Canon EOS 1D Mark IV. Mon été au bras d’une diva…

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J’ai passé mon été au bras d’une diva et ça, c’est pas donné à tout le monde. Quand je dis au bras d’une diva, c’est plus exactement au bout de mon bras droit, car vous l’avez compris, je vais vous parler d’EOS 1D Mark IV. Cet été, j’avais rendez-vous comme chaque année sur la plaine de Kerampuilh, faisant partie du staff des cinq photographes officiels du festival des Vieilles Charrues à Carhaix. Ah ! Les Vieilles Charrues ! La plaine de Kerampuilh, les scènes Glenmor, Kerouac, Xavier Graal. Les festivaliers, la Coreff, le Breizh Cola, les jolies déco de l’ami El Globos, le soleil, la pluie, le soleil, les bénévoles… Un jour il faudra que je vous raconte tout ça, l’attachement sincère, la relation unique, plus qu’affective, parfois déraisonnable que je porte à ce rendez-vous. D’ailleurs, au moment où j’écris ces lignes, je compte déjà les jours qui me séparent de la prochaine édition, la vingtième, qui va être, comment dire ? Monumentale ? Mais revenons à nos moutons. Pour cette édition 2010, Canon France m’a proposé d’embarquer avec moi un EOS 1D Mark IV afin de lui faire prendre l’air tonique du centre Bretagne, avec quelques optiques de bon aloi, doux euphémisme quand on connaît le calibre des optiques de la gamme L signée Canon. Le but c’était de confronter la bête sur le terrain et de lui en faire voir de toutes les couleurs, ce qui tombe plutôt bien. D’abord parce que la gestion des couleurs, c’est l’un des fondamentaux de la marque rouge, ensuite parce qu’avec Canon, on se disait que côté conditions de terrain, quatre jours de Vieilles Charrues, c’était plutôt un bon test. Ce qu’on ignorait alors, c’est que j’allais être largement servi, avec toutes les conditions qu’un boîtier reflex pro peut déguster en reportage (à part la neige). En revanche, de la pluie et pas pour rigoler, de la vraie pluie bretonne pur jus, de celle qui vous tombe sur la gueule par seaux entiers et vous détrempe jusqu’à l’os, le lendemain un grand soleil avec de la poussière, des projections de liquides en tout genre (Breizh Cola, Coreff), la totale. Ou la Bretagne, en résumé.

1D Mark IV, pour (enfin) oublier l’épisode précédent
Le challenge de Canon, en sortant EOS 1D Mark IV, était à la fois simple et complexe. Faire oublier, autant que faire se peut, l’épisode 1D Mark III. Est-il bien utile d’y revenir ? Tant cet épisode a apporté son lot de douleurs, non seulement pour les photographes professionnels équipés de ce boîtier mais aussi pour les membres de Canon. Car au delà des problèmes erratiques du boîtier (autofocus défaillant en mode AI servo, entre autres), le syndrome Mark III a endommagé en profondeur et sans doute de manière durable, mais pas irréversible, l’image de marque du constructeur japonais. De plus, il faut admettre que Canon n’a sans doute pas pris l’ampleur de la catastrophe et de ses conséquences à moyen terme, qui se sont traduites par un switch massif de photographes pros de la marque rouge vers Nikon. C’est dans cet état des lieux que Canon a lancé son nouveau haut de gamme reportage, 1D Mark IV, fin 2009, confronté à Nikon qui, à peu près dans le même temps, présentait son D3s. D’un côté une marque en crise sur le segment pro haut de gamme, de l’autre une marque proposant la quintessance du boîtier pro : Nikon D3s, merveilleusement polyvalent, dôté d’un autofocus redoutablement efficace, d’une gestion des hautes sensibilités particulièrement élaborée, la lutte s’annonçait difficile. Mais comme toujours en photographie, ce qui fait la différence, c’est l’oeil du photographe et l’expérience sur le terrain. Alors que l’ami Rob Galbraith claironnait à tout va sur son blog (avec, soit dit en passant, sans être mauvaise langue, de bien jolies bannières publicitaires Nikon) que 1D Mark IV ne réglait rien des problèmes de son prédécesseur, je me suis dit que la meilleure façon de marcher, comme disait feu ma grand-mère, c’était d’abord de mettre un pied devant l’autre. En clair, pour savoir ce que EOS 1D Mark IV valait ou pas, j’ai convenu avec Canon de l’utiliser, in situ, sur le terrain, pour l’appréhender dans sa globalité.

Prise en main du boîtier APS-H
Il m’est revenu le souvenir d’une discussion avec un photographe, pendant les Vieilles Charrues. En clair, le discours consistait à dire que le boîtier n’a quasiment pas d’importance, que l’élément essentiel c’est l’optique, parce que c’est par là que passe la lumière. Ah ! Si les choses étaient aussi simples… Quand on a en main un Mark IV, qu’on jette un oeil aux éléments de paramétrages ou plus prosaïquement qu’on travaille avec ce boîtier, on réalise à quel point on a entre les mains un véritable ordinateur embarqué, un générateur d’images numériques. Est-ce que le boîtier est important ? Tu m’étonnes, John ! En fait, l’ensemble est important, car une fois l’optique montée sur le boîtier, vous tenez entre vos mains un tout, et pour tout dire une machine ultime, surtout dans la configuration utilisée cet été : un EOS 1D Mark IV et un zoom 70-200 2,8L IS série II, sans aucun doute possible l’outil le plus abouti actuellement disponible chez Canon pour le photographe professionnel. J’ai travaillé en RAW avec des cartes Sandisk Extreme III 32Go et j’ai engrangé chaque jour un millier de clichés, entre la dizaine de concerts au quotidien et les photos de public et d’ambiance. À aucun moment je n’ai eu le sentiment d’être limité par le matériel. Petit détail à divulguer à propos de la batterie, dont le niveau de charge restait élevé, malgré une utilisation intensive, incluant les preview de clichés. Autre point, le format du capteur APS-H. J’ai toujours dit que j’aurai préféré un capteur fullframe mais finalement j’ai rapidement oublié que j’avais un coeff 1,3. Avant de partir sur les Vieilles Charrues, j’ai pratiqué 1D Mark IV pendant une dizaine de jours. En particulier je me suis posé une journée et je me suis mangé la doc (en entier) avec le boîtier sous la main, indispensable prélude. Et puis je ne voulais pas revivre l’épisode 2009 avec 5D Mark II, où ma méconnaissance du boîtier avait accentué le sentiment de malaise. À mon arrivée sur le site, j’avais le boîtier bien en mains, défini mes styles d’images, le paramétrage de l’autofocus, le copyright des images, etc… La prise en mains de Mark IV n’est pas aisée, elle nécessite vraiment une phase d’adaptation. J’avais été épouvanté par la médiocrité des premières images vues sur internet émanant des premiers tests du boîtier. EOS 1D Mark IV, comme les autres boîtiers, n’est que ce que le photographe en fait. C’est un outil. Si vous l’utilisez n’importe comment, vous allez droit à la chienlit. Quand je regarde les images des Charrues (Mika, NTM, Jamiroquai, Matthieu Chédid, Muse, Dutronc, entre autres) ou plus récemment ceux de la Fête du Bruit (Placebo, Status Quo, Morcheeba, Steel Pulse…) je me dis que tout compte fait, je n’ai pas trop loupé le coche.

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Piloter une V-max ou monter un pur-sang à cru
Avoir en mains un EOS 1D Mark IV c’est un peu comme piloter une Yamaha 1700 V-max, comme de monter un pur sang, à cru. De deux choses l’une. Vous savez faire et vous avez le sentiment de pouvoir aller au bout du monde, tout en vous sentant libre et en toute sécurité. Ou bien vous ne savez pas faire et au premier virage, à la moindre incartade vous vous cassez la gueule. En clair, ce boîtier est capable du meilleur, de l’absolu en matière photographique, produisant des images d’une pureté, d’une pertinence sans aucun équivalent sur le marché. Je voudrais que les choses soient claires. J’ai choisi de relater mon expérience sur le terrain avec ce boîtier en toute transparence. Je n’ai pas changé mes habitudes de prises de vue, j’ai bossé en mode M, one shot, collimateur central. J’ai utilisé certaines fonctions spécifiques du boîtier, comme la permutation automatique de collimateur. En clair, si EOS ne réussit pas à faire le focus avec le collimateur sélectionné, il utilise automatiquement l’un des collimateurs gauche ou droite (ou haut, bas selon le mode) par rapport au collimateur sélectionné. Du côté des sensibilités, j’ai fait avec la lumière. En plein jour, j’étais rarement au delà de 200 iso et compte tenu de la puissance des plans de feux des scènes des Charrues, je ne suis quasiment jamais monté au delà de 800 iso. Par exemple, sur Mika, les lights étaient tellement puissantes qu’on avait l’impression d’être en plein jour. La plupart du temps j’ai shooté en vue par vue, sur certains sets j’ai travaillé en rafale. Oui, parce que quand vous avez entre les mains une bête capable de cracher du 10fps, il faudrait être idiot pour ne pas vouloir tester, histoire de voir si ça étale. Je confirme, ça étale sans broncher ! Le côté pervers du mode rafale sur 1D Mark IV en one shot, c’est que si la première est bonne, il y a de grandes chances de se retrouver avec un paquet de bonnes images. Clairement, dans les conditions que je viens de décrire, quand j’ai chié une photo avec 1D Mark IV (oui, oui, ça m’est arrivé) c’était ma faute. Je ne peux pas honnêtement imputer une quelconque responsabilité au matériel, d’une régularité quasi métronomique. Le souvenir le plus marquant restera la validation de la tropicalisation sous un déluge de flotte pendant le set de Muse. La bonne vingtaine de minutes passée à photographier Bellamy and Co dans des conditions météo dantesques est un épisode mémorable. J’aurais amené 1D Mark IV sous ma douche que ça n’aurait pas été pire. J’avais un nuage d’eau entre l’oeil et le viseur, sur la fin du set j’avais le regard brouillé par les gouttes d’eau qui perlaient de mes sourcils. L’étanchéité et la tropicalisation de 1D Mark IV se sont avérées parfaites et tout le monde ne peut pas en dire autant. Après le concert, dans la salle de presse, de nombreux photographes y sont allés de leur sèche-cheveux. Techniquement, ce boîtier pro a tenu toutes ses promesses, pour moi, pour ma façon de travailler, produisant des images d’un dynamisme, d’une netteté sans pareil et surtout d’un rendu de couleurs éblouissant. Les rouges sont rouges et même dans des conditions d’éclairage habituellement complexes (des lights rouges justement), la précision de l’image demeure exceptionnelle. On ne répètera jamais assez : le rendu des couleurs Canon est somptueux.

Et pourtant…
Oui et pourtant, j’ai le sentiment que Canon n’en n’a pas fini avec ses vieux démons. Abordons les deux sujets qui fâchent. D’abord la gestion des hautes sensibilités. Ah ! Si seulement Canon était le seul constructeur sur le marché, si seulement Nikon n’avait pas créé D3s, on serait bien moins emmerdés. Mais Nikon existe et j’ai testé son D3s. Alors évidemment, dès lors qu’il s’agit d’évoquer les hauts iso, je ne peux que me remémorer mes tests avec D3s, en décembre 2009. En clair, j’ai écrit ici que je n’ai guère dépassé avec 1D Mark IV les 800 iso en festival, simplement parce que c’était inutile. Les tests réalisés en concert courant août avec des sensibilités plus élevées (jusque 3200iso) laissent clairement apparaître du grain, perceptible dès 3200 iso. Sur ce terrain, précisément, Canon est loin derrière Nikon, capable avec son D3s de produire des images propres jusqu’à 12800iso et acceptables à 25600iso. Pas plus d’ambiguïté sur le sujet de l’autofocus. En mode one shot, en bonnes conditions de lumière rien à dire. En revanche, le problème se complique de manière accentuée en mode AI servo, l’autofocus du Mark IV peut présenter un comportement erratique selon le déplacement du sujet et en conditions de lumières dégradées. Les lecteurs de Shots qui me connaissent auront noter la prise de pincettes dans mon propos. Pour avoir évoqué le sujet précis avec des sources autorisées, il en ressort que 1D Mark IV nécessite un paramétrage particulièrement pointu au chapitre autofocus AI servo. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que Canon USA a édité, à destination des pros utilisateurs de 1D Mark IV (en particulier des photographes sportifs), une leaflet qui résume les réglages appropriés de l’autofocus en mode AI servo, selon le domaine d’utilisation. Cela consiste en particulier à paramétrer de manière adéquate les temps de réaction et de recalcul de l’autofocus selon l’environnement. En clair, un paramétrage si tu shootes du foot US, un autre pour de la natation, des sports mécaniques, du ski alpin, … Bon, OK, va pour la leaflet. Chez Nikon, pas de leaflet. Sur D3s, juste un AF 51 points qui étale en mode suivi dans toutes les conditions. Comme me le disait un bon ami photographe pro (équipé en Canon, il se reconnaîtra) : “tu prends un pékin lambda qui n’a jamais fait de photo de sa vie, tu lui colles un D3s en mode P entre les mains et tu l’envoies faire des photos. Bon, d’accord, le gars ne te fera pas du Cartier-Bresson, ça sera cadré avec les pieds, mais bordel ! Il te ramènera 100% d’images nettes !” En matière de photo, il y a aujourd’hui deux mondes. Il y a quelques mois j’écrivais que Nikon avait produit avec D3s le meilleur reflex pro du marché, je persiste et signe. D3s tient le haut du pavé pour le moment, mais…

En conclusion
Car il y a un mais. En photo, les choses ne sont jamais aussi simples qu’il y parait. Les deux boîtiers sont sur des axes de marché identiques, reflex pro, mais l’un est fullframe (D3s) l’autre est APS-H (1D Mark IV). D3s c’est 12mp quand 1D Mark IV affiche 16mp, alors, anecdotique la taille du capteur ? Sans doute, jusqu’au jour où vous avez besoin de cropper, de recadrer. Dans ce cas, comme l’aurait dit Monsieur de La Palisse, 16 c’est mieux que 12, quoiqu’on en dise. Côté optiques Canon, j’avais dans mon sac deux 70-200 2,8L IS (série 1 et série 2), un 24-105 f4 (nettement meilleur que ce qu’on m’en avait dit), un 135 f2 (Gérald Géronimi avait raison, quel caillou !) et un 16-35 2,8L. J’ai surtout utilisé le 70-200 2,8L IS serie II qui est comme le serie 1, un caillou exceptionnel, mais en mieux. Je ne savais pas que c’était possible. Chez Nikon, j’aurais pu avoir quasiment les mêmes optiques (le 70-200 2,8 VRII est également excellent) mais en payant un surcoût de l’ordre de 20 à 30%. Et là vous me dites ? Alors, tu fais quoi ? Je ne vais pas vous redire que je m’asseois le long du fleuve… Photographier, c’est prendre du plaisir, c’est restituer les couleurs, c’est témoigner de la vie. J’ai choisi de rester chez Canon pour trois raisons : le plaisir, la gestion des couleurs, les optiques. Et puis je connais bien la marque rouge, je connais sa capacité à rebondir, à ne pas rester les bras ballants. Est-ce que je vais acheter un EOS 1D Mark IV ? Quand je regarde le travail réalisé cet été, je me dis que oui, c’est sans aucun doute un boîtier pour moi.

Les mois qui viennent s’annoncent passionnants, tant chez Canon que chez Nikon. Regardez ce qui se passe chez Canon en ce moment. Des annonces d’optiques, un hallucinant zoom fisheye (8-15mm f4), un nouveau 300mm f2,8, un nouveau 400mm f2,8 et tout ça dans la gamme L, autant de signes qui ne trompent pas. Avec Nikon, qui comble son retard sur les optiques à vitesse grand V, le duel va être des plus rudes ! Nikon, encore, qui se positionne aussi sur le marché de la vidéo full HD, il suffit de voir son reflex D3100 d’entrée de gamme capable de taper du 1080/24, avec l’autofocus en mode vidéo à un prix absolument riquiqui (moins de 600€ TTC avec un 18-55), sans oublier le D95 qui devrait être annoncé dans une ou deux sermaines. En ligne de mire aussi, chez Nikon, un successeur au D700 et chez Canon un EOS 5D Mark III, je veux bien parier que ces deux-là, l’un comme l’autre, vont être é-blou-i-ssants ! Et puis, bien sûr, tous les pros attendent les annonces des deux gros morceaux, Nikon D4 et Canon EOS 1Ds Mark IV. Passionnants je vous dis. Stay tuned !

cliché inédit : Mika au festival les Vieilles Charrues, juillet 2010 (Canon EOS 1D Mark IV, EF 70-200 2,8L IS Serie II)

Canon annonce EOS 60D : 18mp, un écran orientable, vidéo full HD. What else ?

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Canon est rarement où on l’attend et a toujours eu une capacité à rebondir et à créer la surprise. Car franchement, de vous à moi, j’émettais de singuliers doutes, jusqu’à il y a peu encore, sur la possibilité d’un EOS 60D et je me demandais s’il restait un créneau de positionnement pour un boîtier reflex APS-C dans la gamme Canon, après l’introduction de l’excellent EOS 7D. Il faut croire que pour Canon la réponse est oui. Un héritier, arrière petit-fils de l’estimable EOS 20D, d’accord mais, comme disait Manu pour quoi faire ? En voyant les premières images du nouveau-né, la réponse saute aux yeux comme une évidence. De la vidéo. Avec son écran amovible, orientable, EOS 60D a sans aucun doute été conçu d’abord pour faire de la vidéo en full HD avant de faire des photos. En annexe au 5D Mark II ou pour permettre au plus grand nombre d’accéder au monde merveilleux de la vidéo en haute définition…

La vidéo, une divine surprise qui n’en n’est plus une
Car il faut savoir que la firme Canon elle-même, en intégrant des fonctionnalités vidéo full HD dans son reflex d’entrée de gamme pro EOS 5D Mark II, n’imaginait pas les répercussions que cette introduction allait avoir sur le marché même de la vidéo. Pensez donc ! Avec un investissement riquiqui, qui fait doucement marrer les vidéastes professionnels habitués à cracher des sommes nettement plus gonflées, on peut aujourd’hui bénéficier d’un matériel vidéo digne d’un prince du pétrole. Faites le calcul. Un EOS 5D Mark II et quelques cailloux d’exception (au hasard un 24mm, un petit 50 f1,4 et un magique 85 f1,2) capables de produire des images somptueuses, une carte de 32 Go, éventuellement quelques accessoires optionnels pour la prise de vue et la prise de son et vous voilà paré, équipé comme un chef op’ pour réaliser votre premier clip vidéo ou votre premier long métrage, pour un prix qui lui-même vous fera sourire. D’ailleurs, tout ce que le monde de la vidéo compte de meilleur s’est engouffré sur le segment de marché et sur ce coup-là, il faut bien avouer que même Canon a été pris à son propre jeu. Les aléas de son boîtier 5D Mark II sur le segment photo ont été totalement occulté par le succès rencontré sur le segment vidéo. De là à imaginer que c’est la vidéo qui sauve la mise de Canon, il n’y a qu’un pas que de nombreux experts sautent allègrement et ils n’ont probablement pas tort. Du côté de la maison d’en face, chez Nikon, on se contente de regarder le boulet passer, à défaut de le prendre en pleine gueule. Car il convient d’admettre que le succès insolent de la marque jaune sur le segment de la photo professionnelle, avec une prise de part de marché nettement accrue dûe au transfert de parcs pros de Canon vers Nikon (qu’on désigne couramment sous le terme générique anglo saxon de “switch“), ces succès à répétition ces derniers mois font que la brillante absence de Nikon sur le segment de marché vidéo HD a largement contribué à la prise de pouvoir de Canon. Mais attention ! Nikon n’est pas du genre à se laisser bouffer la laine sur le dos. À ce sujet, la prochaine Photokina promet d’être riche en rebondissements, avec notamment l’annonce d’un successeur au D90, qui pourrait venir grignoter sur le segment 60D et 7D.

Panorama de EOS 60D
Canon propose donc un reflex APS-C 18mp, comme le grand frère 7D, emmené lui par un seul processeur Digic 4, un mode rafale 5,3fps. Du côté des sujets qui fâchent, une gestion des ISO de 100 à 6400 avec un mode étendu à 12800 iso, mais à ce niveau il ne faudra sans doute pas s’attendre à battre des records olympiques. On sait que la gestion des hauts iso n’est pas la panacée de la marque rouge, sur aucun de ses boîtiers et on a pris l’habitude de faire avec. En revanche, la déception est de taille au chapitre autofocus (l’autre sujet qui fâche), puisque 60D embarque un AF 9 points, probablement hérité de 5D Mark II. En même temps, on n’imagine pas Canon proposant le système AF de EOS 7D, pour des raisons évidentes de stratégie marketing. Pour la petite histoire, exit le format CF compact flash, désormais EOS 60D embarque des cartes SD. Ce sont les possesseurs de boîtiers de la famille (20D à 50D) qui vont être contents ! Bon, rassurez-vous. Du 7D ce nouvel EOS a hérité du bouton Q, définitivement indispensable pour accéder à l’ensemble des paramètres du reflex de manière interactive et bien sûr du sacro-saint bouton vidéo, pour enclencher ce mode de manière radicalement immédiate.

Pour Canon, trois segments essentiels : la vidéo, la vidéo, la vidéo.
A l’instar de Jean Gabin pour qui les trois valeurs essentielles d’un comédien sont le talent, le talent, le talent, j’ai la nette sensation aujourd’hui que Canon s’engouffre corps et âme sur le segment de la convergence vidéo. Mais franchement, peut-on vraiment encore parler aujourd’hui de convergence ? Quand je regarde EOS 60D, avec son écran pivotant, est-ce que je vois encore un reflex photo ? J’ai le sentiment au contraire que Canon fait, sur ce segment de marché précis, de pressants appels du pied pour attirer à elle le monde des vidéastes et s’approprier une part non négligeable de marché. J’ai en mémoire une discussion avec un photographe pro équipé en Nikon depuis toujours, comprendre donc très peu préoccupé par les états d’âme de la marque Canon. À ma grande surprise, lors de notre récente rencontre, ce photographe évoquait 5D Mark II, cet étrange appareil photo dont tout le monde parle capable de faire de la vidéo en mode full HD. Si l’information est arrivée jusqu’aux oreilles opaques des plus fondamentaux afficionados de la marque jaune et que de leur aveu même tout le monde en parle, c’est que cette info est pertinente et que Canon, mine de rien a visé juste.

EOS 60D d’accord, mais pour qui ?
D’abord, clairement, ce boîtier positionné vidéo va intéresser les pros comme les amateurs sur le segment de la réalisation vidéo en full HD. Côté budget, on devrait pouvoir trouver rapidement le boîtier nu aux alentours de 800€ HT, un investissement plus que raisonnable pour réaliser un bon taff en mode HD. Côté dispo, on devrait pouvoir trouver EOS 60D dans toutes les bonnes crèmeries courant septembre. Côté photo, en revanche, je suis nettement plus circonspect. J’espérais que 60D profite de quelques avancées brillantes de EOS 7D, en particulier sur l’autofocus. Que nenni, il faudra se contenter du mode 9 points hérité de 5D Mark II qui l’avait lui-même hérité de 5D. J’espère au moins que Canon, sur ce coup-là, aura rentabilisé son budget R&D au chapitre autofocus. L’aspect positif, dans cette annonce, c’est qu’on entrevoit désormais nettement le positionnement marketing de la marque rouge. Sans vidéo, point de salut.

Du côté des boîtiers reflex pro, je vous reparlerai bientôt de EOS 1D Mark IV avec qui j’ai passé l’été et vous verrez qu’au chapitre photo Canon a encore de beaux restes, doux euphémisme… Et puis bien sûr tout le monde attend l’annonce du nouveau haut de gamme Canon, EOS 1DS Mark IV et les rumeurs les plus folles courent à son sujet. Tout le monde fantasme plus ou moins grave sur une grosse bête embarquant un maousse capteur de 30mp autour d’un double processeur Digic V et tutti quanti. Enfin ! Au chapitre haut de gamme Canon, tout le monde s’accorde au moins sur deux points. Ce sera un fullframe et il coûtera un bras.

La passé-pomme, l’autre gloire de Douarnenez après le kouign amann.

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Hier dimanche, après la messe, j’avais rendez-vous avec Yves, quatre vingt six printemps. Cet ex-charpentier de marine, qui a travaillé toute sa vie à l’arsenal de Brest, coule désormais une retraite paisible mais active à Douarnenez. Il y a quelques années, Yves avait offert à mon beau-père un greffon de pommier dont j’ai hérité. Il faut vous dire qu’ici, à Douarnenez, quand on parle de passé-pomme, on voit briller dans les regards une lueur particulière. La passé-pomme est aussi sûrement une vedette pour les penn-sardins (comprendre les douarnenistes, prononcer peine-sardines) que leur sacro saint kouign amann, littéralement gâteau au beurre, une spécialité qui se mange chaude et qui vous fait grimper sûrement votre taux de cholestérol, tant ce délice à base de pâte à pain pliée et repliée suinte de beurre ou que les poèmes de Georges Perros, figure éternelle du quartier Sainte Hélène, mais là je vous parle du temps d’avant, d’Yvonne et des copines, des rires de Tante Soeur et de Tante Marianne (qui assurément est désormais au paradis), de Monsieur Jos sur le chemin des Plomarc’h qu’on appelait comme ça parce que Monsieur Jos c’était aussi le sobriquet de son chien, ça ne s’invente pas. Douarnenez, quoi, la plus belle baie du monde selon Guillaume Marec qui en avait vu d’autres aux quatre coins de la planète, la plus belle baie du monde loin devant celle de Rio, laissez-moi rire. Sauf que tout fout l’camp, de nos jours. La petite passé-pomme (qu’on appelle ailleurs pomme baril) n’évoque plus vraiment grand chose pour les jeunes générations et c’est bien dommage. Cette petite pomme adorable à croquer, précoce, avec peu de pépins, très gustative, cuisant vite, se dévoile chaque année au début du mois d’août. Elle existe encore dans quelques vergers à Douarnenez, mais se fait de plus en plus rare. Seul un irréductible continue de transmettre le patrimoine en offrant ses greffons, en attendant de rejoindre Saint Pierre. Yves s’amuse d’un rien. Dans son minuscule jardin, au cœur d’un bordel savamment organisé, on trouve de tout et de rien, résultat de ses expériences naturalistes improbables mais toujours réussies. Comme quoi Dieu sait reconnaître les siens. Des pommiers bien sûr, un cognassier, ici un figuier et là-bas dans le fond un prunier sur lequel Yves a greffé sept ou huit races de prunes différentes et qui est extraordinairement prolifique. “Ici, tu vois, il y a des prunes blanches, des prunes jaunes, des prunes noires, et tout ce petit monde cohabite en paix” assène Yves, l’oeil guoguenard. Un coup d’oeil aux jardins voisins, voilà des pommiers (passé-pomme, elstar, teint frais), plus loin un prunier couvert de quetsches dont les branches ploient sous le poids des fruits, là-bas un kiwi. Tu greffes aussi les kiwis Yves ? “Ah gast ! Oui. Parfois il faut aider mère Nature a faire son travail, parce qu’elle y arrive pas toute seule“. À ma prochaine visite, Yves veut m’apprendre la greffe des pommiers. “Comme ça tu sauras, quoi !” Je photographie Yves, dans sa cuisine, attablé devant son verre de gwin dru (vin rouge). Il observe mon boîtier, je lui montre la photo sur l’écran, je lui explique en deux mots, la carte, le numérique, tout le saint frusquin, son œil s’éclaire, ça l’épate, ça le dépasse un peu mais il pige tout, vite et bien. Je lui dis qu’à Noël, je lui amènerai une photo de passé-pomme. Un souvenir glorieux du temps passé qu’un petit bonhomme droit dans ses pompes, authentique comme pas deux, contribue à transmettre aux générations futures. Pour ne pas oublier.

• cliché : la passé-pomme (Douarnenez, 2010).

Vieilles Charrues et Fête du Bruit. Comme un rêve de gosse…

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Putain d’été, qui ne finit pas d’en finir. Grisaille et temps de merde entrecoupé d’éclaircies néanmoins somptueuses. Cette année j’ai respecté la feuille de route conseillée par mon doc qui prend soin de ma santé et préserve le kilométrage de mon moteur Ford Thunderbird millésime 1957, un petit bijou à ce qu’on dit mais nettement capricieux, avec le temps. Cet été, un festival. No more, no less. Exit mon cher Art Rock à Saint Brieuc, adios la Route du rock, bye bye le Bout du monde. Pour paraphraser Coluche, parfois la tête dit oui et le corps dit non. Enfin ! Cette saison 2010 a eu de beaux restes, mine de rien, avec une édition des Vieilles Charrues à classer au rayon Cru bourgeois, en attendant un vingtième anniversaire qui s’annonce comme un brillantissime Grand Cru Classé. Je garderai pour toujours et à jamais dans ma mémoire visuelle le concert de Muse à Glenmor, la nouvelle structure de scène avec cette avancée qui permet aux musiciens qui le souhaitent de venir au contact du public et aux photographes d’évoluer librement. Certains sont restés en retrait, bien à l’abri sur leur scène, d’autres sont venus au combat et ont largement profité de l’aubaine. Je pense à NTM, des furieux avec une bonne dose d’humanisme, une touche de fraternité entre eux qui fait plaisir à voir, je pense à -M- qui s’est offert une course folle à travers le public histoire d’aller taper un solo au centre du monde, à Jamiroquai, à Mika… Et puis à Matthew Bellamy, somptueusement classieux dans son joli K-way transparent très mode, seyant à merveille avec les pluies, comment dire ? Diluviennes, dantesques, des pluies telles que Forrest Gump a dû en rencontrer lors de son périple dans les rizières du Viet “fucking” Nam. C’est ça. Glenmor, ce jeudi 15 juillet 2010 à 23 heures et des brouettes, c’était le Vietnam mais sans les balles traçantes. En attendant Muse, j’ai observé les photographes avec un soupçon de compassion, trempés comme des souches, protégeant comme ils le pouvaient leur boîtier. Sous ma veste de mer Jeantex, EOS 1D Mark IV piaffait d’impatience d’aller au contact et je dois à la vérité de dire que sur ce coup-là, le boîtier pro de Canon m’aura vraiment épaté, engrangeant les clichés RAW avec une régularité métronomique, littéralement aussi trempé que si je l’avais amené avec moi sous la douche. Je confirme. EOS 1D Mark IV est parfaitement tropicalisé et on ne peut pas en dire autant de tout le monde. Après le concert, c’était le mur des lamentations et la valse des sèche-cheveux. De mon côté, un kleenex aura suffi pour assécher la bête et j’ai eu une pensée émue pour le mec, chez Canon, qui a pondu la tropicalisation de ce boîtier ! Le lendemain, la plaine de Kerampuilh avait retrouvé son ciel azuréen et le festival nous a offert trois jours de concerts dont quelques pièces d’anthologie.

Le temps de dérusher les quelques quatre milles clichés réalisés à Carhaix, j’étais prêt pour mon second rendez-vous de l’été, à deux pas de chez moi cette fois, pour la Fête du bruit dans Landerneau, l’occasion encore une fois de retrouver des potes et de taper pendant deux jours une grosse douzaine de concerts dans une ambiance festive, quasi intimiste. Accueillir plus de vingt cinq mille festivaliers sur la plaine de la Petite Palud, en plein coeur de Landerneau, le pari était vraiment gonflé. Réunir des pointures comme Placebo, Morcheeba, Steel Pulse, la Rue Kétanou avec un dose de jeune scène (BB brunes, Zaz, …) mâtiné d’électro bon teint (Wax Tailor, 2 many DJ’s), c’était bien vu. Et puis, évidemment, la grosse cerise sur le gâteau, c’était la venue de Status Quo et ses deux inoxydables et inusables frontmen, Rick Parfitt et Francis Rossi. Car la divine surprise de cette Fête du bruit, c’était bien eux. Ah ! Depuis le temps que j’attendais le moment de taper les deux anciens sur scène, il fallait bien que ça finisse par arriver un jour. Je savais exactement le cliché que je voulais, Parfitt et Rossi, guitares parallèles et riffs de bon aloi, scandant les paroles de “Caroline” ou de “Softer ride”. I ain’t gonna work I ain’t gonna work no more. Francis Rossi avait repéré en un coup d’oeil ma tronche visiblement réjouie dans le pit et m’a offert quelques pitreries dont il a le secret. Bref, ces images-là je ne suis pas prêt de les oublier, ce concert non plus d’ailleurs, classé dans mon top 10 des plus beaux concerts de tous les temps. Un été en demi-teintes, avec quelques coups de blues et le privilège d’avoir traversé cet été au bras d’une diva. À la rentrée, je vous reparlerai en long et en large de mes aventures avec EOS 1D Mark IV, le boîtier haut de gamme signé Canon dont il y a tant à dire. Pour en avoir déjà un aperçu, il suffit de regarder les images produites aux Vieilles Charrues et à la Fête du Bruit. Avec Nikon aussi, il y a eu de bons moments, entre mes aventures sur le hub en temps que rédac’ chef invité et les photos (très chouettes) fournies par mes quatre photographes officiels des Vieilles Charrues équipés et soutenus par Nikon France, comme je l’ai été moi-même par Canon France. Mon petit doigt me dit que de belles surprises se profilent à l’horizon par les deux constructeurs, à un mois de la Photokina. De ça aussi, on va bientôt en reparler, plutôt deux fois qu’une. En attendant, les riffs de Matthew Bellamy et de Francis Rossi résonnent encore dans ma tête. Je savoure mes derniers instants d’été et quelques rayons de soleil, quand il y en a. Je vais faire quelques tirages papiers et nul doute que le cliché de Parfitt & Rossi rejoindra le mur de mon bureau. Entre Archie Shepp et Blonde Redhead. Cette photo, c’est comme un rêve de gosse, un clin d’oeil au passé. Take my hand, together we can rock’n roll.

• cliché inédit : Francis Rossi et Rick Parfitt (Status Quo, Fête du Bruit dans Landerneau 2010)

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No news, good news. Et sinon, toujours en Canon ?

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Dans la série pas de nouvelles, bonnes nouvelles, l’été s’étire. Lentement. Les salles de concert sont fermées, c’est relâche. Dans quelques jours à Landerneau, j’ai rendez-vous avec la Fête du Bruit et l’affiche est chouette : Placebo, Status Quo, Morcheeba feat. Skye Edwards, … Sans oublier BB Brunes, La Rue Két’ ou Batignolles (entre autres), toujours agréables à shooter. Et puis aller faire des photos avec la joyeuse prod de Régie Scène, c’est toujours un bonheur et en plus c’est à deux pas de Brest. Côté matos je continue de travailler alternativement avec EOS 1D Mark IV et EOS 7D, mais je ne vous cache pas que j’ai désormais une nette prédilection pour le 1D… J’en reparlerai à le rentrée, en septembre, après les vacances. Il y a tellement de choses à dire sur ce boîtier qu’il faudra au moins lui consacrer tout un article. Idem pour le 7D, beaucoup plus abouti qu’à première vue et qui embarque des fonctionnalités épatantes qui lui sont propres. Actuellement dans la gamme Canon, EOS 7D est LE boîtier que je conseille, mais attention, ce reflex est une diva, alors si vous comptez acheter un EOS 7D, veillez bien à ne monter que des optiques dignes de lui (comprendre série L exclusivement). J’évoquais le 1D avec un ami de chez Canon France et je comparais l’utilisation de ce reflex pro au fait de monter un pur sang à cru. Un faux mouvement, une erreur d’appréciation et tu es par terre. En revanche, une fois ce boîtier en mains, j’ai l’impression qu’il est prêt à me suivre au bout du monde, dans les conditions les plus extrêmes. Au chapitre conditions dantesques, pluies diluviennes, le concert de Muse aux Vieilles Charrues 2010 restera un point de référence. 1D Mark IV sous un déluge de flotte incessant, ronronnant du haut de ses 10 chevaux vapeur seconde, pendant que d’autres boîtiers, que je ne citerai pas (pour ne pas raviver de mauvais souvenirs et faire de la peine à certains de mes amis), rendaient l’âme, déclencheur down et optique embuée. Vous avez dit “tropicalisation” ? Sur tout ça et sur le reste on y reviendra. En ce moment, 1D Mark IV est à mes côtés, tout le temps, de jour comme de nuit. Je le pousse dans ses derniers retranchements, dans des conditions vraiment casse-gueules. J’adorerais prendre l’autofocus en défaut, histoire de me faire un trip à la Rob Galbraith et d’enfoncer le clou sur un AI servo défaillant. Mais non, je n’y arrive pas. Et le drame avec le Mark IV, c’est que si le premier shoot est d’enfer et que tu tapes au moteur à la cadence infernale de 10 fps, que tu gardes le bouton sur le déclencheur un peu trop longtemps, tu te retrouves comme un con avec 30 clichés d’enfer, presque identiques, mais pas tout à fait. J’ai vécu ça avec Mika. Bonjour l’ambiance au dérushage. Ouaip ! Cet EOS 1D Mark IV me donne le tournis, je vis avec lui des instants divins, proches du satori, un peu ce que j’avais vécu en d’autres temps avec EOS 3, en argentique. Mais au délà des superlatifs, du plaisir à shooter, il y a une notion essentielle que je ressens avec beaucoup d’acuité en utilisant Mark IV et ça tient en mot. Confiance. Avoir confiance dans son matos, pour un photographe, c’est essentiel. Et ça se traduit simplement. Je cadre, je shoote et je sais que c’est dans la boîte. C’est exactement ce que j’avais perdu avec l’épisode 5D Mark II, c’est précisément ce que j’ai retrouvé avec 1D Mark IV (et 7D). Voilà pour les news estivales. Sinon, pour répondre à la question “toujours en Canon ?” je crois qu’il suffit de regarder quelques clichés tapés au 1D Mark IV pendant les Vieilles Charrues. Comme toujours en photographie, la réponse est dans les images.

• cliché : Suzy Pipouille (EOS 1D Mark IV, EF 24-105 f4).

Festival les Vieilles Charrues 2010. Des moments de plaisir.

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Dimanche 18 juillet. Vision de ouf, ce type voguant sur le public dans son bateau pneumatique, façon Marcel et son orchestre. Je me dis que s’il s’approche trop du rivage, il va se fracasser la tronche sur le récif, comprendre sur les maousses de la sécurité qui le matent et l’attendent, l’air narquois, prêt à lui foncer dessus et à l’alpaguer comme un goëland sur une sardine. Le gars lui, ne se doute de rien, il est tout à son plaisir de naviguer sur une mer de mains. Voilà. C’est l’image que je garderai de cette dix neuvième édition des Vieilles Charrues, la septième à mon compteur. Comme chaque année, j’ai souffert, j’ai eu mal (aux pieds), j’ai fait des kilomètres de marche, j’ai shooté sans discontinuer, faisant ronronner EOS 1D Mark IV, en one shot comme en rafales monstrueuses à dix images seconde. J’ai vécu des moments inoubliables, en veste de haute mer sous des déluges de flotte, j’avais l’impression d’être dans la peau de Michel Desjoyaux, au milieu de l’atlantique à la barre d’un trimaran, prenant des paquets de flotte dans la gueule. Pendant le concert de Muse, je me suis fait lessiver comme rarement pendant un concert. Ça tanguait de tous les côtés, et comme disait Renaud, j’ai failli vomir mon quatre heures et mon midi aussi, mais on a tenu le coup, EOS et moi. Sur la fin du set, j’avais tellement de flotte entre le viseur et mon œil gauche que j’avais l’impression d’être photographe underwater, comme Jean-Philippe Grémillot, j’en regrettais presque de ne pas avoir pensé à lui emprunter son caisson Ikelite. Je voyais la flotte ruisseler de partout, sur le boîtier, sur le 70-200 et j’ai prié le ciel et tout ses Saints en pensant au gars qui avait conçu la tropicalisation du 1D Mark IV. Il n’a pas bougé d’un poil et tout le monde ne peut pas en dire autant, suivez mon regard. Putain de boîtier, putain d’optique. J’ai tapé trente huit concerts, sans ostracisme. J’ai pris un pied fou à faire de l’image sur des groupes complètement inconnus, aux Jeunes Charrues et je me suis parfois emmerdé comme un rat mort sur des groupes connus. J’ai sillonné la plaine, avec ma cowgirl, d’est en ouest, du nord au sud, l’occasion de croiser des têtes connues de mes amis, j’ai fait aussi quelques portraits de gens inconnus mais tellement attachants. Côté scène les chocs annoncés n’ont pas déçu. NTM, évidemment. La puissance, l’énergie et aussi une bonne dose de fraternité, de partage et pourtant Dieu seul sait à quel point je suis éloigné du rap, mais face à une référence pareille on ne peut que s’incliner. Airbourne dans un autre registre c’est idem. Une énorme patate sans prise de tête, le groupe envoit le bois sans trop se poser de questions. Et puis le chanteur frontman qui escalade la structure pour aller chanter sur le toit de Xavier Grall, c’était inédit. The Octopus, vainqueur des Jeunes Charrues. En fin de concert le batteur déménage ses fûts pour les loger en bord de scène, pour un final dantesque. Et puis au milieu de tout ce bordel, une pépite. Wovenhand (ex 16th Horsepower), un moment de pur bonheur, une voix grave, un instant de grâce. Gush ou Fanfarlo, tout en nuance, délicatesse du son folk rock, Féfé (ex Saïan supa Crew) en prince du beat qui a ouvert samedi et nous a mis le feu. Organisateurs de concerts qui me lisez, signez Féfé les yeux fermés, ce mec vaut vraiment le détour ! À ce propos, j’ai une pensée pour les programmateurs des Vieilles Charrues qui réussissent chaque année le pari d’une prog éclectique et variée, c’est aussi ça qui fait le charme de ce festival. What else ? Gaëtan Roussel, qui m’a bien scotché, c’est la deuxième fois cette année, la première c’était à Yakayalé. Ce mec groove comme personne et donne envie de sourire. Indochine, ah ! Indochine. On n’a pas échappé aux petites remarques de la presse, aux trucs habituels, aux petites phrases assassines du journaleux de base qui se prend pour un critique musical de NME avant qu’il ne s’en retourne à la rubrique faits divers, dont acte. Indochine ne pouvait pas décevoir et a servi un set puissant, Nicola Sirkis pouvant toujours compter sur ses deux frontmen in black que sont Oli de Sat et le tonique Boris Jardel. J’ai eu un frisson sur “le dernier jour” qui est mon titre préféré du dernier album et une pensée pour Stef. Indo aux Charrues, c’était un chouette cadeau. Pareil pour Pony pony run run ou Julian Casablancas, une pop joyeuse et enlevée, avec un petit rappel façon Strokes , évidemment. Au chapitre bien mais sans plus, il y a Phœnix qui a servi un set honorable sans pour autant m’allumer l’oreille, il y a M’sieur Souchon qui a fait un chouette set avec des chansons bien chantées et belles comme sur le disque. Et puis il y a eu -M- et le Matthieu que j’aime nous a fait le coup du revenez-y, avec ses mimiques décuplées à l’image de sa coiffure postiche et ses petits mots qui vont bien, sauf que cette fois, la mayonnaise n’a pas pris, pas de bol. Trop d’huile, pas assez de moutarde, des oeufs pas bien frais, bref, mon gars Matthieu ça l’a pas fait à mes oreilles gracieuses. Il est temps que tu tues -M- que tu t’en débarasses, que tu jettes le corps au fond d’un puit et que tu redeviennes Matthieu Chedid. Enfin au chapitre non, merci, sans façon et en vrac, Diam’s qui se noie dans les bons sentiments, la justification de ce qu’elle est ou aimerait être. Où est passée la performeuse qui avait enflammé la scène Xavier Grall il y a juste quatre ans ? Jamiroquai qui ne m’a rien fait, pas d’image, pas de son. Etienne de Crecy, de l’électro de mauvais aloi, fils naturel de Jean-Pierre Foucault qui lui a transmis le décor de l’académie des neuf, aussi imbittable pour le son que pour l’image. Tant qu’à m’éclater sur de de l’électro pop, je préfère une DJ Missil ou une Elisa Do Brasil qui ne craignent pas de se montrer, qui sont super jolies et qui bougent divinement. Enfin Sophie “eins, zwei, drei, vier” Hunger qui s’est littéralement noyée sur la scène Glenmor dans un set acoustique réaménagé en électrique, ach ! Mein Gott ! Ce fut un parcours du combattant, j’ai souffert pour elle tellement je l’ai vu ramer. Mais comme toujours dans les belles histoires, ma mémoire effacera les souvenirs moyens pour ne garder que la substantifique moëlle. Dieu m’est témoin que ce garçon n’est pas ma tasse de thé, mais bon sang, que le bonheur de Mika a évoluer sur la scène Glenmor faisait plaisir à voir. Pour un peu, j’en connais plus d’un qui aurait volontiers posé le reflex et la chemise pour rejoindre Mika sur l’allée centrale. Ce p’tit gars en a sous la semelle et Kerampuilh n’est pas prêt d’oublier sa prestation lumineuse. Et là vous me dites ? Comment s’est terminée l’aventure de notre marin sur sa mer de mains ? Après s’être dangereusement approché des grosses paluches de la sécurité, notre Kersauzon en herbe a bénéficié d’un recours en grâce, en étant refoulé par les gars de la sécu qui ne voyaient pas ce qu’ils allaient pouvoir en faire. Le navigateur a donc repris la mer sous le regard attendri et amusé des photographes et on n’a plus eu de nouvelles de lui. On espère le revoir l’année prochaine, en espérant qu’il croise à nouveau du côté de Kerouac. Même heure, même endroit. Et si tout va bien, j’y serai aussi…

• bientôt les concerts en ligne sur Cinquième nuit.

Vieilles Charrues 2010. Jeudi. Mais nom de Dieu, que la pluie cesse.

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Il n’est de pire scénario que celui qu’on a vécu hier soir, sur le coup de 23:00 à Glenmor, en attendant Muse. je vous décris la scène comme si vous y étiez. Devant, des roadies balayent la scène en espérant dégager l’eau qui sy accumule. Derrière le public. Dans les premiers rangs, les irréductibles sont heureux, quoiqu’il arrive. Plus on s’éloigne des premiers rangs, plus les visages sont défaits. En plus cette année, les parapluies sont interdits, pour les raisons de visibilité qu’on imagine. Au centre, dans la fosse, les photographes tirent la gueule, malgré une excellente bande-son. Bon, cela dit, les photographes tirent toujours la gueule dans la fosse, même quand il fait soleil et qu’on leur passe Tata Yoyo. Mais cette fois les photographes ont une bonne raison de faire grise mine, parce que de là-haut on nous balance des seaux de flotte par brassée, ça tombe, ça tombe et ça ne finira donc jamais. On est à Carhaix et malgré tout j’ai une pensée pour Brest et pour Miossec : “mais nom de Dieu ! Que la pluie cesse.” Ma prière ne sera pas entendue. Et puis Matthew Bellamy arrive enfin, mais même lui et Muse ne me feront pas oublier que je suis trempé comme une souche, malgré mon ciré de haute mer Jeantex que le monde entier m’envie, à commencer par Olivier de Kersauzon qui lui préfère Guy Cotten (c’était notre page de pub, merci à mes sponsors). Sans blague, je n’ai rien vu du concert, rien ou presque. J’ai shooté au jugé, bénissant le ciel et Canon France réunis de m’avoir fourni un ensemble EOS 1D Mark IV et un 70-200 parfaitement tropicalisés.

Tout avait plutôt bien commencé, pourtant. Un chouette concert de Revolver, d’abord. Quatre garçons dans le vent devant cinquante mille personne, j’imagine la pression pour ce combo sympa et attachant qui délivre des petites bluettes dynamiques. La dernière fois que je les ai vus, c’était au Run ar Puñs devant une salle bien pleine, déjà. Un choix judicieux que de dégainer avec Revolver (je marque une pause, je m’applaudis moi-même pour ce jeu de mots de bon aloi et je m’étonne que le Télégramme n’en n’ait pas fait autant puis je dis Kamoulox). Direction Kerouac pour un set rock avec The Raveonettes, déjà vu il y a une paire d’années à la Route du Rock. Sharin Foo, la blondinette danoise est toujours sexy mais peut-être un peu moins sauvage qu’en 2005, même si de vous à moi elle reste très pretty in black dans sa petite robe noire proprette. Sune Rose Wagner lui, n’a pas changé, look eighties avec son t-shirt de rebelle et ses Ray ban Wayfarer (I love rock’n roll). Allez, une petite pause et voilà Dutronc, Ray ban Aviator sur le nez. Marrant de voir le père de Thomas fouler la même scène que le fiston, non ? Allez, Dutronc, c’est toute un pan de ma jeunesse, surtout la période texte avec Jacques Lanzmann. Le reste, tout le reste, caca poum et autre merde in France, c’est pas ma came. D’ailleurs il y a quelque chose qui m’agace singulièrement chez Dutronc, cette espèce de désinvolture joviale, ce foutage de gueule permanent aurait tendance à m’escagasser la pompe à Coreff. N’empêche. En écrivant une mythologie du rock français, on ne peut pas zapper “la fille du père Noël” qui, pour toujours et à jamais, me fera éternellement penser à Marie-Noëlle H. de mon adolescence, ma blonde et jolie girlfriend dont j’étais fou amoureux. Deux ou trois kleenex plus tard, je suis sur Muse, et vous connaissez la suite. Défait, trempé jusqu’aux os, je jette l’éponge et le seau qui va avec et qui déborde, décidant sagement de zapper le dernier concert de la soirée. Il ne faudra donc pas compter sur moi pour ouvrir la cage à Mr Oizo (oui, j’ai fait une formation accélérée rapide de bons mots au Télégramme). En revenant sur Brest, entre Carhaix et Châteaulin, on prend encore quelques trombes de flotte dans la gueule, le patron là-haut semblant nous dire : “c’est pour moi, ça m’fait plaisir !

On approche de Brest et la pluie cesse, merci Miossec d’avoir prié avec moi. Avant d’aller rejoindre Morphée, nettoyage en règle du matos qui n’a pas souffert. Vendredi sera un autre jour, avec son lot de bonnes surprises et je l’espère une météo plus clémente. Le soleil devrait revenir franchement à partir de demain pour un week-end ensoleillé sur Carhaix les bains. C’est marrant, pendant que j’étais sous la flotte à attendre Muse, je repensais à cette chanson des années soixante dix : “Qu’elle est belle, ma Bretagne quand elle pleut…” Alors que je regardais ces visages, ces figures, dans le public, j’ai perçu ce qui fait la puissance de ce festival, ce qui le rend définitivement unique. Cette envie d’être là, ensemble, sur la plaine de Kerampuilh. Contre vents et marées…

• photo : une jolie petite squaw attendant sagement le set de Muse (EOS 1D Mark IV, 70-200 2,8L IS II, brut de capteur)

EOS 1D Mark IV et Canon 135mm f2. Rencontre avec une optique d’exception.

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Voilà un moment que ça dure, un moment qu’on m’en parle de ce caillou. Le premier photographe à avoir évoqué avec moi cette optique, c’est mon ami Gérald Géronimi, le photographe de mariage que le monde entier nous envie. Il me parlait de ce 135 mm f2 signé Canon avec la même émotion qu’un souvenir d’enfance, le même enthousiasme que lorsqu’il avait touché son premier matos photo. Et il n’est pas le seul à vanter les mérites de ce caillou un peu singulier. Tous les photographes de mes amis qui ont utilisé un jour ou l’autre un 135 f2 sont unanimes. “C’est un caillou d’exception, peut-être le meilleur de la gamme Canon.” affirme de son côté Jean Dupont, photo journaliste. Je le taquine. “Meilleur que le 70-200 2,8L IS ?” Et Jean de répondre “Sans problème. Cette optique, quand tu l’as utilisée une fois, c’est fini, tu ne peux plus t’en passer !” Eh ben mon cousin, rien que ça ! Il fallait que j’en aie le coeur net. Dans le cadre du soutien que Canon France m’apporte sur le festival des Vieilles Charrues, quand on a parlé optiques c’est donc tout naturellement que j’ai glissé le nom du 135mm f2, pour une utilisation bien précise, une galerie de portraits que je veux réaliser depuis des années. Et là mon interlocuteur chez Canon France m’a simplement répondu en souriant “Excellent choix.

Hier dimanche, j’ai donc embarqué dans mon sac EOS 1D Mark IV, un 70-200 2,8L IS série II et le fameux 135mm f2 et en avant Guingamp ! Direction Cast et son calvaire de granit. Plus apaisant q’un groupe de rock, même si je connais de nombreux groupes de rock qui sont de véritables calvaires… Première réaction, je cherche la bague de zoom pour modifier la focale, mauvaise idée. Après toutes ces années à utiliser des zooms, j’avais oublié que sur une focale fixe, c’est au photographe de bouger. Étrange sensation que de faire des clichés de ce genre, en plein jour, sans stress, sans pression. Pas grand chose à voir avec mon univers habituel, ici, avec cette configuration, il y a une forme de sérénité, de calme et puis il y a mon côté breton granitique qui me donne une certaine proximité avec les vieilles pierres. Du côté de l’EOS 1D Mark IV, je ne vais pas redire tout le bien que je pense de ce boîtier, de sa réactivité. L’expérience de prise de vue avec un Mark IV c’est comme piloter une grosse cylindrée ou monter un pur-sang. On sent qu’on peut s’enivrer, aller au bout du monde ou se péter la gueule au moindre faux pas. Du côté du 135mm, j’ai fait plusieurs clichés à pleine ouverture (f2) et d’autres clichés à f8, pour jouer avec les profondeurs de champ. Le résultat est somptueux, disons-le clairement. À pleine ouverture, la PDC est évidemment très réduite, le bokeh est d’une douceur à tomber (j’imagine ce que ça peut donner en portrait) et l’image donne une sensation de relief, de profondeur vraiment remarquable. Quand au piqué il est définitivement fascinant. EOS 1D Mark IV + 135mm f2 produisent des images RAW brutes de capteur d’une qualité rarement atteinte. Ça c’était pour la prise de vue lambda à 100iso. J’ai poussé un peu plus loin, vers Douarnenez pour faire une prise de vue en intérieur, dans une petite chapelle.
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Dans cette chapelle et dans la pénombre, je monte la molette à 800iso et toujours avec le 135 à f2 je fais quelques clichés des vitraux. Ici un cœur, là un Christ en croix. À l’extérieur, sur un calvaire, une sculpture du Christ mourant dans les bras de Marie-Madeleine. C’est en revenant le soir et en développant les RAW que j’ai vraiment pris toute la mesure de la pertinence du 135mm Canon. En regardant le cliché brut de fonderie du vitrail du Christ en croix, j’ai vraiment senti toute la démesure, la magnificence de cette optique et pas seulement. J’ai aussi été stupéfait de la capacité du Mark IV à restituer l’émotion, la réalité, la richesse des couleurs. N’en jetez plus ! C’est dit. Mes amis photographes avaient raison ! Le 135mm f2 est une optique d’exception à posséder absolument.

Vieilles Charrues 2010 J-7. L’indispensable checklist du photographe de concerts.

materiels-canon-vieilles-charrues-2010-herve-le-gallCharruesLand. J-7. Difficile pour moi de parler des Vieilles Charrues sans tomber dans l’excessif, l’enthousiasme débordant. Les Charrues c’est plus qu’un festival à mes yeux, ça dure quatre jours, quatre jours éreintants, épuisants et en même temps tellement enivrants, au sens figuré pour moi, au sens propre pour un certain nombre d’autres, mais bon c’est comme ça. On vient aux Charrues pour faire la fête, se lâcher, s’amuser, retrouver des amis qu’on n’a pas vus depuis l’an passé. Le festival des Vieilles Charrues, c’est beaucoup plus qu’un festival de musique. C’est un moment de retrouvailles entre potes, une immense kermesse ponctuée de toutes les musiques et ce jusqu’à pas d’heure. Pour un photographe, c’est la perspective de shooter pendant quatre jours, quasiment sans discontinuer, d’engranger une quarantaine de concerts sans compter les innombrables clichés d’ambiance glanés sur la légendaire plaine de Kerampuilh. Autant dire qu’il vaut mieux être prêt et bien dans ses pompes. Chaque année, une semaine avant le festival, j’ai un petit rituel qui consiste à faire ma checklist, une sorte d’inventaire à la Prévert des éléments indispensables. Cette année je me suis dit que ça pourrait être une bonne idée de partager ces petits trucs avec vous. Et puis, si vous fréquentez les fosses de concerts en festival, vous y trouverez peut-être quelques éléments indispensables à toujours avoir sur soi ou dans son sac…

Justement du sac, parlons-en. J’ai deux sacs de transport. Un sac Lowepro Slingshot 300 (2) qui me permet de transporter tout mon matériel proprement dit et un second sac LowePro Toploader (1) qui ne me quitte jamais et me permet de loger pile poil mon EOS en configuration 70-200. Côté matos, cette année, j’embarque deux boîtiers Canon. Un EOS 1D Mark IV (3) que j’ai découverts pendant le festival Yakayalé et son petit frère un EOS 7D (4). Deux boîtiers parfaitement complémentaires qui ont chacun des qualités que l’autre n’a pas. La différence de taille de capteur, APS-H coeff. 1,3 pour le 1D et APS-C coeff. 1,6 pour le 7D, permet d’avoir des points de vue différents avec la même optique. J’ai un flash Canon 580EX (5) qui ne me sert qu’en dehors de la scène (où, rappelons-le, son utilisation est strictement interdite), avec l’indispensable diffuseur Gary Fong (6). Du côté des optiques, j’ai un 70-200 2,8L IS Serie II (7) sur EOS 1D et un 70-200 2,8L IS (10) sur EOS 7D. Que dire de cette optique, sinon qu’elle est simplement la meilleure optique pro de sa catégorie ? J’embarque aussi un 135mm f2L (9) pour voir s’il est aussi bon que certains de mes amis photographes (comme Gérald Géronimi) le prétendent, ainsi qu’un 24-105 f4L (8) histoire de couvrir aussi les autres focales. Du côté du stockage, je viens d’acheter une carte 32Go Extreme III chez Digit Photo, pour compléter mon parc de cartes Sandisk (11). Je travaille en RAW exclusivement, à 20Mo à la louche le cliché, je ne vous fais pas un dessin. Mais quand on aime… En festival, je n’utilise pas d’autre cravate que la mienne (12) pour porter mes pass, elle est pratique car on peut déclipser le pass tout en gardant la cravate autour du cou. Quand je travaille, je déteste ce truc qui pendouille autour de mon cou, alors il finit le plus souvent dans ma poche. Dans les fosses ou ailleurs, la lumière d’appoint (13) est souvent indispensable, cette lumière frontale diffuse aussi une lumière rouge, plus discrète de nuit. Il arrive qu’il pleuve aux Charrues, j’ai toujours sur moi une housse jetable (14) pour protéger mon boîtier, même si EOS 1D est tropicalisé et même si EOS 7D est résistant à la pluie. Les bouchons d’oreilles (15) sont absolument indispensables, je les mets en concerts et dès que j’ai besoin de m’isoler. Idem pour les yeux : les lunettes de soleil (16) sont toujours à portée de main, modèle Ray Ban Wayfarer II en hommage à Jack et Elwood Blues. Pour pouvoir twitter en direct et garder le contact, j’ai mon inséparable iPhone 3G avec une batterie de secours qui ne me sert quasiment jamais mais bon, on n’est jamais trop prudent ! Une montre (18) Seiko (étanche à 200 mètres ce qui fait bien marrer mon pote Grémillot, le photographe underwater) pour être à l’heure aux concerts car le timing est toujours hyper serré, des lingettes de nettoyage d’optiques (19), une chiffonnette (20) parce que la plaine de Kerampuilh est poussiéreuse (et que je suis maniaque du boîtier propre), des pansements (21) parce qu’une coupure à un doigt c’est salement galère, du talc (22) et des chaussettes de trekking (23). Parce que, comme disait Lieutenant Dan à Forrest Gump, un trouffion qui veut rester en vie prend d’abord soin de ses pieds. Pour un photographe, c’est idem. Avant le départ, au début de la journée, on saupoudre généreusement le talc sur le pied, surtout entre les doigts de pieds ! On enfile les chaussettes de trekking (modèle Quechua à pas cher chez Décathlon) et les pompes, en général des Doc Martens. En cas de grosse chaleur, pieds nus, sandales Scholl et talc. Aux Charrues on est quasiment dix à douze heures debout d’affilée et ce sont les pieds qui trinquent. Parfois la douleur aux pieds peut être vive. Dans ce cas là, je fais un break, du lait délassant (24) pour les pieds de chez Cattier et ça repart ! Voilà. Je vous ai tout dit ou presque. Pendant les Charrues, je carbure à la flotte, on en trouve en palettes backstage et je mâche danois, Stimorol (27) exclusivement. Enfin, il y a deux trucs dont je ne me sépare jamais. Ja-mais. D’abord une pierre de pouce (26) quand je suis vraiment à cran ça me détend. Et puis un médiator (25), qui m’a été offert par un guitariste de mes amis après un concert mémorable, il y a quelques années. Un simple bout de plastique, un truc de rien mais qui symbolise à mes yeux tellement de choses. Le partage d’un souvenir, d’un concert, d’images gravées dans ma mémoire. Un histoire de potes qui se perdent de vue et qui se retrouvent chaque année, au même endroit, pour faire la fête. Les Vieilles Charrues, en somme…

• merci à toute l’équipe de Canon France pour leur soutien technique pendant cette édition des Vieilles Charrues.

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