Iggy and the Stooges. Un rider entré dans la légende.

iggy pop and the stooges un rider de légendeJ’ai eu un jour entre les mains le rider (la feuille de route) des Stooges et franchement ça vaut le détour. Rédigé par Jos Grain (qui bosse pour le groupe), le document décrivait les desideratas du groupe, en matière de technique et aussi les petites choses à faire et à éviter. Quand on connaît le niveau de professionnalisme d’un calibre comme Iggy Pop sur scène on comprend. Le document ouvrait sur cette phrase : “Nous avons besoin d’un ingénieur du son qui parle bien anglais et qui n’a pas peur de la mort.” Voilà pour l’ambiance. Iggy et les Stooges avaient des demandes bizarres, dont pour ma part j’ai longtemps cru que c’était de la légende avant de réaliser que non, c’était vrai. Comme la présence dans la loge d’une poubelle avec un brocolis ou un chou-fleur dedans. Voilà qui contribue un peu plus à la légende du rock’n roll. Et puis il y avait ce paragraphe entier dédié aux vidéastes et aux photographes et franchement, c’est tellement drôle, si bien écrit et si proche de la réalité que je ne résiste pas au plaisir de vous en servir une tranche, que je vais essayer de vous traduire dans la langue de Molière, du mieux que je peux.

“Ne vous méprenez pas. J’ai beaucoup de respect pour les gens de l’industrie des communications, en fait mes ancêtres ont un fort lien historique avec le service postal (…). Cependant, ces dernières années et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi sur ce point, il y a eu une explosion de, disons de personnes bénies du Bon Dieu avec une totale absence de talent, essayant à tout prix de se frayer un chemin à travers le public. Petit à petit on a constaté une augmentation massive de sociétés de production disposées à encourager les egos de ces malheureux et de leur accorder une attention. On est arrivé à un point où il y a des sociétés qui associent toute personne sur une scène à un crétin désespéré qui ne recherche que de l’attention et qui ne recherchent qu’à faire de l’image à tout prix. Les Stooges ne sont pas ces mecs-là ! Porter de l’attention aux médias, D’ACCORD ! Interférer avec le concert PAS D’ACCORD ! (…) Le fait est que, dès que vous mettez une caméra ou un appareil photo dans la tronche d’un artiste, vous changez complètement la nature de sa performance. Les Stooges essayent de donner la meilleure performance au public mais je pense qu’il n’y a rien de plus démoralisant que de voir un groupe sur scène entouré d’un cameraman et de ses assistants, comme une bande de hobbits armés de bazookas. (…) Ah oui ! Iggy adore casser les appareils photos. Est-ce que j’ai parlé de ça ? Alors vraiment, il est préférable de ne s’approcher trop de lui, surtout s’il te regarde d’une drôle de façon. S’il se dirige vers toi comme s’il s’apprêtait à saisir ton appareil photo, c’est probablement parce qu’il va le faire ! C’est comme un signe, un indice. Bien sûr, je suis sur place pour essayer de l’empêcher de détruire ton équipement. Malheureusement, il n’y a qu’une personne qui aime autant casser les caméras que Iggy et c’est moi. Merci de votre aimable attention. De toutes façons quoiqu’il arrive, vous ferez de l’image, croyez-moi.

Par ailleurs, je me demande si dans les médias on sait pourquoi certains cameraman pensent qu’il est innovant ou stimulant de bouger sans arrêt, de courir de gauche à droite, de faire des plans zoom avant zoom arrière dans une pathétique tentative de garder le tempo avec la musique ? Aucun de leurs collègues ne leur ont jamais dit qu’ils faisaient de la merde ? Est-ce que je suis le seul à vouloir les assommer à coups de trépieds ? Bordel de merde ! Quelqu’un doit avoir une explication ! Ça m’emmerdait déjà en 1980 et aujourd’hui c’est pareil. Si vraiment ils ne sont pas foutus de stabiliser leur appareil quelques secondes, il est peut être temps pour eux d’appeler les alcooliques anonymes… C’est juste une idée.”

Voilà. C’est tellement bon qu’on croirait lire un scénario des Monty Pythons. Ce texte me fait marrer mais au fond sa trame est tout ce qu’il y a de sérieux. Des mecs comme ça j’en ai vu des tonnes et malheureusement ça va crescendo, parce qu’aujourd’hui le moindre pékin qui a un reflex et un lightroom piraté sur Piratebay s’autoproclame photographe de concerts. Ça me saoûle, d’ailleurs c’est pas pour rien que j’ai déserté les pits et les salles de concerts, pour me consacrer à d’autres projets d’images. En attendant, le texte de Jos Grain me fait bien marrer. Et puis, il y a un point sur lequel il a raison. Avec des groupes du calibre de Iggy and the Stooges, il y aura toujours de la bonne image. Je confirme.

voir le site de Jos Grain

Nikon D3s. C’est pas parce qu’on n’a rien à dire…

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Dingue. Dix jours que j’ai pas écrit un mot. Dix jours que, finalement, je n’ai RIEN à dire. Je reçois des emails de protestation de lecteurs de Shots. Ben alors ? Depuis que tu as un D3s t’as plus rien à dire, Harvey ? Eh bien t’es pas tombé loin mon ami… Bon, bien sûr, je pourrais faire comme un paquet de blogueurs, avec la vieille recette du pompage de billets. Savez-vous que d’après machin, Canon s’apprêterait à sortir un boîtier de 42 millions de pixels avec génération automatique de flux vidéos en format RAW natif ? Si, si, c’est ma belle-sœur qui lit régulièrement un site de rumeurs qui me l’a dit. Non franchement, pomper du flux pour soigner mon ego et enrichir mon flux RSS ? Pas pour moi. De toutes façons, mon ego, aussi rikiki soit-il, se porte bien sans relayer toutes les conneries du net. De vous à moi, je lis très peu les blogs, surtout les blogs de photographes. Un photographe c’est là pour faire des photos, pas pour écrire du bla-bla, à quelques très rares exceptions prêts, suivez mon regard. À l’affirmation “j’aime beaucoup ce que vous faites, Monsieur Le Gall !” toujours éviter de répondre “oui j’aime aussi beaucoup ce que je fais” ça ne passe pas. Bon, où en étais-je ? Ah oui c’est ça. Vous avez raison, chers lecteurs et lectrices assidûs de Shots, ça fait une petite dizaine de jours que je n’ai pas écrit le moindre mot, enfin ici je veux dire. Ici, parce que ma vie ne se résume pas à Shots, quand même. J’ai aussi une vie en dehors de ce blog et même une vie sociale. Je ne suis pas un geek enfoui dans sa tanière devant son iMac à traquer la moindre émotion nouvelle et technologique. D’ailleurs entre nous, côté émotions et technologies photographiques, c’est plutôt demi-molle comme on dit du côté du Vauban, à Brest même. Beau temps, mer belle et calme, l’electro-encéphalogramme de l’actualité photographique est proche de zéro. On attendait un petit signe du côté de Canon ou de Nikon au CES et finalement rien, nibbe, niante. Donc on fera comme tous les ans, hein ? On attendra sagement la prochaine manif’ planétaire, je crois que c’est en février. Les sites de rumeurs feront du flux et seront relayés par des blogueurs qui n’ont toujours rien à dire. Et ne vous en faites pas. Si en février il n’y a rien, on vous donnera rendez-vous en juin puis en septembre à la Photokina. Vous voulez mon avis ? Pas vraiment sûr que quiconque annonce quoique ce soit avant l’été. Et je vais vous dire franchement. Personnellement, je m’en tamponne.

Dix jours et pas un mot. Je vous ai dit que j’ai acheté un Nikon D3s ? Oui, bien sûr que je vous l’ai dit. Je l’ai reçu il y a dix jours. Un D3s avec un 70-200 2,8 VRII et ce fameux Nikkor 24-120 f4. Et justement ce matin j’ai reçu mon flash SB 900. Bon, le flash pour un photographe de concert, c’est comme le parapluie au Sahara, pas vraiment le genre d’accessoire très utile et même carrément honni, interdit, dont l’utilisation est prohibée. Mais en dehors de la scène, pour “déboucher les ombres” comme disait je ne sais plus quel photographe qui avait sans doute envie de se la péter, en éclairage d’appoint, un flash c’est quand même drôlement utile. Je vais beaucoup bosser là-dessus, dans les mois qui viennent. La gestion de la lumière, ça me fascine. Les photographes de concerts et d’une manière générale de spectacles, de reportages, utilisent souvent la lumière qu’on leur sert, avec plus ou moins de bonheur. Avec le flash, un ou plusieurs asservis et déportés, il y a des zones d’ombres à explorer, si j’ose dire. Bref, dix jours avec D3s et je n’ai rien à dire. RIEN. Je suis apaisé, en fait. Ce boîtier, je l’ai en main, je le sens bien. Chaque fois que j’ai shooté avec D3s en concert (Eiffel en décembre 2009 puis -M- en concert privé en décembre dernier) je pensais à une scène de l’excellent dessin animé “Kuzco” de Disney, lorsque Isma la vilaine interpelle Kronk le serviteur un peu décoiffé du bulbe en lui disant : “Tu sens la puissance Kronk ?” Voilà ça fait ça, en fait, d’avoir un D3s en main. C’est sentir la puissance au bout de son bras. On oublie vite le seul défaut du D3s, son poids, surtout quand il héberge le fabuleux Nikkor 70-200. Ministère de l’homme. Vous en avez, nous aussi. Que dire de D3s ? J’entends par là, est-ce que je pourrais balancer une saleté sur ce boîtier reflex numérique ? Est-ce qu’à un moment donné je l’ai pris en défaut ? Je pourrais peut-être évoquer que 12mp c’est pas terrible par rapport à 16 (et encore moins par rapport à 21 ou à 24), qu’avec ça je peux pas faire un agrandissement au delà de 30 par 40 ? C’est une blague tout ça. À un moment donné, il faut savoir se taire, accepter les évidences. Ce boîtier est au dessus du lot. Je ne connais pas un photographe professionnel sérieux, je veux dire un photographe de terrain, qui prétendra le contraire.
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Non il n’y a rien à dire sur D3s ou plus précisément, il n’y a rien à redire sur ce boîtier. Comptez sur moi. Si je trouve le moindre truc qui m’agace, je ne serai pas le dernier à en parler, mais pour le moment, la vue est dégagée, comme le soleil qui darde sur Brest ces jours-ci. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, j’embarque mon boîtier avec moi, histoire de lui faire prendre l’air et découvrir la Bretagne (que les japonais adorent, par ailleurs). En concert, sa capacité (que j’ai largement évoquée ici-même) à accrocher le point dans des conditions de lumière désastreuses ne finit pas de m’étonner. C’est net même quand il n’y a pas de lumière. Bizarrement, j’évite de monter au delà de 6400iso, je ne sais pas pourquoi ou plutôt si, je sais. C’est une forme de pudeur en fait, comme si une petite voix me disait qu’à 12800iso l’aventure est trop facile. Bon, soyons honnête. À 6400iso, il y aura toujours plus de grain qu’à 1600, voire 800iso. Et là j’entends des voix interloquées “Quoi ? Il y a du grain à 6400iso sur un D3s ?” Il y a un léger grain, oui, mais vraiment léger, comparé au grain de malade sur certains autres boîtiers, pas la peine de vous faire un dessin. Bon, sinon le reste, tout le reste est du même calibre. Les optiques quant à elles sont solides, rien à dire sur le 70-200 f2,8 qui suit le boîtier dans toutes les conditions, une mention spéciale (je ne me lasse pas de le répéter) au 24-120 f4. Cette optique trans-standard est aussi lumineuse qu’un caillou qui ouvre à f2,8 grâce au traitement nanocristal appliqué à chaque lentille. Une optique légère, pas trop chère, une plage focale idéale grand angle, petit zoom. Seul léger travers constaté (ah ! Quand même !), un léger vignettage à 24mm et à pleine ouverture, même si pour ma part j’aime bien cet effet un peu vintage, old style sur des clichés en noir et blanc. Il faudra quand même que je teste le Nikkor 14-24 f2,8 un de ces jours, mais j’attends d’abord d’avoir vraiment fait le tour complet du propriétaire et rien qu’avec le D3s il y a de quoi explorer.

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule, disait ce cher Michel Audiard avec la pointe d’ironie qui caractérisait son style inimitable. Dix jours sans rien écrire sur Shots et pendant ce temps, j’ai fait mentir Audiard. J’ai shooté quelques sets, dont Nolwenn Korbell Trio au Vauban, qui m’a bien scotché. Des concerts magnifiques se profilent dans les semaines qui viennent. Je vais être de retour sur le terrain, des contrées sauvages et splendides comme le Cabaret Vauban ou le Run ar Puñs, où les lumières se captent avec parcimonie et délicatesse ou encore à la Carène et son plan de feux dantesque. Dans tous les cas je sens que mon nouvel ami va se sentir à l’aise et qu’ensemble nous allons aller chercher de l’image, tout au bout de la nuit.

• photos : Nolwenn Korbell, Jean-Christophe Boccou (Nolwenn Korbell Trio). Cabaret Vauban, Brest janvier 2011 (Nikon D3s + Nikkor 70-200 2,8 VRII, 6400iso f3,2 1/250e).

Vieilles Charrues et Fête du Bruit. Comme un rêve de gosse…

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Putain d’été, qui ne finit pas d’en finir. Grisaille et temps de merde entrecoupé d’éclaircies néanmoins somptueuses. Cette année j’ai respecté la feuille de route conseillée par mon doc qui prend soin de ma santé et préserve le kilométrage de mon moteur Ford Thunderbird millésime 1957, un petit bijou à ce qu’on dit mais nettement capricieux, avec le temps. Cet été, un festival. No more, no less. Exit mon cher Art Rock à Saint Brieuc, adios la Route du rock, bye bye le Bout du monde. Pour paraphraser Coluche, parfois la tête dit oui et le corps dit non. Enfin ! Cette saison 2010 a eu de beaux restes, mine de rien, avec une édition des Vieilles Charrues à classer au rayon Cru bourgeois, en attendant un vingtième anniversaire qui s’annonce comme un brillantissime Grand Cru Classé. Je garderai pour toujours et à jamais dans ma mémoire visuelle le concert de Muse à Glenmor, la nouvelle structure de scène avec cette avancée qui permet aux musiciens qui le souhaitent de venir au contact du public et aux photographes d’évoluer librement. Certains sont restés en retrait, bien à l’abri sur leur scène, d’autres sont venus au combat et ont largement profité de l’aubaine. Je pense à NTM, des furieux avec une bonne dose d’humanisme, une touche de fraternité entre eux qui fait plaisir à voir, je pense à -M- qui s’est offert une course folle à travers le public histoire d’aller taper un solo au centre du monde, à Jamiroquai, à Mika… Et puis à Matthew Bellamy, somptueusement classieux dans son joli K-way transparent très mode, seyant à merveille avec les pluies, comment dire ? Diluviennes, dantesques, des pluies telles que Forrest Gump a dû en rencontrer lors de son périple dans les rizières du Viet “fucking” Nam. C’est ça. Glenmor, ce jeudi 15 juillet 2010 à 23 heures et des brouettes, c’était le Vietnam mais sans les balles traçantes. En attendant Muse, j’ai observé les photographes avec un soupçon de compassion, trempés comme des souches, protégeant comme ils le pouvaient leur boîtier. Sous ma veste de mer Jeantex, EOS 1D Mark IV piaffait d’impatience d’aller au contact et je dois à la vérité de dire que sur ce coup-là, le boîtier pro de Canon m’aura vraiment épaté, engrangeant les clichés RAW avec une régularité métronomique, littéralement aussi trempé que si je l’avais amené avec moi sous la douche. Je confirme. EOS 1D Mark IV est parfaitement tropicalisé et on ne peut pas en dire autant de tout le monde. Après le concert, c’était le mur des lamentations et la valse des sèche-cheveux. De mon côté, un kleenex aura suffi pour assécher la bête et j’ai eu une pensée émue pour le mec, chez Canon, qui a pondu la tropicalisation de ce boîtier ! Le lendemain, la plaine de Kerampuilh avait retrouvé son ciel azuréen et le festival nous a offert trois jours de concerts dont quelques pièces d’anthologie.

Le temps de dérusher les quelques quatre milles clichés réalisés à Carhaix, j’étais prêt pour mon second rendez-vous de l’été, à deux pas de chez moi cette fois, pour la Fête du bruit dans Landerneau, l’occasion encore une fois de retrouver des potes et de taper pendant deux jours une grosse douzaine de concerts dans une ambiance festive, quasi intimiste. Accueillir plus de vingt cinq mille festivaliers sur la plaine de la Petite Palud, en plein coeur de Landerneau, le pari était vraiment gonflé. Réunir des pointures comme Placebo, Morcheeba, Steel Pulse, la Rue Kétanou avec un dose de jeune scène (BB brunes, Zaz, …) mâtiné d’électro bon teint (Wax Tailor, 2 many DJ’s), c’était bien vu. Et puis, évidemment, la grosse cerise sur le gâteau, c’était la venue de Status Quo et ses deux inoxydables et inusables frontmen, Rick Parfitt et Francis Rossi. Car la divine surprise de cette Fête du bruit, c’était bien eux. Ah ! Depuis le temps que j’attendais le moment de taper les deux anciens sur scène, il fallait bien que ça finisse par arriver un jour. Je savais exactement le cliché que je voulais, Parfitt et Rossi, guitares parallèles et riffs de bon aloi, scandant les paroles de “Caroline” ou de “Softer ride”. I ain’t gonna work I ain’t gonna work no more. Francis Rossi avait repéré en un coup d’oeil ma tronche visiblement réjouie dans le pit et m’a offert quelques pitreries dont il a le secret. Bref, ces images-là je ne suis pas prêt de les oublier, ce concert non plus d’ailleurs, classé dans mon top 10 des plus beaux concerts de tous les temps. Un été en demi-teintes, avec quelques coups de blues et le privilège d’avoir traversé cet été au bras d’une diva. À la rentrée, je vous reparlerai en long et en large de mes aventures avec EOS 1D Mark IV, le boîtier haut de gamme signé Canon dont il y a tant à dire. Pour en avoir déjà un aperçu, il suffit de regarder les images produites aux Vieilles Charrues et à la Fête du Bruit. Avec Nikon aussi, il y a eu de bons moments, entre mes aventures sur le hub en temps que rédac’ chef invité et les photos (très chouettes) fournies par mes quatre photographes officiels des Vieilles Charrues équipés et soutenus par Nikon France, comme je l’ai été moi-même par Canon France. Mon petit doigt me dit que de belles surprises se profilent à l’horizon par les deux constructeurs, à un mois de la Photokina. De ça aussi, on va bientôt en reparler, plutôt deux fois qu’une. En attendant, les riffs de Matthew Bellamy et de Francis Rossi résonnent encore dans ma tête. Je savoure mes derniers instants d’été et quelques rayons de soleil, quand il y en a. Je vais faire quelques tirages papiers et nul doute que le cliché de Parfitt & Rossi rejoindra le mur de mon bureau. Entre Archie Shepp et Blonde Redhead. Cette photo, c’est comme un rêve de gosse, un clin d’oeil au passé. Take my hand, together we can rock’n roll.

• cliché inédit : Francis Rossi et Rick Parfitt (Status Quo, Fête du Bruit dans Landerneau 2010)

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Festival les Vieilles Charrues 2010. Des moments de plaisir.

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Dimanche 18 juillet. Vision de ouf, ce type voguant sur le public dans son bateau pneumatique, façon Marcel et son orchestre. Je me dis que s’il s’approche trop du rivage, il va se fracasser la tronche sur le récif, comprendre sur les maousses de la sécurité qui le matent et l’attendent, l’air narquois, prêt à lui foncer dessus et à l’alpaguer comme un goëland sur une sardine. Le gars lui, ne se doute de rien, il est tout à son plaisir de naviguer sur une mer de mains. Voilà. C’est l’image que je garderai de cette dix neuvième édition des Vieilles Charrues, la septième à mon compteur. Comme chaque année, j’ai souffert, j’ai eu mal (aux pieds), j’ai fait des kilomètres de marche, j’ai shooté sans discontinuer, faisant ronronner EOS 1D Mark IV, en one shot comme en rafales monstrueuses à dix images seconde. J’ai vécu des moments inoubliables, en veste de haute mer sous des déluges de flotte, j’avais l’impression d’être dans la peau de Michel Desjoyaux, au milieu de l’atlantique à la barre d’un trimaran, prenant des paquets de flotte dans la gueule. Pendant le concert de Muse, je me suis fait lessiver comme rarement pendant un concert. Ça tanguait de tous les côtés, et comme disait Renaud, j’ai failli vomir mon quatre heures et mon midi aussi, mais on a tenu le coup, EOS et moi. Sur la fin du set, j’avais tellement de flotte entre le viseur et mon œil gauche que j’avais l’impression d’être photographe underwater, comme Jean-Philippe Grémillot, j’en regrettais presque de ne pas avoir pensé à lui emprunter son caisson Ikelite. Je voyais la flotte ruisseler de partout, sur le boîtier, sur le 70-200 et j’ai prié le ciel et tout ses Saints en pensant au gars qui avait conçu la tropicalisation du 1D Mark IV. Il n’a pas bougé d’un poil et tout le monde ne peut pas en dire autant, suivez mon regard. Putain de boîtier, putain d’optique. J’ai tapé trente huit concerts, sans ostracisme. J’ai pris un pied fou à faire de l’image sur des groupes complètement inconnus, aux Jeunes Charrues et je me suis parfois emmerdé comme un rat mort sur des groupes connus. J’ai sillonné la plaine, avec ma cowgirl, d’est en ouest, du nord au sud, l’occasion de croiser des têtes connues de mes amis, j’ai fait aussi quelques portraits de gens inconnus mais tellement attachants. Côté scène les chocs annoncés n’ont pas déçu. NTM, évidemment. La puissance, l’énergie et aussi une bonne dose de fraternité, de partage et pourtant Dieu seul sait à quel point je suis éloigné du rap, mais face à une référence pareille on ne peut que s’incliner. Airbourne dans un autre registre c’est idem. Une énorme patate sans prise de tête, le groupe envoit le bois sans trop se poser de questions. Et puis le chanteur frontman qui escalade la structure pour aller chanter sur le toit de Xavier Grall, c’était inédit. The Octopus, vainqueur des Jeunes Charrues. En fin de concert le batteur déménage ses fûts pour les loger en bord de scène, pour un final dantesque. Et puis au milieu de tout ce bordel, une pépite. Wovenhand (ex 16th Horsepower), un moment de pur bonheur, une voix grave, un instant de grâce. Gush ou Fanfarlo, tout en nuance, délicatesse du son folk rock, Féfé (ex Saïan supa Crew) en prince du beat qui a ouvert samedi et nous a mis le feu. Organisateurs de concerts qui me lisez, signez Féfé les yeux fermés, ce mec vaut vraiment le détour ! À ce propos, j’ai une pensée pour les programmateurs des Vieilles Charrues qui réussissent chaque année le pari d’une prog éclectique et variée, c’est aussi ça qui fait le charme de ce festival. What else ? Gaëtan Roussel, qui m’a bien scotché, c’est la deuxième fois cette année, la première c’était à Yakayalé. Ce mec groove comme personne et donne envie de sourire. Indochine, ah ! Indochine. On n’a pas échappé aux petites remarques de la presse, aux trucs habituels, aux petites phrases assassines du journaleux de base qui se prend pour un critique musical de NME avant qu’il ne s’en retourne à la rubrique faits divers, dont acte. Indochine ne pouvait pas décevoir et a servi un set puissant, Nicola Sirkis pouvant toujours compter sur ses deux frontmen in black que sont Oli de Sat et le tonique Boris Jardel. J’ai eu un frisson sur “le dernier jour” qui est mon titre préféré du dernier album et une pensée pour Stef. Indo aux Charrues, c’était un chouette cadeau. Pareil pour Pony pony run run ou Julian Casablancas, une pop joyeuse et enlevée, avec un petit rappel façon Strokes , évidemment. Au chapitre bien mais sans plus, il y a Phœnix qui a servi un set honorable sans pour autant m’allumer l’oreille, il y a M’sieur Souchon qui a fait un chouette set avec des chansons bien chantées et belles comme sur le disque. Et puis il y a eu -M- et le Matthieu que j’aime nous a fait le coup du revenez-y, avec ses mimiques décuplées à l’image de sa coiffure postiche et ses petits mots qui vont bien, sauf que cette fois, la mayonnaise n’a pas pris, pas de bol. Trop d’huile, pas assez de moutarde, des oeufs pas bien frais, bref, mon gars Matthieu ça l’a pas fait à mes oreilles gracieuses. Il est temps que tu tues -M- que tu t’en débarasses, que tu jettes le corps au fond d’un puit et que tu redeviennes Matthieu Chedid. Enfin au chapitre non, merci, sans façon et en vrac, Diam’s qui se noie dans les bons sentiments, la justification de ce qu’elle est ou aimerait être. Où est passée la performeuse qui avait enflammé la scène Xavier Grall il y a juste quatre ans ? Jamiroquai qui ne m’a rien fait, pas d’image, pas de son. Etienne de Crecy, de l’électro de mauvais aloi, fils naturel de Jean-Pierre Foucault qui lui a transmis le décor de l’académie des neuf, aussi imbittable pour le son que pour l’image. Tant qu’à m’éclater sur de de l’électro pop, je préfère une DJ Missil ou une Elisa Do Brasil qui ne craignent pas de se montrer, qui sont super jolies et qui bougent divinement. Enfin Sophie “eins, zwei, drei, vier” Hunger qui s’est littéralement noyée sur la scène Glenmor dans un set acoustique réaménagé en électrique, ach ! Mein Gott ! Ce fut un parcours du combattant, j’ai souffert pour elle tellement je l’ai vu ramer. Mais comme toujours dans les belles histoires, ma mémoire effacera les souvenirs moyens pour ne garder que la substantifique moëlle. Dieu m’est témoin que ce garçon n’est pas ma tasse de thé, mais bon sang, que le bonheur de Mika a évoluer sur la scène Glenmor faisait plaisir à voir. Pour un peu, j’en connais plus d’un qui aurait volontiers posé le reflex et la chemise pour rejoindre Mika sur l’allée centrale. Ce p’tit gars en a sous la semelle et Kerampuilh n’est pas prêt d’oublier sa prestation lumineuse. Et là vous me dites ? Comment s’est terminée l’aventure de notre marin sur sa mer de mains ? Après s’être dangereusement approché des grosses paluches de la sécurité, notre Kersauzon en herbe a bénéficié d’un recours en grâce, en étant refoulé par les gars de la sécu qui ne voyaient pas ce qu’ils allaient pouvoir en faire. Le navigateur a donc repris la mer sous le regard attendri et amusé des photographes et on n’a plus eu de nouvelles de lui. On espère le revoir l’année prochaine, en espérant qu’il croise à nouveau du côté de Kerouac. Même heure, même endroit. Et si tout va bien, j’y serai aussi…

• bientôt les concerts en ligne sur Cinquième nuit.

Je ne serai jamais ami avec Arnaud Fleurent-Didier.

arnaud-fleurent-didier-la-carene-brest-2010Je ne serai jamais ami avec Arnaud Fleurent-Didier. C’est comme ça. Comme disait une artiste que j’ai photographiée et avec qui je ne serai jamais ami non plus, il y a des gens, tu les croises dans la rue, tu sais tout de suite que tu pourrais devenir leur ami, juste comme ça au feeling. Et vice versa. Pour Fleurent-Didier, c’est vice versa et c’est comme ça. On ne se sera jamais potes. On ne boira jamais de limonade ensemble au bar du Vauban en refaisant le monde, en se racontant des souvenirs d’anciens combattants, en devisant sur la couleur du ciel ou l’humeur du jour. On ne parlera pas de littérature, on n’évoquera jamais notre passion commune pour le cinéma de François Truffaut, surtout la période les deux anglaises. On ne parlera pas de sexe, encore moins de cul, il ne saura jamais que j’ai fantasmé au moins autant que son père sur Sylvia Kristel. On ne parlera pas de musique, je ne lui dirai jamais que je n’ai jamais osé dire à Miossec à quel point j’aimais l’album à prendre au moins autant que boire. Je ne lui dirai aucun de mes secrets, je ne lui parlerai pas de Vincent Delerm, je ne lui dirai pas pourquoi j’ai tant aimé écouter les cachets de Florent Marchet après son concert à la Carène. Il ne saura pas que je n’avais pas projeté de le photographier, que j’ai décidé in extremis de venir, juste pour suivre un instinct, une envie irrépressible. Je ne saurai jamais ce que signifiait son regard, était-ce une pause ? Était-ce un cadeau ? Un regard offert, façon Christophe Miossec, ou bien une façon élégante de me dire tiens, prends ça et maintenant va-t-en… Certes non, je ne serai jamais ami avec Fleurent-Didier, encore moins avec ses musiciens que je n’ai pas vus et pourtant il y avait deux filles, plutôt jolies mais non, je ne voyais que ce garçon bien sous tout rapport, fils de bonne famille, propre sur lui, racontant sagement sa vie, déroulant le film de sa vie avec autant d’aisance que de désinvolture, une pointe de cynisme salement efficace, des textes coupés au cordeau. Ce regard froid posant des mots avec une candeur glaciale. “La seule fille baisable du feu M’accorde un petit regard Un petit regard c’est bien peu Puis ça veut rien dire Un petit regard ça fait plaisir Ne sois pas trop exigeant.Arnaud Fleurent-Didier est tout ce que je déteste, un écorché vif, un talent à fleur de peau, une désinvolture qu’on n’espère qu’apparente. De temps à autre, il lâche un sourire, histoire de rattraper le coup. On voudrait s’enfuir, quitter l’endroit, prendre ses jambes à son cou, aller se perdre au fond d’un verre de rhum, sur le port, avec des marins et des femmes infidèles. Et puis non, un truc fait que je reste, quasi immobile, devant la petite scène de la Carène, côté jardin. Je shoote Fleurent-Didier, imperturbable, en me disant qu’après tout, j’en ai vu d’autres, des comme lui, qui se la jouaient artiste détaché, hein ? Comme lui ? Non, justement. Arnaud Fleurent-Didier n’est pas les autres. C’est un index unique, une pépite, une rareté. Un mec à part, complexe, étrange, inabordable. Un mec avec qui je ne serai jamais ami parce qu’on n’aurait rien à se dire, à vrai dire. On aurait juste, tout au plus, quelques regards à échanger. Et finalement, ça suffirait à mon bonheur. Car la vie, au fond, m’aura au moins appris une chose. Ne pas être trop exigeant.

voir les photos du set de Arnaud Fleurent-Didier à la Carène (Brest)

Cinq bonnes raisons d’acheter un reflex numérique Canon EOS 7D.

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Chaque jour qui passe me rapprochait un peu plus de ma décision d’acheter, finalement, un EOS 7D. De vous à moi, cela faisait très longtemps que je n’avais pas ressenti avec un boîtier Canon le feeling que j’ai pu avoir avec ce 7D. D’ailleurs il n’est pas de hasard si j’ai comparé l’obturateur de ce reflex avec celui de mon F1n. À dire vrai, je n’ai pas réalisé tout de suite que c’était surtout ce feeling, cette bonne sensation qu’on ressent quand on a un bon boîtier en main. Le dénominateur commun entre mon mythique F1n et ce tout nouveau numérique tient en un mot. Le plaisir. Lorsque Canon a introduit EOS 7D sur le marché, la marque rouge a positionné ce boîtier sur le segment des photographes amateurs experts et je ne suis pas sûr que ce choix était complètement judicieux. Cet EOS est un boîtier exigeant qui conviendra d’abord aux photographes. Les réactions vis à vis de ce nouveau reflex seront soit très positives, voire enthousiastes (suivez mon regard), soit réservées, voire négatives. C’est normal. EOS 7D est un boîtier qui se ressent, qui se dompte, qui s’apprivoise. Il faut faire de EOS 7D son boîtier, le prolongement de vos émotions. Alors, quand c’est fait, quand la symbiose se réalise, que vous découvrez vos images comme j’ai pu le faire moi-même au mois de mai, vous êtes saisi par ce flashback que vous prenez en pleine gueule. Les images sont là, traduites par DPP, brutes de capteur et vous sentez qu’il n’y a rien à faire. Tenter d’ajouter, de soustraire, de modifier et c’est l’essence même de l’image, sa pertinence qui en serait affectée. Aujourd’hui, je suis convaincu que EOS 7D est avec EOS 1D Mark IV le meilleur choix de la gamme reflex de Canon. En attendant un EOS 5D Mark III, qui devrait hériter des nombreuses avancées notamment en matière d’autofocus, voici au moins cinq bonnes raisons d’acheter un EOS 7D.

1- Parce que les fonctionnalités de EOS 7D sont proches du 1D Mark IV.
Pour avoir testé le grand frère dans tous les sens, je dois avouer que j’ai été surpris, lors de mes premiers tests avec le 7D et plutôt agréablement surpris. Pour tout dire, j’avais l’impression d’avoir en mains un petit 1D Mark IV. Et naturellement, le mot petit n’a rien de péjoratif, bien au contraire. 1D Mark IV est une remarquable machine, robuste, bien pensée, bien construite, tropicalisée. Bref, un engin polyvalent, juste un tantinet lourd. Alors évidemment, l’appréhension du 7D donne cette sensation de voyager léger. La taille, le poids, la nature du capteur (APS-H 1,3 sur 1D Mark IV versus APS-C 1,6 sur 7D), la tropicalisation, une capacité de paramétrages étendus sur le 1D. À y regarder des près, 7D embarque des fonctionnalités identiques et permet aussi un paramètrage assez fin du boîtier. Mine de rien il est costaud le petit, embarquant un double Digic IV qui étale le traitement sur 14 bits, capable d’encaisser 8 images par seconde au format RAW, excusez du peu. Le viseur 100% est un vrai plus, pour la précision du cadrage. Et l’autofocus 19 points est aussi paramétrable que précis. Signalons aussi l’accès aux paramètres sur l’écran 3 pouces qui n’est pas sans rappeler (encore) 1D Mark IV. Les adeptes de la vidéo trouveront aussi leur compte avec la capacité d’enregistrer des vidéos en mode full HD.

2- Parce que EOS 7D est léger, performant et polyvalent. Mais exigeant.
C’est toujours agréable de partir en emportant avec soi un matériel léger, dont on sait qu’il en a sous le pied. J’ai le sentiment qu’avec EOS 7D Canon réussit le pari de proposer un boîtier polyvalent, capable de s’adapter plus ou moins à toutes les conditions de terrain, pour peu qu’on le maîtrise bien. C’est cela que 7D me semble être : un excellent choix pour le photographe professionnel, soit en boîtier backup de 1D Mark IV soit lorsqu’il y a nécessité d’embarquer léger. L’exigence est au rendez-vous, mais il faut nécessairement apprendre à maîtriser ce boîtier et faire d’un 7D son 7D. Il peut avoir un comportement erratique en basses lumières et ce n’est pas un foudre de guerre en hauts iso. On peut cependant tabler sur un 3200iso clean, je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais eu besoin de monter au-delà, même si le boîtier propose un mode H à 12800iso. On ne retrouve pas les travers de 5D Mark II : pas de surex, pas d’autofocus qui pédale. Quand 7D accroche le focus et que le point d’équilibre est correct, il est capable de cracher de l’image d’un niveau de qualité assourdissant.

3- Parce que ce reflex a une signature.
La formule n’est pas de moi, mais je l’utilise tant elle me semble juste et convenir parfaitement à EOS 7D. “Ce reflex a une signature qui lui est propre.” Au cours d’une discussion avec un membre du staff de Canon France, mon interlocuteur a lâché cette phrase qui raisonne encore dans ma mémoire. C’est définitivement vrai et juste. Je parlais de qualité assourdissante. Lorsque j’ai développé (via DPP) les fichier RAW du concert de Fleurent-Didier, mon oeil a été attiré par un grain particulier, notamment visible dans les portraits en scène que j’affectionne. Il s’agit bien de grain, j’insiste sur ce point, de grain et pas de bruit. J’ignore à quoi est dûe cette particularité, cette signature. Peut-être à la nature même du capteur, à sa taille, alors que Canon réussit l’exploit insensé de faire tenir 18mp dans un capteur de taille réduite. Quoiqu’il en soit, 7D a une capacité à sublimer l’image, en restituant les couleurs, l’ambiance, ce truc impalpable et tout cela brut de capteur. Je pense au cliché de Tazartès étirant son accordéon, à Mareva Galanter qui effleure sa bouche d’un revers de main, à Arnaud Fleurent-Didier tête sur le côté. L’image peut être à la fois veloutée et sexy, d’une netteté comme je l’aime. Quant au piqué, c’est celui, imparable et incomparable de l’excellent 70-200 2,8L IS, qui se marie au 7D à la perfection.

4- Parce que Canon offre les meilleures optiques du marché.
Je sais bien. Affirmer que Canon produit les meilleures optiques du marché, c’est presque une évidence. Canon produit une gamme d’optiques plus complète que son concurrent direct, Nikon. Plus de choix, une qualité premium sur la gamme L et un coût nettement moins élevé. Si vous interrogez des photographes qui ont eu la tentation de switcher de Canon vers Nikon, que vous leur demandez pourquoi ils ont renoncé, l’argument numéro un est très souvent le parc d’optiques. Qui dit bon boîtier dit bonnes optiques. Sur EOS 7D, le conseil judicieux est de monter de l’optique de qualité et chez Canon c’est la gamme L et rien d’autre.

5- Parce que le cashback de Canon vous fait économiser 100€.
Sur la base du prix public de Digit Photo, ça nous met le boîtier à 1000€ HT et honnêtement voilà un prix très accessible pour un reflex de cette qualité. Alors ? Vous êtes photographe pro, équipé en Canon et vous cherchez un boîtier backup ? EOS 7D est un excellent complément à votre EOS 1D. Vous êtes photographe amateur, passionné par la belle image et vous cherchez à remplacer un 30D ou un 40D un peu au bout du rouleau ? Pas d’hésitation, pour vous EOS 7D est le choix naturel : ergonomie connue, préservation de vos optiques et une qualité de construction optimisée, en particulier au niveau de l’étanchéité. Et puis ce truc indéfinissable qui n’appartient qu’à Canon dans la fidélité de la restitution des couleurs.

cliché : Anli Pollicino au Cabaret Vauban mai 2010 (EOS 7D – 70-200 2,8L IS – 1600iso)

Nouvelle vague au Vauban. Let’s dance on Joy Division (again).

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Back to Vauban. So happy. Après une (trop) longue absence, je suis de retour chez moi. Le sourire de Charles (mon ami, mon frère) qui m’accueille, des têtes familières qui renvoient un clin d’oeil, c’est trop cool de revenir à la maison après un break aussi long. Je retrouve les têtes blondes de Sonics, les kids n’ont pas pris une ride, Gildas et Matt gardent un enthousiasme intact, une même jubilation, une candeur qui font que leurs concerts ont une sonic’s touch que les autres n’ont pas, une ambiance faite de décontraction et de joyeuse déconne débridée. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, c’est la délicieuse Lætitia Shériff qui ouvre le bal, toute seule en scène, comme une grande. C’est bluesy mais jamais triste, c’est une voix tendre avec une pointe de désespoir contenu, ça me touche plus que je ne saurais le dire. Le demoiselle, qui a jeté un pont entre Lille et Rennes, prépare son troisième album que j’attends avec impatience. Chaque fois que je l’ai vue sur scène, seule et parfois même accompagnée (de Piers Faccini), j’ai à chaque fois ressenti le même frisson. “J’ai encore combien de temps ?” glisse Lætitia en fin de concert en se tournant vers le backstage. “Dix minutes ! Un quart d’heure ! Le temps que tu veux !” s’exclame Gildas, hilare. Un ou deux titres et Lætitia tire sa révérence. C’était chouette. Nouvelle vague revient sur la scène écarlate du Vauban, trois ans après une prestation qui m’avait secoué et décollé la pulpe du haut comme rarement. Ce soir-là j’avais mis dans la boîte quelques clichés du combo, dont quelques images affolantes et sexy de Mademoiselle, la grande Mademoiselle, Mélanie Pain et je n’en dirais pas plus car gentleman on est, gentleman on demeure. Je sais que Mélanie n’est plus là, qu’elle a été remplacée, mais ainsi va Nouvelle vague, une formule qui revisite des standards de la new wave façon bossa nova, d’où le nom. Improbable de reprendre “God save the queen, a fascist regim” en minaudant en acoustique. Si ce genre d’exercice vous fait bondir, c’est que vous n’avez pas pigé le concept. Retournez à la case départ des eighties, foutez-vous un casque sur la tête et allez vous morfondre sur les standards de la cold wave en pleurant la mort de Ian Curtis. Pour ma part (je veux dire old fuckin’ bastard des seventies élevé en son temps au pétard et à la Picon Pelforth), la cold wave m’a toujours laissé de marbre, alors je veux bien danser sur Joy Division comme le clament les Wombats. Mais revenons à nos brebis. Pheobe Killdeer est toujours là, fidèle au poste, avec une voix, un regard et un look toujours en décalage total avec la réalité et une petite brune avec une robe de princesse (ou de fée je ne sais pas trop) qui tourne le dos au public pendant le premier titre. Et puis, avant d’enquiller la suite, la miss (lol) se retourne et dévoile son joli petit minois. Mareva Galanter a donc pris la place de Mélanie Pain et rien que pour ça, on l’applaudit. Parce que c’est salement gonflé, de prendre la place de quelqu’un d’aussi talentueux, mais encore une fois, c’est la régle. Les filles passent, Nouvelle Vague demeure. Mareva minaude un peu mais Dieu me tripotte ! Qu’est-ce qu’elle bouge bien… Et pas que, elle chante bien aussi, voix juste, bien place, et je repense à Frandol “elle ira loin la petite nouvelle…Shake and moove. Mareva apporte une touche exotique et sexy, une moiteur des îles, mais sans le yukulélé. Tout le répertoire eighties y passe, avec des reprises aussi insupportables à mes oreilles gracieuses que les Dead Kennedys et bizarrement, traité façon bossa, ça en devient presque charmant. Même Joy division, qui distilla en son temps des textes et des mélodies d’une noirceur à se pendre (…), est repris avec un soupçon de mélancolie joyeuse par un Nouvelle Vague flamboyant et un public extatique. “Love, love will tear us apart, again.” Eh ouais, comme disait ce cher François Truffette, l’amour fait mal. Certes. Mais il disait aussi que les femmes sont magiques. Et ce soir, au Vauban, un soupçon d’ultra féminité mêlée à la candeur rock’n roll m’a envahi, laissant la nouvelle vague me submerger. De plaisir. En quittant le Vauban, dans la nuit brestoise, le titre des Wombats raisonne encore dans ma tête. “Let’s dance on Joy division and celebrate the irony, everything is going wrong, but we’re so happy. Yeah we’re so happy !

So happy.

voir les clichés de Nouvelle vague sur Cinquième nuit
voir les clichés de Nouvelle vague feat. Mareva Galanter sur Cinquième nuit

Tests Shots nouveau boîtier Canon EOS 1D Mark IV. Phase 1 : la photo de concerts.

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On a beaucoup écrit, beaucoup parlé sur Canon EOS 1D Mark IV. Pour ma part, après avoir testé Nikon D3s en décembre dernier (avec le soutien de Nikon France), j’avais décidé d’un blackout total sur le sujet EOS, tant que je n’avais pas moi-même testé le nouveau haut de gamme de la marque rouge. Il faut dire que l’épisode 5D Mark II m’avait sensiblement refroidi et je ne fais pas seulement référence aux problèmes récurrents rencontrés sur mon boîtier. S’exprimer publiquement sur le sujet, c’est s’exposer à la vindicte d’une caste de tiffosis de la marque rouge, avec des réactions pour le moins virulentes, c’est rien de le dire. Qu’importe. Il en faut plus pour m’atteindre et accessoirement pour entamer la confiance que j’ai en Canon, depuis un bail. Profitant de la disponibilité d’un boîtier sur une période de festivals, j’ai donc pu tester le nouvel EOS 1D avec mes conditions de prise de vue. Canon France m’a confié un EOS 1D Mark IV ainsi que le nouveau 70-200 2,8L IS II et un 24-105 f4. Avant la prise de vue proprement dite, je me suis offert un après-midi de prise en main, à tête reposée, une période que j’ai consacrée à la découverte du boîtier, lecture intégrale du manuel en sus, ce qui n’est pas un luxe. Les fonctions personnalisées de ce boîtier permettent au photographe le plus exigeant de pousser sa personnalisation dans ses réglages les plus fins. Une fois que j’avais fait le tour d’EOS, il ne restait plus qu’à le voir évoluer sur le terrain.

• Modalités du banc d’essai
Les tests se sont déroulés sur quinze jours, en plusieurs phases. J’ai souhaité confronter EOS 1D Mark IV à des conditions de prises de vue réelles et je pense que c’est ce qui a motivé Canon France en me confiant ce matériel. J’ai d’abord utilisé 1D Mark IV en photographie de concert : en festival d’abord, puis dans une grande salle dôtée de plans de feux puissants (la Carène), enfin dans deux salles de petite jauge (le Vauban et le Run ar Puñs). Ensuite j’ai souhaité tester le mode AI servo, histoire de faire le point (si j’ose dire) sur la capacité de l’autofocus du 1D à assurer le suivi et à produire des images nettes. J’ai également fait quelques portraits en extérieur, ainsi qu’une session de karting et de football américain, pour le côté sportif. Enfin, j’ai réalisé le test du pot de fleur (gestion des hauts ISO) dans des conditions de prises de vue identiques à celle du Nikon D3s, histoire de comparer les deux. Je vais vous parler de tout ça, dans les jours qui viennent, de mon ressenti sur le nouveau haut de gamme signé Canon. Et on commence tout de suite par mon domaine de prédilection, la photo de concert.

• Prise en main de l’EOS 1D Mark IV
iggy-pop-yakayale-2010-eos-1D-mark-IVVendredi 9 avril 2010, festival Yakayalé, premier jour. J’ai rendez-vous avec Eiffel, Iggy and the Stooges, Gaëtan Roussel, No one is innocent. Un plateau garni avec tout ce qu’il faut pour bien bosser. Dans la fosse, un rapide coup d’oeil. Côté matos, sur la dizaine de photographes présents, on est deux photographes équipés en Canon, tous les autres sont en jaune. Petit moment de solitude, mais au fond sans grande importance. En ouverture c’est Mike Guerrand qui s’y colle. Les lights sont un peu molles, le sujet est fixe, guitare acoustique. Mais ça ne va pas durer. Gaëtan Roussel (ex Louise Attaque) prend la suite. Pas de folie côté réglages. Mode manuel, one shot, collimateur central avec option gauche/droite en mode paysage, haut/droit en mode portrait. Si le collimateur central n’accroche pas le focus, 1D Mark IV utilise un automatiquement un autre spot dans les environs proches. Premier constat, l’autofocus accroche bien, il est très rapide pour ne pas dire instantané. De ce côté-là, les efforts de Canon semblent payants. J’utilise assez peu la prise de vues en rafale, d’autant que sur EOS 1D Mark IV la rafale ça balance 10 images par seconde. J’ai paramétré le boîtier à 4 fps pour le mode L et 7fps pour le mode H, ce qui évite un engloutissement d’images, d’autant que le déclencheur est très sensible (mais je pense que ce très léger défaut vient de ce boîtier qui a peut-être été testé par un utilisateur quelque peu bourrin). J’utilise une carte Sandisk Extreme III 16Go qui étale bien et j’ai shooté en Raw sur l’ensemble de la session. À propos de format de carte, 1D Mark IV propose deux slots, une carte CF et une carte SD, je préfère nettement l’option choisie par Nikon sur le D3s avec deux formats de cartes identiques (CF). Du côté de la prise en main et du ressenti, rien que du très bon. Je me suis senti immédiatement à l’aise, il ne m’a guère fallu plus de quelques dizaines de clichés pour me sentir bien, serein. EOS 1D Mark IV est merveilleusement ergonomique, le viseur est clair, les commandes sont très intuitives et encore une fois paramétrables à l’envi. L’affectation de la touche Set aux changements d’iso permet d’évoluer rapido en sensibilité sans quitter l’oeil du viseur et puisque j’en suis à parler d’iso, je ne suis pas monté au delà de 3200iso pendant ce festival.

• Côté lumière, EOS 1D Mark IV est (très) exigeant
Pendant la prise de vue en concert, j’évite généralement la visualisation sur l’écran 3 pouces. Il n’y a rien de moins casse-gueule que d’imaginer qu’un shoot est dans la boîte parce que sa preview est flatteuse. En revanche avec un peu d’habitude, on voit tout de suite si ça tape ou pas. Avec le Mark IV, dans des conditions d’éclairage difficiles, des zones d’ombres, le boîtier exige de la lumière. À pleine ouverture, à une vitesse inférieure à 1/200ème, l’image a tendance à se ramollir, le focus à devenir hésitant sans que ce soit systématique. En revanche, dès que l’éclairage se stabilise sans être trop erratique, dès lors qu’on peut monter un peu en vitesse et réduire la toile autour de f4, alors là mes aïeux ! EOS 1D Mark IV est capable de flamboyance, surtout s’il est bien accompagné. Ça tombe bien, pour cette session, Canon France m’a proposé d’embarquer le nouveau 70-200 2,8L IS II. À ce propos, je me demandais comment Canon pouvait améliorer la perfection d’un caillou aussi merveilleusement polyvalent que le 70-200 2,8L IS. Je confirme. Ils l’ont fait. De cette osmose lumières, diaph, vitesse, le tandem 1D Mark IV + 70-200 série II est capable de produire une image piquée, avec un contraste et une netteté au rendez-vous. D’ailleurs les tests que j’ai pu réaliser en extérieur et en lumière du jour sont sans appel. En mode portrait comme en mode reportage la qualité EOS 1D Mark IV est bien au rendez-vous, avec une image piquée, détaillée, contrastée. J’imagine qu’en studio et en éclairage contrôlé, cet EOS 1D devrait également donner d’excellents résultats.

• La part d’ombre du Mark IV
Venons-en maintenant aux sujets qui fâchent, à commencer par la gestion des hautes sensibilités. Soyons clairs (si j’ose dire). Sur 1D Mark IV, le grain est un poil visible dès 3200iso. L’ayant constaté sur mon premier shooting (Coeur de Pirate), j’ai soigneusement éviter de pousser la molette au delà de 3200. De ce point de vue, la déception est à la hauteur de l’attente, d’autant qu’en face, chez Nikon, le D3s est capable de produire une image exempte de grain jusqu’à 12800iso. Dans mes tests du D3s, en décembre dernier, j’avais réalisé un cliché de nuit, à 25600iso avec un niveau de grain très acceptable. On se demande pourquoi Canon a intégré une plage qui va de 50 à plus de 100Kiso, quand on constate qu’à partir de 3200 on est déjà le nez dedans ! Côté hauts iso, donc, rien à attendre de magique sur Mark IV. Au Run ar Puñs, en conditions de lumière difficiles, j’ai tapé à 10000iso, histoire de voir. Le grain est nettement perceptible, même si l’image demeure acceptable. Sur le point de la présence de grain, certains avancent l’argument qu’on ne peut pas comparer les images produites par le capteur APS-H 16mp de 1D Mark IV d’un côté et par le capteur fullframe12mp de Nikon D3s de l’autre, un argument valide. Puisqu’on en est à parler taille de capteur, dans certains cadrages j’ai regretté l’absence du plein format et dans d’autres je me suis réjoui d’un coeff 1,3. Sur ce point précis, le choix de l’APS-H par Canon n’est pas du tout handicapant. En revanche, dans les zones d’ombre ou en conditions de lumière difficiles, on peut siffler la fin de la récré. L’AF devient hésitant, les images sont molles, manquent de netteté, de contraste. Là où on peut monter en iso sur un D3s (jusqu’à 12800 à l’aise), on est quasiment cantoné à 6400iso sur 1D Mark IV. C’est là, dans des conditions de lumière difficiles, que le boîtier de Canon révèle quelques faiblesses.

• 1D Mark IV, j’ai aimé
D’abord j’aime la “Canon touch“, ce truc indéfinissable qui fait que vous savez immédiatement que vous avez affaire à un capteur signé Canon. Une certaine chaleur de l’image, un rendu des couleurs qui peut s’avérer littéralement somptueux. Ensuite les fonctions personnalisées, très étendues, qui permettent au photographe le plus méticuleux de paramétrer “son” Mark IV avec une précision diabolique. L’autofocus étale bien, surtout en conditions de lumières stables. Le mode silencieux, pratique pour shooter discrètement. Ce boîtier (nécessairement équipé d’optiques à la hauteur, comprendre gamme L exclusivement) ravira les photographes de studio autant que les photographes de reportage, de mariage et les photographes sportifs (à venir un test photos de sport sur Shots). J’aime aussi beaucoup le capteur 16mp, une taille idéale, qui permettra de cropper sans trop de casse et capable de générer, lorsque les conditions sont réunies, des images d’un piqué, d’une netteté et d’un contraste véritablement enthousiasmantes !

• 1D Mark IV, j’ai moins aimé
La gestion des hautes sensibilités où Canon met à côté, avec du grain dès 3200iso. La perdition dans les zones d’ombres. Dès lors que les lumières deviennent un peu délicates, le fonctionnement de 1D Mark IV devient erratique : perte du focus, images molles. À grande ouverture (f2,8) et à faible vitesse (1/100ème et en dessous) 1D Mark IV met à côté quasi systématiquement. J’attendais un viseur 100% et un capteur fullframe sur un boîtier de ce calibre (et de ce prix), même si le ressenti du capteur APS-H est quasiment identique à un capteur FF.

• Prochaine étape, le test photo de sport : mode AI servo et suivi autofocus.

• cliché : Pony pony run run au festival Yakayalé (EOS 1D Mark IV + Canon EF 70-200 2,8L IS II. 3200iso, 70mm 1/400e f/2,8). Iggy Pop (EOS 1D Mark IV + Canon EF 70-200 2,8L IS II. 1600iso, 85mm 1/200e f/2,8).

Atlantique jazz festival 2009. Archie Shepp le magnifique, au Quartz.

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Il n’a pas changé, depuis octobre 2004, quand je l’avais photographié au Vauban. Ce soir, sur la grande scène du Quartz, il a la même allure bonhomme, la démarche chaloupée, le pas prudent. On dirait qu’Archie Shepp s’économise, qu’il savoure la vie, qu’il mesure chaque note qui s’évapore de son sax ou de sa clarinette. Ils sont nombreux autour de lui pour cette Phat Jam, mélange de jazz et de slam, rien que du beau linge, dont Napoléon Maddox à la beat box ou Ronnie Lynn Patterson au Fender Rhodes. Gros son, donc, rythmé derrière les fûts par le classieux Hamid Drake croisé la veille au Vauban pour un set miraculeux. Ouaip ! Ils sont nombreux sur scène, mais moi je ne vois que lui, Archie le magnifique, point d’orgue de l’Atlantique Jazz Festival dont la bannière orne la façade du mythique Hôtel Vauban entièrement rénové, juste en face du Quartz. Un concert unique, suave et velouté, entre longues tirades au sax et chant entre root et blues, que dire d’autre que magique ? Le temps ne semble pas avoir de prise sur Archie Shepp. Et encore moins sur son pur talent.

• cliché inédit : Archie Shepp au Quartz, scène nationale de Brest
voir les clichés du concert sur Cinquième nuit

Mais nom de Dieu, que la pluie cesse. Miossec à Brest, comme un fil invisible.

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Vague lueur, bouche pâteuse, je m’étire sous la couette sans aucune envie de la quitter. Dehors, extérieur nuit, il pleut et ça ne rigole pas. En même temps on est à Brest, il faut bien consolider la légende, Barbara. Voilà. Le premier truc qui me vient à l’esprit ce matin au réveil, c’est Barbara et la litanie de la pluie sur Brest ce jour-là et immédiatement après, comme un inventaire de circonstance signé Prévert, je me dis que ce soir j’ai rendez-vous avec Miossec à la Carène. Oui, à la Carène, pas au Vauban, mais pour une Carène remplie il faut deux Vauban et justement ça tombe bien parce que ce soir la Carène affiche complet. Que les amoureux du Vauban se rassurent, on verra sûrement l’équipe du Mio en after du côté du Boulevard Clemenceau. Bon, un concert de Miossec, c’est toujours un petit plaisir, un truc indéfinissable, comme un rendez-vous, une petite pierre sur le chemin, je ne sais pas trop mais en tout cas une chose est sûre. Pour moi, un concert de Miossec est à nul autre pareil et je se sais pas comment l’expliquer. Voilà un artiste que j’ai shooté sous toutes les coutures depuis plus de cinq ans et à la question “Putain ! T’en as pas marre de photographier Miossec ?” la réponse est non ! J’ai l’impression d’accompagner le parcours d’un artiste pour lequel j’ai un attachement sincère, de le suivre à la trace, de capturer des instants de sa vie (et accessoirement de la mienne), de les figer, pour qu’un jour on s’en souvienne. Et le plus savoureux, au fond, c’est que tout cela est fait avec son consentement, comme un accord tacite, comme un fil invisible. Il n’y a pas d’affectif, tout au plus une complicité discrète, un vague acquiescement, une entente cordiale et ça me convient. Et puis, il y a l’artiste, le vrai putain d’artiste qu’il est, la voix, les textes, les notes et sur scène ce feeling à fleur de peau qui me bouleverse. Ce soir Miossec is back in town et la Carène est sold out. Ce soir, j’ai rendez-vous avec Miossec. Le ciel peut bien attendre.

voir les photos de Miossec à la Carène

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