moi sur le terrain. Depuis, il ne me quitte plus. D3s et moi, on s’est trouvé. Un peu comme quand, il y a quelques années, j’avais rencontré Canon EOS 3. Ce merveilleux sentiment d’invincibilité, cette sensation de cohésion, d’entente parfaite, d’harmonie entre le cœur, l’œil et une machine. Le relais de l’âme. Et puis, il y a les images, le résultat, le sentiment du devoir accompli, du travail bien fait. Le reste, je le répète, c’est du bla-bla. De la rhétorique de journaliste, voire de blogueur. Il paraît qu’on n’est pas crédible quand on ne dit que du bien d’un produit ? Qu’on peut vous suspecter d’être à la solde de la marque, ce qui ne manque pas de piment, dans mon cas, après les quelques années passées à travailler avec du matériel Canon. Du bla-bla. Encore une fois, l’important c’est de trouver chaussure à son pied et accessoirement de le prendre (son pied). Le reste existe au moins aussi peu que les quelques anonymes qui pissent froid à mon sujet, au détour de forums improbables. Leur seul problème, justement, c’est d’être et de demeurer ce qu’ils sont. Anonymes. De ne pas exister. Car dans ce milieu, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Exister ! La belle affaire…

Bon alors ? Vous sentez ou quoi ? Non, rien de rien. Il ne se passe rien. Nikon a d’autres préoccupations, pour l’heure, que d’annoncer un successeur à D700 et comme Canon attend que l’épicerie d’en face se bouge pour annoncer à son tour un successeur à son 5D Mark II, je pense qu’on peut être patient. Malgré tout, il y a quelques veinards et figurez-vous que j’en fait partie et rien que ça, ça efface ma migraine et mon mauvais poil. Oui, il y a des gens qui profitent du soleil pour mettre le nez dehors, pour aller faire quelques petites photos, en embarquant sous leur bras un bon boîtier avec lequel ils sont en phase. Pas quoi révolutionner la Sardaigne mais suffisamment pour être heureux. Moi, j’ai ce privilège incroyable et ce coup de bol insensé d’avoir croisé le chemin du reflex parfait. Enfin, presque parfait, comme dirait un journaliste. On dit souvent que les gens heureux n’ont pas d’histoire. Pour les photographes c’est encore plus vrai.

(*gwennegs : des sous en breton)

• photo : Alain Bashung, festival les Vieilles Charrues 2004 (Canon EOS 3)

Canon EOS 5D Mark III, une annonce au CES en 2011.

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Ce matin, tout est calme. Le soleil perce un léger voile de brume, il fait beau sur Brest. Pas un bruit, pas un chat dans les rues, calme plat. Retour de réveillon. Silence radio. Dieu merci, il y a Twitter et Facebook où tu trouves toujours quelqu’un pour s’exprimer ou dire une connerie. Ah ! Merveille des réseaux sociaux où, selon l’adage qui n’aurait pas contrarié Michel Audiard, c’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule ! Ici une petite de dix sept ans qui est amoureuse de son nouveau boy friend (ça ne durera pas, mais à quoi bon la prévenir ?), là un ami qui s’émerveille sur sa nouvelle paire de pompes, plus loin les aventures de mon pote qui a célébré Noël en fumant un pétard par moins cinq à oilpé sur sa terrasse. Mais comment faisait-on sans Facebook et Twitter, je vous l’demande ma bonne dame ?

Et puis, au détour de deux banalités et d’une grosse blague, il y a, quand même, une info qui tombe sur Canon et qui annonce les specs d’un EOS 5D Mark III et ça, évidemment, c’est tout bon pour moi. D’instinct, en lisant la prose de mon cher et inénarrable Craig de Canon rumors (oui, parce qu’entre nous qui d’autre pourrait s’avancer sur une info aussi hasardeuse un lendemain de Noël, je vous le demande ?), je relance mon iTunes. Hasard de l’écoute, c’est le vénérable Frandol qui s’y colle avec une petite chanson aux textes ciselés comme lui seul en a le secret, une bluette dont le titre lui-même tombe à point nommé, la rumeur. En gros, ça raconte à peu près ça. Elle encore toute fraîche la petite nouvelle, elle excite les oreilles tendues. Faut voir comme elle se dépêche, la petite nouvelle, tu ne la perds pas de vue… J’aime beaucoup Frandol. J’avais découvert par hasard et pas rasé l’ex-leader du cultissime Roadrunner en écoutant une démo cinq titres qui incluait une reprise des papillons noirs (de Gainsbourg, précision inutile, mais bon… sait-on jamais), de Rose (sur un excellent texte de Miossec) et de cette fameuse rumeur. Finalement, hein ? C’est assez simple de lancer une rumeur, surtout sur internet. D’abord un bon titre, bien péremptoire, salement accrocheur, comme le titre du présent billet par exemple. On affirme bien haut, tout en prenant garde de préciser, finalement, qu’on n’est sûr de rien et même que, si vous me demandez mon avis, à moi… Bref, je dois à la vérité de dire que le procédé m’agace un brin. Parce que dire que Canon va annoncer un successeur à 5D Mark II en 2011, c’est un peu enfoncer une porte ouverte.

Reste à définir une liste de specs et là, évidemment, l’exercice devient un peu plus tordu. Est-ce que Canon va continuer sa fuite en avant en terme de taille de capteur ? Sur 5D Mark II on était à 21mp avec les galères que l’on sait, la grande question est de savoir si Canon va pousser le bouchon et proposer un 28mp ? Je crains que oui. J’ignore si la taille sera exactement de 28mp, mais je vois bien la marque rouge persister et signer dans la surenchère. Je pense que la scission entre Canon et son concurrent historique va être avérée en 2011, dans le sens où Canon va appuyer son discours sur l’argumentation vidéo. J’avais évoqué cette possibilité au salon de la photo avec le staff Canon, en prenant comme exemple le format RAW en vidéo. Réponse de Canon : “Pour enregistrer un flux vidéo au format RAW, il faut être capable de capter un débit constant à un certain niveau. On n’en n’est effectivement pas loin.” Comprendre on sait faire. De là à traduire on va faire il n’y a qu’un pas, que je me garderai bien de franchir.

Finalement, la grande question de l’année qui s’annonce, pour Canon, n’est pas tant de savoir si la marque rouge va annoncer un EOS 5D Mark III ou un nouveau haut de gamme 1DS Mark IV. Non. LA question est de savoir si Canon va continuer à produire du matériel photo pour les photographes professionnels ou si, progressivement, comme je le pressens depuis deux ans, elle va s’orienter vers le segment de marché vidéo initié avec l’avènement du 5D Mark II ? Car il faut bien se l’avouer, même si la vérité est difficile à entendre. Canon a perdu la bataille du marché pro du reflex numérique, face un concurrent qui a sans doute fait de meilleurs choix stratégiques en proposant une gamme de produits parfaitement adaptée à la demande du marché. Reste pour Canon une gamme d’optiques remarquable, une gestion de l’image qui n’appartient qu’à elle (oui, le fameux velouté Canon pour reprendre l’expression de Grémillot) et un récent sursaut avec le 1D Mark IV, qui sait produire de merveilleuses images (mais qui est gourmand en lumière) et surtout EOS 7D dont je ne cesse de répéter qu’il est ce que Canon a produit de meilleur depuis des lustres, sur des points qui lui faisaient cruellement défaut, en particulier un gain notable de performances sur l’autofocus.

Attention ! Scoop ! En 2011, Canon va sortir un successeur à EOS 5D Mark II. Est-ce que Canon va conjurer le sort et utiliser une dénomination Mark III qui ne lui a guère porté chance par le passé ? Franchement, de vous à moi, rien n’est moins sûr. Le japonnais est, paraît-il, très superstitieux ! Le truc c’est que l’épicerie d’en face ne va pas rester les deux pieds dans le même sabot. D’ailleurs, je me suis laissé dire que ses troupes sont déjà en ordre de marche avec des argumentaires salement bien affûtés. Comme je l’écrivais ici même, au cours d’une discussion avec un lecteur de Shots, j’ai la certitude que l’année qui s’annonce sera teintée de jaune, mais… Car il y a un mais. Canon a une capacité de rebondir qui ne cesse de m’étonner, il suffit de regarder ce qui s’est passé avec 5D Mark II où Canon a fait un carton sur le segment vidéo avec un boîtier reflex dont les specs photo se sont avérées finalement, avec le temps, assez pauvres (doux euphémisme). Canon a peut-être perdu une bataille, mais Canon n’a pas perdu la guerre, m’affirmait récemment un membre du staff Canon France, en paraphrasant Charles de Gaulle. Je ne demande qu’à y croire, lui ai-je répondu. Mais le doute m’habite, en paraphrasant Pierre Desproges.

Salon de la photo 2010 à Paris. Génération numérique.

leica et summicron collapsible salon de la photo 2010Ah ! Quelle belle journée je viens de passer, dans la plus belle ville du monde, surtout par cette sublime journée de printemps en novembre. Oui, oui, on a passé la journée en polo et il faisait un temps radieux. Fin de matinée, je retrouve mon best fellow J-P Gremillot (LE french underwater photographer, expert ès velouté Canon), traversée de Paris, on croise quelques uptown girls court vêtues qui allument nos yeux photographiques (et pas que). La journée se présente bien. On engloutit le meilleur tartare de Paris dans un chouette petit resto, le Verre bouteille. Allez-y, demandez un tartare “Fort des Halles” et dites que vous venez de la part de Jean-Philippe Gremillot. Géant. Direction la porte de Versailles. En chemin avec Jean-Philippe, on papotte, on reparle de Larry Burrows, un photographe de guerre dont je vais bientôt vous parler, sur Shots. Un photographe héros de mon adolescence, avec Henri évidemment. Arrivée Porte de Versailles vers quatorze heures et il y a beaucoup, beaucoup de monde, beaucoup plus que l’an passé. Je reconnais dans la foule le sourire inimitable (et la casquette Kangol) de Gérald Géronimi, qu’on ne présente plus (relire le billet “Je hais les photographes, surtout les bons”). On constate qu’il y a un max de monde sur le stand Adobe. À défaut de comprendre la photo, on peut toujours essayer de bidouiller dans Lightroom. Gérald repart vers de nouvelles aventures et mon camarade et moi nous nous engouffrons (joyeusement) dans le salon, nous laissant entraîner par la foule comme disait Edith. On croise du côté de Leica. Derrière une vitre blindée on voit un M9. “Qui peut s’acheter un M9 ?” me demande Grémillot. J’en sais rien, moi je veux un M3. Tiens à ce propos, sur un mur du stand Leica il y a une fresque avec un vrai Leica fixé au mur. Vieux modèle, avec un Summicron 5cm collapsible. Mon pauvre Henri ! Vous devez vous retourner dans votre tombe, hein ? Votre boîtier et votre optique fétiches relégués sur un mur, collés à la superglue, décidément tout fout l’camp ! Le jour où Canon utilise un F1 vissé au mur pour faire de la pub, je rends mon tablier, merde ! Le matos, même vieux, ça se respecte. Surtout vieux d’ailleurs. Enfin, comme dirait JPG, “toutes façons tu t’en fous, t’auras jamais de Leica !” Après tout, c’est pas faux. On passe par Pentax (ils font encore des reflex chez Pentax ?), Sigma (ils font des reflex chez Sigma ?) et Sony (…). Et puis on arrive enfin Place Saint Pierre, dans le Saint des Saints. Ici à ma gauche les adeptes de la marque jaune, par là les afficionados de la marque rouge. On commence par Nikon, chez qui il y a énormément de visiteurs. On cherche des têtes connues et comme on ne trouve personne direction la maison Canon où il y a au moins autant de monde qu’en face. C’est marrant, on croise plein de touristes japonais avec des reflex autour du cou et pourtant c’est bien le dernier endroit sur la planète où je viendrais faire des photos ! En même temps, je ne suis pas japonais, encore moins touriste. Chez Canon on retrouve nos techniciens préférés. Jean-Philippe ne peut pas s’empêcher de lancer son “alors ? C’est pour quand le prochain EOS 5D Mark III ?!” Tout le monde se marre mais évidemment personne ne réagit. On parle un peu technique mais pas trop, à dire vrai ce salon ne nous apprend pas grand chose, rien à vrai dire. C’est juste l’occasion de se retrouver, entre nous, comme un rituel chaque année. En repartant on passe vite fait sur le stand Lumix qui présente son GF2 et sur le stand Epson qui expose des digigraphies carrément chouettes. En sortant je vois qu’il y a toujours autant de monde sur le stand Adobe, avec des démos Photoshop et Lightroom qui font toujours recette. Le salon de la photo 2010 cartonne, avec des passionnés de photo toujours plus nombreux. Parmi eux, les photographes de demain. Ils ont rangé les argentiques au placard, ils ont plus ou moins zappé les notions de films, de révélateur, bain d’arrêt, fixateur. La nouvelle génération est résolument numérique, les yeux rivés sur les écrans de leur Mac, dérushant leur RAW dans Lightroom ou Aperture. Je les observe qui suivent sagement les sessions sur le stand Adobe. Aucun doute possible. La génération numérique est en ordre de marche et finalement, c’est plutôt une bonne nouvelle. La relève est assurée…

Canon Expo 2010. Je ne suis pas de retour du futur.

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La nouvelle est tombée, sèche comme un coup de trique, sous la forme d’un email. “Votre TGV ne circule pas“. Solidarité forcée avec des cheminots, me voilà coincé à Brest, au début du monde, privé de Canon expo 2010. Dire que je suis un peu chonchon tiendrait de l’euphémisme. Comme toujours, c’est Shots qui va prendre, l’écriture sous forme d’exutoire ça sert à ça. Je m’étais fait une vraie joie de cette ballade parisienne, le temps de retrouver le staff de Canon France avec qui c’est toujours un plaisir de partager une certaine vision du futur. Las ! Un email de la SNCF plus tard c’était adieu veau, vache, cochon, couvée et réalité augmentée. Mais c’était sans compter sur le joyeux animateur et responsable new média de la marque rouge (hello Anthony !) qui nous a alimenté chaque jour, nous pauvres exclus de l’expo, de joyeuses images toutes plus fascinantes les unes que les autres, via Twitter. Ici un prototype de reflex numérique, là un capteur 80mp et encore ici des lunettes tout droit sorties de Retour vers le futur lorsque notre cher Doc Emmett Brown en revient, justement, du futur !

Le truc, c’est que le futur c’est fascinant, certes, mais franchement ce que Canon sortira dans trente piges, on s’en bat un peu les steacks. Parce que dans trente ans, au pire on aura plié les cannes et on bouffera les pissenlits au quotidien et par la racine, au mieux on sera tout vieux, tout sec et ça fera un bail qu’on trouvera EOS 1D bien trop lourd pour nos vieux os. Certains, par la grâce de Saint Alzheimer, ne se souviendront même pas qu’ils sont photographes et pour ceux qui auront encore une tête et des yeux, ils pourront tout au plus faire quelques photos avec leur Powershot 30 ou, pour les plus fortunés avec leur Leica M16. Non sans blague, comme disait Doc, le futur, on s’en balance. Ou alors, le futur simple. Celui qui arrive, là, à très court terme. Celui-là, oui, je vous le garantis sur facture, il va être absolument passionnant. Si vous observez bien le marché pro de la photographie numérique, vous devez pressentir qu’une bagarre se profile à court terme. Début 2011, on va être à la croisée des chemins, avec d’un côté Canon qui doit logiquement renouveler son modèle EOS 5D Mark II et en face, dans le même espace temps, Nikon qui doit en faire autant avec son D700. Passionnant, je vous dis. Nikon, loin devant sur le segment pro, qui a cumulé les réussites depuis trois ans, avec en point d’orgue D3s, le meilleur reflex pro du marché, ne peut pas nous décevoir. Je n’ose même pas imaginer ce que la marque jaune nous prépare, mais je peux fantasmer un peu. Un reflex fullframe léger comme l’actuel D700, embarquant un capteur un poil plus musclé mais pas trop (14 ou 16mp), un autofocus 51 points encore optimisé, des fonctionnalités directement héritées du D3s comme la gestion des hauts iso (on accédera sans aucun doute à 12800iso sans un pet de bruit) ou de la vidéo embarquée en full HD 1080/24 avec AF comme on l’a vu sur D7000 et j’en passe. Nikon surfant sur la réussite flamboyante, il va falloir s’y habituer. Canon en challenger, l’histoire ne nous avait pas habitué à ça, mais il en va ainsi dans tous les cycles industriels. Mais attention à ne pas vouloir jeter la marque rouge avec l’eau du bain. Le succès insolent de la boutique d’en face ne saurait masquer le retour en force de Canon, d’abord avec la sortie de EOS 1D Mark IV (putain de boîtier) sur le segment du reflex pro, une véritable machine de guerre numérique capable d’engranger de l’image à vitesse supersonique et puis EOS 7D, bien sûr. Certes Canon n’en n’a pas fini de ses vieux démons mais je suis convaincu que la marque est sur la voie de le rédemption. Et cette rédemption pourrait bien passer par le successeur de 5D Mark II, en 2011. Autant on peut raisonnablement entrevoir ce que Nikon pourrait proposer pour succéder à son D700, autant du côté de Canon c’est le blackout total. On espère de nettes améliorations sur les sujets qui fâchent (l’autofocus, entre autres, la gestion des hauts iso) mais on peut aussi s’attendre à des morceaux de choix du côté de la vidéo, un segment sur lequel l’actuel 5D Mark II a connu un succès inespéré. J’avais questionné Canon sur l’hypothétique implémentation du format RAW en mode vidéo et j’avais obtenu une réponse aussi claire qu’ambigüe “On n’en n’est pas très loin, finalement !” Et en même temps j’espère que Canon ne se bornera pas au seul segment de marché vidéo sur ce futur EOS 5D. J’ai confiance en Canon, en sa capacité à rebondir, à nous étonner…

• Rendez-vous au Salon de la Photo !
Dans trois semaines, du 4 au 8 novembre prochain, c’est le Salon de la Photo à Paris. J’espère pouvoir y aller, si les camarades cheminots veulent bien m’y transporter. Je ne suis pas sûr qu’on y glane des informations sur le futur simple de Nikon et Canon, mais le salon est une bonne occasion de prendre la température et de prendre un café avec les amis photographes. Non, plus sérieusement je reste convaincu que 2011 verra des annonces de part et d’autre, de la part des deux géants. En attendant, que cela ne vous empêche pas de sortir et de faire des photos. Demain, c’est votre futur. Et pour reprendre une pensée philosophique de Doc Brown “Le futur n’est que ce que vous en ferez !

Canon EOS 1D Mark IV. Mon été au bras d’une diva…

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J’ai passé mon été au bras d’une diva et ça, c’est pas donné à tout le monde. Quand je dis au bras d’une diva, c’est plus exactement au bout de mon bras droit, car vous l’avez compris, je vais vous parler d’EOS 1D Mark IV. Cet été, j’avais rendez-vous comme chaque année sur la plaine de Kerampuilh, faisant partie du staff des cinq photographes officiels du festival des Vieilles Charrues à Carhaix. Ah ! Les Vieilles Charrues ! La plaine de Kerampuilh, les scènes Glenmor, Kerouac, Xavier Graal. Les festivaliers, la Coreff, le Breizh Cola, les jolies déco de l’ami El Globos, le soleil, la pluie, le soleil, les bénévoles… Un jour il faudra que je vous raconte tout ça, l’attachement sincère, la relation unique, plus qu’affective, parfois déraisonnable que je porte à ce rendez-vous. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, je compte déjà les jours qui me séparent de la prochaine édition, la vingtième, qui va être, comment dire ? Monumentale ? Mais revenons à nos moutons. Pour cette édition 2010, Canon France m’a proposé d’embarquer avec moi un EOS 1D Mark IV afin de lui faire prendre l’air tonique du centre Bretagne, avec quelques optiques de bon aloi, doux euphémisme quand on connaît le calibre des optiques de la gamme L signée Canon. Le but c’était de confronter la bête sur le terrain et de lui en faire voir de toutes les couleurs, ce qui tombe plutôt bien. D’abord parce que la gestion des couleurs, c’est l’un des fondamentaux de la marque rouge, ensuite parce qu’avec Canon, on se disait que côté conditions de terrain, quatre jours de Vieilles Charrues, c’était plutôt un bon test. Ce qu’on ignorait alors, c’est que j’allais être largement servi, avec toutes les conditions qu’un boîtier reflex pro peut déguster en reportage (à part la neige). En revanche, de la pluie et pas pour rigoler, de la vraie pluie bretonne pur jus, de celle qui vous tombe sur la gueule par seaux entiers et vous détrempe jusqu’à l’os, le lendemain un grand soleil avec de la poussière, des projections de liquides en tout genre (Breizh Cola, Coreff), la totale. Ou la Bretagne, en résumé.

1D Mark IV, pour (enfin) oublier l’épisode précédent
Le challenge de Canon, en sortant EOS 1D Mark IV, était à la fois simple et complexe. Faire oublier, autant que faire se peut, l’épisode 1D Mark III. Est-il bien utile d’y revenir ? Tant cet épisode a apporté son lot de douleurs, non seulement pour les photographes professionnels équipés de ce boîtier mais aussi pour les membres de Canon. Car au delà des problèmes erratiques du boîtier (autofocus défaillant en mode AI servo, entre autres), le syndrome Mark III a endommagé en profondeur et sans doute de manière durable, mais pas irréversible, l’image de marque du constructeur japonais. De plus, il faut admettre que Canon n’a sans doute pas pris l’ampleur de la catastrophe et de ses conséquences à moyen terme, qui se sont traduites par un switch massif de photographes pros de la marque rouge vers Nikon. C’est dans cet état des lieux que Canon a lancé son nouveau haut de gamme reportage, 1D Mark IV, fin 2009, confronté à Nikon qui, à peu près dans le même temps, présentait son D3s. D’un côté une marque en crise sur le segment pro haut de gamme, de l’autre une marque proposant la quintessance du boîtier pro : Nikon D3s, merveilleusement polyvalent, dôté d’un autofocus redoutablement efficace, d’une gestion des hautes sensibilités particulièrement élaborée, la lutte s’annonçait difficile. Mais comme toujours en photographie, ce qui fait la différence, c’est l’oeil du photographe et l’expérience sur le terrain. Alors que l’ami Rob Galbraith claironnait à tout va sur son blog (avec, soit dit en passant, sans être mauvaise langue, de bien jolies bannières publicitaires Nikon) que 1D Mark IV ne réglait rien des problèmes de son prédécesseur, je me suis dit que la meilleure façon de marcher, comme disait feu ma grand-mère, c’était d’abord de mettre un pied devant l’autre. En clair, pour savoir ce que EOS 1D Mark IV valait ou pas, j’ai convenu avec Canon de l’utiliser, in situ, sur le terrain, pour l’appréhender dans sa globalité.

Prise en main du boîtier APS-H
Il m’est revenu le souvenir d’une discussion avec un photographe, pendant les Vieilles Charrues. En clair, le discours consistait à dire que le boîtier n’a quasiment pas d’importance, que l’élément essentiel c’est l’optique, parce que c’est par là que passe la lumière. Ah ! Si les choses étaient aussi simples… Quand on a en main un Mark IV, qu’on jette un oeil aux éléments de paramétrages ou plus prosaïquement qu’on travaille avec ce boîtier, on réalise à quel point on a entre les mains un véritable ordinateur embarqué, un générateur d’images numériques. Est-ce que le boîtier est important ? Tu m’étonnes, John ! En fait, l’ensemble est important, car une fois l’optique montée sur le boîtier, vous tenez entre vos mains un tout, et pour tout dire une machine ultime, surtout dans la configuration utilisée cet été : un EOS 1D Mark IV et un zoom 70-200 2,8L IS série II, sans aucun doute possible l’outil le plus abouti actuellement disponible chez Canon pour le photographe professionnel. J’ai travaillé en RAW avec des cartes Sandisk Extreme III 32Go et j’ai engrangé chaque jour un millier de clichés, entre la dizaine de concerts au quotidien et les photos de public et d’ambiance. À aucun moment je n’ai eu le sentiment d’être limité par le matériel. Petit détail à divulguer à propos de la batterie, dont le niveau de charge restait élevé, malgré une utilisation intensive, incluant les preview de clichés. Autre point, le format du capteur APS-H. J’ai toujours dit que j’aurai préféré un capteur fullframe mais finalement j’ai rapidement oublié que j’avais un coeff 1,3. Avant de partir sur les Vieilles Charrues, j’ai pratiqué 1D Mark IV pendant une dizaine de jours. En particulier je me suis posé une journée et je me suis mangé la doc (en entier) avec le boîtier sous la main, indispensable prélude. Et puis je ne voulais pas revivre l’épisode 2009 avec 5D Mark II, où ma méconnaissance du boîtier avait accentué le sentiment de malaise. À mon arrivée sur le site, j’avais le boîtier bien en mains, défini mes styles d’images, le paramétrage de l’autofocus, le copyright des images, etc… La prise en mains de Mark IV n’est pas aisée, elle nécessite vraiment une phase d’adaptation. J’avais été épouvanté par la médiocrité des premières images vues sur internet émanant des premiers tests du boîtier. EOS 1D Mark IV, comme les autres boîtiers, n’est que ce que le photographe en fait. C’est un outil. Si vous l’utilisez n’importe comment, vous allez droit à la chienlit. Quand je regarde les images des Charrues (Mika, NTM, Jamiroquai, Matthieu Chédid, Muse, Dutronc, entre autres) ou plus récemment ceux de la Fête du Bruit (Placebo, Status Quo, Morcheeba, Steel Pulse…) je me dis que tout compte fait, je n’ai pas trop loupé le coche.

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Piloter une V-max ou monter un pur-sang à cru
Avoir en mains un EOS 1D Mark IV c’est un peu comme piloter une Yamaha 1700 V-max, comme de monter un pur sang, à cru. De deux choses l’une. Vous savez faire et vous avez le sentiment de pouvoir aller au bout du monde, tout en vous sentant libre et en toute sécurité. Ou bien vous ne savez pas faire et au premier virage, à la moindre incartade vous vous cassez la gueule. En clair, ce boîtier est capable du meilleur, de l’absolu en matière photographique, produisant des images d’une pureté, d’une pertinence sans aucun équivalent sur le marché. Je voudrais que les choses soient claires. J’ai choisi de relater mon expérience sur le terrain avec ce boîtier en toute transparence. Je n’ai pas changé mes habitudes de prises de vue, j’ai bossé en mode M, one shot, collimateur central. J’ai utilisé certaines fonctions spécifiques du boîtier, comme la permutation automatique de collimateur. En clair, si EOS ne réussit pas à faire le focus avec le collimateur sélectionné, il utilise automatiquement l’un des collimateurs gauche ou droite (ou haut, bas selon le mode) par rapport au collimateur sélectionné. Du côté des sensibilités, j’ai fait avec la lumière. En plein jour, j’étais rarement au delà de 200 iso et compte tenu de la puissance des plans de feux des scènes des Charrues, je ne suis quasiment jamais monté au delà de 800 iso. Par exemple, sur Mika, les lights étaient tellement puissantes qu’on avait l’impression d’être en plein jour. La plupart du temps j’ai shooté en vue par vue, sur certains sets j’ai travaillé en rafale. Oui, parce que quand vous avez entre les mains une bête capable de cracher du 10fps, il faudrait être idiot pour ne pas vouloir tester, histoire de voir si ça étale. Je confirme, ça étale sans broncher ! Le côté pervers du mode rafale sur 1D Mark IV en one shot, c’est que si la première est bonne, il y a de grandes chances de se retrouver avec un paquet de bonnes images. Clairement, dans les conditions que je viens de décrire, quand j’ai chié une photo avec 1D Mark IV (oui, oui, ça m’est arrivé) c’était ma faute. Je ne peux pas honnêtement imputer une quelconque responsabilité au matériel, d’une régularité quasi métronomique. Le souvenir le plus marquant restera la validation de la tropicalisation sous un déluge de flotte pendant le set de Muse. La bonne vingtaine de minutes passée à photographier Bellamy and Co dans des conditions météo dantesques est un épisode mémorable. J’aurais amené 1D Mark IV sous ma douche que ça n’aurait pas été pire. J’avais un nuage d’eau entre l’oeil et le viseur, sur la fin du set j’avais le regard brouillé par les gouttes d’eau qui perlaient de mes sourcils. L’étanchéité et la tropicalisation de 1D Mark IV se sont avérées parfaites et tout le monde ne peut pas en dire autant. Après le concert, dans la salle de presse, de nombreux photographes y sont allés de leur sèche-cheveux. Techniquement, ce boîtier pro a tenu toutes ses promesses, pour moi, pour ma façon de travailler, produisant des images d’un dynamisme, d’une netteté sans pareil et surtout d’un rendu de couleurs éblouissant. Les rouges sont rouges et même dans des conditions d’éclairage habituellement complexes (des lights rouges justement), la précision de l’image demeure exceptionnelle. On ne répètera jamais assez : le rendu des couleurs Canon est somptueux.

Et pourtant…
Oui et pourtant, j’ai le sentiment que Canon n’en n’a pas fini avec ses vieux démons. Abordons les deux sujets qui fâchent. D’abord la gestion des hautes sensibilités. Ah ! Si seulement Canon était le seul constructeur sur le marché, si seulement Nikon n’avait pas créé D3s, on serait bien moins emmerdés. Mais Nikon existe et j’ai testé son D3s. Alors évidemment, dès lors qu’il s’agit d’évoquer les hauts iso, je ne peux que me remémorer mes tests avec D3s, en décembre 2009. En clair, j’ai écrit ici que je n’ai guère dépassé avec 1D Mark IV les 800 iso en festival, simplement parce que c’était inutile. Les tests réalisés en concert courant août avec des sensibilités plus élevées (jusque 3200iso) laissent clairement apparaître du grain, perceptible dès 3200 iso. Sur ce terrain, précisément, Canon est loin derrière Nikon, capable avec son D3s de produire des images propres jusqu’à 12800iso et acceptables à 25600iso. Pas plus d’ambiguïté sur le sujet de l’autofocus. En mode one shot, en bonnes conditions de lumière rien à dire. En revanche, le problème se complique de manière accentuée en mode AI servo, l’autofocus du Mark IV peut présenter un comportement erratique selon le déplacement du sujet et en conditions de lumières dégradées. Les lecteurs de Shots qui me connaissent auront noter la prise de pincettes dans mon propos. Pour avoir évoqué le sujet précis avec des sources autorisées, il en ressort que 1D Mark IV nécessite un paramétrage particulièrement pointu au chapitre autofocus AI servo. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que Canon USA a édité, à destination des pros utilisateurs de 1D Mark IV (en particulier des photographes sportifs), une leaflet qui résume les réglages appropriés de l’autofocus en mode AI servo, selon le domaine d’utilisation. Cela consiste en particulier à paramétrer de manière adéquate les temps de réaction et de recalcul de l’autofocus selon l’environnement. En clair, un paramétrage si tu shootes du foot US, un autre pour de la natation, des sports mécaniques, du ski alpin, … Bon, OK, va pour la leaflet. Chez Nikon, pas de leaflet. Sur D3s, juste un AF 51 points qui étale en mode suivi dans toutes les conditions. Comme me le disait un bon ami photographe pro (équipé en Canon, il se reconnaîtra) : “tu prends un pékin lambda qui n’a jamais fait de photo de sa vie, tu lui colles un D3s en mode P entre les mains et tu l’envoies faire des photos. Bon, d’accord, le gars ne te fera pas du Cartier-Bresson, ça sera cadré avec les pieds, mais bordel ! Il te ramènera 100% d’images nettes !” En matière de photo, il y a aujourd’hui deux mondes. Il y a quelques mois j’écrivais que Nikon avait produit avec D3s le meilleur reflex pro du marché, je persiste et signe. D3s tient le haut du pavé pour le moment, mais…

En conclusion
Car il y a un mais. En photo, les choses ne sont jamais aussi simples qu’il y parait. Les deux boîtiers sont sur des axes de marché identiques, reflex pro, mais l’un est fullframe (D3s) l’autre est APS-H (1D Mark IV). D3s c’est 12mp quand 1D Mark IV affiche 16mp, alors, anecdotique la taille du capteur ? Sans doute, jusqu’au jour où vous avez besoin de cropper, de recadrer. Dans ce cas, comme l’aurait dit Monsieur de La Palisse, 16 c’est mieux que 12, quoiqu’on en dise. Côté optiques Canon, j’avais dans mon sac deux 70-200 2,8L IS (série 1 et série 2), un 24-105 f4 (nettement meilleur que ce qu’on m’en avait dit), un 135 f2 (Gérald Géronimi avait raison, quel caillou !) et un 16-35 2,8L. J’ai surtout utilisé le 70-200 2,8L IS serie II qui est comme le serie 1, un caillou exceptionnel, mais en mieux. Je ne savais pas que c’était possible. Chez Nikon, j’aurais pu avoir quasiment les mêmes optiques (le 70-200 2,8 VRII est également excellent) mais en payant un surcoût de l’ordre de 20 à 30%. Et là vous me dites ? Alors, tu fais quoi ? Je ne vais pas vous redire que je m’asseois le long du fleuve… Photographier, c’est prendre du plaisir, c’est restituer les couleurs, c’est témoigner de la vie. J’ai choisi de rester chez Canon pour trois raisons : le plaisir, la gestion des couleurs, les optiques. Et puis je connais bien la marque rouge, je connais sa capacité à rebondir, à ne pas rester les bras ballants. Est-ce que je vais acheter un EOS 1D Mark IV ? Quand je regarde le travail réalisé cet été, je me dis que oui, c’est sans aucun doute un boîtier pour moi.

Les mois qui viennent s’annoncent passionnants, tant chez Canon que chez Nikon. Regardez ce qui se passe chez Canon en ce moment. Des annonces d’optiques, un hallucinant zoom fisheye (8-15mm f4), un nouveau 300mm f2,8, un nouveau 400mm f2,8 et tout ça dans la gamme L, autant de signes qui ne trompent pas. Avec Nikon, qui comble son retard sur les optiques à vitesse grand V, le duel va être des plus rudes ! Nikon, encore, qui se positionne aussi sur le marché de la vidéo full HD, il suffit de voir son reflex D3100 d’entrée de gamme capable de taper du 1080/24, avec l’autofocus en mode vidéo à un prix absolument riquiqui (moins de 600€ TTC avec un 18-55), sans oublier le D95 qui devrait être annoncé dans une ou deux sermaines. En ligne de mire aussi, chez Nikon, un successeur au D700 et chez Canon un EOS 5D Mark III, je veux bien parier que ces deux-là, l’un comme l’autre, vont être é-blou-i-ssants ! Et puis, bien sûr, tous les pros attendent les annonces des deux gros morceaux, Nikon D4 et Canon EOS 1Ds Mark IV. Passionnants je vous dis. Stay tuned !

cliché inédit : Mika au festival les Vieilles Charrues, juillet 2010 (Canon EOS 1D Mark IV, EF 70-200 2,8L IS Serie II)

Cinq bonnes raisons de ne pas quitter Canon (pour le moment).

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Finalement, je vais faire encore un bout de chemin équipé en Canon. Une voie tracée il y a bien des années, un peu par hasard d’ailleurs, et puis un choix qui s’est maintenu au fil du temps. Mais dans une vie, rien n’est définitif. Je n’opte pas pour EOS 1D Mark IV qui est un boîtier performant mais dont les défauts en basse lumière sont rédhibitoires, pour un photographe qui travaille la nuit et quand on a comme moi tenu un Nikon D3s en main, un reflex pro aussi ultime que polyvalent. Je réalise qu’une bonne partie des arguments qui me font rester fidèle à Canon tiennent de l’irrationnel. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Comme le disait Molière, il y va aussi de la sagesse d’attendre

1- Les couleurs
Avec malice un photographe de mes amis (qui se reconnaîtra) me disait récemment que si autant de photographes équipés en Nikon travaillent en noir et blanc, c’est parce que la gestion des couleurs chez Nikon est calamiteuse. Il plaisantait bien sûr. Je pense que ce qu’il voulait mettre en avant, surtout, c’est la qualité de la gestion des couleurs made in Canon, ce que Jean-Philippe Grémillot désigne par “le velouté Canon“. C’est ce truc un peu magique qui fait que lorsque vous regardez un cliché signé avec un reflex Canon, vous avez ce ressenti si particulier lié aux couleurs. Tous les photographes équipés en Canon et tentés par un éventuel switch vers Nikon se sont, à un moment ou à un autre, posés cette question. Nikon, d’accord, mais quid de la gestion des couleurs ?

2- Le plaisir
Dans le comparatif Nikon vs Canon, j’ai essayé de décrire le plaisir que j’ai eu à shooter avec EOS 1D Mark IV. Il n’y a rien de mieux pour un photographe que de se sentir en phase avec son matériel, c’est même carrément essentiel. D’ailleurs entre nous, ça n’est pas spécifique aux photographes. J’ai le sentiment que la photo de concerts (et du spectacle vivant en général) a même tendance à décupler ce bonheur de photographier. C’est ce que ce cher Henri résumait en une phrase : “mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur.” Je ne pense pas qu’on puisse faire un bon cliché en faisant la gueule.

3- Les optiques
J’ai utilisé pendant des années une optique d’exception, sur un boîtier d’exception. C’était un 55mm asphérique f/1,2, monture FD, sur un Canon F1 (puis un F1n). Les connaisseurs apprécieront. Ensuite j’ai eu un EOS 3 avec un 70-200 2,8L (puis le modèle IS). On lit souvent que les boîtiers passent et que les optiques restent. Et la question de savoir s’il est préférable de privilégier d’excellentes optiques à un excellent boîtier ne se pose pas. Côté optiques, Canon reste devant Nikon, même si le “loin devant” est désormais un simple “devant”. Devant en complétude, souvent en qualité et aussi en prix. Chez Nikon ne cherchez pas l’équivalent en optiques Canon, ça n’existe pas, pas pour le moment. Même si, au risque de me répéter, Nikon a fait des avancées considérables en la matière.
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4- L’affectif
Récemment, je lisais une pensée du Dalaï Lama sur son twitter. En substance, cet homme sage parmi les sages dit que la vie n’est pas possible sans compassion et sans affection. Je le crois volontiers. Je pense aussi qu’une photo faite sans cœur ne donnera jamais une grande photo, de celle dont on se souviendra. Je vois passer des tonnes d’images sur internet et je me dis que finalement bien peu resteront dans ma mémoire. D’ailleurs, quand j’y repense, à ces clichés qui m’ont marqué, je vois passer une photo de Cartier-Bresson (“derrière la Gare Saint Lazare”), Cali et Miossec à Ouessant par Gassian, un portrait de Daho par Antoine Le Grand, un portrait de Marylin par Richard Avedon. Je peux photographier des gens que je n’aime pas, mais à tout prendre je préfère shooter des gens que j’aime, parce qu’en général, ils me le rendent bien. L’affectif est indissociable de ma vie et des images que je capture.

5- La culture
C’est sans doute l’élément le plus subjectif, le plus irrationnel, le paramétre le plus improbable qui fait que je ne souhaite pas quitter Canon, en tout cas pas pour le moment. Simplement parce que Canon est étroitement associé à ma culture photographique, depuis toujours.

Se donner du temps
Je veux bien prendre date, dès aujourd’hui. Je suis convaincu que dans l’année qui vient – qui va donc nous mener, disons jusqu’à juin 2011 – nous allons vivre des moments absolument passionnants, riches en annonces et en rebondissement, tant chez Canon que chez Nikon.

D’abord Canon. Comme me le disait un responsable de la filiale française au salon de la photo 2009 : “Canon n’a pas l’intention de rester les bras ballants !” J’en suis convaincu. Il ne faudrait surtout pas s’empresser de reléguer Canon à une vulgaire place d’outsider. D’abord il y a eu EOS 1D Mark IV où Canon a su montrer sa capacité d’évolution, je pense à l’autofocus et à cette capacité de produire une image d’une qualité optimum. Dans l’année qui vient, Canon est attendu sur EOS 1Ds Mark IV et sur le successeur de 5D Mark II. Un EOS 5D Mark III en 2011 est dans le domaine du probable, avec des specs qui risquent de décoiffer, notamment dans le domaine de la vidéo (format Raw ?) mais aussi sûrement avec un autofocus largement optimisé par rapport au modèle précédent.

d4-nikon-shotsEnsuite Nikon. Comment douter une demie-seconde de ce qui va déferler en matière de reflex et d’optiques professionnels signés Nikon ? D’abord, un successeur plus que probable à l’excellent D700. Il avait hérité de fonctionnalités de son grand frère D3, on peut imaginer sans peine des specs héritées du génial D3s, en particulier au niveau de le gestion des sensibilités. En vérité je vous le dis. Le successeur du D700 va faire très, très mal, car Nikon est prêt à nous proposer le reflex ultime tout en voyageant léger. Et puis évidemment, on lorgne du côté du D4 et là encore on peut s’attendre à l’accord parfait, avec une liste de specs longue comme le bras. Du côté des optiques, aussi, il y aura sans aucun doute du lourd. Nikon va chercher à combler son retard en la matière. Les sorties récentes du 70-200 2,8 VRII, du 24 f1,4, du 16-35 f4, du 300 f2,8 VRII, du 200-400 f4 II, … étaient déjà un signal fort. Le message est clair : en matière d’optiques il faut aussi désormais compter sur Nikon. Message reçu.

et maintenant ?
J’ai envie de dire que la vie continue ! J’ai (mal) vécu l’épisode 5D Mark II, puis le test EOS 1D Mark IV, je vais tester dans les semaines qui viennent EOS 7D, histoire de me faire ma propre opinion sur un boîtier controversé qui a provoqué des réactions houleuses à sa sortie, je pense aux tests de Darwin Wiggett (et à son article ravageur “7D le boîtier que nous voulions aimer“) ou à Ole Jorgen Liodden (de feu Canonfieldreview rebaptisé Nikonfieldreview depuis que Ole eut décidé de switcher) qui avait largement contribué à tartiner sur le sujet. Entre nous, je n’étais pas moi-même blanc brun à l’époque, pour ce 7D que j’avais qualifié de Canada dry de 1D Mark IV. D’ailleurs, c’est à l’issue de l’épisode 7D que j’avais décidé que, désormais, je ne m’exprimerais plus sur un boîtier sans l’avoir moi-même testé. Rendez-vous, donc, dans les jours à venir, pour un test grandeur nature, sur le terrain, avec EOS 7D.

Canon EOS 5D Mark II vs Nikon D700. Lequel choisir ?

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Je reçois régulièrement des emails de photographes, qu’ils soient amateurs ou pro n’a que peu d’importance, qui s’interrogent, à juste titre il me semble, sur les options à choisir. Étant moi-même dans cette situation il m’a semblé intéressant d’en parler. Aujourd’hui, Canon et Nikon tiennent le haut du pavé en matière de boîtiers reflex. Les deux se tirent la bourre depuis des années et la tendance semble s’incliner favorablement au profit de Nikon ces deux dernières années. C’est sans doute dû à des choix radicaux de la part de la marque jaune et à une série d’incidents techniques ayant violemment secoués Canon, ce à quoi il faut peut être ajouter, de la part de la marque rouge, un certain manque de clairvoyance et d’anticipation de l’évolution du marché. En tout cas, aujourd’hui le constat est là. Des photographes équipés en Canon ont glissé vers Nikon (on dit “switché”), l’épisode le plus médiatique étant le passage de l’AFP de Canon (marque historique de l’agence) pour Nikon.

Mais revenons à cet email, que je vous livre quasi in extenso : “J’ai actuellement un Canon EOS 50 D. Avec 10-22, 28-135, 24-70 f2,8, 70-200 f4. J’aimerais  passer à un plein format. Je fais de la photo de sport, de nature, et un peu de photo famille. Mis à part le côté budget et vu les problèmes  du 5D, ma question est : EOS 5D Mark II ou Nikon D700 ?” Voilà bien la question casse-gueule par excellence, mais puisque vous me demandez conseil, allons-y ! Premier constant, vous êtes déjà équipé et plutôt bien, si j’en juge à la lecture de la liste de vos objectifs. Passer d’un EOS 50D à un 5D Mark II, alors que vous souhaitez bénéficier d’un capteur fullframe, me semble un choix naturel. Votre parc d’optiques est préservé et avec lui votre investissement. 5D Mark II est un bon boîtier, dôté d’un capteur de 21mp qui produit des images de qualité, sans l’ombre d’un grain à 3200iso, mais il a aussi quelques faiblesses reconnues, parmi lesquelles un autofocus peu réactif. D’ailleurs Canon n’a pas produit d’effort particulier par rapport à la fonction AF, en dôtant le Mark II de l’autofocus du modèle 5D précédent. En relisant votre email, je me dis que 5D Mark II sera parfait pour de la photo de nature ou vos photos de famille. En revanche, pour la photo de sport, je suis plus circonspect. Et c’est là qu’on en arrive à parler de D700…

Chaque fois qu’on me parle de Nikon D700, il me revient une image en tête, toujours la même, celle de mon ami Jean-Michel Roignant, photographe des Vieilles Charrues, shootant de la fosse Bruce Springsteen à main levée, avec un Nikon D700 équipé d’un 70-200 2,8 VR, dans des conditions de lumière relativement précaires. J’ai cette image collée dans le fond de ma mémoire et je crois qu’elle symbolisera à jamais la marque Nikon. Je passe sur le fait qu’à l’époque je galérais avec un 5D Mark II capricieux, j’ai seulement l’image de mon pote, hilare, tapant le boss au jugé. J’étais scotché, mais pas autant que lorsque Jean-Michel m’a montré le résultat sur l’écran du Mac à l’issue du concert. C’est là où j’ai vraiment réalisé qu’il y avait un monde entre l’AF 51 points équipant D700 (et directement hérité du D3) et le modeste AF 9 points du 5D Mark II (hérité du 5D). Et je ne parle même pas du piqué, de la netteté “native” des images produites par le boîtier Nikon. Alors que je m’étonnais auprès d’un autre photographe qu’il ne travaillait pas au format RAW avec son D700, celui-ci m’avait répondu en substance et avec un brin d’ironie : “travailler en RAW, pourquoi faire, quand les jpegs sont parfaits ?” Circulez, y’a rien à voir !

Tout cela, c’était en juillet 2009. Depuis l’eau a coulé sous les ponts. Nikon a sorti un éblouissant D3S (que j’ai testé), Canon a sorti un EOS 1D Mark IV (que je vais tester). D’après les premiers retours, des efforts ont été sensiblement déployés par la marque rouge en direction de l’autofocus, un peu moins semble-t-il sur le traitement des hautes sensibilités. Canon USA propose actuellement des rebates sur EOS 5D Mark II acheté en couple avec certaines optiques et des rumeurs insistantes évoquent l’arrivée d’un EOS 5D Mark III qui pourrait bénéficier d’avancées notoires en matière d’autofocus et de hautes sensibilités, sans parler de fonctionnalités vidéo, si chères au coeur de Canon. Si cela venait à se confirmer, l’actuel 5D Mark II pourrait connaître une forte disponibilité dans les semaines et les mois qui viennent sur le marché de l’occasion. Alors ? Conserver son parc, le péréniser en achetant un 5D Mark II plein format qui utilisera vos optiques. Ou bien switcher pour Nikon, en misant sur le bon niveau de revente de ses optiques Canon. Au delà du simple choix de la marque, il y a des paramètres en prendre en compte, comme l’ergonomie par exemple. Si vous savez utiliser un 50D vous saurez prendre en main un 5D Mark II. En même temps, les amateurs de Nikon ne manqueront pas de vous dire (à juste titre) que l’ergonomie Nikon est tellement intuitive qu’il ne vous faudra pas longtemps pour prendre votre D700 en main. Finalement, on choisit une marque en mettant en adéquation un matériel avec ses besoins et son budget. L’effet pervers, à trop gamberger et à trop attendre , c’est d’en arriver à s’occuper plus du choix de son matos que de faire des photos… Vous avez des éléments et vous ferez sûrement le bon choix !

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