Festival les Vieilles Charrues 2011. Kerampuilh, c’était demain.

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On attend ce moment toute l’année et arrivé comme aujourd’hui à la veille du festival, il y a comme une douce quiétude qui a fait place à l’angoisse des semaines précédentes. Voilà. On y est. Demain je signe pour le Festival des Vieilles Charrues 2011, vingtième édition, la huitième pour moi en temps que photographe officiel. Ça, des photographes, dans les jours qui viennent, c’est pas ça qui va manquer, on va en voir partout, surtout dans le pit de la grande scène à Glenmor. Si vous voulez voir du matos, du gros, du lourd, du tatoué, c’est là qu’il faut être. Aucun doute possible, pour voir du matos photo, la fosse de Glenmor à Carhaix en juillet, c’est vachement mieux que le Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris en octobre. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore ma feuille de route. Comme chaque année j’ai listé mes concerts probables et comme chaque année il me faudra réduire la toile et les ambitions qui vont avec. Les timings seront serrés, comme toujours. Par exemple, le vendredi où l’un de mes groupes chouchous, The Octopus (vainqueurs du tremplin des Jeunes Charrues l’an passé) ouvriront à Kerouac alors que mes potes brestois de Siam seront à Gwernig (ex-Cabaret breton) exactement au même moment. Pour shooter les deux, il va y avoir du sport.

Hier soir j’ai fait un check du sac, comme tous les ans. Cette année, je vais voyager beaucoup plus léger que l’an passé où j’embarquais deux boîtiers Canon, dont l’un (un excellent EOS 1D Mark IV) était en test en partenariat avec la marque rouge. Après avoir finalement décidé de switcher pour Nikon au début de cette année, c’est avec mon reflex Nikon D3s que je vais arpenter la plaine, amenant avec moi mes deux cailloux de prédilection. D’abord le fabuleux Nikkor 70-200 2,8 VRII, mon optique de référence, ensuite l’étonnant Nikkor 24-120 f4 qui ne cesse de m’époustoufler. Pouvoir couvrir les focales de 24 à 200 avec deux optiques, c’est le bonheur, non ? Et puis cette année, quand même, il fallait bien que je profite de l’événement que sont les Vieilles Charrues et du fait que Nikon France est partenaire du festival (oui, j’y suis un peu pour quelque chose et je n’en suis pas peu fier, de ce rapprochement entre mon festival et la marque jaune) pour solliciter un test grandeur nature. Pour Nikon je vais donc tester le discret doubleur de focale TC20-EIII. Un accessoire discret, léger, petit mais costaud. Grâce à lui, le 70-200 double sa focale (mais perd deux diaphs), je vais donc couvrir les focales de 24 à 400 avec deux optiques et demi.

Quoi d’autre d’essentiel dans mon sac Lowepro Topload cette année ? Pas grand chose à vrai dire. Nikon D3s embarque deux cartes Sandisk Extreme 32G et une carte 16G en secours, au cas où. Mais avec une capacité de plus de trois milles clichés (au format RAW) par jour, je ne risque pas la saturation, d’autant que cette année le mot d’ordre est “zen”. Ma bretelle Fnac pour mon pass, quelques pansements pour les pieds en cas d’ampoules, mes bouchons d’oreilles, ma sangle Optech, des lingettes Vu pour nettoyer mes optiques. Mon flash Nikon (SB900) que je n’utiliserai sans doute pas, quelques cartes de visite, une mini lampe torche Nitecore waterproof qui éclaire mieux qu’une énorme Maglite et qui tient dans ma poche. Last, but not least, mon médiator fétiche, qui m’accompagne à tous les concerts et qui m’avait été offert par Sammy, mon guitar hero de feu Matmatah, après un concert épique.

Zen et léger, c’est le mot d’ordre pour cette édition 2011. Je vais sans doute m’intéresser un peu plus aux festivaliers cette année, si mon planning m’en laisse le temps, profiter pour aller rencontrer des gens, parce qu’au fond, ce festival des Vieilles Charrues n’existerait pas sans son public et sans ses bénévoles non plus. J’irai voir le mythique tirer de charrue mené de main de maître par les frères Morvan, j’irai boire un verre de lait avec les jeunes agriculteurs et comme chaque année je n’aurai pas le temps de manger des patates au lard. Je sais déjà que les quatre jours qui viennent vont filer comme l’ombre et que lundi on aura tous le blues. On comptera alors les jours qui nous sépareront de la vingt et unième édition des Vieilles Charrues… Mais ça, gast ! On n’y est pas encore ! Demain c’est le début de la fête. Si vous me croisez, sur la plaine, faites-moi plaisir ! Venez me voir. Je ne vous garantis pas qu’on aura le temps de boire une Coreff ou un Breizh Cola, mais on aura sûrement le temps de faire une petite photo souvenir…

SNCF et Leica. La prochaine fois, tu prendras le bus.

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Ce matin, en lisant mon quotidien pendant le petit déjeuner, je suis tombé sur cette pub pour la SNCF. Un slogan qui accroche le regard, pour vendre un trajet à petit prix. Bon, c’est vrai qu’un Brest-Paris en TGV à 22€ c’est pas la ruine. Non, ce qui m’a amusé c’est l’utilisation de l’accroche photographique. Partez avec des a priori, revenez avec des clichés. Bien vu. En revanche, pour illustrer le côté cheap du cliché, l’agence de pub aurait pu trouver mieux. Je ne sais pas moi, un vieil Instamatic des années 70 ou un vieux reflex décati. Non, pour illustrer ce qui va vous permettre de revenir avec des clichés de vos longs voyages en train, la SNCF ne vous propose rien d’autre qu’un Leica et pas n’importe quel Leica, le nouveau M9 numérique, probablement le boîtier le plus coûteux de sa catégorie puisque de mémoire son prix tarif (désolé pour l’approximatif, je ne suis pas client Leica) avoisine les 5000€. Simple ignorance ou petit clin d’œil cynique de l’agence de pub, le choix de Leica M9 pour illustrer une pub pour un produit low cost fera sûrement sourire plus d’un photographe. Pas sûr cependant que cet humour soit du goût de la marque teutonne, de se voir ainsi associée à un produit d’entrée de gamme. Qu’importe la marque et le prix du boîtier. Car finalement, pour faire une bonne photo, ce qui compte d’abord c’est l’œil, pas le prix du ticket.

Pour beaucoup l’objectif est d’arriver à la bonne heure, pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.” (Grand corps malade, les Voyages en train)

Nikon D3s. C’est pas parce qu’on n’a rien à dire…

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Dingue. Dix jours que j’ai pas écrit un mot. Dix jours que, finalement, je n’ai RIEN à dire. Je reçois des emails de protestation de lecteurs de Shots. Ben alors ? Depuis que tu as un D3s t’as plus rien à dire, Harvey ? Eh bien t’es pas tombé loin mon ami… Bon, bien sûr, je pourrais faire comme un paquet de blogueurs, avec la vieille recette du pompage de billets. Savez-vous que d’après machin, Canon s’apprêterait à sortir un boîtier de 42 millions de pixels avec génération automatique de flux vidéos en format RAW natif ? Si, si, c’est ma belle-sœur qui lit régulièrement un site de rumeurs qui me l’a dit. Non franchement, pomper du flux pour soigner mon ego et enrichir mon flux RSS ? Pas pour moi. De toutes façons, mon ego, aussi rikiki soit-il, se porte bien sans relayer toutes les conneries du net. De vous à moi, je lis très peu les blogs, surtout les blogs de photographes. Un photographe c’est là pour faire des photos, pas pour écrire du bla-bla, à quelques très rares exceptions prêts, suivez mon regard. À l’affirmation “j’aime beaucoup ce que vous faites, Monsieur Le Gall !” toujours éviter de répondre “oui j’aime aussi beaucoup ce que je fais” ça ne passe pas. Bon, où en étais-je ? Ah oui c’est ça. Vous avez raison, chers lecteurs et lectrices assidûs de Shots, ça fait une petite dizaine de jours que je n’ai pas écrit le moindre mot, enfin ici je veux dire. Ici, parce que ma vie ne se résume pas à Shots, quand même. J’ai aussi une vie en dehors de ce blog et même une vie sociale. Je ne suis pas un geek enfoui dans sa tanière devant son iMac à traquer la moindre émotion nouvelle et technologique. D’ailleurs entre nous, côté émotions et technologies photographiques, c’est plutôt demi-molle comme on dit du côté du Vauban, à Brest même. Beau temps, mer belle et calme, l’electro-encéphalogramme de l’actualité photographique est proche de zéro. On attendait un petit signe du côté de Canon ou de Nikon au CES et finalement rien, nibbe, niante. Donc on fera comme tous les ans, hein ? On attendra sagement la prochaine manif’ planétaire, je crois que c’est en février. Les sites de rumeurs feront du flux et seront relayés par des blogueurs qui n’ont toujours rien à dire. Et ne vous en faites pas. Si en février il n’y a rien, on vous donnera rendez-vous en juin puis en septembre à la Photokina. Vous voulez mon avis ? Pas vraiment sûr que quiconque annonce quoique ce soit avant l’été. Et je vais vous dire franchement. Personnellement, je m’en tamponne.

Dix jours et pas un mot. Je vous ai dit que j’ai acheté un Nikon D3s ? Oui, bien sûr que je vous l’ai dit. Je l’ai reçu il y a dix jours. Un D3s avec un 70-200 2,8 VRII et ce fameux Nikkor 24-120 f4. Et justement ce matin j’ai reçu mon flash SB 900. Bon, le flash pour un photographe de concert, c’est comme le parapluie au Sahara, pas vraiment le genre d’accessoire très utile et même carrément honni, interdit, dont l’utilisation est prohibée. Mais en dehors de la scène, pour “déboucher les ombres” comme disait je ne sais plus quel photographe qui avait sans doute envie de se la péter, en éclairage d’appoint, un flash c’est quand même drôlement utile. Je vais beaucoup bosser là-dessus, dans les mois qui viennent. La gestion de la lumière, ça me fascine. Les photographes de concerts et d’une manière générale de spectacles, de reportages, utilisent souvent la lumière qu’on leur sert, avec plus ou moins de bonheur. Avec le flash, un ou plusieurs asservis et déportés, il y a des zones d’ombres à explorer, si j’ose dire. Bref, dix jours avec D3s et je n’ai rien à dire. RIEN. Je suis apaisé, en fait. Ce boîtier, je l’ai en main, je le sens bien. Chaque fois que j’ai shooté avec D3s en concert (Eiffel en décembre 2009 puis -M- en concert privé en décembre dernier) je pensais à une scène de l’excellent dessin animé “Kuzco” de Disney, lorsque Isma la vilaine interpelle Kronk le serviteur un peu décoiffé du bulbe en lui disant : “Tu sens la puissance Kronk ?” Voilà ça fait ça, en fait, d’avoir un D3s en main. C’est sentir la puissance au bout de son bras. On oublie vite le seul défaut du D3s, son poids, surtout quand il héberge le fabuleux Nikkor 70-200. Ministère de l’homme. Vous en avez, nous aussi. Que dire de D3s ? J’entends par là, est-ce que je pourrais balancer une saleté sur ce boîtier reflex numérique ? Est-ce qu’à un moment donné je l’ai pris en défaut ? Je pourrais peut-être évoquer que 12mp c’est pas terrible par rapport à 16 (et encore moins par rapport à 21 ou à 24), qu’avec ça je peux pas faire un agrandissement au delà de 30 par 40 ? C’est une blague tout ça. À un moment donné, il faut savoir se taire, accepter les évidences. Ce boîtier est au dessus du lot. Je ne connais pas un photographe professionnel sérieux, je veux dire un photographe de terrain, qui prétendra le contraire.
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Non il n’y a rien à dire sur D3s ou plus précisément, il n’y a rien à redire sur ce boîtier. Comptez sur moi. Si je trouve le moindre truc qui m’agace, je ne serai pas le dernier à en parler, mais pour le moment, la vue est dégagée, comme le soleil qui darde sur Brest ces jours-ci. D’ailleurs, dès que l’occasion se présente, j’embarque mon boîtier avec moi, histoire de lui faire prendre l’air et découvrir la Bretagne (que les japonais adorent, par ailleurs). En concert, sa capacité (que j’ai largement évoquée ici-même) à accrocher le point dans des conditions de lumière désastreuses ne finit pas de m’étonner. C’est net même quand il n’y a pas de lumière. Bizarrement, j’évite de monter au delà de 6400iso, je ne sais pas pourquoi ou plutôt si, je sais. C’est une forme de pudeur en fait, comme si une petite voix me disait qu’à 12800iso l’aventure est trop facile. Bon, soyons honnête. À 6400iso, il y aura toujours plus de grain qu’à 1600, voire 800iso. Et là j’entends des voix interloquées “Quoi ? Il y a du grain à 6400iso sur un D3s ?” Il y a un léger grain, oui, mais vraiment léger, comparé au grain de malade sur certains autres boîtiers, pas la peine de vous faire un dessin. Bon, sinon le reste, tout le reste est du même calibre. Les optiques quant à elles sont solides, rien à dire sur le 70-200 f2,8 qui suit le boîtier dans toutes les conditions, une mention spéciale (je ne me lasse pas de le répéter) au 24-120 f4. Cette optique trans-standard est aussi lumineuse qu’un caillou qui ouvre à f2,8 grâce au traitement nanocristal appliqué à chaque lentille. Une optique légère, pas trop chère, une plage focale idéale grand angle, petit zoom. Seul léger travers constaté (ah ! Quand même !), un léger vignettage à 24mm et à pleine ouverture, même si pour ma part j’aime bien cet effet un peu vintage, old style sur des clichés en noir et blanc. Il faudra quand même que je teste le Nikkor 14-24 f2,8 un de ces jours, mais j’attends d’abord d’avoir vraiment fait le tour complet du propriétaire et rien qu’avec le D3s il y a de quoi explorer.

C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule, disait ce cher Michel Audiard avec la pointe d’ironie qui caractérisait son style inimitable. Dix jours sans rien écrire sur Shots et pendant ce temps, j’ai fait mentir Audiard. J’ai shooté quelques sets, dont Nolwenn Korbell Trio au Vauban, qui m’a bien scotché. Des concerts magnifiques se profilent dans les semaines qui viennent. Je vais être de retour sur le terrain, des contrées sauvages et splendides comme le Cabaret Vauban ou le Run ar Puñs, où les lumières se captent avec parcimonie et délicatesse ou encore à la Carène et son plan de feux dantesque. Dans tous les cas je sens que mon nouvel ami va se sentir à l’aise et qu’ensemble nous allons aller chercher de l’image, tout au bout de la nuit.

• photos : Nolwenn Korbell, Jean-Christophe Boccou (Nolwenn Korbell Trio). Cabaret Vauban, Brest janvier 2011 (Nikon D3s + Nikkor 70-200 2,8 VRII, 6400iso f3,2 1/250e).

Le drame de Philip Plisson pose le problème de la sauvegarde des photos numériques.

sauvegarde-photo-numerique-shots-2010Comme tous les photographes, j’ai pris le drame vécu par Philip Plisson et son équipe en pleine gueule. Voir disparaître trente ans de sa vie dévorés par la proie des flammes, c’est le pire cauchemar qu’un photographe puisse vivre. Films argentiques et diapositives sont des supports fragiles qui doivent être stockés dans de bonnes conditions, à l’abri de la lumière, des écarts de température, de l’humidité. Le feu, c’est définitif, pour un support argentique, film négatif ou diapo, c’est la mort. Idem pour l’eau. Devant ce malheur, tous les photographes sont solidaires du désarroi de Philip Plisson. Ce drame doit aussi nous interpeler sur la sauvegarde de nos fonds photographiques.

Numérisation des films argentiques
Cette sauvegarde passe par la nécessaire numérisation des films argentiques. C’est une opération longue, délicate, coûteuse, mais la numérisation permet le stockage de masse et surtout la duplication des photographies. C’est aussi une opération durable. Car une fois les films (négatifs ou diapositives) scannés et numérisés, leur virtualité numérique leur permet d’être à l’abri de l’outrage du temps. L’image est dématérialisée, elle devient une succession binaire, un code. Ce code peut être copié à l’envi, reproduit, dupliqué.

Duplication et sauvegarde des images numériques
Les images numériques, quant à elles, sont déjà des successions de code. Sont-elles pour autant à l’abri de la perte ? Rien n’est moins sûr. Le premier conseil à donner à un photographe, c’est de n’avoir aucune confiance absolue dans les supports de sauvegarde. Seule la multiplicité des sauvegardes numériques permet d’accentuer les chances de validité des backups numériques. Vous pensez être à l’abri en ayant réalisé une sauvegarde de vos clichés numériques sur des supports CD ou DVD ? Lourde erreur. On sait aujourd’hui que ces supports ont une durée de vie limitée dans le temps. Que cela ne vous empêche pas de réaliser des sauvegardes sur ce type de support. L’autre alternative demeure évidemment le disque dur avec une prédilection pour le disque extractible. Pour ma part, je stocke mes clichés numériques sur des supports disques amovibles, dont les capacités vont actuellement de 1 à 2 Teras. Compte tenu du poids des fichiers RAW aujourd’hui, une session de deux cents photos c’est quatre gigaoctets de données, donc, oui, ça grimpe très vite.

Établir un plan de sauvegarde
Mes clichés sont sauvegardés à l’issue de chaque prise de vue, de ma carte compact flash à mon disque de travail. J’utilise des disques Samsung Spinpoint au format Sata, qui sont de bons disques fiables, extractibles à chaud et c’est déjà très bien. Une fois dérushés, validés, développés, ces clichés rejoignent un disque de sauvegarde. À cette fin j’utilise deux docks USB connectés en parallèle. Le dock numéro 1 contient mon disque de travail, le dock numéro 2 héberge le disque de backup. J’ai un troisième disque (backup de 2To) qui n’est pas hébergé physiquement au même endroit géographique et qui est mis à jour deux à trois fois par mois. En cas de problème physique (incendie, vol, dégradation, …), j’ai l’assurance que mon fond est à l’abri, à l’extérieur de mes bureaux. Le concept d’armoire ou de coffre anti-feux permet aussi de mettre les disques durs ou les films argentiques à l’abri des flammes. Dans le cas de l’incendie chez Plisson, c’est ce qui a leur permis de sauvegarder de nombreux clichés. Enfin, au delà de ce plan de sauvegardes multiples, je réalise également des sauvegardes classiques sur supports CD ou DVD. Un jeu de DVD est également stocké à l’extérieur.

L’avenir : la sauvegarde délocalisée
Dans un avenir proche des solutions techniques vont voir le jour. Ces solutions existent déjà sous la forme de volumes distants, de clouds, de serveurs de sauvegarde, mais elles ne sont pas pour le moment en phase avec les capacités que nécessitent les formats numériques utilisés (RAW). Tout au plus, les quelques gigas proposés permettent de délocaliser la sauvegarde de clichés au format jpeg et encore ce service est souvent proposé à prix d’or. On peut imaginer que des solutions vont bientôt être disponibles, sur des espaces de stockage importants, à des prix abordables et techniquement simples à mettre en oeuvre. Du côté de chez Apple l’intégration existe déjà et il est possible de copier ses données sur des serveurs distants hébergés dans des salles blanches réparties aux quatre coins de la planète, en toute sécurité, par un simple glisser-déposer.

Card drive dock la bonne config pour assurer une sécurité correcte
card-drive-dock-macway-shotsParlons budget. Chez MacWay je vous conseille le CardDrive dock qui est un dock permettant d’accueillir des disques durs au format Sata. En façade le CardDrive est dôté de deux ports USB supplémentaires et c’est BIEN parce que je ne sais pas si vous avez remarqué mais on n’a jamais assez de ports USB ! Et aussi un port compact flash et un port SD/MMC/MS, inutile de vous faire un dessin, pour un photographe ça va de soi. Donc en résumé :

un dock disque dur – CardDriveDock + disque dur 3.5″ 1,5 To Seagate 7200 tr/min (112,90€)

un disque dur interne supplémentaire de 2 To Samsung SpinPoint F3 EcoGreen SATA II 3,5″ 5400tr/mn 32 Mo (104€)

Au prix tarif d’aujourd’hui 20 septembre 2010 (c’est la MacWay expo donc il y a des prix intéressants), vous en avez pour 216,90€, c’est pas le Pérou ! Ce à quoi vous ajoutez 14€ pour habiller vos deux disques durs Sata d’un étui disque dur interne (7€ pièce), indispensable pour protéger vos disques quand ils sont à l’extérieur. Notez qu’il suffit d’oter la partie supérieure de l’étui pour l’insérer dans le dock, c’est plutôt bien pensé.

J’utilise pour ma part ce système de disques durs amovibles depuis près de deux ans. C’est fiable, rapide, confortable, souple. Mes archives sont stockées sur trois supports physiques différents et j’ai une sauvegarde supplémentaire sur supports CD/DVD. Le risque zéro n’existe pas, mais cette configuration permet de réduire la perte des données de manière radicale.

Nikon annonce D7000 : 16mp, vidéo full HD, autofocus amélioré. Bienvenue au fight club.

nikon-annonce-D7000-shots-2010Disons-le clairement. Même si ce nouveau boîtier Nikon D7000 présente de nombreux atouts – un capteur plus musclé, un double slot SD, un mode vidéo full HD, un autofocus optimisé, … On va y revenir ! – c’est quand même rien d’autre qu’un boîtier positionné sur le segment expert semi pro, pas de quoi fouetter un chat ! Un second couteau en somme. Bienvenue, vous êtes sur Shots. Vous vous attendiez à quoi ? Qu’on se liquéfie, qu’on se répande ? Voilà un boîtier au format DX qui pour un pro peut être une excellente alternative, au mieux un backup de son D3 ou de son D3s. Ce boîtier en a sous le pied et je vous propose de regarder les points qui me semblent intéressants d’être notés, Mais de vous à moi, ce D7000, clairement positionné face au 7D de Canon est annonciateur d’une bagarre à venir sur le segment pro que, pour ma part, j’attends avec une impatience fébrile. L’annonce aujourd’hui de D7000 n’est qu’un hors d’oeuvre, un amuse-gueule, un premier round, une mise en jambes en attendant le combat des chefs, le vrai, le couillu, sur le terrain professionnel. C’est dans les mois qui viennent que vont se livrer deux combats décisifs entre les deux principaux constructeurs japonais que sont Nikon et Canon. Dans un premier temps avec les deux boîtiers full frame pros, pour Nikon le successeur de D700, pour Canon le successeur de EOS 5D Mark II. Dans un deuxième temps avec l’annonce tant attendue de leurs nouveaux reflex haut de gamme, probablement D4 chez Nikon et EOS 1DS Mark IV chez Canon. Et lorsque j’écris le mot “décisif“, je pèse et je soupèse. Après la relative déroute des armées Canon, autant vaincues de l’intérieur sur le segment pro que par l’exceptionnelle et insolente réussite d’un Nikon plus en verve que jamais, l’étape qui s’annonce va s’avérer cruciale. Canon va devoir prouver sa capacité à rebondir en proposant un 5D Mark III flamboyant, dôté d’un AF opérationnel, d’une gestion des hautes sensibilités vraiment optimisée et de fonctions vidéo qui cloueront sur place la concurrence. D’autant qu’en face, on imagine un Nikon plus remonté que jamais, fort de ses succès sur le segment pro. Fermez les yeux deux secondes et imaginez un successeur au D700, intégrant de la vidéo full HD, dôté d’un AF dont seule la marque jaune a le secret (un 51 points hérité du D3s serait déjà époustouflant) et d’une gestion des hauts iso également en droite ligne du D3s. Voilà, vous y êtes ? Canon versus Nikon, dans les mois qui viennent, ça va ressembler au fight club. Et il est probable que l’un des deux va en prendre plein la gueule. Vae victis.

D7000 : des specs qui préfigurent le chapitre suivant
Observez-le bien ce boîtier. Il se positionne sur le segment amateur éclairé et nous dit plein de choses sur le futur de la marque jaune. D’abord et avant tout, la taille du capteur. C’est fait. Nikon se décide enfin à proposer une taille de capteur digne de ce nom ! Comme disait un ami qui se reconnaîtra, seize c’est mieux que douze. Une lapalissade, peut être, mais qui n’a rien d’anecdotique. C’est radicalement plus simple d’obtenir une image clean à 100% avec un capteur 12mp qu’avec un capteur 16mp. Un autre ami photographe (qui se reconnaîtra aussi) me disait récemment à propos de ses images produites avec 5D Mark II : “quand je regarde les images du 5D II à l’écran, je me contente de 50%, comme ça elles sont nettes !” avant d’éclater de rire. Comparer des images produites à 21mp avec des images crachées à 12mp, était-ce bien raisonnable ? Bon, en tout cas, avec ce capteur 16mp, on va enfin pouvoir comparer les images du D7000 avec celles d’un EOS 7D. Et puis 16mp ça laisse quand même un peu plus de latitude que 12 en cas de crop. Taille capteur, ça c’est fait. Le deuxième paramètre intéressant c’est ce double slot SD. D’abord parlons du format SD qui, à terme, pourrait bien remplacer un standard compact flash ancien et nettement plus encombrant. Ensuite un double slot, comme sur D3s, avec probablement des fonctions épatantes en matière de remplissage (débordement, backup, RAW/jpeg, …). Passons sur la construction du boîtier lui-même qui, sans être tropicalisé, a quand même été prévu pour l’anti-ruissellement et une résistance aux chocs avec son boîtier magnésium. Son viseur 100% lumineux, son écran LCD 3 pouces, … Construction Nikon, pas besoin de vous faire un dessin. Non, parlons plutôt des sujets qui fâchent (suivez mon regard), oui ! Parlons de l’autofocus.

Autofocus. Quand Nikon améliore la perfection.
Chaque fois qu’on me parle de l’autofocus de Nikon, je repense à cet ami photographe (encore un) qui me disait : “tu donnes un reflex Nikon à un pékin lambda qui n’a jamais fait une photo de sa vie, ça sera cadré avec les pieds mais une chose est sûre. les photos seront nettes.” C’est vrai. C’est ce qui m’avait bluffé lors de mes tests avec D3s, ce sentiment de ne jamais pouvoir prendre l’autofocus en défaut. Ah oui ! Bien sûr, il y a ceux qui vous diront : “l’autofocus, dans le temps ça n’existait pas et on vivait bien quand même !” Oui, mais aujourd’hui, un photographe ne vit pas sans un AF qui assure. Nikon produit déjà des boîtiers reflex dôtés d’un autofocus redoutablement efficace, même dans des conditions de lumière délicates, avec, cerise sur le gâteau une gestion des hautes sensibilités radicalement élaborée. Lorsque je lis que l’autofocus 39 points a encore été optimisé, qu’il permet, je cite, de produire des images “de haute qualité et incroyablement précises“, ma première réaction c’est évidemment de demander à voir et ma seconde réaction c’est d’inviter Canon a bien penser sa prochaine copie au chapitre autofocus + gestion des hauts iso. Au risque de me répéter, cette annonce du D7000 n’est pas une simple annonce d’un nouveau boîtier DX semi-pro, mais bien le signe annonciateur d’une énorme bagarre.

Vidéo. Comme au poker, Nikon se refait et double la mise.
Au chapitre de la vidéo, Nikon n’avait pas vu le coup venir, j’entends par là le coup du 5D Mark II. D’ailleurs, entre nous, même Canon ne s’attendait pas à un tel succès. Comme me le disait un membre du staff Nikon France il y a tout juste un an, “rendez-vous en 2010 !” On y est. Non seulement sur le terrain de la vidéo Nikon a largement comblé son retard – c’était déjà le cas avec D3100 qui intégre full HD 1080/24 – mais en plus en a profité pour implémenter des fonctionnalités curieusement absentes chez la concurrence. Ainsi le mode autofocus est disponible en vidéo avec le mode AF-F et sa mise au point continue pendant l’enregistrement vidéo. Je passe sur le format MPEG4 AVC/H264, la présence d’un micro stéréo pour un son stéréo de qualité et la possibilité de réaliser un montage basique directement à partir du boîtier, histoire de partager ses vidéos rapidement. Bref, on est chez Nikon hein ? C’est propre, c’est pro, c’est du rêve et même un cran au dessus. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si la marque jaune positionne D7000 sur le segment “aventure ludique“. La photographie comme terrain de jeux, c’est pas nouveau mais ça fait toujours recette. Avec D7000, vous allez pouvoir vous amuser, faire de chouettes photos (nettes) et de jolies vidéos. Pour un prix rikiki…

Moins de 1000€ HT
Habituellement chez Nikon, on n’a pas l’habitude de donner le matériel. Les optiques, en particulier, sont nettement plus chères que la concurrence. Mais sur ce boîtier, Nikon propose un prix agressif si on le compare à EOS 7D, puisqu’on se situe à un prix d’introduction de 1149€ TTC soit 960€ HT. On devrait pouvoir rapidement toucher le D7000 à un prix inférieur (autour de 1000€ TTC). Un prix attractif pour un boîtier de ce calibre parfaitement positionné sur le segment convergent de la photo et de la vidéo.

Le déploiement de forces de Nikon. Bienvenue au Fight club.
On sent parfaitement la stratégie de Nikon se développer, sur tous les fronts. D’abord sur le segment pro où Nikon fait un carton, avec une vague maousse de photographes pros qui ont switchés de la marque rouge vers la marque jaune et c’est pas fini. Nikon appuie sur le segment vidéo où son concurrent Canon avait trouvé un soupçon d’oxygène. Nikon appuie sur le segment d’entrée de gamme et innove à tour de bras sur la gamme compact Coolpix autant que sur la gamme reflex, D3100 et aujourd’hui D7000. Nikon développe aussi plein pot sa gamme d’optiques où sa réputation de complétude n’égale pas celle de Canon. Aujourd’hui Nikon propose un 35mm f1,4 et un 200mm f2. Nikon est partout, sur tous les fronts et avance en force. D’ici au printemps 2011, on peut s’attendre à la sortie d’un nouveau reflex numérique pro, successeur du D700 et dans le courant de l’année une annonce du D4. Canon est prévenu, Nikon a de quoi faire et la baston va être dantesque. Bienvenue au fight club.

Avec Dame Christine, boutons la musique de voyous hors de France !


Il y a cinquante ans, aux États-Unis, on brûlait des disques de rock ‘n roll au cours de joyeux autodafés, comme en d’autres temps l’oncle Adolf faisait passer au feu les œuvres complètes de Brecht ou de Freud, au simple prétexte que cette musique de nègres était issue du blues et des lamentations de descendants d’esclaves, qu’elle n’était donc pas politiquement correcte, en tout cas pas en phase avec le système white only qui revendiquait haut et fort la ségrégation raciale. Mieux encore, cette musique étant tout droit sortie des flammes de l’enfer, elle y plongerait sûrement toute une partie de la belle jeunesse américaine, entendez les blancs, parce que les noirs, eux, étaient déjà tout noirs et prêts, dès leur naissance pour la damnation éternelle. Et même si un blanc-bec, un cul terreux du nom d’Elvis Aaron Presley s’y mettait, on le soupçonnait illico d’être déjà perverti et on prenait soin, lorsqu’il passait à la télévision, de bien filmer au dessus de la ceinture. On pensait ces thèmes crétins définitivement enterrés, passés aux oubliettes de l’histoire. C’était sans compter sur certains de nos politiques hexagonaux qui reprennent vaille que vaille le flambeau, si j’ose dire.

La cible, le bien-nommé Hellfest, joyeux festival métal de Loire-Atlantique, qui subit aujourd’hui les foudres de nos deux pourfendeurs de la bonne morale et du Saint Goupillon réunis, à ma droite Philippe De Villiers et à sa droite Dame Christine Boutin. De grâce ! Faisons fi de De Villiers qui accuse le Conseil régional de “financer un festival sataniste“. Le bougre nous a tellement habitué, au fil du temps, à des déclarations à l’emporte-pièces que son propos nous semble aujourd’hui quelque peu fadasse. On se réjouit pour le festival Hellfest d’avoir une majorité de gauche au Conseil régional d’une part, et que la part financée par cette collectivité territoriale soit relativement minime (1%) d’autre part. En revanche, le cas de Madame Boutin est nettement plus drôlatique. La Dame blanche n’y va pas de main morte, mettant en avant que les affiches figurant un vampire aux crocs sanguinolents est “de nature à choquer les enfants“. Diantre ! Madame Boutin, peu en phase avec son époque, n’a sans doute jamais entendu parler de Twilight et encore moins des aventures de Trueblood. Las ! Dame Christine est restée coincée à une autre époque, un autre temps, coincée qu’elle est dans une faille spatio-temporelle et pas que. Un temps où l’on brûlait les disques de rock. Un temps où l’on imaginait que cette musique véhiculait des propos sataniques par le biais de phrases subliminales habilement enregistrées à l’envers. Un temps où l’on imaginait que Paul Mac Cartney était mort et où Lennon affirmait “I buried Paul” sur “Strawberry fields for ever”. Un temps où il ne se passait pas un jour sans qu’on découvre des allusions pseudo sataniques sur des titres de Led Zeppelin, de Metallica et même des très sages Eagles

Finalement, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer des propos de Christine Boutin, qui représente à elle-seule les valeurs d’une droite conservatrice à la limite de la caricature, totalement déphasée, en décalage complet avec son temps. Cette droite qui n’existe que par quelques coups d’éclat, tapant à l’envi sur les dangers des dérives morales, sur la négation du droit à l’avortement, sur la dépravation de la jeunesse. Le temps a passé, Madame et vous semblez feindre de ne pas vous en apercevoir. Dans les bus, noirs et blancs se mélangent désormais, des rives du Mississippi à la banlieue de Johannesbourg. Les neufs de Little rock sont désormais à la retraite et Barack Obama est Président des États Unis. Les mômes continuent d’aimer à se faire peur et les vampires n’ont jamais été aussi tendance. On ne montre plus du doigt les pédés et quand ça arrive, la Loi veille au grain. Quant au rock, je crois dur comme fer à la prophétie de ce bon vieux Neil. Rock ‘n roll will never die. Pour finir en beauté et rester sur le sujet, permettez-moi, Madame Boutin de vous offrir cette perle, cette pépite, ce collector, aux confins de ce qui s’est fait de mieux en matière de rock et de blues. Le cultissime titre des Rolling Stones, “Sympathy for the devil”. Sur la même scène, à Hyde Park, des noirs qui se mélangent avec des blancs, le tout sur fond de paroles et d’attitudes ambigües, mêlée à une sexualité androgyne. C’était en 1969. Vous aviez vingt cinq ans. Mais je doute que vous en souveniez…

voir le site du festival Hellfest

Shit happens. De la vulgarité du rock.

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Il y a des fois, comme ça, où on a envie de se la prendre et de se la mordre. Des fois où l’on se dit qu’on prendrait bien un billet d’avion business class juste pour le plaisir d’aller claquer la gueule d’un connard, à l’autre bout du monde. Des fois où on déprime, où on se sent étrangement seul. Shit happens. Ouais ça arrive, comme la merde. Je déteste le consensus, qu’il soit mou ou pas, mais je n’ai pas besoin de manger de la merde pour savoir que ça en est. Tenez, au hasard. Izia. Ouais, la fille d’Higelin, vous savez ? Le pur talent, l’héritière de Janis Joplin, en mieux et surtout en plus jolie (sic). Aux Charrues, elle n’avait pas chanté depuis trente secondes, massacré deux riffs en mi mineur sur sa jolie Gibson SG toute neuve (que cette guitare, elle avait dû sûrement suer sang et eau, à travailler comme caissière chez Lidl pendant un bail pour pouvoir se l’offrir) que je savais déjà comment cette fille avait calibré sa carrière, du manager qui va bien au plan média propre comme une culotte neuve signée Petit bateau. Allons ! De vous à moi, Izia je m’en tamponne ! Après tout, si elle trouve du chaland pour alimenter sa petite entreprise, pourquoi pas ? Non, il y a deux trucs qui m’escagassent sévère. D’abord, quand on fouille un peu la scène rock, je veux dire la vraie, la dure, la tatouée, quand on traîne régulièrement ses godasses dans les petits clubs qui sentent la bière et l’animal, des meufs qui chantent du rock avec un vrai gros talent, on en trouve. Plein. Elles n’ahannent pas trois accords sur des grattes payées cash par leur dad, elles chantent juste et elles sont en place. Première chose. Ensuite, et c’est pas le moins important, quand on n’a pas l’once de début d’une culture rock, on ferme sa gueule et on vient pas la ramener à comparer la première venue à Janis Joplin, juste parce qu’on connaît “Cry baby” pour l’avoir vaguement entendu sur une compile “le meilleur de le rock volume 1“. Ou alors on parle des bigorneaux sur la côte, ou du temps qui passe. Mais on ne vient pas s’extasier, crier au génie et s’exercer à des comparaisons pour le moins casse-gueule. Parce que, comme le disait mon Desproges à moi, la culture (rock) c’est comme les parachutes, quand on n’en n’a pas on s’écrase.

C’est encore plus emmerdant quand le consensus semble général. Je me suis retrouvé comme ça, entouré de gens extatiques, étrangement seul, à me demander si j’étais le seul à avoir des oreilles. Ou un feedback musical, voire les deux. Et puis je suis tombé sur une chronique de Johanna Seban publié sur le site des Inrocks, que je ne lis plus par ailleurs depuis un bail. La chronique relate les Victoires de la Musique (que je ne regarde plus par ailleurs depuis la pathétique prestation de Cali). À la lecture de ce billet, j’ai eu l’impression de ne pas être seul au monde. Je cite.

…Pire que de la panique en revanche, c’est une gigantesque crise d’angoisse, une envie de changer de métier, qu’on aura ressenti devant la prestation d’Izia (victorieuse dans les catégories album rock, et révélation scène). Parce que si son père est tombé du ciel, nous, on est tombés des nues et on s’est fait très mal devant autant de vulgarité rock, de lourdeur et de grosses ficelles- c’est pas parce qu’elle a 19 ans qu’on va trouver ça bien, c’est pas parce qu’elle cartonne qu’on va s’y intéresser…

Johanna Seban, merci. Vous ne saurez sans doute jamais à quel point votre édito m’a fait du bien, comme une petite voix qui me dit à l’oreille “Alors ? Tu vois, tu n’es pas seul.” Ah ! Johanna ! Je prendrais volontiers un billet de TGV première classe pour aller boire une tasse en votre compagnie à Montparnasse. Car si les mots usent (les notes aussi, surtout quand elles sonnent faux) ils peuvent aussi faire du bien. Je m’en vais de ce pas me réabonner aux Inrocks. Vous pouvez demander un bonus à votre rédac’ chef. Grâce à vous, les Inrockuptibles vont regagner un lecteur.

Victoires de la musique 2010. C’est pas gagné…

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Hier soir, alors que je roulais, roulais comme un passager de la nuit*, et que je m’emmerdais un brin vu que ma compagne à mes côtés avait rejoint les bras de Morphée depuis un bail, j’ai enclenché la radio, France Inter puisqu’il n’y a que cette station qui soit un tant soit peu supportable et digne de mes esgourdes délicates. Et là, Ô plaisir ! Je retrouvais la voix de l’inénarrable Stéphane Bern, non dans un inévitable et habituel exercice de génuflexion royale (que j’apprécie beaucoup car il me fait vraiment marrer, au demeurant) mais dans la présentation des énièmes Victoires de la Musique ou comment les professionnels de la profession votent et s’auto-congratulent pour désigner les meilleurs d’entre eux, ah ah. Je vous avoue que je ne regarde plus cette cérémonie depuis des lustres. Tout au plus avais-je entre-aperçu, l’an passé, les yeux embués, la prestation de feu Bashung et ça avait largement suffi à mon désarroi. Cette année, donc, comme chaque année, j’avais regardé le listing des nommés (oui, on dit bien nommés et pas nominés bande d’incultes) et j’avais fait mon petit palmarès de faux-cul. Car pour voter aux Victoires, il faut nécessairement être plus ou moins faux derche. Malgré tout, je n’allais pas juqu’à imaginer que la demoiselle Ruiz puisse coiffer au poteau Charlotte Gainsbourg, ce qu’elle fit pourtant avec brio, mais quand même. Non contente d’avoir la carte et la classe internationale, la fille à Lulu avait de quoi séduire avec un album mijoté aux petits oignons par la crème des songwriters, à commencer par Beck. Ou pas. La Victoire est allée directement à Olivia “just sing” Ruiz. Exit les bons petits plats mitonnés maison accompagnés d’un Bordeaux Grand Cru classé, ça sera crêpes aux champignons et bolée de cidre pour tout l’monde. Mathias Malzieu, très digne et très discret (même pas un bisou sur la joue de la Miss alors que le keum de Coeur de Pirate s’est fendu d’une grosse gamelle à sa blonde) jubilait à l’idée de la soirée qui se présentait si bien (merde, voilà que je me mets à causer comme Agathe Godard).

O tempora ! O mores ! On est bien dans l’époque du paraître à défaut d’être. Même le grand Charles semble se demander ce qu’il fait là. “J’ai eu tellement de mal à obtenir ma première récompense que désormais j’accepte toutes celles qui suivent” déclarait Aznavour alors que mon bolide fonçait vers la maison en croisant Ikéa et que notre ministre de la culture y allait de son petit discours fendard, sacré Fredo ! Sur la télé, les tronches plus ou moins fraiches des présentateurs d’Antenne 2 (…) qui se sont succédés depuis vingt cinq balais à la présentation de la cérémonie y sont tous allé de leur tape dans le dos, la palme revenant à Daniéla (qui est toujours d’accord) et à Delarue (qui doit carburer, c’est pas possible, au jus d’argousier). Bref, comme chaque année, les Victoires de la Musique furent une longue, longue, longue et interminable cérémonie, avec un public tout droit sorti du placard. Pas de rythme, pas de tempo, tout au plus un sursaut de temps à autre avec un -M- majuscule au sommet de sa forme (et un Cyril Atef costumé comme l’as de pique à mardi gras, ultra-classieux), Salif Keita toujours un peu ailleurs ou Birdy nam nam, foutrement efficace. Dans ce programme d’électro-encéphalogrammes plats, nul ne s’étonnera que Izia ait détonné. Ah ! Izia… Après avoir parfaitement assimilé le manuel de l’étudiante première année de la Rock academy, il ne fait pas de doute que Mademoiselle H. ait bien révisé le chapitre 12 intitulé, je vous le rappelle “Comment recevoir une Victoire de la Musique avec brio“. Il faut vraiment avoir une conscience musicale proche de la nullité et une méconnaissance totale de l’histoire de la musique de ces quatre dernières décénies pour voir en Izia la réincarnation vivante et frenchie de la pop end sixties, Izia nous rappellant à l’envi que ses références musicales sont les trois bases du rock au féminin (selon ses sources) à savoir, dans l’ordre, Janis Joplin, Patti Smith et PJ Harvey, on ne rit pas. Mazette ! Il faut un peu plus qu’un riff en mi mineur sur une Gibson SG et un hurlement dans le micro pour s’auto-proclamer légende vivante du rock. Mais voilà, on est en France et on se contente de peu côté référence musicales et pas que. À l’occasion, faites-moi penser d’intégrer dans la prochaine édition du manuel, les prestations (dans le désordre) de Mama Béa Tekielski, Beth Ditto, Brigitte Fontaine, Tina Turner, Lisa Kekaula et autres Grace Slick, juste histoire de rappeler que le pur et authentique feeling n’est pas une affaire de marketing.

N’en jetez plus ! On passera volontiers sur la victoire décernée à Benjamin Biolay qui s’est lui-même déclaré indigne de succéder à Bashung, comme quoi tout arrive et cet élan de lucidité suffit à ce que ce garçon remonte d’un cran (mais guère plus) dans l’estime que je lui porte. Je n’ai jamais aimé Biolay et comme disait Brassens, le temps ne fait rien à l’affaire. What else ? On ne s’attardera pas plus que ça sur Coeur de pirate, la nouvelle sensation québécoise, happée de son groupe de rock par un producteur qui a flairé le bon coup. OMFG ! J’ai écouté et il ne m’a guère fallu plus de quelques mesures pour savoir, d’une, que ce n’est pas le genre de mélodies qui va nous révolutionner la Sardaigne et de deux qu’on va se tartiner la demoiselle tatouée dans tous les festivals d’été, aussi sûrement qu’on s’était tartiné Cocoon en d’autres temps, à commencer par Art rock puis, sans l’ombre d’un doute aux Vieilles Charrues en juillet prochain. D’ici là, vous avez le temps d’apprendre les paroles benêtes de la chanson de l’année : “mais tu m’aimes encore et moi je t’aime en-encore plus fort…” pour être up to date cet été. Au fond, il faudrait qu’on arrête de produire en France ces soirées de Victoires ou de César, succession de longues litanies emmerdantes au modèle largement emprunté aux médias anglo-saxons, notamment aux US, qui n’ont pas leur pareil pour proposer des formats calibrés et rythmés. Mais surtout, il faudrait que les pros de la pro soient un petit peu plus en phase avec la réalité, qu’on cesse de féliciter les dinausores et les produits calibrés et qu’on encourage, enfin ! Les jeunes talents qui ne demandent qu’à pousser… Et ça, franchement, chez Super Dupont, c’est loin d’être gagné. Voilà au moins une victoire qui nous échappe.

*allusion à la chanson The Passenger de The Stooges (chapitre 4 du manuel de la Rock academy : “Comment briller en société en citant Iggy Pop dans le texte”)

• photo : le grand Charles aux Vieilles Charrues en 2007. Aznavour, putain de concert !

Vieilles Charrues 2010. Dites à Matthew Bellamy que je serai dans la fosse.

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Sept ans. Putain ! Sept ans déjà. En 2004, je couvre ma première édition des Vieilles Charrues, juste après avoir couvert ma première édition du festival Art Rock à Saint Brieuc. Recall, recall… Cette année-là, il y a Muse, qui est déjà un gros morceau. Je suis comme un gamin à qui on a ouvert les portes de l’épicerie et à qui on a dit “prends tout ce que tu veux !” Cette année là, j’ai tapé dans le tas, égrainant les concerts jour après jour, découvrant quelques pépites, gravant quelques souvenirs inoxydables : Mademoiselle Simon, -M-, Lhasa, Bashung, Texas, pour ne citer que ceux-là. Alors quand on m’a dit que je n’étais pas accrédité pour Muse, au fond, j’étais pas vraiment amère, juste un peu déçu de passer à côté du bol de sangria. J’avais pris tout ça avec beaucoup de philosophie… Non, en fait j’étais super chonchon ce soir-là, j’avais simplement dit à Yann (le responsable fosse) que si Matthew Bellamy s’étonnait de mon absence dans la fosse, il fallait lui dire que j’avais préféré aller shooter un groupe inconnu sur la scène Xavier Graal. La suite est connue. Dix minutes avant le début du concert de Muse, Yann m’alpague et me dit en souriant : “Matthew Bellamy exige la présence d’Hervé Le Gall dans la fosse !” Voilà, dans ce souvenir il y a toutes les bonnes raisons de mon attachement sincère et quasi viscéral pour ce festival, pour mon festival.

Alors, cette année, comme tous les ans, vous allez les entendre pigner, chonchonner, geindre sur la prog qui n’est pas comme çi ou qui aurait été mieux comme ça. Que Muse c’est pas une tête d’affiche, que Dutronc… et patati et patata. Bon, si je résume, le jeudi soir, vous allez pouvoir écouter Revolver, Jacques Dutronc, Muse et Mr Oizo, plus un cinquième groupe à annoncer là, sous peu et tout ça pour 49€. Et pour la première fois, les concerts vont se répartir sur deux scènes, Kerouac et Glenmor, ce qui laisse imaginer un set énormissime de Muse (on en reparlera). Pour ma part, Dutronc et Muse, c’est déjà deux excellentes raisons d’être présent le jeudi soir. Pour la suite, je veux bien parier un fût de Coreff (non, allez, deux fûts de Coreff) que Kerampuihl va se consummer sur le set d’Indochine. Je me souviens du feu provoqué par l’Aventurier version Nada Surf (en 2003 il me semble), alors le deuxième service avec la version originale (probalement servie en rappel) made in Indo, ça va tout péter !

Bon et à part ça, on a quoi dans le paquet cadeau ? Un peu d’électro old school, Mr Oizo et surtout Etienne de Crecy qui promet un show visuel, même si l’electro boum-boum c’est pas du tout ma tasse de thé, le joyeux et bondissant Mika devrait faire tourner quelques têtes blondes, comme Phoenix, la sensation de la scène parisienne, en dehors de laquelle, c’est bien connu, on s’emmerde comme des rats morts. L’OVNI de cette annonce c’est Gojira, du lourd, du métal que mes oreilles gracieuses et fragiles avaient prudemment choisi de zapper lors de leur passage au Vauban. Et puis Diam’s, petite perle du hip hop, qui avait servi en 2006 un set éblouissant devant une foule bien trop énorme pour la taille de la scène Xavier Graal. Depuis, la petite fiancée du rap semble s’être égarée quelque part entre mur des lamentations et radicalité politique. On verra bien où elle en est, devant le public du finistère qui lui était si cher, naguère, mon p’tit frère… Last, but not least, il y aura Alain Souchon, avec la pertinence des mots, les lignes mélodiques du gars Voulzy qui vont bien et l’air de faire de la musique sans y toucher. Et ouais ! Je suis client de la petite entreprise du Souchon car en un mot, ce mec me rend heureux et rien que ça, déjà, c’est pas dégueu.

Sept ans. Septième édition, sept ans de réflexion. Et des souvenirs, rien que du bon souvenir, des rencontres, des images et puis des figures, des visages de gens, de bénévoles qui se bougent le cul, à Carhaix, centre du monde pendant quatre jours. Cette année encore on sera plus de 200.000 à fouler la plaine, à l’aise. Bon, bien sûr, vous allez me dire, on n’aura pas Crosby, Stills & Nash, avec ou sans Young. On n’aura pas AC/DC non plus, pas cette année ! N’empêche, on n’est pas passés loin, hein ? Alors qui sait, peut être l’année prochaine pour les vingt ans, on peut rêver, non ? That’s it ! Les Charrues, c’est ça. Un rêve de pote qui se réalise et se renouvelle, chaque année. Et ça fait vingt ans que ça dure !

• cliché : Muse aux Charrues en 2004 (crédit photo : Hervé Le Gall)

Rob Galbraith, Chasseur d’images. Qui veut la peau de Canon EOS 1D Mark IV ?

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Si vous êtes lecteur de Shots, je pense qu’il n’est pas utile de vous faire un résumé des épisodes précédents. Vous savez que, par le passé, j’ai pu avoir avoir la dent particulièrement dure, sans concession aucune vis à vis de Canon. Ce que j’ai vécu avec mon 5D Mark II, je ne souhaite à personne d’en vivre autant. Ce qui a changé, sans doute, c’est un détail de syntaxe qui ne vous aura pas échappé. Je parle de mon expérience avec mon 5D Mark II. Je n’affirme pas (plus) aujourd’hui que les défaillances de mon boîtier (car il s’agissait bien à mon sens de défaillances) furent une généralité. Rétrospectivement, je réalise avoir beaucoup appris, ouvert les yeux sur certaines failles voire certaines faiblesses de la marque rouge. Paradoxalement, les incidents rencontrés avec Canon m’ont permis d’échanger avec de très nombreux photographes qui partagèrent avec moi des retours d’expériences douloureux ou au contraire qui ne comprenaient pas ma démarche. Finalement, le point positif de ces mésaventures fut de m’ouvrir aux autres, d’être sans doute plus à l’écoute de la réalité et ma rencontre avec l’autre monde, avec les gens de la boutique d’en face (comprendre Nikon) restera une étape décisive. Si l’on m’avait dit, il y a un an à peine, qu’un jour non seulement je testerais un Nikon D3s mais qu’en plus j’en dirai tout le bonheur du monde, je pense que j’aurais volontiers demandé mon internement. La morale de cette histoire, c’est que l’approche technique du matériel photo demande, aujourd’hui, beaucoup de pragmatisme. Désormais, j’en conviens, je n’écrirais plus rien d’un boîtier que je n’ai pas tenu en main. Je pense au raffut fait autour de EOS 7D, et ce n’est pas Ole Jørgen Liodden qui me contredira. Quand je vois les clichés qu’il a réalisé avec un 7D, j’ai du mal à assimiler les critiques parfois véhémentes (doux euphémisme) qui ont fusé de son blog. C’est la vie ! L’important pour un photographe c’est de se sentir en phase avec son matos et en regardant les photos de Canon Field reviews, je sais que Ole est aujourd’hui serein.

On ne peut pas en dire autant de Rob Galbraith ! J’ai lu avec attention son feedback relatif aux tests réalisés avec EOS 1D Mark IV et le moins qu’on puisse dire c’est que Rob n’y va pas avec le dos de la cuillère. Extrait. “Le système autofocus (de EOS 1D Mark IV) confine à l’effondrement total, un peu comme l’EOS-1D Mark III à ses débuts…” Allez ! Ça c’est fait. En une phrase cinglante, assassine, définitive, Galbraith flingue 1D IV. Sa review, c’est du pain béni, un signal, une confirmation, un “Ah ! Vous voyez, je vous l’avais bien dit !” Trois ans après, on a l’impression que Galbraith porte l’estocade finale à Canon, avec un enthousiasme jubilatoire qui moi, me gêne. D’ailleurs son article commence par une remise de couvert sur l’épisode Ô combien douloureux ! Des défaillances d’EOS 1D Mark III, qui est à Canon ce que Alésia était à Abraracourcix. L’occasion pour ce cher Robbie de rappeler qu’il fût en son temps, l’initiateur de tout ce bordel. Dont acte. Rob a donc choisi la veille d’un des plus grands événements sportifs de l’année, les Jeux Olympiques de Vancouver, pour rendre compte de ses critiques, mais il s’agit là, sûrement, d’un hasard de calendrier !

Rob Galbraith, en substance, souffle le chaud et le froid, affirmant d’abord que l’autofocus de Mark IV montre “des signes de brillance” pour déplorer quelques lignes plus loin une propension au front focus en particulier et à de singulières défaillances de l’autofocus en général. En gros, Rob qualifie l’AF de Mark IV de passable à médiocre sur des clichés de basket, en patinage l’AF patine (si j’ose dire) passant alternativement de frontfocus à backfocus de manière inexplicable alors que sur deux matchs de foot (l’un en lumière naturelle, le second en lumière de stade) 1D Mark IV a parfaitement accroché sa cible. Sur un autre match, mêlant lumière naturelle et lumière artificielle, en fin d’après-midi, Galbraith évoque un nombre inacceptable de clichés, frontfocus comme backfocus. Et en lumière naturelle (matin ensoleillé) selon Rob, “le système AF confine à l’effondrement total“. Ce qui est étrange et par ailleurs noté par l’auteur de la review c’est que les prises de vues ont été réalisées avec le même caillou (un 400mm f/2,8). En gros la conclusion c’est que l’autofocus de EOS 1D Mark IV est capable du meilleur, comme du pire. Tout en précisant que les tests ont été réalisés avec une version du firmware antérieure à la version 1.06 qui corrige des problèmes liés à l’autofocus en AI servo.

nikon-d3s-2009-shotsRob compare 1D Mark IV et D3s et son avis n’est pas aussi tranché qu’il y paraît. Selon les disciplines sportives, 1D IV s’en sort mieux que D3s alors qu’en basket par exemple ou en patinage le boîtier pro de Nikon s’avère le meilleur. En foot, même s’il se comporte bien globalement des problèmes de frontfocus sont signalés. Et c’est bien ce qui est troublant dans les tests du photographe sportif : aucun des deux boîtiers ne semble trouver grâce à ses yeux. Peut-être convient-il donc donner un peu de temps au temps, avant de juger de manière catégorique ?

Chasseur d’images (n°321 du 15 février 2010) se veut plus nuancé, même si le constat, lui aussi, est radical, en matière d’autofocus. Dans son banc d’essai, CI note l’AF d’EOS 1D Mark IV avec une relative sévérité : “le contentieux attaché à l’AF du 1D Mark III ne semble donc pas totalement résolu“. CI note que le nombre de vues nettes diminue de plus de moitié avec le facteur vitesse/distance, notant la présence d’images “molles” dans une série d’images parfaitement nettes. Ce que CI qualifie avec une certaine ironie de “léger manque de stabilité en suivi continu” pourrait bien s’avérer comme le talon d’Achille du 1D Mark IV. Du côté du grain, le constat est rude pour 1D Mark IV, puisque selon CI “on peut travailler sans trop de souci à 3200iso mais 6400iso est la limite pour des images courantes.” 1D IV à la traîne de D3s dans la gestion des hautes sensibilités ? Pour avoir moi-même testé Nikon D3s, je confirme avoir été surpris par la qualité de l’image, quasiment sans grain jusqu’à 12800iso et même acceptable jusqu’à 25600.

Alors ? Qui veut la peau de l’EOS 1D Mark IV ? Je crois qu’il ne faut pas plonger dans la psychose et décréter que Canon n’a pas évolué d’un iota dans sa gestion de l’autofocus. Sur ce point précis, Rob Galbraith et Chasseur d’images rendent tous les deux justice à la marque rouge. Mais, comme le souligne avec beaucoup de justesse CI, la présence de Nikon D3s, concurrent “particulièrement affûté” rend les choses complexes pour Canon qui se trouve face à un boîtier remarquablement conçu, disposant d’un capteur plein format 12mp (contre un APS-H 16mp sur 1D IV). Pour ma part, je sais ce que vaut le boîtier Nikon D3s. Grâce à la collaboration de Nikon France, j’ai eu le privilège de l’avoir en main pendant trois semaines et comme un bonheur n’arrive pas seul ce D3s était équipé du nouveau 70-200 2,8 VRII. J’ai donc pu m’exprimer sur le sujet, en toute connaissance de cause. Pour m’exprimer sur EOS 1D IV, j’attends de le tenir en main et de pouvoir le tester sur mon terrain de jeux, avec mes conditions. C’est promis, ça ne va pas tarder. Stay tuned !

lire l’article de Rob Galbraith (en anglais)

voir le blog de Ole Jørgen Liodden

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