Je ne photographierai jamais Nadine Morano. Je suis Spartacus.

nadine-morano-shots-2011
Je viens de voir passer une info à propos de l’incident qui a opposé Nadine Morano et un photographe de l’Est Républicain. Allez ! Je suis dans un jour de bonté, je vous fais un résumé du spectacle. Donc, à ma droite (si j’ose dire), Nadine Morano, ministre. Madame est en visite dans son fief de Toul pour une énième cérémonie de vœux. À cette occasion, l’Est Républicain publie un article titré “le SAV des élections à Toul” et illustre son article d’une photo de Philippe Briqueleur qui travaille pour le quotidien. Aïe ! La photo déplaît à Madame Morano pour des raisons qui lui appartiennent. J’ai lu sur Rue89 que les mauvaises langues chuchotent en coulisse que la photo laisse apparaître un double menton, bref, la photo ne plaît pas à Madame Morano, dont acte. Shit happens. L’incident pourrait s’arrêter là. Ou pas. À la parution du quotidien, Nadine Morano a déclaré le boycott du photo reporter dans ces termes : “J’exerce mon droit à l’image. Plus jamais vous ne me prendrez en photo, c’est fini !” Je vous épargne la suite, l’épisode où Nadine Morano empêche le photographe de la prendre en photo, où elle sélectionne des groupes de photographes, les uns ayant le droit de la photographier, les autres non. Ou le moment où un officier de sécurité intervient et se dirige vers le photographe pour lui interdire d’exercer son métier. Comme à son habitude (souvenez-vous de l’affaire qui l’avait opposée à une internaute), Madame Morano a souhaiter dédramatiser en affirmant qu’il n’y a pas de quoi en faire une affaire d’état. Eh bien si, justement. Il y a de quoi.

Au nom de quoi une personnalité politique française, ministre de surcroît, peut-elle insulter un photographe, publiquement, sans que personne ne s’en émeuve peu ou prou ? Au nom de quelle autorité pourrait-on accorder à un ministre le droit, tel un privilège, de choisir qui peut et qui ne peut pas la photographier ? Et finalement l’interpeler sur son action ? Il y a beaucoup plus qu’un simple incident dans cette façon de se comporter, il y a une attitude qui, pour ma part, en temps que photographe, me révolte. La période actuelle est de plus en plus propre, clean, policée, politiquement correcte et paradoxalement Stéphane Hessel fait un carton en librairie avec son ouvrage Indignez-vous ! Alors, oui, je veux bien en vérité suivre les conseils du vieux sage et m’indigner, Madame Morano, de votre attitude. Je vous le dis tout net, Madame. Votre visage et votre blondeur qui n’ont rien de candide ne passeront jamais à travers mes collimateurs. Je veux bien rejoindre les rangs de ceux à qui vous interdisez de faire leur travail, solidaire devant l’insulte. Non Madame. Je ne vous prendrai jamais en photo. C’est fini.

Je suis Spartacus !

lire l’article sur Rue89

Avec Dame Christine, boutons la musique de voyous hors de France !


Il y a cinquante ans, aux États-Unis, on brûlait des disques de rock ‘n roll au cours de joyeux autodafés, comme en d’autres temps l’oncle Adolf faisait passer au feu les œuvres complètes de Brecht ou de Freud, au simple prétexte que cette musique de nègres était issue du blues et des lamentations de descendants d’esclaves, qu’elle n’était donc pas politiquement correcte, en tout cas pas en phase avec le système white only qui revendiquait haut et fort la ségrégation raciale. Mieux encore, cette musique étant tout droit sortie des flammes de l’enfer, elle y plongerait sûrement toute une partie de la belle jeunesse américaine, entendez les blancs, parce que les noirs, eux, étaient déjà tout noirs et prêts, dès leur naissance pour la damnation éternelle. Et même si un blanc-bec, un cul terreux du nom d’Elvis Aaron Presley s’y mettait, on le soupçonnait illico d’être déjà perverti et on prenait soin, lorsqu’il passait à la télévision, de bien filmer au dessus de la ceinture. On pensait ces thèmes crétins définitivement enterrés, passés aux oubliettes de l’histoire. C’était sans compter sur certains de nos politiques hexagonaux qui reprennent vaille que vaille le flambeau, si j’ose dire.

La cible, le bien-nommé Hellfest, joyeux festival métal de Loire-Atlantique, qui subit aujourd’hui les foudres de nos deux pourfendeurs de la bonne morale et du Saint Goupillon réunis, à ma droite Philippe De Villiers et à sa droite Dame Christine Boutin. De grâce ! Faisons fi de De Villiers qui accuse le Conseil régional de “financer un festival sataniste“. Le bougre nous a tellement habitué, au fil du temps, à des déclarations à l’emporte-pièces que son propos nous semble aujourd’hui quelque peu fadasse. On se réjouit pour le festival Hellfest d’avoir une majorité de gauche au Conseil régional d’une part, et que la part financée par cette collectivité territoriale soit relativement minime (1%) d’autre part. En revanche, le cas de Madame Boutin est nettement plus drôlatique. La Dame blanche n’y va pas de main morte, mettant en avant que les affiches figurant un vampire aux crocs sanguinolents est “de nature à choquer les enfants“. Diantre ! Madame Boutin, peu en phase avec son époque, n’a sans doute jamais entendu parler de Twilight et encore moins des aventures de Trueblood. Las ! Dame Christine est restée coincée à une autre époque, un autre temps, coincée qu’elle est dans une faille spatio-temporelle et pas que. Un temps où l’on brûlait les disques de rock. Un temps où l’on imaginait que cette musique véhiculait des propos sataniques par le biais de phrases subliminales habilement enregistrées à l’envers. Un temps où l’on imaginait que Paul Mac Cartney était mort et où Lennon affirmait “I buried Paul” sur “Strawberry fields for ever”. Un temps où il ne se passait pas un jour sans qu’on découvre des allusions pseudo sataniques sur des titres de Led Zeppelin, de Metallica et même des très sages Eagles

Finalement, je ne sais pas si je dois rire ou pleurer des propos de Christine Boutin, qui représente à elle-seule les valeurs d’une droite conservatrice à la limite de la caricature, totalement déphasée, en décalage complet avec son temps. Cette droite qui n’existe que par quelques coups d’éclat, tapant à l’envi sur les dangers des dérives morales, sur la négation du droit à l’avortement, sur la dépravation de la jeunesse. Le temps a passé, Madame et vous semblez feindre de ne pas vous en apercevoir. Dans les bus, noirs et blancs se mélangent désormais, des rives du Mississippi à la banlieue de Johannesbourg. Les neufs de Little rock sont désormais à la retraite et Barack Obama est Président des États Unis. Les mômes continuent d’aimer à se faire peur et les vampires n’ont jamais été aussi tendance. On ne montre plus du doigt les pédés et quand ça arrive, la Loi veille au grain. Quant au rock, je crois dur comme fer à la prophétie de ce bon vieux Neil. Rock ‘n roll will never die. Pour finir en beauté et rester sur le sujet, permettez-moi, Madame Boutin de vous offrir cette perle, cette pépite, ce collector, aux confins de ce qui s’est fait de mieux en matière de rock et de blues. Le cultissime titre des Rolling Stones, “Sympathy for the devil”. Sur la même scène, à Hyde Park, des noirs qui se mélangent avec des blancs, le tout sur fond de paroles et d’attitudes ambigües, mêlée à une sexualité androgyne. C’était en 1969. Vous aviez vingt cinq ans. Mais je doute que vous en souveniez…

voir le site du festival Hellfest

Affaire Orelsan : Blanche-neige, le chevalier blanc et le vilain petit canard, une histoire à dormir debout !

cali-segolene-royalAu début de l’histoire, dans le rôle du vilain canard, il y a un rappeur, Orelsan, qui signe un titre d’une violence inouïe dont le titre “sale pute” résume à lui-seul le contenu textuel. J’ai écouté le titre, regardé le clip sur Youtube, honnêtement même s’il y a de quoi offusquer des générations de femmes engagées dans l’égalité des droits et à juste titre, il n’y a peut-être pas matière à en faire un pataquès aussi dantesque. Voilà pour la forme. Le fond maintenant. D’abord ce titre ne figure sur aucun album de l’artiste (car oui, n’en déplaise à quelques culs-serrés, même si Orelsan ne sert pas du tout ma tasse de thé, c’est un artiste, à classer comme tel) d’une part, et il n’est pas joué en live d’autre part. Tout le buzz est venu du clip, tourné avec les moyens du bord et diffusé sur internet. A partir de là, toute une génération de femmes toujours prêtes à en découdre, se sont engouffrées dans la brèche, brandissant le sceptre de l’ignominie d’une main et la boîte d’allumettes de l’autre pour allumer le feu du bûcher où l’on ne manquerait pas d’immoler Orelsan, sans blague. En face, nombre de voix se sont élevées pour tempérer l’ardeur des tricoteuses et parmi les virulents, sur son cheval blanc, drapé dans sa conscience universelle de pourfendeur des causes injustes, grand défenseur des causes perdues et des coeurs debout réunis, Cali. [Lire plus...]

Rendez-vous à CharruesLand. Tous aux Vieilles Charrues 2009 !

trace-du-sillon-vieilles-charrues-2008
J’ai avec les Vieilles Charrues un attachement qui va bien au delà de mon statut de photographe officiel. Tiens d’ailleurs, je me souviens bien de l’année où j’ai rejoint le staff des photographes des Charrues, j’avais à la fois été très touché par cette marque de confiance et en même temps je sentais que je rejoignais des gens, une équipe avec qui je partageais des valeurs, une même volonté de faire bouger un pays (le centre Bretagne), d’affirmer l’identité forte d’une région. Je me suis senti solidaire des bénévoles, touché par leur engagement motivé par une volonté de faire vivre Carhaix et ses environs. Le combat farouche mené par les gens de Carhaix pour conserver leur hôpital est un parfait exemple de ce que la solidarité peut accomplir. Solidarité. Chaque année, une structure (et pas des moindres) se met en place, rejointe par des milliers de bénévoles dont certains viennent parfois de loin. C’est comme un appel, un rendez-vous, un truc indéfinissable. On sait qu’on doit y être, poussé par la nécessité impérieuse d’être présent. Je me souviens d’avoir croisé un ami, membre du staff presse qui ne devait pas venir l’an passé. Il avait souhaité rendre visite à son père au lieu de venir à Kerampuihl. Pendant le dîner, alors qu’il était pensif, ailleurs, sans doute du côté du centre Bretagne, son père avait interrompu son spleen en lui disant : “ça te manque trop, hein ? Bon, demain tu fais ton sac, direction Carhaix !” Et dès le lendemain, il avait rejoint la salle presse, derrière Glenmor. [Lire plus...]

Hadopi ? Une Loi pour rien.

christine-albanelLe ministère n’a pas fait son travail : le texte n’était ni bordé juridiquement, ni techniquement. De ce fait, il était inapplicable. En somme, c’était une loi pour rien ! Albanel mérite 0 sur 20.” Bon, comme dirait l’autre ça c’est fait ! Mais au fait, qui s’exprime avec autant de virulence et de clairvoyance sur la Loi Hadopi ? C’est Lionel Tardy, député UMP de Haute-Savoie, qu’on ne peut pas suspecter d’être un dangereux gauchiste. Il y a quelques jours, lorsque j’ai appris que le Conseil Constitutionnel avait rejeté le texte, arguant en particulier que seul un juge, dans un état de droit comme la France, peut se prononcer sur la coupure de l’accès internet, je dois avouer que j’ai poussé, non un cri de joie mais plutôt un grand ouf de soulagement. Les sages portent bien leur nom. Ils ont compris ce que les opposants à cette loi et les experts (qui souvent sont les mêmes) répètent à l’envi sur internet depuis des mois. La Loi Hadopi est injuste, elle est techniquement, humainement inapplicable et juridiquement elle pose un véritable problème de droit. Si l’on concède aujourd’hui à une haute autorité la capacité de censurer un citoyen, c’est une dérive grave qui peut ouvrir d’autres perspectives nettement plus inquiétantes. Le passé et l’histoire de notre pays nous ont montré à quel point ce genre d’autorité parallèle peut être dangereux. Il ne reste plus désormais qu’à enterrer ce projet de loi. Et par la même occasion, le bon petit soldat Albanel peut solliciter sa mise à la retraite d’office. On en a tous soupé, Madame, de votre arrogance, de votre incapacité d’écoute, de votre aveuglement, de votre inaltérable enthousiasme gloussant. Les locaux de la rue de Valois pourraient bien redevenir rapidement vacants et Madame Albanel renvoyée à ses chères études qu’elle n’aurait jamais dû quitter.

• source de l’illustration http://goops.wordpress.com/2009/02/21/albanel-ministre-de-laculture/

Tu finiras dans les livres d’histoire.

indochine-la-carene-brest-decembre-2007
Je suis toujours heureux comme un gosse de voir mes photos publiées. C’est pas vraiment une question d’ego, non c’est juste que si je fais des photos, c’est pour qu’elles soient vues, c’est pour partager un instant. Un jour on m’avait demandé l’origine de ma passion pour la photo de concert et j’avais répondu que c’était pour permettre aux gens qui n’avaient pas eu la chance (ou les moyens, car l’entrée au concert coûte quand même une poignée de brouzoufs) de partager, de revivre un instant du concert. Un jour, une jeune fille m’a abordé dans une salle de concerts pour me dire : “quand je regarde vos photos, j’entends la musique.” C’est sans doute le plus joli compliment qu’on m’ait jamais fait. Grâce à internet, il est possible de partager les émotions world wide et ça, bien sûr, c’est un vrai privilège. Au départ, Cinquième nuit – mon book en ligne créé en 2002 – était comme une bouteille à la mer que j’aurais jeté après chaque concert et puis à partir de 2004, date charnière, tout est devenu plus structuré. Montrer ses photos, c’est témoigner et c’est surtout partager avec le plus grand nombre, avec le public, avec les artistes. La photo c’est une quête des autres, pas une quête de soi. Alors voir une de mes photos publiée, sur du papier, un support durable, ça a quelque chose d’étonamment surréaliste. [Lire plus...]

Au secours ! Maria Paillard revient !

maria-paillard-au-vauban
Ici à Brest même, Maria Paillard fait partie des meubles. Comédienne, aussi grand coeur que grande gueule, elle est une figure des nuits brestoâses autant qu’elle est une figure de Brest, tout court. En 2005, Maria avait monté au Vauban (puis en tournée) le texte de “Madame Marguerite” (initialement créé par Annie Girardot) et les murs du Vauban en transpirent encore. Alors évidemment, le jour où j’ai croisé Maria au Vauban et qu’elle nous a annoncé qu’elle préparait un spectacle de stand up de son cru, on s’est dit qu’il allait y avoir du sport dans les vestiaires. Et honnêtement on n’a pas été déçu du voyage auquel Maria Paillard nous invite cette fois, malicieusement épaulée par Véronique Lécouyer à la mise en scène. Oreilles chastes et culs-serrés, passez votre chemin. Maria Paillard est à la hauteur de sa réputation et envoit le bois, dans la série y’en aura pour tout le monde les promesses sont tenues. Maria passe en revue et en vrac, l’écologie, la sauvegarde de la planète, le droit des femmes, … avec une énergie et un niaque qui détonnent. Maria n’a peur de rien, Maria n’a honte de rien. [Lire plus...]

Hervé Le Gall. Photographe. Fan de grenouilles (et du Prince Charles).

Léo réveille-toi ! Ils sont devenus fous !

Je suis de ceux qui pensent que le projet de loi Création et internet n’est pas un bon projet, qu’il est inapplicable dans les faits, qu’il n’apportera rien aux artistes. Je ne suis pas un cas isolé mais je remarque que nombre de celles et ceux qui partagent mon point de vue sont des gens qui, chaque jour, sont dans la réalité d’internet. Je pense à Xavier Niel (patron de Free Iliad) qui s’est exprimé à maintes reprises sur Hadopi, en mettant en avant l’inapplicabilité de la Loi mais aussi son coût (il avance des frais techniques de 100€ par coupure d’abonnement ADSL). Et Xavier Niel agite aussi le spectre de la rupture sociale qui va toucher ceux dont l’abonnement serait suspendu, en avançant que Free ne suspendra ni le téléphone, ni la télévision d’un abonné pris en faute par Hadopi. Je pense à Marc Le Fur (député UMP) qui craint que cette Loi ne creuse encore le fossé entre le pays et sa jeunesse. Je pense à Yves Le Mouël (directeur général de la Fédération Française des Télécoms) qui assène un cinglant revers évoquant “une inefficacité probable et des coûts certains“.
[Lire plus...]

Création et internet : le projet de loi rejetté par le Parlement !

Vous avez bien lu. Le projet de Loi Création et internet, si cher au coeur de Madame Albanel, a été rejetté après le vote de la Commission mixte paritaire, en l’absence de nombreux députés de la majorité. Les députés de gauche, majoritairement eux présents, ont voté contre le texte. La seule alternative pour le gouvernement est soit de retirer ce texte (ce qui, à n’en pas douter serait une excellente et sage décision, tant ce texte de Loi est sujet à critiques, de toutes parts), soit d’organiser une nouvelle lecture au Sénat. Si la version de l’assemblée est adoptée, on reviendrait donc au non-paiement de l’abonnement durant la suspension.

J’ai toujours pensé que ce texte, en soi, serait difficilement applicable et qu’il serait très limité en terme d’efficacité. Il semble que je ne sois pas le seul à le penser. Yves Le Mouël, directeur général de la Fédération Française des Télécoms, exprime également des doutes sur cette Loi : “Le dispositif de la loi Création et Internet sera très long à mettre en place. Son inefficacité est probable, mais ses coûts sont certains.

Get Adobe Flash playerPlugin by wpburn.com wordpress themes