Tristan Nihouarn, Alain Bashung et Jean Fauque. Petits mensonges entre amis.

nihouarn-fauque-bashung-au-vauban-2012On m’a vu dans le Vercors, sauter à l’élastique, voleur d’amphores au fond des criques. Il y a des mots comme ça, qui restent à jamais gravés dans ma mémoire. Finalement je crois que ce qui aura fondamentalement influencé de manière radicale ma vie, c’est la délicatesse des mots et la douceur des images. Délicat et doux, c’est le souvenir que je garde pour toujours d’Alain Bashung, oui je dis bien Alain Bashung, en prenant le soin de poser ce prénom devant son nom désormais inscrit pour toujours et à jamais au panthéon de la chanson française. Ma première rencontre, en 2004. Le choc visuel. Ce qui n’était qu’une vague image télévisuelle prenait subitement une réalité, du relief, au festival Art Rock où j’avais embarqué un peu par la grâce du hasard, voyageur sans bagages, passager clandestin, voleur d’images. Bashung. La gifle, sèche, sans préavis. De celle que tu n’oublies pas. On s’était revus, moins de deux mois plus tard, à Kerouac, une scène au nom prédestiné pour un voyageur, non ? C’était l’époque où on mettait des pellicules dans le reflex et où chaque déclenchement était compté. J’avais signé ce cliché d’un Bashung accompagné d’une lueur étrange qui ressemblait bizarrement à un lézard vert qui avait donné son nom à cette photo. Voilà. Un jour j’ai appris que tu étais malade, de ce genre de voyage dont on ne revient pas. On a dansé une dernière valse au bout du monde, j’ai fait quelques clichés et j’ai quitté le pit parce que j’avais de la flotte plein les yeux. Je suis parti, j’ai marché dans la nuit et j’ai entendu ta voix qui me poursuivait, jusqu’à s’éteindre doucement. Plus tard, alors que j’étais à Carhaix avec mes potes des Charrues, un mec est entré dans la salle de concerts où on faisait les balances. Il avait les yeux mouillés. Il a simplement dit : « Bashung est mort. » Tous les mecs qui étaient là se sont figés, l’ingé son a éteint sa console, le lighteux a débranché ses automatiques et on s’est tous retrouvés comme des cons, sans trop savoir que dire. Alors on a décidé de faire une pause, on a bu un godet et même deux en parlant de toi.

Je ne t’ai pas oublié, d’ailleurs comment pourrais-je ? Mais je n’avais plus jamais parlé de toi depuis ce jour-là. Jusqu’à ce soir de novembre, froid et sec comme un coup de trique, mais sans pluie. Pour l’anniversaire du Vauban, pour se souvenir des belles choses et des jolis moments, du petit bal de la Redoute où le voyage au bout de la nuit se terminait invariablement par « la nuit je mens », le titre préféré du taulier, Tristan Nihouarn avait concocté une reprise de ton titre et avait eu l’idée et la suprême élégance d’inviter Jean Fauque, ton parolier, ton frère d’armes, ton ami, celui qui a suivi la même route que toi, avec qui tu as partagé des joies et sans doute pas mal de galères aussi. Je crois pouvoir te dire sans me tromper que ça t’aurait vachement plu, tellement que c’était beau, tellement que c’était fort et intense. Un très grand moment, une bien jolie surprise pour Charles, tapi dans la pénombre, en larmes. Moi, j’ai pas pleuré, j’avais déjà donné. Après ça, même les silences qui ont suivi, les regards échangés, sourires élégants et polis, témoignaient encore de ta présence. Tu avais envahi cette salle mythique et par la grâce de quelques potes (Tristan, Jean, Scholl, Manu, Julien, Marc, …) tu étais venu écrire ton nom dans le livre d’or de la maison, entre Ferré et Mistinguett, entre Dominique A. et Miossec. Ouais, je veux bien parier que ça t’aurait plu. Quant à moi, après ça, plus rien n’avait vraiment de sens. Je suis reparti avec mes images, j’ai traversé cette putain de ville dans la nuit noire, comme un voleur, un contrebandier. Comme un passager qui roule à travers les bas-fonds, avec dans les oreilles ces quelques mots de Jean, ton ami. Plus rien ne s’oppose à la nuit.

• photo : Tristan Nihouarn et Jean Fauque, cover de « La nuit je mens » de Alain Bashung, 50 ans du Cabaret Vauban (4 novembre 2012), crédit photo Hervé Le Gall www.cinquiemenuit.com

Tristan Nihouarn sera en concert au Cabaret Vauban le vendredi 23 novembre à 20h30. Plus d’infos sur le site du Cabaret Vauban.

Le manuel de la photographie argentique. Comme un retour aux sources, aux fondamentaux de la photographie.

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J’ai lu récemment sur un blog un propos qui m’a fait bondir. En gros, il s’agissait de se demander si le revival de l’argentique ne tenait finalement pas plus d’une forme de snobisme que d’un réel attrait pour ce mode de photographie. Non mais sans blague, comment peut-on avancer des inepties de ce calibre ? Il n’y a pas d’un côté le modernisme consistant à faire des photos en numérique et de l’autre un archaïsme vieillissant, domaine réservé à quelques vieux cons jurassiques, voire à une bande d’illuminés bobos qui cultiveraient leurs différences en reniflant de la dope à base de cristaux d’argent. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, on se fout éperdument de la façon dont l’image est acquise, car en photographie, l’important c’est l’image. Tiens d’ailleurs, ça me rappelle une anecdote qui date du festival Art rock, en 2004, alors que j’entrais dans la fosse, mon reflex argentique en mains, j’étais toisé par quelques hipsters de la prétendue jeune génération qui observaient avec bienveillance pour certains, avec condescendance pour d’autres, d’un œil goguenard et vaguement foutage de gueule, qui mataient donc ce vieux ringard dans la fosse, lui et son matos antédiluvien. L’un d’entre eux m’avait approché (non, je ne mords pas) et avait réalisé toute la pertinence d’une optique d’exception. Quelques mois plus tard, par ailleurs, je signais les photos du DVD de Rokia Traoré, réalisés ce jour-là dans cette même fosse, avec un Canon F1 équipé de son inséparable 55 f1,2. Depuis, je n’ai eu qu’un regret. M’être séparé de mon second reflex, un Canon New F1 sublime. Mais le destin (qui est mon ami) en décida autrement et mit sur mon chemin, l’an passé sur eBay, un ensemble Canon New F1 en état neuf, pour un prix qui me fait toujours sourire. On me demande souvent si je compte un jour revenir à du matériel Canon (le fameux switch back). Mes deux boîtiers et ma collection d’optiques d’exception signées Canon sont là pour attester que je n’ai finalement jamais quitté la marque rouge. Mieux. J’encourage tous les photographes qui n’ont connu que le numérique à retourner d’urgence aux fondamentaux. Que ça plaise ou non, il n’y a pas meilleure école, pour comprendre la photographie, que la pellicule et la chimie, que dis-je ? L’alchimie ! Si vous n’avez jamais développé vous-même une pellicule photo, si vous n’avez jamais vu apparaître une image papier dans un bain de révélateur, alors je vous le dis, vous avez raté un épisode. Quant à moi, j’ai toujours des pellicules Kodak Tri-X dans le bas de mon frigo et régulièrement j’embarque mon F1 avec moi, histoire de revivre quelques sensations inoubliables à travers le viseur de ce boîtier mythique.

Côté littérature, ce revival de l’argentique qui ne dit pas son nom aura permis de voir naître quelques bons bouquins. Bien sûr, il y a l’excellent, l’indispensable, d’aucuns disent que c’est la bible, « Noir et blanc » de Philippe Bachelier paru aux Éditions Eyrolles. Pas trop technique, bien écrit, clair, régulièrement republié, c’est un ouvrage de référence. Je l’ai lu d’un bout à l’autre, avec gourmandise et j’y ai retrouvé plein d’astuces que j’avais oubliées. Indispensable. Et puis là, récemment j’ai lu, édité par Pearson dans une collection qui porte bien son nom (« Apprendre, toujours »), un ouvrage qui devrait s’imposer comme un must have pour tout ceux qui veulent explorer le monde argentique « Le manuel de la photographie argentique ». Signé Danny Dulieu (un nom qui n’est pas inconnu aux passionnés de musique), photographe passionné de photographie argentique et auteur de quelques clichés de référence, je pense notamment à ses portraits en noir et blanc et à quelques clichés de concerts dont un stage portrait particulièrement élégant de Matmatah et de Tristan Nihouarn (« Sauf erreur de ma part » nouvel album dans les bacs en vente partout), bref, Danny sait de quoi il parle quand il évoque l’argentique. Tout est clair, bien expliqué, sans poncifs. On sent chez Danny Dulieu le pédagogue (il est prof de photo) embusqué derrière le photographe. Le style est léger, alerte, agréable à lire, le propos est souvent agrémenté d’une petite pointe d’humour de bon aloi, bref, ce manuel de la photographie argentique se dévore. On apprend beaucoup, classé par thématiques. Bien choisir son matériel, la prise en main, la prise de vue, l’expo, des notions techniques comme la profondeur de champ, le cadrage, l’utilisation de filtres, la photo au flash. Et puis un bon tiers du livre est consacré au développement en laboratoire : le film, bien sûr et le papier, tout est décrit, les bases du travail en labo, les planches-contact, le choix du papier, les techniques de masquage, les qualités de papier. Danny Dulieu livre son expérience et son bouquin transpire la connaissance et l’envie de la partager. C’est d’ailleurs ce qui en fait son originalité et tout son intérêt. On navigue facilement grâce aux index de couleurs, on apprend beaucoup et ce n’est jamais lénifiant, bref ce manuel est une vraie réussite.

Ce bouquin va bien au delà de la volonté de (re)découvrir les sources de la photographie, il en explique par le menu les racines, les fondamentaux. Peut-on appréhender la photographie sans en connaître les bases ? Je me souviens d’avoir demandé un jour à un jeune photographe en herbe si les mots « révélateur, bain d’arrêt, fixateur » évoquaient quelque chose pour lui. « Non. » La réponse était sans appel. Finalement, au fond, chacun voit midi à sa porte. D’autant qu’aujourd’hui, l’expérience argentique coûte peu. On trouve des boîtiers reflex d’excellente qualité à pas cher et à ce chapitre Danny prodigue dans son ouvrage quelques conseils fort intéressants. Un reflex, une optique de base, une pellicule. Pas de mise au point automatique, d’ailleurs zéro automatisme. Juste un moment de quiétude, une respiration, le concept de la photographie dans sa nudité d’origine, sa plendeur, là, entre vos mains. Et au bout de votre index, le déclencheur. Alors… Qu’est-ce que vous attendez ?

• « Le manuel de la photographie argentique » par Danny DULIEU. Éditions PEARSON (326 pages, 34,50€).

Yelle ou l’histoire de la petite grenouille verte devenue Princesse.

yelle-vieilles-charrues-scene-graal-par-herve-le-gall-shotsIl était une fois un photographe de concerts qui traînait ses guêtres dans tous les festivals du Royaume. Ce photographe qui était un bon gars, quoiqu’un peu bougon, avait pour passion de capturer des images dans une boîte magique que seuls quelques initiés comme lui étaient vraiment capables de maîtriser non mais sans blague ! Ainsi donc cette année-là (lalala lalala), alors qu’il s’en allait sur les verts chemins des contrées du nord, il croisa la route d’une petite grenouille verte bien jolie malgré son statut de grenouille. « Croâ ! » fit la grenouille ! Ôte toi de mon chemin, maudite bestiole, ou j’assaisonne tes cuisses que tu as fort jolies au demeurant d’ail, de boursin prêt à cuire et de fines herbes lui lança le photographe, plus chonchon que jamais. « Mais ! Je ne suis pas celle que tu croâ ! » répliqua la reinette en sautillant sur le bras du massif central, je suis une princesse ! « C’est cela oui ! » répliqua le photographe goguenard avant d’ajouter « et moi je suis le Prince Philippe et si ça continue tu vas me demander mon 06. Allez ! Ouste ! J’ai à faire ! Je vais à Artrock et je suis en retard ! ». La petite grenouille expliqua alors qu’elle aussi se rendait au pays d’Artrock et que le voyage serait moins long si elle pouvait embarquer, et qu’elle serait discrète, ce qui fut fait mais à condition qu’elle se taise.

Ainsi donc l’équipage arriva en vue d’Artrock, le photographe laissant là la petite grenouille vaquer à ses occupations tandis que lui s’en allait capturer l’image des étoiles. Puis, un soir venu, le photographe croisa une frêle jeune fille qui s’agitait en tout sens sur une scène, arborant un collier en plastique multicolore du plus mauvais goût tout en scandant des mots mis bout à bout qui n’avaient ni queue, ni tête en tout cas pour lui. Mais, laissant son instinct le guider, ce qui lui avait bien réussi par le passé, il décida finalement de capturer quelques images, même si ces gesticulations en rythme n’étaient pas sa tasse de thé. Il avait seulement retenu un prénom, aussi étrange que le regard chestnut de la demoiselle. Yelle. « Elle ira loin, cette petite ! » avait prédit un condé de la programmation, ce qui avait fait bien rire le photographe qui s’en était retourné en se frottant le ventre qu’il avait par ailleurs fort dodu, à l’époque.

Le temps passa et le photographe prit quelques années, perdit quelques kilos, cheveux et certitudes. Il arpentait moins les concerts mais avait rempli sa besace de milliers d’images, de petits princes en herbe, de princesses et de rois déchus. Ah ! Ça, il avait bourlingué, traînant ses boîtes magiques du nord au sud et d’est en ouest. Il repensait parfois à la petite grenouille, se demandant dans l’assiette de quel prince elle avait pu connaître un funeste destin. Et c’est ainsi que ce soir-là il se retrouva à CharruesLand, petit royaume magique de Kerampuilh qui chaque année depuis des temps immémoriaux célébrait le culte de la terre, du sillon, de la musique, des patates au lard et de la bière Coreff en vente partout, surtout au bar numéro 4. Ce soir-là donc, l’homme qui avait pris un raccourci pour aller de Glenmor à Gwernig se retrouva par hasard sur le chemin de Grall, rien avoir avec le Saint mais plutôt du nom du barde breton. Alors qu’il s’approchait de la scène, il lui sembla reconnaître une silhouette, là, sur la scène, devant un auditoire consumé et plein à rabord. D’abord il y avait cette figure, longiligne et magnifique, drapée d’une tunique aux fils cousus d’or, de rubis et d’émeraudes, la tête encapuchonnée, baissée, comme un boxeur prêt au combat. Welcome to fight club. Et puis vinrent la musique, les sons, une mise en lumière parfaite, un show énergique, vibrillonant, étincelant, une voix posée, parfaitement rythmée, un gros son, vous savez ? De celui qui donne envie de taper du pied pour mieux entrer dans le rythme, se laisser envahir par le rythm of the beat comme disait ce cher Peter, prince de la Genèse et de Bath réunis. Diantre, mais qui était donc cette princesse de l’électro que le monde entier, semble-t-il, nous envie ? C’est lorsque la capuche tomba que la vérité apparut. Lorsque le regard de la demoiselle croisa les collimateurs de la boîte magique du photographe, bouche bée. Il lui sembla qu’elle lui parlait. La petite grenouille était devenue princesse par sa seule grâce, par sa maîtrise des images et des sons. On était à mille lieues de l’esquisse. Le photographe était ému. Il écrasa une petite larme sur son gros cœur de vieux con et s’en repartit vers d’autres aventures. En quittant la scène, la princesse lui fit un petit signe de la main dont il eut la faiblesse de croire qu’il lui était adressé. Sur la route de Gwernig, alors qu’il repartait vers sa cinquième nuit, son fidèle compagnon D3s en mains, le photographe croisa une petite grenouille des champs qui lui dit : « Croâ tu en moi ? »

photo : Yelle. Festival des Vieilles Charrues, scène Xavier Graal (crédit photo : Hervé LE GALL)

voir le site web de Yelle.

Voilà l’été. Une sélection de festivals qui vous ressemblent.

les festivals en bretagne
Vous sentez ? Non ? Comment ça… Non ? Ne me dites pas que vous ne sentez rien, diantre ! Ne me dites pas que tout votre corps ne sent pas frétiller ce petit truc incroyablement sexy à l’aube de l’été qui approche à grands pas, aux boules de glaces qui fondent sur les doigts, aux jolies demoiselles court vêtues qui exhibent leurs jolies gambettes (et pas que) à tout va (à ce propos, la mode été 2011 est très courte ou c’est mon regard de old fucking bastard qui veut ça ?), bref vous sentez que c’est l’été et avec l’été s’annonce la période des festivals. Aussi sûrement que vous ne mangerez pas d’huîtres dans les mois sans air, de mai à août, en Bretagne vous allez comme chaque année vous goinfrer de bons sons, déguster des concerts jusqu’à plus soif. Comme chaque année, la Bretagne est en première ligne pour faire la fête et croyez-moi sur parole, cet été vous allez en voir de toutes les couleurs (et moi avec). Et comme toujours, il faudra faire des choix, alors ne reculant devant rien, je vous ai préparé une sélection de fêtes et de festivals inratables pour cet été qui s’annonce fruité et savoureux. Mais comme ici, à Shots, on ne fait jamais rien comme les autres, je vous propose de découvrir des festivals à votre image. Parce que finalement, dans le mot festival il y a le mot fête et dans une fête, l’important c’est d’abord de se sentir bien. Alors autant choisir un festival qui vous ressemble !

Vous aimez la fête, boire des coups avec vos potes et écouter une programmation variée.

vieillescharrues2011Alors là, aucune hésitation possible. Direction le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, une fête ininterrompue de quatre jours, sur la plus jolie plaine du centre-Bretagne, Kerampuilh. Bienvenue à CharruesLand. Vous laissez vos emmerdes à la porte, vous oubliez les tracas de la vie. Vous êtes accueillis par des bénévoles souriants, il y a un camping à proximité et le matin les jeunes agriculteurs vous offrent un verre de lait. Quand le soleil darde (et c’est souvent le cas à la mi-juillet en Breizh Land), les Charrues prennent des airs de kermesse géante, un immense lieu de fête jusqu’au bout de la nuit. On y croise un ou deux Jean Floc’h, à bloc donc dès le milieu de l’après-midi, mais l’ambiance demeure toujours festive et un peu potache. On se ballade, on découvre. Ici un concert des Jeunes Charrues, là sur la scène Gwernig c’est plutôt régional. Une pause au champignon rouge pour retrouver ses potes, déguster une Coreff ou un Breizh Cola dans l’un des nombreux bars. Uniques. Les Vieilles Charrues sont définitivement uniques. Côté zique, la prog est toujours très éclectique, parce que les Charrues c’est ça, c’est comme au resto. On passe de Kaiser Chiefs à Pierre Perret, de Yannick Noah à Goran Bregovic, de David Guetta à Lou Reed. On ne vous oblige pas à tout écouter mais on vous conseille de goûter à tout, sans exclusive. D’ailleurs c’est ça qui me plaît aux Charrues. On n’est obligés de rien, gast ! Pour moi, c’est LE festival de l’été, comme une grande bouffe musicale qu’on fait avec ses amis. Et le dimanche soir, cette année, il y aura un feu d’artifice et pendant un moment on va tous redevenir des gamins émerveillés. Que vive la fête et mes potes. Et longue vie aux Vieilles Charrues !

Vous aimez ce qui vous interpelle, vous êtes curieux et vous appréciez la découverte d’une programmation musicale raffinée.

routedurock2011La Route du rock de Saint Malo est faite pour vous. Vous êtes un esthète de la musique, abonné aux Inrocks vous êtes incollable tant sur la nouvelle scène indie electro pop alternative norvégienne que sur le revival du folk rock made in USA. Ou alors plus simplement vous ne connaissez aucun des noms de la programmation 2011, même pas les têtes d’affiche, mais c’est pas pour autant que vous vous sentez l’âme d’un blaireau. Car il faut au moins reconnaître à la Route du rock ce petit prodige. Réussir chaque année à réunir le temps du festival une programmation raffinée, un genre de best of de tout ce que la fine fleur pop, rock, folk ou electro compte de meilleur. La Route, c’est la haute couture des festivals d’été en Bretagne, d’ailleurs ce n’est pas un hasard si on désigne la version estivale de « collection été », car il y a aussi une « collection hiver ». Donc, cette année entre le Fort Saint Père, les fauteuils profonds du Palais du Grand large ou la plage, vous allez pouvoir savourer quelques perles au premier rang desquelles le duo The Kills, qui a fait du chemin depuis cette année 2004 où je les avais découverts et vous ne raterez sous aucun prétexte le set des adorables et punchy demoiselles de Electrelane, qui ont décidé finalement de reformer ce groupe où à quatre elles sont tellement meilleurs qu’une par une. Pour l’heure toute la programmation n’est pas encore dévoilée mais il se murmure déjà que les sémillants Blonde redhead seraient de la fête. Qu’importe. Vous pouvez faire confiance aux programmateurs de la Route du rock. La fête sera belle au mois d’août à Saint Malo.

Vous aimez les musiques, toutes les musiques du monde, le métissage, le soleil et la fête.

boutdumonde2011Aucun doute possible, faites vite tamponner votre passeport pour le Festival du Bout du monde. D’ailleurs, ici à Crozon, au début du monde, dans l’un des coins les plus magiques qui soit en Bretagne, l’un des plus beaux aussi, pas besoin de visa. L’équipe du festival vous accueille avec le sourire. ici l’ambiance est vraiment familiale et la qualité de l’organisation est pour beaucoup dans le succès de ce rendez-vous estival dédié à la musique, non dédié à toutes les musiques. Chaque année, le plaisir est renouvelé et l’affiche donne toujours envie. Et cette année, mazette ! Il y a encore quelques pépites dénichées aux quatre coins de la planète. On y croise Marcio Faraco ou Gaëtan Roussel, Catherine Ringer ou Ben l’oncle soul, les allumés de Gogol Bordello ou Lavilliers. Et puis Louis Chédid et Jehro et puis Susheela Raman et puis… des rencontres inouïes (au sens littéral du terme) entre I Muvrini et le Bagad de Plomodiern et ça, ça promet un énorme moment d’émotion. Ah ! Le Bout du monde… La plaine de Landaoudec où on peut se ballader pépère parce que les organisateurs ne poussent pas à la roue et veillent à ce que la jauge public demeure raisonnable, la scène Kermarrec (salut Fanch !), le buffet bio, Jacques qui file comme Buzz l’éclair backstage sur son scooter, des visages, des figures et des sourires, encore et toujours. Le Festival du Bout du monde est sans aucun doute le festival le plus attachant et aussi l’un des plus humains qui soit. Allez-y cette année, vous allez adorer !

Vous aimez les valeurs sûres, un festival à taille humaine et faire la fête.

fetedubruit2011On dit de lui qu’il est le petit festival qui monte. L’an passé j’y suis allé et j’y ai vécu des émotions musicales absolument incroyables avec, pendant deux jours, sur une scène unique, le gratin de la scène internationale, un genre de best of pop, folk, rock, reggae, le tout servi au cœur d’une ville. Cette année la bien nommée Fête du bruit dans Landerneau remet le couvert avec une affiche éclectique où les gros noms comme Simple minds, The Hives, Moby, Arno, les Ogres de Barback… (excusez du peu) côtoient des activistes qui vont foutre un feu de tous les diables, je pense à The Flogging Molly ou aux incroyables Skip the use qu’il faut absolument voir en live. Et puis côté programmation, je note aussi quelques instants de grâce comme Stromae, Asa ou Lilly Wood and the Pricks. Même les amateurs de reggae et de cigarettes qui font rire (non je plaisante les enfants ! La drogue c’est mal, comme le pastis) vont vibrer cette année avec Patrice comme l’an passé avec Steel Pulse. Bref, vous l’avez compris, la Fête du Bruit c’est mon petit chouchou et j’y serai encore cette année avec grand plaisir. Une seule scène, c’est l’assurance de voir une brochette de concerts top qualité dans une ambiance super détendue. Et une organisation aux petits soins et à l’écoute de son public. Oui, il y aura plus de toilettes cette année et oui, Jean Floc’h, on veillera au prix du demi. Des concerts de qualité, des gens heureux et un petit festival qui n’arrête pas de monter. On signe où ?

Vous êtes curieux, vous aimez la découverte, la musique, les arts numériques.

artrock2011Depuis que le Festival Art rock existe, au cœur de la ville de Saint Brieuc, il propose la découverte d’un melting pot artistique, entre arts numériques, découvertes parfois loufoques (j’ai gardé le souvenir mémorable de trous qui fument exposés dans une chapelle) et concerts magnifiques au forum de la Passerelle, au Grand ou au petit Théâtre, sur la Place Poulain Corbion et dans tous les p’tits bars de la ville. Du théâtre aussi, des happenings, les huîtres et le p’tit blanc du dimanche matin, les rencontres avec des artistes qui se baladent dans les rues. J’ai tant de souvenirs heureux à Art rock, non, mieux, je n’ai que de bons souvenirs, en fait. Que du bonheur ! Comme disait un animateur lobotomisé de la télé poubelle, mais ici, avec ce festival-là on est dans le qualitatif, le fin du fin et quand je regarde l’affiche 2011, j’ai envie de faire le mur et d’aller tirer le portrait de Bryan Ferry à Poulain Corbion ou de friser la moustache de Florent Marchet au Grand Théâtre. D’aller me promener dans les rues, découvrir les inénarrables expositions d’art numérique, désormais un grand classique du festival. Art Rock me manque. J’y ai vécu de belles émotions scéniques et c’est ici que j’ai tapé quelques clichés que je ne suis pas prêt d’oublier. Art Rock. Le festival vivant par excellence, un must, une exception culturelle. Et vous qui me lisez, allez vivre au rythme de la programmation délicate de ce festival hors-normes, au cœur d’une ville.

Voilà. Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive et il y a plein d’autres festivals à découvrir un peu partout en Bretagne durant l’été, mais ces cinq là me sont particulièrement chers. Les Vieilles Charrues à Carhaix. La Route du rock à Saint Malo. Le Bout du monde à Crozon. La Fête du Bruit dans Landerneau. Art rock à Saint Brieuc. Tous différents et tous pareils finalement, parce qu’ils n’ont qu’un but. Faire la fête et vous rendre heureux. Bons festivals à toutes et à tous !

cliquez ici pour voir le site officiel du Festival des Vieilles Charrues.
cliquez ici pour voir le site officiel du Festival de la Route du rock.
et cliquez ici pour voir le site non-officiel de la Route du Rock.
cliquez ici pour voir le site officiel du Festival du Bout du Monde.
cliquez ici pour voir le site officiel de la Fête du Bruit.
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Programmation du festival des Vieilles Charrues 2011. United colors of Kerampuilh.


Aux toutes première notes de « Walk on the wild side » impossible pour moi de réprimer un petit « Oh ! » qui fait sourire mon pote Hugues qui présente la prog de la vingtième édition des Vieilles Charrues cru 2011. Lou Reed, c’est l’excellente et totale surprise de cette édition. C’est celui que je n’imaginais pas, plus précisément que je n’espérais plus. T’en veux d’la légende bébé ? En v’là et pas du petit calibre. On y reviendra. Mais avant de vous parler plus en détail de mes coups de cœur de cette édition 2011, un petit préambule. Le meilleur moyen de ne pas être déçu par une programmation, c’est de n’en n’attendre rien de particulier. J’avais entendu Francis Cabrel dire qu’aux Vieilles Charrues, le truc important c’est pas les artistes, non, le truc important c’est les Vieilles Charrues. Il avait tout pigé, le Francis. Il avait capté l’esprit de ce festival. Finalement, pour schématiser, il y a deux sortes de festivaliers aux Charrues. D’un côté il y a les festivaliers qui viennent pour la programmation, ceux-là peuplent les forums, supputent à donfe, croient à la fois au Père Noël ET aux poissons d’avril. Ils fantasment grave toute la Sainte journée sur la venue, en vrac, de U2, de AC/DC ou des Who. Ils font la gueule à l’annonce de la prog mais pour une grande majorité d’entre eux ils viendront quand même. Parce que nombre d’entre eux fait partie des festivaliers qui viennent pour le festival, pour les Charrues, pour boire un godet de Coreff (ou un pichet d’un litre si tu t’appelles Jean Floc’h) ou un Breizh Cola au bar numéro 4 et savourer cette inimitable ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les Vieilles Charrues existent d’abord grâce aux bénévoles et aux festivaliers et ce n’est pas un hasard si la thématique retenue pour les vingt ans des Charrues c’est justement les gens, tous ces gens qui font vivre et vibrer la plaine de Kerampuilh pendant quatre jours. « On fournit le son, vous apportez les couleurs ! » Voilà. Tout est dit. United colors of Kerampuilh, vingtième du nom. Top départ.

Et là vous me dites, et cette année alors ? Voici mes coups de cœur, en vrac. Pas nécessairement des têtes d’affiches, même si je place Lou Reed tout en haut des concerts absolument et définitivement inratables. Lou Reed, découvert il y a un bail par hasard à la sortie de « Coney Island baby« . La claque, la révélation du rock dans toute sa grandiose splendeur. Le Velvet underground, un nom mythique, une définitive légende du rock et de la pop. J’avais pris dans la gueule, coup sur coup « Transformer« , « Rock’n roll animal » et le sublissime « Berlin » qui fait partie de mon top ten personnel des dix meilleurs albums pop rock de tous les temps, on ne plaisante pas. J’ai vu Lou Reed en live en 1975 et ce concert est resté profondément ancré dans ma mémoire. Voir Lou Reed encore une fois, ça va être un magnifique privilège de la vie. Et pouvoir le croiser dans le collimateur de mon reflex, ça va être unique et intense. Dans un autre registre, je vais enfin voir Kaiser Chiefs qui devait passer aux Charrues il y a trois ans ou quatre je ne sais plus, leur son pop rock (comme on dit sur la FM) me parle, ça va pogotter maousse et rendre le public heureux. Pareil pour Pulp, le combo porte-étendard de la pop british avec un Jarvis Cocker qu’on espère remonté à bloc. Je vais en épater plus d’un mais j’attends aussi David Guetta, je veux bien parier une Coreff avec Jean Floc’h que le set va être monstrueux, même si ça ne tape pas vraiment dans mon registre (doux euphémisme), mais après tout un peu d’easy listening ça ne fait pas de mal, comme dirait Maïté. Dans la série deux pour le prix d’un, j’ai vraiment hâte de voir ce que les p’tits gars de The Octopus nous auront préparé en ouverture du festival, scène Kerouac le vendredi. Les gagnants du tremplin des Jeunes Charrues sont aussi de véritables bêtes de scène, il faut le savoir. Un conseil, vendredi 15 juillet, soyez à l’heure, The Octopus, ça va envoyer le pâté, Hénaff ça va sans dire ! Si vous avez faim de rock, de gros son, de sueur, de bière et d’animal, avec The Octopus, vous allez être servi. Vous ne raterez pas non plus The Bellrays et la sublime Lisa Kekaula, à mi-chemin entre Aretha (Franklin) et Tina (Turner), qui avait foutu un feu d’enfer en d’autres temps à mon respectable et mythique Cabaret Vauban, avec les rescapés du MC5. Dans la série beau temps, mer calme, j’ai promis à mon pote Hugues de ne pas zapper Jack Johnson le vendredi, qui va nous ramener du soleil de sa Californie natale, ainsi que Angus & Julia Stone, dans un registre pop folkeux australien de bon aloi. Dans le genre OMNI (objet musical non identifié), j’irai décalaminer mes esgourdes sur DJ Zebra feat. le Bagad de Carhaix, gast ! Du côté du cabaret breton, rebaptisé scène Youenn Gwernig, pendant les quatres jours il y aura quelques pépites succulentes, j’ai noté Titi Robin trio ou Ibrahim Maalouf (tous les deux découverts au festival du Bout du Monde), Olli & Mood, Marchand vs Burger (salut Rodolphe ça gaze ou quoi ?), Duoud (un duo de ouds), pour ne citer qu’eux. Et dans le rôle des potes de Brest, j’irai jeter quelques unes de mes forces, s’il m’en reste, dans le set de Electric Bazar Cie et je poserai mon sac pour Siam, le groupe composé par Fanny Labiau et Bruno Leroux dont je vous recommande au passage d’écouter l’excellent premier opus intitulé « L’amour à trois« , en vente partout. What else ? Plein de bonnes choses. Difficile d’ignorer les sets d’Adam Kesher (vu à Art rock et à la Route du rock), des Hyènes qui reprennent des standards du rock pour le fun mais pas en yaourt (même s’il y a deux vrais morceaux d’ex Noir Désir dedans) ou des allumés de The Inspector Cluzo que j’avais raté au Run ar Puñs récemment. Idem pour Cold war kids ou Stromae (qu’on verra aussi à la Fête du Bruit dans Landerneau en août). En partenariat avec le Sziget festival, il y aura du (beau) monde aux Balkans avec des joyeux déjantés dont Goran Bregovic, Balkan beat box, excusez du peu. Et maintenant, on range les cannes et on passe au calibre supérieur, pour la pêche au gros.

Pas de Vieilles Charrues sans des noms capables de faire venir la foule des grands jours. Yannick Noah fait partie de ceux-là, il vient de bourrer Penfeld en attirant 10.000 spectateurs à lui tout seul. Jeu, set et match. Le samedi, ça va être chaud, d’autant que c’est aussi le jour de Supertramp et de Cypress Hill ! Idem le dimanche, puisqu’en dehors de mon cher Lou Reed, sur la même scène on va savourer PJ Harvey que j’aime beaucoup et pas seulement parce qu’elle m’a emprunté mon prénom anglais et qu’elle est vachement sexy. Non, j’aime bien son côté hardcore déjanté, son style pop rock un peu crème au beurre, limite indigeste, mais c’est tellement bon de se baffrer comme ça sans retenue, non ? Écoutez « This is love » en poussant le potar vers le haut, vous comprendrez ce que je veux dire. Le jeudi, aussi, du lourd. D’abord du rock teuton avec Scorpions, dont on nous assure qu’il s’agira là de leur dernière prestation live (celui qui a dit « bonne nouvelle ! » sort immédiatement de ce blog !). Si la femme de ma vie est dans les parages quand le groupe entonnera « Still loving you« , je lui promets un slow de derrière les fagots estampillé seventies. Bon, coup sur coup on aura aussi le même jour Kaiser Chiefs (i say yeah !), Snoop dog qui paraît-il se fait désormais surnommer « Doggy style », amis du club des poètes bonsoir, le retour de Pulp qui va vous la décoller du bulbe la pulpe, et les frenchies de service qui vont rameuter la foule des grands jours. D’un côté M’sieur Aubert (celui qui en 77 gueulait dans l’hygiaphone) et Mademoiselle Olivia « just sing » Ruiz, qu’on ne présente plus. Et pendant que j’y suis, le lendemain, M’sieur Eddy pour une dernière séance ouakenole. J’ai oublié personne ? Ah ben si ! D’abord Ben l’oncle soul, vu au Cabaret Vauban. Un garçon plein d’énergie positive, vous allez adorer et mouiller la liquette. Et Pierre Perret, aussi connu pour son zizi légendaire (celui qui amidonne la main de sa soeur) que pour des registres plus graves comme le sublime « Lili ». Je l’avais vu, l’ami Pierrot, au festival du Bout du monde, c’était somptueux, j’en connais même un qui avait pleuré.

Allez, ça c’est fait. Je vous donne rendez-vous dans trois mois et un jour sur le site des Vieilles Charrues pour faire la fête. Si vous me croisez sur le festival, vêtu de mon élégant polo brodé Shots (Hervé Le Gall est habillé par Minipop), n’hésitez pas à vous manifester (même si tu t’appelles Jean Floch et que tu es déjà à bloc), on fera une petite photo souvenir. Les annonces de la conférence de presse d’hier, à Carhaix, étaient ponctuées par un lancer de boule de bowling d’un des membres de l’équipe des Vieilles Charrues. La dernière boule fut lancée par Jean-Jacques Toux, programmateur des Vieilles Charrues. Il s’est avancé sur la piste, fébrile, sous le regard un brin goguenard des journalistes présents. D’une main assurée, la boule a glissé sur la piste… Strike ! Jean-Jacques s’est retourné, est tombé à genoux les deux poings levés, large sourire. Belle image, je trouve. Finalement l’esprit de ce festival, on y revient toujours, c’est un peu ça. Les Vieilles Charrues, c’est d’abord l’histoire d’une bande de potes qui sont là pour se marrer. Alors ? Vous êtes prêts ou quoi ? N’oubliez pas. Cet été à Carhaix il y aura du gros son. Je compte sur vous pour nous en faire voir de toutes les couleurs !

Artrock festival 2010. Un coeur gros comme ça.

artrock-2010-shotsArtrock remet le son et ça commence dès demain et je n’y serai pas mais j’y serai un peu quand même, ne serait-ce que par le cœur et par la vertu, aussi, de l’expo Girls rock ! Des clichés avec rien que des filles parce que, c’est bien connu, à tout prendre, à l’instar de Milo Manara qui préfère dessiner des filles que des garçons, moi je préfère shooter des nanas sur scène. Donc, cette année, c’est au centre commercial Les Champs que vous retrouverez mes amies les filles on the rock. Je vais encore devoir zapper cette édition sur les conseils de mon médecin car pour reprendre un formule de ce cher Coluche « parfois la tête dit oui et le corps dit non« . C’est pas une raison pour faire de même, d’autant que mon petit doigt me dit qu’il va faire un temps sublime sur Saint Brieuc et que le festival Artrock n’est jamais aussi agréable que lorsqu’il fait beau. Pendant cinq jours (du 20 au 24 mai), l’affiche est à déguster sans retenue, comme les huîtres et le petit blanc du dimanche matin sur la place en écoutant de la bonne zique (soupir). La carte blanche donnée à Air va sans aucun doute être un des temps forts du festival, avec un plan monté en collaboration avec deux ex de Supergrass (le chanteur et le batteur). Bon, de toutes façons, Air je suis client depuis un bail, enfin disons depuis le remix que Dunckel et Godin avaient fait de « Me manquer » de ce cher Etienne (Daho). Au niveau têtes d’affiche, Art rock envoit du lourd, de la chanson french touch avec Dutronc, Olivia Ruiz ou le très prisé Gaëtan Roussel, de la pop acidulée des frenchies de Revolver ou de la charmante fille de la Belle Province, Coeur de Pirate, comme du rock déjanté de Ghinzu, une fois. Sans zapper ce cher Pete Doherty qui je l’espère évitera les huîtres (et le petit blanc sec qui va avec) avant de monter sur scène. Dans les plans inratables, il faudra (évidemment) voir Rachid Taha avec Mick Jones mettre le souk et le rock dans la casbah. Des groupes moins connus vont aussi valoir le détour, je pense à The Go ! Team qui devrait mettre le feu en ouverture à Poulain Corbion ou des genres aussi art mais moins rock, comme l’excellentissime trompettiste Roy Hargrove au Grand Théâtre de la Passerelle. Le soir, vous pourrez jeter ce qu’il vous reste de forces pour aller vous éclater avec Vitalic ou Caravan Palace et faire la fête jusqu’à pas d’heure.

Et dans la journée, vous pourrez prolonger le plaisir en savourant les expos numériques un peu partout dans le coeur de la ville, dénichant des trucs improbables, parfaitement amusants ou drôlatiques, des expos qui vous feront vous interroger, qui attiseront votre curiosité. Art rock c’est un peu tout ça. Un festival curieux pour des gens curieux de musiques et d’expériences numériques, le tout servi à chaud au coeur d’une ville qui vit à son rythme. Le petit café du matin, la folie de la place Poulain Corbion, les moments intimes et magiques à la Passerelle, au Petit Théâtre, ça me manque déjà. Pour les autres, tous les autres, bon festival !

voir le site du festival Art Rock

Victoires de la musique 2010. C’est pas gagné…

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Hier soir, alors que je roulais, roulais comme un passager de la nuit*, et que je m’emmerdais un brin vu que ma compagne à mes côtés avait rejoint les bras de Morphée depuis un bail, j’ai enclenché la radio, France Inter puisqu’il n’y a que cette station qui soit un tant soit peu supportable et digne de mes esgourdes délicates. Et là, Ô plaisir ! Je retrouvais la voix de l’inénarrable Stéphane Bern, non dans un inévitable et habituel exercice de génuflexion royale (que j’apprécie beaucoup car il me fait vraiment marrer, au demeurant) mais dans la présentation des énièmes Victoires de la Musique ou comment les professionnels de la profession votent et s’auto-congratulent pour désigner les meilleurs d’entre eux, ah ah. Je vous avoue que je ne regarde plus cette cérémonie depuis des lustres. Tout au plus avais-je entre-aperçu, l’an passé, les yeux embués, la prestation de feu Bashung et ça avait largement suffi à mon désarroi. Cette année, donc, comme chaque année, j’avais regardé le listing des nommés (oui, on dit bien nommés et pas nominés bande d’incultes) et j’avais fait mon petit palmarès de faux-cul. Car pour voter aux Victoires, il faut nécessairement être plus ou moins faux derche. Malgré tout, je n’allais pas juqu’à imaginer que la demoiselle Ruiz puisse coiffer au poteau Charlotte Gainsbourg, ce qu’elle fit pourtant avec brio, mais quand même. Non contente d’avoir la carte et la classe internationale, la fille à Lulu avait de quoi séduire avec un album mijoté aux petits oignons par la crème des songwriters, à commencer par Beck. Ou pas. La Victoire est allée directement à Olivia « just sing » Ruiz. Exit les bons petits plats mitonnés maison accompagnés d’un Bordeaux Grand Cru classé, ça sera crêpes aux champignons et bolée de cidre pour tout l’monde. Mathias Malzieu, très digne et très discret (même pas un bisou sur la joue de la Miss alors que le keum de Coeur de Pirate s’est fendu d’une grosse gamelle à sa blonde) jubilait à l’idée de la soirée qui se présentait si bien (merde, voilà que je me mets à causer comme Agathe Godard).

O tempora ! O mores ! On est bien dans l’époque du paraître à défaut d’être. Même le grand Charles semble se demander ce qu’il fait là. « J’ai eu tellement de mal à obtenir ma première récompense que désormais j’accepte toutes celles qui suivent » déclarait Aznavour alors que mon bolide fonçait vers la maison en croisant Ikéa et que notre ministre de la culture y allait de son petit discours fendard, sacré Fredo ! Sur la télé, les tronches plus ou moins fraiches des présentateurs d’Antenne 2 (…) qui se sont succédés depuis vingt cinq balais à la présentation de la cérémonie y sont tous allé de leur tape dans le dos, la palme revenant à Daniéla (qui est toujours d’accord) et à Delarue (qui doit carburer, c’est pas possible, au jus d’argousier). Bref, comme chaque année, les Victoires de la Musique furent une longue, longue, longue et interminable cérémonie, avec un public tout droit sorti du placard. Pas de rythme, pas de tempo, tout au plus un sursaut de temps à autre avec un -M- majuscule au sommet de sa forme (et un Cyril Atef costumé comme l’as de pique à mardi gras, ultra-classieux), Salif Keita toujours un peu ailleurs ou Birdy nam nam, foutrement efficace. Dans ce programme d’électro-encéphalogrammes plats, nul ne s’étonnera que Izia ait détonné. Ah ! Izia… Après avoir parfaitement assimilé le manuel de l’étudiante première année de la Rock academy, il ne fait pas de doute que Mademoiselle H. ait bien révisé le chapitre 12 intitulé, je vous le rappelle « Comment recevoir une Victoire de la Musique avec brio« . Il faut vraiment avoir une conscience musicale proche de la nullité et une méconnaissance totale de l’histoire de la musique de ces quatre dernières décénies pour voir en Izia la réincarnation vivante et frenchie de la pop end sixties, Izia nous rappellant à l’envi que ses références musicales sont les trois bases du rock au féminin (selon ses sources) à savoir, dans l’ordre, Janis Joplin, Patti Smith et PJ Harvey, on ne rit pas. Mazette ! Il faut un peu plus qu’un riff en mi mineur sur une Gibson SG et un hurlement dans le micro pour s’auto-proclamer légende vivante du rock. Mais voilà, on est en France et on se contente de peu côté référence musicales et pas que. À l’occasion, faites-moi penser d’intégrer dans la prochaine édition du manuel, les prestations (dans le désordre) de Mama Béa Tekielski, Beth Ditto, Brigitte Fontaine, Tina Turner, Lisa Kekaula et autres Grace Slick, juste histoire de rappeler que le pur et authentique feeling n’est pas une affaire de marketing.

N’en jetez plus ! On passera volontiers sur la victoire décernée à Benjamin Biolay qui s’est lui-même déclaré indigne de succéder à Bashung, comme quoi tout arrive et cet élan de lucidité suffit à ce que ce garçon remonte d’un cran (mais guère plus) dans l’estime que je lui porte. Je n’ai jamais aimé Biolay et comme disait Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire. What else ? On ne s’attardera pas plus que ça sur Coeur de pirate, la nouvelle sensation québécoise, happée de son groupe de rock par un producteur qui a flairé le bon coup. OMFG ! J’ai écouté et il ne m’a guère fallu plus de quelques mesures pour savoir, d’une, que ce n’est pas le genre de mélodies qui va nous révolutionner la Sardaigne et de deux qu’on va se tartiner la demoiselle tatouée dans tous les festivals d’été, aussi sûrement qu’on s’était tartiné Cocoon en d’autres temps, à commencer par Art rock puis, sans l’ombre d’un doute aux Vieilles Charrues en juillet prochain. D’ici là, vous avez le temps d’apprendre les paroles benêtes de la chanson de l’année : « mais tu m’aimes encore et moi je t’aime en-encore plus fort… » pour être up to date cet été. Au fond, il faudrait qu’on arrête de produire en France ces soirées de Victoires ou de César, succession de longues litanies emmerdantes au modèle largement emprunté aux médias anglo-saxons, notamment aux US, qui n’ont pas leur pareil pour proposer des formats calibrés et rythmés. Mais surtout, il faudrait que les pros de la pro soient un petit peu plus en phase avec la réalité, qu’on cesse de féliciter les dinausores et les produits calibrés et qu’on encourage, enfin ! Les jeunes talents qui ne demandent qu’à pousser… Et ça, franchement, chez Super Dupont, c’est loin d’être gagné. Voilà au moins une victoire qui nous échappe.

*allusion à la chanson The Passenger de The Stooges (chapitre 4 du manuel de la Rock academy : « Comment briller en société en citant Iggy Pop dans le texte »)

• photo : le grand Charles aux Vieilles Charrues en 2007. Aznavour, putain de concert !

Festival Art Rock 2010, une prog racée et classieuse. Comme d’hab’.

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Art rock 2010 se dévoile. Comme d’hab’ le festival au coeur de la ville de Saint Brieuc propose une affiche éclectique et classieuse, mêlant habilement variété chic et pop assidulée, french touch, rock made in UK, world et electro old school. Petit panorama d’un festival pour lequel j’ai un attachement particulier et auquel je ne participerai pas cette année pour cause de plannings charrettes. En revanche, dans la série ne faites pas ce que je fais, faites plutôt ce que je ne fais pas, je vous invite clairement à vous y rendre, vous ne serez pas déçus.

Premier choc, moment incontournable, le duo électro Air que le monde entier nous envie, les deux garçons qui ont élevé la pop french touch au niveau de l’art majeur, vont proposer un spectacle inédit en collaboration avec Yi Zhou, artiste plasticienne chinoise. La rencontre entre la pop débridée des frenchies et les délires visuels made in China, « The Dream of Yi » s’annonce comme un événement majeur de ce festival. Le truc inratable, en somme, à voir le 20 et 21 mai au Grand Théâtre de la Passerelle.

Du côté de Poulain Corbion, la scène principale se partage le vendredi entre world avec les Congolais de Konono n°1, histoire de bouger vos culs de petits blancs-becs. Quand vous serez chaud, vous pourrez déguster la pop douce de Revolver (prévoir le débardeur les filles) qui vous préparera aux envolées lyriques du rock allumé des belges de Ghinzu, probablement ce qui se fait de mieux en matière de rock sur la scène européenne. Quant à Olivia Ruiz, on peut imaginer que la miss Météores qui carbure à la pure énergie va mettre le feu à la scène, si ce n’est pas déjà fait. Vous pourrez jeter vos dernières forces dans le set de Vitalic, qui finira de consummer la scène en prodiguant un son dont il a le secret. Un vendredi so exciting, donc.

Le samedi, programme chargé. Ne pas zapper Féfé au forum de la Passerelle et surtout, surtout ! Assurer le coup pour être sûr de voir Elysian Fields au Petit Théâtre. Si vous me faites un tout petit peu confiance, vous allez vous ruer sur la resa pour être sûr d’en être. Un bijou pareil, dans un écrin comme le Petit Théâtre, vous allez savourer le moment. Du côté de Poulain Corbion, mes deux coups de coeur vont d’abord à Pete « fuck forever » Doherty, une vieille fidélité que j’ai aux Libertines et à Babyshambles. Si le gars Peter arrive sur scène à jeun, je veux dire s’il ne nous fait pas le coup de l’ami déchiré en se pétant la gueule sur scène comme il l’avait fait aux Charrues il y a deux ans, ça pourrait vraiment être un set remarquable. Et puis Rachid Taha qui vient, lui, bien accompagné de Mick Jones, ex-Clash. Il va y avoir du rock dans la casbah et c’est sans doute l’un des concerts à ne pas rater. Si vous êtes photographe, vous ne zapperez sûrement pas Coeur de pirate, la blondinette québécoise aussi tatouée qu’un vieux Hell’s de Frisco.

Dimanche, quoi de bien ? D’abord Roy Hargrove au Grand Théâtre de la Passerelle. Une note bleue pour un trompettiste de génie. Et puis Bibi Tanga, le funk incarné au forum de la Passerelle. A Poulain Corbion, rien que du bon. D’abord Selah Sue, la nouvelle sensation belge. Ensuite The Go ! Team un combo british déjanté qui devrait vous dégager les oreilles. On ne présente plus Gaëtan Roussel (Louise Attaque, Tarmac) qui va aussi sûrement foutre le feu à la scène qu’il ne le faisait avec ses précédentes formations. Là il vient présenter son projet solo mais la voix reste unique, définitivement rock, blindée d’émotions. Ça va envoyer le bois et il faudra être là. Et puis j’ai gardé le meilleur pour la fin et rien que pour savourer le plaisir de lui dire en conf de presse : « je vous connais, vous, vous êtes le père de Thomas Dutronc » j’aurais adoré être là, bordel ! Ce mec a bercé mon enfance, aussi sûrement que Zorro et Thierry la Fronde. « Je suis tout nu dans mon bain avec une fille qui me nettoie » c’était lui. « Les camionneurs sont pleins d’balais » c’était lui aussi. Le fils du père fouettard, les textes d’orfèvre de Lanzmann, et tutti frutti… Jacques Dutronc fait partie de mon top ten, à côté de Gainsbourg, de Bashung, de Miossec, de Daho, de Marchet, de Audrain, de Frandol, … rien que du lourd, de l’incisif, du magnifique. Il faut vraiment voir Dutronc à Art rock qui cette année encore porte magnifiquement son nom. De l’art, du rock. De la race et d’la classe.

Merde alors ! Et même merde in France. Je réalise que je viens de vous faire l’article pour un festival qui s’annonce comme l’un des plus chics et des plus chouettes qui soit cette année. Comme d’hab’ vous pourrez vous promener dans les rues de Saint Brieuc, aller boire des godets dans les p’tits estaminets charmants de la ville, déambuler, manger des huitres sur la place le dimanche matin, découvrir des expos d’art numérique, des trucs improbables mais toujours très funs. Art rock, le bien nommé. Quatre jours pour découvrir, s’enchanter, au rythme d’une prog musicale élégante. Vous me raconterez ?

Vieilles Charrues 2010. Dites à Matthew Bellamy que je serai dans la fosse.

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Sept ans. Putain ! Sept ans déjà. En 2004, je couvre ma première édition des Vieilles Charrues, juste après avoir couvert ma première édition du festival Art Rock à Saint Brieuc. Recall, recall… Cette année-là, il y a Muse, qui est déjà un gros morceau. Je suis comme un gamin à qui on a ouvert les portes de l’épicerie et à qui on a dit « prends tout ce que tu veux ! » Cette année là, j’ai tapé dans le tas, égrainant les concerts jour après jour, découvrant quelques pépites, gravant quelques souvenirs inoxydables : Mademoiselle Simon, -M-, Lhasa, Bashung, Texas, pour ne citer que ceux-là. Alors quand on m’a dit que je n’étais pas accrédité pour Muse, au fond, j’étais pas vraiment amère, juste un peu déçu de passer à côté du bol de sangria. J’avais pris tout ça avec beaucoup de philosophie… Non, en fait j’étais super chonchon ce soir-là, j’avais simplement dit à Yann (le responsable fosse) que si Matthew Bellamy s’étonnait de mon absence dans la fosse, il fallait lui dire que j’avais préféré aller shooter un groupe inconnu sur la scène Xavier Graal. La suite est connue. Dix minutes avant le début du concert de Muse, Yann m’alpague et me dit en souriant : « Matthew Bellamy exige la présence d’Hervé Le Gall dans la fosse ! » Voilà, dans ce souvenir il y a toutes les bonnes raisons de mon attachement sincère et quasi viscéral pour ce festival, pour mon festival.

Alors, cette année, comme tous les ans, vous allez les entendre pigner, chonchonner, geindre sur la prog qui n’est pas comme çi ou qui aurait été mieux comme ça. Que Muse c’est pas une tête d’affiche, que Dutronc… et patati et patata. Bon, si je résume, le jeudi soir, vous allez pouvoir écouter Revolver, Jacques Dutronc, Muse et Mr Oizo, plus un cinquième groupe à annoncer là, sous peu et tout ça pour 49€. Et pour la première fois, les concerts vont se répartir sur deux scènes, Kerouac et Glenmor, ce qui laisse imaginer un set énormissime de Muse (on en reparlera). Pour ma part, Dutronc et Muse, c’est déjà deux excellentes raisons d’être présent le jeudi soir. Pour la suite, je veux bien parier un fût de Coreff (non, allez, deux fûts de Coreff) que Kerampuihl va se consummer sur le set d’Indochine. Je me souviens du feu provoqué par l’Aventurier version Nada Surf (en 2003 il me semble), alors le deuxième service avec la version originale (probalement servie en rappel) made in Indo, ça va tout péter !

Bon et à part ça, on a quoi dans le paquet cadeau ? Un peu d’électro old school, Mr Oizo et surtout Etienne de Crecy qui promet un show visuel, même si l’electro boum-boum c’est pas du tout ma tasse de thé, le joyeux et bondissant Mika devrait faire tourner quelques têtes blondes, comme Phoenix, la sensation de la scène parisienne, en dehors de laquelle, c’est bien connu, on s’emmerde comme des rats morts. L’OVNI de cette annonce c’est Gojira, du lourd, du métal que mes oreilles gracieuses et fragiles avaient prudemment choisi de zapper lors de leur passage au Vauban. Et puis Diam’s, petite perle du hip hop, qui avait servi en 2006 un set éblouissant devant une foule bien trop énorme pour la taille de la scène Xavier Graal. Depuis, la petite fiancée du rap semble s’être égarée quelque part entre mur des lamentations et radicalité politique. On verra bien où elle en est, devant le public du finistère qui lui était si cher, naguère, mon p’tit frère… Last, but not least, il y aura Alain Souchon, avec la pertinence des mots, les lignes mélodiques du gars Voulzy qui vont bien et l’air de faire de la musique sans y toucher. Et ouais ! Je suis client de la petite entreprise du Souchon car en un mot, ce mec me rend heureux et rien que ça, déjà, c’est pas dégueu.

Sept ans. Septième édition, sept ans de réflexion. Et des souvenirs, rien que du bon souvenir, des rencontres, des images et puis des figures, des visages de gens, de bénévoles qui se bougent le cul, à Carhaix, centre du monde pendant quatre jours. Cette année encore on sera plus de 200.000 à fouler la plaine, à l’aise. Bon, bien sûr, vous allez me dire, on n’aura pas Crosby, Stills & Nash, avec ou sans Young. On n’aura pas AC/DC non plus, pas cette année ! N’empêche, on n’est pas passés loin, hein ? Alors qui sait, peut être l’année prochaine pour les vingt ans, on peut rêver, non ? That’s it ! Les Charrues, c’est ça. Un rêve de pote qui se réalise et se renouvelle, chaque année. Et ça fait vingt ans que ça dure !

• cliché : Muse aux Charrues en 2004 (crédit photo : Hervé Le Gall)

Pourquoi (finalement) j’ai choisi EOS 5D Mark II.

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C’est décidé. Finalement, mon prochain boîtier sera un EOS 5D Mark II. Après mûre réflexion, tergiversations, détours, observation des produits concurrents, je décide de rester fidèle à la marque Canon avec laquelle je poursuis mon chemin de photographe depuis 1975. Le premier paramètre qui motive ma décision, c’est la qualité de mes optiques. Comme photographe de concert, j’ai deux options. Soit je shoote dans des salles à taille réduite (des jauges 500 et moins) comme le Vauban, le Run ar Puñs et dans ce cas je suis collé à la scène. Ou bien je suis dans une fosse, en recul par rapport à la scène, c’est le cas dans une salle comme la Carène et, bien sûr, c’est le cas dans des festivals comme les Vieilles Charrues, la Route du rock, Art rock, … Première option, je travaille avec mon 16-35, que j’avais initialement acheté en prévision d’un capteur fullframe. Il me tarde de le monter sur mon nouveau boîtier pour voir comment ce caillou s’exprime sur un plein format. Seconde option, je monte mon 70-200, dont je n’hésite pas à dire qu’il est l’un des meilleurs objectifs que j’ai jamais eu entre les mains. Je dois avouer que la perspective de ne plus l’utiliser me terrifait et que c’est en grande partie pour lui (et à cause de lui) que je suis resté chez les rouges. En revanche, paradoxalement j’appréhende un peu le capteur fullframe, dans des fosses comme à Kerampuihl et la perte du coefficient 1,6 bien pratique dans ce cas de figure précis. Pour compenser, je me dis que je pourrai toujours monter mon extender, gagner un coefficient de 1,4 et perdre deux diaphs, tout en montant à 3200 iso sans grain. Là aussi, côté sensibilité, je demande à voir, et le 5D Mark II a intérêt d’étaler (sinon on va pas être copain…). Autre élément, mineur pour beaucoup de photographes mais (très) important pour moi, le viseur du 5D Mark II affiche 98% de l’image, et donc du cadrage, un paramètre déterminant lors de la prise de vue. Et puis il y a, évidemment, ma connaissance de l’environnement Canon. Avec un 5D Mark II entre les mains, pas besoin de me faire un dessin ou une formation, même accélérée rapide. Je loge une carte (ce sera une Sandisk Extreme III de 16Go) et je fais des photos. Mais ne vous méprenez pas, comme je l’ai écrit ici, la mariée est nettement moins belle que ce que j’avais imaginé. Je zappe certains points noirs, je pense au mode rafale minable, concernant l’autofocus 9 points on fera avec et je ne vous parle même pas du mode vidéo. A ce propos, mes explorations du côté de Nikon n’auront pas été vaines. Il semble que la marque jaune s’intéresse aussi de près à l’implémentation d’un mode vidéo sur ces boîtiers… À l’avenir, donc, que ça nous plaise ou pas, il semble bien qu’on n’échappera pas à la présence de la vidéo sur nos boîtiers reflex. Tiens justement, de Nikon, parlons-en… [Lire plus...]