Nikon D800. Quand la rumeur d’une annonce enflamme internet.

Nikon-D800-fake-rumors-shots-2011Il aura suffi d’un post sur le site Nikon Rumors pour enflammer, que dis-je ? Pour consumer tout ce qu’internet compte de fans et d’afficionados de la marque jaune. Nikon, qui devait annoncer le successeur de D700 courant ou fin octobre, a finalement décidé de remettre à plus tard, opportunément servie par le choc des catastrophes naturelles en Thaïlande. Les mauvaises langues vous diront aussi que Canon et le séisme de ses annonces dantesques, coup sur coup, d’un EOS capable de rivaliser avec la crème des matos vidéo, puis d’un EOS 1Dx avec une liste de specs longue comme le bras, ont dû filer un sacré coup de mou à la marque plus jaune que jamais. D’ailleurs, côté communication, chez Nikon c’est silence radio. Voilà un bail que le manitoba ne répond plus et ce n’est pas l’annonce d’une gamme mirrorless, avec ses specs vidéo aussi anecdotiques que la taille de son capteur qui aura fait avancer les affaires de Nikon. Donc, voilà où on en était, donc, quand un blogueur outre-atlantique bien intentionné et sans doute aussi impatient que gourmand en rentrées publicitaires (eh ouais c’est bientôt Noël…) décida de révéler au reste du monde incrédule l’imminence d’une annonce, image à l’appui.

Les specs de Nikon D800
Est-ce que c’est bien D800 qui se cache derrière les visuels publiés sur internet ? Dèjà les amateurs éclairés croient reconnaître des clichés déjà publiés. Que l’identifiant du boîtier soit masqué par un cadre noir, moi je veux bien mais qu’on ait aussi masqué la marque Nikon ne manque pas de piment, d’autant qu’un boîtier Nikon se repère aisément à son ergot rouge. En revanche, ce qui est vraiment drôle c’est les specs. D’abord D800 serait plus petit et plus léger que son prédécesseur. Il embarquerait un double lecteur de cartes Compact Flash et SD et rien que ça, ça serait plutôt déjà une mauvaise nouvelle. Devoir gérer deux stocks de carte, bonjour l’ambiance. Un écran un peu plus grand c’est pas du luxe, un AF hérité de D3 et D700 donc rien de mieux qu’avant au niveau autofocus, en même temps Nikon assure bien à ce chapitre même si je trouve ça un peu étrange que Nikon n’ait pas voulu nous apporter quelque chose d’encore mieux. Des modes vidéos Full HD 1080p (30/25/24) à tous les étages, histoire de courir après Canon sur le segment convergence photo vidéo. En revanche rien sur la montée en iso. D800 sera-t-il capable des prouesses de son grand frère D3s, ça reste à voir. Et puis, il y a la cerise sur le gâteau, tenez-vous bien (tenez-vous mieux !) une résolution de 36mp. Et là, comme disait Bedos (Guy hein ? Pas son rejeton Canada Dry) : “J’pouffe !

Combien vous dites pour le capteur ?
Bon, en même temps cette rumeur de capteur maousse est aussi tenace qu’elle n’est pas nouvelle. Mais quand même, sérieusement ! Un capteur de 36 mégapixels, c’est simplement la négation par Nikon corp. de tout qu’ils nous ont dit et répété depuis des années. Et encore ! Je zappe l’aspect anecdotique de la taille même des fichiers RAW crachés d’un hypothétique capteur 36 mégapixels, pour avoir gardé le souvenir de ceux générés par EOS 5D Mark II et son capteur de 21,1mp. Là pour le coup, les futurs possesseurs d’un APN de ce calibre peuvent commencer à faire des économies en investissant dans des disques durs de bonne taille, exprimée en tera octets. Mais c’est connu, quand on aime, on ne compte pas. En revanche, du côté l’image, de sa netteté, de son piqué, c’est carrément une autre paire de manches. On pourra toujours nous servir l’éternel argument et nous dire que dans une image de 36mp, “on peut cropper”. Pour ma part mon D3s affiche un sobre 12mp qui me suffit dans tous les cas de figure. En même temps, je n’ai ni l’envie ni le temps de cropper.

Je suis une blague.
Non franchement je n’y crois pas. En fait, je ne veux pas y croire, surtout. Je ne veux pas croire à la réalité d’un D800 équipé d’une taille de capteur pareille, mais beaucoup de questions restent sans réponses, comme toujours avec les rumeurs. Outre la montée en iso, je serais curieux de savoir, par exemple, qui fabrique ce capteur ? Et puis je m’étonne surtout de voir Nikon corp. nier ce qui a toujours prévalu dans sa politique de développement, la prudence raisonnée de la marque jaune sur les tailles de capteur. Quand on voit qu’en face Canon annonce pour le printemps 2012 un reflex EOS 1DX doté d’un capteur de 18mp, que la marque rouge elle-même soit revenue de ce qu’on a désigné par le terme de “course aux pixels” il serait singulièrement surprenant de constater que Nikon prend la tangente, alors qu’ils nous ont répété pendant des années que le nombre de pixels ne fait pas la qualité de l’image. Quand on a entre les mains un D3s et son capteur de 12mp, on ne peut qu’acquiescer.

2012. L’année de toutes annonces ?
Non, définitivement non, je n’y crois décidément pas. Maintenant je ne suis pas dans le secret de Nikon et je peux me tromper. Et puis, étant déjà propriétaire d’un Nikon D3s, un boîtier avec lequel je suis plutôt en phase (malgré son poids de mamouth) je vous avouerai que je regarde cette annonce avec un peu de recul. Tout au plus pourrais-je m’interroger sur l’intérêt de ce reflex en boîtier backup mais pour ça il faudra l’avoir eu en mains. 2012 devrait être l’année de toutes les annonces, tant chez Nikon avec un D800 et peut-être un D4 que chez Canon qui a devancé son monde en annonçant coup sur coup un EOS 1DX (et un capteur de 18mp, sans blague !) et le développement d’un futur reflex EOS C qui fait déjà copieusement jaser dans le Landerneau de l’APN vidéo… Plus que jamais, nous allons vers les beaux jours.

Canon annonce EOS C le développement d’un nouveau concept de reflex EOS dédié vidéo.

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J’ai zappé. Comme le grand benêt de Nikita dans la pharmacie, j’ai zappé. J’ai vu l’annonce Canon EOS C300 ce matin, j’ai vu l’arbre et je n’ai pas vu la forêt. Et puis j’ai vu passer un message sur Twitter où mon interlocuteur me disait simplement avoir été surpris de mon silence sur l’annonce du développement d’un reflex 4K par Canon. Pardon ? Un reflex 4K signé Canon, what the fuck ? Je me duis dit que j’avais dû rater une marche, zapper une info. Quatorze secondes plus tard, j’avais le communiqué de presse Canon sous les yeux et franchement, je m’en serais voulu de louper ça, deux points ouvrez les guillements, je cite la marque red (ah ah) in extenso : “Canon Inc. annonce développer un nouveau concept de reflex EOS. Incluant une version améliorée de capture vidéo, ce nouveau boîtier reflex EOS rendra possible les productions cinématographiques et les réalisations numériques Haute Définition. Equipé d’un capteur CMOS plein format, il permettra l’enregistrement de vidéos 4K en 35 mm à la vitesse d’enregistrement de 24P (avec compression Motion-JPEG) avec une qualité d’images exceptionnelle, qui redéfinira les standards des tournages réalisés en EOS.” J’ai pris mon téléphone rouge, celui qui est directement connecté à Canon et j’ai appelé. Mon interlocuteur avait un enthousiasme aussi débridé que le mien, ce qui n’est pas peu dire. Décryptage.

En clair, Canon développe un nouveau reflex qui pour le moment porte la seule mention “C”. Que Canon développe un reflex, c’est une chose, que la firme décide de l’annoncer si tôt c’est clairement pour couper les pattes de la concurrence dont on sait qu’elle a des velléïtés sur ce segment et entre nous, là… Canon met la barre très, très haut. EOS C (appelons-le comme ça puisque pour le moment il ne porte pas de nom officiel) c’est donc un reflex numérique fullframe plutôt orienté vidéo mais qui devrait aussi savoir faire des photos, capable d’enregistrer des vidéos au format 4K en 35mm à 24 images seconde. Bon, donc en clair c’est de la vidéo numérique de haut vol, du cinéma numérique quoi. C’est une monture EF comme le reste de la gamme EOS et là le message est clair et vise tous les vidéastes ayant utilisé les systèmes 5D Mark II et plus récemment EOS 7D : vos investissements en optiques sont pérennisés.

Mes échanges avec mon canonesque interlocteur m’ont fait réaliser que je n’avais pas seulement zappé cette énorme annonce mais que j’avais aussi zappé les annonces d’optiques. Je pensais benoîtement que lorsque Canon évoquait les optiques 24, 50 et 85 il s’agissait des optiques existantes, que nenni ! Il s’agit bel et bien de nouvelles optiques, spécifiquement conçues pour ce nouvel EOS et il semble d’après mes informations que les performances sont simplement “amazing” (en anglais dans le texte). Et c’est pas tout ! Le 24mm ouvre à f1,5. Le 50mm et le 85mm ouvrent à f1,3. Les puristes apprécieront. Un reflex DSLR fullframe, capable de produire un flux vidéo 4K à 24p, utilisant la gamme d’optiques Canon EF et de nouvelles optiques de course, une qualité d’image qui s’annonce exceptionnelle, j’en connais plus d’un qui va commencer à mettre des sous dans le nourin…

Canon Inc. qui jouait en fond de court sur le marché du reflex depuis deux ou trois ans se met d’un seul coup à monter au filet, à nous faire quelques passings de folie, annonçant coup sur coup un nouvel EOS 1Dx truffé de fonctionnalités à faire rougir n’importe quel photographe, deux nouvelles caméras baptisées EOS C300, une gamme d’optiques au format EF et au format PL et le développement d’un EOS C dédié à la vidéo en 4K, c’est beaucoup plus qu’un simple effet d’annonces. Même si, il faut bien l’avouer, sur ce coup-là la marque rouge m’a bien eu. La partie va s’avérer plus que serrée pour la concurrence, non seulement pour Red sur le segment vidéo mais aussi pour Nikon sur le segment convergence photo-vidéo. Les sourires sont de retour sur les visages du staff Canon. Nul doute qu’il y aura de l’ambiance sur le stand Canon, la semaine prochaine au Satis

Canon EOS C300. C comme cinéma. H comme historique.

canon-EOS-C300-shots-2011C comme cinéma. H comme historique. Une bague rouge, un collier red. Une monture EF. Ceux qui pensaient que Canon s’était tiré une balle dans le pied en introduisant de la vidéo sur un reflex numérique doivent se gratter la tête aujourd’hui. Oui, j’en suis. Canon qui s’est affirmé sur le segment convergence photo-vidéo prend aujourd’hui la tangente inverse et a présenté, hier aux studios Paramount d’Hollywood, un lieu prédestiné, une camera numérique d’un genre radicalement nouveau. Avec une habileté sans faille, Canon brouille à nouveau les pistes et invite désormais au chemin inverse, en créant une convergence vidéo-photo, avec cette caméra numérique capable d’embarquer des optiques EF.

À y regarder de plus près, on ne peut être que fasciné par EOS C300, même si pour ma part la vidéo reste un monde totalement étranger, on ne se refait pas. Mais quand même. Comment ne pas être fasciné par cette créature totalement hybride, dotée comme un reflex de deux slots pour cartes Compact flash, capable d’ingurgiter un flux 1080p sans sourciller et d’utiliser des optiques PL ou… des optiques EF, soit l’un soit l’autre, car il existe deux modèles distincts. Cette capacité à embarquer des optiques EF, c’est une invitation clairement lancée aux photographes qui ont tâté de la vidéo sur leur DSLR et à tous les autres. Canon les invite à franchir le pas, tout en préservant leurs investissements, et ça, c’est une optique très séduisante (si j’ose dire). Mais attention, il faudra casser la tirelire. Ici on est dans le budget de huit EOS 5D Mark II, puisque l’engin devrait être introduit au prix de 12000€ HT au début de l’année 2012 (source : Canon France). Un prix finalement proche de celui d’une caméra Red, pour une caméra au format 4K qui n’arrive pas seule…

Des optiques ? Oui. Plein.
L’annonce de Canon EOS C300 s’accompagne d’optiques avec des focales qui laissent rêveur ! Deux zooms 14,5-60, deux zooms 30-300, sans oublier les stars de la gamme EF, 24, 50 et 85mm. Eh ouais… J’en vois plus d’un qui est assis le long du fleuve et qui se gratte la tête en se disant “ben merde alors…” S’il en est un qui n’a pas d’états d’âme c’est bien Vincent Laforêt, à qui on devait déjà le premier film tourné avec 5D Mark II, “Rêverie” en 2008. Cette fois, Vincent nous offre “Möbius”. Prenez place, regardez, c’est du cinéma. Splendide.

Mobius from Vincent Laforet on Vimeo.

Plus qu’une annonce, un nouveau pas en avant
L’annonce faite par Canon hier à Hollywood est historique, à mon sens à plus d’un titre. D’abord, parce qu’elle conforte radicalement l’avance de Canon Inc. sur le segment de la convergence photo vidéo, avec un device capable d’utiliser des optiques EF. Quand on sait que la gamme d’optiques Canon en photo demeure l’argument majeur de la marque rouge sur ses concurrents, quand on voit la qualité de vidéos produite par de simples reflex comme EOS 5D Mark II – tenez, au hasard, pour vous en convaincre, allez donc jeter un œil sur la production vidéo de Rod dit Le Hiboo – il est assez simple d’imaginer tout le profit qu’un vidéaste peut tirer d’un engin comme EOS C300 ! Et puis, vous l’avez noté. Cette caméra s’appelle EOS et ça, c’est loin d’être anecdotique et ça n’est évidemment pas le fruit du hasard. C’est à la fois un appel du pied vers le monde la photo et c’est bien plus que ça. C’est une façon pour Canon de dire au monde entier que la marque rouge est encore là, qu’elle est capable de susciter le désir, l’envie de l’aimer.

EOS C300. Et après ?
Après EOS 1Dx que tous les photographes attendent de tester avec une certaine fébrilité, on peut être sûr que d’autres annonces viendront, que des projets sont dans les cartons. Pour ma part, ce qui à la fois m’enthousiasme et me rassure, c’est ce sentiment d’avoir retrouvé une marque rouge pour laquelle je garde un attachement sincère. On n’efface pas trente cinq ans de sa vie d’un simple revers de main. Non. D’ailleurs notre histoire ne date pas d’hier et Canon a encore de beaux restes dans mon matos argentique… La belle histoire de Canon continue. Quelque part là-bas, sous le soleil de la Californie, un jeune cinéaste de la nouvelle vague s’apprête à mettre en images le film de sa vie, avec un EOS C300 en mains. Moteur. Action.

EOS 5D Mark III, EOS 3D, EOS 6D ? Annonces Canon à Hollywood le 3 novembre. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse.

annonces-canon-EOS-5D-mark-III-shots-2011Décidément, dans le petit monde de la photographie en général et du reflex numérique en particulier, les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. On pensait que le mois d’octobre allait nous réserver de belles surprises du côté de la marque jaune et puis patatras ! Un séisme et une catastrophe naturelle plus tard, il n’y a plus rien. Adieu veau, vache, D800, cochon, couvée, … Tout au plus l’incursion de Nikon sur le marché du mirrorless qui, entre nous, n’a guère suscité d’émotions dans le Landerneau de la photographie. Pourtant, les informations étaient fiables, des annonces étaient bien prévues en octobre, mais d’annonces jaunes, comme Sœur Anne on n’a finalement rien vu venir de la part de Nikon, totalement en quarantaine, un vrai silence radio, que dis-je ? Un embargo de la communication. D’ailleurs, moi qui vous parle et qui bénéficiait d’accoutumée d’échanges plutôt dynamiques avec Nikon, c’est maintenant le calme plat, marée basse, bernique. Pas de réponses, pas d’info, on dirait que Nikon s’est mis en mode mute. Bon, en même temps, il n’y a pas à chercher bien loin les raisons de ce mutisme. En face, chez la maison Canon qu’on croyait moribonde, à jamais perdue pour le marché du reflex numérique pro, voilà qu’on annonce un nouveau reflex haut de gamme, réunissant les deux modèles professionnels, sport et studio, abandonnant au passage le capteur APS-H et offrant au monde des photographes une liste de specs, comment dire ? Vibrillonante. Des fonctionnalités dont j’écrivais qu’elles ne pouvaient laisser aucun photographe indifférent, quelque soit sa chapelle, si tant est qu’il en ait une. Canon revenu d’entre les morts (ça tombe bien, c’est Halloween), sur le devant de la scène avec un boîtier plus que prometteur, EOS 1DX, c’est rien de le dire, tant en matière d’autofocus, de puissance avec un double Digic V+ et de ce qui fait le signe particulier de la marque rouge depuis l’avènement de EOS 5D Mark II, ce qui lui a sans doute aussi évité de boire la tasse, de la vidéo en full HD sur un boîtier DSLR. Cette annonce en a, sans aucun doute, sidéré plus d’un et ce n’est pas tout. Dans la foulée de cette annonce, Canon a enfoncé le clou en promettant un deuxième acte, des annonces prévues pour le 3 novembre, annonces faites depuis la charmante bourgade de Hollywood, California USA.

Et là, comme moi, vous avez bondi hors de vos gonds et à l’instar du Commissaire Bourrel (désolé pour les gamins de moins de quarante ans à qui cette référence ne parlera guère) vous avez tapé dans vos mains en grommelant “Hollywood ? Bon sang ! Mais c’est bien sûr !” Eh oui ! Et si en plus je vous dis que la société Red, oui celle-là même qui conçoit des caméras numériques qui coûtent un œil et qui s’est fait salement allumer par cette concurrence aussi canonesque qu’inattendue, a annoncé que elle, aussi, ferait une série d’annonces ce jour-là… Nom d’un p’tit bonhomme ! Et que Hollywood c’est la capitale de… La capitale de… Qui le sait ? Qui le sait ? Non, pas du chewing gum ! Du Ci… Du Ci… Non pas du citron, du Cinéma merci pour ceux qui suivent, vous aurez compris que, peut-être Canon s’apprêterait à annoncer, enfin ! Le successeur de EOS 5D Mark II. Et que ce boîtier se nomme EOS 5D Mark III, EOS 6D, ou EOS 5Dx on s’en fout un peu. Car ce qui compte, pour Canon Inc. c’est l’effet d’annonce. De dire au monde “on est encore là et il faudra encore compter sur nous, demain.” Et comme me le confiait récemment un membre du staff Canon France : “C’est une immense satisfaction de constater que Canon a encore cette capacité à susciter l’admiration et l’envie.” Je confirme. Je ne connais pas un seul photographe qui n’ait pas frémis d’impatience à tenir un EOS 1DX entre ses mains, pour voir, moi le premier… Alors tout cela augure de choses excitantes pour l’avenir, d’autant qu’il pourrait bien y avoir des annonces sur deux boîtiers et pourquoi pas aussi deux ou trois optiques de bon aloi, comme un successeur du 24-70 f2,8 L dans une version IS que les amateurs de rouge attendent depuis perpète. On a retrouvé Canon et maintenant on attend la suite de l’histoire. On imagine volontiers ce que pourrait être un reflex fullframe dans la lignée de 5D Mark II, qu’il embarquerait des fonctions vidéo avancées, un processeur Digic V (ou V+ comme le futur grand frère) et on croise les doigts pour que Canon ait, cette fois, mis le paquet sur des fonctionnalités avancées d’autofocus et de gestion des hauts iso. Canon is back et remet les pendules à l’heure.

Et ce bel enthousiasme a semble-t-il singulièrement refroidi les ardeurs de Nikon. De l’autre côté de la ligne jaune, alors que les rouges se démènent comme de beaux diables, chez Nikon on reste coi. Les réseaux sociaux de la marque jaune ne s’activent plus guère, on a l’impression qu’ils sont tous d’un coup en quarantaine bien tassée et encore une fois c’est rien de le dire… Oubliées et remisées au placard les hypothétiques annonces prévues en octobre, Nikon semble plutôt attendre à quelle sauce son éternel concurrent va manger le monde du segment convergence photo-vidéo sur lequel Canon règne, il faut bien l’admettre, sans trop de partage, malgré de timides incursions et tentatives d’occupation de terrain de la part de Nikon . Enfin ! Plus que jamais, nous, les photographes, nous sommes assis le long du fleuve et nous attendons de voir… Comme toujours. Mais mon petit doigt me dit qu’on n’aura pas à attendre trop longtemps. Prochaine édition, prochaine émission, le 3 novembre. Trois jours. Et ce jour là, je veux bien parier qu’il y en a plus d’un qui devrait voir rouge. Stay tuned.

Octobre rouge. Canon annonce EOS 1DX et retrouve la capacité à donner envie.

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Coucou.” C’est avec ce seul mot, dont je mesure, soyez-en assuré, toute la sympathie mâtinée d’une douce et aimable ironie, que Canon France m’a réveillé ce matin et sorti de ma léthargie et de mon sommeil. Suivait un lien Twitter que je me suis empressé de cliquer, évidemment. Il ne s’agissait pas d’un coucou comment que ça va la p”tite santé ce matin ? Non, plutôt d’un coucou nous revoilou. Comme un signe, un Marty Mac Fly annonçant à Doc qu’il est de retour du futur. Canon frappe fort (c’est rien de le dire) en annonçant rien de moins que son nouveau haut de gamme, nommé EOS 1DX. Oubliées les numérotations, il y a dans ce X une part de mystère et de puissance, une quête vers l’absolu, le souci de perfection. Alors bien sûr, tout ceux qui ont croisé le chemin de Canon, qui se sont réjoui, qui ont parfois souffert, se demandent aujourd’hui si ce X signe une voie vers la rédemption, la renaissance. À parcourir la fiche technique, il ne faut pas être grand clerc pour réaliser que Canon a tenu compte des erreurs passées et appuie aujourd’hui avec une certaine délectation excatement là où ça faisait mal hier.

Les specs de la Génération X.
Exit la dualité de modèle, un reflex plutôt dédié sport d’un côté (série 1D, capteur APS-H), un autre plutôt studio de l’autre (série 1DS, capteur fullframe). Désormais un seul boîtier haut de gamme donc et j’ai envie de dire avec le meilleur des deux. Exit le capteur APS-H et ça, franchement, qui s’en plaindra ? Fullframe 24*36 pour tout le monde. Un double Digic V Plus, excusez du peu. Du côté de la définition Canon fait un mix entre 16 et 24mp, en proposant un capteur fullframe de 18mp. On respire, on se dit que Canon a tiré beaucoup de leçons du passé, retrouve une certaine voie de la raison. Au delà du constat, à y regarder de près, et même de très près, il est simple de réaliser que Canon a beaucoup travaillé ses points faibles et il nous tarde de voir ce que ça donne sur le terrain. Décryptage.

D’abord, l’autofocus. LE point noir chez Canon, j’ai envie de dire que l’autofocus était à Canon ce que Alésia était aux irréductibles gaulois. “Alésia ? Connaît pas Alésia !” Je me souviens d’avoir évoqué l’autofocus à un membre du staff Canon qui m’avait répondu, singulièrement agacé : “Dans l’temps ça existait pas l’autofocus et on vivait bien quand même !” Eh ouais. Autofocus, c’était l’Alésia de Canon sur 1D Mark III, sur 5D Mark II, ça pêchait grave. Donc l’annonce de ce matin et du système autofocus à 61 collimateurs n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, je cite in extenso : “Doté de 41 capteurs haute sensibilité de type croisé, le système AF haute précision à 61 collimateurs assure une mise au point rapide et précise des sujets en mouvement, et ce, quelles que soient les conditions d’éclairage. Les 5 collimateurs AF centraux sont de type double croisé pour une précision accrue.” Rapide, précise, précision, mouvement, mise au point. Pour qui connaît bien la dialectique Canon (oui, modestement, c’est mon cas), on lit bien entre les lignes. Mais il y a mieux encore. Tenez-vous bien (tenez-vous mieux). Canon annonce avoir intégré un troisième processeur (Digic IV) entièrement dédié à la mesure de la luminosité et de la couleur (système de mesure AE RVB 100.000 pixels), afin (je cite) “de garantir une exposition très précise, pour des résultats naturels, même dans des conditions d’éclairage complexes.” Rien de moins, fermez le ban !

Le reste, ai-je envie de dire, à l’instar d’un Benjamin Castaldi d’opérette, c’est que du bonheur… Un mode rafale capable de monter à 14 images par seconde, pourquoi pas ? Si l’autofocus suit, la rafale risque de faire des heureux dans le petit monde de la photo de sport, de la photoanimalière, … La plage de sensibilités étendue à 204800iso, ça me fait un peu sourire, comme les 102400iso de mon D3s, d’ailleurs ! Honnêtement, si Canon est capable de produire une image propre et quand je dis propre c’est Monsieur Propre, hein ? Zéro grain, nickel chrome à 6400iso je paye le premier Breizh Cola. Bon en même temps, étant propriétaire d’un D3s, j’admets que la barre est haute. Le double processeur Digic V+ qui trône au cœur de la bête est capable de traiter l’image sur 14 bits, il est aussi annoncé comme réduisant le bruit à haut iso et ça, évidemment, ça cogne et on demande à voir. Du côté de la vidéo, fer de lance de Canon, on imagine l’aisance procurée par un processeur musclé, capable d’absorber un flux vidéo en full HD. En revanche on n’évoque toujours pas la capture vidéo en format RAW et pas non plus le mode AF vidéo.

L’instant X
Allez ! On ne va pas se voiler la face, c’est pas le genre de la maison. Canon n’avait rien proposé de plus enthousiasmant à mes yeux depuis très longtemps. Avec EOS 1DX, Canon remet les pendules à l’heure et c’est une excellente nouvelle pour tous les photographes, y compris ceux qui ont quitté la marque rouge, suivez mon regard. Parce que finalement, le message que nous passe Canon est clair. Autofocus très élaboré, gestion des très hautes sensibilités, double processeur musclé, omniprésence sur le segment vidéo, capteur fullframe, taille de capteur raisonnable, boîtier salement polyvalent, capable de shooter aussi bien en studio que sur le terrain avec un mode rafale tip top, … Soyons clair. Canon 1DX est une excellente nouvelle pour la photographie. C’est aussi un signe fort de la part de marque rouge, qui fait preuve de son extraordinaire capacité à rebondir, de sa faculté à renaître, à inventer.

J’ai en mémoire les propos tenus par un ami du staff Canon France, des mots qui reviennent en écho et qui prennent aujourd’hui toute leur signification. “Canon ne restera pas les bras ballants.” Il y a un peu plus d’un mois j’écrivais ceci : “Voyons les choses avec pragmatisme et sans cynisme aucun, sur le segment pro, Canon n’existe quasiment plus, virtuellement.” Décidément, les temps changent et il faut savoir suivre, évoluer, prendre acte ! Aujourd’hui, à l’annonce de Canon EOS 1DX et à la lecture des specs, on n’a tous qu’une envie. Avoir envie. Envie d’essayer ce boîtier, bien sûr. Envie de lever les bras et de faire une ola planétaire pour Canon. Parce que là, c’est clair. Canon is back. Et il va falloir compter sur l’instant X.

Canon EOS 1DX. Prix d’introduction 6800$, date de dispo mars 2012

Petit exercice de photographie. Le jeu des 36 poses.

brest-le-port-de-commerce-sep-2011-herve-le-gallAh ! C’était mieux avant, l’argentique, la pelloche, on n’avait pas accès aux images tout de suite, on prenait son temps, bla bla bla… En même temps, c’est pas faux. Seulement voilà. On est en 2011, tous les photographes ou presque sont passés au numérique, à l’exception de quelques irréductibles qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. D’ailleurs, entre nous j’en fais partie. De temps en temps je sors une TriX du frigo, je la loge dans mon Canon F1n et je vais la cramer, en concert ou ailleurs. Et puis je reviens à la maison et je développe ma pellicule, souvent avec plusieurs semaines de décalage, comme au bon vieux temps quoi ! Et puis je découvre le négatif, que je scanne. Je me raccroche ainsi au wagon du numérique, en quelque sorte. Et là vous me dites, un brin goguenard : “tout ça c’est bien joli, mais nous on est en numérique !” Et là j’ai envie de vous dire et alors ? Et si on oubliait deux secondes que votre reflex est numérique. Si on imaginait deux secondes que votre carte numérique est une pellicule virtuelle ? Ça vous branche ? Venez, on va jouer au jeu des 36 poses. Non seulement vous allez vous amuser, mais en plus vous allez devenir meilleur.

Le matériel
Alors, on a besoin de quoi pour jouer au jeu des 36 poses ? Pas grand chose au fond. D’abord on a besoin d’un appareil photo numérique, plutôt un reflex à objectif interchangeable. Sur ce reflex, montez un 50mm. Pourquoi un 50mm ? Parce que c’est une focale standard, c’est aussi l’un des cailloux les plus produits, on en trouve à pas cher dans presque toutes les crèmeries. Tenez, au hasard, si vous êtes équipés en Canon, la marque rouge produit un très bon standard 50mm f1,8 pour un prix très abordable (autour de 100€, de mémoire). Idem par ailleurs chez Nikon. Vous aurez aussi besoin d’une carte mémoire, un ou deux giga seront largement suffisants. Alors, je récapitule. Un reflex, un objectif 50mm, une carte mémoire. Vous êtes paré, il ne manque plus que vous et un peu de votre temps.

La règle du jeu
La règle du jeu est toute simple. On peut jouer tout seul, ou à plusieurs. D’abord, logez votre carte mémoire dans votre reflex et partez vous promener. Vous pouvez aller où vous voulez, photographier ce que vous voulez, le sujet n’a aucune importance, le seul truc vraiment important c’est que ça vous inspire, que ça vous plaise, que vous vous sentiez bien. Vous disposez d’une pellicule virtuelle. Vous avez donc le droit à trente six poses, pas une de plus. Bien sûr vous n’êtes pas condamné à faire trente six poses, si vous avez fait dix huit photos ou vingt quatre et que vous êtes content, c’est bien aussi. Il y a deux choses que vous n’avez pas le droit de faire, dans ce jeu. Vous ne pouvez pas visualiser les photos déjà faites. Vous ne pouvez pas non plus effacer une photo déjà faite. Enfin, débrayez tous les automatismes de votre reflex. Passez en mode manuel pour le réglage du diaphragme et de la vitesse et débrayez l’autofocus. Réglez la sensibilité de votre choix, selon le moment de la journée (entre 100 et 400 iso, ça devrait aller) et n’en changez plus. Voilà. À partir de maintenant, vous êtes le patron, c’est vous qui décidez, votre viseur est le prolongement de votre œil. Une fois que vous avez assimilé et admis les règles du jeu, vous êtes prêt. Ou presque.

Quelques conseils avant de vous lancer
Choisissez un thème qui vous inspire. Moi par exemple, j’aime la ville. Ici, chez moi à Brest, les sujets d’inspiration sont nombreux. Dès qu’un sujet accroche mon œil, je construis une image mentalement. Parfois, ça va vite. Un chien noir qui descend un escalier, c’est difficile de lui demander de s’arrêter pour prendre la pose… J’aime bien aussi me balader sur le port de commerce, un lieu qui mélange les grues industrielles bleues et orangées avec les petits bateaux de marins pêcheurs. Prenez votre temps, respirez, laissez vous envahir par l’image, soyez vous-même (et avec soi-même on ne triche pas). Eloignez votre index de l’obturateur, construisez votre image à travers le viseur, réfléchissez à ce que vous avez envie de montrer, à la façon dont vous voulez le montrer. Et encore une fois, au risque de me répéter, prenez votre temps, votre respiration. Adaptez vos réglages à ce que vous avez envie de montrer, jouez avec le diaphragme, les profondeurs de champs, la vitesse, le cadrage et lorsque vous êtes prêt, et surtout que vous en avez envie, déclenchez. C’est dans la boîte.

La régle des 60.
Dans ce jeu, pas de gagnant, pas de perdant. Regardez vos clichés, un par un. Le privilège du photographe, finalement, il est là. Être à la fois son metteur en scène et son premier spectateur. Si ce que vous voyez vous plaît, brut de pomme, alors c’est gagné. Sinon une règle consistant à établir que 60% des clichés réalisés doivent vous donner satisfaction est un bon postulat, ça permet de placer la barre plutôt à bonne hauteur. Sur trente six poses, ça signifie avoir entre 21 et 22 bons ou très bons clichés et j’en conviens c’est pas aisé. Encore une fois, tout cela n’est qu’un jeu. Le fait d’évoluer en mode manuel, de piloter à vue, de penser, de se poser, de réfléchir au cadrage, aux réglages, vous verrez c’est un exercice très enrichissant, un parcours solitaire où l’avis des autres n’a strictement aucune importance. Ce qui a de l’importance, en photographie, c’est vous, votre avis, votre regard. Tout le reste, le bla bla académique, on s’en balance. Voilà. Bonne promenade photographique et surtout amusez-vous bien. Et que la passion de votre œil transpire à travers vos clichés. Ah ! Une dernière chose. Faites imprimer vos meilleurs clichés dans un laboratoire de qualité et offrez-les à des gens que vous aimez. Leur regard qui s’éclaire à la vue de vos photographies sera votre meilleure récompense et vous saurez alors qu’à ce petit jeu, il y a plus d’un gagnant…

La demoiselle et le dinosaure. Photographe est-il encore un métier d’avenir ?

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Elle s’appelle Juliane. Elle a quoi ? Une (toute) petite vingtaine. Je croise de temps à autre sa petite silhouette gracile au Run ar Puñs, une salle de concerts que je ne vous présente plus, à vous lecteurs assidus de Shots (en clair, les nouveaux, démerdez-vous hein !). Bref, hier soir, prenant son courage à deux mains mon cousin, la petite blondinette est venue vers moi d’un pas nonchalant mais néanmoins décidé à aborder le massif central. Il faut vous dire qu’avant un concert, je ne suis pas du genre très causant. Avant un concert, je rentre dans ma bulle, je me transforme, je deviens autiste, je suis ailleurs, dans un autre monde. Je n’entends plus, je ne capte plus l’entourage et c’est comme ça depuis toujours. Alors évidemment, m’approcher dans ces conditions n’est pas toujours aisé et si on ajoute à cela que je supporte très difficilement la présence de photographes dans mon premier cercle, le tableau est complet. À ce propos, je n’ai vraiment pas de bol. Quelque soit l’endroit où je pose mon sac, dans une salle, comme dans un pit, je peux être sûr que dans les cinq minutes qui suivent j’ai un ou deux photographes à mes basques. Il paraît que c’est ça la rançon de la gloire. Bref, la petite Juliane est venue taper la causette et je m’en vais vous en dresser le portrait.

Je ne connais pas la demoiselle, je ne connaissais pas son travail avant cette rencontre, je sais seulement qu’elle a choisi ce métier, comme d’autres choisissent d’être coiffeur, chirurgien, avocat, instituteur, puéricultrice, boulanger, camionneur, informaticien, infirmière, agriculteur, … Non. Elle, Juliane donc, elle a choisi d’être photographe. Un choix éminemment casse-gueule de nos jours, mais comme dirait Evelyne, c’est son choix. Et franchement, comment ne pas être touché, quand on est un vieux dinosaure en fin de cycle comme moi, quand on voit un jeune s’élancer dans la carrière quand ses aînés n’y seront bientôt plus ? D’autant qu’ici on a affaire à de l’authentique, à un vrai choix, un sacerdoce. Juliane, qui me semble avoir un caractère bien trempé, a fait les choses proprement, elle sera auteure-photographe, indépendante, comme Diego, libre dans sa tête et ça sera comme ça et rien d’autre. Pas évident comme choix et finalement assez couillu, comme quoi hein ? J’ai évoqué avec elle les difficultés de ce métier, l’indispensable nécessité de diversification. Aujourd’hui, être photographe de concerts ne nourrit pas son homme et encore moins sa femme et je sais de quoi je parle. Mais au fond, Juliane en est consciente et puis quand on sait shooter un mec qui bouge en tout sens dans un endroit où les lumières sont rares, on est finalement à bonne école. Si je vous parle de cette jeune fille qui a choisi ce métier magnifique, c’est parce qu’elle est confrontée aujourd’hui à une difficulté liée au nombre de prétendants à l’obtention du précieux sésame, de cette accréditation de plus en plus difficile à obtenir et pour cause… Et le nombre de prétendants est d’autant plus élevé qu’aujourd’hui tout le monde est plus ou moins photographe. Un petit reflex numérique (voire un gros) et en avant Guingamp !

Alors bien sûr, vous allez me dire, chacun est libre de vivre sa passion comme il l’entend. Après tout, pourquoi un boulanger, un camionneur, une institutrice, une puéricultrice, un avocat, une infirmière, … n’auraient pas le droit de faire des photos, simplement parce que ça lui plaît ? On est d’accord. Le problème c’est que tous ces braves gens pervertissent le système, occupent la place, squattent les spots, dilapident les accréditations et que les jeunes photographes professionnels, eux, ont de plus en plus de mal à obtenir une place pour simplement faire leur job, pour simplement croûter. Eh ouais ! Ajoutez à cela le paramètre financier qui permet à des gens ayant déjà des revenus réguliers de s’offrir le must des matériels et la boucle est bouclée. On est alors dans le paradoxe définitif. D’un côté des pros qui ne peuvent pas bosser et donc dans l’incapacité d’investir dans des matériels de plus en plus coûteux, de l’autre des amateurs jeunes cadres dynamiques qui s’offrent le gratin des matériels. Oui, parce que, accessoirement, quoiqu’on en dise, le matériel compte dans tous les sens du terme. Vous ne ferez pas une meilleure photo parce que vous avez l’élite du matériel entre vos mains, en revanche vous accèderez à certains types d’images avec les matériels qui vont bien. Essayez donc un Nikkor 14-24mm f2,8, un Canon EF 135mm f2 voire le nouveau Canon EF 8-15mm f4, montez ces cailloux sur des matos d’envergure comme un D3s ou un EOS 1D Mark IV et on va se comprendre… Alors comprenez aussi le désarroi des jeunes photographes professionnels. Non seulement ils en bavent des ronds de chapeaux pour investir dans du matos professionnel qui coûte cher (c’est rien de le dire) et en plus ils sont concurrencés par des gens dont ce n’est pas le métier et qui squattent les spots dans les salles de concerts et ailleurs et ce n’est pas le serrurier suisse, celui qui arrondit ses fins de mois et casse les prix du marché en tapant des photos de mariage à des prix ridiculement faibles, qui osera me dire le contraire. Il y a un gros malaise et il est palpable. Et je ne parle même pas de ce que deviennent les clichés. Pour reprendre une jolie expression lue ici, il suffit parfois d’une “petite gratouille à l’ego” pour que les photos faites par des amateurs d’images soient diffusées, relayées par des médias peu regardant sur l’origine des matériels, surtout lorsque ces médias peuvent toucher des clichés à titre gratuit. On ne me la fera pas. Autant je suis tout à fait disposé à donner un coup de main à un jeune qui démarre, autant il est définitivement hors de question pour moi de soutenir un jeune photographe dont ce n’est pas le métier. Que les choses soient claires. Je n’ai rien contre les boulangers, les avocats, les chirurgiens, les camionneurs, les institutrices, les puéricultrices et consorts qui pratiquent au jour le jour la photographie, mais je vous le dis clairement. Ce n’est pas votre job, ce n’est pas ce qui vous fait manger, quand vous squattez un spot ou obtenez une accréditation, vous occupez le terrain d’un professionnel et ça, c’est mal. Et encore s’agit-il là de court terme. Parce que si cette situation perdure et que l’on n’y prend pas garde, cette profession qui souffre est appelée à disparaître progressivement. Comme les dinosaures.

crédit photo : The Dø – Juliane Lancou

voir le site internet de Juliane Lancou

Projective. Nikon mirrorless un jour sur le marché des APN hybrides ?

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Paris. Parvis de Notre dame, un lieu aussi mythique que sublime. Qu’on soit photographe ou pas, quand on est sur le parvis de cette cathédrale, on n’a qu’une envie, c’est de faire une petite photo. C’est comme ça que je me suis retrouvé au milieu de la place à déballer mon matos, à sortir l’énorme D3s, juste pour faire une petite photo. Et là je me suis rappelé, aussi loin qu’il m’en souvienne, que j’ai toujours plus ou moins fantasmé sur un appareil photo qui serait à la fois compact et discret, capable d’accueillir des objectifs interchangeables et de générer une excellente image. Bon, vous me direz, cet appareil existe, chez Leica. Je me souviens d’avoir croisé, il y a quelques années à Brest un photographe de renom qui faisait des photos avec un compact. Alors que je m’étonnais de le voir utiliser un compact, il avait eu cette phrase radicale : “la qualité n’est pas top mais ça me suffit. Et en plus, il a une grande qualité, il tient dans ma poche.” D’ailleurs, à l’époque j’avais moi-même opté pour un Powershot que j’utilise encore de temps à autre aujourd’hui. Seul travers de ce type de boîtier, un capteur rikiki, une optique moyenne et surtout fixe. L’idéal serait un boîtier compact, petit mais costaud, puissant, capable d’utiliser des objectifs interchangeables, une sorte de boîtier hybride, à mi-chemin entre le compact et le reflex. C’est ça. Petit comme un compact. Puissant et évolutif comme un reflex. Ce concept existe, il va se développer, mais quand ? On le désigne de l’acronyme MILC, pour Mirrorless interchangeable lens camera.

Mirrorless ? Kezako ?
Un appareil photo numérique “mirrorless” est un boîtier hybride qui se situe entre l’APN compact et le reflex. Il est doté d’objectifs interchangeables, d’un capteur de grande taille (à la différence du compact), ne dispose pas de miroir (d’où le nom) et surtout il est capable de produire une image d’excellente qualité dans une taille réduite. Panasonic a initié le mouvement avec son Lumix GF1 qui a connu un véritable engouement de la part de ses utilisateurs, puis ont suivi Olympus, la série NX de Samsung et bien sûr Sony qui a pris des parts de marché importantes avec son modèle NEX, notamment sur l’Asie. L’engouement des photographes, tant amateurs que professionnels, pour ce type de boîtier s’explique non seulement par la qualité d’image que ces petits APN sont susceptibles de produire mais aussi de leur capacité à changer d’objectifs. Sur la série G de Lumix, par exemple, il est non seulement possible d’utiliser l’excellente gamme proposée (comme le 14mm f2,5 surnommé « Pancake ») mais aussi, via un adaptateur, de monter des optiques tierces, comme celles de la mythique gamme FD de Canon. On est alors à la fois sur le terrain de l’exploration, si chère au cœur de nombreux photographes et on peut toucher au sublime quand on sait l’importance de l’utilisation d’une optique en photographie. Car, comme disait l’autre, c’est par l’optique que la lumière passe. Ceci explique d’ailleurs le regain d’intérêt pour ces optiques anciennes signées Canon dont la côte ne cesse de grimper depuis qu’il est possible de les utiliser sur ce type de boîtier, au grand dam des vieux collectionneurs (suivez mon regard).

Canon : no MILC today
Mais le rêve a ses limites, en tout cas aujourd’hui. D’abord, sur ce genre de boîtier, il n’y a pas de viseur optique et rien que ça, pour toute une génération de photographes habitués à la visée reflex, c’est carrément rédhibitoire. Car sans visée reflex ou télémétrique, il n’y a guère d’alternative. On est condamné à l’utilisation du liveview avec toutes les difficultés induites en matière de contrôle du focus, d’autant que l’autofocus se réalise par détection de contraste, plus lent et moins réactif que sur un reflex, surtout sur un capteur de grande taille. D’ailleurs Masaya Maeda, directeur des produits chez Canon Image (qui prévoit semble-t-il un modèle mirrorless en 2012) confirmait ce point dans une interview de septembre 2010 : “La rapidité de l’autofocus est au centre des préoccupations de Canon pour ce type d’appareil”, et selon Canon “les performances sur ce point pour les mirrorless actuels sont sensiblement en retrait par rapport aux reflex actuels.” Par ailleurs, dans cet entretien ce haut responsable Canon évoquait aussi “le manque de succès relatif des bridges” mettant en avant le viseur électronique par rapport au viseur optique. Sans compter que le marché du mirrorless pourrait être un frein éventuel sur le marché du reflex, bien que je ne sois pas convaincu de l’absolue pertinence de cet argument.

Nikon s’engouffrera-t-il dans le segment MILC ?
Le net s’agite de rumeurs en tout sens. Dans une interview donnée à Bloomberg en 2010, le président de Nikon, Makoto Kimura annonçait que Nikon allait sortir un appareil photo hybride (faut-il entendre par là sans miroir ?) à objectifs interchangeables et doté de fonction vidéos avancées, la volonté de Nikon étant de “créer un nouveau marché”. C’est d’ailleurs ce qui différencie, à mon sens, Nikon de ses concurrents (comme Sony, par exemple, cantonné au marché asiatique), la marque jaune ayant une réelle capacité planétaire pour donner une véritable impulsion à ce segment de marché. Le mirrorless, projet stratégique ? Bigre ! Alors que je voyais passer avec une certaine désinvolture (voire un désintérêt quasi total) ce projet, je réalise tout à coup tout l’intérêt d’un tel produit dans une stratégie de développement. J’ai donc voulu en savoir plus. Du côté de chez Nikon, est-il bien utile de préciser que le black out est complet ? Je dois à la vérité de dire que je n’ai jamais, de toute ma vie, entendu le mot “mirrorless” dans la bouche d’un membre du staff Nikon. En matière de projective, il me fallait donc chercher ailleurs, en particulier sur internet.

Il semble que Nikon travaille à un nouveau concept d’APN depuis plusieurs années, des propos confirmés par Monsieur Kimura lui-même dans une interview figurant sur le site même de Nikon Corp., je cite, in extenso : “Nous avons presque terminé le développement d’un appareil photo numérique de nouvelle génération sur lequel nous avons commencé à travailler il y a plusieurs années, ce qui offrira aux clients de nouvelles façons de profiter des images. Nous suivons actuellement les tendances du marché mondial, nous considérons le moment approprié pour le lancement de ces nouveaux produits.” Ces jours derniers les choses se sont nettement précipitées, faisant pressentir que “le moment approprié” souligné par Monsieur Kimura pourrait approcher à grands pas. Un communiqué de Reuters affirme sans ambages : «Les actions de Nikon Corp. ont augmenté pour la troisième journée consécutive vendredi, après la spéculation du marché sur le lancement de l’entreprise de son premier appareil photo mirrorless était stimulé par un rapport dans le journal Nikkei affirmant que le nouveau produit serait sur le marché d’ici la fin de l’année.”

Le Mirrorless vu par Nikon Corp : comme les autres mais en nettement mieux.
Connaissant un peu la marque jaune, on n’imagine pas de les voir débouler sur un segment de marché comme le mirrorless sans biscuit. Alors, rêvons un peu ! Il pourrait y avoir quoi dans cette merveille ? Un boîtier compact, visée liveview,un capteur de 10 à 12mp sensiblement plus petit qu’un format 4/3, livré avec un objectif 10-30 (et un coeff de 2,8 ?). Si un adaptateur F-mount était disponible, ça serait une véritable cerise sur le gâteau ! Ainsi, les propriétaires de gros reflex lourds et encombrants pourraient partir en week end et voyager léger, si vous voyez ce que je veux dire. Et là, comme Georges piaffant d’impatience en attendant sa commande de Voluto, j’ai envie de dire : “What else ?” Le reste tient en un mot : vidéo. Ce petit APN pourrait embarquer un processeur maousse costaud (comme Expeed 3 ?) et avec ce moteur puissant on peut imaginer que le petit engin pourrait être capable de générer de la vidéo au format 4K (soit une déf quatre fois supérieure au full HD). Et là, à l’instar de Doc Emmett Brown hurlant “2,21 gigowatts ?!” je vous entends hurler “Quatre fois supérieur au full HD ?!” Bienvenue dans le futur.

4K c’est la ultra haute définition, on l’utilise déjà dans le cinéma numérique. C’est une définition de 4096 par 2160 pixels, un poil plus large que le 16/9ème. Pour info, Youtube a annoncé récemment que leur site supporte désormais le standard 4K. Ce futur standard 4k va reléguer le Full HD au rang d’une aimable plaisanterie vintage très rapidement. Aujourd’hui pour filmer en 4K il faut utiliser une caméra numérique du calibre Red (à titre indicatif une Red one coûte 25.000$). Et là vous me dites : “Si je comprends bien, en clair, ça veut dire qu’on pourrait shooter en 24 images par seconde, en mode 4k et que chaque image sera exploitable ?” Comme vous y allez, mais oui, pourquoi pas ? Le tout avec un autofocus silencieux et actif en temps réel. Reste la difficulté liée à la visée liveview… Mais on peut rêver, non ?

3615 Qui n’en veut ?
Un boîtier compact, capable de générer une image d’excellente qualité (fixe et vidéo), discret, évolutif, je pense pouvoir dire qu’on en a tous un peu rêvé, non ? Quand j’étais minot, le Leica M3 de Larry Burrows puis le M5 de Cartier-Bresson, leur 35mm ou leur 50mm me faisaient rêver ! Alors bien sûr si un jour Nikon me proposait un petit boîtier musclé, sur lequel je puisse monter mes cailloux Nikkor via une bague d’adaptation, ce serait le bonheur, même si entre nous j’imagine mal mon 70-200 sur un boîtier compact ! Si en plus ça fait de la vidéo de qualité, pourquoi pas ? Plus sérieusement, ce qui m’attire dans ce projet, c’est le capteur musclé et la configuration boîtier et optique pancake (genre 10 ou 12mm). Pour retrouver le plaisir de se balader sans s’encombrer sur le parvis de Notre Dame et avoir un appareil de qualité, évolutif et qui tient dans ma poche. Si en plus le prix d’introduction est raisonnable, je résisterai à la tentation, façon Oscar Wilde…

Je médite encore les propos de Monsieur Kimura, évoquant “un appareil photo numérique de nouvelle génération” qui permettrait d’appréhender le monde de l’image d’une nouvelle façon. Depuis que la photographie existe, la façon de l’appréhender n’a finalement jamais cessé d’évoluer, rendant sa pratique toujours plus attractive, permettant à notre curiosité et à nos regards d’aller toujours un peu plus loin, pour aller chercher des images curieuses et inédites. Curieux. Le mot est lâché. Être photographe, c’est sans doute ça, c’est être avide de curiosité, d’avoir envie ce capturer un instant décisif si cher au cœur de mon cher Henri, adepte du boîtier compact et discret. Le mirrorless pourrait être une nouveauté technologique qui nous permettrait de réinventer un mode d’accession à l’image. Je ne sais pas, vous, mais moi ça me tente, plutôt deux fois qu’une ! En vérité je vous le dis. La photographie n’a pas fini de me faire rêver…

Un Nikon D800 au pied du sapin et un Nikon D4 en 2012. Et un nouveau processeur Expeed 3 ? Le point sur les rumeurs et l’avenir du marché du reflex.

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Vous sentez ? Non, vous ne sentez rien du tout parce que le blackout est total et que c’est la valse des clauses de confidentialité. Je ne sais pas, vous, mais moi je trouve que ça fait quand même un bail qu’on attend, non ? Et là je ne parle même pas uniquement de Nikon mais aussi de la boutique d’en face, chez Canon. C’est vrai, entre temps il y a eu cette terrible tragédie de Fukushima et la production nippone a pris un singulier coup dans l’aile. On a l’impression que les deux grands constructeurs mondiaux que sont Nikon et Canon (et inversement selon votre préférence) se regardent en chien de faïence, comme un duel au soleil sur Main street, attendant de savoir qui va dégainer sa nouveauté en premier. De vous à moi, je suis pour ma part infiniment moins intéressé par d’éventuelles annonces que je ne l’étais il y a encore un an. Depuis, de l’eau a passé sous les ponts et je vogue depuis lors en compagnie de Nikon D3s qui est définitivement le putain de reflex numérique que j’espérais. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, j’ai le privilège (oui, oui, c’en est un) de pouvoir tester des optiques d’exception quand j’en ai envie, ou le besoin (voire les deux) avec la complicité de mes camarades tout de jaune vêtus. Mais que voulez-vous ? On ne se refait pas et puis entre nous, aussi bon que soit ce D3s, il a quand même un travers de poids, si je puis me permettre. J’ai bien un Nikon D7000 en backup mais je ne peux pas vous dire la couleur qu’il a, car en bon boîtier backup qu’il est, il demeure dans sa boîte en attendant une hypothétique défaillance du grand frère, ce qui entre nous n’est pas prêt d’arriver. En plus, franchement, quand on passe ses nuits dans un palace au format FX (le fullframe made in Nikon) du calibre de D3s, on n’a pas vraiment envie de coucher dans un trois étoiles même très confortable mais au format DX, c’est humain. Certes. Mais… si Nikon avait l’intention de nous proposer un nouveau reflex, successeur de l’excellent D700, je tendrais volontiers l’oreille ! Un reflex pro fullframe qui pourrait s’appeler Nikon D800, qui embarquerait des fonctionnalités directement héritées de Nikon D3s voire plus si affinités ? Un boîtier plus fort, qui irait haut, plus loin, plus vite ? Et là, à l’instar de Pierre de Coubertin toujours prêt à participer aux jeux, je dis qu’on demande à voir.

Canon, Nikon. L’état des lieux.
Alors, il en est où, au jour d’aujourd’hui, le marché du reflex professionnel ? D’un côté il y a Nikon qui affiche une santé flamboyante, certains diront insolente, sur tous les segments de la photographie, plus de 25% de parts de marché en juillet 2011, excusez du peu. On a l’impression que Nikon n’a finalement que peu subi la crise, malgré la crise économique, malgré la crise boursière, malgré les cataclysmes naturels comme le tsunami. J’ai l’impression qu’à l’image des irréductibles gaulois qui ne craignaient qu’une chose, c’est que le ciel ne leur tombe sur la tête, les membres du staff Nikon ne redoutent qu’une chose, aujourd’hui, c’est de ne pas pouvoir fournir leurs clients dans les délais, tant la demande est forte. Nikon cartonne. C’est un fait avéré, non seulement sur le segment de la photographie professionnelle mais aussi, il faut le savoir, sur les segments grand public. Et en face ? J’ai envie de dire, avec une once de réalisme mâtinée de mélancolie, qu’en face, sur le marché de la photographie et du reflex pro, il ne me semble y avoir plus personne ou quasiment. Voyons les choses avec pragmatisme et sans cynisme aucun, sur le segment pro, Canon n’existe quasiment plus, virtuellement. Considérons son offre actuelle : un EOS 1D Mark IV (qui rappelons-le est doté d’un capteur non fullframe), un EOS 5D Mark II, seul reflex numérique fullframe de la gamme, un modèle vieillissant qui n’est toujours pas remplacé alors qu’il a été introduit voilà maintenant plus de trois ans. Sur le segment haut de gamme, Canon peine à annoncer un EOS 1DS Mark IV et souffre encore de l’épisode peu glorieux du 1D Mark III… Dieu merci, comme un petit miracle, l’intuition de Canon d’occuper le terrain de la vidéo avec un reflex numérique a été salutaire. D’ailleurs aujourd’hui, force est de constater que Canon ne communique plus que sur ce seul sujet, la vidéo. À ce propos, deux constats. D’abord, Canon a vu sa clientèle “historique” de clients photographes professionnels s’éloigner, au profit de Nikon (“et c’est rien de le dire” me disait un revendeur professionnel). Ensuite, la stratégie de repli sur le segment vidéo, ce que techniquement on désigne par “hybridation des médias” pourrait bien s’avérer particulièrement périlleuse à long terme pour la marque rouge. Vendre des reflex à 2000 euro pour combler les attentes des vidéastes de tout poil c’est bien, mais c’est aussi se tirer une balle dans le pied quand on sait que Canon est également un fabriquant de matériels vidéos de pointe. D’autant qu’on peut compter sur Nikon pour ne pas rester les deux pieds dans le même sabot et les bras ballants sur le segment de la vidéo et, à mon avis, de ce côté là aussi on peut s’attendre à quelques innovations musclées dans les mois à venir. Une réponse du berger à la bergère qui pourrait bien intervenir justement sur un D800 qui, pour le coup aurait tout d’un grand. Parce qu’en face de Canon et sa gamme pro réduite à la portion congrue, Nikon affiche une offre carrément musclée : D3x, D3s, D3, D700 et vient agacer Canon sur le segment expert de EOS 7D avec un D7000 qui collectionne tant les compliments des utilisateurs que les Awards, tout en étant d’un prix nettement plus abordable. Alors ? Vous sentez maintenant hein ? Comme moi vous sentez débouler Nikon qui a, face à lui, un véritable boulevard. Dans les mois à venir, je veux bien parier un Breizh Cola au bar du Vauban (à Brest) que les annonces vont vous donner le tournis… Nikon va nous en faire voir de toutes les couleurs.

Un Nikon D800 au pied du sapin, d’abord.
Mon petit doigt (qui en sait des choses) me dit que tout ceux qui attendent une annonce de la part de Nikon depuis des mois ne vont pas être déçus. Tout le petit monde des amateurs de jaune s’était un peu excité la calebasse avec des annonces fin août et il se murmure que peut-être la fin du mois de septembre (certains évoquent la date du 21) pourrait nous apporter de bonnes nouvelles. Puisqu’on en est au petit jeu des prédictions, pour ma part, je verrais bien une annonce Nikon (Allez ! Soyons fous…) vers le milieu du mois d’octobre, ce qui veut dire une disponibilité produit, en magasin, pour la fin de l’année. De temps en temps, il faut s’engager. Après tout, j’avais eu bon sur l’annonce de 1D Mark IV en octobre 2009 quand le reste du monde tablait sur mars 2010, non ? Franchement, j’y crois volontiers, je dis et je redis donc “annonce d’un successeur du D700 par Nikon à la mi octobre 2011 et dispo en magasin pour Noël” et c’est mon dernier mot, Jean-Pierre.

OK. C’est noté. Un Nikon D800 (ou Nikon D900, on ne va pas chipoter sur la dénomination) au pied de mon sapin, ça c’est fait. Reste à savoir les specs du boîtier en question et là encore on fonctionne à l’intuition et au recoupement d’informations. Nikon D800 sera un fullframe, évidemment. On l’imagine un poil plus musclé en pixels que son grand frère D3s et ses modestes 12mp, mais on connait aussi la prudence de Nikon sur ce sujet, alors je serais tenté de voir un reflex à 14 voire 16mp. Une gestion des hauts iso directement héritée du D3s et tout ce qui a déjà fait le succès des reflex Nikon, dont cet excellentissime autofocus. Mais finalement, c’est surtout à l’intérieur, au cœur de la bête, que l’innovation risque d’être la plus palpable, avec l’éventualité d’un nouveau processeur Expeed 3.

Expeed 3. Citius, Altius, Fortius.
expeed-3-un-nouveau-processeur-nikon-en-2011Plus vite. Plus haut. Plus fort. La devise olympique colle parfaitement à ce que Nikon pourrait bien nous concocter et par là-même nous annoncer. Rien de moins qu’un successeur à Expeed 2, l’événement pourrait s’avérer considérable car, on a tendance à l’oublier un peu vite, nos reflex numériques sont d’abord de véritables ordinateurs embarqués de traitement d’image et à l’instar de l’ordinateur qui trône sur mon bureau, ce qui fait la puissance et les capacités d’un appareil photo numérique tient dans son cœur, dans sa capacité à traiter l’image, plus vite, plus haut, plus fort. On ne sait rien ou quasiment du projet Expeed 3 mais on veut bien imaginer ce que Nikon gamberge dans le plus grand secret pour ce nouveau processeur, capable d’engloutir et de traiter de l’information avec infiniment plus de puissance et de performance. Et dans quel domaine a-t-on besoin de puissance, je vous le demande ? Dans le traitement du signal vidéo, pardi. Et là je sens bien que votre imagination se met à cavaler à la vitesse d’un cheval au galop, hein ? Un Expeed 3 capable d’ingurgiter de l’image c’est aussi la capacité d’enregistrer un flux vidéo en full HD avec un niveau de qualité jamais égalé. Fermez le ban. Et là vous me dites ? Un reflex numérique Nikon qui embarquerait des fonctionnalités liées à un nouveau processeur dont la capacité de traitement permettrait l’enregistrement d’un flux vidéo au format RAW, par exemple ? Vous y êtes.

Quarante jours de patience.
Vous sentez ? Bien sûr, maintenant, je suis persuadé que comme moi, vous sentez le coup venir. Il se prépare quelque chose de gros, de monstrueux du côté de chez Nikon. Un nouveau reflex pro fullframe d’ici Noël, peut-être équipé d’un nouveau processeur Expeed 3, sur ce coup-là je veux bien miser mon D3s et mes optiques Nikkor et une annonce d’ici mi-octobre. Des fonctionnalités en terme de vidéo et à ce chapitre je sens bien la volonté de Nikon de taper un grand coup, histoire de faire vaciller le quasi monopole de Canon sur son socle. Mais l’histoire ne va pas s’arrêter là, évidemment. On espère que la marque rouge saura réagir en présentant un hypothétique EOS 5D Mark III et un EOS 1DS Mark IV. De toutes façons Canon n’a pas le choix, ils doivent réagir car les coups de butoir de Nikon sont sévères. Contrairement à l’adage cher au cœur de l’estimé Pierre de Coubertin, dans ce monde industriel l’important n’est pas de participer, mais de gagner… D’autant que 2012 apportera aussi son lot de nouveautés, avec l’annonce plus que probable d’un Nikon D4 qui doit être prêt et dispo dans les sacs des reporters photos pour les Jeux Olympiques de 2012 à Londres, en été. Les mois qui viennent s’annoncent excitants pour tout ceux que la photographie numérique passionne. Alors, plus que jamais… Stay tuned !

Festival les Vieilles Charrues 2011. Kerampuilh, c’était demain.

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On attend ce moment toute l’année et arrivé comme aujourd’hui à la veille du festival, il y a comme une douce quiétude qui a fait place à l’angoisse des semaines précédentes. Voilà. On y est. Demain je signe pour le Festival des Vieilles Charrues 2011, vingtième édition, la huitième pour moi en temps que photographe officiel. Ça, des photographes, dans les jours qui viennent, c’est pas ça qui va manquer, on va en voir partout, surtout dans le pit de la grande scène à Glenmor. Si vous voulez voir du matos, du gros, du lourd, du tatoué, c’est là qu’il faut être. Aucun doute possible, pour voir du matos photo, la fosse de Glenmor à Carhaix en juillet, c’est vachement mieux que le Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris en octobre. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore ma feuille de route. Comme chaque année j’ai listé mes concerts probables et comme chaque année il me faudra réduire la toile et les ambitions qui vont avec. Les timings seront serrés, comme toujours. Par exemple, le vendredi où l’un de mes groupes chouchous, The Octopus (vainqueurs du tremplin des Jeunes Charrues l’an passé) ouvriront à Kerouac alors que mes potes brestois de Siam seront à Gwernig (ex-Cabaret breton) exactement au même moment. Pour shooter les deux, il va y avoir du sport.

Hier soir j’ai fait un check du sac, comme tous les ans. Cette année, je vais voyager beaucoup plus léger que l’an passé où j’embarquais deux boîtiers Canon, dont l’un (un excellent EOS 1D Mark IV) était en test en partenariat avec la marque rouge. Après avoir finalement décidé de switcher pour Nikon au début de cette année, c’est avec mon reflex Nikon D3s que je vais arpenter la plaine, amenant avec moi mes deux cailloux de prédilection. D’abord le fabuleux Nikkor 70-200 2,8 VRII, mon optique de référence, ensuite l’étonnant Nikkor 24-120 f4 qui ne cesse de m’époustoufler. Pouvoir couvrir les focales de 24 à 200 avec deux optiques, c’est le bonheur, non ? Et puis cette année, quand même, il fallait bien que je profite de l’événement que sont les Vieilles Charrues et du fait que Nikon France est partenaire du festival (oui, j’y suis un peu pour quelque chose et je n’en suis pas peu fier, de ce rapprochement entre mon festival et la marque jaune) pour solliciter un test grandeur nature. Pour Nikon je vais donc tester le discret doubleur de focale TC20-EIII. Un accessoire discret, léger, petit mais costaud. Grâce à lui, le 70-200 double sa focale (mais perd deux diaphs), je vais donc couvrir les focales de 24 à 400 avec deux optiques et demi.

Quoi d’autre d’essentiel dans mon sac Lowepro Topload cette année ? Pas grand chose à vrai dire. Nikon D3s embarque deux cartes Sandisk Extreme 32G et une carte 16G en secours, au cas où. Mais avec une capacité de plus de trois milles clichés (au format RAW) par jour, je ne risque pas la saturation, d’autant que cette année le mot d’ordre est “zen”. Ma bretelle Fnac pour mon pass, quelques pansements pour les pieds en cas d’ampoules, mes bouchons d’oreilles, ma sangle Optech, des lingettes Vu pour nettoyer mes optiques. Mon flash Nikon (SB900) que je n’utiliserai sans doute pas, quelques cartes de visite, une mini lampe torche Nitecore waterproof qui éclaire mieux qu’une énorme Maglite et qui tient dans ma poche. Last, but not least, mon médiator fétiche, qui m’accompagne à tous les concerts et qui m’avait été offert par Sammy, mon guitar hero de feu Matmatah, après un concert épique.

Zen et léger, c’est le mot d’ordre pour cette édition 2011. Je vais sans doute m’intéresser un peu plus aux festivaliers cette année, si mon planning m’en laisse le temps, profiter pour aller rencontrer des gens, parce qu’au fond, ce festival des Vieilles Charrues n’existerait pas sans son public et sans ses bénévoles non plus. J’irai voir le mythique tirer de charrue mené de main de maître par les frères Morvan, j’irai boire un verre de lait avec les jeunes agriculteurs et comme chaque année je n’aurai pas le temps de manger des patates au lard. Je sais déjà que les quatre jours qui viennent vont filer comme l’ombre et que lundi on aura tous le blues. On comptera alors les jours qui nous sépareront de la vingt et unième édition des Vieilles Charrues… Mais ça, gast ! On n’y est pas encore ! Demain c’est le début de la fête. Si vous me croisez, sur la plaine, faites-moi plaisir ! Venez me voir. Je ne vous garantis pas qu’on aura le temps de boire une Coreff ou un Breizh Cola, mais on aura sûrement le temps de faire une petite photo souvenir…

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