Neil Young. Nouvel album Fork in the road (demain).

neil-young-new-album
Le nouvel album de Neil Young sort demain. Ah ! Neil ! Vieille fripouille, éternel marcheur, le long de la route à quatre voies (voix ?), tu es dans ma mémoire aussi loin que je m’en souvienne. Infatigable songwriter, le nez plus souvent dans les étoiles à contempler le ciel, tu as toujours l’air un peu à l’ouest et surtout, surtout ! Tu ne fais jamais rien comme les autres. Par exemple, demain 7 avril, tu sors ton nouvel album Fork in the road qui est en pré-commande sur ton site web et qui est à l’écoute, dans son intégralité sur ton myspace en streaming. Eh ouais, alors que dans notre cher hexagone un ministre bat des pieds, des mains, à grands coups d’annonces médiatiques dans l’oignon saupoudrées d’un zeste d’Hadopi, toi, mon vieil ami, tu balances tout le contenu de ton album à la disposition des internautes. J’imagine à quel point la notion de riposte graduée te ferait marrer, toi que la vie n’a pas épargné et qui a traversé tant de moments difficiles.

Je te rassure, nous aussi, ça nous fait marrer, ici de ce côté de l’atlantique.

Loi anti piratage. Vous permettez que je vous appelle Christine ?

gossip-beth-ditto-vieilles-charrues-2008Je ne pense pas que notre Ministre de la Culture, Madame Christine Albanel, soit une fervente lectrice de Shots. D’ailleurs, je ne pense pas que Madame Albanel fréquente beaucoup internet, un média qu’elle fustige à longueur de temps et qu’elle rend responsable de toute la misère du monde qui s’est abattue sur tout un pan de l’industrie. Ce matin, donc, dès potron minet, en savourant la tartine parfaitement grillée, je feuilletais les Inrocks quand je suis tombé sur l’interview de Beth Ditto, la (généreuse) chanteuse du groupe Gossip (mémorable concert aux Vieilles Charrues, l’an passé). Interrogée sur la Loi contre le téléchargement, voici reproduit, in extenso, le propos de Beth : “Je télécharge. Je me fous que les gens fassent de même avec notre musique. Je pense que ça contribue à nous faire connaître. Le téléchargement c’est la compile cassette moderne. Ça te sert à te faire ta culture. Et je suis ravie que tout le monde ait accès à la musique de cette façon.” Bon, bien sûr, le propos est un peu entier, mais il mérite d’être clair. Hadopi, riposte graduée, claque dans la gueule des internautes, ne régleront pas positivement le problème d’une industrie moribonde, dont le modèle économique n’est plus en phase avec le monde d’aujourd’hui. C’est définitif. Les mentalités ont changé en profondeur, internet a facilité l’accès aux médias (musique, vidéo, images, …) et le retour en arrière n’est plus possible. Au lieu de plancher sur des méthodes restrictives, punitives, Madame la Ministre, vous devriez plutôt réfléchir à élaborer des solutions d’avenir, à imaginer des formules – je pense à la licence globale – bref à inventer notre futur. Car – et vous n’en n’avez pas le moindre doute – vous passerez, Madame la Ministre et l’on oubliera votre nom, comme celui de ceux qui qui vous ont précédé, à l’exception notable de Jack Lang (qui, paradoxalement, à gauche, vous soutient et il est bien le seul). Cette Loi, dite Hadopi, ne réglera en rien le problème du piratage et du téléchargement illégal. Vous le sauriez, Madame le Ministre, si vous fréquentiez plus assidument les méandres d’internet ques les Palais dorés de la République. Las ! Les notions d’underground, de torrents, de brouillage actif, de chargement de flux, de transferts de fichiers non signés, de masquage d’IP, vous sont aussi étrangers que la réalité du monde binaire. Ce dont l’industrie du disque a besoin aujourd’hui ne tient pas dans un modèle répressif, mais au contraire dans la création, dans l’invention de nouveaux modèles. A l’occasion Christine – vous permettez que je vous appelle Christine ? – téléphonez-moi ou laissez-moi un message sur le répondeur de Shots (au 09 72 11 20 99), je recevrai votre message vocal directement sur mon courrier électronique (quand je vous dis que le monde change). Je vous expliquerai en quelques mots simples pourquoi la Loi dont vous êtes l’initiatrice est un bide annoncé…

• cliché inédit : Gossip – Beth Dito aux Vieilles Charrues en 2008

Scoop ! Federico Pellegrini (French Cowboy) en ouverture de Jonathan Richman au Vauban !

Hier soir, en quittant l’Espace Vauban, après le concert des Animals and friends feat. John Steele, j’ai croisé Federico Pellegrini, attablé et finissant son dîner. Le chanteur leader des French Cowboy fait partie de ces gens rares qui m’ont ébloui plusieurs fois de suite en concert, une fois à la Carène et une fois à la Route du rock (avec les French Cowboy), sans compter les participations en temps que Baby Face Nelson avec la délicieuse Helena Noguerra ou avec les Little rabbits. Donc, j’ai obliqué ma route pour aller lui serrer la paluche et lui dire les quelques banalités d’usage qu’une rencontre comme celle-là peut provoquer, dont un “j’aime beaucoup c’que vous faites, bla bla bla” très inspiré. Federico, toujours aussi cool, me dit qu’il est là parce que… peut-être… qu’il pourrait faire une apparition en ouverture du concert de Jonathan Richman jeudi soir au Vauban, ce qui à mes yeux constituerait la meilleure nouvelle de la semaine et une magnifique cerise sur le gâteau.

Une nouvelle confirmée ce matin, yeah ! Donc à noter sur vos tablettes, concert surprise de Federico Pellegrini jeudi 19 mars 2009 au Vauban à 19:30 en ouverture de Jonathan Richman dans le cadre du Festival Invisible. Life is so beautiful.

• cadeau bonux : une video french cowboy à la route du rock Saint Malo
• voir les photos du concert de French Cowboy à la Carène de Brest et à la Route du rock Saint Malo sur Cinquième nuit.

Bruce Springsteen au festival les Vieilles Charrues, le 16 juillet 2009.

springsteen_1981Lundi 26 janvier 09. 11 heures pétantes. Espace Glenmor, Carhaix. Le staff des Vieilles Charrues organise une conf de presse expresso et vue la mine réjouie et excitée des garçons, on se dit qu’ils ne nous ont pas fait venir pour nous annoncer un concert de la bande à Basile. Les gars de Carhaix ont la tête des grands jours. Le Président, Jean-Philippe Quignon, nous remercie d’être venu (tu m’étonnes John) et après quelques mots polis, n’en pouvant plus de nous faire languir il se dit que tout compte fait, une petite vidéo vaut mieux que tous les longs discours. Au premier riff, que dis-je, au premier coup de cymbales j’avais reconnu l’intro de Born in the USA et là… Oh mes petits frères ! J’ai senti passer Ogre et tous ses Saints par mon rassoudok flétri. Oh bordel ! C’était donc vrai, la rumeur n’avait donc pas menti, pour une fois. Le boss, Bruce Springsteen himself allait donc nous gratifier d’un de ces putains de concerts dont il a le secret, devant un Kerampuihl en extase. Le jeudi 16 juillet allait donc être marqué d’une pierre blanche parce que là, maintenant on nous annonçait non seulement la venue d’une légende absolue, pas un de ces trucs de pacotille, si vous voyez ce que je veux dire, reformation d’un vieux groupe décati dont il ne subsiste qu’un membre vu que tous les autres sont morts depuis des lustres d’un cancer des roupignolles ou d’une overdose de poudre à récurer (voire les deux), non là on ne rigole pas ! Oh my fucking God ! C’est Bruce Springsteen and the E-Street Band, avec que des morceaux de légende dedans, comme ce vieux gredin de Steven Van Zandt (Little Steven), vous savez celui-là même qui chantait pendant l’apartheid en Afrique du Sud “I ain’t gonna play Sun City“. On comprend que les gars des Charrues soient heureux comme des gosses. Morceaux choisis. Le Président : “…vous savez, pour un festival, recevoir Springsteen c’est comme si une équipe de foot de D2 jouait la finale de coupe du monde !“. Et puis Jean-Jacques Toux renchérit “…au fond, Springsteen, c’est un gars comme nous, un p’tit gars de la campagne.” Avant d’ajouter “il y a dix huit ans, quand on a commencé à Landeleau, si j’avais dit à Jean-Philippe qu’un jour on aurait Springsteen, il ne m’aurait pas cru !” Et Jean-Philippe d’ajouter : “je t’aurais surtout conseillé d’arrêter de picoler !“. Ambiance. La conf de presse était retransmise en direct live sur le site des Charrues, traduction assurée par Hugues Guerrault, notre érudit rock parfaitement bilingue. Bref, Bruce Springsteen va venir, précédé de trois groupes dont les énormes Killers de Vegas qui vont faire le show. Ouverture des portes à 16 heures le 16 juillet, jauge limitée à 43.000 billets au prix dérisoire de 49€. La billeterie ouvre vendredi prochain et je veux bien parier que les billets vont fondre comme neige au soleil. Donc, si vous voulez vivre un concert d’exception, avec un showman et un groupe hors du commun, doublé d’un homme généreux – Bruce Springsteen est très engagé dans de nombreuses causes humanitaires, pour les sans abris, il a milité en faveur d’Amnesty aux côtés de Peter Gabriel, pour l’élection d’Obama, … – je vous donne rendez-vous à Kerampuihl, le jeudi 16 juillet 2009, à partir de 16 heures. Un bon conseil. N’attendez pas et ne ratez pas cette soirée aux Charrues. Croyez -moi sur parole. Ca va être É-NORME ! Yeah !

Une prière américaine. God bless America.

Barack Obama
Un black dans la foule qui lève les bras au ciel et scande Yes we can ! Yes we can ! Une femme d’affaires afro américaine qui chante les louanges de son pays bien-aimé. God bless America. Jusqu’à Bruce Springsteen qui a chanté les droits civiques à travers tout le pays, infatigable voyageur. Pas rancuniers les blacks aux US, quand on sait qu’il y a à peine un demi siècle ce pays se vautrait dans le racisme le plus intolérable, pratiquant l’apartheid le plus vil, la ségrégation la plus honteuse. Triste réalité. Aux blacks, citoyens de seconde zone, interdiction des bus réservés aux blancs, des magasins whites only, interdiction de l’accès à l’éducation, au savoir. Dans les états du sud profond, la culture du coton s’est faite à bon compte, avec une main d’oeuvre corvéable à merci, esclaves d’une terre qui leur était étrangère. Ironie du sort, l’économie du coton est victime aujourd’hui de la concurrence effrénée des pays asiatiques, qui pratiquent, eux-aussi, des formes modernes d’esclavage. Je regarde Barack Obama et j’écoute attentivement cet homme qui, malgré ses origines, n’a au fond que très peu évoqué durant sa campagne les différences raciales. Obama a été élu Président des États-Unis grâce aux voix des jeunes et des noirs qui ont voté massivement, mais aussi des latinos et des blancs. Tous ensemble pour rejeter la politique absurde de Georges W. qui laisse un pays exangue, une dette financière monstrueuse et au delà de ces considérations intérieures une image déplorable de son pays. Car les États-Unis n’ont jamais été aussi honis, détestés, haïs sur la planète qu’ils ne le sont aujourd’hui. Il est loin, le temps du rêve américain érigé en mode de vie modèle pour toute l’humanité. Obama promet qu’il va cesser la guerre en Irak, fermer Guantanamo, qu’il va discuter avec les musulmans. Quoiqu’il en soit, rien ne pourra être pire que les deux mandats que Bush bient d’achever (dans tous les sens du terme). Avec ferveur on a envie de croire, de prier Dieu et tous ses Saints, tous unis dans une prière américaine. God bless Obama.

Crise du disque, épisode 3. La renaissance du Solex crack band.

crise du disque piratage peer to peer
Mai 2007. De son propre aveu télévisuel, il y pensait tous les matins en se rasant, alors après une campagne marketing mâtinée aux petits oignons, les français vont enfin réaliser le rêve du petit Nicolas en l’élisant au sommet de l’état, c’est comme ça. Et là mon petit doigt me dit qu’on va bien se marrer et il faut avouer que pendant les premiers mois, c’était Nico à tous les étages, affirmation du tout et de son contraire, couacs gouvernementaux à qui mieux mieux. Non, franchement on ne s’est pas emmerdé une seconde, une vraie sitcom présidentielle, avec un chapitre vie publique vie privée digne d’un prime time façon Mireille Dumas. Alors on se doutait bien que sur le dossier téléchargement, on allait être gâté et franchement on n’a pas été déçu ! Le projet de Loi dégaîné par Madame Albanel – l’une des Calamity Jane du gouvernement – n’a qu’un mérite. Qu’on s’y attarde et qu’on le dénonce, tant cet ensemble de dispositions joliment baptisées “risposte graduée” est liberticide et surtout largement obsolète. Alors ? Comment ça marche ? Pour orchestrer et réguler cette Loi, on crée une haute autorité chargée de la protection des droits sur internet (Hadopi). Cette autorité peut être saisie par les ayants-droits qui constatent des téléchargements illégaux. Dans ce cas, l’Hadopi demande aux fournisseurs d’accès la communication de l’adresse IP des abonnés pris la main dans le panier. Les contrevenants reçoivent un email d’avertissement, puis une lettre recommandée jusqu’à la suspension de la ligne internet. Un point de détail m’interpelle. Si une Loi permet de couper un accès internet, on peut aussi imaginer couper l’eau, le gaz, l’électricité, les allocations familiales, les allocations chômage, les bourses aux étudiants, le droit de vote, se déplacer librement, écrire librement, jouer de la musique, ou s’exprimer sur son blog comme je le fais en ce moment. Ne souriez pas. Qu’importe. Ca ne marchera pas et je ne suis pas le seul à le penser. Le Parlement Européen a voté un amendement le 10 avril 2008 pour “protester contre l’interruption de l’accès internet”, la CNIL, les associations de consommateurs, tout le monde monte au créneau. Même la Justice s’y met. La Cour d’Appel de Rennes vient de rendre deux décisions à l’encontre de procédures de surveillance d’internautes par des agents assermentés de la Sacem et de la SCPP, qui ont utilisé un logiciel espion – Spyster – pour sniffer des adresses IP, et ça, ça fait franchement mauvais genre. C’est bien là que le bât blesse. On est dans le régne du grand portnawak et nos politiques sont largués. Il faut interdire le Peer to Peer. Comme si le téléchargement illégal se résumait au P2P ! Il faut responsabiliser l’internaute. Mais comment prouver que c’est bien l’abonné qui a commis le délit quand on sait qu’il faut dix minutes au premier pékin venu pour casser une clé wep 128 bits ? La riposte graduée est un texte truffé d’effets pervers qui n’empêchera pas le piratage, tout au plus il le déplacera, le rendra plus obscur, plus underground. Dèjà, le problème s’est déplacé. Le P2P est de moins en moins utilisé, au profit de solutions tierces, plus discrètes, plus rapides et surtout plus difficilement détectables. A l’instar du Solex Crack Band du début des années 80, on va voir fleurir sur la toile des solutions d’échange mettant en oeuvre des brouillages de protocole de plus en plus sophistiqués. Alors, enfin, on reparlera de licence globale, la seule solution à peu près viable pour péréniser une industrie chancelante.

Créer, c’est résister.

kwal en concert au vauban brest novembre 2007
…derrière une phrase, on peut cacher un missile balistique, derrière un pas de danse dissimuler un pain de plastique ! Créer, c’est résiter, taper là où ça fait mal, tenter de porter le message aux portes des oreilles… Et si tout ça est dérisoire, face au pouvoir des chars, si le silence est d’or, il peut aussi être de mort ! Alors c’est sûr, je ne fais que poser des mots et des notes, mais le son est aussi une façon de s’opposer au bruit des bottes, et tant qu’il y aura des peuples en cage, un monde à deux étages, tant qu’il y aura des expulsions sur le pas de ma porte, j’aurai des raisons de penser que saltimbanque n’est pas bouffon et j’irai dire des phrases bien haut et y mettre du fond, c’est pas que j’ai une haute opinion de moi ou que je me sente en mission, j’ai juste une aversion pour le mot soumission, sans prétention aucune mais avec conviction, parce que je crois à la notion de mobilisation, sans haine, sans révolution, sans aller tout casser, ça veut pas dire non plus tout laisser passer sans réaction, alors j’ai envie d’aller chanter et faire la fête mais c’que je préfère c’est le faire sous certaines fenêtres, s’ils peuvent fermer les yeux leurs oreilles n’ont pas de paupières, pour les empêcher de dormir, j’irai chanter sous leurs pierres, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs…

Tapage nocture (paroles et musique Vincent Loiseau aka Kwal)

• photo : Kwal en concert (Espace Vauban novembre 2007)
• retrouvez Kwal au festival du Bout du Monde le vendredi 8 août, sous le chapiteau (à 19:55 et à 23:45)

Kwal, la divine surprise du Bout du monde.


Danser, chanter, jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs… J’ai découvert Kwal, par hasard, un soir de septembre, au Run ar Puñs, l’an passé. D’ailleurs, c’est souvent comme ça au Run ar Puñs. On ne sait pas trop ce qu’on vient y voir et on ressort de l’endroit des étoiles plein les yeux. A dire vrai j’avais été subjugué par la prestation, non seulement de l’individu, mais du groupe tout entier. Classer Kwal, lui coller une étiquette, lui attribuer une case, un style ? Non, impossible. Kwal est inrangeable, inclassable, Kwal est un index unique, un artiste rare, polyvalent, politiquement incorrect. Entre slam, rap, chanson, comédie, Kwal surfe sur le mélange des genres, des ethnies, des cultures. Son univers à lui tient dans le seul titre “là où j’habite” où il décrit un quoitidien qui tire un peu sur le sordide sans tomber dans le pathos, où même le beauf de service recèle une part d’humanité. Mais Kwal n’est jamais larmoyant, bien au contraire, il manie l’humour et la déconne comme personne dans “reviens !” ou “les pénibles”, et quand il déclare sa flamme à l’élue de son coeur (“un bout de route”) c’est avec sensibilité et tact. Au Run ar Puñs, il avait dit, seul en scène, un texte d’une beauté rare dédié à sa mère, et tous les yeux s’étaient embués, comme sur le titre “bonhomme”, un poème en prose dédié à un enfant. Voilà. Sur scène, aussi, on retrouve l’univers cosmopolite si cher au coeur de Kwal. Les cultures se croisent, se mêlent, s’entremêlent, les instruments s’accordent et le résultat est harmonieux. Kwal est un mélange de candeur, de naïveté et son regard sur le monde m’émeut. Pour moi, Kwal fait partie des concerts inratables de l’été, au même titre que Bashung au Bout du monde ou que Nina Nastasia à la Route du rock. Rendez-vous au bout du monde avec Kwal, pour danser, chanter jusqu’à pas d’heure…

Crise du disque, épisode 2. Le bordel ambiant.

2004, LEN. Loi sur l’économie numérique. Etrange climat, d’un côté une industrie se meurt, alors que dans la crèmerie d’en face les fournisseurs d’accès basent leur strategie de développement en argumentant sur le téléchargement à vistesse grand V de la musique en mp3 et de la vidéo en divX. Les quatre par trois fleurissent un peu partout, vantant les mérites d’un haut débit qui permet de télécharger musique et films beaucoup plus rapidement tout en rappelant au consommateur, d’un astérisque opportun renvoyant à un minuscule alinéa de bas de page, que télécharger illégalement c’est mal. Le politique quant à lui, se débat dans un dossier qui le dépasse, comme toujours. Au fil des jours qui passent, la situation s’agrave, et alors que ça licencie à tour de bras dans les majors, chacun y va de sa solution pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore. On évoque des solutions d’abonnements, de forfaits, de téléchargements illimités, de licence globale, en oubliant de cocher la case artistes en développement. Parce que la crise ne touche pas vraiment les pontes, les cadors du marché, mais bel et bien tout ceux, inconnus, qui osent encore espérer en un avenir radieux en vivant de leur musique. Cette crise a aussi ses effets pervers, touchant de plein fouet le spectacle vivant. Les disques ne se vendent plus et il n’y a jamais eu autant de monde dans les concerts. Le constat est suffisamment simple pour faire flamber le prix du ticket, d’autant que les productions utilisent à plein la concurrence entre festivals pour faire grimper les tarifs d’une prestation, parfois au delà du raisonnable. Dans ce bordel ambiant, tout est fin prêt pour le troisième acte.

Crise du disque, épisode 1. La diagonale du fou.

crise de l\'industrie du disqueLa crise de l’industrie du disque, à laquelle on peut durablement associer celle, sous-jacente, du film et du DVD, est le fruit de la rencontre de deux technologies, le mp3 et l’ADSL. Manque de bol. D’un côté la possibilité de compresser à outrance, en faisant tenir quatre minutes de musique dans dix fois moins d’espace. De l’autre, celle de faire transiter ce paquet de données à grande vitesse d’un ordinateur à un autre par le réseau téléphonique. Incroyable destin, quand même. Si l’une des deux technologies avait manqué, la face du monde en aurait été changée. Songez qu’au milieu des années 90, le plus musclé des modems affichait crânement 56 kb par seconde. Il manquait un paramètre pour sonner définitivement le glas d’une industrie qui n’a pas senti le vent tourner. A la fin des années 90, un étudiant américain, Shawn Fanning, va inventer un modèle d’échange de fichiers mp3 en utilisant les connexions en haut débit. Napster est né et avec lui le peer to peer, un ensemble logiciel qui permet l’échange de fichiers dun ordinateur à un autre et qui va inspirer de nombreux programmeurs : Kazaa, Morpheus, Emule, … emboîtent le pas avec un enthousiasme équivalent à celui, vertigineux, de la chute des ventes de disques. Au début des années 2000, c’est déjà le chant du cygne pour toute une industrie qui feint d’en ignorer les conséquences. Comme toujours en période de crise, les remèdes sont pires que les maux. En 2003, le copy control tente vainement de verrouiller le support compact disc alors que dans le même temps Apple lance iTunes et que son balladeur iPod devient compatible avec Windows. Le copy control est un revers : il rend illisible les CD sur certains supports et peut être contourné d’un simple trait de marqueur ! Pour les protections de DVD c’est idem. D’ailleurs, tous les informaticiens vous le diront. Si quelqu’un a trouvé le moyen de fermer une porte, il existe toujours quelqu’un pour trouver un moyen de la réouvrir. Qu’importe. Le ver est dans le fruit et cette année-là, en 2003, les ventes de disques ont chuté de 18%. L’industrie du disque fait grise mine et pourtant ! Ils ignorent que ce n’est rien à côté de ce qui les attend… L’année suivante on nous pond la LEN – Loi sur l’économie numérique – qui vise le coupable à défaut d’être responsable : l’utilisateur final. Les pouvoirs publics et toute une industrie ne le savent pas encore mais ils viennent d’entrer dans la diagonale du fou.

Get Adobe Flash player