Pourquoi s’emmerder à faire encore des photos argentiques ?

canon-new-F1-herve-le-gall-shots-2012Non, mais franchement. Rendez-vous compte. On est en 2012 et un groupuscule résiste encore et toujours à l’envahisseur, en persistant à faire de la photo argentique. Oui, des photos avec des pellicules, réalisées avec des vieilleries, des boîtiers vintage, old style, dont la plupart ne fonctionnent qu’en mode manuel, oui vous avez bien lu, en mode manuel, sans aucune fonction électronique embarquée. Adieu veau, vache, autofocus et modes d’exposition. Eux, c’est vieux Rolleiflex vintage et produits chimiques qui puent, les mains dans la gadoue et cette petite lueur inquiétante dans le regard. Non, faire de la photo argentique de nos jours, avouez-le il faut être un peu barré, non ? Alors si vous aussi, vous avez décidé de vous y mettre, voici quelques bonnes raisons de renoncer et de ne pas y aller…

D’abord, la photo argentique, ça coûte cher. Ici, on ne parle plus de loger une carte numérique sur laquelle on pourra stocker à loisirs des milliers de photos qu’on stockera ensuite sur un ordinateur pour les oublier au fil du temps, carte que l’on pourra effacer à volonté, que nenni. Ici, on va chez le marchand, on achète une pellicule photo-sensible stockée dans une bobine qu’on loge dans un appareil photo souvent fabriqué au siècle dernier. En plus de présenter l’inconvénient majeur de ne pouvoir réaliser qu’un nombre maximum de vues (en général trente-six vues pas plus, oui vous avez bien lu, trente six), il n’est souvent pas aisé de loger ladite pellicule dans le boîtier. Et attention, ça ne rigole pas, si vous ouvrez la trappe du boîtier par mégarde ou que la pellicule prend la lumière, c’est sayonara, foutu de chez foutu, pellicule voilée c’est mort. Une fois la prise de vue terminée, il faut enrouler la pellicule dans son boîtier en n’oubliant pas de débrayer et l’envoyer à développer. Vous avez payé pour acheter la pellicule, vous allez devoir payer pour la faire développer et accessoirement vous allez aussi devoir attendre. Non seulement vous ne verrez pas le résultat à chaque prise de vue, mais en plus une fois la pellicule terminée il vous faudra patienter le temps du développement. Non mais c’est clair, on marche sur la tête hein ?

Pour le développement de la pellicule, deux options. Soit c’est un laboratoire qui développe pour vous, soit vous pratiquez le D.I.Y. (do it yourself) et vous le faites vous-même. Première option, trouver un bon labo. Seconde option le faire vous-même. Bon, dans les deux cas, ça va vous coûter des sous. D’abord pour acheter le matériel : cuve de développement, les produits de développements qui puent et qui polluent. C’est vrai. Qui polluent surtout. Le révélateur, celui qui dévoile les cristaux d’argent, c’est pas vraiment l’ami de nos rivières et c’est sacrément polluant. Et ça pue aussi, même si c’est un argument très accessoire. En plus, l’opération de mise en cuve du film c’est pas franchement une sinécure. Apprendre à enrouler un film sur une spire, dans l’obscurité totale, c’est un coup de main à prendre. À vous la joie de la pellicule coincée dans la spire et qui n’avance plus et que vous n’y voyez que goutte, d’ailleurs pour mémoire si vous y voyez goutte c’est que le film est foutu (ah ah). Je vous avais prévenu, le film c’est un truc de malade ! Bon, vous avez finalement tant bien que mal réussi à enfiler cette satanée pellicule sur la spire (tiens, au passage veillez à ce que la spire soit bien sèche), vous avez refermé la boîte (bien refermé hein ? Sinon, un zeste de lumière et hop ! Same player shoot again !) vous êtes encore loin du compte, le résultat est loin d’être garanti. Ici, en argentique, pas de droit à l’erreur. Si tu chies ton expo à la prise de vue, aucun espoir de rattraper le coup dans Lightroom. La photo argentique, sans maîtriser un brin les bases de la photo (les vieux trucs de base en vrac comme la lumière, le diaph, la vitesse, la profondeur de champ, la sensibilité du film, …), le verdict est sans appel. Le plus amusant c’est d’avoir parfaitement maîtrisé sa prise de vue et de chier son développement. Ah ! L’angoisse de la cuve qu’on ouvre, en fin de traitement et de s’apercevoir que le film est tout… Transparent. Non, franchement, l’argentique, c’est pas bon pour votre santé mentale.

Et je ne vous parle même pas du matériel. Des vieilleries sans âge qui peuvent vous lâcher du jour au lendemain. Seul argument, c’est que ça ne coûte rien. Enfin rien, faut voir. Un vieux boîtier Nikon ou Canon, voire un Rolleiflex d’entrée de gamme ou un Contax, passe encore. Idem pour les optiques. En revanche, ne cherchez pas un Leica M, ça coûte un bras. L’avantage c’est que Leica étant un objet de collection, on trouve beaucoup de boîtiers qui n’ont guère vu plus de dix pellicules de toute leur vie. En revanche, rien de mieux que de se balader avec un Leica M6 black autour du cou, voire un bon vieux Hasselblad sur l’épaule. Pour le Leica optez pour le look gentleman farmer, pour le Blad tablez plutôt sur la dégaine vieux baroudeur aventurier. Même sans pellicule dedans, effet garanti. En revanche, prévoyez le budget et tablez plutôt sur quelques milliers d’euro.

Non, franchement, pourquoi s’emmerder à faire encore des photos en argentique ? Ici, pas question de se dire qu’on va taper cinq cents photos pour espérer en avoir quatre ou cinq d’exploitables qu’on pourra bidouiller pendant des heures dans Lightroom pour qu’elles aient enfin une gueule potable. Ici pas question de commencer à faire des photos à 100iso et passer plus tard à 3200. Ici pas question de regarder l’écran LCD à chaque prise de vue, pas de bouton effacer, pas de pixel, pas de triche envisageable. Ici chaque pression sur le déclencheur doit être réfléchie, parce qu’elle coûte. Ici, en argentique, tout est différent, tout, jusque la respiration même qui est différente. Est-ce qu’on prend une photo en argentique comme on la prend en numérique, de la même façon ? Je ne crois pas. Est-ce que le rendu est différent ? Sans aucun doute. Finalement, s’emmerder à faire des photos en argentique, en 2012, ça n’a pas de sens. Mais tous les gens qui la pratiquent (et ils sont de plus en plus nombreux à y revenir) ont tous une même motivation. Trouver ou retrouver les gestes, le tempo, la respiration, les sensations incomparables de ce qu’on désigne sous le terme de huitième art.

• vous insistez ? Une visite s’impose à ce site dédié au noir et blanc argentique, le site Labo argentique

• vous persistez et signez ? Allez jeter un œil à un site de passionnés d’argentique, le site dans ta cuve

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la photographie numérique et que vous avez osé me demander.

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Je reçois pas mal d’emails, c’est mon courrier des lecteurs, c’est pas le courrier du cœur des lecteurs (trices) de Shots, non plutôt des interrogations sur le matériel. La photo, c’est devenu un truc vachement compliqué, surtout la photo numérique. Comme disait un vieil ami brestois, c’était mieux avant. Il a raison. Autrefois (je vous parle d’un temps, etc…), on s’achetait un bon boîtier, bien solide, tenez au hasard par exemple chez Canon un modèle F1 dont il était si solide qu’on disait que les photographes de guerre pouvaient aussi l’utiliser pour planter les sardines de leur abri de fortune en pleine jungle. Dès lors qu’on avait en mains ce reflex historique de la marque rouge, avec son rideau inusable en titane garanti à l’aise Thérèse un million de déclenchements voire plus si affinités, on n’avait plus qu’à investir dans des optiques qui coûtaient un bras mais quasiment garanties à vie et ce n’est pas mon 55mm f1,2 SSC acheté en 1979 qui me contredira. Alors qu’aujourd’hui, le turnover des optiques est nettement plus soutenu et je ne parle même pas de la valse des boîtiers. Bref. Ainsi allait la vie lorsque je reçus un email, un long email dont j’imagine que son auteur l’avait bien pensé. Ce message résume à lui seul de nombreux emails reçus au fil du temps sur Shots et je m’en vais vous le citer, in extenso.

Je me posais la question suivante. Les boîtiers Pro type Nikon D4 ou Canon 1Dx pour ne citer qu’eux, ne dépassent pas (encore) les 18Mpix. Je ne pense pas que ça soit un hasard.

Un ami photographe (amateur) me disait qu’il shootait à 10Mpix volontairement et que cela lui suffisait empilement. Je me demandais à juste titre, si dans quelques mois ou quelques semaines, le Nikon D700 venait à frôler la barre des 1000 euros, ne serait-il pas un choix judicieux et ceci son viseur à 95% et ses 12Mpix l’Expeed première génération ? Cela permettrait de lui allouer de beaux cailloux de qualité et permettre ainsi de réaliser de belles photos malgré tout, sachant que je pratique en grande partie que du paysage et du portrait ?

Ceci-dit, le Nikon D4 m’attire terriblement sur plusieurs points (beauté de l’objet, qualité Pro, capteur 16Mpix, Expeed 3, grand écran, boitier Pro avec poignée intégrée…). Malheureusement le prix de la bête est là et je crois qu’il restera du domaine du rêve.

J’aimerais connaître votre point de vue quand à cette réflexion sur un achat du Nikon D700 dans le cas où il descendrait (il serait temps).

P.S. : je pense d’ailleurs, que si il reste à un tel prix, c’est qu’il est loin d’être considéré comme obsolète par Nikon et par ceux qui l’utilisent. Par ailleurs, j’ai trouvé un Nikon D4 à 3200 euros avec 3000 déclenchements. Facture et sous garantie avec retrait en main propre en France. Pensez-vous que cela puisse être une bonne affaire et si oui, dans l’optique de garder ce dernier longtemps, je serait en possession d’un boîtier performant pour un usage d’amateur passionné ? Je précise que le poids et le gabarit de la bête ne sont pas pour moi un frein.

J’ai été orienté vers le D600 ou le D800 voir D800E mais le D600 je ne suis pas fan du tout et le D800 ou D800E je trouve que tous ces pixels avec les conséquences (poids des fichiers) me font un peu peur.

Dans l’attente de lire vos réponses à mes nombreuses interrogations.
Cordialement.

Ah mon cher Nicolas*, si je devais gagner dix euro chaque fois que j’ai reçu un email comme le vôtre, posant les mêmes questions, soulevant les mêmes angoisses, je pense que j’aurais pu m’offrir des vacances au soleil. Contrairement à votre postulat de départ, vous ne vous posez pas une question mais des questions et même une foule de questions qui, finalement, sont les questions que bon nombre d’amateurs de la boîte magique se posent. Je vais donc vous répondre, point par point. Est-ce que la taille en mégapixels ça compte ? Est-ce qu’il vaut mieux investir dans un reflex de qualité ou dans des optiques de qualité ? Est-ce que je ferai de meilleures photos avec un boîtier pro ? Est-ce que les boîtiers qui ne sont plus commercialisés sont obsolètes ? Quelle est la durée de vie d’un reflex numérique aujourd’hui ?

(*le prénom a été modifié)

De la durée de vie d’un reflex numérique
Si vous le voulez bien, commençons par votre dernière question, sur la durée de vie d’un reflex numérique. D’abord, sachez que l’existence d’un reflex numérique mis sur le marché cette année a commencé à être évoquée il y a quatre à cinq ans. Mettre au point un reflex comme Nikon D800, par exemple, définir sa liste de specs, de la taille de son capteur à ses capacités dans tel ou tel domaine, est une véritable gageure, un défi. On peut imaginer le challenge, pour les ingénieurs de Nikon corp. de plancher dès 2008 sur un reflex qui sera révélé au public en janvier 2012. Nous les utilisateurs, qui sommes en bout de chaîne, nous ne faisons que constater, nous assistons à la naissance. Prenez le boîtier de Canon, l’EOS 5D Mark II, annoncé fin 2008, avec des fonctionnalités de vidéo embarquée. Cette innovation qui, avouons-le, se préparait à transformer radicalement le paysage et à bousculer les habitudes du petit monde de la photo, cette nouveauté, que dis-je ? Ce coup de génie ne s’est pas fait en un jour. Le cycle de vie d’un reflex numérique haut de gamme est d’environ trois ans, sans que cette règle soit catégorique ou définitive. Par exemple il s’est passé peu de temps entre l’annonce de Nikon D3s (octobre 2009) suivi de l’annonce de Nikon D4 (janvier 2012). En revanche, plus on descend en gamme, plus le délai a tendance à singulièrement se raccourcir.

Est-ce à dire pour autant que les boîtiers qui ne sont plus commercialisés sont hors-jeu ? En clair doit-on jeter aux orties EOS 5D Mark II, Nikon D700 parce qu’ils ne sont plus commercialisés, évidemment non et je vais même un peu plus loin. Non seulement ces boîtiers ont encore de beaux jours devant eux mais ils sont de surcroît un excellent choix. Vous avez trouvé un Nikon D700 sous la barre des 1000€ ? Si le boîtier est propre, qu’il ne présente pas de signes extérieurs de fatigue (traces de chocs par exemple), si, encore mieux, il a été utilisé de manière pondérée et respectueuse par un amateur passionné (de ceux qui soignent leur matériel), alors pas l’ombre d’une hésitation. Pour l’avoir testé, Nikon D700 est un excellent boîtier plein format 24*36 et son capteur (12mp) capable de générer une image de 4 256 x 2 832 pixels ne sera jamais un frein. En revanche vous apprécierez la vélocité de son autofocus, son poids plume, sa robustesse de conception qui font la marque de fabrique de la marque jaune. Et avec l’argent ainsi économisé, vous irez à l’essentiel : les optiques.

Une bonne optique, c’est le début du bonheur.
Oui. Les optiques. Parce que jusqu’à preuve du contraire, c’est d’abord par l’optique que passe la lumière. Une bonne optique, voire une optique d’exception, c’est le début du bonheur. Donc clairement, définitivement, si vous devez choisir à mettre de l’argent dans un boîtier ou dans une optique, choisissez la seconde solution, pour deux raisons. D’abord, parce que l’image se construit d’abord à travers l’optique. Selon l’usage que vous en ferez, le type de photographies que vous souhaitez réaliser, vous vous orienterez vers des optiques à focale fixe ou vers des optiques à focale variable (appelées aussi zooms), mais quelque soit votre choix veillez à ne choisir que le meilleur. Du côté de chez Canon, optez pour la gamme L, l’excellence et aussi, avouons-le, une gamme de référence, tant dans les focales fixes ultra lumineuses (24mm, 35mm, 50mm, 85mm, 135mm, …) que dans les zooms (16-35mm, 24-70mm, 70-200mm, …). Chez Nikon la gamme Nikkor fait aussi des merveilles, notamment en proposant une gamme de zooms ébouriffants dont le trio 14-24mm, 24-70mm et 70-200mm couvre toutes les focales de l’ultra grand angle (14mm) au télé-objectif (200mm) tout en apportant une vélocité et une luminosité sans égal à f2,8 et je ne parle même pas de la gamme gros télé (300mm f2,8 ou le zoom 200-400 f4). Ça c’est fait et le calcul est vite fait. Si votre budget est de 3500€, que vous investissez 1000€ dans un reflex de qualité, d’occasion, il vous reste 2500€ pour une ou plusieurs optiques de grande qualité. Si vous êtes équipés en Canon, que vous cherchez une optique polyvalente, offrez-vous le nouveau 24-70 f2,8 qui est un must somptueux et cher (mais il le vaut bien). Pour 2500€ vous aurez un EF 16-35mm f2,8, un 24-105mm f4 et un 50mm f1,4, de quoi couvrir de nombreux besoins. Si vous êtes plutôt Nikon, que vous voulez voir loin, le 70-200mm f2,8 VRII est une merveille. Si vous êtes paysage, architecture, le 14-24mm f2,8 vaut vraiment le détour et il vous restera assez de monnaie pour investir dans le très polyvalent 24-120 f4 (sur fullframe exclusivement). Rien d’exhaustif dans ces listes. Bref, tant qu’à choisir, mettez vos économies dans des optiques de grande qualité plutôt que dans un boîtier onéreux. Et à tout prendre, pour du Canon achetez des optiques Canon (série L de préférence) et pour du Nikon achetez du Nikkor. Dans les deux cas vous ne serez jamais déçus. Pour avoir testé de nombreuses optiques chez l’un comme chez l’autre je peux en attester. Deuxième point essentiel. La durée de vie d’une optique, sa pérennité sont autrement plus longues qu’un boîtier. En clair, une optique que vous achetez aujourd’hui, vous pouvez la conserver de six à dix ans. Vos optiques passeront de boîtiers en boîtiers sans état d’âme, en conservant à chaque fois leurs précieuses qualités, pendant de nombreuses années…

La taille de l’engin n’a pas d’importance
Et maintenant, LA grande question qui n’en n’est pas une. Est-ce qu’on fait de meilleures photos avec un boîtier pro ? Est-ce que c’est le boîtier qui fait le photographe ? Je suis sûr que vous savez répondre vous-même à cette question. Un boîtier pro comme le D4 de Nikon, c’est aussi valable pour EOS 1Dx de Canon, est d’abord conçu pour une utilisation intensive et professionnelle. Il est polyvalent, paré pour affronter des conditions climatiques extrêmes, il embarque une batterie autorisant une grande autonomie, une parfaite liberté de mouvement. Cette liberté a un prix élévé, entre autres. D’autres paramètres sont plus indirects mais vécus au quotidien : le poids de l’engin, sa complexité de mise en œuvre, sa taille qui le rendent peu discret (et même dans le cas du D4 ou de 1Dx pas discret du tout). En clair, si vous n’êtes pas un utilisateur professionnel, le meilleur conseil que je puisse vous donner c’est de réserver la majeure partie de votre budget aux optiques. Soyons clair. Compte tenu du prix des boîtiers professionnels (dans une fourchette qui va de 5 à 6000€), le calcul est vite fait. Un bon reflex d’occasion, comme un D700 par exemple, vous permet vraiment d’acquérir une série d’optiques d’exception, un investissement durable par nature.

Alors ? Avoir entre vos mains un boîtier qui date un peu et lui associer des optiques d’exception, c’est une certitude, vous avez fait le bon choix. Bien sûr, vous croiserez sans doute quelque photographe qui aura fait le choix inverse, fier d’exhiber son gros machin sur lequel il aura monté une optique à deux balles. C’est assurément un choix désastreux et nettement moins pérenne. D’ailleurs pour se convaincre de la pertinence d’une bonne optique, le plus simple est encore de l’essayer, c’est une expérience dont on se souvient longtemps. Regarder à travers le prisme, le rendu d’une image qui est passée à travers les lentilles d’une optique d’exception, c’est beaucoup plus qu’un plaisir. C’est un privilège.

Banc d’essai Shots. Sony XQD 64Go serie S sur Nikon D4. Quand le must des cartes de stockage rencontre l’élite des reflex professionnels.

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Ça vous dirait de tester des cartes Sony XQD sur votre Nikon D4 pendant les Charrues ? À l’autre bout du fil c’est Sony France qui me fait cette imparable proposition. Tester une nouvelle technologie sur un truc aussi maousse que les Charrues, est-ce bien raisonnable ? J’ai accepté sans plus d’enthousiasme que ça, mais l’occasion était vraiment trop belle pour ne pas saisir la balle au bond, d’autant que Sony France me proposait de tester ses deux types de cartes, le modèle 32Go en série H et le gros morceau, le must, la carte XQD 64Go en série S, celle qui bouffe de l’image à 168Mo/seconde, oui, vous avez bien lu. Cette carte cloue au pilori toutes les cartes compact flash qui se trainent (si j’ose dire) à 60Mb/seconde pour une Sandisk Extreme voire, dans le meilleur des cas, à 90 ou 100Mb/seconde pour une Extreme Pro. En même temps on imagine que si Nikon a décidé d’embarquer cette technologie signée conjointement avec Sony et Sandisk dans son reflex pro haut de gamme D4, c’est que la marque jaune a de bonnes raisons d’y croire. Plus performante, plus tassée, on imagine que le double lecteur XQD qui équipera la prochaine génération de reflex pros (Nikon D4s puis Nikon D5) permettra un gain de place appréciable. Mais revenons à notre réalité d’aujourd’hui. Le deal, avec Sony France, c’était de tester leur carte in situ dans les conditions du live. Et pour ça, que rêver de mieux que Kerampuilh, le festival des Vieilles Charrues et ses quatre scènes ? Je dois à la vérité de dire qu’au premier jour du festival j’étais pour le moins méfiant. J’avais donc paramétré le spot compact flash du Nikon D4 comme lecteur principal et utilisé la carte XQD 32Go en mode backup, histoire de tester en douceur. Le lendemain, faisant fi de la trouille qui habite naturellement tout photographe lorsqu’il teste une nouvelle technologie, j’ai décidé de faire confiance à Sony France et d’y aller à fond, en logeant la carte XQD 64Go et en la désignant sur le D4 comme carte principale. Je voulais voir et mazette ! J’ai vu.

• Nom de Zeus ! 168 mégabits par seconde ?!
Habituellement je bosse exclusivement en RAW mais sur les Charrues j’ai bossé en RAW + jpeg (fine) pour avoir un fichier directement utilisable, sans être contraint de passer par un processus de post prod, autant dire que dans ce cadre la vélocité présumée de la carte XQD est un avantage majeur. Véloce, le terme est lâché. C’est l’indubitable qualité de cette carte XQD, capable d’absorber un flux à la vitesse astronomique de 168Mb/seconde. Comme me le faisait remarquer un ami du NPS (Nikon Pro Service), on est dans des capacités d’écriture que nombre de nos disques durs n’ont pas ! Et là vous me dites ? Mais à quoi ça sert d’écrire aussi vite ? C’est pourtant simple. Je vous rappelle que Nikon D4 est capable d’engranger jusqu’à plus de 100 images RAW en mode rafale et que dans ce même mode rafale Nikon D4 peut travailler à dix ou onze images par seconde, il est donc possible, virtuellement, avec Nikon D4 de shooter sans discontinuer à 10 images par seconde pendant plus de dix secondes d’affilée, mais… Pour réussir ce prodige, il faut une carte capable d’absorber le lourd flux des fichiers RAW et c’est là que la carte au format XQD fait toute la différence d’avec les technologies existantes. Voilà pour la photographie. Un autre secteur est furieusement gourmand en débit et en espace disque, c’est la vidéo. Nikon D4, qui embarque des fonctionnalités vidéo étendues (enregistrement en full HD) est naturellement directement concerné, en offrant aux vidéastes la possibilité d’enregistrer un flux vidéo de manière fluide.

XQD. Le must des cartes de stockages
Performance, vélocité, compacité. Sur Nikon D4 la carte XQD de Sony tient toutes ses promesses et va même au delà. J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette technologie, surtout pour la carte serie S de 64Go, une pure merveille capable d’engranger plus de 1600 fichiers RAW avec des sessions en rafale de plus de 100 fichiers RAW d’affilée sans broncher, sans saturer. Seul bémol, le prix de la nouveauté. En France, à l’heure où j’écris ces lignes, deux références sont disponibles, une XQD 16Go QDH16 (environ 200€) et une XQD 32Go QDH32 (environ 300€). Ces cartes de série H ont un un débit de 125MB/s. La carte Sony XQD 64Go que j’ai utilisée aux Vieilles Charrues sur mon Nikon D4 devrait être disponible en septembre en France pour un prix avoisinant les 500€. Cette carte XQD série S est actuellement le must en matière de carte de stockage, en affichant un débit pharaonique de 168MB/s. Un must que tous les propriétaires de boîtiers Nikon D4 se doivent absolument d’acquérir sans attendre et sans l’ombre même d’une hésitation, tant cette technologie XQD décuple les capacités et les performances du meilleur reflex pro actuellement disponible sur le marché.

Test XDQ série S sur Nikon D4 : 126 fichiers RAW sans broncher
Nikon donne, dans sa doc officielle, le chiffre de 105 fichiers RAW maximum en mode rafale sur Nikon D4, j’ai voulu tester et savoir s’il est possible de monter au delà de cette limite. J’ai paramétré mon D4 au format RAW (compression sans perte), échantillonage 12 bits, 11 vues par seconde, sensibilité 100 iso, AF désactivé. J’ai pu shooter pendant une grosse dizaine de secondes et engranger 126 fichiers RAW. La performance de la carte XQD s’avère donc impressionnante à deux niveaux. Pendant la prise de vue, où son débit astronomique enregistre l’image à très haut débit et à l’issue de la prise de vue où sa capacité d’enregistrement des images du buffer à la carte fait aussi toute la différence avec les cartes compact flash « classiques ».

Nikon D4 face à la concurrence de Canon EOS 1DX
Canon EOS 1DX affiche une prise de vues en rafale à 12 images par seconde (14 vps en mode ultra rapide), mais à y regarder de plus près, la capacité du nouveau boîtier pro de la marque rouge en matière d’enregistrement de fichiers au format RAW n’a aucune commune mesure avec la puissance de feu de Nikon D4. Selon Canon (cf la fiche technique de EOS 1DX en cliquant ici), le nouveau boîtier EOS 1DX dispose, je cite, du « mode de prise de vues ultra-rapide exceptionnel, permettant des rafales continues de 120 images au format JPEG large (36 images RAW). » La performance de 14 vps, c’est bien, mais tenir la distance sur la durée et le nombre de fichiers engrangés, c’est mieux. EOS 1DX, 14 vps, 36 images RAW. Nikon D4, 11 vps, 126 images RAW. Ite missa est (la messe est dite). En équipant son reflex pro du must des cartes de stockage, Nikon fait un pari sur l’avenir. Et on peut imaginer sans peine qu’à 168mbps, ce pari va s’avérer gagnant. Aucun doute possible. L’avenir de la carte de stockage s’écrit en trois lettres. XQD.

en savoir encore plus sur la technologie XQD sur le site de Sony

Nikon D4. Pouvoir enfin écrire une image avec un zeste de lumière.

nikon-D4-test-shots-herve-le-gall-2012Vendredi 11 mai 2012. J’arrive à la Carène de Brest, sur le port de co où je viens photographier le festival Sonore. La responsable communication du festival m’annonce, un brin dépitée, que le concert de Tim Hecker se déroulera dans le noir complet. Sans photo, pas de graphie. Je décide de faire contre mauvaise fortune bon cœur et je me dis qu’on fera avec. Le concert de Hecker est une performance. Sur scène une console vide et pas âme qui vive. Je réalise que les musiciens mixent dans le fond de la salle, à la console son, à l’opposé de la scène. Pour seules et uniques sources lumineuses, celle de l’écran du Mac de Tim Hecker, le rétro éclairage des boutons de la console et une petite loupiote. C’est du service minimum ou je ne m’y connais pas… Dans ces conditions, impossible de faire un cliché, les photographes sont aux fraises ! Je monte la sensibilité du D4 à 102400iso, je désactive l’autofocus. Espérer accrocher un point de contraste dans le noir complet, c’est sayonara. Je fais le focus à l’œil sur le point le plus lumineux du cadre, à f2,8 je réussis à déclencher à 1/40 ou un 1/50ème sans trop y croire. J’ai activé le mode silencieux parce que je suis proche de la console (focale 100mm) et je ne veux pas perturber les musiciens. Je fais une trentaine de clichés sur l’ensemble du set. Et je passe au concert suivant sans vraiment me faire d’illusion.

Il s’avère que le niveau qualitatif des clichés générés à 102Kiso par Nikon D4 est réellement bluffant. Bien sûr il y a du bruit, mais notablement moins que sur D3s. D’ailleurs, finalement, la présence de bruit (qui peut être corrigée en post-traitement) n’est pas vraiment un problème. Non, en réalité, ce qui procure à Nikon D4 un atout indéniable par rapport aux autres reflex de son créneau (mais Nikon D4 a-t-il aujourd’hui vraiment un concurrent sur son segment ?) c’est sa capacité à produire une image exploitable. Comme le faisait remarquer un photographe, Nikon D4 ouvre de nouvelles perspectives, en permettant d’écrire une image avec un zeste de lumière. Si l’on ajoute à cela une réelle polyvalence, une vélocité remarquable, un autofocus redoutablement efficace, une ergonomie bien pensée, il ne fait aucun doute que Nikon D4 tient aujourd’hui la toute première place sur le segment des reflex numériques. Mais bien au delà de ce leadership qui ne demande qu’à être contesté (par le nouvel EOS 1Dx de Canon par exemple ?), il faut être conscient du privilège que représente l’acquisition de ce fantastique outil de travail qu’est Nikon D4 pour les photographes. Nikon D4. One step further in photography. Ce n’est pas qu’une simple formule marketing. C’est une réalité.

Le manuel de la photographie argentique. Comme un retour aux sources, aux fondamentaux de la photographie.

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J’ai lu récemment sur un blog un propos qui m’a fait bondir. En gros, il s’agissait de se demander si le revival de l’argentique ne tenait finalement pas plus d’une forme de snobisme que d’un réel attrait pour ce mode de photographie. Non mais sans blague, comment peut-on avancer des inepties de ce calibre ? Il n’y a pas d’un côté le modernisme consistant à faire des photos en numérique et de l’autre un archaïsme vieillissant, domaine réservé à quelques vieux cons jurassiques, voire à une bande d’illuminés bobos qui cultiveraient leurs différences en reniflant de la dope à base de cristaux d’argent. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, on se fout éperdument de la façon dont l’image est acquise, car en photographie, l’important c’est l’image. Tiens d’ailleurs, ça me rappelle une anecdote qui date du festival Art rock, en 2004, alors que j’entrais dans la fosse, mon reflex argentique en mains, j’étais toisé par quelques hipsters de la prétendue jeune génération qui observaient avec bienveillance pour certains, avec condescendance pour d’autres, d’un œil goguenard et vaguement foutage de gueule, qui mataient donc ce vieux ringard dans la fosse, lui et son matos antédiluvien. L’un d’entre eux m’avait approché (non, je ne mords pas) et avait réalisé toute la pertinence d’une optique d’exception. Quelques mois plus tard, par ailleurs, je signais les photos du DVD de Rokia Traoré, réalisés ce jour-là dans cette même fosse, avec un Canon F1 équipé de son inséparable 55 f1,2. Depuis, je n’ai eu qu’un regret. M’être séparé de mon second reflex, un Canon New F1 sublime. Mais le destin (qui est mon ami) en décida autrement et mit sur mon chemin, l’an passé sur eBay, un ensemble Canon New F1 en état neuf, pour un prix qui me fait toujours sourire. On me demande souvent si je compte un jour revenir à du matériel Canon (le fameux switch back). Mes deux boîtiers et ma collection d’optiques d’exception signées Canon sont là pour attester que je n’ai finalement jamais quitté la marque rouge. Mieux. J’encourage tous les photographes qui n’ont connu que le numérique à retourner d’urgence aux fondamentaux. Que ça plaise ou non, il n’y a pas meilleure école, pour comprendre la photographie, que la pellicule et la chimie, que dis-je ? L’alchimie ! Si vous n’avez jamais développé vous-même une pellicule photo, si vous n’avez jamais vu apparaître une image papier dans un bain de révélateur, alors je vous le dis, vous avez raté un épisode. Quant à moi, j’ai toujours des pellicules Kodak Tri-X dans le bas de mon frigo et régulièrement j’embarque mon F1 avec moi, histoire de revivre quelques sensations inoubliables à travers le viseur de ce boîtier mythique.

Côté littérature, ce revival de l’argentique qui ne dit pas son nom aura permis de voir naître quelques bons bouquins. Bien sûr, il y a l’excellent, l’indispensable, d’aucuns disent que c’est la bible, « Noir et blanc » de Philippe Bachelier paru aux Éditions Eyrolles. Pas trop technique, bien écrit, clair, régulièrement republié, c’est un ouvrage de référence. Je l’ai lu d’un bout à l’autre, avec gourmandise et j’y ai retrouvé plein d’astuces que j’avais oubliées. Indispensable. Et puis là, récemment j’ai lu, édité par Pearson dans une collection qui porte bien son nom (« Apprendre, toujours »), un ouvrage qui devrait s’imposer comme un must have pour tout ceux qui veulent explorer le monde argentique « Le manuel de la photographie argentique ». Signé Danny Dulieu (un nom qui n’est pas inconnu aux passionnés de musique), photographe passionné de photographie argentique et auteur de quelques clichés de référence, je pense notamment à ses portraits en noir et blanc et à quelques clichés de concerts dont un stage portrait particulièrement élégant de Matmatah et de Tristan Nihouarn (« Sauf erreur de ma part » nouvel album dans les bacs en vente partout), bref, Danny sait de quoi il parle quand il évoque l’argentique. Tout est clair, bien expliqué, sans poncifs. On sent chez Danny Dulieu le pédagogue (il est prof de photo) embusqué derrière le photographe. Le style est léger, alerte, agréable à lire, le propos est souvent agrémenté d’une petite pointe d’humour de bon aloi, bref, ce manuel de la photographie argentique se dévore. On apprend beaucoup, classé par thématiques. Bien choisir son matériel, la prise en main, la prise de vue, l’expo, des notions techniques comme la profondeur de champ, le cadrage, l’utilisation de filtres, la photo au flash. Et puis un bon tiers du livre est consacré au développement en laboratoire : le film, bien sûr et le papier, tout est décrit, les bases du travail en labo, les planches-contact, le choix du papier, les techniques de masquage, les qualités de papier. Danny Dulieu livre son expérience et son bouquin transpire la connaissance et l’envie de la partager. C’est d’ailleurs ce qui en fait son originalité et tout son intérêt. On navigue facilement grâce aux index de couleurs, on apprend beaucoup et ce n’est jamais lénifiant, bref ce manuel est une vraie réussite.

Ce bouquin va bien au delà de la volonté de (re)découvrir les sources de la photographie, il en explique par le menu les racines, les fondamentaux. Peut-on appréhender la photographie sans en connaître les bases ? Je me souviens d’avoir demandé un jour à un jeune photographe en herbe si les mots « révélateur, bain d’arrêt, fixateur » évoquaient quelque chose pour lui. « Non. » La réponse était sans appel. Finalement, au fond, chacun voit midi à sa porte. D’autant qu’aujourd’hui, l’expérience argentique coûte peu. On trouve des boîtiers reflex d’excellente qualité à pas cher et à ce chapitre Danny prodigue dans son ouvrage quelques conseils fort intéressants. Un reflex, une optique de base, une pellicule. Pas de mise au point automatique, d’ailleurs zéro automatisme. Juste un moment de quiétude, une respiration, le concept de la photographie dans sa nudité d’origine, sa plendeur, là, entre vos mains. Et au bout de votre index, le déclencheur. Alors… Qu’est-ce que vous attendez ?

• « Le manuel de la photographie argentique » par Danny DULIEU. Éditions PEARSON (326 pages, 34,50€).

Canon annonce EOS 5D Mark III. Comme EOS 5D Mark II, mais en mieux.

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Cette fois on y est. Plus de trois ans – autant dire une éternité en photographie numérique – après l’avènement de 5D Mark II, Canon propose un nouveau reflex, EOS 5D Mark III. Je ne peux pas vous dire que cette annonce me laisse indifférent, même si c’est à cause de 5D Mark II que mon chemin s’est écarté de la route de Canon, au contraire. Je ne peux m’empêcher de regarder cette annonce avec grand intérêt et pour tout dire, je scrute avec beaucoup d’attention tout ce que Canon propose en matière de reflex numérique, tant j’ai gardé pour la marque rouge un sentiment mêlé d’affection et aussi, disons-le clairement, de sincère admiration, pour la qualité de ses produits. Mais ici, dans le cas présent avec EOS 5D Mark III, c’est différent. La grande question est de savoir si Canon aura su tirer des leçons de ses erreurs passées et quelque chose me dit qu’on ne va pas tarder à être rapidement fixé…

EOS 5D Mark. Flashback.
Certes, EOS 5D Mark II n’était pas un boîtier parfait. S’il n’avait été qu’un reflex numérique de plus, je pense que Canon aurait eu à souffrir de manière durable d’un certain nombre de ses défauts patents, mais… Mais c’était sans compter sur ce pif de génie, ce coup de maître absolu. Intégrer dans un boîtier photo des spécificités vidéo. Avec 5D Mark II, Canon a purement et simplement inventé le concept de la convergence photo/vidéo. Peu de gens y croyaient et pourtant, de nombreux professionnels de la vidéo se sont embarqués avec un enthousiasme débridé dans cette nouvelle technologie permettant, pour un budget rikiki (comparé avec le coût des équipements vidéo traditionnels d’alors) de rivaliser avec des matériels lourds et coûteux. Des pros et pas que ! On a vu naître, avec EOS 5D Mark II, toute une génération spontanée de vidéastes prêts à en découdre et à nous pondre des petits chefs d’œuvre mijotés maison, concoctés à la main en s’appuyant sur la gamme d’optiques Canon dont on ne répètera jamais assez qu’elle est la meilleure du monde. Ah ! Bien sûr, 5D Mark II n’a pas fait que des heureux. Du côté de la vieille garde, suivez mon regard, les photographes purs et durs de l’ère antédiluvienne ont singulièrement tiré la tronche, en se demandant quelle météorite leur tombait sur le coin de la gueule, qu’un appareil photo c’est fait pour faire des photos et pis c’est tout. C’est pas faux. Et puis j’en connais aussi qui se sont salement agacés d’un autofocus bien mou mais, pour reprendre une formule désormais légendaire « on n’a jamais dit chez Canon que l’AF de 5D Mark II était un foudre de guerre ». Certains ont donc déserté le champ de bataille et sont allés voir si l’herbe était plus jaune ailleurs. Ceux-là ont changé de crèmerie, alors que toute une nouvelle génération de photographes vidéastes investissaient le nouveau terrain de jeu. L’histoire industrielle n’est, à ce qu’on dit, qu’un éternel recommencement.

Canon enfonce le clou.
Entre temps, en face justement, on s’est beaucoup affairé à tenter de combler le fossé. Mais Canon a pris une place indéniable sur le segment vidéo, imposant 5D Mark II comme un boîtier de référence, une place dont il me semble qu’il ne sera pas aisé de le déloger. Alors bien sûr, on a beaucoup fantasmé sur les specs du successeur de 5D Mark II, allant jusqu’à imaginer une appellation évitant de reprendre la dénomination Mark III, un suffixe qui n’a pas laissé que de bons souvenirs chez Canon… Mais non, Canon ne joue pas la carte de la superstition et enfonce le clou. Le nouveau reflex numérique s’appellera EOS 5D Mark III. On l’imaginait plein de fonctionnalités épatantes, notamment sur son terrain de jeu de prédilection, embarquant de la vidéo au format 4K qui aurait cloué au pilori les autres formats vidéo, reléguant le full HD au rang d’aimable plaisanterie pour vidéaste amateur. Ou pas. Et là, finalement, Canon enfonce le clou. Un capteur de taille quasiment identique, de la vidéo en full HD, le nouveau proc Digic 5+ sur 14 bits, et là vous me dites ? C’est quand qu’on va où ? Justement. Canon a travaillé sur les points noirs. La montée en iso, d’un côté. Et surtout, surtout, le point qui a fait tant de tort à Canon sur le modèle précédent. L’autofocus.

Montée en iso. Autofocus. Appuyer là où ça faisait mal.
« On n’a jamais dit que 5D Mark II était un foudre de guerre en matière d’autofocus. » Tout était dit. Finalement, 5D Mark II c’était de la vidéo et une image propre à 3200iso. D’ailleurs, la montée en iso, parlons-en. Ou plutôt n’en parlons pas. Je pense que c’est un faux débat et croyez-moi sur parole, c’est un connaisseur en la matière qui vous parle. Depuis plus d’un an, j’utilise un boîtier sensé monté à 102Kiso et je n’ai quasiment jamais bossé au delà de 3200iso. Alors j’imagine que là où 5D Mark II était capable de nous pondre une image propre à 3200iso, son successeur EOS 5D Mark III sera capable de monter au moins à 6400iso sans trop d’états d’âme. 6400iso. Fermez le ban. D’ailleurs si j’ai la possibilité de tester EOS 5D Mark III, ce n’est pas la montée en iso qui va occuper prioritairement mes pensées, parce que la montée en iso, je-m’en-tape ! Non, le sujet du débat c’est bien l’autofocus, parce que là, d’une part, Canon partait de très bas et que d’autre part, dans la crèmerie d’en face, il faut bien admettre qu’il existe le meilleur autofocus du marché. Canon avait déjà montré de quoi un autofocus performant était capable, avec EOS 1D Mark IV qui embarque un AF particulièrement véloce, je suis impatient de voir de quoi EOS 5D Mark III est capable au chapitre de la mise au point. Canon annonce un AF large zone 61 collimateurs, dont 5 collimateurs de type double croisé ultra-sensibles garantissant « un suivi extrêmement précis des sujets en mouvements ». Je dis banco ! Surtout si l’AF fonctionne aussi dans les zones de basse lumière ou à faible contraste, si vous voyez ce que je veux dire.

Mark III. Comme Mark II, mais en mieux ?
En parcourant les specs de 5D Mark III ce matin, ma première pensée est allée aux techniciens de Canon. À ceux qui ont pensé, imaginé, conçu ce nouveau boîtier. Je les imagine bien, il y a quelques années, face à la page blanche, se demandant ce qu’ils allaient pouvoir apporter comme amélioration notoires sur le successeur de Mark II. Je veux bien parier que le mot autofocus s’est immédiatement imposé à eux, parce que l’essentiel du feedback négatif sur Mark II s’est focalisé sur ce point précis. « L’autofocus ! L’autofocus ! Dans l’temps, on n’avait pas d’autofocus ! Et on vivait bien quand même, merde ! » Canon a souffert de ce travers majeur sur Mark II et je ne parle même pas de l’épisode 1D Mark III, pour ne pas raviver de vieilles blessures. Avec EOS 5D Mark III, on a le sentiment que Canon pose de nouvelles bases, en reprenant les specs qui ont fait le succès de Mark II au chapitre de la vidéo tout en corrigeant les erreurs passées, en apportant de notables améliorations sur les sujets qui fâchent. Alors ? Alors, on réalise que ce 5D Mark III pourrait bien conforter sa place de leader sur son segment, tout en attirant à lui les brebis égarées. Des specs vidéos qui ne sont plus à démontrer, des specs photos mises au goût du jour. Le tout dans un boîtier qui reste, il faut bien l’avouer, l’un des plus sexy de sa génération. EOS 5D Mark III, introduit au prix public de 3300€, a de sérieux et de solides atouts. Reste maintenant à vérifier tout cela sur le terrain.

voir la fiche technique de EOS 5D Mark III sur le site de Canon France

Nikon D800. Quand la rumeur d’une annonce enflamme internet.

Nikon-D800-fake-rumors-shots-2011Il aura suffi d’un post sur le site Nikon Rumors pour enflammer, que dis-je ? Pour consumer tout ce qu’internet compte de fans et d’afficionados de la marque jaune. Nikon, qui devait annoncer le successeur de D700 courant ou fin octobre, a finalement décidé de remettre à plus tard, opportunément servie par le choc des catastrophes naturelles en Thaïlande. Les mauvaises langues vous diront aussi que Canon et le séisme de ses annonces dantesques, coup sur coup, d’un EOS capable de rivaliser avec la crème des matos vidéo, puis d’un EOS 1Dx avec une liste de specs longue comme le bras, ont dû filer un sacré coup de mou à la marque plus jaune que jamais. D’ailleurs, côté communication, chez Nikon c’est silence radio. Voilà un bail que le manitoba ne répond plus et ce n’est pas l’annonce d’une gamme mirrorless, avec ses specs vidéo aussi anecdotiques que la taille de son capteur qui aura fait avancer les affaires de Nikon. Donc, voilà où on en était, donc, quand un blogueur outre-atlantique bien intentionné et sans doute aussi impatient que gourmand en rentrées publicitaires (eh ouais c’est bientôt Noël…) décida de révéler au reste du monde incrédule l’imminence d’une annonce, image à l’appui.

Les specs de Nikon D800
Est-ce que c’est bien D800 qui se cache derrière les visuels publiés sur internet ? Dèjà les amateurs éclairés croient reconnaître des clichés déjà publiés. Que l’identifiant du boîtier soit masqué par un cadre noir, moi je veux bien mais qu’on ait aussi masqué la marque Nikon ne manque pas de piment, d’autant qu’un boîtier Nikon se repère aisément à son ergot rouge. En revanche, ce qui est vraiment drôle c’est les specs. D’abord D800 serait plus petit et plus léger que son prédécesseur. Il embarquerait un double lecteur de cartes Compact Flash et SD et rien que ça, ça serait plutôt déjà une mauvaise nouvelle. Devoir gérer deux stocks de carte, bonjour l’ambiance. Un écran un peu plus grand c’est pas du luxe, un AF hérité de D3 et D700 donc rien de mieux qu’avant au niveau autofocus, en même temps Nikon assure bien à ce chapitre même si je trouve ça un peu étrange que Nikon n’ait pas voulu nous apporter quelque chose d’encore mieux. Des modes vidéos Full HD 1080p (30/25/24) à tous les étages, histoire de courir après Canon sur le segment convergence photo vidéo. En revanche rien sur la montée en iso. D800 sera-t-il capable des prouesses de son grand frère D3s, ça reste à voir. Et puis, il y a la cerise sur le gâteau, tenez-vous bien (tenez-vous mieux !) une résolution de 36mp. Et là, comme disait Bedos (Guy hein ? Pas son rejeton Canada Dry) : « J’pouffe ! »

Combien vous dites pour le capteur ?
Bon, en même temps cette rumeur de capteur maousse est aussi tenace qu’elle n’est pas nouvelle. Mais quand même, sérieusement ! Un capteur de 36 mégapixels, c’est simplement la négation par Nikon corp. de tout qu’ils nous ont dit et répété depuis des années. Et encore ! Je zappe l’aspect anecdotique de la taille même des fichiers RAW crachés d’un hypothétique capteur 36 mégapixels, pour avoir gardé le souvenir de ceux générés par EOS 5D Mark II et son capteur de 21,1mp. Là pour le coup, les futurs possesseurs d’un APN de ce calibre peuvent commencer à faire des économies en investissant dans des disques durs de bonne taille, exprimée en tera octets. Mais c’est connu, quand on aime, on ne compte pas. En revanche, du côté l’image, de sa netteté, de son piqué, c’est carrément une autre paire de manches. On pourra toujours nous servir l’éternel argument et nous dire que dans une image de 36mp, « on peut cropper ». Pour ma part mon D3s affiche un sobre 12mp qui me suffit dans tous les cas de figure. En même temps, je n’ai ni l’envie ni le temps de cropper.

Je suis une blague.
Non franchement je n’y crois pas. En fait, je ne veux pas y croire, surtout. Je ne veux pas croire à la réalité d’un D800 équipé d’une taille de capteur pareille, mais beaucoup de questions restent sans réponses, comme toujours avec les rumeurs. Outre la montée en iso, je serais curieux de savoir, par exemple, qui fabrique ce capteur ? Et puis je m’étonne surtout de voir Nikon corp. nier ce qui a toujours prévalu dans sa politique de développement, la prudence raisonnée de la marque jaune sur les tailles de capteur. Quand on voit qu’en face Canon annonce pour le printemps 2012 un reflex EOS 1DX doté d’un capteur de 18mp, que la marque rouge elle-même soit revenue de ce qu’on a désigné par le terme de « course aux pixels » il serait singulièrement surprenant de constater que Nikon prend la tangente, alors qu’ils nous ont répété pendant des années que le nombre de pixels ne fait pas la qualité de l’image. Quand on a entre les mains un D3s et son capteur de 12mp, on ne peut qu’acquiescer.

2012. L’année de toutes annonces ?
Non, définitivement non, je n’y crois décidément pas. Maintenant je ne suis pas dans le secret de Nikon et je peux me tromper. Et puis, étant déjà propriétaire d’un Nikon D3s, un boîtier avec lequel je suis plutôt en phase (malgré son poids de mamouth) je vous avouerai que je regarde cette annonce avec un peu de recul. Tout au plus pourrais-je m’interroger sur l’intérêt de ce reflex en boîtier backup mais pour ça il faudra l’avoir eu en mains. 2012 devrait être l’année de toutes les annonces, tant chez Nikon avec un D800 et peut-être un D4 que chez Canon qui a devancé son monde en annonçant coup sur coup un EOS 1DX (et un capteur de 18mp, sans blague !) et le développement d’un futur reflex EOS C qui fait déjà copieusement jaser dans le Landerneau de l’APN vidéo… Plus que jamais, nous allons vers les beaux jours.

Canon annonce EOS C le développement d’un nouveau concept de reflex EOS dédié vidéo.

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J’ai zappé. Comme le grand benêt de Nikita dans la pharmacie, j’ai zappé. J’ai vu l’annonce Canon EOS C300 ce matin, j’ai vu l’arbre et je n’ai pas vu la forêt. Et puis j’ai vu passer un message sur Twitter où mon interlocuteur me disait simplement avoir été surpris de mon silence sur l’annonce du développement d’un reflex 4K par Canon. Pardon ? Un reflex 4K signé Canon, what the fuck ? Je me duis dit que j’avais dû rater une marche, zapper une info. Quatorze secondes plus tard, j’avais le communiqué de presse Canon sous les yeux et franchement, je m’en serais voulu de louper ça, deux points ouvrez les guillements, je cite la marque red (ah ah) in extenso : « Canon Inc. annonce développer un nouveau concept de reflex EOS. Incluant une version améliorée de capture vidéo, ce nouveau boîtier reflex EOS rendra possible les productions cinématographiques et les réalisations numériques Haute Définition. Equipé d’un capteur CMOS plein format, il permettra l’enregistrement de vidéos 4K en 35 mm à la vitesse d’enregistrement de 24P (avec compression Motion-JPEG) avec une qualité d’images exceptionnelle, qui redéfinira les standards des tournages réalisés en EOS. » J’ai pris mon téléphone rouge, celui qui est directement connecté à Canon et j’ai appelé. Mon interlocuteur avait un enthousiasme aussi débridé que le mien, ce qui n’est pas peu dire. Décryptage.

En clair, Canon développe un nouveau reflex qui pour le moment porte la seule mention « C ». Que Canon développe un reflex, c’est une chose, que la firme décide de l’annoncer si tôt c’est clairement pour couper les pattes de la concurrence dont on sait qu’elle a des velléïtés sur ce segment et entre nous, là… Canon met la barre très, très haut. EOS C (appelons-le comme ça puisque pour le moment il ne porte pas de nom officiel) c’est donc un reflex numérique fullframe plutôt orienté vidéo mais qui devrait aussi savoir faire des photos, capable d’enregistrer des vidéos au format 4K en 35mm à 24 images seconde. Bon, donc en clair c’est de la vidéo numérique de haut vol, du cinéma numérique quoi. C’est une monture EF comme le reste de la gamme EOS et là le message est clair et vise tous les vidéastes ayant utilisé les systèmes 5D Mark II et plus récemment EOS 7D : vos investissements en optiques sont pérennisés.

Mes échanges avec mon canonesque interlocteur m’ont fait réaliser que je n’avais pas seulement zappé cette énorme annonce mais que j’avais aussi zappé les annonces d’optiques. Je pensais benoîtement que lorsque Canon évoquait les optiques 24, 50 et 85 il s’agissait des optiques existantes, que nenni ! Il s’agit bel et bien de nouvelles optiques, spécifiquement conçues pour ce nouvel EOS et il semble d’après mes informations que les performances sont simplement « amazing » (en anglais dans le texte). Et c’est pas tout ! Le 24mm ouvre à f1,5. Le 50mm et le 85mm ouvrent à f1,3. Les puristes apprécieront. Un reflex DSLR fullframe, capable de produire un flux vidéo 4K à 24p, utilisant la gamme d’optiques Canon EF et de nouvelles optiques de course, une qualité d’image qui s’annonce exceptionnelle, j’en connais plus d’un qui va commencer à mettre des sous dans le nourin…

Canon Inc. qui jouait en fond de court sur le marché du reflex depuis deux ou trois ans se met d’un seul coup à monter au filet, à nous faire quelques passings de folie, annonçant coup sur coup un nouvel EOS 1Dx truffé de fonctionnalités à faire rougir n’importe quel photographe, deux nouvelles caméras baptisées EOS C300, une gamme d’optiques au format EF et au format PL et le développement d’un EOS C dédié à la vidéo en 4K, c’est beaucoup plus qu’un simple effet d’annonces. Même si, il faut bien l’avouer, sur ce coup-là la marque rouge m’a bien eu. La partie va s’avérer plus que serrée pour la concurrence, non seulement pour Red sur le segment vidéo mais aussi pour Nikon sur le segment convergence photo-vidéo. Les sourires sont de retour sur les visages du staff Canon. Nul doute qu’il y aura de l’ambiance sur le stand Canon, la semaine prochaine au Satis

Canon EOS C300. C comme cinéma. H comme historique.

canon-EOS-C300-shots-2011C comme cinéma. H comme historique. Une bague rouge, un collier red. Une monture EF. Ceux qui pensaient que Canon s’était tiré une balle dans le pied en introduisant de la vidéo sur un reflex numérique doivent se gratter la tête aujourd’hui. Oui, j’en suis. Canon qui s’est affirmé sur le segment convergence photo-vidéo prend aujourd’hui la tangente inverse et a présenté, hier aux studios Paramount d’Hollywood, un lieu prédestiné, une camera numérique d’un genre radicalement nouveau. Avec une habileté sans faille, Canon brouille à nouveau les pistes et invite désormais au chemin inverse, en créant une convergence vidéo-photo, avec cette caméra numérique capable d’embarquer des optiques EF.

À y regarder de plus près, on ne peut être que fasciné par EOS C300, même si pour ma part la vidéo reste un monde totalement étranger, on ne se refait pas. Mais quand même. Comment ne pas être fasciné par cette créature totalement hybride, dotée comme un reflex de deux slots pour cartes Compact flash, capable d’ingurgiter un flux 1080p sans sourciller et d’utiliser des optiques PL ou… des optiques EF, soit l’un soit l’autre, car il existe deux modèles distincts. Cette capacité à embarquer des optiques EF, c’est une invitation clairement lancée aux photographes qui ont tâté de la vidéo sur leur DSLR et à tous les autres. Canon les invite à franchir le pas, tout en préservant leurs investissements, et ça, c’est une optique très séduisante (si j’ose dire). Mais attention, il faudra casser la tirelire. Ici on est dans le budget de huit EOS 5D Mark II, puisque l’engin devrait être introduit au prix de 12000€ HT au début de l’année 2012 (source : Canon France). Un prix finalement proche de celui d’une caméra Red, pour une caméra au format 4K qui n’arrive pas seule…

Des optiques ? Oui. Plein.
L’annonce de Canon EOS C300 s’accompagne d’optiques avec des focales qui laissent rêveur ! Deux zooms 14,5-60, deux zooms 30-300, sans oublier les stars de la gamme EF, 24, 50 et 85mm. Eh ouais… J’en vois plus d’un qui est assis le long du fleuve et qui se gratte la tête en se disant « ben merde alors… » S’il en est un qui n’a pas d’états d’âme c’est bien Vincent Laforêt, à qui on devait déjà le premier film tourné avec 5D Mark II, « Rêverie » en 2008. Cette fois, Vincent nous offre « Möbius ». Prenez place, regardez, c’est du cinéma. Splendide.

Mobius from Vincent Laforet on Vimeo.

Plus qu’une annonce, un nouveau pas en avant
L’annonce faite par Canon hier à Hollywood est historique, à mon sens à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle conforte radicalement l’avance de Canon Inc. sur le segment de la convergence photo vidéo, avec un device capable d’utiliser des optiques EF. Quand on sait que la gamme d’optiques Canon en photo demeure l’argument majeur de la marque rouge sur ses concurrents, quand on voit la qualité de vidéos produite par de simples reflex comme EOS 5D Mark II – tenez, au hasard, pour vous en convaincre, allez donc jeter un œil sur la production vidéo de Rod dit Le Hiboo – il est assez simple d’imaginer tout le profit qu’un vidéaste peut tirer d’un engin comme EOS C300 ! Et puis, vous l’avez noté. Cette caméra s’appelle EOS et ça, c’est loin d’être anecdotique et ça n’est évidemment pas le fruit du hasard. C’est à la fois un appel du pied vers le monde la photo et c’est bien plus que ça. C’est une façon pour Canon de dire au monde entier que la marque rouge est encore là, qu’elle est capable de susciter le désir, l’envie de l’aimer.

EOS C300. Et après ?
Après EOS 1Dx que tous les photographes attendent de tester avec une certaine fébrilité, on peut être sûr que d’autres annonces viendront, que des projets sont dans les cartons. Pour ma part, ce qui à la fois m’enthousiasme et me rassure, c’est ce sentiment d’avoir retrouvé une marque rouge pour laquelle je garde un attachement sincère. On n’efface pas trente cinq ans de sa vie d’un simple revers de main. Non. D’ailleurs notre histoire ne date pas d’hier et Canon a encore de beaux restes dans mon matos argentique… La belle histoire de Canon continue. Quelque part là-bas, sous le soleil de la Californie, un jeune cinéaste de la nouvelle vague s’apprête à mettre en images le film de sa vie, avec un EOS C300 en mains. Moteur. Action.

EOS 5D Mark III, EOS 3D, EOS 6D ? Annonces Canon à Hollywood le 3 novembre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

annonces-canon-EOS-5D-mark-III-shots-2011Décidément, dans le petit monde de la photographie en général et du reflex numérique en particulier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait que le mois d’octobre allait nous réserver de belles surprises du côté de la marque jaune et puis patatras ! Un séisme et une catastrophe naturelle plus tard, il n’y a plus rien. Adieu veau, vache, D800, cochon, couvée, … Tout au plus l’incursion de Nikon sur le marché du mirrorless qui, entre nous, n’a guère suscité d’émotions dans le Landerneau de la photographie. Pourtant, les informations étaient fiables, des annonces étaient bien prévues en octobre, mais d’annonces jaunes, comme Sœur Anne on n’a finalement rien vu venir de la part de Nikon, totalement en quarantaine, un vrai silence radio, que dis-je ? Un embargo de la communication. D’ailleurs, moi qui vous parle et qui bénéficiait d’accoutumée d’échanges plutôt dynamiques avec Nikon, c’est maintenant le calme plat, marée basse, bernique. Pas de réponses, pas d’info, on dirait que Nikon s’est mis en mode mute. Bon, en même temps, il n’y a pas à chercher bien loin les raisons de ce mutisme. En face, chez la maison Canon qu’on croyait moribonde, à jamais perdue pour le marché du reflex numérique pro, voilà qu’on annonce un nouveau reflex haut de gamme, réunissant les deux modèles professionnels, sport et studio, abandonnant au passage le capteur APS-H et offrant au monde des photographes une liste de specs, comment dire ? Vibrillonante. Des fonctionnalités dont j’écrivais qu’elles ne pouvaient laisser aucun photographe indifférent, quelque soit sa chapelle, si tant est qu’il en ait une. Canon revenu d’entre les morts (ça tombe bien, c’est Halloween), sur le devant de la scène avec un boîtier plus que prometteur, EOS 1DX, c’est rien de le dire, tant en matière d’autofocus, de puissance avec un double Digic V+ et de ce qui fait le signe particulier de la marque rouge depuis l’avènement de EOS 5D Mark II, ce qui lui a sans doute aussi évité de boire la tasse, de la vidéo en full HD sur un boîtier DSLR. Cette annonce en a, sans aucun doute, sidéré plus d’un et ce n’est pas tout. Dans la foulée de cette annonce, Canon a enfoncé le clou en promettant un deuxième acte, des annonces prévues pour le 3 novembre, annonces faites depuis la charmante bourgade de Hollywood, California USA.

Et là, comme moi, vous avez bondi hors de vos gonds et à l’instar du Commissaire Bourrel (désolé pour les gamins de moins de quarante ans à qui cette référence ne parlera guère) vous avez tapé dans vos mains en grommelant « Hollywood ? Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! » Eh oui ! Et si en plus je vous dis que la société Red, oui celle-là même qui conçoit des caméras numériques qui coûtent un œil et qui s’est fait salement allumer par cette concurrence aussi canonesque qu’inattendue, a annoncé que elle, aussi, ferait une série d’annonces ce jour-là… Nom d’un p’tit bonhomme ! Et que Hollywood c’est la capitale de… La capitale de… Qui le sait ? Qui le sait ? Non, pas du chewing gum ! Du Ci… Du Ci… Non pas du citron, du Cinéma merci pour ceux qui suivent, vous aurez compris que, peut-être Canon s’apprêterait à annoncer, enfin ! Le successeur de EOS 5D Mark II. Et que ce boîtier se nomme EOS 5D Mark III, EOS 6D, ou EOS 5Dx on s’en fout un peu. Car ce qui compte, pour Canon Inc. c’est l’effet d’annonce. De dire au monde « on est encore là et il faudra encore compter sur nous, demain. » Et comme me le confiait récemment un membre du staff Canon France : « C’est une immense satisfaction de constater que Canon a encore cette capacité à susciter l’admiration et l’envie. » Je confirme. Je ne connais pas un seul photographe qui n’ait pas frémis d’impatience à tenir un EOS 1DX entre ses mains, pour voir, moi le premier… Alors tout cela augure de choses excitantes pour l’avenir, d’autant qu’il pourrait bien y avoir des annonces sur deux boîtiers et pourquoi pas aussi deux ou trois optiques de bon aloi, comme un successeur du 24-70 f2,8 L dans une version IS que les amateurs de rouge attendent depuis perpète. On a retrouvé Canon et maintenant on attend la suite de l’histoire. On imagine volontiers ce que pourrait être un reflex fullframe dans la lignée de 5D Mark II, qu’il embarquerait des fonctions vidéo avancées, un processeur Digic V (ou V+ comme le futur grand frère) et on croise les doigts pour que Canon ait, cette fois, mis le paquet sur des fonctionnalités avancées d’autofocus et de gestion des hauts iso. Canon is back et remet les pendules à l’heure.

Et ce bel enthousiasme a semble-t-il singulièrement refroidi les ardeurs de Nikon. De l’autre côté de la ligne jaune, alors que les rouges se démènent comme de beaux diables, chez Nikon on reste coi. Les réseaux sociaux de la marque jaune ne s’activent plus guère, on a l’impression qu’ils sont tous d’un coup en quarantaine bien tassée et encore une fois c’est rien de le dire… Oubliées et remisées au placard les hypothétiques annonces prévues en octobre, Nikon semble plutôt attendre à quelle sauce son éternel concurrent va manger le monde du segment convergence photo-vidéo sur lequel Canon règne, il faut bien l’admettre, sans trop de partage, malgré de timides incursions et tentatives d’occupation de terrain de la part de Nikon . Enfin ! Plus que jamais, nous, les photographes, nous sommes assis le long du fleuve et nous attendons de voir… Comme toujours. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps. Prochaine édition, prochaine émission, le 3 novembre. Trois jours. Et ce jour là, je veux bien parier qu’il y en a plus d’un qui devrait voir rouge. Stay tuned.