Nikon annonce D800. 36 mégapixels. Et après ?

nikon-annonce-nikon-D800-shots-201236 mégapixels. 36 MÉGAPIXELS ? J’ai l’impression d’être dans les pompes de Doc Emmett Brown à qui Marty Mac Fly annonce la puissance nécessaire pour permettre à la Delorean de voyager dans le temps (qui je le rappelle pour les non initiés est de 2,21 Gigowatts dans la version française). Quand on est photographe, on sait immédiatement ce qu’un chiffre astronomique comme celui-là signifie. Un truc à vous donner la migraine. Bien sûr, annoncer un reflex de 36 mégapixels (on ne s’en lasse pas) c’est un argument massue vis à vis de la concurrence, c’est d’autant plus étonnant que Nikon nous avait habitué jusqu’alors à des tailles de capteurs disons raisonnables. Mais la raison n’est pas un paramètre valable devant les arguments marketing. Est-ce à dire qu’il faudrait réduire ce chiffre, 36 mégapixels, au seul argument de vente ? Sûrement pas.

D’abord il faut effacer du discours un point qui ne manquera pas de faire débat au café du commerce de la photographie numérique. Nikon suit son chemin, définit ses technologies et cette définition prend du temps. Le fantasme de la réponse du berger à la bergère n’a définitivement aucun sens. Le cahier des charges d’un projet comme D800 ne s’établit pas à la légère, on ne décide pas sur un coup de tête qu’un reflex va afficher 36mp. La liste des specs est définie et le travail commence, un long (très long) processus qui dure de trois à cinq ans. Prenez le projet hybride Nikon V1, par exemple. Un technicien de Nikon corp. me confiait que ce projet a été porté sur les fonds baptismaux il y a cinq ans. Cinq ans pour définir, prédire, deviner, prévoir ce que sera l’état du marché de la photographie numérique à moyen terme. Idem pour le capteur qui n’est pas fabriqué par Nikon (bla bla bla). Nikon dessine son capteur, définit les specs de son capteur, comment chaque pixel doit être traité, le lien avec le processeur, l’intégration dans la machine, etc… Alors que ce capteur soit fabriqué par Pierre, Paul ou Jacques, définitivement, comme dirait Emmett, on s’en balance. Mais revenons à Nikon D800, que j’ai eu en mains.

Des perspectives jouissives
Premier constat, qu’il est léger, le bougre. Léger et compact, c’est le genre de boîtier idéal pour partir en ballade et voyager léger. Les possesseurs de D700 ne seront pas dépaysés, en revanche les habitués de la série Nikon Dn le seront un peu plus, mais c’est un détail. Nikon D800 hérite d’une foule de specs du D4, processeur Expeed 3, AF optimisé, système de reconnaissance de scène (capteur RVB 91K photosites), 11 collimateurs à f8, … En revanche D800 paye cash l’addition de son capteur maousse au chapitre de la vélocité ou de la sensibilité. Ici, avec 4vps (6 avec un grip) on est loin des perfs du grand frère D4. Idem pour la plage de sensibilités iso, qui affiche un range modeste de 100 à 6400iso, petitement extensible de 50 à 25600iso. En revanche, avec un capteur d’une définition telle, Nikon ouvre toutes grandes les portes de l’image. Ici, côté image, on est dans le superlatif. On est dans le grandiose, la délicatesse, le détail à son paroxysme, le piqué et le rendu. Portraits, paysages, architecture, reportages, … Nikon D800 va permettre de produire des images à un niveau inégalé dans le monde du reflex 24*36. En studio, ce (petit) boîtier n’aura pas à rougir devant la famille du moyen format. Petit, mais costaud. Je suis resté coi devant un agrandissement grand format du cliché (ébouriffant) réalisé par Benjamin Antony Monn à la BNF, avec un D800 et un Nikkor 14-24. Les perspectives (si j’ose dire) de ce boîtier sont jouissives. Quant à la vidéo, parlons-en. D800 crache un flux vidéo en full HD 1080p en format FX et en format DX et comme sur le D4 on peut connecter un enregistreur externe sur le port HDMI.

D800. Vu de ma fenêtre.
Est-ce que je conseillerais Nikon D800 ? Sans aucun doute. Est-ce que je ferais de Nikon D800 mon boîtier backup ? Probablement pas. Ce boîtier est capable de produire des images haute définition avec un luxe de détails jusqu’alors inégalé dans le monde du reflex 24*36. Nikon pousse le souci du détail, dans tous les sens du terme, jusqu’à proposer une version D800E avec un capteur sans fonction anti-aliasing pour les photographes ayant besoin d’un rendu encore plus pointilleux. Nikon D800 intègre des fonctions de réduction de l’aberration chromatique qui vont s’avérer particulièrement précieuses en photographie d’architecture. Alors oui, c’est vrai, Nikon D800 propose des fonctionnalités de rendu de l’image vraiment enthousiasmantes. Mais vu de ma fenêtre, avec mes besoins, mes spécificités, mon cahier des charges, il y a des paramètres rédhibitoires. La plage de sensibilités finalement assez réduite, l’absence de tropicalisation (flash intégré), la cadence de 4vps, l’ergonomie, le stockage CF/SD, le manque de polyvalence, … et finalement cet énorme capteur de 36mp qui, s’il permet une latitude en terme de crop (songez donc qu’un recadrage viseur au format DX va encore permettre de générer un équivalent 18mp et qu’un recadrage 1,2 un équivalent 25mp…) va générer des fichiers NEF qu’il va falloir stocker (à 50Mo la pièce, je vous laisse faire le calcul) et surtout qu’il va falloir interpréter.

Nikon va vers les beaux jours.
Nikon D4, Nikon D800 et une offre remarquable dans la gamme Coolpix sur le segment mass market (on en reparlera). Nikon est partout, tient la corde tout en haut avec D4, tente de s’imposer sur le segment vidéo avec ce D800 capable de prodiges. L’année 2012 s’annonce favorable à la marque jaune, même si la vie numérique n’est pas un long fleuve tranquille. On imagine qu’en face, comprendre chez Canon, on n’entend pas rester les bras ballants (pour reprendre une expression désormais culte). Ce grand silence de la marque rouge qui semble, en apparence, plutôt marquer le coup, cache il me semble, une contre-attaque qui pourrait s’avérer fulgurante, surtout sur le segment de la convergence photo vidéo où Canon a acquis un indéniable savoir-faire. Par ailleurs, les rumeurs sur les annonces Canon vont bon train. On connaît déjà le nom de EOS 1DX et on imagine mal que Canon ne propose pas un successeur à son 5D Mark II vedette. Alors qu’il se nomme EOS 5D Mark III ou EOS 5DX n’a finalement que peu d’importance. En revanche, il se murmure qu’on pourrait voir débouler un, voire deux nouveaux reflex Canon, intégrant le format 4K et reléguant du même coup le full HD au rang de l’anecdote pour vidéaste amateur. Ça ne s’arrêtera donc jamais ? Non. Jamais. Et c’est même ça qui rend la vie numérique si passionnante.

Sept bonnes raisons de craquer pour le nouveau reflex numérique professionnel Nikon D4

sept-bonnes-raisons-de-craquer-pour-Nikon-D4-shots-2012Quinze jours. Dans quinze jours, Nikon proposera D4 son nouveau haut de gamme numérique disponible à la vente, mais pas partout, uniquement dans un réseau de distribution sélective, histoire d’assurer aux clients professionnels la garantie du meilleur service. On connaît l’attachement de Nikon corp. à assurer le meilleur suivi, le meilleur support aussi, avec le développement de structures comme Nikon Pro Service. La distribution sélective est plutôt une bonne nouvelle pour les pros utilisateurs de la marque jaune. J’ai tenu Nikon D4 en mains, à l’issue de sa présentation par Nikon France début janvier à Paris. Utilisateur d’un D3s depuis plus d’un an, je n’ai pas vraiment été dépaysé. En apparence, j’avais l’impression d’avoir mon reflex entre les mains. En apparence seulement. Car à y regarder de plus près, ce nouveau boîtier reflex numérique intègre des avancées technologiques qui vont faire de lui un outil définitivement redoutable en matière de prise de vue. Voici sept bonnes raisons de craquer pour Nikon D4, classées par ordre de préférences. Mes préférences. Suivez le guide.

1- Nikon D4 embarque un meilleur autofocus
Est-ce qu’on peut sans cesse repousser les limites ? Avec D4, Nikon répond par l’affirmative en proposant un autofocus encore meilleur, encore plus performant et pourtant, Dieu sait si Nikon dispose d’un savoir-faire universellement reconnu dans ce domaine. “Dans certains cas de figure, il vous est sans doute arrivé d’être confronté à certaines limites en matière de focus avec votre D3s ?” J’ai regardé mon interlocutrice, bouche bée, avant de l’entendre poursuivre, en souriant “Eh bien avec Nikon D4, vous allez pouvoir encore repousser ces limites.” Un argument comme celui-là, ça ne peut que me parler. À y regarder de plus près, on trouve sur D4 un capteur RVB de reconnaissance de scène de 91000 photosites (contre 1000 sur D3s) et de nouveaux algorithmes qui améliorent encore le focus, un nouveau suivi 3D optimisé notamment sur les objets de petite taille, un nouveau système de détection de visage (en temps réel dans le viseur), 51 capteurs à f5,6 et onze collimateurs centraux effectifs à f8, je ne vous fais pas un dessin, si ? Bon, en clair, ça veut dire que sur un 200-400 f4, par exemple, on va désormais pouvoir monter un TC20-EIII, obtenir un 400-800 à f8 avec un AF efficace sur 11 collimateurs centraux, voilà. Tout est dit sur l’autofocus. Fermez le ban. Ite missa est.

2- Nikon D4 offre une meilleure plage de sensibilités
La première fois que j’ai entendu parler de 102400 iso sur Nikon D3s, j’ai cru qu’il y avait une coquille dans le communiqué de presse, un zéro en trop. Pouvoir shooter à plus de 100K iso, ça tenait presque du miracle et pourtant c’était vrai. Avec Nikon D4, ce chiffre est doublé, pour monter à 204800 iso. La plage de sensibilités “standard” va de 100 à 12800 iso, ce qui signifie en clair qu’on peut espérer une image très propre à 6400 iso, comme elle l’est déjà à 3200iso sur D3s et ça évidemment, c’est une avancée plus que significative pour ceux qui travaillent en conditions de lumières difficiles, suivez mon regard. Notez aussi qu’on peut désormais, tout en bas de l’échelle des iso travailler à 50 iso, ce qui est loin d’être anecdotique et qui permet à ce D4 d’être magnifiquement polyvalent. Un trait de famille, en quelque sorte.

3- Nikon D4 embarque un capteur de 16mp
J’ai toujours pensé que la taille idéale d’un capteur de reflex numérique se situe autour de 16Mp, un excellent compromis entre taille de documents générés et capacités à utiliser les modes de recadrage dans le viseur proposés tant par Nikon D4 que D3s. Bien sûr, il y a ceux qui vous diront qu’on peut cropper en post-traitement mais ceux-là n’ont pas tout à fait capté l’utilité de cette fonctionnalité qui permet justement d’avoir une image ajustée dès le cadrage et de ne pas avoir à s’en soucier dans le post-traitement. Avec un capteur de 12mp comme sur le D3s, le crop 1,2x fait chuter la taille de capteur à 8,4mp alors qu’avec un capteur de 16mp, le photographe va pouvoir shooter dans ce même mode tout en préservant une taille de capteur raisonnable (11,2 mp). Donc, je le redis ici. 12mp c’est bien mais 16 c’est mieux que 12.

4- Nikon D4 propose une meilleure ergonomie
L’ergonomie, c’est quoi ? C’est un tout. Oui, je sais. C’est un peu réducteur mais finalement c’est ça. C’est le positionnement des commandes qui fait, par exemple, que les boutons se situent dans l’exact positionnement identique, que vous teniez votre reflex en mode paysage comme en mode portrait. C’est l’illumination de la face arrière en conditions de lumières difficiles qui évite d’appuyer sur le bouton menu quand on veut appuyer sur la loupe, c’est une petite langue de lumière qui éclaire les commandes de cadence de prise de vue pour trouver le mode Q dans l’obscurité totale, bref, comme dirait Benji, c’est que du bonheur ! L’ergonomie, c’est plein de petits détails qui ont été gambergés par les techniciens Nikon pour nous rendre la vie plus facile, comme la possibilité d’activer des commandes sans quitter l’œil du viseur, d’activer le picture control par une commande dédiée au lieu de devoir farfouiller dans le menu, j’en passe (et des meilleures). Last, but, not least (envoyez les trompettes) c’est un nouveau putain de bouton de sélection rapide du collimateur AF, rien que d’y penser, rétrospectivement, je me demande pourquoi Nikon n’y a pas pensé avant. Un petit joystick multi-directionnel pour sélectionner son collimateur illico ? Happiness.

5- Nikon D4 embarque Expeed 3
Que dire d’autre ? Expeed 3 c’est le cœur qui bat dans D4 et qui fait vivre cet incroyable ensemble de hautes technologies. La capacité de traitement de la prise de vue en rafale à 11fps, c’est lui. L’optimisation de l’AF, c’est lui. Les nouvelles capacités de communication, c’est lui. Le traitement sur 14 et 16 bits offrant une qualité d’image inégalée, c’est lui. Tous les trucs vachement compliqués que le reflex fait sans qu’on s’en aperçoive, qui facilitent la vie du photographe et permettent de capter des pixels encore plus beaux, c’est encore et toujours Expeed 3.

6- Nikon embarque des fonctionnalités de communication jusqu’ici inconnues
D’abord, Nikon D4 embarque un port Ethernet, ce qui signifie que, via ce port à très haut débit on peut se permettre de transmettre des images (fixes ou animées) à un niveau de transfert inégalé. Ensuite, via les modules WT-4 ou le nouveau WT-5, Nikon D4 peut transmettre des images via le wifi, en temps réel, à un PC ou un Mac, voire à un smartphone ou une tablette comme iPad. La démonstration des fonctionnalité de communication en a laissé plus d’un sur le cul et je n’étais pas le dernier. En gros, on shoote avec D4 qui transmet en temps réel les images par wifi sur un ordinateur distant, voire sur internet via FTP. On peut aussi contrôler Nikon D4 en http via un ordinateur, un smartphone, une tablette. Voire piloter et déclencher simultanément jusqu’à 10 boîtiers D4 équipé du module WT-5. Le concept d’optimisation du flux de production est plus que jamais au centre des préoccupations de Nikon.

7- Nikon D4 fait un pas de géant dans l’intégration des fonctionnalités vidéo
Aujourd’hui, impossible pour une marque comme Nikon d’ignorer la convergence photo/vidéo. Avec Nikon D4, aucun doute possible. Le fossé qui séparait Nikon de son concurrent historique est désormais comblé. Full HD 1080p à 30, 25 et 24 images par seconde, voire en 720p à 60, 50 et 25 images par seconde, le tout en .mov encodé H.264. Durée maximale d’enregistrement sur carte mémoire de 30 minutes mais ce verrou saute en cas de capture directe. Dans ce cas, le flux vidéo n’est pas compressé et peut être récupéré par un enregistreur externe via le port HDMI et exploité directement dans un format de montage. Et ça, ca porte un nom, c’est du cinéma. Ajoutez à cela des fonctionnalités pratiques, comme la modif du diaph pendant la capture (via les boutons situés en face avant du D4) et vous aurez une petite idée des capacités de Nikon D4 en matière de vidéo…

Conclusion. Nikon D4 repousse les limites. Encore.
À l’issue de la présentation, à la question “Alors ?” qui m’a été posée par une responsable de Nikon France à propos de Nikon D4 j’ai simplement répondu par une locution latine. “Citius. Altius. Fortius.” Finalement, je n’imaginais pas que Nikon puisse faire mieux que D3s, mais dans le monde de la photographie numérique, on ira toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort. Un autofocus plus performant, une meilleure gestion des sensibilités, un capteur 16mp, un boîtier plus ergonomique, un processeur Expeed 3 plus musclé, des modules de communication, l’intégration de la vidéo. Sept raisons d’y aller, de craquer pour ce boîtier reflex numérique, Nikon D4 est le digne héritier d’une grande famille. Mais l’essentiel n’est pas là, au fond. Non, le truc impalpable, indescriptible c’est lorsque vous prenez un D4 en mains. Là, à ce moment précis, vous êtes envahi par cet étrange sentiment qui vous dit qu’avec lui, vous n’avez plus qu’une seule limite. Celle de votre œil.

voir le site Nikon Pro

Mansfield Tya. Dans les bras de Nyx, déesse de la nuit.

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Je suis sorti secoué, lessivé, éreinté, essoré, subjugué du set de Mansfield Tya. Depuis, j’essaie (vainement) de reprendre mes esprits, en écoutant notamment NYX, le nouvel opus des deux damoiselles du duo nantais. Un signe qui ne trompe point. Bon, déjà il y a quelques mois, j’avais eu l’occasion d’approcher l’univers musical de ce groupe totalement atypique, d’effleurer la beauté, la douceur vénéneuse et la violence de leurs compositions. J’avais écrit un billet pour le site du Vauban sur la venue du groupe en octobre à l’invitation des filles de CoNNe AcTioN et là j’avais pris, coup sur coup, deux titres en pleine gueule. Animal, d’abord, une composition étrange, un univers étrangement fascinant, mélange de voix baroques et de pizzicatos violonesques assumés avec une assurance parfaitement maîtrisée et là je m’étais dit, en me parlant à moi-même, mais putain, what the fuck, on ne m’avait donc rien dit ? Et puis par dessus, il y avait eu un autre titre qui a tourné en boucle, à la fois sur le site du Vauban et dans ma tête pendant des mois et il ne fut pas rare que l’envie me prenne de fredonner “il n’y a pas d’étoiles sur le plafond…” régulièrement dans la journée, ce qui agaçait considérablement mon entourage. Bref. J’étais accro. Mansfield Tya était entré dans ma tête, par la grande porte, sans effraction, avec douceur et volupté, instillé dans mes veines comme un divin poison. Comme j’aime, en somme.

Et puis il y a eu le set du Vauban. Sur scène, deux synthés, une batterie et deux filles, Julia et Carla. L’une vocalise pendant que l’autre s’applique, désinvolte mais consciencieuse sur son violon et là, dès la première note, Ô mes petits frères et sœurs ! Un frisson qui m’envahit le cortex, me secoue la carlingue de haut en bas, quelque chose d’indéfinissable, de doux et en même temps de violent, comme une passion, un feu, une petite mort, un ange exterminateur. Mansfield Tya c’est une tornade, un truc qui te prend, te soulève et qui ne te lâche plus. Ça passe ou ça casse. Soit on aime, radicalement, soit on déteste définitivement, mais avec elles, pas de juste milieu, pas de peut-être, de oui pourquoi pas ? Ça n’évoque rien, c’est à la fois de la pop, mâtinée de son baroque qu’on croirait tout droit venu de temps lointains, à voir ces deux filles faire tout avec brio on pense au son rock minimaliste des White stripes et puis non, ça repart un peu plus loin, je ferme les yeux et la complainte des voix me rappelle la douceur des filles du trio Au revoir Simone, mais pas pour très longtemps parce que Julia est déjà à la batterie et cogne sur ses fûts comme une furie, mais toujours avec élégance. Totalement désinvolte, cette Julia, c’est marrant elle me rappelle vaguement quelqu’un, croisé aux Vieilles Charrues, dans un univers parallèle, sans doute. Mansfield Tya me tient et ne me lâchera plus. Une petite heure à peine et l’oiseau s’est (déjà) envolé. C’est d’ailleurs le seul (petit) reproche qu’on pourra faire au duo, on ressort un peu frustré tellement c’était bien, tellement c’était bon, tellement qu’on a envie d’en reprendre encore un peu, comme quand on a envie de lécher le fond de la casserole avec ses doigts, avec gourmandise, mais non, enough is too much, c’est fini et putain ! C’était vraiment bon…

Finalement on ne pouvait imaginer meilleure ouverture que Mansfield Tya pour cette première édition d’Astropolis collection Hiver. J’ai rencontré Julia, après le set, elle et son regard bleu azur. Je lui ai dit que j’avais cru croiser son chemin par le passé et elle m’a regardé en souriant avant d’ajouter : “Ah ! Je vois que vous avez rencontré ma sœur…” Je n’ai pas insisté et puis j’ai balancé un hasardeux “j’aime beaucoup ce que vous faites” avant d’essayer de ma rattraper maladroitement sur un truc aussi convenu (en deux mots). Julia, aussi lumineuse à la ville qu’à la scène, pas la peine d’en rajouter. Putain de concert. Mansfield Tya est entré dans mon Panthéon musical, en douceur, avec l’élégance définitive qui est la marque de fabrique de ce duo intemporel. Entre Miossec et Bashung, entre Gainsbourg et Daho, Florent Marchet et François Audrain, Romain Humeau et Eiffel, entre Mozart et Au revoir Simone, il y a désormais Mansfield Tya, regard bleuté, mélange sublime de voix et délicieuses bidouilles sonores qui m’emportent ailleurs, loin d’ici, dans les bras de Nyx, déesse de la nuit…

voir le site internet de Mansfield Tya

voir l’article et des vidéos sur le site du Cabaret Vauban

L’école de la loose.

gare-de-sedan-sous-la-pluie-par-MG-shots-2012C’est d’une banalité navrante d’affirmer aujourd’hui, que, grâce au numérique (ou à cause de, c’est selon), l’acte photographique s’est totalement banalisé. D’ailleurs, entre nous, si je puis me permettre, c’est à mes yeux l’immense majorité de la production photographique qui s’étale au fil des jours sur les nombreux médias internet qui est d’une banalité navrante. Autrefois, je veux dire du temps de l’argentique, au siècle passé, quand il fallait payer pour faire une photo, quand l’acte photographique coûtait de l’argent, on y réfléchissait à deux fois avant d’appuyer sur le déclencheur. D’ailleurs, il y avait nettement moins de prétendants à la couronne, quand il fallait dépenser ses maigres économies dans l’achat des pellicules et du nécessaire développement, alors on était nettement moins pressé de prétendre à la succession de ce cher Henri. Et puis sont venus le numérique et, comme un bonheur n’arrive jamais seul, l’avènement d’internet. Songez donc. Non seulement tout le monde allait pouvoir faire des photos quasi gratuitement, sans débourser un kopeck, sauf pour acheter le matériel, mais on allait en plus pouvoir montrer au monde ébahi toute l’étendue de son talent et, accessoirement, de l’ego qui va avec. Que demande le peuple ? Et comme si ça ne suffisait pas, on allait en plus mettre à la disposition des photographes en herbe plein de beaux outils pour optimiser leurs clichés, voire pour les rendre un peu plus présentables. Et les fondamentaux de la photographie dans tout ça ? On verrait plus tard. Ou pas.

L’art du paraître
Le côté pervers, dans cette volonté de paraître avant de comprendre, c’est que ça ne mène nulle part. La meilleure illustration, si j’ose dire, est le développement ces dernières années de toute une gamme de bidouilles logicielles qui permettent de générer des images qui, a défaut d’avoir de véritables qualités photographiques intrinsèques (je parle de notions comme le cadrage, la gestion du mouvement, la lumière, …) permettent de donner à son auteur l’illusion d’une image qui ait de la gueule. Un exemple parfait selon moi est le phénomène Instagram, ce petit logiciel astucieux permettant de trafiquer les équilibres colorimétriques d’une image numérique et de générer une photographie qui sorte de l’ordinaire. Cerise sur le gâteau, Instagram est accessible à partir d’un smartphone et en plus, il est gratuit. D’ailleurs, mine de rien, les iPhone et autres Androïd ont pris aujourd’hui une part de marché non-négligeable sur le segment photographique. Internet est inondé de ces images fadasses qui, finalement, se ressemblent toutes plus ou moins. D’ailleurs le problème posé par ces traitements à la chaîne est bien là. Dans l’uniformité du résultat. Ils imaginent qu’ils vont être tous différents. Et au fond ils sont tous pareils.

Les effets pervers de la technologie
La technologie c’est bien, en abuser ça craint. Un exemple extrême se résume dans certaines techniques comme la photographie HDR, qui est, selon moi, une claque dans la gueule, une véritable insulte à l’art de la photographie, mais après tout chacun voit midi à sa porte, enfin ! Quand il sait lire l’heure. Plus proche et beaucoup plus répandue est l’utilisation massive (et souvent désastreuse, pour ne pas dire calamiteuse) de logiciels de post-traitement comme Lightroom. J’en vois déjà qui sont prêts à dégainer. Comprenons-nous bien, je dis et je répète que je n’ai évidemment rien contre Lightroom que j’utilise moi-même. Comme tout outil, Lightroom peut s’avérer aussi utile que désastreux lorsqu’il est mal employé, voire détourné et c’est malheureusement trop souvent le cas, avec un recours massif à ces procédures automatisées de traitement qu’on désigne sous le nom de presets. Résultat ? Comme on dit chez Kanabeach de Plouzané “All different but all together”. Toutes les images se ressemblent et c’est la caca, c’est la cata, c’est la catastrophe. Parce que, dans ces conditions, espérer le mimi, le rara, le miracle, se dire que Lightroom va compenser ton cadrage de merde, réparer ton expo hasardeuse, te rattraper le coup, voire faire croire que, te donner l’illusion d’un cliché réussi, ce que tu te goures fillette, ce que tu te goures ! Et finalement, le résultat c’est que TOUTES les photos produites suivant le schéma consistant à utiliser des presets Lightroom, toutes ces photos se ressemblent. Toutes différentes mais toutes pareilles. Vous me direz, quand on voit des clichés de ce cher Henri on sait immédiatement que c’est du Cartier-Bresson. Ben ouais ! Parce que HCB, il a un style, une patte, un cœur et un œil. Et on crie, à raison, au génie. En revanche, pour les photos fadasses passées au mixeur à la sauce presets, on se dit seulement tiens, en voilà encore un qui a (mal) utilisé Lightroom. Et ça, franchement, c’est la loose.

Faites des photos qui vous ressemblent !
J’ai souvent écrit et répété ici-même et ailleurs que selon moi, le bonheur, c’est d’obtenir une image qui soit bonne sortie de capteur. Propre, nette, cadrée aux petits oignons, avec l’expo qui va bien… Si je dois passer des plombes sur LR pour que mes clichés aient une gueule potable, nan trugarez* ! C’est là, aussi, où avoir un bon boîtier avec lequel on se sente bien, en phase, qu’on maîtrise pas trop mal, dans un contexte où, pour reprendre une expression désormais célèbre, il n’y ait pas conflit entre l’homme et la machine, est un paramètre essentiel. Avoir un bon boîtier, pour un photographe, c’est comme avoir un bon copain, c’est c’qu’il y a d’plus chouette au monde, comme dirait Miossec. Pour ma part, j’ai trouvé mon harmonie avec Nikon D3s et deux optiques qui couvrent l’essentiel de mes besoins, que demander de plus ? La bonne idée, à défaut de donner un conseil, c’est que si vous aimez faire des photos, mettez à profit cette passion pour montrer les choses, les gens tels que vous les voyez (tels que vous les aimez), en un mot dialoguez avec le monde et faites des photos qui vous ressemblent. N’imitez pas, ne tentez pas de reproduire et surtout gardez en mémoire que lorsque vous avez déclenché c’est fait, la messe est dite. Vous pourrez améliorer en post-prod mais ne comptez pas sur “après” pour faire d’une photo approximative un cliché de référence.
(*non merci.)

Last but not least. La photographie c’est un peu comme la passion, c’est une alchimie étrange, un compromis, un équilibre entre des forces divergentes que tout oppose et que la photographie, justement, dans une miraculeuse conciliation, une grâce ultime, réunit. La lumière, le mouvement, le cadre, l’image. C’est de la chimie aussi. Un truc fascinant, la révélation de la lumière qui tient pratiquement de la magie. Je ne saurais trop vous conseiller d’aller faire un tour dans ce monde-là, pour sentir les choses, dans tous les sens du terme. Vous comprendrez, vous assimilerez quelques clés indispensables sans lesquelles, finalement, on se sent un peu perdu.

• merci à Juliette Gréco, à Miossec et aux Inconnus. Et à Henri Cartier-Bresson, mon respect éternel.

• crédit photo : MG (Gare de Sedan. Instagram)

Nikon annonce son nouveau haut de gamme professionnel. Nikon D4. One step beyond.

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J’y suis allé à reculons. Pétri de certitudes, je me disais qu’avec D3s, au fond, je n’avais plus guère à attendre de Nikon qui avait réalisé selon moi le boîtier parfait. C’est donc dans cet état d’esprit, en touriste, que je me suis rendu à Paris, à l’invitation de Nikon France, pour y découvrir Nikon D4 et plus, si affinités. Mais encore une fois sans rien attendre de plus que le plaisir de retrouver mes amis de la marque jaune et de partager avec eux un Breizh Cola et force petits fours et macarons. Parce que, côté attente matériel, pour ma part, je me sentais un peu comme le joueur de poker, un brelan d’as en main, n’ayant quasiment rien à espérer, sauf peut-être le miracle de l’as manquant. Non. Paris, me voilà. De bonne humeur (qui a dit pour une fois ?) et servi, comme au poker.

Confortablement installé dans une petite salle de conférence aux fauteuils en cuir bleus, je remarque dans le fond de la salle que la retransmission de la conf est assurée en live et à la prise de vue s’y collent trois boîtiers que je ne connais pas. Gonflé de la part de Nikon d’utiliser des boîtiers de pré-série pour diffuser le live, il faut vraiment que la marque ait une ineffable confiance dans son matériel. Elle peut et tout ce qui va suivre va lui donner raison. Après le chapitre sur les chiffres, toujours un peu barbant mais étape obligée, on en arrive à la présentation de l’engin et une liste de specs qui, par rapport à D3s, peut se résumer en un seul mot. Plus.

Nikon D4. Plus haut, plus loin, plus fort, plus vite.
Trois slides après le début de la présentation des specs de D4 j’ai déjà envie de me lever et d’aller en prendre un en mains en disant aux gens de Nikon “ça va, j’ai compris, n’en jetez plus !” Comment résumer D4 ? Disons pour faire court que c’est comme un D3s, mais en mieux. Par où commencer ? Peut-être par des points qui peuvent sembler inutile quand on n’y a pas accès et qui vont s’avérer indispensables quand ils vont être disponibles. Un exemple, l’ergonomie. D4 a été pensé pour que la prise en mains soit confortable, quel que soit le mode de prise de vue, paysage ou portrait. La préhension du boîtier, le positionnement des commandes est identique en paysage ou en portrait. Ensuite, D4 intègre un mini joystick de sélection rapide du collimateur, comme sur EOS ? Oui, comme sur EOS. Si vous avez comme moi l’habitude de sélectionner manuellement votre collimateur, vous imaginez aisément la pertinence d’un tel outil. Pertinent aussi, c’est rien de le dire, le rétro-éclairage des boutons de la face arrière. Et comme à chaque fois qu’on est face à une excellente idée, on se gratte la tête et on se dit : “Dieu me tripotte, mais pourquoi personne n’a jamais pensé à un truc pareil avant ?” Même la molette de sélection de gauche dispose d’une petite langue qui illumine les cadences de prise de vue. Un membre de Nikon Pro me regarde, un soupçon ironique et lâche avec malice :”pour le gars qui a l’habitude de shooter dans des ambiances un peu sombres, c’est très pratique le rétro éclairage, non ?” C’est cela oui, c’est cela. Je vous passe quelques détails éminemment utiles comme les sélections des modes AF qui s’opèrent désormais dans le viseur. Plus confortable, plus rapide. Plus aussi le capteur 16mp, parce que 16 c’est mieux que 12, quoiqu’on en dise, même si 12 c’est suffisant. 16 mégapixels, c’est une taille quasi idéale pour un reflex pro, produisant des images de très haute qualité tout en conservant une taille de stockage raisonnable. Ensuite (tenez-vous bien), deux accélérations particulièrement musclées. D’abord la sensibilité qui passe le mur du son à plus de 200Kiso. Vous avez bien lu, 204800iso avec un mode natif à 100iso. Là, je tempère un peu. Mon D3s monte à plus de 100Kiso et je ne bosse que rarement au delà de 3200iso, seuil au delà duquel je commence à percevoir un poil de bruit. J’imagine qu’avec D4, le seuil de perception passerait à 6400iso sans bruit et 12800 jouable. Et puis il y a l’autofocus, éternelle problématique de la photographie moderne et là, selon Nikon, les avancées sont patentes, avec un autofocus encore plus performant dans les basses lumières. Quand on connaît D3s, sa capacité à accrocher le focus dans des conditions de lumière improbables, les avancées promises avec le D4 laissent rêveur ! Le reste peut sembler presque accessoire et ne l’est pas. Le fait de conserver 11 collimateurs actifs même au delà de f5,6 va laisser plus d’un photographe pantois. Un D4, un 200-400 f4 boosté par un TC20-EIII et en avant la musique ! On shoote à 400-800 à f8 tout en conservant le bénéfice d’un autofocus parfaitement fonctionnel. Alleluïa ! Je ne vous parle pas du nouveau système Expeed 3 embarqué qui rend toutes ces choses possibles, comme de déclencher à 10vps avec l’AF et les fonctions de traitement d’image comme le Active D-lighting. Et là vous me dites ? N’en jetez plus ! D’accord. Abordons maintenant le sujet qui fâche. La vidéo.

Nikon D4. Désormais à armes égales sur le terrain de la vidéo.
La vidéo est un axe prioritaire. Je me souviens d’avoir entendu ce propos du côté de chez Nikon dans les allées du salon de la photo il y a trois ans. Impossible pour Nikon de laisser le champ libre à son principal concurrent sur un segment de marché en plein développement. Il fallait que Nikon réagisse, ça avait déjà été fait sur la gamme expert (je pense au D7000) on n’imaginait pas Nikon ratant la marche sur sa gamme pro. Avec D4, on peut affirmer sans ambages que Nikon comble définitivement le fossé qui le séparait jusqu’à présent de la marque rouge, avec une gamme de spécifications vidéo qui vont combler les utilisateurs les plus exigeants. Prise de vue en full HD 1080p, 24, 25 ou 30 images seconde (et même à 60 en 720p), son stéréo, monitoring, … Seule contrainte, la durée d’enregistrement est limitée sur une carte à un peu moins de 30 minutes, mais avec D4 on peut aussi filmer… sans carte. Le flux vidéo full HD non compressé peut être récupéré via la sortie HDMI par un enregistreur externe avec un niveau de qualité extrêmement élevé. En plus Nikon D4 offre trois formats de capture possibles. Format FX (plein format), format DX (1,5) et un nouveau format 2,7. D4 intègre même un fonction time lapse native qui enregistre les images directement au format vidéo. Nikon avait à cœur de combler l’écart qui le séparait de la boutique d’en face. Ça c’est fait. Le film “Why ?” réalisé en D4 et montré à l’issue de la présentation illustre à la perfection les capacités du nouveau haut de gamme Nikon, qui, pour l’anecdote, pèse 60 grammes de moins que mon D3s, c’est pas grand chose mais merci quand même d’y avoir pensé.

D4 en mains. Tu sens la puissance ?
Difficile de donner un ressenti après avoir eu Nikon D4 entre les mains pendant une dizaine de minutes. La nouvelle ergonomie est une totale réussite, la prise en main de ce reflex est aisé, tous semble facile, très intuitif. Une mention spéciale au joystick des collimateurs, au rétro-éclairage du back office, aux commandes directement dans le viseur. Il n’y avait rien que je n’aimais dans mon D3s, maintenant que j’ai son successeur je me dis que décidément la perfection est toujours perfectible. Nikon pousse encore le niveau de perfection de son AF. Avec D4 on accède à encore plus d’images, dans des conditions de lumière encore plus délétères, avec un AF en suivi 3D optimisé pour les sujets de petite taille. Côté stockage, le choix du support en surprendra plus d’un, puisque D4 propose un logement CF et un second logement au nouveau format XQD, l’occasion pour Nikon de permettre aux photographes de pérenniser les investissements passés, tout en embrayant vers ce qui va probablement devenir le prochain standard. Un choix à la croisée des chemins, en quelques sorte. Surprenante aussi la technologie du nouveau module (optionnel) Wifi qui autorise le contrôle distant du reflex en http via un ordinateur, un smartphone, une tablette. Possible également le transfert des images vers un ordinateur voire un serveur FTP ou le déclenchement simultané de dix reflex embarquant le module WT5. Autre subtilité, Nikon D4 embarque une prise ethernet pour transférer les images à une vitesse subsonique ! What else ? Un reflex garanti à 400000 déclenchements et il y a même une fonction HDR intégrée pour les amateurs du genre…

Nikon D4. L’héritier.
Je suis venu à reculons, mon brelan d’as en tête. Je n’ai pas eu de Breizh Cola mais j’ai eu les macarons et l’enthousiasme de l’équipe Nikon, pas peu fière de présenter ce qui est désormais le nouveau fleuron de la marque. C’est la vie. Tu arrives à une table de poker, persuadé d’être servi, avec ton brelan d’as tu te sens quasiment invincible. Jusqu’à ce que le type d’en face, avec son petit polo noir et le logo Nikon brodé en blanc te sorte sa quinte flush, mais avec le sourire. Moment de solitude. Nikon D4 donne furieusement envie d’aller chercher de l’image, encore. Plus vite, plus faut, plus fort. On se dit que les photographes vont adorer utiliser cet outil ultime, en photographie sportive (aux J.O. de Londres 2012), en photographe animalière, entre autres. Je suis sans limite. Nikon D4 annonce la couleur, place la barre tout en haut, au sommet du monde du reflex numérique. Il est le nouveau maillon fort d’une chaîne. Il est l’as manquant. Et surtout, il est le digne héritier d’une famille. D’une marque flamboyante qui n’a décidément pas fini de m’étonner.

Nikon D4. Disponible à partir du 16 février au prix conseillé de 5799€.

Pré-commandes sur le site Nikon Pro.

photo : Guillaume Cuvillier (Nikon Espace Pro) présente Nikon D4 et le nouveau 85mm f1,8.

Kodak se dirige vers la faillite. En attendant la mort des dinosaures.

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C’est une info qui ne peut laisser aucun photographe indifférent. On apprend ce matin que Kodak Eastman envisagerait de se mettre sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. À Wall street, après cette annonce, le titre a plongé de trente points à $0,47. Moins d’un demi-dollar ! Ce qui laisse songeur quand on sait que l’action avoisinait les cent dollars à la fin des années 90… L’an passé déjà on évoquait la dégringolade, voire la faillite pour le groupe si Kodak ne réussissait pas à lever 500 millions de dollars de financement, pour reprendre son souffle. Mais pour combien de temps ?

La disparition de Kodak me semble inéluctable, comme le fut celle des dinosaures qui n’ont pas pu s’adapter à l’évolution des espèces et de la planète. Kodak restera le symbole d’un autre temps, d’une autre époque définitivement révolue. Un groupe qui n’a pas su évoluer, ratant l’avènement du numérique alors qu’il en était, au milieu des années 70, l’un des principaux instigateurs. La morale, c’est justement que dans ce monde de business, il n’y a aucune morale. Sauf peut être que l’histoire industrielle ne laisse définitivement aucune place à l’erreur.

Nikkor 24-120mm f4 est le meilleur choix de Shots pour 2011.

le-chat-sur-le-mur-par-herve-le-gall-2011Je ne voudrais pas me la jouer blasé mais quand je vois les optiques que j’ai eu entre les mains en 2011, je dois avouer que j’ai quand même, mine de rien, touché le top du matos en matière d’optiques, grâce à la complicité bienveillante de l’équipe Nikon Pro, merci M’sieurs dames et pour 2012, surtout changez rien, parce que je suis loin d’être rassasié de mes envies de découverte. Ah ! Nikkor. Putain d’optiques. Pendant longtemps on a dit que c’était le talon d’Achille de Nikon par rapport à la crèmerie d’à côté, j’ignore si ça a été vrai autrefois, en tout cas aujourd’hui, ça ne l’est plus vraiment. Bon, bien sûr on vous citera des optiques qui n’existent pas chez Nikon, allez ! Au hasard on va vous parler du 85mm f1,2 ou du 135mm f2 et de quelques autres… Mais franchement, ça demeure anecdotique et je ne connais pas un seul photographe équipé en Nikon qui se soit plaint que la non-disponibilité d’une focale l’avait un jour handicapé dans son travail. Bref, je disais donc, avant d’être interrompu par un troll sorti de moi-même, que j’en ai testé de l’optique de poids lourd cette année. Spectaculaire Nikkor 200-400 f4. Sportif Nikkor 70-200 f2,8. Magique Nikkor 14-24 f2,8. Discret Nikkor 50 f1,4. Et puis les téléconvertisseurs TC14, TC20. Polyvalent Nikkor 24-120 f4. J’ai posé mon sac et je me suis posé la question à cent euro. Si je ne devais choisir qu’une seule optique, laquelle partirait accrochée à mon D3s ? La réponse n’a pas tardé. Sans l’ombre d’une hésitation et au risque d’en étonner plus d’un, mon optique Nikkor de prédilection et en même temps mon meilleur choix de l’année 2011 est le 24-120mm f4.

La focale idéale sur un reflex FX
24-120mm. Elle est pas belle la vie ? Un caillou aussi polyvalent, c’est du rêve en barre pour un photographe. Voilà un objectif capable de parcourir une focale qui va du vrai grand angle, à 24mm jusqu’au petit télé à 120mm. Aucun caillou ne peut prétendre au qualificatif “polyvalent” autant que ce Nikkor 24-120mm. En fait, je me souviens parfaitement du jour où Nikon a lancé ce modèle, ma première réaction avait été de me dire que Nikon avait sans doute réussi là où Canon avait partiellement échoué en se limitant à 105mm et ce ressenti s’est confirmé la première fois que j’ai monté un 24-120 sur un D700. Si comme moi vous faites varier vos cadrages sans pouvoir bouger votre cul (et c’est souvent le cas dans les salles de concerts que je fréquente), vous pouvez imaginer tout le bénéfice qu’on peut tirer d’une optique capable d’étaler sur une pareille focale. Et puis il y a l’image, dans le viseur et là franchement ? C’est la fête ! Et après aussi…

Nikkor 24-120 f4 est une optique brillante
Nikon a appliqué un traitement nanocristal sur chaque lentille de cette optique, ce qui a pour effet de réduire de manière drastique les lumières parasites. Dans le viseur, l’image est claire, j’allais dire “confortable” et en fait c’est ça ! C’est très exactement ce que j’aime avec cette optique, c’est ce sentiment de confort lumineux alors que, rappelons-le cette optique ouvre à f4. À f4 ? Je n’ai franchement jamais été gêné par le fait que cette optique ouvre à f4 (comprendre pas à la sacrosainte ouverture de f2,8) d’autant que j’utilise ce caillou sur un D3s, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis rappelons aussi que cette optique embarque un système de réduction de vibration absolument remarquable, alors VR d’un côté et D3s de l’autre compensent allègrement la perte d’un diaph’ si tant est qu’on puisse parler de perte.

Le seul défaut du 24-120
Pour l’avoir utilisé pendant un an, je peux en parler objectivement. La tendance au vignetage est avérée, à pleine ouverture. C’est un point qui m’agace un brin, même si ça se corrige assez facilement, je fais avec parce que finalement ça n’a vraiment rien de rédhibitoire et puis selon l’image un vignetage n’est parfois pas pour me déplaire, avec son petit côté vintage. Non, le seul vrai travers de ce caillou tient dans sa conception elle-même et dans sa foutue capacité à favoriser l’aspiration et la pénétration de poussières, via le mécanisme du zoom, dans le boîtier. Et les poussières sur le capteur, c’est vraiment le mal du siècle de la photographie numérique, c’est rien de le dire. Mais il y a tellement de bonnes nouvelles par ailleurs que j’ai tendance à zapper ce défaut là.

En résumé
Bon, en résumé, Nikkor 24-120mm f4 c’est : une optique lumineuse, super polyvalente avec son range de rêve de 24 à 120mm, sa capacité à produire des images propres et piquées, sans trop de distorsion (à part à 24mm où elle est un peu plus présente), avec un poil de vignetage mais rien de violent, dotée d’un système de réduction de vibration VR redoutablement efficace. Et bien sûr j’ai gardé le meilleur est pour la fin : son prix. À moins de 1000€ TTC c’est une optique abordable, à toujours avoir dans son sac, avec un range nettement plus étendu qu’un 24-70mm f2,8 tout en étant plus légère et, accessoirement, singulièrement moins coûteuse.

photo : Le chat sur le mur (Nikon D700, Nikkor 24-120mm f4. 1/160, f4, 200iso, 100mm)

voir la fiche produit Nikkor 24-120mm f4

Bonne année 2012 !

bonne annee 2012 shots et herve le gall
(cliquez sur le visuel pour voir la carte de voeux 2012 en entier)

Les jeunes reporters Nikon au 20ème festival des Vieilles Charrues.

jeunes-reporters-nikon-aux-vieilles-charrues-2011Il est des cadeaux qui font plaisir, d’autres qui vous touchent. Le livre que j’ai reçu hier matin, édité par Blurb, c’est un peu les deux, en fait. C’est un joli petit bouquin d’une vingtaine de pages édité par Nikon France, à l’occasion de l’opération jeunes reporters qui a eu lieu dans le cadre du vingtième festival des Vieilles Charrues à Carhaix en juillet 2011. Et si ça me touche autant, c’est parce que, d’une certaine manière, je suis l’initiateur de cette idée. J’avais mis à profit mon statut de photographe officiel du festival des Vieilles Charrues et de mon lien privilégié avec Nikon France pour proposer au festival d’ouvrir ses portes à de jeunes reporters en herbe, amateurs de photographie et de demander à Nikon France de soutenir ce projet. On connaît la suite. L’idée a été relayée avec enthousiasme par les deux partenaires, un concours étant organisé par Nikon France, ouvrant les portes du festival à un groupe de cinq jeunes reporters, les soutenant activement en leur fournissant du matériel de pointe. Le résultat c’est ce petit livre qui regroupe une sélection de leurs clichés, de leurs souvenirs, de leurs émotions. Et du plaisir qu’ils ont eu à participer à cette aventure de rêve.

Rendez-vous en 2012, avec Nikon France et les Vieilles Charrues pour de nouvelles aventures. Soyez prêts.

voir le site de Blurb, éditeur de votre livre-photo

voir le site de Nikon France

voir le site du festival des Vieilles Charrues

Test Nikkor 200-400mm f4 VR. Un peu plus près des étoiles.

piers-faccini-au-cabaret-vauban-test-nikkor-200-400-shots-2011Petite retour sur la publication de mon article sur Nikkor 200-400 f4. À la suite de cette publication j’ai reçu comme toujours quelques commentaires intéressants ainsi que la volée de bois vert habituelle comme à chaque fois où j’écris un truc élogieux sur un matos Nikon. Pour mémoire, je rappelle ici que je suis d’abord photographe avant d’être blogueur et que je ne suis aucunement journaliste. Je n’ai donc aucune obligation de tempérer mon enthousiasme, surtout quand j’ai le privilège de tester un matos de haute volée comme des optiques Nikkor. Franchement, connaissant Nikon, pensez-vous sérieusement qu’on peut sortir autrement que totalement extatique d’un test terrain avec des optiques d’exception comme celles que j’ai eu le bonheur de tester cette année, hein ? Comment ne pas être subjugué par un calibre comme Nikkor 14-24mm f2,8 ? Comment ne pas être enthousiasmé par un Nikkor 24-120mm f4 ? Ou par un Nikkor 70-200mm f2,8 VRII ? Voire par un téléconvertisseur comme TC20-EIII ? Non, je n’ai pas l’obligation journalistique d’induire une petite dose de “j’aime pas” dans mes tests-terrain. J’aime sans limite et sans concession et c’est pas pour autant que j’accepterai le poste de sales manager chez Nikon (sauf si c’est très, très bien payé à la rigueur). Cela dit, cette petite remarque ironique me fut également attribuée lorsque, par le passé, j’encensais EOS 1D Mark IV ou EOS 7D le magnifique. Les pisse-vinaigres trouveront toujours quelque chose à redire, mais ça, c’est leur problème. Moi, mon kiff, mon bonheur, mon satori, c’est le privilège (oui, oui, c’en est un) de pouvoir toucher du matos calibré, du matos d’exception et de ramener de l’image. Tiens à ce propos, reparlons-en, de l’image…

J’avais donc fait mon test-terrain et j’étais prêt à rendre le matériel à Nikon quand j’ai reçu un email d’un camarade expert en matière de matériels Nikon. Celui-ci, avec la franchise qui caractérise les relations entre amis me tenait à peu près ce langage, et là je cite in extenso : “Je pense que tu es passé à côté des deux points les plus importants. Le poids, bien moindre qu’un AFS 400/2.8 ou 500/4, il permet de travailler à main levée… Et c’est dans ces conditions que la stabilisation prend tout son intérêt et ouvre les portes à l’illustration du mouvement. La mise au point mini. Si tu t’étais mis au premier rang, tu aurais osé un grand nombre de détails à 50cm du sujet.” Si je fais abstraction du fait qu’on me dise franchement (mais les amis c’est fait pour ça) que j’étais un peu passé à côté de l’essentiel, je dois à la vérité de dire que ce message m’a singulièrement interpellé. Et comme il se trouvait que trois jours plus tard, j’avais un concert au Cabaret Vauban, j’ai décidé de substituer à mon habituel 70-200 cette vénérable optique au poids plume, m’imaginant ahanant, épuisé à l’idée de trimballer cinq kilos de matos à bout de bras. Ministère de l’homme, vous en avez ? Nous aussi. D’ailleurs ce soir-là, j’ai croisé une jeune pigiste d’un quotidien, qui, soupesant le bestiau pour le fun a compris, ce soir-là, que la photographie c’est une histoire de mecs, nom de dieu ! Je blague évidemment. Je me suis approché de la scène avec Monstro sous le bras, sous le regard incrédule des gens du public, et encore j’avais omis de positionner le pare-soleil. J’étais prêt.

D3s et Nikkor 200-400 à main levée. Jouable, mais sportif.
ched-helias-au-cabaret-vauban-test-nikkor-200-400-shots-2011On ne va pas se la raconter, si je vous dis que c’est facile de porter Nikon D3s et Nikkor 200-400 à bout de bras, de régler la vitesse, le diaph, de sélectionner son collimateur, de choisir sa focale, de cadrer et tout cela dans le même espace temps, vous ne me croirez pas et vous aurez raison. C’est pas facile. Non, là c’est plutôt le truc maousse qui remplit les mains d’un honnête homme, sans blague, mais c’est jouable. Disons qu’on reste dans les limites du raisonnable avec un poids global de cinq kilogrammes, alors que sur des focales comme le 400 ou le 500 on est carrément hors limite, à moins de se prénommer Arnold, comme le gouverneur de Californie. En revanche, dans le viseur ! Ô mes aïeux ! Dans le viseur du D3s l’image est d’une pureté cristalline et la capacité de ce caillou à faire le point à très faible distance est avérée. Avec une mise au point à 50 centimètres du sujet, on accède effectivement à des cadrages inhabituels. En revanche, impossible de demeurer trop longtemps dans la position de visée, car le poids se fait alors sentir. Encore une fois, j’imagine le profit de cette optique, en photographie sportive ou animalière.

D3s + 200-400. Le duo parfait ?
J’ai travaillé à 3200iso, capitalisant sur la capacité de D3s à générer une image propre à ce niveau, tout en me disant que ça allait me permettre d’être confortable, de pouvoir bosser à grande ouverture (f4) et avec une vitesse raisonnable (1/125e). Et puis comme toujours en concert, les conditions de lumière ont fait que j’ai dû réduire la toile, bossant à des vitesses moindres. Au un soixantième avec un morceau pareil, j’imaginais qu’au bout ça ne serait pas Byzance. Je me suis trompé. Par la grâce de la stabilisation, de ce fameux VR, on peut shooter à 1/60ème sans états d’âme. Et quand on accroche au collimateur, D3s se fait une joie d’engranger de l’image, et quelle image ! Un piqué, une netteté comme je les aime, une foule de détails, de nuances, de contrastes, de couleurs. Là, en bossant à main levée, proche du sujet, on frôle le parfait. En revanche, cadrer au cordeau est un exercice plus complexe qu’avec une optique lambda mais travailler avec ce 200-400 dans ces conditions un peu musclées restera une expérience inoubliable.

Nikkor 200-400 f4. Hautement recommandée.
Au risque de me répéter, voilà bien une optique d’exception, beaucoup plus polyvalente qu’on ne le pense de prime abord. Il a eu raison mon ami Nikoniste de me faire remarquer que j’étais passé à côté d’une expérience essentielle en zappant le shooting à main levée. Comme toujours en photographie, c’est l’image qui parle, c’est à elle qu’appartient le dernier mot. Et je dois avouer que je suis plutôt subjugué par les images produites par le tandem. Oui, mais… Si j’étais journaliste, que faudrait-il que je vous dise pour tempérer cet enthousiasme parfaitement suspect ? On s’en fout ! Je ne suis pas journaliste, je suis photographe. Je sais seulement une chose. Lorsqu’on a le privilège de toucher d’aussi prêt les étoiles, on n’a qu’une envie. C’est d’y retourner.

• photo : Piers Faccini au Cabaret Vauban (3200iso, mode M, 1/60, f4, focale 400mm, à main levée, cadrage d’origine)

• photo : stage portrait de Ched Hélias au Cabaret Vauban (3200iso, mode M, 1/100, f4, focale 400mm, à main levée, cadrage d’origine)

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