Octobre rouge. Canon annonce EOS 1DX et retrouve la capacité à donner envie.

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« Coucou. » C’est avec ce seul mot, dont je mesure, soyez-en assuré, toute la sympathie mâtinée d’une douce et aimable ironie, que Canon France m’a réveillé ce matin et sorti de ma léthargie et de mon sommeil. Suivait un lien Twitter que je me suis empressé de cliquer, évidemment. Il ne s’agissait pas d’un coucou comment que ça va la p »tite santé ce matin ? Non, plutôt d’un coucou nous revoilou. Comme un signe, un Marty Mac Fly annonçant à Doc qu’il est de retour du futur. Canon frappe fort (c’est rien de le dire) en annonçant rien de moins que son nouveau haut de gamme, nommé EOS 1DX. Oubliées les numérotations, il y a dans ce X une part de mystère et de puissance, une quête vers l’absolu, le souci de perfection. Alors bien sûr, tout ceux qui ont croisé le chemin de Canon, qui se sont réjoui, qui ont parfois souffert, se demandent aujourd’hui si ce X signe une voie vers la rédemption, la renaissance. À parcourir la fiche technique, il ne faut pas être grand clerc pour réaliser que Canon a tenu compte des erreurs passées et appuie aujourd’hui avec une certaine délectation excatement là où ça faisait mal hier.

Les specs de la Génération X.
Exit la dualité de modèle, un reflex plutôt dédié sport d’un côté (série 1D, capteur APS-H), un autre plutôt studio de l’autre (série 1DS, capteur fullframe). Désormais un seul boîtier haut de gamme donc et j’ai envie de dire avec le meilleur des deux. Exit le capteur APS-H et ça, franchement, qui s’en plaindra ? Fullframe 24*36 pour tout le monde. Un double Digic V Plus, excusez du peu. Du côté de la définition Canon fait un mix entre 16 et 24mp, en proposant un capteur fullframe de 18mp. On respire, on se dit que Canon a tiré beaucoup de leçons du passé, retrouve une certaine voie de la raison. Au delà du constat, à y regarder de près, et même de très près, il est simple de réaliser que Canon a beaucoup travaillé ses points faibles et il nous tarde de voir ce que ça donne sur le terrain. Décryptage.

D’abord, l’autofocus. LE point noir chez Canon, j’ai envie de dire que l’autofocus était à Canon ce que Alésia était aux irréductibles gaulois. « Alésia ? Connaît pas Alésia ! » Je me souviens d’avoir évoqué l’autofocus à un membre du staff Canon qui m’avait répondu, singulièrement agacé : « Dans l’temps ça existait pas l’autofocus et on vivait bien quand même ! » Eh ouais. Autofocus, c’était l’Alésia de Canon sur 1D Mark III, sur 5D Mark II, ça pêchait grave. Donc l’annonce de ce matin et du système autofocus à 61 collimateurs n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je cite in extenso : « Doté de 41 capteurs haute sensibilité de type croisé, le système AF haute précision à 61 collimateurs assure une mise au point rapide et précise des sujets en mouvement, et ce, quelles que soient les conditions d’éclairage. Les 5 collimateurs AF centraux sont de type double croisé pour une précision accrue. » Rapide, précise, précision, mouvement, mise au point. Pour qui connaît bien la dialectique Canon (oui, modestement, c’est mon cas), on lit bien entre les lignes. Mais il y a mieux encore. Tenez-vous bien (tenez-vous mieux). Canon annonce avoir intégré un troisième processeur (Digic IV) entièrement dédié à la mesure de la luminosité et de la couleur (système de mesure AE RVB 100.000 pixels), afin (je cite) « de garantir une exposition très précise, pour des résultats naturels, même dans des conditions d’éclairage complexes. » Rien de moins, fermez le ban !

Le reste, ai-je envie de dire, à l’instar d’un Benjamin Castaldi d’opérette, c’est que du bonheur… Un mode rafale capable de monter à 14 images par seconde, pourquoi pas ? Si l’autofocus suit, la rafale risque de faire des heureux dans le petit monde de la photo de sport, de la photoanimalière, … La plage de sensibilités étendue à 204800iso, ça me fait un peu sourire, comme les 102400iso de mon D3s, d’ailleurs ! Honnêtement, si Canon est capable de produire une image propre et quand je dis propre c’est Monsieur Propre, hein ? Zéro grain, nickel chrome à 6400iso je paye le premier Breizh Cola. Bon en même temps, étant propriétaire d’un D3s, j’admets que la barre est haute. Le double processeur Digic V+ qui trône au cœur de la bête est capable de traiter l’image sur 14 bits, il est aussi annoncé comme réduisant le bruit à haut iso et ça, évidemment, ça cogne et on demande à voir. Du côté de la vidéo, fer de lance de Canon, on imagine l’aisance procurée par un processeur musclé, capable d’absorber un flux vidéo en full HD. En revanche on n’évoque toujours pas la capture vidéo en format RAW et pas non plus le mode AF vidéo.

L’instant X
Allez ! On ne va pas se voiler la face, c’est pas le genre de la maison. Canon n’avait rien proposé de plus enthousiasmant à mes yeux depuis très longtemps. Avec EOS 1DX, Canon remet les pendules à l’heure et c’est une excellente nouvelle pour tous les photographes, y compris ceux qui ont quitté la marque rouge, suivez mon regard. Parce que finalement, le message que nous passe Canon est clair. Autofocus très élaboré, gestion des très hautes sensibilités, double processeur musclé, omniprésence sur le segment vidéo, capteur fullframe, taille de capteur raisonnable, boîtier salement polyvalent, capable de shooter aussi bien en studio que sur le terrain avec un mode rafale tip top, … Soyons clair. Canon 1DX est une excellente nouvelle pour la photographie. C’est aussi un signe fort de la part de marque rouge, qui fait preuve de son extraordinaire capacité à rebondir, de sa faculté à renaître, à inventer.

J’ai en mémoire les propos tenus par un ami du staff Canon France, des mots qui reviennent en écho et qui prennent aujourd’hui toute leur signification. « Canon ne restera pas les bras ballants. » Il y a un peu plus d’un mois j’écrivais ceci : « Voyons les choses avec pragmatisme et sans cynisme aucun, sur le segment pro, Canon n’existe quasiment plus, virtuellement. » Décidément, les temps changent et il faut savoir suivre, évoluer, prendre acte ! Aujourd’hui, à l’annonce de Canon EOS 1DX et à la lecture des specs, on n’a tous qu’une envie. Avoir envie. Envie d’essayer ce boîtier, bien sûr. Envie de lever les bras et de faire une ola planétaire pour Canon. Parce que là, c’est clair. Canon is back. Et il va falloir compter sur l’instant X.

Canon EOS 1DX. Prix d’introduction 6800$, date de dispo mars 2012

Petit exercice de photographie. Le jeu des 36 poses.

brest-le-port-de-commerce-sep-2011-herve-le-gallAh ! C’était mieux avant, l’argentique, la pelloche, on n’avait pas accès aux images tout de suite, on prenait son temps, bla bla bla… En même temps, c’est pas faux. Seulement voilà. On est en 2011, tous les photographes ou presque sont passés au numérique, à l’exception de quelques irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. D’ailleurs, entre nous j’en fais partie. De temps en temps je sors une TriX du frigo, je la loge dans mon Canon F1n et je vais la cramer, en concert ou ailleurs. Et puis je reviens à la maison et je développe ma pellicule, souvent avec plusieurs semaines de décalage, comme au bon vieux temps quoi ! Et puis je découvre le négatif, que je scanne. Je me raccroche ainsi au wagon du numérique, en quelque sorte. Et là vous me dites, un brin goguenard : « tout ça c’est bien joli, mais nous on est en numérique ! » Et là j’ai envie de vous dire et alors ? Et si on oubliait deux secondes que votre reflex est numérique. Si on imaginait deux secondes que votre carte numérique est une pellicule virtuelle ? Ça vous branche ? Venez, on va jouer au jeu des 36 poses. Non seulement vous allez vous amuser, mais en plus vous allez devenir meilleur.

Le matériel
Alors, on a besoin de quoi pour jouer au jeu des 36 poses ? Pas grand chose au fond. D’abord on a besoin d’un appareil photo numérique, plutôt un reflex à objectif interchangeable. Sur ce reflex, montez un 50mm. Pourquoi un 50mm ? Parce que c’est une focale standard, c’est aussi l’un des cailloux les plus produits, on en trouve à pas cher dans presque toutes les crèmeries. Tenez, au hasard, si vous êtes équipés en Canon, la marque rouge produit un très bon standard 50mm f1,8 pour un prix très abordable (autour de 100€, de mémoire). Idem par ailleurs chez Nikon. Vous aurez aussi besoin d’une carte mémoire, un ou deux giga seront largement suffisants. Alors, je récapitule. Un reflex, un objectif 50mm, une carte mémoire. Vous êtes paré, il ne manque plus que vous et un peu de votre temps.

La règle du jeu
La règle du jeu est toute simple. On peut jouer tout seul, ou à plusieurs. D’abord, logez votre carte mémoire dans votre reflex et partez vous promener. Vous pouvez aller où vous voulez, photographier ce que vous voulez, le sujet n’a aucune importance, le seul truc vraiment important c’est que ça vous inspire, que ça vous plaise, que vous vous sentiez bien. Vous disposez d’une pellicule virtuelle. Vous avez donc le droit à trente six poses, pas une de plus. Bien sûr vous n’êtes pas condamné à faire trente six poses, si vous avez fait dix huit photos ou vingt quatre et que vous êtes content, c’est bien aussi. Il y a deux choses que vous n’avez pas le droit de faire, dans ce jeu. Vous ne pouvez pas visualiser les photos déjà faites. Vous ne pouvez pas non plus effacer une photo déjà faite. Enfin, débrayez tous les automatismes de votre reflex. Passez en mode manuel pour le réglage du diaphragme et de la vitesse et débrayez l’autofocus. Réglez la sensibilité de votre choix, selon le moment de la journée (entre 100 et 400 iso, ça devrait aller) et n’en changez plus. Voilà. À partir de maintenant, vous êtes le patron, c’est vous qui décidez, votre viseur est le prolongement de votre œil. Une fois que vous avez assimilé et admis les règles du jeu, vous êtes prêt. Ou presque.

Quelques conseils avant de vous lancer
Choisissez un thème qui vous inspire. Moi par exemple, j’aime la ville. Ici, chez moi à Brest, les sujets d’inspiration sont nombreux. Dès qu’un sujet accroche mon œil, je construis une image mentalement. Parfois, ça va vite. Un chien noir qui descend un escalier, c’est difficile de lui demander de s’arrêter pour prendre la pose… J’aime bien aussi me balader sur le port de commerce, un lieu qui mélange les grues industrielles bleues et orangées avec les petits bateaux de marins pêcheurs. Prenez votre temps, respirez, laissez vous envahir par l’image, soyez vous-même (et avec soi-même on ne triche pas). Eloignez votre index de l’obturateur, construisez votre image à travers le viseur, réfléchissez à ce que vous avez envie de montrer, à la façon dont vous voulez le montrer. Et encore une fois, au risque de me répéter, prenez votre temps, votre respiration. Adaptez vos réglages à ce que vous avez envie de montrer, jouez avec le diaphragme, les profondeurs de champs, la vitesse, le cadrage et lorsque vous êtes prêt, et surtout que vous en avez envie, déclenchez. C’est dans la boîte.

La régle des 60.
Dans ce jeu, pas de gagnant, pas de perdant. Regardez vos clichés, un par un. Le privilège du photographe, finalement, il est là. Être à la fois son metteur en scène et son premier spectateur. Si ce que vous voyez vous plaît, brut de pomme, alors c’est gagné. Sinon une règle consistant à établir que 60% des clichés réalisés doivent vous donner satisfaction est un bon postulat, ça permet de placer la barre plutôt à bonne hauteur. Sur trente six poses, ça signifie avoir entre 21 et 22 bons ou très bons clichés et j’en conviens c’est pas aisé. Encore une fois, tout cela n’est qu’un jeu. Le fait d’évoluer en mode manuel, de piloter à vue, de penser, de se poser, de réfléchir au cadrage, aux réglages, vous verrez c’est un exercice très enrichissant, un parcours solitaire où l’avis des autres n’a strictement aucune importance. Ce qui a de l’importance, en photographie, c’est vous, votre avis, votre regard. Tout le reste, le bla bla académique, on s’en balance. Voilà. Bonne promenade photographique et surtout amusez-vous bien. Et que la passion de votre œil transpire à travers vos clichés. Ah ! Une dernière chose. Faites imprimer vos meilleurs clichés dans un laboratoire de qualité et offrez-les à des gens que vous aimez. Leur regard qui s’éclaire à la vue de vos photographies sera votre meilleure récompense et vous saurez alors qu’à ce petit jeu, il y a plus d’un gagnant…

La demoiselle et le dinosaure. Photographe est-il encore un métier d’avenir ?

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Elle s’appelle Juliane. Elle a quoi ? Une (toute) petite vingtaine. Je croise de temps à autre sa petite silhouette gracile au Run ar Puñs, une salle de concerts que je ne vous présente plus, à vous lecteurs assidus de Shots (en clair, les nouveaux, démerdez-vous hein !). Bref, hier soir, prenant son courage à deux mains mon cousin, la petite blondinette est venue vers moi d’un pas nonchalant mais néanmoins décidé à aborder le massif central. Il faut vous dire qu’avant un concert, je ne suis pas du genre très causant. Avant un concert, je rentre dans ma bulle, je me transforme, je deviens autiste, je suis ailleurs, dans un autre monde. Je n’entends plus, je ne capte plus l’entourage et c’est comme ça depuis toujours. Alors évidemment, m’approcher dans ces conditions n’est pas toujours aisé et si on ajoute à cela que je supporte très difficilement la présence de photographes dans mon premier cercle, le tableau est complet. À ce propos, je n’ai vraiment pas de bol. Quelque soit l’endroit où je pose mon sac, dans une salle, comme dans un pit, je peux être sûr que dans les cinq minutes qui suivent j’ai un ou deux photographes à mes basques. Il paraît que c’est ça la rançon de la gloire. Bref, la petite Juliane est venue taper la causette et je m’en vais vous en dresser le portrait.

Je ne connais pas la demoiselle, je ne connaissais pas son travail avant cette rencontre, je sais seulement qu’elle a choisi ce métier, comme d’autres choisissent d’être coiffeur, chirurgien, avocat, instituteur, puéricultrice, boulanger, camionneur, informaticien, infirmière, agriculteur, … Non. Elle, Juliane donc, elle a choisi d’être photographe. Un choix éminemment casse-gueule de nos jours, mais comme dirait Evelyne, c’est son choix. Et franchement, comment ne pas être touché, quand on est un vieux dinosaure en fin de cycle comme moi, quand on voit un jeune s’élancer dans la carrière quand ses aînés n’y seront bientôt plus ? D’autant qu’ici on a affaire à de l’authentique, à un vrai choix, un sacerdoce. Juliane, qui me semble avoir un caractère bien trempé, a fait les choses proprement, elle sera auteure-photographe, indépendante, comme Diego, libre dans sa tête et ça sera comme ça et rien d’autre. Pas évident comme choix et finalement assez couillu, comme quoi hein ? J’ai évoqué avec elle les difficultés de ce métier, l’indispensable nécessité de diversification. Aujourd’hui, être photographe de concerts ne nourrit pas son homme et encore moins sa femme et je sais de quoi je parle. Mais au fond, Juliane en est consciente et puis quand on sait shooter un mec qui bouge en tout sens dans un endroit où les lumières sont rares, on est finalement à bonne école. Si je vous parle de cette jeune fille qui a choisi ce métier magnifique, c’est parce qu’elle est confrontée aujourd’hui à une difficulté liée au nombre de prétendants à l’obtention du précieux sésame, de cette accréditation de plus en plus difficile à obtenir et pour cause… Et le nombre de prétendants est d’autant plus élevé qu’aujourd’hui tout le monde est plus ou moins photographe. Un petit reflex numérique (voire un gros) et en avant Guingamp !

Alors bien sûr, vous allez me dire, chacun est libre de vivre sa passion comme il l’entend. Après tout, pourquoi un boulanger, un camionneur, une institutrice, une puéricultrice, un avocat, une infirmière, … n’auraient pas le droit de faire des photos, simplement parce que ça lui plaît ? On est d’accord. Le problème c’est que tous ces braves gens pervertissent le système, occupent la place, squattent les spots, dilapident les accréditations et que les jeunes photographes professionnels, eux, ont de plus en plus de mal à obtenir une place pour simplement faire leur job, pour simplement croûter. Eh ouais ! Ajoutez à cela le paramètre financier qui permet à des gens ayant déjà des revenus réguliers de s’offrir le must des matériels et la boucle est bouclée. On est alors dans le paradoxe définitif. D’un côté des pros qui ne peuvent pas bosser et donc dans l’incapacité d’investir dans des matériels de plus en plus coûteux, de l’autre des amateurs jeunes cadres dynamiques qui s’offrent le gratin des matériels. Oui, parce que, accessoirement, quoiqu’on en dise, le matériel compte dans tous les sens du terme. Vous ne ferez pas une meilleure photo parce que vous avez l’élite du matériel entre vos mains, en revanche vous accèderez à certains types d’images avec les matériels qui vont bien. Essayez donc un Nikkor 14-24mm f2,8, un Canon EF 135mm f2 voire le nouveau Canon EF 8-15mm f4, montez ces cailloux sur des matos d’envergure comme un D3s ou un EOS 1D Mark IV et on va se comprendre… Alors comprenez aussi le désarroi des jeunes photographes professionnels. Non seulement ils en bavent des ronds de chapeaux pour investir dans du matos professionnel qui coûte cher (c’est rien de le dire) et en plus ils sont concurrencés par des gens dont ce n’est pas le métier et qui squattent les spots dans les salles de concerts et ailleurs et ce n’est pas le serrurier suisse, celui qui arrondit ses fins de mois et casse les prix du marché en tapant des photos de mariage à des prix ridiculement faibles, qui osera me dire le contraire. Il y a un gros malaise et il est palpable. Et je ne parle même pas de ce que deviennent les clichés. Pour reprendre une jolie expression lue ici, il suffit parfois d’une « petite gratouille à l’ego » pour que les photos faites par des amateurs d’images soient diffusées, relayées par des médias peu regardant sur l’origine des matériels, surtout lorsque ces médias peuvent toucher des clichés à titre gratuit. On ne me la fera pas. Autant je suis tout à fait disposé à donner un coup de main à un jeune qui démarre, autant il est définitivement hors de question pour moi de soutenir un jeune photographe dont ce n’est pas le métier. Que les choses soient claires. Je n’ai rien contre les boulangers, les avocats, les chirurgiens, les camionneurs, les institutrices, les puéricultrices et consorts qui pratiquent au jour le jour la photographie, mais je vous le dis clairement. Ce n’est pas votre job, ce n’est pas ce qui vous fait manger, quand vous squattez un spot ou obtenez une accréditation, vous occupez le terrain d’un professionnel et ça, c’est mal. Et encore s’agit-il là de court terme. Parce que si cette situation perdure et que l’on n’y prend pas garde, cette profession qui souffre est appelée à disparaître progressivement. Comme les dinosaures.

crédit photo : The Dø – Juliane Lancou

voir le site internet de Juliane Lancou

Projective. Nikon mirrorless un jour sur le marché des APN hybrides ?

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Paris. Parvis de Notre dame, un lieu aussi mythique que sublime. Qu’on soit photographe ou pas, quand on est sur le parvis de cette cathédrale, on n’a qu’une envie, c’est de faire une petite photo. C’est comme ça que je me suis retrouvé au milieu de la place à déballer mon matos, à sortir l’énorme D3s, juste pour faire une petite photo. Et là je me suis rappelé, aussi loin qu’il m’en souvienne, que j’ai toujours plus ou moins fantasmé sur un appareil photo qui serait à la fois compact et discret, capable d’accueillir des objectifs interchangeables et de générer une excellente image. Bon, vous me direz, cet appareil existe, chez Leica. Je me souviens d’avoir croisé, il y a quelques années à Brest un photographe de renom qui faisait des photos avec un compact. Alors que je m’étonnais de le voir utiliser un compact, il avait eu cette phrase radicale : « la qualité n’est pas top mais ça me suffit. Et en plus, il a une grande qualité, il tient dans ma poche. » D’ailleurs, à l’époque j’avais moi-même opté pour un Powershot que j’utilise encore de temps à autre aujourd’hui. Seul travers de ce type de boîtier, un capteur rikiki, une optique moyenne et surtout fixe. L’idéal serait un boîtier compact, petit mais costaud, puissant, capable d’utiliser des objectifs interchangeables, une sorte de boîtier hybride, à mi-chemin entre le compact et le reflex. C’est ça. Petit comme un compact. Puissant et évolutif comme un reflex. Ce concept existe, il va se développer, mais quand ? On le désigne de l’acronyme MILC, pour Mirrorless interchangeable lens camera.

Mirrorless ? Kezako ?
Un appareil photo numérique « mirrorless » est un boîtier hybride qui se situe entre l’APN compact et le reflex. Il est doté d’objectifs interchangeables, d’un capteur de grande taille (à la différence du compact), ne dispose pas de miroir (d’où le nom) et surtout il est capable de produire une image d’excellente qualité dans une taille réduite. Panasonic a initié le mouvement avec son Lumix GF1 qui a connu un véritable engouement de la part de ses utilisateurs, puis ont suivi Olympus, la série NX de Samsung et bien sûr Sony qui a pris des parts de marché importantes avec son modèle NEX, notamment sur l’Asie. L’engouement des photographes, tant amateurs que professionnels, pour ce type de boîtier s’explique non seulement par la qualité d’image que ces petits APN sont susceptibles de produire mais aussi de leur capacité à changer d’objectifs. Sur la série G de Lumix, par exemple, il est non seulement possible d’utiliser l’excellente gamme proposée (comme le 14mm f2,5 surnommé « Pancake ») mais aussi, via un adaptateur, de monter des optiques tierces, comme celles de la mythique gamme FD de Canon. On est alors à la fois sur le terrain de l’exploration, si chère au cœur de nombreux photographes et on peut toucher au sublime quand on sait l’importance de l’utilisation d’une optique en photographie. Car, comme disait l’autre, c’est par l’optique que la lumière passe. Ceci explique d’ailleurs le regain d’intérêt pour ces optiques anciennes signées Canon dont la côte ne cesse de grimper depuis qu’il est possible de les utiliser sur ce type de boîtier, au grand dam des vieux collectionneurs (suivez mon regard).

Canon : no MILC today
Mais le rêve a ses limites, en tout cas aujourd’hui. D’abord, sur ce genre de boîtier, il n’y a pas de viseur optique et rien que ça, pour toute une génération de photographes habitués à la visée reflex, c’est carrément rédhibitoire. Car sans visée reflex ou télémétrique, il n’y a guère d’alternative. On est condamné à l’utilisation du liveview avec toutes les difficultés induites en matière de contrôle du focus, d’autant que l’autofocus se réalise par détection de contraste, plus lent et moins réactif que sur un reflex, surtout sur un capteur de grande taille. D’ailleurs Masaya Maeda, directeur des produits chez Canon Image (qui prévoit semble-t-il un modèle mirrorless en 2012) confirmait ce point dans une interview de septembre 2010 : « La rapidité de l’autofocus est au centre des préoccupations de Canon pour ce type d’appareil », et selon Canon « les performances sur ce point pour les mirrorless actuels sont sensiblement en retrait par rapport aux reflex actuels. » Par ailleurs, dans cet entretien ce haut responsable Canon évoquait aussi « le manque de succès relatif des bridges » mettant en avant le viseur électronique par rapport au viseur optique. Sans compter que le marché du mirrorless pourrait être un frein éventuel sur le marché du reflex, bien que je ne sois pas convaincu de l’absolue pertinence de cet argument.

Nikon s’engouffrera-t-il dans le segment MILC ?
Le net s’agite de rumeurs en tout sens. Dans une interview donnée à Bloomberg en 2010, le président de Nikon, Makoto Kimura annonçait que Nikon allait sortir un appareil photo hybride (faut-il entendre par là sans miroir ?) à objectifs interchangeables et doté de fonction vidéos avancées, la volonté de Nikon étant de « créer un nouveau marché ». C’est d’ailleurs ce qui différencie, à mon sens, Nikon de ses concurrents (comme Sony, par exemple, cantonné au marché asiatique), la marque jaune ayant une réelle capacité planétaire pour donner une véritable impulsion à ce segment de marché. Le mirrorless, projet stratégique ? Bigre ! Alors que je voyais passer avec une certaine désinvolture (voire un désintérêt quasi total) ce projet, je réalise tout à coup tout l’intérêt d’un tel produit dans une stratégie de développement. J’ai donc voulu en savoir plus. Du côté de chez Nikon, est-il bien utile de préciser que le black out est complet ? Je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais, de toute ma vie, entendu le mot « mirrorless » dans la bouche d’un membre du staff Nikon. En matière de projective, il me fallait donc chercher ailleurs, en particulier sur internet.

Il semble que Nikon travaille à un nouveau concept d’APN depuis plusieurs années, des propos confirmés par Monsieur Kimura lui-même dans une interview figurant sur le site même de Nikon Corp., je cite, in extenso : « Nous avons presque terminé le développement d’un appareil photo numérique de nouvelle génération sur lequel nous avons commencé à travailler il y a plusieurs années, ce qui offrira aux clients de nouvelles façons de profiter des images. Nous suivons actuellement les tendances du marché mondial, nous considérons le moment approprié pour le lancement de ces nouveaux produits. » Ces jours derniers les choses se sont nettement précipitées, faisant pressentir que « le moment approprié » souligné par Monsieur Kimura pourrait approcher à grands pas. Un communiqué de Reuters affirme sans ambages : «Les actions de Nikon Corp. ont augmenté pour la troisième journée consécutive vendredi, après la spéculation du marché sur le lancement de l’entreprise de son premier appareil photo mirrorless était stimulé par un rapport dans le journal Nikkei affirmant que le nouveau produit serait sur le marché d’ici la fin de l’année. »

Le Mirrorless vu par Nikon Corp : comme les autres mais en nettement mieux.
Connaissant un peu la marque jaune, on n’imagine pas de les voir débouler sur un segment de marché comme le mirrorless sans biscuit. Alors, rêvons un peu ! Il pourrait y avoir quoi dans cette merveille ? Un boîtier compact, visée liveview,un capteur de 10 à 12mp sensiblement plus petit qu’un format 4/3, livré avec un objectif 10-30 (et un coeff de 2,8 ?). Si un adaptateur F-mount était disponible, ça serait une véritable cerise sur le gâteau ! Ainsi, les propriétaires de gros reflex lourds et encombrants pourraient partir en week end et voyager léger, si vous voyez ce que je veux dire. Et là, comme Georges piaffant d’impatience en attendant sa commande de Voluto, j’ai envie de dire : « What else ? » Le reste tient en un mot : vidéo. Ce petit APN pourrait embarquer un processeur maousse costaud (comme Expeed 3 ?) et avec ce moteur puissant on peut imaginer que le petit engin pourrait être capable de générer de la vidéo au format 4K (soit une déf quatre fois supérieure au full HD). Et là, à l’instar de Doc Emmett Brown hurlant « 2,21 gigowatts ?! » je vous entends hurler « Quatre fois supérieur au full HD ?! » Bienvenue dans le futur.

4K c’est la ultra haute définition, on l’utilise déjà dans le cinéma numérique. C’est une définition de 4096 par 2160 pixels, un poil plus large que le 16/9ème. Pour info, Youtube a annoncé récemment que leur site supporte désormais le standard 4K. Ce futur standard 4k va reléguer le Full HD au rang d’une aimable plaisanterie vintage très rapidement. Aujourd’hui pour filmer en 4K il faut utiliser une caméra numérique du calibre Red (à titre indicatif une Red one coûte 25.000$). Et là vous me dites : « Si je comprends bien, en clair, ça veut dire qu’on pourrait shooter en 24 images par seconde, en mode 4k et que chaque image sera exploitable ? » Comme vous y allez, mais oui, pourquoi pas ? Le tout avec un autofocus silencieux et actif en temps réel. Reste la difficulté liée à la visée liveview… Mais on peut rêver, non ?

3615 Qui n’en veut ?
Un boîtier compact, capable de générer une image d’excellente qualité (fixe et vidéo), discret, évolutif, je pense pouvoir dire qu’on en a tous un peu rêvé, non ? Quand j’étais minot, le Leica M3 de Larry Burrows puis le M5 de Cartier-Bresson, leur 35mm ou leur 50mm me faisaient rêver ! Alors bien sûr si un jour Nikon me proposait un petit boîtier musclé, sur lequel je puisse monter mes cailloux Nikkor via une bague d’adaptation, ce serait le bonheur, même si entre nous j’imagine mal mon 70-200 sur un boîtier compact ! Si en plus ça fait de la vidéo de qualité, pourquoi pas ? Plus sérieusement, ce qui m’attire dans ce projet, c’est le capteur musclé et la configuration boîtier et optique pancake (genre 10 ou 12mm). Pour retrouver le plaisir de se balader sans s’encombrer sur le parvis de Notre Dame et avoir un appareil de qualité, évolutif et qui tient dans ma poche. Si en plus le prix d’introduction est raisonnable, je résisterai à la tentation, façon Oscar Wilde…

Je médite encore les propos de Monsieur Kimura, évoquant « un appareil photo numérique de nouvelle génération » qui permettrait d’appréhender le monde de l’image d’une nouvelle façon. Depuis que la photographie existe, la façon de l’appréhender n’a finalement jamais cessé d’évoluer, rendant sa pratique toujours plus attractive, permettant à notre curiosité et à nos regards d’aller toujours un peu plus loin, pour aller chercher des images curieuses et inédites. Curieux. Le mot est lâché. Être photographe, c’est sans doute ça, c’est être avide de curiosité, d’avoir envie ce capturer un instant décisif si cher au cœur de mon cher Henri, adepte du boîtier compact et discret. Le mirrorless pourrait être une nouveauté technologique qui nous permettrait de réinventer un mode d’accession à l’image. Je ne sais pas, vous, mais moi ça me tente, plutôt deux fois qu’une ! En vérité je vous le dis. La photographie n’a pas fini de me faire rêver…

Un Nikon D800 au pied du sapin et un Nikon D4 en 2012. Et un nouveau processeur Expeed 3 ? Le point sur les rumeurs et l’avenir du marché du reflex.

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Vous sentez ? Non, vous ne sentez rien du tout parce que le blackout est total et que c’est la valse des clauses de confidentialité. Je ne sais pas, vous, mais moi je trouve que ça fait quand même un bail qu’on attend, non ? Et là je ne parle même pas uniquement de Nikon mais aussi de la boutique d’en face, chez Canon. C’est vrai, entre temps il y a eu cette terrible tragédie de Fukushima et la production nippone a pris un singulier coup dans l’aile. On a l’impression que les deux grands constructeurs mondiaux que sont Nikon et Canon (et inversement selon votre préférence) se regardent en chien de faïence, comme un duel au soleil sur Main street, attendant de savoir qui va dégainer sa nouveauté en premier. De vous à moi, je suis pour ma part infiniment moins intéressé par d’éventuelles annonces que je ne l’étais il y a encore un an. Depuis, de l’eau a passé sous les ponts et je vogue depuis lors en compagnie de Nikon D3s qui est définitivement le putain de reflex numérique que j’espérais. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, j’ai le privilège (oui, oui, c’en est un) de pouvoir tester des optiques d’exception quand j’en ai envie, ou le besoin (voire les deux) avec la complicité de mes camarades tout de jaune vêtus. Mais que voulez-vous ? On ne se refait pas et puis entre nous, aussi bon que soit ce D3s, il a quand même un travers de poids, si je puis me permettre. J’ai bien un Nikon D7000 en backup mais je ne peux pas vous dire la couleur qu’il a, car en bon boîtier backup qu’il est, il demeure dans sa boîte en attendant une hypothétique défaillance du grand frère, ce qui entre nous n’est pas prêt d’arriver. En plus, franchement, quand on passe ses nuits dans un palace au format FX (le fullframe made in Nikon) du calibre de D3s, on n’a pas vraiment envie de coucher dans un trois étoiles même très confortable mais au format DX, c’est humain. Certes. Mais… si Nikon avait l’intention de nous proposer un nouveau reflex, successeur de l’excellent D700, je tendrais volontiers l’oreille ! Un reflex pro fullframe qui pourrait s’appeler Nikon D800, qui embarquerait des fonctionnalités directement héritées de Nikon D3s voire plus si affinités ? Un boîtier plus fort, qui irait haut, plus loin, plus vite ? Et là, à l’instar de Pierre de Coubertin toujours prêt à participer aux jeux, je dis qu’on demande à voir.

Canon, Nikon. L’état des lieux.
Alors, il en est où, au jour d’aujourd’hui, le marché du reflex professionnel ? D’un côté il y a Nikon qui affiche une santé flamboyante, certains diront insolente, sur tous les segments de la photographie, plus de 25% de parts de marché en juillet 2011, excusez du peu. On a l’impression que Nikon n’a finalement que peu subi la crise, malgré la crise économique, malgré la crise boursière, malgré les cataclysmes naturels comme le tsunami. J’ai l’impression qu’à l’image des irréductibles gaulois qui ne craignaient qu’une chose, c’est que le ciel ne leur tombe sur la tête, les membres du staff Nikon ne redoutent qu’une chose, aujourd’hui, c’est de ne pas pouvoir fournir leurs clients dans les délais, tant la demande est forte. Nikon cartonne. C’est un fait avéré, non seulement sur le segment de la photographie professionnelle mais aussi, il faut le savoir, sur les segments grand public. Et en face ? J’ai envie de dire, avec une once de réalisme mâtinée de mélancolie, qu’en face, sur le marché de la photographie et du reflex pro, il ne me semble y avoir plus personne ou quasiment. Voyons les choses avec pragmatisme et sans cynisme aucun, sur le segment pro, Canon n’existe quasiment plus, virtuellement. Considérons son offre actuelle : un EOS 1D Mark IV (qui rappelons-le est doté d’un capteur non fullframe), un EOS 5D Mark II, seul reflex numérique fullframe de la gamme, un modèle vieillissant qui n’est toujours pas remplacé alors qu’il a été introduit voilà maintenant plus de trois ans. Sur le segment haut de gamme, Canon peine à annoncer un EOS 1DS Mark IV et souffre encore de l’épisode peu glorieux du 1D Mark III… Dieu merci, comme un petit miracle, l’intuition de Canon d’occuper le terrain de la vidéo avec un reflex numérique a été salutaire. D’ailleurs aujourd’hui, force est de constater que Canon ne communique plus que sur ce seul sujet, la vidéo. À ce propos, deux constats. D’abord, Canon a vu sa clientèle « historique » de clients photographes professionnels s’éloigner, au profit de Nikon (« et c’est rien de le dire » me disait un revendeur professionnel). Ensuite, la stratégie de repli sur le segment vidéo, ce que techniquement on désigne par « hybridation des médias » pourrait bien s’avérer particulièrement périlleuse à long terme pour la marque rouge. Vendre des reflex à 2000 euro pour combler les attentes des vidéastes de tout poil c’est bien, mais c’est aussi se tirer une balle dans le pied quand on sait que Canon est également un fabriquant de matériels vidéos de pointe. D’autant qu’on peut compter sur Nikon pour ne pas rester les deux pieds dans le même sabot et les bras ballants sur le segment de la vidéo et, à mon avis, de ce côté là aussi on peut s’attendre à quelques innovations musclées dans les mois à venir. Une réponse du berger à la bergère qui pourrait bien intervenir justement sur un D800 qui, pour le coup aurait tout d’un grand. Parce qu’en face de Canon et sa gamme pro réduite à la portion congrue, Nikon affiche une offre carrément musclée : D3x, D3s, D3, D700 et vient agacer Canon sur le segment expert de EOS 7D avec un D7000 qui collectionne tant les compliments des utilisateurs que les Awards, tout en étant d’un prix nettement plus abordable. Alors ? Vous sentez maintenant hein ? Comme moi vous sentez débouler Nikon qui a, face à lui, un véritable boulevard. Dans les mois à venir, je veux bien parier un Breizh Cola au bar du Vauban (à Brest) que les annonces vont vous donner le tournis… Nikon va nous en faire voir de toutes les couleurs.

Un Nikon D800 au pied du sapin, d’abord.
Mon petit doigt (qui en sait des choses) me dit que tout ceux qui attendent une annonce de la part de Nikon depuis des mois ne vont pas être déçus. Tout le petit monde des amateurs de jaune s’était un peu excité la calebasse avec des annonces fin août et il se murmure que peut-être la fin du mois de septembre (certains évoquent la date du 21) pourrait nous apporter de bonnes nouvelles. Puisqu’on en est au petit jeu des prédictions, pour ma part, je verrais bien une annonce Nikon (Allez ! Soyons fous…) vers le milieu du mois d’octobre, ce qui veut dire une disponibilité produit, en magasin, pour la fin de l’année. De temps en temps, il faut s’engager. Après tout, j’avais eu bon sur l’annonce de 1D Mark IV en octobre 2009 quand le reste du monde tablait sur mars 2010, non ? Franchement, j’y crois volontiers, je dis et je redis donc « annonce d’un successeur du D700 par Nikon à la mi octobre 2011 et dispo en magasin pour Noël » et c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

OK. C’est noté. Un Nikon D800 (ou Nikon D900, on ne va pas chipoter sur la dénomination) au pied de mon sapin, ça c’est fait. Reste à savoir les specs du boîtier en question et là encore on fonctionne à l’intuition et au recoupement d’informations. Nikon D800 sera un fullframe, évidemment. On l’imagine un poil plus musclé en pixels que son grand frère D3s et ses modestes 12mp, mais on connait aussi la prudence de Nikon sur ce sujet, alors je serais tenté de voir un reflex à 14 voire 16mp. Une gestion des hauts iso directement héritée du D3s et tout ce qui a déjà fait le succès des reflex Nikon, dont cet excellentissime autofocus. Mais finalement, c’est surtout à l’intérieur, au cœur de la bête, que l’innovation risque d’être la plus palpable, avec l’éventualité d’un nouveau processeur Expeed 3.

Expeed 3. Citius, Altius, Fortius.
expeed-3-un-nouveau-processeur-nikon-en-2011Plus vite. Plus haut. Plus fort. La devise olympique colle parfaitement à ce que Nikon pourrait bien nous concocter et par là-même nous annoncer. Rien de moins qu’un successeur à Expeed 2, l’événement pourrait s’avérer considérable car, on a tendance à l’oublier un peu vite, nos reflex numériques sont d’abord de véritables ordinateurs embarqués de traitement d’image et à l’instar de l’ordinateur qui trône sur mon bureau, ce qui fait la puissance et les capacités d’un appareil photo numérique tient dans son cœur, dans sa capacité à traiter l’image, plus vite, plus haut, plus fort. On ne sait rien ou quasiment du projet Expeed 3 mais on veut bien imaginer ce que Nikon gamberge dans le plus grand secret pour ce nouveau processeur, capable d’engloutir et de traiter de l’information avec infiniment plus de puissance et de performance. Et dans quel domaine a-t-on besoin de puissance, je vous le demande ? Dans le traitement du signal vidéo, pardi. Et là je sens bien que votre imagination se met à cavaler à la vitesse d’un cheval au galop, hein ? Un Expeed 3 capable d’ingurgiter de l’image c’est aussi la capacité d’enregistrer un flux vidéo en full HD avec un niveau de qualité jamais égalé. Fermez le ban. Et là vous me dites ? Un reflex numérique Nikon qui embarquerait des fonctionnalités liées à un nouveau processeur dont la capacité de traitement permettrait l’enregistrement d’un flux vidéo au format RAW, par exemple ? Vous y êtes.

Quarante jours de patience.
Vous sentez ? Bien sûr, maintenant, je suis persuadé que comme moi, vous sentez le coup venir. Il se prépare quelque chose de gros, de monstrueux du côté de chez Nikon. Un nouveau reflex pro fullframe d’ici Noël, peut-être équipé d’un nouveau processeur Expeed 3, sur ce coup-là je veux bien miser mon D3s et mes optiques Nikkor et une annonce d’ici mi-octobre. Des fonctionnalités en terme de vidéo et à ce chapitre je sens bien la volonté de Nikon de taper un grand coup, histoire de faire vaciller le quasi monopole de Canon sur son socle. Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là, évidemment. On espère que la marque rouge saura réagir en présentant un hypothétique EOS 5D Mark III et un EOS 1DS Mark IV. De toutes façons Canon n’a pas le choix, ils doivent réagir car les coups de butoir de Nikon sont sévères. Contrairement à l’adage cher au cœur de l’estimé Pierre de Coubertin, dans ce monde industriel l’important n’est pas de participer, mais de gagner… D’autant que 2012 apportera aussi son lot de nouveautés, avec l’annonce plus que probable d’un Nikon D4 qui doit être prêt et dispo dans les sacs des reporters photos pour les Jeux Olympiques de 2012 à Londres, en été. Les mois qui viennent s’annoncent excitants pour tout ceux que la photographie numérique passionne. Alors, plus que jamais… Stay tuned !

Festival les Vieilles Charrues 2011. Kerampuilh, c’était demain.

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On attend ce moment toute l’année et arrivé comme aujourd’hui à la veille du festival, il y a comme une douce quiétude qui a fait place à l’angoisse des semaines précédentes. Voilà. On y est. Demain je signe pour le Festival des Vieilles Charrues 2011, vingtième édition, la huitième pour moi en temps que photographe officiel. Ça, des photographes, dans les jours qui viennent, c’est pas ça qui va manquer, on va en voir partout, surtout dans le pit de la grande scène à Glenmor. Si vous voulez voir du matos, du gros, du lourd, du tatoué, c’est là qu’il faut être. Aucun doute possible, pour voir du matos photo, la fosse de Glenmor à Carhaix en juillet, c’est vachement mieux que le Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris en octobre. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore ma feuille de route. Comme chaque année j’ai listé mes concerts probables et comme chaque année il me faudra réduire la toile et les ambitions qui vont avec. Les timings seront serrés, comme toujours. Par exemple, le vendredi où l’un de mes groupes chouchous, The Octopus (vainqueurs du tremplin des Jeunes Charrues l’an passé) ouvriront à Kerouac alors que mes potes brestois de Siam seront à Gwernig (ex-Cabaret breton) exactement au même moment. Pour shooter les deux, il va y avoir du sport.

Hier soir j’ai fait un check du sac, comme tous les ans. Cette année, je vais voyager beaucoup plus léger que l’an passé où j’embarquais deux boîtiers Canon, dont l’un (un excellent EOS 1D Mark IV) était en test en partenariat avec la marque rouge. Après avoir finalement décidé de switcher pour Nikon au début de cette année, c’est avec mon reflex Nikon D3s que je vais arpenter la plaine, amenant avec moi mes deux cailloux de prédilection. D’abord le fabuleux Nikkor 70-200 2,8 VRII, mon optique de référence, ensuite l’étonnant Nikkor 24-120 f4 qui ne cesse de m’époustoufler. Pouvoir couvrir les focales de 24 à 200 avec deux optiques, c’est le bonheur, non ? Et puis cette année, quand même, il fallait bien que je profite de l’événement que sont les Vieilles Charrues et du fait que Nikon France est partenaire du festival (oui, j’y suis un peu pour quelque chose et je n’en suis pas peu fier, de ce rapprochement entre mon festival et la marque jaune) pour solliciter un test grandeur nature. Pour Nikon je vais donc tester le discret doubleur de focale TC20-EIII. Un accessoire discret, léger, petit mais costaud. Grâce à lui, le 70-200 double sa focale (mais perd deux diaphs), je vais donc couvrir les focales de 24 à 400 avec deux optiques et demi.

Quoi d’autre d’essentiel dans mon sac Lowepro Topload cette année ? Pas grand chose à vrai dire. Nikon D3s embarque deux cartes Sandisk Extreme 32G et une carte 16G en secours, au cas où. Mais avec une capacité de plus de trois milles clichés (au format RAW) par jour, je ne risque pas la saturation, d’autant que cette année le mot d’ordre est « zen ». Ma bretelle Fnac pour mon pass, quelques pansements pour les pieds en cas d’ampoules, mes bouchons d’oreilles, ma sangle Optech, des lingettes Vu pour nettoyer mes optiques. Mon flash Nikon (SB900) que je n’utiliserai sans doute pas, quelques cartes de visite, une mini lampe torche Nitecore waterproof qui éclaire mieux qu’une énorme Maglite et qui tient dans ma poche. Last, but not least, mon médiator fétiche, qui m’accompagne à tous les concerts et qui m’avait été offert par Sammy, mon guitar hero de feu Matmatah, après un concert épique.

Zen et léger, c’est le mot d’ordre pour cette édition 2011. Je vais sans doute m’intéresser un peu plus aux festivaliers cette année, si mon planning m’en laisse le temps, profiter pour aller rencontrer des gens, parce qu’au fond, ce festival des Vieilles Charrues n’existerait pas sans son public et sans ses bénévoles non plus. J’irai voir le mythique tirer de charrue mené de main de maître par les frères Morvan, j’irai boire un verre de lait avec les jeunes agriculteurs et comme chaque année je n’aurai pas le temps de manger des patates au lard. Je sais déjà que les quatre jours qui viennent vont filer comme l’ombre et que lundi on aura tous le blues. On comptera alors les jours qui nous sépareront de la vingt et unième édition des Vieilles Charrues… Mais ça, gast ! On n’y est pas encore ! Demain c’est le début de la fête. Si vous me croisez, sur la plaine, faites-moi plaisir ! Venez me voir. Je ne vous garantis pas qu’on aura le temps de boire une Coreff ou un Breizh Cola, mais on aura sûrement le temps de faire une petite photo souvenir…

Canon New F1, FD 85mm f1,2L. Entrez dans la légende.

canon New F1 et objectif 85mm f1,2LJ’ai déballé le paquet fébrilement. Quand on achète un caillou d’occasion sur eBay, c’est toujours un peu la loterie, même si dans le cas présent mon vendeur japonnais a une réputation en or massif, mais bon, on ne se se refait pas. Avant d’ouvrir la boîte, j’ai un petit coup de nostalgie, je repense à mon premier reflex Canon offert par ma chère mère qui se disait que finalement, après avoir essayé un tas de trucs pour occuper mes jeudis après midi, elle avait peut-être enfin trouvé le bon plan pour son fils préféré. Elle ne savait pas, à l’époque, que ce cadeau allait changer ma vie de manière radicale. Quelques années plus tard, c’est avec un Canon F1 et quelques optiques de légende (dont le fabuleux FD 55 f1,2 S.S.C. acheté mille balles en 1980 à un pote photographe qui switchait pour le modèle aspherical) que j’ai commencé à taper de l’image. Et puis le temps a passé, j’ai eu un Canon New F1, le boîtier parfait que j’ai revendu et d’ailleurs je m’en suis toujours voulu. Jusqu’à ce que, il y a quelques mois, sur un coup de tête autant qu’un coup de cœur je ne rachète à vil prix un New F1 absolument neuf qui n’avait pas vu plus de trois pellicules de toute sa vie ! Un reflex d’exception c’est bien. Avec une optique d’exception, c’est vachement mieux.

On peut raconter ce qu’on veut sur Canon, mais il y a une chose qu’on ne pourra jamais leur enlever. Canon a produit dans son histoire des optiques qu’on peut classer parmi les meilleures optiques de tous les temps. C’est comme ça, c’est un talent, une marque de fabrique. Canon est indubitablement orfèvre, depuis toujours, en matière d’optiques et quand on sait l’importance primordiale d’un caillou dans un ensemble photographique (comme disait l’autre, c’est par là que passe la lumière) on imagine aisément l’importance, pour un photographe, de pouvoir compter sur ses objectifs. De toutes les optiques de la gamme Canon FD, il en est une qui se démarque des autres, par l’ensemble de ses qualités, c’est le FD 85mm f1,2L. D’ailleurs cet ensemble optique est tellement parfait qu’il a survécu à l’abandon de la gamme FD lorsque Canon créa la gamme EF pour EOS, l’actuel EF 85mm f1,2L étant le digne successeur de son ancêtre. Je ne peux pas vous dire à quel point j’ai fantasmé sur ce caillou, d’ailleurs tous les photographes pros qui ont bossé en argentique avec du Canon ont eu un jour ou l’autre la tentation de craquer pour cet objectif ultra lumineux, au piqué dantesque, avec une qualité de bokeh renversante, le caillou de référence pour taper du portrait. Je dois avouer que moi-même j’ai failli casser la tirelire plus d’une fois, toujours retenu par le prix résolument rédhibitoire de l’engin qui déjà à l’époque coûtait un œil !

Béni soit le cours de l’euro face au dollar US ! Par la grâce des flux monétaires où 1000 $ deviennent au cours du jour 680€, j’ai vu passer au Japon chez un vendeur eBay particulièrement réputé, un Canon FD 85mm f1,2L à un prix attractif, en achat immédiat. Je n’ai pas trop réfléchi, jugeant que les photos et le sérieux de mon vendeur étaient des garanties suffisantes et j’ai signé. Quatre jours plus tard, ce matin donc, j’ai reçu mon paquet livré par Chronopost. C’est à l’emballage qu’on reconnaît la qualité d’un bon vendeur et là, mon ami japonnais n’a pas lésiné sur les moyens, mazette ! Et puis finalement, après un ultime et délicat papier de soie, je le découvre enfin et là, wouah ! Le choc. En fait ce caillou est « mint » comme on dit en anglais pour qualifier un objectif en état neuf. Il n’a pas dû beaucoup servir, voire il n’a pas servi du tout. La bague de diaph clique clairement, le focus est très fluide. Aucune trace de choc, pas une rayure, pas une poussière, mais le meilleur est à venir. J’ai monté quatre à quatre l’escalier pour récupérer mon New F1. Une fois le 85 monté, petite respiration, l’œil gauche dans le viseur et là, bien sûr je lâche « ah ouais ! Quand même ! » Submergé par l’émotion d’une image limpide, d’un viseur clair (doux euphémisme). Voilà, on y est. Bienvenue dans la perfection optique absolue. Mais, finalement, le meilleur des boîtiers, la meilleure des optiques ne valent que par les images qu’on en tire. J’ai un projet assez précis qui me taraude depuis des années et que je vais réaliser avec cet ensemble. Une chose est sûre en tout cas, ce 85mm de légende ne quittera désormais plus jamais son boîtier légendaire. Il était écrit que ces deux-là, l’un au Royaume Uni l’autre au japon, étaient faits pour se rencontrer, un jour ou l’autre. Long is the road…

Laboratoire argentique. De la théorie à la pratique, un seul mot d’ordre : DIY.

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Je viens de développer coup sur coup deux pellicules Kodak TriX. Difficile de traduire l’émotion et le plaisir que cet acte procure. C’est comme un témoignage, une gratitude au passé. Et disons-le clairement, un passage quasi-obligatoire si l’envie vous prend de tâter un peu des cristaux d’argent. D’abord parce que le développement de la pellicule c’est le prolongement naturel de l’acte photographique. C’est un ressenti, comme une osmose chimique avec ses clichés, c’est prolonger la naissance d’une image, aller au terme, au bout du rêve. L’image que vous avez conçue dans votre viseur, vous allez contribuer à la révéler, que rêver de mieux ? Ensuite parce que techniquement c’est à la portée de tout le monde. Il faut juste un peu de patience et de technique que vous apprendrez à maîtriser. Enfin et surtout ! Parce que faire soi-même, ça a deux avantages majeurs. D’une, vous savez ce que vous faites. Si vous avez bien fait, vous pouvez le reproduire et si ça ne vous plaît pas, vous pouvez toujours améliorer. De deux, quand on fait soi-même ça coûte toujours moins cher que lorsqu’on le fait faire par un autre ! Mieux et moins cher. De vous à moi, je m’étais renseigné sur les tarifs de développement des laboratoires « professionnels ». Pour développer une pellicule TriX 400, l’addition était plutôt salée. Entre le prix du développement lui-même et la réalisation de clichés basses déf livrés sur CD (14,50€), les frais de port aller-retour (12€) j’arrivais à un ticket de 26,50€. Pas donné le prix du rêve, hein ? Alors qu’à y regarder de plus près, il faut à tout casser une demi-heure pour développer une pelloche avec un coût de revient carrément rikiki. Le calcul est vite fait et tient en trois lettres chères au coeur de nos amis anglo-saxons. DIY. Do it yourself ! Non seulement c’est amusant, c’est de surcroît gratifiant et ça coûte vraiment pas grand chose. Juste le temps que vous allez y passer. Et au risque de me répéter, la grande vertu de l’argentique c’est justement ça. Le temps. Alors, vous êtes prêts ? Suivez le guide !

De la méthode !
Comme disait ce cher René (Descartes hein ? Pas le mari de la Céline), le secret réside dans la méthode. Soyez bien organisé et vous verrez, ça va être tout de suite beaucoup plus facile ! En gros pour développer une pellicule argentique, vous avez besoin de quoi ? Une cuve, des produits de traitement (révélateur, bain d’arrêt, fixateur, lavage et rinçage), quelques bidons, un thermomètre et un point d’eau. Pas franchement sorcier, donc. C’est souvent la cuisine qui sert de laboratoire provisoire, le temps du développement. Prenez soin d’éloigner les produits alimentaires, il s’agirait de ne pas confondre Nesquick et Lavaquick. Utilisez du matériel dédié au développement : entonnoir, torchons, éponge, histoire d’éviter que votre yaourt n’ait un goût de révélateur. J’ai une grande mallette en alu dans laquelle je stocke tout mon matériel qui est ainsi à l’abri de l’air, de la lumière et des prédateurs (mes chats). En gros, vous allez avoir besoin de certains produits que vous n’utiliserez qu’une fois, c’est ce qu’on appelle le bain perdu, c’est le cas du révélateur Kodak D76, du produit de lavage Lavaquick (Tetenal) et du produit de rinçage Photo Flo (Kodak). En revanche d’autres produits sont réutilisables plusieurs fois, comme le bain d’arrêt Tetenal Indicet ou le fixateur Kodak Fixer. L’idéal est de positionner vos produits de traitement sur la table de travail, de gauche à droite, prêts à être utilisés :

le révélateur (à gauche, pastille verte), dont vous allez préparer une dose dans un broc gradué. Si votre cuve fait 500ml, il suffit de mélanger 250ml de révélateur D76 à 250ml d’eau, de bien mélanger et de veiller à ce que le tout soit à une température de 20° c. Au besoin vous utiliserez un bain-marie : une grande bassine, de l’eau à bonne température et vos bouteilles ou bidons dans la bassine.

le bain d’arrêt (pastille orange) est prêt dans sa bouteille accordéon. Devant lui une bassine en plastique vide est disponible pour récupérer le liquide après le traitement.

le fixateur (pastille rouge) est aussi en attente. Après utilisation, il sera aussi récupéré dans sa bassine.

le produit de lavage Lavaquick est un produit qui se jette après chaque utilisation. Une bouteille de jus de fruits en PVC de récupération permet de faire la préparation (20ml de Lavaquick pour 430ml d’eau à 20° c).

le produit de rinçage Photo-Flo est également un bain perdu. J’utilise une éprouvette graduée et un compte-gouttes pour le préparer à raison de 10 gouttes pour 500ml d’eau à 20° c. Un conseil évitez de trop remuer, Photo-Flo a tendance à mousser !

Voilà. Vos produits n’attendent que vous. Comme le processus de développement se fait d’une traite, le fait d’avoir tous les éléments sous la main, de savoir où se trouve chaque produit, dans l’ordre logique, va vous faciliter grandement la tâche dans l’application des quatre traitements successifs. Et encore une fois, soyez zen et prenez votre temps. Vous avez logé votre film est dans votre cuve de développement dans le noir complet ou bien comme moi vous utilisez une cuve Jobo Daylight, lorsque le film est à l’abri dans la cuve, vous êtes prêt.

Le développement du film négatif en cinq étapes.

1- Le révélateur
C’est la première phase du développement et autant le dire clairement, c’est là où tout se joue. Vous devez faire tremper votre film négatif pendant la durée indiquée par le fabriquant du révélateur pour le film que vous utilisez. Dans mon cas, j’utilise le révélateur Kodak D76 pour une pellicule Kodak TriX 400 poussée à 1600iso. Le temps de développement conseillé par Kodak est de 13 minutes trente dans un révélateur à 20° c. Le fait d’utiliser un révélateur à bain perdu est une excellente méthode qui permet d’avoir une constance dans les résultats obtenus, pour un prix de revient modique (environ 0,48€ par film).

Ôtez le gros bouchon orange de votre cuve. Versez la dose de révélateur dans la cuve, d’une traite, remettez le bouchon. Déclenchez le chronomètre (celui de iPhone est parfait) et agitez votre cuve en la retournant pendant trente secondes. Attention. Vous ne préparez pas un cocktail, inutile de secouer la cuve comme si vous étiez en train de préparer un punch coco ! Reposez la cuve en la tapant légèrement sur la table (ou sur un tasseau en bois disposé sur votre table), ce qui a pour effet de dégager les bulles d’air s’il y en a. Ensuite, toutes les trente secondes, effectuez six ou sept retournements de la cuve rapidement, pendant cinq secondes. Vous verrez, vous allez rapidement trouver le rythme ! En n’oubliant pas de taper le cul de la cuve après chaque séance de retournements. Le temps passe. Vous pouvez mettre à profit les tranches de repos de la cuve pour préparer votre bouteille de bain d’arrêt.

Treize minutes trente, pas plus. Enlevez le bouchon de la cuve et videz la dans l’évier. La vidange ne dure guère plus de cinq à six secondes, c’est étudié pour ! Il est temps de passer au bain d’arrêt.

2- Le bain d’arrêt
Dans votre cuve vidée de son révélateur, remplissez avec du bain d’arrêt et remettez le bouchon. C’est le bain d’arrêt qui siffle la fin du jeu au révélateur, qui interrompt son processus. À partir de maintenant tout est plus calme. Pendant une vingtaine de secondes, tournez la cuve haut-bas à raison d’un retournement toutes les deux secondes. Quand c’est fait, enlevez le bouchon de la cuve et récupérez le bain d’arrêt dans la bassine prévue à cet effet.

3- Le fixateur
Le fixateur va dissoudre les cristaux d’argent non-développés. Le négatif devient transparent sur les zones non exposées et prend son aspect définitif. Lorsque vous avez rempli la cuve de fixateur et mis le bouchon en place, déclenchez le chronomètre. Kodak indique une durée de fixation de cinq à dix minutes, pour ma part je fixe pendant sept minutes environ. Du côté agitation, c’est le même tempo que pour le révélateur, le stress en moins. On agite pendant les trente première secondes, une petite tape sur le cul pour les bulles d’air, puis six ou sept retournements toutes les trente secondes pendant cinq secondes, avec la petite tape au bout des cinq secondes. Facile. Quand c’est fait, on récupère le produit dans sa bassine et on est content parce que c’est presque fini.

4- Le lavage
Il faut laver le film soigneusement et le rincer abondamment à l’eau claire, toujours à température de 20° c. Posez la cuve (toujours fermée) dans l’évier, faites couler l’eau dans la cuve par le trou central pendant deux minutes. Quand c’est fait, videz la cuve de l’excédent d’eau et remplissez avec la préparation Lavaquick. Ce produit est sensé amélioré la qualité du lavage du film et réduire le temps de traitement. Lorsque votre cuve est remplie, remettez le bouchon et agitez la cuve pendant deux minutes sans interruption. Puis, purgez la préparation Lavaquick et faites à nouveau couler de l’eau claire dans la cuve. Si vous disposez d’une cuve Jobo et du système Cascade, c’est le moment de l’utiliser, le lavage du film (pendant cinq bonnes minutes) n’en sera que meilleur.

5- Le rinçage
Versez votre préparation Photo-Flo dans votre cuve. Fermez avec le bouchon et tournez tranquillement la cuve haut et bas pendant trente secondes. Un conseil, ne secouez pas trop fortement la cuve car Photo-Flo a tendance à mousser. Voilà, pour le développement c’est fini. Vous voyez c’était pas sorcier. D’autant que l’instant magique, le vrai, c’est maintenant.

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Un soupçon de magie.
Fébrilement, vous ouvrez la cuve et là, il se montre enfin à vos yeux. En négatif les images que vous avez créées apparaissent sur le film. Même si le procédé chimique est connu, on ne peut s’empêcher d’être émerveillé. Vite, vous le secouez délicatement, vous attachez deux pinces lestées à chaque extrémité du film et vous le suspendez à l’abri de la poussière, au calme. Vous le laissez ainsi sécher tranquillement pendant quelques heures et puis, finalement, vous le découpez délicatement bandes de six vues que vous rangez soigneusement dans des pochettes de papier cristal. Maintenant, deux chemins s’offrent à vous. Quelques uns d’entre vous vont poursuivre le chemin et continuer l’aventure vers les joies de l’agrandisseur et les papiers barytés. D’autres (c’est mon cas), vont numériser les négatifs en utilisant un scanner à film. Qu’importe. Le moment où vous découvrez l’image, enfin, ce moment là n’appartient qu’à vous. Le négatif vous dévoile alors tous ses secrets. Il est intemporel. Mieux encore, il demeure contemporain et il est incroyablement moderne.

• cliché : Fredrika Stahl au Run ar Puñs en avril 2011. Canon New F1, Canon FD 55mm f1,2 SSC, Kodak TriX 400.

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Laboratoire argentique. Tout ce dont vous avez besoin pour bien démarrer.


Cette fois c’est décidé. Vous en avez envie ? Envie de retrouver des sensations fondamentales, de palper de la pellicule, de sentir des odeurs. Vous avez descendu du grenier une malle en bois du grand-père ou bien comme moi, vous avez craqué pour un sublime boîtier argentique que vous avez payé une poignée de moules sur internet. Au moment où j’écris ces lignes, j’attends de recevoir un objectif Canon 17mm f4 SSC acheté sur eBay pour 150€. Canon, Nikon, Leica, Pentax, Contax, … Le choix est vaste et l’offre encore abondante et tellement accessible. Je dis encore parce que je suis convaincu, comme je l’ai écrit ici à maintes reprises, que l’argentique va vivre un véritable revival. Ah ! Bien sûr on ne reviendra plus jamais en arrière. Le numérique est là et c’est définitif. Mais je veux bien parier que de nombreux photographes, notamment des jeunes qui n’auront finalement connu que le numérique, vont souhaiter, à un moment ou à un autre de leur parcours, toucher du bout des doigts « la » photographie. Plus précisément la magie de la photographie, la vraie. Celle que vous créez avec vos mains. Celle qui résulte d’un long processus chimique, celle qui se révèle, qui se laisse désirer. Ça vous tente hein ? Commencez par la prise de vue. Prenez un Leica M, un Canon F1 ou un Ftb, un Nikon F, une bonne optique… Une pellicule noir et blanc (si vous ne savez pas quoi prendre, prenez une Kodak TriX 400) et sortez ! Allez faire des photos, prenez votre temps. Oui, d’ailleurs vous n’aurez pas le choix. Ici, l’autonomie est courte, c’est trente-six poses maxi, autant dire que vous allez donner du temps au temps. D’ailleurs en argentique, le vrai luxe c’est le temps. C’est vous le patron, le boîtier, lui, il vous suit. Pas d’autofocus, pas de mode automatique, ici s’il ne doit y avoir qu’un pilote dans l’avion, c’est vous. Respirez. Vous y êtes. Vous sentez ? Voilà, la photographie argentique c’est ça, cette respiration là, zéro stress. Une fois la photo faite, avant d’en faire une autre il faut réarmer (eh ouais ! Ça ne se fait pas tout seul). Ici pas question de visualiser ce qu’on vient de shooter, ça c’est pour plus tard. Lorsque, de photographe on devient petit chimiste. Je vous rassure tout de suite, pas besoin d’un investissement colossal. Vous aurez tout au plus besoin d’un petit équipement qui est durable (il vous fera des années), qui tient dans le bas d’une armoire, de préférence à l’abri de la lumière et des écarts de température. Petite visite guidée du kit labo argentique, tout ce qu’il vous faut pour bien démarrer.

1- Le révélateur : comme son nom l’indique c’est le produit qui va permettre de révéler, par la grâce d’une opération chimique, l’image qui s’est formée sur le film à la prise de vue. Ici j’utilise du Kodak D76 qui convient bien non seulement pour la pellicule que j’utilise (Kodak TriX 400) mais aussi pour un grand nombre de films. C’est un peu un révélateur passe-partout, il se présente en poudre qui, une fois diluée dans de l’eau, donne un litre de révélateur.

2- Le bain d’arrêt : lorsque le temps de développement est atteint (comme la tarte), il faut interrompre ce processus très rapidement. Tant que le film est en contact du révélateur, le développement continue. Pour arrêter le développement on utilise donc un bain d’arrêt. Certains utilisent simplement de l’eau mais le bain d’arrêt Tetenal Indicet que j’utilise est efficace et peu onéreux.

3- Le fixateur : il a pour effet de dissoudre les cristaux d’argent non-développés et de fixer l’image sur le négatif. Après avoir rincé le film avec du fixateur, celui-ci est presque prêt, il reste à le laver proprement.

4- Le réducteur de lavage : le lavage du film permettant d’assurer au film négatif une bonne conservation dans le temps, il est nécessaire de bien le laver. Comme son nom l’indique le réducteur de lavage (ici Tetenal Lavaquick) permet d’optimiser les temps de lavage du film.

5- L’agent mouillant : c’est un produit qu’on ajoute au dernier bain de lavage afin de permettre à l’eau de s’écouler du film sans laisser de traces de séchage. Certains photographes utilisent une raclette pour enlever l’eau superflue du film. C’est quelque chose que je vous déconseille de faire, c’est radical pour rayer un film. Et une fois le film rayé, c’est sayonara !

6- La bouteille accordéon : elle permet de conserver les produits à l’abri de l’air et de la lumière. La structure en accordéon permet de fermer la bouteille en évitant la présence d’air qui oxyde le produit.

7- Le bidon : permet de stocker des produits de développement, contenance un litre.

8- Le broc : pour transvaser les produits, un broc gradué d’un litre qui ne servira qu’à ça.

9- L’éprouvette graduée : exprimée en cc (centimètres cubes) j’ai choisi le grand modèle de 1000cc, soit un litre. J’aime bien les comptes ronds.

10- L’extracteur de film : pratique pour récupérer l’amorce si vous avez rembobiné votre film en entier. Bon, c’est vrai qu’il faut être un peu mutant pour réussir à l’utiliser du premier coup. Un de ces jours, il faudra que j’écrive un petit topo sur le sujet.

11- La cuve de développement : pemet comme son nom l’indique de développer un film. Le chargement du film doit être réalisé dans le noir total. Le moindre soupçon de lumière voilerait le film qui serait perdu. Si vous n’avez pas de chambre noire, vous pouvez utiliser un manchon qui permet de réaliser les manipulations à l’abri de la lumière. Ou alors opter comme je l’ai fait pour une cuve Plein jour (Jobo Daylight) qui permet de charger un film dans la cuve en plein jour, grâce à un procédé très astucieux.

12- Jobo Cascade : c’est un système qui se branche sur le robinet et s’adapte sur toutes cuves Jobo, considérées à juste titre comme les meilleures cuves de développement. Cascade permet le lavage à grande eau du film et diminue les temps de lavage.

13- Le thermomètre : il est indispensable car les produits de développement doivent être utilisés à température constante (20 ou 24° selon la température choisie).

14- Les pinces en inox : lorsque le film est prêt il doit sécher. On utilise des pinces en inox lestées pour tenir le film bien droit. Une fois sec, le film est découpé en bandes de six vues et stocké dans des feuillets de papier cristal ou acétate transparent.

15- Le film : c’est par lui que l’aventure argentique commence, c’est lui qui fait l’objet de toute notre attention. Il existe de nombreux films sur le marché de la pellicule noir et blanc, le Kodak TriX 400 est un film « universel » dont le prix est très abordable (comptez environ 3,50€ l’unité quand vous l’achetez par 5). Vous pouvez le pousser à 800 ou 1600iso, dans ce cas il conviendra d’adapter votre temps de développement. Plus le film est poussé, plus le temps de développement augmente.

Voilà, vous êtes presque prêt. Il manque à ce petit labo une bonne minuterie, car les temps de développement sont très précis. Une bonne montre chronomètre ou mieux une pendule de labo feront l’affaire. Reste à maîtriser le chargement de la pellicule dans la spire de la cuve de développement. Pour cela, un bon conseil. Trouvez une pellicule usagée ou bien sacrifiez une pellicule de douze poses et entraînez-vous en plein jour. Charger une pelloche dans la spire et dans l’obscurité totale, c’est comme le vélo. C’est casse-geule, on se dit qu’on ne va jamais y arriver, surtout dans le noir absolu et puis ça devient machinal. Vous trouverez un maxium de (très) bons conseils dans un bouquin de référence, le célèbre « Noir et Blanc de la prise de vue au tirage » de Philippe Bachelier (aux Éditions Eyrolles). Les processus de développement y sont décrits avec des mots simples et le livre est une mine d’excellents conseils. Indispensable, donc.

Et puis, tout au bout de ce chemin, il y a la récompense. Le fruit de vos efforts. La révélation de l’image, de vos images. C’est un truc indéfinissable qui n’a absolument rien à voir avec le numérique. D’ailleurs, c’est à ce moment précis que l’argentique rejoint le terrain du numérique. Lorsque vous scannez votre négatif et que l’image apparaît sous vos yeux et que vous faites wouah ! Un bon scanner coûte autour de 200€ et permet de numériser vos négatifs jusqu’à plus de 7000 dpi. Vous n’irez sans doute pas aussi loin. Un bon scan de 2400 à 4800 dpi suffira largement à votre bonheur pour tirer vos œuvres. Vous entrerez alors dans le monde merveilleux des beaux papiers barytés qui mettront en valeur vos images telles que vous ne les aviez jamais vues. À ce moment-là, vous ressentirez peut-être l’envie de continuer votre aventure et de passer vos négatifs à l’agrandisseur. Mais ça, c’est encore une autre histoire…

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Lightroom, Capture NX2. La quadrature du cercle.

lightroom shots 2011
C’est dimanche. Il fait beau, et même très beau. C’est souvent comme ça, à Brest, n’en déplaise à Barbara. Que faire ? D’un côté la raison qui me pousse vers quelques centaines de clichés à dérusher, de l’autre le plaisir qui m’appelle au jardin où m’attendent mes fraisiers. J’opte pour la raison, grossière erreur. Je dérushe mes clichés de jazz, sur mon iMac calibré. Et là, je tombe sur un cliché bizarre. J’ai l’impression que Lightroom traduit mon fichier NEF de manière totalement erratique. Est-ce que ça m’est déjà arrivé avant ? Certes oui, mais jamais dans des proportions aussi dramatiques. Les zones d’ombres sont remplacées par un bleu absolument hideux qui tue le cliché. Je poursuis plus avant, c’est idem. Je ne le sais pas encore, mais cet incident va me pourrir la vie. Car finalement, la conclusion de ce joyeux bordel c’est que Lightroom (version 3.3) traduit mes fichiers NEF un peu comme il peut, avec les moyens du bord. Pourquoi ? Simple. Parce que Adobe ne dispose pas de toutes les informations pour décrypter correctement et complètement le RAW natif de Nikon. Je pense d’ailleurs que c’est la même chose pour les fichiers d’origine Canon. D’ailleurs s’il y a bien une constante entre les deux marques, c’est dans le discours. D’un côté Nikon vous assure qu’il n’y a rien de mieux, pour développer un fichier NEF que Capture NX2. De l’autre c’est un peu le même discours dans l’épicerie d’en face. Chez Canon on vous dira et on vous répétera à l’envi qu’il n’y a rien de mieux pour développer un fichier RAW Canon que DPP, le logiciel maison.

À ma gauche, accusant 149€ prix net vendeur, Capture NX2. À ma droite, livré en standard avec chaque reflex Canon voici DPP. Et au milieu il y a nous, les photographes et un choix qui n’est guère plus cornélien. C’est, pour une grande majorité d’entre nous Adobe Lightroom, un espèce de couteau suisse qui a supplanté Aperture, la tentative logicielle développée par Apple. À un moment donné, il m’a fallu faire un choix. J’ai testé les deux, Aperture et Lightroom et franchement, il n’y avait pas photo, si j’ose dire. J’ai choisi Lightroom, justement pour son aspect couteau suisse. Voilà un logiciel capable d’organiser des catalogues, d’appliquer des mots-clés, d’effectuer des recherches, même si finalement, de vous à moi, mon organisation interne (qui passe par une base de données maison) me permet de retrouver facilement un cliché. Non, j’avais été séduit par Lightroom pour sa capacité fantastique dans la maîtrise du flux de travail, notamment en matière de dérushage. Les mains sur le clavier, Lightroom me permet de dérusher, de classer, de trier, de noter deux cents fichiers RAW dans un délai extrêmement court. Quand c’est fait, je peux supprimer de mon disque, en une seule manipulation, les fichiers indésirables. Grâce à Lightroom, j’ai à ma disposition un outil de production, sans parler des outils d’optimisation de l’image que j’utilise pour ma part avec la plus grande parcimonie et aussi la plus grande méfiance, mais ça c’est une autre histoire…

Alors bien sûr, je comprends que Canon comme Nikon engagent leurs utilisateurs à choisir l’option dérawtiseur maison. Le truc, c’est que lorsqu’on a mis les pieds et les mains aux commandes d’un Cessna, on n’a guère envie de se retrouver le cul vissé à un siège de vieux Tupolev. Parce que je ne sais pas si vous avez regardé Capture NX2 de plus près, mais c’est quand même relativement spartiate, autant en confort d’utilisation qu’en termes d’ergonomie. Sans vouloir être mesquin, ils ont recruté un ancien ingénieur du bloc soviétique période Brejnev, pour avoir pondu une interface aussi imbittable ? Alors vous allez me dire que certes, Capture NX2 c’est pas super ergonomique mais que jusqu’à preuve du contraire « on n’a rien trouvé de mieux pour développer correctement un fichier NEF« . On est d’accord. Sauf que moi et la plupart de mes camarades photographes, on ne va pas se taper double ration de boulot. Dérusher dans Capture NX2 (ou DPP) puis, quand c’est fait remettre le couvert dans Lightroom. Et pourtant, c’est qu’il conviendrait de faire. Mais entre nous, qui le fait ?

J’ai donc décidé de regarder de plus près cette problématique de conversion de colorimétrie dans Lightroom. J’ai pris un fichier NEF test que j’ai développé dans Capture NX2. Comme sur cette série de clichés, j’avais paramétré D3s pour générer un fichier NEF et sur la seconde carte un fichier JPEG, j’ai pu comparer le JPEG exporté par Capture NX2 et le JPEG d’origine. Puis j’ai comparé mon JPEG obtenu à partir de Capture NX2 à ma prévisualisation dans Lightroom. En modifiant dans LR mon profil d’étalonnage de l’appareil photo, dans le module développement, en remplaçant le profil Adobe Standard par le profil Camera D2X Mode 1, j’ai obtenu une prévisualisation nettement plus conforme à ce que je prévisualisais dans Capture NX2. J’ai terminé mon dérushage avec plus de sérénité et une fois fait, j’ai éteint mon Mac et je suis retourné à la quiétude de mon jardin et de mes fraisiers.

Finalement, pour conclure, je suis assez troublé par cette succession d’incidents. Le fait de savoir que Lightroom ne dispose pas de tous les paramètres nécessaires pour tirer pleinement parti de mes fichiers NEF et donc d’en extraire pleinement la quintessence est une problématique qui pour ma part m’interpelle. D’un autre côté, je serais curieux de savoir combien de photographes n’utilisent que Capture NX2 pour développer leur production et encore mieux combien utilisent conjointement Capture NX2 et Lightroom. Et accessoirement combien de photographes shootent directement en format JPEG ? À ce propos, je me souviens d’une discussion avec un membre du staff Nikon qui m’avait dit que beaucoup de photographes sportifs utilisant des boîtiers de type D3 travaillaient directement en format JPEG. D’abord parce que techniquement ils n’avaient pas le temps de dérusher du RAW et que, de toutes façons, ils étaient tellement sûrs de la qualité des clichés produits par la gamme D3 qu’ils n’avaient pas besoin de générer un fichier NEF pleinement éditable. Oui, c’était dit avec le sourire et une petite pointe d’ironie. À l’époque, j’étais équipé en Canon, ceci explique sans doute cela. En tout cas ce problème de colorimétrie dans Lightroom a attiré mon attention sur la nécessité d’une bonne session de formation sur un logiciel aux capacités aussi étendues. Je vais programmer très prochainement sur mon agenda une formation Adobe Lightroom à la Nikon School. Histoire de maîtriser toutes les arcanes de ce logiciel et d’évaluer les possibilités de traitement avec Capture NX2. Car, par la porte ou par la fenêtre, qu’on le veuille ou non, il n’y a effectivement rien de mieux qu’un logiciel propriétaire pour développer un fichier propriétaire.