Scoop ! Federico Pellegrini (French Cowboy) en ouverture de Jonathan Richman au Vauban !

Hier soir, en quittant l’Espace Vauban, après le concert des Animals and friends feat. John Steele, j’ai croisé Federico Pellegrini, attablé et finissant son dîner. Le chanteur leader des French Cowboy fait partie de ces gens rares qui m’ont ébloui plusieurs fois de suite en concert, une fois à la Carène et une fois à la Route du rock (avec les French Cowboy), sans compter les participations en temps que Baby Face Nelson avec la délicieuse Helena Noguerra ou avec les Little rabbits. Donc, j’ai obliqué ma route pour aller lui serrer la paluche et lui dire les quelques banalités d’usage qu’une rencontre comme celle-là peut provoquer, dont un “j’aime beaucoup c’que vous faites, bla bla bla” très inspiré. Federico, toujours aussi cool, me dit qu’il est là parce que… peut-être… qu’il pourrait faire une apparition en ouverture du concert de Jonathan Richman jeudi soir au Vauban, ce qui à mes yeux constituerait la meilleure nouvelle de la semaine et une magnifique cerise sur le gâteau.

Une nouvelle confirmée ce matin, yeah ! Donc à noter sur vos tablettes, concert surprise de Federico Pellegrini jeudi 19 mars 2009 au Vauban à 19:30 en ouverture de Jonathan Richman dans le cadre du Festival Invisible. Life is so beautiful.

• cadeau bonux : une video french cowboy à la route du rock Saint Malo
• voir les photos du concert de French Cowboy à la Carène de Brest et à la Route du rock Saint Malo sur Cinquième nuit.

De la genèse à la révélation. Back to Milton Keynes, 2nd october 1982.

concert de genesis en 1982 milton keynes
La nostalgie, c’est pas ma tasse de thé, les souvenirs d’anciens combattants non plus, surtout lorsqu’il s’agit de musique. La musique qui m’interpelle, c’est ce que font aujourd’hui les jeunes groupes que j’irai shooter demain. Je suis toujours sur la réserve lorsqu’il s’agit d’aller au charbon pour retrouver des vieilles gloires, d’autant qu’il s’agit plus souvent de résidus de groupe où ne subsiste plus qu’un ou deux survivors. Les exemples sont légions, de Motörhead récemment aux Charrues à Jefferson Starship il y a trois ans au Vauban. Mais parfois, les reformations même éphémères peuvent tenir du petit miracle. C’est ainsi qu’en 1982, le 2 octobre, il y a précisément vingt six ans jour pour jour, j’embarquais sur le ferry qui allait m’amener en Albion, dans la banlieue de Londres, pour un concert qui est resté à jamais gravé dans ma mémoire et qui, dans la mémoire collective, reste le concert mythique de “Six of the best“. J’étais un de ces frenchies, qui avait répondu présent à l’appel lancé par Peter Gabriel sur les ondes de France Inter, dans l’émission de Bernard Lenoir (oui, ce cher Nanar était déjà là). J’avais donc envoyé des sous en Angleterre, acquittant la dizaine de livres que coûtait à l’époque le sésame. Ce cher Pete Gab était dans la panade, à cause de son festival Womad (World Of Music, Arts and Dance Festival). Pensez-donc, ma bonne dame, faire un festival avec de la musique de nègres ! Au début des années 80, il fallait être un peu à l’ouest ou un peu anglais et ça tombe bien Peter était un peu les deux. Donc, j’avais répondu illico et c’est comme ça que je me suis retrouvé avec quelques milliers d’autres, sous la pluie, trempé comme une souche mais foutrement heureux, à savourer Peter, en perfecto noir, hurlant dans la nuit du Milton Keynes Bowl “I see faces and traces of home !” Que j’en ai encore les poils des bras qui se hérissent… Ils étaient venus, ils étaient tous là, les héros de mon adolescence. Phil Collins, le renard derrière ses fûts. Tony Banks, virevoltant aux claviers. Mike Rutherford, le bassiste aux doigts de fée. Et même Steve Hackett, venu sur la fin, pour le encore. Il y avait aussi les morceaux rajoutés (Daryl Stuermer et Chester Thompson) auxquels le puriste que j’étais prêtait peu d’attention. En bon fan de Gabriel, j’avais décroché de Genesis en 75 après le départ de Peter qui partait, épuisé par le rythme des tournées et qui ne voulait pas devenir une star (sacré Peter !). De cette nuit anglaise de 1982, il ne reste que des souvenirs. Une étoile qui file pendant “Supper’s ready” dans le ciel de Londres, un triple album live pirate inécoutable – Gabacabriel – qui fut bidouillé et remixé par la vertu de quelques passionnés et qui est ressorti sous le nom d’origine de “Six of the best“. Mon seul regret, peut-être, avec le recul, est de ne pas avoir eu la possibilité de faire quelques clichés. Vingt cinq ans après Milton Keynes, ce cher Peter croisait enfin mon viseur, aux Vieilles Charrues à Carhaix. De la genèse à la révélation, mais sans nostalgie aucune.

voir les photos de Peter Gabriel aux Vieilles Charrues
voir le site Genesis museum

Plus rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie…

bashung festival du bout du monde crozon aout 2008Dans un festival, la mémoire ne retient que les moments très forts et a tendance à occulter les autres. Du Bout du Monde à Crozon, il y a les concerts que j’attendais et qui n’ont pas démérité et comme d’habitude il y a les révélations. Commençons donc par les révélations. Premier jour, première gifle, Macéo Parker, entre funk et free jazz avec une touche de groove, costards-cravate, choristes énième mode, la grande classe, le son parfait, tout en subtilité et en nuance. Géant. Dans un autre registre Ska Cubano, salsa sautillante, du fun pour commencer la journée. Le lendemain Ibrahim Maalouf, pas vraiment une surprise, je l’attendais, il nous a fait un set brillantissime. Le dimanche, Victor Demé, le couturier à la voix d’or, un pur feeling, un blues authentique et Young Blood brass band, une fanfare US à la mode trip hop, des mecs bien barrés, rien que de la pointure king size. Les attendus ont répondu présent. J’ai repris deux fois du Kwal, tellement c’était bien. Sous le chapiteau Kwal a foutu le feu avec son tapage nocture jusqu’à pas d’heure. Enorme ! Alela Diane, en formule duo avec son dad, touchant. Je n’attendais pas les Têtes raides qui ont envoyé le bois avec un set très électrique, un son pop rock à décorner les boeufs, décidément avec eux, on est dans l’imprévisible. Le samedi, Mouss et Hakim twelve points, les deux ex-Zebda d’Origines contrôlées ont mis un souk et un feu de folie sur la grande scène, dans un registre pourtant pas facile. Enorme talent, j’ai adoré, c’était un putain de concert de (très) haut niveau. Thiéfaine et Personne, les deux papys du blues n’ont pas démérité, Paulo arrachant des riffs sur sa Gibson, c’est toujours classieux quand il nous la joue guitar hero. Pura Fe, sous le chapiteau, divine, arrachant de sa slide son blues root mélancolique, toujours accompagnée du même guitariste, grosse pointure. Une mention à Camille, jus d’orange survitaminé, petite souris déglinguée, énervée. Je ne sais pas ce qu’elle prend le matin au petit déj mais je veux la même chose. Last, but not least, Bashung. Comme une étincelle, un regard qui se perd dans le lointain, deux mains tendues vers le public comme une supplique ou une offrande. Il y a des concerts où les qualificatifs se perdent, où les mots ne savent plus trop décrire la réalité. J’ai oscillé entre mélancolie et bonheur de voir Bashung, encore une fois, sur scène. Certains mots prennent une autre saveur, dans ce contexte. Un final sur des standards, de “Madame rêve” à “Osez Joséphine”, Bashung nous a rappelé qu’au fond, seul compte le vertige de l’amour. Les lights se sont appaisées jusqu’à s’éteindre. Plus rien ne s’oppose à la nuit, rien ne justifie…

Créer, c’est résister.

kwal en concert au vauban brest novembre 2007
…derrière une phrase, on peut cacher un missile balistique, derrière un pas de danse dissimuler un pain de plastique ! Créer, c’est résiter, taper là où ça fait mal, tenter de porter le message aux portes des oreilles… Et si tout ça est dérisoire, face au pouvoir des chars, si le silence est d’or, il peut aussi être de mort ! Alors c’est sûr, je ne fais que poser des mots et des notes, mais le son est aussi une façon de s’opposer au bruit des bottes, et tant qu’il y aura des peuples en cage, un monde à deux étages, tant qu’il y aura des expulsions sur le pas de ma porte, j’aurai des raisons de penser que saltimbanque n’est pas bouffon et j’irai dire des phrases bien haut et y mettre du fond, c’est pas que j’ai une haute opinion de moi ou que je me sente en mission, j’ai juste une aversion pour le mot soumission, sans prétention aucune mais avec conviction, parce que je crois à la notion de mobilisation, sans haine, sans révolution, sans aller tout casser, ça veut pas dire non plus tout laisser passer sans réaction, alors j’ai envie d’aller chanter et faire la fête mais c’que je préfère c’est le faire sous certaines fenêtres, s’ils peuvent fermer les yeux leurs oreilles n’ont pas de paupières, pour les empêcher de dormir, j’irai chanter sous leurs pierres, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs, danser, chanter jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs…

Tapage nocture (paroles et musique Vincent Loiseau aka Kwal)

• photo : Kwal en concert (Espace Vauban novembre 2007)
• retrouvez Kwal au festival du Bout du Monde le vendredi 8 août, sous le chapiteau (à 19:55 et à 23:45)

Kwal, la divine surprise du Bout du monde.


Danser, chanter, jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs… J’ai découvert Kwal, par hasard, un soir de septembre, au Run ar Puñs, l’an passé. D’ailleurs, c’est souvent comme ça au Run ar Puñs. On ne sait pas trop ce qu’on vient y voir et on ressort de l’endroit des étoiles plein les yeux. A dire vrai j’avais été subjugué par la prestation, non seulement de l’individu, mais du groupe tout entier. Classer Kwal, lui coller une étiquette, lui attribuer une case, un style ? Non, impossible. Kwal est inrangeable, inclassable, Kwal est un index unique, un artiste rare, polyvalent, politiquement incorrect. Entre slam, rap, chanson, comédie, Kwal surfe sur le mélange des genres, des ethnies, des cultures. Son univers à lui tient dans le seul titre “là où j’habite” où il décrit un quoitidien qui tire un peu sur le sordide sans tomber dans le pathos, où même le beauf de service recèle une part d’humanité. Mais Kwal n’est jamais larmoyant, bien au contraire, il manie l’humour et la déconne comme personne dans “reviens !” ou “les pénibles”, et quand il déclare sa flamme à l’élue de son coeur (“un bout de route”) c’est avec sensibilité et tact. Au Run ar Puñs, il avait dit, seul en scène, un texte d’une beauté rare dédié à sa mère, et tous les yeux s’étaient embués, comme sur le titre “bonhomme”, un poème en prose dédié à un enfant. Voilà. Sur scène, aussi, on retrouve l’univers cosmopolite si cher au coeur de Kwal. Les cultures se croisent, se mêlent, s’entremêlent, les instruments s’accordent et le résultat est harmonieux. Kwal est un mélange de candeur, de naïveté et son regard sur le monde m’émeut. Pour moi, Kwal fait partie des concerts inratables de l’été, au même titre que Bashung au Bout du monde ou que Nina Nastasia à la Route du rock. Rendez-vous au bout du monde avec Kwal, pour danser, chanter jusqu’à pas d’heure…

eBay a entendu le coup de gueule venu du bout du monde.

Ce matin je reçois ce communiqué de presse du festival du Bout du Monde que je vous livre, in extenso :
“Le Festival du Bout du Monde qui aura lieu les 8, 9 et 10 août prochains en Presqu’île de Crozon affiche complet depuis début juillet, en accueillant 60.000 festivaliers autour des musiques métissées et du monde.
Dans le cadre de cette billetterie « sold-out », le petit jeu minable de la revente de billets et forfaits avec profits a fait son apparition, notamment sur le site de vente aux enchères Ebay, avec des dizaines de forfaits 3 jours atteignant les 200€, quand leur prix d’origine est de maximum 59€.
Voyant ses demandes auprès d’Ebay de retrait des places mises aux enchères rester lettres mortes, le Festival du Bout du Monde a donc convoqué devant le juge des référés de Brest les éditeurs du site internet. En effet, au titre d’éditeur, la société Ebay est dans l’illégalité en proposant des places de spectacles à un montant supérieur à leur valeur faciale, conformément à la loi du 27 juin 1919.
Les représentants de la société Ebay ont alors réagit, et nous assurent aujourd’hui de leur vigilance vis-à-vis d’éventuelles mises en vente de billets pour le Festival du Bout du Monde, qui seraient alors systématiquement retirées.
Outre ce conflit aujourd’hui à priori réglé, les agissements des revendeurs n’en sont pas moins condamnables moralement et pénalement. Quand le Festival du Bout du Monde s’attache à proposer un évènement de qualité à tarifs abordables (maximum 59€ le forfait 3 jours), c’est un véritable manque de respect envers l’équipe organisatrice, les bénévoles, et le public que de s’engraisser de cette manière.
Enfin, il appartient au public de ne pas céder à ce petit jeu, mais également d’être vigilant sur l’authenticité des billets en question, systématiquement vérifiés à l’entrée du festival.”

eBay a finalement entendu le coup de gueule venu du bout du monde et a retiré toutes les annonces proposant des pass trois jours ou des billets pour le festival. Une action qui pourrait bien faire désormais jurisprudence.

Coup de gueule au Bout du monde.

festival du bout monde 2008 crozon“Tous les ans c’est rupture de billet. Et tous les ans c’est pareil c’est génial.” Le type qui vend un pass trois jours sur eBay a ainsi libellé son annonce, avec un soupçon de cynisme qui doit en agacer plus d’un, à commencer par le staff d’organisation du festival du Bout du Monde. Jacques Guérin – le boss de Quai Ouest musiques, organisateur du festival du bout du monde – ne décolère pas et on le comprend. Quand on sait l’énergie déployée pour organiser, construire un festival comme celui du Bout du Monde, penser une programmation parmi les plus fines et les plus racées qui soit – ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce festival-là affiche complet chaque année – il est singulièrement agaçant de voir des pass trois jours initialement vendus 60 euro partir à des prix frôlant les deux cents euro. C’est presque devenu un rituel. La programmation est intelligente, donc elle attire du monde. Voilà un moyen simple de se faire un peu de monnaie sur le dos des bénévoles. Mais ce n’est pas tant l’aspect pécunier qui me choque que le fait que cette pratique d’achat en masse de pass trois jours, dans le seul but de revente, interdit l’accès à des festivaliers au prix affiché sur le billet. D’ailleurs, c’est là que le bât blesse. Comme le souligne habilement Antonin Masset (responsable communication du Bout du Monde), une Loi interdit de revendre son billet au delà de la valeur faciale indiquée sur le billet. Un référé à l’encontre d’eBay et des revendeurs indélicats se profile à l’horizon mais je doute que ces procédures suffiront à faire cesser ce genre de pratiques. La cupidité, le gain facile, le “gagner plus pour gagner plus” sont aujourd’hui plus que jamais de mise. Il y a au moins un point sur lequel le vendeur d’ebay a raison. Le bout du Monde, tous les ans c’est pareil. C’est génial. Alors rendez-vous à Landaoudec, dans quelques jours. Et si vous n’avez pas votre billet, n’entrez pas dans le système du marché noir, n’encouragez pas un système vil, malhonnête et pour tout dire profondément dégueulasse ! Et gardez à l’esprit que chaque année, des faux billets circulent à l’entrée du festival et sur eBay. Alors ? Deux cents euros pour un faux billet du Bout du Monde, c’est un peu cher payé, non ?

Les femmes ne sont pas des mecs comme les autres.

camille festival art rock saint brieuc 2008
A l’occasion de l’expo “Girls rock !” pendant le festival Art Rock, un journaliste qui m’avait interviewé avait titré “Hervé Le Gall adore photographier les filles”, un titre clin d’oeil qui, s’il était pris au premier degré risquait fort de me faire passer pour un vieux pervers, voyeur et libidineux, ce que, je le confesse (en un mot), est assez proche de la vérité, au moins pour le mot voyeur. Un jour, un autre journaliste demandait à Milo Manara pourquoi il ne dessinait que des filles (et plutôt généralement assez déshabillées). Ce cher Milo – dont je ne répèterai jamais assez l’admiration définitive que je porte à son coup de crayon – avait répondu d’un sourire et de son inimitable accent rital : “parce que les filles m’excitent plus que les garçons.” Hier soir, dans la solitude de mon bureau, je jouissais de ce privilège rare que les photographes ont de découvrir leur travail avant les autres, d’être les premiers spectateurs de leurs propres images. Des clichés au féminin, qui viennent compléter la collection entreprise voici cinq ans à Art Rock. Pura Fé’ dont le visage marqué par la douleur semble porter toutes les souffrances d’un peuple. Micky Green, blonde peroxydée, belle, sublimement belle, je l’ai shootée comme un paparazzi, au 200, planqué derrière un poteau, backstage. Yael Naim, sage, si jolie et proprette dans sa tunique blanche, mais trop sage pour moi. Camille, petite souris déglinguée, toute en charme et en grimaces, mimiques, gestuelle, elle me plait Camille, je la sens vraie, sincère, honnête et un peu folle aussi. Et puis Yelle, enfin, tout à son bonheur d’être là, à Poulain Corbion, la petite Yelle qui devient grande, avec son nom écrit en grosses lettres Futura extra bold pour ne pas oublier comment elle s’appelle (mais non je déconne…) qui donne tout ce qu’elle a pour son public et rien que ça, déjà, ça mérite le respect. Cinq filles, cinq univers, cinq attitudes, cinq façons d’appréhender la scène, mais à chaque fois, quelque chose à partager, un sourire, un regard, une gestuelle. Oui, je vous le dis, Manara avait raison. Les femmes ne sont pas des mecs comme les autres.

• photo inédite : Camille au festival Art Rock 2008.
 

Art Rock 2008. Je résérecte, encore et encore.

rokia traore featuring keziah jones art rock 2004Cinquième édition pour Cinquième nuit à Art Rock. Je ne fais pas trop dans la nostalgie, mais quand même. Il y a des choses qui ne s’oublient pas. Par exemple je ne suis pas prêt d’oublier qu’il y a cinq ans j’appelais Art Rock pour obtenir une accrèd et qu’à l’issue de ce festival, couvert avec un modeste boîtier argentique, j’entrais de plain pied dans un monde dont j’ignorais tout des codes et des régles (mais j’apprends vite). Je ne suis pas prêt d’oublier cette putain de sensation que je ressens et qui m’envahit lorsque j’entre dans la fosse, cette bulle qui m’entoure, cette impression de vide, quasi autistique. Plus rien n’existe, il n’y a plus que la traque de l’image, la saisie de l’instant. Demain, donc, je vais retrouver Art Rock que j’aime tant et qui me le rend bien, un festival dont le coeur bat pendant trois jours à l’unisson avec celui d’une ville, Saint Brieuc. L’occasion aussi de retrouver des gens que j’aime, comme Daniel Darc (putain de chanteur), Nada Surf (putain de bassiste), les allumés de Dionysos (dont je ne me lasse pas même si j’ai une préférence marquée pour les couettes virevoltantes de Babetouchka…) et les kids d’Adam Kesher (découverts à la Route du rock). Ouaip ! Art Rock m’appelle et en plus cette année Art Rock m’expose, alors deux bonnes raisons d’y aller. C’est demain et je sens cette excitation palpable au bout de mon index. Il en veut. Alors je résérecte, encore et encore.

• illustration : Rokia Traoré feat. Keziah Jones pendant Art Rock en 2004

Le retour de Magic Cherfi.

magyd cherfi au vauban fevrier 2008
Presque trois ans après une presta qui avait marqué les esprits, Magyd “magic” Cherfy est de retour à l’Espace Vauban. Au fond c’est comme si Magyd n’était jamais parti, comme un éternel retour. On en aurait presque oublié à quel point il est bon l’animal, n’ayant pas son pareil pour alpaguer le public, charmeur comme pas deux, sur scène comme à la ville. Photographier Magyd c’est plus qu’un privilège, c’est un vrai plaisir. Et sur scène, le sudiste – oh ! Toulouse ! – est toujours aussi motivé, garde la même foi, la même lueur dans le regard qu’au temps de Zebda les magnifiques. Magyd Cherfi, c’est un des rares artistes vers lequel je vais, après le concert, pour lui dire à quel point, nous ici au Vauban, on l’aime.

voir toutes les photos de Magyd Cherfi sur Cinquième nuit

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