Le mariage planétaire de Jill et Kevin.


Jill et Kevin voulaient qu’on se souvienne de leur mariage, c’est plutôt réussi, puisque cette vidéo est un des gros buzz du moment. Il s’agit de l’entrée des mariés, orchestrée, chorégraphiée sur le Forever de Chris Brown, avec la complicité de leurs amis, sous l’oeil à la fois amusé et médusé de bon nombre d’invités. A y regarder de plus près, même si les pas ne sont pas ceux de danseurs professionnels (c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de cette cérémonie), il y a toute une symbolique qui dégage beaucoup d’émotion. Le marié qui surgit de sa foule de témoins, poussé vers l’autel et bien sûr l’entrée de la mariée, seule, qui rejoint son futur époux sur le tempo de Forever, avec un sourire qui fait plaisir à voir. C’est bien foutu et honnêtement cette vidéo donne envie de partager un peu de bonheur, en ces temps de grisaille, ça fait pas de mal ! Et de souhaiter à Jill et Kevin tout le bonheur du monde !

Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec n’importe qui.

michael-jacksoff J’ai reçu cette illustration ce matin par email, d’un ami que je ne nommerai pas, histoire qu’il ne se fasse pas lyncher par une horde de fans de feu Michael “Peter Pan” Jackson. Je trouve plutôt salvateur et réconfortant qu’on puisse rire de la mort, en ces temps de politiquement correct. D’ailleurs, ce joke (plutôt poétique à y regarder de près) me rappelle ce que disait feu Pierre Desproges : “Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec n’importe qui !”

Eurovision. Mademoiselle chante la loose.

eurovision-2009Samedi soir, pas de concerts. Exceptionnellement ce soir c’est maison, tisane et télé. Télé ? Parlons-en de la télé ! Waterloo morne plaine et je ne parle même pas de la TNT et ses programmes affligeants. Donc la télé est allumée, on zappe, on tombe sur des trucs vraiment improbables, des chaînes dont on ne soupçonnait même pas l’existence, qui recyclent des séries US ou des émissions à fort potentiels intellectuels comme NT1. Il faut regarder au moins une fois Cops uncut avec des courses poursuites live made in USA. Bref, à force de zapping, je suis tombé sur France 3 qui retransmettait le concours Eurovision de la chanson. Ah ! L’eurovision de la chanson de ma petite enfance, avec les jurys, le suspense absolument insoutenable, la distribution des points comme à l’école, rien n’a changé ou plutôt rien n’est plus comme avant, rien sauf la litanie des points toujours ponctuée par l’inévitabe sentence, en anglais dans le texte : “…and finally… Twelve points for…” Oui, tout a changé, à l’Eurovision. Quand j’étais minot, il y avait la mire en noir et blanc et le cultissime générique, les chanteurs et chanteuses étaient inconnus (l’Eurovision était censé être un tremplin à l’échelle de l’Europe) et chantaient en live, souvent sous la direction de l’auteur-compositeur. Gainsbourg dirigeant France Gall, ça avait quand même un peu plus de classe ! [Lire plus...]

Hervé Le Gall. Photographe. Fan de grenouilles (et du Prince Charles).

N’oubliez pas les paroles. MémoLyrics, l’antisèche de la chanson.

paroles-memolyricsC’est typiquement le genre de projet qui emporte mon immédiate adhésion, il faut dire que le concepteur du site MémoLyrics a drôlement bien ficelé son affaire. Bon, le principe est simple. Vous vous souvenez des paroles d’une chanson ou simplement d’un bout de paroles. Par exemple, vous vous souvenez que la chanson disait “je n’ai aimé que toi“, c’est largement suffisant ! Dans le moteur de recherches de MémoLyrics, tapez simplement ces mots et validez. Le système cherche et affiche (c’est quasiment de l’instantané) une liste de chansons qui contiennent dans leurs paroles la phrase que vous avez tapée et là vous vous dites ? Ah ! Mais oui ! Bien sûr c’est “je m’en vais” de Miossec. Le système permet d’accéder aux paroles, mais aussi on peut écouter la chanson (via Deezer), l’acheter (via des plateformes de téléchargement légal), voir la vidéo (si elle existe), voir les photos de concerts, les autres interprètes, ainsi que quelques services annexes (sonnerie, partition).

MémoLyrics illustre bien à mon sens la convergence des médias autour d’internet et préfigure de ce que pourrait devenir le réseau global dans les années à venir. [Lire plus...]

Histoire de la télévision : le fabuleux destin de Susan Boyle.

susan-boyle-incroyable-talent-ukElle s’appelle Susan Boyle, elle est écossaise, elle a quarante sept ans, sans emploi et un physique, comment dire ? En restant gentleman, j’ai envie de dire qu’elle a un physique qui ne fait pas que les hommes se soient jamais retournés sur son passage, à l’exception notable de ces improbables machos aussi cons qu’ils en ont l’air, juste pour se payer sa tête un peu hors normes. D’ailleurs Susan a eu une vie triste comme la lecture de l’annuaire des côtes du nord et elle avoue elle même qu’elle est une “never been kissed” donc vierge en termes crus. Cette petite dame à l’allure insignifiante est responsable du plus gros buzz de l’année sur internet. Susan a participé il y a quelques jours à l’équivalent anglais d’Incroyable talent, en venant chanter I dreamed a dream, extrait de la comédie musicale Les Misérables. Son allure, sa dégaine, son accent écossais à couper au couteau, son attitude un peu désinvolte, ont provoqué l’hilarité du public (vox populi) toujours prêt à se payer une bonne tranche de déconne sur tout ce qui ne fait pas figure de standard : trop petit, trop grand, trop gros, trop laid, l’histoire est bien connue. Et puis ils ont envoyé la bande son et le vilain petit canard s’est transformé en cygne dès que Susan a commencé a chanter. Entre le moment où la voix de Susan Boyle s’envole et les premières ovations du public, il se passe moins de quatre secondes et ce qui suit tient du petit miracle. Ce qui est émouvant n’est pas tant la voix de Susan Boyle elle-même que le contraste entre le personnage et sa capacité à émouvoir. Ce qui me touche dans cette vidéo, c’est qu’on perçoit le moment de grâce, la magie de la rencontre, le lien unique qui se tisse entre une artiste et son public. Susan Boyle est entrée de plain pied dans l’histoire de la télévision et le buzz sur Youtube (on approche des 20 millions de vidéos vues sur internet) n’en finit pas d’étonner.

sortez vos kleenex et allez voir la vidéo de Susan Boyle sur Youtube

Le droit à l’image.

kenny-arkanaOn vous a vu faire des photos pendant le concert de Marie Modiano et Peter Von Poehl et on voulait savoir s’il était possible de récupérer les photos et à quel endroit.” Voilà, on en est là. Plus rien n’a de valeur, le travail de création a perdu une bonne partie de sa signification, comme vidé de son sens. Des habitudes de consommation, essentiellement liées à internet, ont modifié les comportements en profondeur. Musique, cinéma, vidéo, photographie, tous dans la même galère. C’est le côté pervers d’internet qui a induit des modes de consommation gratuits. L’internet roi, mon cul ! Aujourd’hui il ne faut plus être un Mozart de l’informatique pour pomper l’intégrale de Wolfgang Amadeus en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Haut débit, peer to peer, bit torrents, flux RSS, blogs, on échange, on copie sans bourse délier. On est entré dans l’ère du tout numérique et du tout gratuit, le bonheur simple comme un coup de fil en un clic de souris : musique gratuite, films gratuits, téléphonie gratuite, photographies gratuites, … Un jour un type m’a envoyé un email où il me disait en substance, “je vais refaire la déco de mon salon et je voudrais décorer avec des photos de concerts, le problème c’est que sur vos photos il y a une marque et votre nom, ça fait moche une fois imprimé son mon imprimante, donc je voudrais que vous m’envoyez les photos sans le marquage pour pas que ça apparaisse sur les photos une fois encadrées“. C’est peu tout ça, ce genre d’irrespect fondamental, qui a fait qu’en septembre dernier j’ai décidé de décrocher, pendant quelques mois, une bonne dose de lassitude mêlée à de la fatigue. Sans être désabusé, il arrive un moment où ton oeil a une singulière envie de vacances (au sens littéral du terme), où tu n’as plus envie de répondre des évidences, que la photographie c’est un travail, que ça demande du temps, de la rigueur (et je ne parle même pas de talent) et que le photographe, comme le musicien, le cinéaste et d’une manière générale tout ceux qui créent, a le droit moral de voir son travail artistique respecté. Et ce respect, c’est de ne pas assimiler des clichés à un tas d’images que le simple quidam ira “récupérer” en vrac, sans le moindre soupçon de respect, pour en faire Dieu sait quoi, sous prétexte que le contenu est disponible sur internet. Créer, c’est résister, il paraît. Créer c’est aussi exister et revendiquer son droit à l’image.

• cliché inédit : Kenny Arkana – Brest Penfeld 2008 – respect petite soeur ;)

Qu’est-ce qu’on s’fait chier !

L’hiver, ce putain d’hiver branque, glacial et somptueusement arrosé n’en finit pas. Le soleil se pointe de temps en temps, juste histoire de nous rappeler à son bon souvenir et nous dit qu’il existe. Putain, en ce moment c’est Waterloo morne plaine. La crise a bon dos et ça rime avec Sarko qui, lui, ne rime à rien. J’ai encore du mal à réaliser que ce type est Président, j’ai toujours en mémoire le petit ministre secoué de l’intérieur et je m’attends d’un moment à l’autre à voir réapparaître le grand Jacques, pour qui je n’avais pas une affection particulière, mais au moins lui je l’avais assimilé à la fonction. Bon, bref. Du côté des Tom, là-bas, loin loin loin, dans ce petit bout de paradis dont on nous assure encore que c’est ça la France, là-bas où la bouteille d’eau coûte 3 euro, les petits enfants des îles ont de plus en plus de mal à croire à l’histoire de France, à nos ancêtres les gaulois, à Voltaire, aux Lumières et à l’égalité pour tous. Alors ça commence à péter, mais ici, sous la grisaille de ce putain d’hiver, on n’entend pas vraiment leur souffrance. Même avec le soleil, la douceur du climat, eux aussi se font chier ! J’ai quelques infos de mes proches, dont mon Charles Mouloud qui aux dernières nouvelles se livre à quelques libations festives et parisiennes en attendant des jours meilleurs. Quant à JPG – bitch ! – il est parti aux Maldives photographier les poissons multicolors dans une eau à 28 degrés centigrade. Dans une prochaine vie, moi aussi je veux être un diving photographer. La Route du rock hiver (dont je ne serai pas pour cause de chienlit personnelle intensive) c’est ce week end, si vous croisez du côté de la cité malouine, allez donc jeter quelques tunes du côté de l’Omnibus. Pas la peine de regarder le programme, c’est bien, comme toujours à la route. J’aurais bien aimé voir Elysian fields à la Chapelle St Sauveur, sans blasphémer sur son corps et sa voix divine. La dernière fois c’était au Vauban, une gifle. What else ? Canon a sorti les trompettes et devait nous annoncer quelques trucs sympas avant la PMA. Que dalle, nibbe, nada, rien à part deux cailloux grand angle tilt and shift. Je commence singulièrement à désespérer de Canon, alors que du côté de la crèmerie d’en face, les jaunes s’activent comme des berniques sur leur rocher. Si je n’avais pas mes optiques et trente cinq ans de feedback chez Canon, j’aurais fait comme la plupart des mecs que je croise dans les fosses à longueur d’année. D’ailleurs, je me tâte. Au printemps, Nikon lance son opération 90 jours, donc à voir comme dirait un autre de mes amis. En attendant, qu’est-ce qu’on se fait chier ! Il n’y a plus que le printemps qui puisse me sauver, les crocus, les jonquilles et les primevères sont là pour me rappeler que ça va bien finir par arriver. Le mois prochain, les Vieilles Charrues vont remettre le son, j’irai peut-être bien boire une tasse à Carhaix, tiens ! Ca me fera bien patienter jusqu’à l’été, CharruesLand, Kerampuihl, les filles dans leur robe d’été et le concert du boss.

voir la vidéo des Têtes raides qu’est-ce qu’on se fait chier

Bonne année !

cliquez pour voir la carte de voeux 2009

Zazie FM air. Rien ne se perd, rien ne se crée…

zazie fm airJe viens de voir sur Youtube le nouveau clip de Zazie, FM air. Comme d’hab’ Zazie nous gratifie de ces jeux de mots dont elle a le secret, avec plus ou moins de réussite. En revanche, ce qui fait sourire, c’est que cette petite chanson de variété sans prétention cache une véritable opération de recyclage qui, dans le contexte de la crise actuelle de l’industrie musicale n’est pas anodine. Zazie a repris la thématique de ses chansons, chronologique de surcroît me semble-t-il, pour assembler le texte de FM air et ça, franchement, ça force le respect, jugez plutôt. “Un peu sucré, un peu salé, un peu sur toi, un zeste de moi, un peu plus zen, un peu larsen, un peu tout le monde…” Et hop ! Comment recycler cinq titres pour faire une phrase ! Et ce n’est pas tout. Mademoiselle Truchis a semé des indices, comme une Petite Poussette sémerait des cailloux, tout au long du clip, tant qu’à faire. Ici des gens passent l’aspirateur (“Ze live”), alors que se promène un ange (“Tous des anges”), là on croise les femmes indiennes (“Rodéo Indien”), une vache et Calogero en haut de forme (“Zen”), un homme peint en bleu (“Rodéo”). Sur un mur l’image d’un chanteur nouvelle star et Zazie bouscule Axel Bauer qui chante (à sa place). Désormais, l’industrie musicale, à défaut d’une capacité à se développer, boucle sur elle-même. C’est ce constat qui a sans doute incité les créateurs de My majorcompany à imaginer sur internet un système proposant aux internautes de devenir eux-mêmes producteurs. Le premier “artiste” ainsi propulsé se nomme Grégoire, avec un titre (“toi + moi”) d’une banalité et d’une naïveté déconcertantes. Au moins, dans le cas présent, le public l’aura plébicité en misant sur sa tête quelques euros, espérant au passage un retour sur investissement, alors que la Starac elle, ne vous rapporte rien, si ce n’est une envie irrépressible de zapper. Monsieur de Lavoisier, à défaut d’y perdre son latin, y perdrait bien la tête, encore une fois. Le parcours de cette industrie est chaotique car plus que jamais, rien ne se perd, rien ne se crée. Et rien ne se transforme.

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