Mansfield Tya. Dans les bras de Nyx, déesse de la nuit.

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Je suis sorti secoué, lessivé, éreinté, essoré, subjugué du set de Mansfield Tya. Depuis, j’essaie (vainement) de reprendre mes esprits, en écoutant notamment NYX, le nouvel opus des deux damoiselles du duo nantais. Un signe qui ne trompe point. Bon, déjà il y a quelques mois, j’avais eu l’occasion d’approcher l’univers musical de ce groupe totalement atypique, d’effleurer la beauté, la douceur vénéneuse et la violence de leurs compositions. J’avais écrit un billet pour le site du Vauban sur la venue du groupe en octobre à l’invitation des filles de CoNNe AcTioN et là j’avais pris, coup sur coup, deux titres en pleine gueule. Animal, d’abord, une composition étrange, un univers étrangement fascinant, mélange de voix baroques et de pizzicatos violonesques assumés avec une assurance parfaitement maîtrisée et là je m’étais dit, en me parlant à moi-même, mais putain, what the fuck, on ne m’avait donc rien dit ? Et puis par dessus, il y avait eu un autre titre qui a tourné en boucle, à la fois sur le site du Vauban et dans ma tête pendant des mois et il ne fut pas rare que l’envie me prenne de fredonner “il n’y a pas d’étoiles sur le plafond…” régulièrement dans la journée, ce qui agaçait considérablement mon entourage. Bref. J’étais accro. Mansfield Tya était entré dans ma tête, par la grande porte, sans effraction, avec douceur et volupté, instillé dans mes veines comme un divin poison. Comme j’aime, en somme.

Et puis il y a eu le set du Vauban. Sur scène, deux synthés, une batterie et deux filles, Julia et Carla. L’une vocalise pendant que l’autre s’applique, désinvolte mais consciencieuse sur son violon et là, dès la première note, Ô mes petits frères et sœurs ! Un frisson qui m’envahit le cortex, me secoue la carlingue de haut en bas, quelque chose d’indéfinissable, de doux et en même temps de violent, comme une passion, un feu, une petite mort, un ange exterminateur. Mansfield Tya c’est une tornade, un truc qui te prend, te soulève et qui ne te lâche plus. Ça passe ou ça casse. Soit on aime, radicalement, soit on déteste définitivement, mais avec elles, pas de juste milieu, pas de peut-être, de oui pourquoi pas ? Ça n’évoque rien, c’est à la fois de la pop, mâtinée de son baroque qu’on croirait tout droit venu de temps lointains, à voir ces deux filles faire tout avec brio on pense au son rock minimaliste des White stripes et puis non, ça repart un peu plus loin, je ferme les yeux et la complainte des voix me rappelle la douceur des filles du trio Au revoir Simone, mais pas pour très longtemps parce que Julia est déjà à la batterie et cogne sur ses fûts comme une furie, mais toujours avec élégance. Totalement désinvolte, cette Julia, c’est marrant elle me rappelle vaguement quelqu’un, croisé aux Vieilles Charrues, dans un univers parallèle, sans doute. Mansfield Tya me tient et ne me lâchera plus. Une petite heure à peine et l’oiseau s’est (déjà) envolé. C’est d’ailleurs le seul (petit) reproche qu’on pourra faire au duo, on ressort un peu frustré tellement c’était bien, tellement c’était bon, tellement qu’on a envie d’en reprendre encore un peu, comme quand on a envie de lécher le fond de la casserole avec ses doigts, avec gourmandise, mais non, enough is too much, c’est fini et putain ! C’était vraiment bon…

Finalement on ne pouvait imaginer meilleure ouverture que Mansfield Tya pour cette première édition d’Astropolis collection Hiver. J’ai rencontré Julia, après le set, elle et son regard bleu azur. Je lui ai dit que j’avais cru croiser son chemin par le passé et elle m’a regardé en souriant avant d’ajouter : “Ah ! Je vois que vous avez rencontré ma sœur…” Je n’ai pas insisté et puis j’ai balancé un hasardeux “j’aime beaucoup ce que vous faites” avant d’essayer de ma rattraper maladroitement sur un truc aussi convenu (en deux mots). Julia, aussi lumineuse à la ville qu’à la scène, pas la peine d’en rajouter. Putain de concert. Mansfield Tya est entré dans mon Panthéon musical, en douceur, avec l’élégance définitive qui est la marque de fabrique de ce duo intemporel. Entre Miossec et Bashung, entre Gainsbourg et Daho, Florent Marchet et François Audrain, Romain Humeau et Eiffel, entre Mozart et Au revoir Simone, il y a désormais Mansfield Tya, regard bleuté, mélange sublime de voix et délicieuses bidouilles sonores qui m’emportent ailleurs, loin d’ici, dans les bras de Nyx, déesse de la nuit…

voir le site internet de Mansfield Tya

voir l’article et des vidéos sur le site du Cabaret Vauban

Bonne année 2012 !

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(cliquez sur le visuel pour voir la carte de voeux 2012 en entier)

Yelle ou l’histoire de la petite grenouille verte devenue Princesse.

yelle-vieilles-charrues-scene-graal-par-herve-le-gall-shotsIl était une fois un photographe de concerts qui traînait ses guêtres dans tous les festivals du Royaume. Ce photographe qui était un bon gars, quoiqu’un peu bougon, avait pour passion de capturer des images dans une boîte magique que seuls quelques initiés comme lui étaient vraiment capables de maîtriser non mais sans blague ! Ainsi donc cette année-là (lalala lalala), alors qu’il s’en allait sur les verts chemins des contrées du nord, il croisa la route d’une petite grenouille verte bien jolie malgré son statut de grenouille. “Croâ !” fit la grenouille ! Ôte toi de mon chemin, maudite bestiole, ou j’assaisonne tes cuisses que tu as fort jolies au demeurant d’ail, de boursin prêt à cuire et de fines herbes lui lança le photographe, plus chonchon que jamais. “Mais ! Je ne suis pas celle que tu croâ !” répliqua la reinette en sautillant sur le bras du massif central, je suis une princesse ! “C’est cela oui !” répliqua le photographe goguenard avant d’ajouter “et moi je suis le Prince Philippe et si ça continue tu vas me demander mon 06. Allez ! Ouste ! J’ai à faire ! Je vais à Artrock et je suis en retard !”. La petite grenouille expliqua alors qu’elle aussi se rendait au pays d’Artrock et que le voyage serait moins long si elle pouvait embarquer, et qu’elle serait discrète, ce qui fut fait mais à condition qu’elle se taise.

Ainsi donc l’équipage arriva en vue d’Artrock, le photographe laissant là la petite grenouille vaquer à ses occupations tandis que lui s’en allait capturer l’image des étoiles. Puis, un soir venu, le photographe croisa une frêle jeune fille qui s’agitait en tout sens sur une scène, arborant un collier en plastique multicolore du plus mauvais goût tout en scandant des mots mis bout à bout qui n’avaient ni queue, ni tête en tout cas pour lui. Mais, laissant son instinct le guider, ce qui lui avait bien réussi par le passé, il décida finalement de capturer quelques images, même si ces gesticulations en rythme n’étaient pas sa tasse de thé. Il avait seulement retenu un prénom, aussi étrange que le regard chestnut de la demoiselle. Yelle. “Elle ira loin, cette petite !” avait prédit un condé de la programmation, ce qui avait fait bien rire le photographe qui s’en était retourné en se frottant le ventre qu’il avait par ailleurs fort dodu, à l’époque.

Le temps passa et le photographe prit quelques années, perdit quelques kilos, cheveux et certitudes. Il arpentait moins les concerts mais avait rempli sa besace de milliers d’images, de petits princes en herbe, de princesses et de rois déchus. Ah ! Ça, il avait bourlingué, traînant ses boîtes magiques du nord au sud et d’est en ouest. Il repensait parfois à la petite grenouille, se demandant dans l’assiette de quel prince elle avait pu connaître un funeste destin. Et c’est ainsi que ce soir-là il se retrouva à CharruesLand, petit royaume magique de Kerampuilh qui chaque année depuis des temps immémoriaux célébrait le culte de la terre, du sillon, de la musique, des patates au lard et de la bière Coreff en vente partout, surtout au bar numéro 4. Ce soir-là donc, l’homme qui avait pris un raccourci pour aller de Glenmor à Gwernig se retrouva par hasard sur le chemin de Grall, rien avoir avec le Saint mais plutôt du nom du barde breton. Alors qu’il s’approchait de la scène, il lui sembla reconnaître une silhouette, là, sur la scène, devant un auditoire consumé et plein à rabord. D’abord il y avait cette figure, longiligne et magnifique, drapée d’une tunique aux fils cousus d’or, de rubis et d’émeraudes, la tête encapuchonnée, baissée, comme un boxeur prêt au combat. Welcome to fight club. Et puis vinrent la musique, les sons, une mise en lumière parfaite, un show énergique, vibrillonant, étincelant, une voix posée, parfaitement rythmée, un gros son, vous savez ? De celui qui donne envie de taper du pied pour mieux entrer dans le rythme, se laisser envahir par le rythm of the beat comme disait ce cher Peter, prince de la Genèse et de Bath réunis. Diantre, mais qui était donc cette princesse de l’électro que le monde entier, semble-t-il, nous envie ? C’est lorsque la capuche tomba que la vérité apparut. Lorsque le regard de la demoiselle croisa les collimateurs de la boîte magique du photographe, bouche bée. Il lui sembla qu’elle lui parlait. La petite grenouille était devenue princesse par sa seule grâce, par sa maîtrise des images et des sons. On était à mille lieues de l’esquisse. Le photographe était ému. Il écrasa une petite larme sur son gros cœur de vieux con et s’en repartit vers d’autres aventures. En quittant la scène, la princesse lui fit un petit signe de la main dont il eut la faiblesse de croire qu’il lui était adressé. Sur la route de Gwernig, alors qu’il repartait vers sa cinquième nuit, son fidèle compagnon D3s en mains, le photographe croisa une petite grenouille des champs qui lui dit : “Croâ tu en moi ?”

photo : Yelle. Festival des Vieilles Charrues, scène Xavier Graal (crédit photo : Hervé LE GALL)

voir le site web de Yelle.

Vieilles Charrues 2011. Quand on aime, on a toujours vingt ans.

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Entre ce festival et moi, comme dirait Miossec, notre histoire ne date pas d’hier. C’est toujours pareil, chaque année. Un mois avant, je commence à traîner des pieds, une semaine avant je me dis que je suis trop fatigué, trop vieux, que le matériel est désormais trop lourd. L’avant veille je suis prêt à rendre les armes, à laisser ma place. La veille, je ne veux plus qu’on me parle des Vieilles Charrues. Je veux plaquer, partir reporter de guerre en première ligne en Afghanistan ou n’importe où sur la planète mais en tout cas loin de Carhaix. Et puis le jeudi matin j’entends la voix douce et sexy de Kerampuilh qui me susurre à l’oreille : “bon alors ? On se voit cet après-midi hein ?” Et me voilà à CharruesLand, pour la énième fois, mon pass Accès scène autour du cou, fier comme un p’tit banc, comme un écolier qui rentre au CP. Je foule la prairie, je me charge d’émotions, je regarde les gens, putain ! C’est ce lieu qui est magique ou bien les festivaliers, les bénévoles, l’organisation ? C’est un mix de tout ça, c’est ça les Vieilles Charrues. Je regarde le ciel. Il fait beau, mais c’est presque accessoire, finalement. J’entame ma longue marche, backstage, qui va me mener pendant quatre jours de scène en scène. De Glenmor à Kerouac, jusqu’à Graal et le Cabaret breton désormais appelé Gwernig. Je commence avec Mademoiselle Ruiz et ses crêpes aux champignons. Olivia ne change pas, la tigresse ibérique n’a rien perdu de son mordant et de son regard infiniment sexy. Trois titres. Je redescends le chemin quatre à quatre pour aller dérusher et donner des images pour la webcover. C’est la première année où j’accepte de bosser comme ça, à contre-cœur d’ailleurs. cette façon de travailler dans l’urgence ne me convient pas, elle ne correspond pas à ma façon d’être, encore moins à ma culture. Je reste un photographe old style, école argentique où l’on a besoin de laisser du temps au temps. D’ailleurs, dès le surlendemain le Macbook Pro restera à la maison.

Les Charrues, c’est d’abord des rencontres, et moi, photographe, je suis là pour prendre des instants, pour qu’on jour on puisse se souvenir des belles choses. Et des belles choses, gast ! J’en ai vécues. Plein. D’abord sur scène, avec quelques concerts d’artistes vibrillonants, au premier rang desquels, cette année, Asaf Avidan and the Mojos, LE concert de cette édition 2011. Après les trois premiers titres, je fonce backstage, instinctivement, parce que j’en veux encore, j’en veux plus, je ne veux pas me contenter de l’image lambda, non, non. Il y a autre chose à faire avec un mec comme ça. Je me retrouve donc backstage, médusé. Une voix me dit à l’oreille : “Je suis sûr que ça te plait, hein ?” Je me retourne. Jean-Jacques Toux, le programmateur des Charrues me sourit. On évoque cette pépite, véritable OVNI de la prog 2011. Et puis j’attends. Asaf Avidan tend son micro au public, une main sur l’oreille. Pas d’hésitation, j’engrange l’image dans mon Nikon D3s. Voilà c’est fait, j’ai mon image. Les anges volent au dessus de ma tête et l’un d’entre eux me conseille de rester, parce que l’histoire n’est pas encore complètement écrite. Fin du set. Asaf tombe genoux à terre et rend les armes et tout le reste devant le public magnifique de Kerampuilh, extatique. Un ange me dit “C’est maintenant“. C’est dans le collimateur, l’index droit que Cartier-Bresson qualifiait de masturbateur titille l’obturateur jusqu’à l’orgasme visuel. Allez, ça c’est fait. Un rapide coup d’œil, dans ce plaisir solitaire, j’étais vraiment seul, tout seul. Cet image n’existera donc que par la grâce de l’ange qui m’a guidé jusqu’au backstage de Glenmor. Idem pour Siam. Je suis arrivé à Gwernig essoufflé, le temps d’embrasser mon pote Charles du Cabaret Vauban. Sur la scène, le set de Siam a déjà commencé, mais on ne peut pas être à la fois sur Kerouac à taper de l’image des excellents The Octopus (vainqueur du tremplin Jeunes Charrues 2010) qui exécutent une reprise du MC5 en compagnie de ce cher Dominic Sonic et ailleurs. Sur scène Fanny Labiau et Bruno Leroux (accompagnés de Benoît “Scholl” Fournier ex-Matmatah à la batterie et de Christophe Le Bris ex-Miossec à la basse) sont déjà à l’œuvre. Lumières ravissantes, rideau rouge, je retrouve ce qui fait la grâce du duo brestois qui joue coup sur coup “la nuit je tais nos cris” et “mercure” mes deux titres préférés de l’album. Siam, c’est un de mes coups de cœur de ces Charrues 2011 avec Ibrahim Maalouf, dans un tout autre genre. Je suis arrivé sur son set pour le titre “Beyrouth”. Pure et définitive émotion, grâce infinie. Mon Dieu et tous tes anges, de grâce ! Préserve ces pépites et fait qu’ils ne deviennent jamais des vieux cons aigris par la vie, le pognon, la coke et les putains, comme dirait Miossec, encore lui. Et je ne dis pas ça pour Lou Reed, en tout cas pas que pour lui. Que reste-t-il des mes amours de velours ? Vingt cinq minutes de shooting interminables, un coït interrompu, un truc pathos où la fille te regarde et te lâche un définitif : “non, mais t’inquiète, c’était bien hein ?” Dieu que j’étais triste. J’ai repensé à Coney island baby, à Berlin. Caroline says that I’m just a toy… Ben ouais, Lou, when the music’s over, comme disait ce cher Jim qui a dû se marrer autant que moi sur l’énorme presta de DJ Zebra accompagné du Bagad Carhaix. C’est aussi à Zebra qu’on doit le mix final joué sur le feu d’artifice. Ah ! Zebra ! Le Chevalier Jedi du mix, petit prince de Kerampuilh, éternel sourire, capable de réveiller un public en deux accords. Total respect. Il paraît que David Guetta a mis le feu, aussi. Je ne peux pas vous dire, au moment de ses exploits, j’étais dans les bras de Morphée. En revanche j’étais là pour shooter le classieux Jarvis Cocker de Pulp. J’ai ramené dans ma besace quelques clichés qui devraient ravir les amateurs de pop savoureuse à la mode british

Difficile de résumer une édition des Vieilles Charrues en quarante lignes. Bien sûr cette édition était spéciale aussi pour moi puisqu’elle scellait le partenariat entre les Vieilles Charrues et Nikon France et que, photographe officiel des Vieilles Charrues équipé par Nikon j’étais bien placé pour favoriser le rapprochement de ces deux entités. C’est une petite fierté, un peu comme lorsque deux de tes amis qui ne se connaissent pas deviennent eux-mêmes des amis. Nikon qui rejoint ma bande de frères et qui ouvre le festival à cinq jeunes photographes, ça ne pouvait que me plaire. Louise, Marjorie, Mathieu, William, Christophe, équipés de leur reflex Nikon D7000 (excusez du peu) et d’une flopée d’optiques, ont arpentés la plaine pendant quatre jours et franchement, pour avoir débriefé leur travail avec eux et Nikon le dernier jour, je peux vous dire que j’étais médusé par la qualité de leur travail. Chaque membre de l’équipe a ramené des clichés de qualité professionnelle, tous dans un style et un regard qui leur sont propres. Je suis vachement fier d’avoir initié cette idée. La candeur de l’œil de Louise, quinze ans, mais déjà une maturité visuelle remarquable. Le côté funky style de William, qui a ramené des images enthousiastes comme son regard. Marjorie, la romantique de l’équipe qui a shooté, le regard empli de tendresse, des clichés de festivaliers heureux. Mathieu qui a cadré au cordeau a ramené des shoots remarquables. Enfin Christophe qui nous a prouvé qu’un fauteuil et une mobilité réduite ne sont pas un obstacle et peuvent au contraire devenir une force, un atout et montrer le festival sous un autre angle, vu de sa fenêtre. Ouaip ! Au risque de me répéter, les gars et les filles de la team Nikon, je suis fier de vous ! Un petit clin d’œil aussi à l’équipe H. qui drive la plateforme handicapés, avec Ronan, Dan, Fred, Gaël et Gaëlle et toute une équipe de bénévoles qui ouvrent le festival aux personnes à mobilité réduite. Chapeau bas, M’sieurs Dames, ainsi qu’aux artistes qui se sont déplacés, au premier rang desquels Pierre Perret. Ah ! Pierrot chantant “Les jolies colonies de vacances” avec les bénévoles, ça valait son pesant de cacahuètes et je me devais d’être là afin d’immortaliser le moment. Respect aussi à Ben l’oncle soul et Snoop Dogg qui sont venus faire des bises et signer des tonnes d’autographe.

C’est pas fini. Les Vieilles Charrues, ça ne sera jamais fini tant que les bénévoles retrousseront leurs manches pour aller servir des frites, faire la vaisselle, ramasser des papiers gras, accueillir les artistes, gérer les états d’âme de certains photographes, suivez mon regard. Jérôme Tréhorel est resté le dandy classieux que j’aime jusqu’au dernier moment et mon cher Tangui Le Cras, finalement, n’a eu aucun problème et ne s’est pas séparé une seconde, ni de son regard malicieux, ni de son ineffable enthousiasme. Idem pour mes potes de la fosse Team, sans qui on serait volontiers restés plus de trois titres sans flash sur certains artistes ou pas, hein Lou ? J’ai salement kiffé “Never miss a beat” de Kaiser Chiefs mais je n’ai pas dansé sur “Still loving you” de Scorpions. Lisa Kekaula et the Bellrays sont toujours aussi sublimes, idem pour PJ Harvey, noir ultra. Côté cœur, M’sieur Eddy, côté balcon Yannick Noah toujours aussi impeccable, surtout sur les passing shots ! Il reste maintenant à dérusher tout ce bordel et à montrer le best of sur Cinquième nuit. Et puis, déjà, on va commencer à compter les jours qui nous séparent des retrouvailles avec ce festival au goût unique. On se souviendra longtemps de l’attachement sincère qu’on avait, cette année-là en 2011, pour la vingtième édition des Vieilles Charrues. On se souviendra longtemps des visages, des figures. Et, surtout, on n’oubliera jamais nos vingt ans… Happy birthday, Vieilles Charrues. Et à l’année prochaine, évidemment.

Vieilles Charrues, à la moitié du sillon.

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Voilà quelques nouvelles de moi. Deux jours déjà aux Vieilles Charrues à traîner des pieds sur ma jolie plaine de Kerampuilh, sautant de Kerouac à Glenmor (les deux scènes principales) avec l’enthousiasme d’une abeille sur un bouquet de pâquerettes. J’ai engrangé une quinzaine de concerts, en essayant d’abord de faire de la bonne image. Certains groupes sont clients, en font parfois des tonnes comme les teutons de Scorpions. Dans le désordre, parmi les claques, j’ai adoré Kaiser Chiefs (sur Never miss a beat j’étais comme un gamin dans la fosse entouré de photographes très sérieux), Lisa Kekaula de The Bellrays irradiant une énergie électrique dantesque comme d’hab. Comme prévu The Octopus a envoyé le bois, le vainqueur des Jeunes Charrues a donné un set très pro, avec Dominic Sonic en guest. Idem pour Siam, scène Gwernig, avec de très chouettes lumières. Quelques gouttes de pluie, mais on a vu pire. Pour le moment dans les coups de cœur (ça va en étonner plus d’un) il y a le concert de Yelle sur la scène Graal. Un show millimétré, tracé au cordeau, pas de fausses notes, une perfection scénique qui m’a bluffé. Croisé François Hollande, souriant, en campagne (bretonne), très souriant avec François Cuillandre, Jean-Yves Le Drian et Christian Troadec. Ah oui ! J’oubliais. Très joli set de Pulp, j’ai fait quelques stage portraits de Jarvis Cocker, vous m’en direz des nouvelles. Tout cela bientôt sur Cinquième nuit. Idem pour Monsieur Eddy (Mitchell) dont c’était paraît-il une des dernières séances. Voilà pour l’essentiel. C’est les Vieilles Charrues, un truc unique, un peu hors du temps et du monde. Aujourd’hui troisième jour, sept ou huit concerts sur ma feuille de route et ce soir la vingtième édition aura déjà presque vécu.

Siam. L’amour à trois. Comme une désespérance heureuse.

siam bruno leroux fany labiau en novembre 2010 au cabaret vauban brest
Comment reconnaît-on un bon album, je ne dis pas un pur album, non, ça, c’est pour plus tard, mais comment décèle-t-on qu’un album a franchi la limite, passé la barrière comme disait cette vieille fripouille de Schopenhauer, pour s’installer de manière durable dans le gotha des albums de musique qui vous font du bien ? On y revient sans cesse, mué par une force irrépressible, un truc qui vous attire sans vraiment trop savoir pourquoi, comme un junkie qui demande sa dose, comme un alcoolo en fin de parcours, au petit matin Boulevard Clemenceau mécontent de constater qu’à six heures du mat’ le bar du Vauban n’est même pas encore ouvert. Ouais, c’est ça un bon album. Un truc dont tu as envie et qui te fait du bien. Parfois, c’est insidieux, un peu comme la passion, comme l’amour qui te tombe sur le coin d’la gueule sans que tu t’en aperçoives. Un jour, ça arrive et tu ne l’as pas vu venir. J’aurais pu vous dire tout le bien que je ne pensais pas de “L’amour à trois“, premier opus de Siam, duo brestois, comme certains sans même l’avoir vraiment écouté. Ça aurait facile, finalement, d’écrire une review tout en complaisance pour ces deux lascars que je connais depuis des lustres et qui font partie de mon deuxième cercle, mais non justement. Je ne voulais pas me mentir et encore moins mentir à mes potes. Alors, un soir, au Vauban, j’ai embarqué l’album avec moi, pour voir. Tout en douceur, sans violence, les titres se sont installés sur mon iTunes, calés entre une improbable Shania Twain dont je me demande toujours par quel prodige cette blonde peroxydée made in US a pu s’immiscer dans ma play list et l’estimable Steve Hillage, souvenirs de vieux baba chevelu et de pop made in Albion de bon aloi. Mais, encore une fois je m’égare, revenons à l’album de Siam

Un soir qu’au Vauban je traînais mes baskets pas très loin des water-closets, tiens ! Voilà que je me sers de la rime façon Gainsbourg pas tout à fait par hasard (et pas rasé) et puisque je vous parle de Serge, je m’étais entretenu avec Bruno (Leroux qui forme Siam avec Fanny Labiau. NDLR) au comptoir du bar du Vauban, entre limonade et café-cognac de l’éventuelle filiation entre les textes de Siam et les mots du grand Serge. J’avais reçu une fin de non-recevoir aussi sèche que définitive. Bruno, semble-t-il lassé qu’on lui rebattes sans cesse les oreilles d’une éventuelle inspiration gainsbourienne dans son écriture, m’avait ramené brutalement dans les cordes, m’assénant : “Et merde ! Je n’ai rien en commun avec Gainsbourg. Je n’ai pas été imprégné des ses textes, la seule chose que je connaisse vraiment de ce mec c’est l’image médiatique que le bonhomme renvoyait à la télé.” Dont acte. Je n’avais pas trop insisté sur le sujet qui semblait agacer mon interlocuteur. Pas plus de chance non plus sur une possible filiation avec Miossec. Aïe ! Sujet sensible mais inévitable. Là encore, le réveil fut brutal. Je décidais donc de mettre un terme à un exercice finalement assez casse-gueule et j’invitais Bruno à une séance pose-express sur le canapé du hall de l’hôtel Vauban, invitation qu’il s’empressa de décliner, évidemment.

Je devais donc chercher ailleurs, puiser dans d’autres sources, essayer de trouver une influence. Ou pas. Exit Gainsbourg. Quant à Miossec, le fait que Bruno Leroux ait fait partie du trio (avec Guillaume Jouan et Christophe Miossec) qui avait commis le définitif et somptueux premier album “Boire” n’était pas non plus un indice. Alors ? D’où vient cette pertinence, ce son, cette fluidité, cette beauté des mots ? Un ton, un son très french touch, une dégaine scénique qui n’est pas sans rappeler un Bashung voire un Daho période “Mythomane”, et des mots, des putains de mots que n’auraient sans aucun doute pas renié Lucien Ginzburg. “Comme un homme et sa maîtresse, comme deux amants en détresse, rien d’autre que l’amour, mais la foule nous entraîne et déjà la foule gronde, cours, mon amour, le temps change et je t’emmène, loin des peurs et loin des peines. Je meurs d’envie d’en finir dans ton lit, la nuit je tais nos cris…” Échec, certes, mais pas mat. Il m’en fallait plus. Finalement, le premier titre “Le club des caniches”, signé Miossec, m’apparaissait désormais en complet décalage avec le reste de l’album. Non, il me fallait chercher ailleurs. Peut-être dans le somptueux “Mercure” qui glisse entre les doigts sans qu’on puisse y faire quoique ce soit. C’est donc ça la signature de Siam, cette forme de désespérance heureuse, cette fuite en avant mâtinée de cynisme opportun, ce pied de nez à la vie. Je venais de comprendre et j’avais mis du temps (on ne se refait pas). Dès lors, Siam m’ouvrait les bras et chaque titre claquait à mes oreilles comme une évidence. Un phrasé de bandonéon, des envolées lyriques séchées par quelques riffs méchamment assénés, je n’avais désormais plus qu’une envie. Fermer les yeux et monter le son, encore, et encore. Comme à l’image du final de “Mercure”, entre pop et rock. Splendide. L’album se termine sur “Lionel” quelques mots touchants, graves, posés avec une douce délicatesse, le souvenir d’un ami, d’un frère. Un texte magnifique, soutenu par une ligne mélodique discrète qui exprime le sentiment avec pudeur et élégance. Non. On ne sort pas intact de l’écoute attentive du premier album de Siam.

Avec “L’amour à trois” Siam franchit avec allégresse et désinvolture cette barrière si chère au cœur d’Arthur Schopenhauer. Le duo signe un album qui restera, qui marquera l’histoire de la pop française, comme d’autres avant eux, en d’autres temps. Siam a la noblesse d’une lignée, héritier qu’il est de ce que la french touch a commis de meilleur avec une gouaille, un coup de gueule d’amour qui n’est pas sans rappeler la chanson réaliste à la Fréhel, celle-là même qui offrait des diabolos menthes au petit Lulu. La boucle est bouclée. Siam, c’est une osmose, quelque part au bout de cette rue qui mène à l’océan, c’est un peu tout ça en même temps, les mots, les sons qui mis bout à bout, me touchent, m’émeuvent et font que je reviens aux chansons de ‘L’amour à trois” avec ce petit plaisir sans cesse renouvelé. C’est à ça qu’on reconnaît un bon album. Au fond, Bruno avait raison. Les choses sont toujours beaucoup plus simples qu’elles n’y paraissent…

photo : SIAM au Cabaret Vauban en novembre 2010

voir le clip de SIAM “la nuit je tais nos cris”

Iggy and the Stooges. Un rider entré dans la légende.

iggy pop and the stooges un rider de légendeJ’ai eu un jour entre les mains le rider (la feuille de route) des Stooges et franchement ça vaut le détour. Rédigé par Jos Grain (qui bosse pour le groupe), le document décrivait les desideratas du groupe, en matière de technique et aussi les petites choses à faire et à éviter. Quand on connaît le niveau de professionnalisme d’un calibre comme Iggy Pop sur scène on comprend. Le document ouvrait sur cette phrase : “Nous avons besoin d’un ingénieur du son qui parle bien anglais et qui n’a pas peur de la mort.” Voilà pour l’ambiance. Iggy et les Stooges avaient des demandes bizarres, dont pour ma part j’ai longtemps cru que c’était de la légende avant de réaliser que non, c’était vrai. Comme la présence dans la loge d’une poubelle avec un brocolis ou un chou-fleur dedans. Voilà qui contribue un peu plus à la légende du rock’n roll. Et puis il y avait ce paragraphe entier dédié aux vidéastes et aux photographes et franchement, c’est tellement drôle, si bien écrit et si proche de la réalité que je ne résiste pas au plaisir de vous en servir une tranche, que je vais essayer de vous traduire dans la langue de Molière, du mieux que je peux.

“Ne vous méprenez pas. J’ai beaucoup de respect pour les gens de l’industrie des communications, en fait mes ancêtres ont un fort lien historique avec le service postal (…). Cependant, ces dernières années et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi sur ce point, il y a eu une explosion de, disons de personnes bénies du Bon Dieu avec une totale absence de talent, essayant à tout prix de se frayer un chemin à travers le public. Petit à petit on a constaté une augmentation massive de sociétés de production disposées à encourager les egos de ces malheureux et de leur accorder une attention. On est arrivé à un point où il y a des sociétés qui associent toute personne sur une scène à un crétin désespéré qui ne recherche que de l’attention et qui ne recherchent qu’à faire de l’image à tout prix. Les Stooges ne sont pas ces mecs-là ! Porter de l’attention aux médias, D’ACCORD ! Interférer avec le concert PAS D’ACCORD ! (…) Le fait est que, dès que vous mettez une caméra ou un appareil photo dans la tronche d’un artiste, vous changez complètement la nature de sa performance. Les Stooges essayent de donner la meilleure performance au public mais je pense qu’il n’y a rien de plus démoralisant que de voir un groupe sur scène entouré d’un cameraman et de ses assistants, comme une bande de hobbits armés de bazookas. (…) Ah oui ! Iggy adore casser les appareils photos. Est-ce que j’ai parlé de ça ? Alors vraiment, il est préférable de ne s’approcher trop de lui, surtout s’il te regarde d’une drôle de façon. S’il se dirige vers toi comme s’il s’apprêtait à saisir ton appareil photo, c’est probablement parce qu’il va le faire ! C’est comme un signe, un indice. Bien sûr, je suis sur place pour essayer de l’empêcher de détruire ton équipement. Malheureusement, il n’y a qu’une personne qui aime autant casser les caméras que Iggy et c’est moi. Merci de votre aimable attention. De toutes façons quoiqu’il arrive, vous ferez de l’image, croyez-moi.

Par ailleurs, je me demande si dans les médias on sait pourquoi certains cameraman pensent qu’il est innovant ou stimulant de bouger sans arrêt, de courir de gauche à droite, de faire des plans zoom avant zoom arrière dans une pathétique tentative de garder le tempo avec la musique ? Aucun de leurs collègues ne leur ont jamais dit qu’ils faisaient de la merde ? Est-ce que je suis le seul à vouloir les assommer à coups de trépieds ? Bordel de merde ! Quelqu’un doit avoir une explication ! Ça m’emmerdait déjà en 1980 et aujourd’hui c’est pareil. Si vraiment ils ne sont pas foutus de stabiliser leur appareil quelques secondes, il est peut être temps pour eux d’appeler les alcooliques anonymes… C’est juste une idée.”

Voilà. C’est tellement bon qu’on croirait lire un scénario des Monty Pythons. Ce texte me fait marrer mais au fond sa trame est tout ce qu’il y a de sérieux. Des mecs comme ça j’en ai vu des tonnes et malheureusement ça va crescendo, parce qu’aujourd’hui le moindre pékin qui a un reflex et un lightroom piraté sur Piratebay s’autoproclame photographe de concerts. Ça me saoûle, d’ailleurs c’est pas pour rien que j’ai déserté les pits et les salles de concerts, pour me consacrer à d’autres projets d’images. En attendant, le texte de Jos Grain me fait bien marrer. Et puis, il y a un point sur lequel il a raison. Avec des groupes du calibre de Iggy and the Stooges, il y aura toujours de la bonne image. Je confirme.

voir le site de Jos Grain

Nikon D3s. C’est pas parce qu’on n’a rien à dire…

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Dingue. Dix jours que j’ai pas écrit un mot. Dix jours que, finalement, je n’ai RIEN à dire. Je reçois des emails de protestation de lecteurs de Shots. Ben alors ? Depuis que tu as un D3s t’as plus rien à dire, Harvey ? Eh bien t’es pas tombé loin mon ami… Bon, bien sûr, je pourrais faire comme un paquet de blogueurs, avec la vieille recette du pompage de billets. Savez-vous que d’après machin, Canon s’apprêterait à sortir un boîtier de 42 millions de pixels avec génération automatique de flux vidéos en format RAW natif ? Si, si, c’est ma belle-sœur qui lit régulièrement un site de rumeurs qui me l’a dit. Non franchement, pomper du flux pour soigner mon ego et enrichir mon flux RSS ? Pas pour moi. De toutes façons, mon ego, aussi rikiki soit-il, se porte bien sans relayer toutes les conneries du net. De vous à moi, je lis très peu les blogs, surtout les blogs de photographes. Un photographe c’est là pour faire des photos, pas pour écrire du bla-bla, à quelques très rares exceptions prêts, suivez mon regard. À l’affirmation “j’aime beaucoup ce que vous faites, Monsieur Le Gall !” toujours éviter de répondre “oui j’aime aussi beaucoup ce que je fais” ça ne passe pas. Bon, où en étais-je ? Ah oui c’est ça. Vous avez raison, chers lecteurs et lectrices assidûs de Shots, ça fait une petite dizaine de jours que je n’ai pas écrit le moindre mot, enfin ici je veux dire. Ici, parce que ma vie ne se résume pas à Shots, quand même. J’ai aussi une vie en dehors de ce blog et même une vie sociale. Je ne suis pas un geek enfoui dans sa tanière devant son iMac à traquer la moindre émotion nouvelle et technologique. D’ailleurs entre nous, côté émotions et technologies photographiques, c’est plutôt demi-molle comme on dit du côté du Vauban, à Brest même. Beau temps, mer belle et calme, l’electro-encéphalogramme de l’actualité photographique est proche de zéro. On attendait un petit signe du côté de Canon ou de Nikon au CES et finalement rien, nibbe, niante. Donc on fera comme tous les ans, hein ? On attendra sagement la prochaine manif’ planétaire, je crois que c’est en février. Les sites de rumeurs feront du flux et seront relayés par des blogueurs qui n’ont toujours rien à dire. Et ne vous en faites pas. Si en février il n’y a rien, on vous donnera rendez-vous en juin puis en septembre à la Photokina. Vous voulez mon avis ? Pas vraiment sûr que quiconque annonce quoique ce soit avant l’été. Et je vais vous dire franchement. Personnellement, je m’en tamponne.

Dix jours et pas un mot. Je vous ai dit que j’ai acheté un Nikon D3s ? Oui, bien sûr que je vous l’ai dit. Je l’ai reçu il y a dix jours. Un D3s avec un 70-200 2,8 VRII et ce fameux Nikkor 24-120 f4. Et justement ce matin j’ai reçu mon flash SB 900. Bon, le flash pour un photographe de concert, c’est comme le parapluie au Sahara, pas vraiment le genre d’accessoire très utile et même carrément honni, interdit, dont l’utilisation est prohibée. Mais en dehors de la scène, pour “déboucher les ombres” comme disait je ne sais plus quel photographe qui avait sans doute envie de se la péter, en éclairage d’appoint, un flash c’est quand même drôlement utile. Je vais beaucoup bosser là-dessus, dans les mois qui viennent. La gestion de la lumière, ça me fascine. Les photographes de concerts et d’une manière générale de spectacles, de reportages, utilisent souvent la lumière qu’on leur sert, avec plus ou moins de bonheur. Avec le flash, un ou plusieurs asservis et déportés, il y a des zones d’ombres à explorer, si j’ose dire. Bref, dix jours avec D3s et je n’ai rien à dire. RIEN. Je suis apaisé, en fait. Ce boîtier, je l’ai en main, je le sens bien. Chaque fois que j’ai shooté avec D3s en concert (Eiffel en décembre 2009 puis -M- en concert privé en décembre dernier) je pensais à une scène de l’excellent dessin animé “Kuzco” de Disney, lorsque Isma la vilaine interpelle Kronk le serviteur un peu décoiffé du bulbe en lui disant : “Tu sens la puissance Kronk ?” Voilà ça fait ça, en fait, d’avoir un D3s en main. C’est sentir la puissance au bout de son bras. On oublie vite le seul défaut du D3s, son poids, surtout quand il héberge le fabuleux Nikkor 70-200. Ministère de l’homme. Vous en avez, nous aussi. Que dire de D3s ? J’entends par là, est-ce que je pourrais balancer une saleté sur ce boîtier reflex numérique ? Est-ce qu’à un moment donné je l’ai pris en défaut ? Je pourrais peut-être évoquer que 12mp c’est pas terrible par rapport à 16 (et encore moins par rapport à 21 ou à 24), qu’avec ça je peux pas faire un agrandissement au delà de 30 par 40 ? C’est une blague tout ça. À un moment donné, il faut savoir se taire, accepter les évidences. Ce boîtier est au dessus du lot. Je ne connais pas un photographe professionnel sérieux, je veux dire un photographe de terrain, qui prétendra le contraire.
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Non il n’y a rien à dire sur D3s ou plus précisément, il n’y a rien à redire sur ce boîtier. Comptez sur moi. Si je trouve le moindre truc qui m’agace, je ne serai pas le dernier à en parler, mais pour le moment, la vue est dégagée, comme le soleil qui darde sur Brest ces jours-ci. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, j’embarque mon boîtier avec moi, histoire de lui faire prendre l’air et découvrir la Bretagne (que les japonais adorent, par ailleurs). En concert, sa capacité (que j’ai largement évoquée ici-même) à accrocher le point dans des conditions de lumière désastreuses ne finit pas de m’étonner. C’est net même quand il n’y a pas de lumière. Bizarrement, j’évite de monter au delà de 6400iso, je ne sais pas pourquoi ou plutôt si, je sais. C’est une forme de pudeur en fait, comme si une petite voix me disait qu’à 12800iso l’aventure est trop facile. Bon, soyons honnête. À 6400iso, il y aura toujours plus de grain qu’à 1600, voire 800iso. Et là j’entends des voix interloquées “Quoi ? Il y a du grain à 6400iso sur un D3s ?” Il y a un léger grain, oui, mais vraiment léger, comparé au grain de malade sur certains autres boîtiers, pas la peine de vous faire un dessin. Bon, sinon le reste, tout le reste est du même calibre. Les optiques quant à elles sont solides, rien à dire sur le 70-200 f2,8 qui suit le boîtier dans toutes les conditions, une mention spéciale (je ne me lasse pas de le répéter) au 24-120 f4. Cette optique trans-standard est aussi lumineuse qu’un caillou qui ouvre à f2,8 grâce au traitement nanocristal appliqué à chaque lentille. Une optique légère, pas trop chère, une plage focale idéale grand angle, petit zoom. Seul léger travers constaté (ah ! Quand même !), un léger vignettage à 24mm et à pleine ouverture, même si pour ma part j’aime bien cet effet un peu vintage, old style sur des clichés en noir et blanc. Il faudra quand même que je teste le Nikkor 14-24 f2,8 un de ces jours, mais j’attends d’abord d’avoir vraiment fait le tour complet du propriétaire et rien qu’avec le D3s il y a de quoi explorer.

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule, disait ce cher Michel Audiard avec la pointe d’ironie qui caractérisait son style inimitable. Dix jours sans rien écrire sur Shots et pendant ce temps, j’ai fait mentir Audiard. J’ai shooté quelques sets, dont Nolwenn Korbell Trio au Vauban, qui m’a bien scotché. Des concerts magnifiques se profilent dans les semaines qui viennent. Je vais être de retour sur le terrain, des contrées sauvages et splendides comme le Cabaret Vauban ou le Run ar Puñs, où les lumières se captent avec parcimonie et délicatesse ou encore à la Carène et son plan de feux dantesque. Dans tous les cas je sens que mon nouvel ami va se sentir à l’aise et qu’ensemble nous allons aller chercher de l’image, tout au bout de la nuit.

• photos : Nolwenn Korbell, Jean-Christophe Boccou (Nolwenn Korbell Trio). Cabaret Vauban, Brest janvier 2011 (Nikon D3s + Nikkor 70-200 2,8 VRII, 6400iso f3,2 1/250e).

Vieilles Charrues et Fête du Bruit. Comme un rêve de gosse…

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Putain d’été, qui ne finit pas d’en finir. Grisaille et temps de merde entrecoupé d’éclaircies néanmoins somptueuses. Cette année j’ai respecté la feuille de route conseillée par mon doc qui prend soin de ma santé et préserve le kilométrage de mon moteur Ford Thunderbird millésime 1957, un petit bijou à ce qu’on dit mais nettement capricieux, avec le temps. Cet été, un festival. No more, no less. Exit mon cher Art Rock à Saint Brieuc, adios la Route du rock, bye bye le Bout du monde. Pour paraphraser Coluche, parfois la tête dit oui et le corps dit non. Enfin ! Cette saison 2010 a eu de beaux restes, mine de rien, avec une édition des Vieilles Charrues à classer au rayon Cru bourgeois, en attendant un vingtième anniversaire qui s’annonce comme un brillantissime Grand Cru Classé. Je garderai pour toujours et à jamais dans ma mémoire visuelle le concert de Muse à Glenmor, la nouvelle structure de scène avec cette avancée qui permet aux musiciens qui le souhaitent de venir au contact du public et aux photographes d’évoluer librement. Certains sont restés en retrait, bien à l’abri sur leur scène, d’autres sont venus au combat et ont largement profité de l’aubaine. Je pense à NTM, des furieux avec une bonne dose d’humanisme, une touche de fraternité entre eux qui fait plaisir à voir, je pense à -M- qui s’est offert une course folle à travers le public histoire d’aller taper un solo au centre du monde, à Jamiroquai, à Mika… Et puis à Matthew Bellamy, somptueusement classieux dans son joli K-way transparent très mode, seyant à merveille avec les pluies, comment dire ? Diluviennes, dantesques, des pluies telles que Forrest Gump a dû en rencontrer lors de son périple dans les rizières du Viet “fucking” Nam. C’est ça. Glenmor, ce jeudi 15 juillet 2010 à 23 heures et des brouettes, c’était le Vietnam mais sans les balles traçantes. En attendant Muse, j’ai observé les photographes avec un soupçon de compassion, trempés comme des souches, protégeant comme ils le pouvaient leur boîtier. Sous ma veste de mer Jeantex, EOS 1D Mark IV piaffait d’impatience d’aller au contact et je dois à la vérité de dire que sur ce coup-là, le boîtier pro de Canon m’aura vraiment épaté, engrangeant les clichés RAW avec une régularité métronomique, littéralement aussi trempé que si je l’avais amené avec moi sous la douche. Je confirme. EOS 1D Mark IV est parfaitement tropicalisé et on ne peut pas en dire autant de tout le monde. Après le concert, c’était le mur des lamentations et la valse des sèche-cheveux. De mon côté, un kleenex aura suffi pour assécher la bête et j’ai eu une pensée émue pour le mec, chez Canon, qui a pondu la tropicalisation de ce boîtier ! Le lendemain, la plaine de Kerampuilh avait retrouvé son ciel azuréen et le festival nous a offert trois jours de concerts dont quelques pièces d’anthologie.

Le temps de dérusher les quelques quatre milles clichés réalisés à Carhaix, j’étais prêt pour mon second rendez-vous de l’été, à deux pas de chez moi cette fois, pour la Fête du bruit dans Landerneau, l’occasion encore une fois de retrouver des potes et de taper pendant deux jours une grosse douzaine de concerts dans une ambiance festive, quasi intimiste. Accueillir plus de vingt cinq mille festivaliers sur la plaine de la Petite Palud, en plein coeur de Landerneau, le pari était vraiment gonflé. Réunir des pointures comme Placebo, Morcheeba, Steel Pulse, la Rue Kétanou avec un dose de jeune scène (BB brunes, Zaz, …) mâtiné d’électro bon teint (Wax Tailor, 2 many DJ’s), c’était bien vu. Et puis, évidemment, la grosse cerise sur le gâteau, c’était la venue de Status Quo et ses deux inoxydables et inusables frontmen, Rick Parfitt et Francis Rossi. Car la divine surprise de cette Fête du bruit, c’était bien eux. Ah ! Depuis le temps que j’attendais le moment de taper les deux anciens sur scène, il fallait bien que ça finisse par arriver un jour. Je savais exactement le cliché que je voulais, Parfitt et Rossi, guitares parallèles et riffs de bon aloi, scandant les paroles de “Caroline” ou de “Softer ride”. I ain’t gonna work I ain’t gonna work no more. Francis Rossi avait repéré en un coup d’oeil ma tronche visiblement réjouie dans le pit et m’a offert quelques pitreries dont il a le secret. Bref, ces images-là je ne suis pas prêt de les oublier, ce concert non plus d’ailleurs, classé dans mon top 10 des plus beaux concerts de tous les temps. Un été en demi-teintes, avec quelques coups de blues et le privilège d’avoir traversé cet été au bras d’une diva. À la rentrée, je vous reparlerai en long et en large de mes aventures avec EOS 1D Mark IV, le boîtier haut de gamme signé Canon dont il y a tant à dire. Pour en avoir déjà un aperçu, il suffit de regarder les images produites aux Vieilles Charrues et à la Fête du Bruit. Avec Nikon aussi, il y a eu de bons moments, entre mes aventures sur le hub en temps que rédac’ chef invité et les photos (très chouettes) fournies par mes quatre photographes officiels des Vieilles Charrues équipés et soutenus par Nikon France, comme je l’ai été moi-même par Canon France. Mon petit doigt me dit que de belles surprises se profilent à l’horizon par les deux constructeurs, à un mois de la Photokina. De ça aussi, on va bientôt en reparler, plutôt deux fois qu’une. En attendant, les riffs de Matthew Bellamy et de Francis Rossi résonnent encore dans ma tête. Je savoure mes derniers instants d’été et quelques rayons de soleil, quand il y en a. Je vais faire quelques tirages papiers et nul doute que le cliché de Parfitt & Rossi rejoindra le mur de mon bureau. Entre Archie Shepp et Blonde Redhead. Cette photo, c’est comme un rêve de gosse, un clin d’oeil au passé. Take my hand, together we can rock’n roll.

• cliché inédit : Francis Rossi et Rick Parfitt (Status Quo, Fête du Bruit dans Landerneau 2010)

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Festival les Vieilles Charrues 2010. Des moments de plaisir.

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Dimanche 18 juillet. Vision de ouf, ce type voguant sur le public dans son bateau pneumatique, façon Marcel et son orchestre. Je me dis que s’il s’approche trop du rivage, il va se fracasser la tronche sur le récif, comprendre sur les maousses de la sécurité qui le matent et l’attendent, l’air narquois, prêt à lui foncer dessus et à l’alpaguer comme un goëland sur une sardine. Le gars lui, ne se doute de rien, il est tout à son plaisir de naviguer sur une mer de mains. Voilà. C’est l’image que je garderai de cette dix neuvième édition des Vieilles Charrues, la septième à mon compteur. Comme chaque année, j’ai souffert, j’ai eu mal (aux pieds), j’ai fait des kilomètres de marche, j’ai shooté sans discontinuer, faisant ronronner EOS 1D Mark IV, en one shot comme en rafales monstrueuses à dix images seconde. J’ai vécu des moments inoubliables, en veste de haute mer sous des déluges de flotte, j’avais l’impression d’être dans la peau de Michel Desjoyaux, au milieu de l’atlantique à la barre d’un trimaran, prenant des paquets de flotte dans la gueule. Pendant le concert de Muse, je me suis fait lessiver comme rarement pendant un concert. Ça tanguait de tous les côtés, et comme disait Renaud, j’ai failli vomir mon quatre heures et mon midi aussi, mais on a tenu le coup, EOS et moi. Sur la fin du set, j’avais tellement de flotte entre le viseur et mon œil gauche que j’avais l’impression d’être photographe underwater, comme Jean-Philippe Grémillot, j’en regrettais presque de ne pas avoir pensé à lui emprunter son caisson Ikelite. Je voyais la flotte ruisseler de partout, sur le boîtier, sur le 70-200 et j’ai prié le ciel et tout ses Saints en pensant au gars qui avait conçu la tropicalisation du 1D Mark IV. Il n’a pas bougé d’un poil et tout le monde ne peut pas en dire autant, suivez mon regard. Putain de boîtier, putain d’optique. J’ai tapé trente huit concerts, sans ostracisme. J’ai pris un pied fou à faire de l’image sur des groupes complètement inconnus, aux Jeunes Charrues et je me suis parfois emmerdé comme un rat mort sur des groupes connus. J’ai sillonné la plaine, avec ma cowgirl, d’est en ouest, du nord au sud, l’occasion de croiser des têtes connues de mes amis, j’ai fait aussi quelques portraits de gens inconnus mais tellement attachants. Côté scène les chocs annoncés n’ont pas déçu. NTM, évidemment. La puissance, l’énergie et aussi une bonne dose de fraternité, de partage et pourtant Dieu seul sait à quel point je suis éloigné du rap, mais face à une référence pareille on ne peut que s’incliner. Airbourne dans un autre registre c’est idem. Une énorme patate sans prise de tête, le groupe envoit le bois sans trop se poser de questions. Et puis le chanteur frontman qui escalade la structure pour aller chanter sur le toit de Xavier Grall, c’était inédit. The Octopus, vainqueur des Jeunes Charrues. En fin de concert le batteur déménage ses fûts pour les loger en bord de scène, pour un final dantesque. Et puis au milieu de tout ce bordel, une pépite. Wovenhand (ex 16th Horsepower), un moment de pur bonheur, une voix grave, un instant de grâce. Gush ou Fanfarlo, tout en nuance, délicatesse du son folk rock, Féfé (ex Saïan supa Crew) en prince du beat qui a ouvert samedi et nous a mis le feu. Organisateurs de concerts qui me lisez, signez Féfé les yeux fermés, ce mec vaut vraiment le détour ! À ce propos, j’ai une pensée pour les programmateurs des Vieilles Charrues qui réussissent chaque année le pari d’une prog éclectique et variée, c’est aussi ça qui fait le charme de ce festival. What else ? Gaëtan Roussel, qui m’a bien scotché, c’est la deuxième fois cette année, la première c’était à Yakayalé. Ce mec groove comme personne et donne envie de sourire. Indochine, ah ! Indochine. On n’a pas échappé aux petites remarques de la presse, aux trucs habituels, aux petites phrases assassines du journaleux de base qui se prend pour un critique musical de NME avant qu’il ne s’en retourne à la rubrique faits divers, dont acte. Indochine ne pouvait pas décevoir et a servi un set puissant, Nicola Sirkis pouvant toujours compter sur ses deux frontmen in black que sont Oli de Sat et le tonique Boris Jardel. J’ai eu un frisson sur “le dernier jour” qui est mon titre préféré du dernier album et une pensée pour Stef. Indo aux Charrues, c’était un chouette cadeau. Pareil pour Pony pony run run ou Julian Casablancas, une pop joyeuse et enlevée, avec un petit rappel façon Strokes , évidemment. Au chapitre bien mais sans plus, il y a Phœnix qui a servi un set honorable sans pour autant m’allumer l’oreille, il y a M’sieur Souchon qui a fait un chouette set avec des chansons bien chantées et belles comme sur le disque. Et puis il y a eu -M- et le Matthieu que j’aime nous a fait le coup du revenez-y, avec ses mimiques décuplées à l’image de sa coiffure postiche et ses petits mots qui vont bien, sauf que cette fois, la mayonnaise n’a pas pris, pas de bol. Trop d’huile, pas assez de moutarde, des oeufs pas bien frais, bref, mon gars Matthieu ça l’a pas fait à mes oreilles gracieuses. Il est temps que tu tues -M- que tu t’en débarasses, que tu jettes le corps au fond d’un puit et que tu redeviennes Matthieu Chedid. Enfin au chapitre non, merci, sans façon et en vrac, Diam’s qui se noie dans les bons sentiments, la justification de ce qu’elle est ou aimerait être. Où est passée la performeuse qui avait enflammé la scène Xavier Grall il y a juste quatre ans ? Jamiroquai qui ne m’a rien fait, pas d’image, pas de son. Etienne de Crecy, de l’électro de mauvais aloi, fils naturel de Jean-Pierre Foucault qui lui a transmis le décor de l’académie des neuf, aussi imbittable pour le son que pour l’image. Tant qu’à m’éclater sur de de l’électro pop, je préfère une DJ Missil ou une Elisa Do Brasil qui ne craignent pas de se montrer, qui sont super jolies et qui bougent divinement. Enfin Sophie “eins, zwei, drei, vier” Hunger qui s’est littéralement noyée sur la scène Glenmor dans un set acoustique réaménagé en électrique, ach ! Mein Gott ! Ce fut un parcours du combattant, j’ai souffert pour elle tellement je l’ai vu ramer. Mais comme toujours dans les belles histoires, ma mémoire effacera les souvenirs moyens pour ne garder que la substantifique moëlle. Dieu m’est témoin que ce garçon n’est pas ma tasse de thé, mais bon sang, que le bonheur de Mika a évoluer sur la scène Glenmor faisait plaisir à voir. Pour un peu, j’en connais plus d’un qui aurait volontiers posé le reflex et la chemise pour rejoindre Mika sur l’allée centrale. Ce p’tit gars en a sous la semelle et Kerampuilh n’est pas prêt d’oublier sa prestation lumineuse. Et là vous me dites ? Comment s’est terminée l’aventure de notre marin sur sa mer de mains ? Après s’être dangereusement approché des grosses paluches de la sécurité, notre Kersauzon en herbe a bénéficié d’un recours en grâce, en étant refoulé par les gars de la sécu qui ne voyaient pas ce qu’ils allaient pouvoir en faire. Le navigateur a donc repris la mer sous le regard attendri et amusé des photographes et on n’a plus eu de nouvelles de lui. On espère le revoir l’année prochaine, en espérant qu’il croise à nouveau du côté de Kerouac. Même heure, même endroit. Et si tout va bien, j’y serai aussi…

• bientôt les concerts en ligne sur Cinquième nuit.

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