Festival les Vieilles Charrues 2011. Kerampuilh, c’était demain.

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On attend ce moment toute l’année et arrivé comme aujourd’hui à la veille du festival, il y a comme une douce quiétude qui a fait place à l’angoisse des semaines précédentes. Voilà. On y est. Demain je signe pour le Festival des Vieilles Charrues 2011, vingtième édition, la huitième pour moi en temps que photographe officiel. Ça, des photographes, dans les jours qui viennent, c’est pas ça qui va manquer, on va en voir partout, surtout dans le pit de la grande scène à Glenmor. Si vous voulez voir du matos, du gros, du lourd, du tatoué, c’est là qu’il faut être. Aucun doute possible, pour voir du matos photo, la fosse de Glenmor à Carhaix en juillet, c’est vachement mieux que le Salon de la Photo Porte de Versailles à Paris en octobre. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore ma feuille de route. Comme chaque année j’ai listé mes concerts probables et comme chaque année il me faudra réduire la toile et les ambitions qui vont avec. Les timings seront serrés, comme toujours. Par exemple, le vendredi où l’un de mes groupes chouchous, The Octopus (vainqueurs du tremplin des Jeunes Charrues l’an passé) ouvriront à Kerouac alors que mes potes brestois de Siam seront à Gwernig (ex-Cabaret breton) exactement au même moment. Pour shooter les deux, il va y avoir du sport.

Hier soir j’ai fait un check du sac, comme tous les ans. Cette année, je vais voyager beaucoup plus léger que l’an passé où j’embarquais deux boîtiers Canon, dont l’un (un excellent EOS 1D Mark IV) était en test en partenariat avec la marque rouge. Après avoir finalement décidé de switcher pour Nikon au début de cette année, c’est avec mon reflex Nikon D3s que je vais arpenter la plaine, amenant avec moi mes deux cailloux de prédilection. D’abord le fabuleux Nikkor 70-200 2,8 VRII, mon optique de référence, ensuite l’étonnant Nikkor 24-120 f4 qui ne cesse de m’époustoufler. Pouvoir couvrir les focales de 24 à 200 avec deux optiques, c’est le bonheur, non ? Et puis cette année, quand même, il fallait bien que je profite de l’événement que sont les Vieilles Charrues et du fait que Nikon France est partenaire du festival (oui, j’y suis un peu pour quelque chose et je n’en suis pas peu fier, de ce rapprochement entre mon festival et la marque jaune) pour solliciter un test grandeur nature. Pour Nikon je vais donc tester le discret doubleur de focale TC20-EIII. Un accessoire discret, léger, petit mais costaud. Grâce à lui, le 70-200 double sa focale (mais perd deux diaphs), je vais donc couvrir les focales de 24 à 400 avec deux optiques et demi.

Quoi d’autre d’essentiel dans mon sac Lowepro Topload cette année ? Pas grand chose à vrai dire. Nikon D3s embarque deux cartes Sandisk Extreme 32G et une carte 16G en secours, au cas où. Mais avec une capacité de plus de trois milles clichés (au format RAW) par jour, je ne risque pas la saturation, d’autant que cette année le mot d’ordre est “zen”. Ma bretelle Fnac pour mon pass, quelques pansements pour les pieds en cas d’ampoules, mes bouchons d’oreilles, ma sangle Optech, des lingettes Vu pour nettoyer mes optiques. Mon flash Nikon (SB900) que je n’utiliserai sans doute pas, quelques cartes de visite, une mini lampe torche Nitecore waterproof qui éclaire mieux qu’une énorme Maglite et qui tient dans ma poche. Last, but not least, mon médiator fétiche, qui m’accompagne à tous les concerts et qui m’avait été offert par Sammy, mon guitar hero de feu Matmatah, après un concert épique.

Zen et léger, c’est le mot d’ordre pour cette édition 2011. Je vais sans doute m’intéresser un peu plus aux festivaliers cette année, si mon planning m’en laisse le temps, profiter pour aller rencontrer des gens, parce qu’au fond, ce festival des Vieilles Charrues n’existerait pas sans son public et sans ses bénévoles non plus. J’irai voir le mythique tirer de charrue mené de main de maître par les frères Morvan, j’irai boire un verre de lait avec les jeunes agriculteurs et comme chaque année je n’aurai pas le temps de manger des patates au lard. Je sais déjà que les quatre jours qui viennent vont filer comme l’ombre et que lundi on aura tous le blues. On comptera alors les jours qui nous sépareront de la vingt et unième édition des Vieilles Charrues… Mais ça, gast ! On n’y est pas encore ! Demain c’est le début de la fête. Si vous me croisez, sur la plaine, faites-moi plaisir ! Venez me voir. Je ne vous garantis pas qu’on aura le temps de boire une Coreff ou un Breizh Cola, mais on aura sûrement le temps de faire une petite photo souvenir…

Sur la route de la vingtième édition des Vieilles Charrues 2011. Je suis un bénévole.

festival-vieilles-charrues-2011-sur-shotsOn y est presque. Vingt ans que ça dure et chaque année, on a beau se dire, on a beau se convaincre, il y a toujours cette petite dose de stress, la bouche qui se dessèche, la gorge qui se noue. Je repense à la première fois où j’ai shooté Muse à Glenmor. Un vieux briscard photographe m’avait pourtant prévenu. Un conseil Hervé, trace dans la fosse, face à la scène et surtout, ne te retourne pas. Alors j’étais entré dans le pit comme disent les anglais et je m’étais retourné, évidemment. Putain de public que celui de Kerampuilh. Inimaginable vu de la fosse et encore mieux vu de la scène. Je me souviens du regard du petit Jamel Debbouze, ébahi devant près de soixante mille personnes. Dans le genre stand up, Gad Elmaleh avait fait tout un sketch autour du slogan “libérez Bob l’éponge“, promettant d’en parler avec Ingrid Bettancourt. Des souvenirs, j’en ai des caisses, plein ! Mais c’est surtout des visages, des figures, des gens quoi. Parce que les Vieilles Charrues voyez-vous, c’est une histoire de gens, d’abord. Si tu n’as pas compris ça, tu as raté une marche, t’as loupé un truc quoi. À la base, les Vieilles Charrues c’est une blague de potaches, de p’tits gars de la campagne, du centre Bretagne qui décident de monter un truc entre eux, un truc pas très sérieux entre kermesse et foire du grand n’importe quoi comme son désormais célèbre lancer de kabigs. Gast ! À Carhaix on ne manque ni d’humour et encore moins d’imagination. Ce plan entre potes aurait pu rester anecdotique, mais au fil des ans, l’histoire a pris de l’ampleur et nous voilà à la vingtième édition, après que tout le gratin de la scène française et internationale soit passée mouiller le maillot entre les scènes Glenmor, Kerouac et Graal, au Cabaret breton rebaptisé cette année scène Gwernig en référence à Youenn, le plus breton des poètes américains et réciproquement, pote de Jack Kerouac, le vagabond solitaire dont le père lui répéta jusqu’à son dernier souffle “Ti Jean, n’oublie jamais que tu es breton“. C’est le genre de promesse que les gars de Carhaix ont dû se faire, il y a vingt ans. Ne jamais oublier qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Et tout ça tient en un mot. Bénévoles.

Car sans bénévoles, ce festival n’existerait pas, tout simplement. Cet engagement, cet acte gratuit, désintéressé, me touche beaucoup. Il en faut, des manches retroussées, pour faire avancer chaque année la charrue et creuser le sillon dans la terre carhaisienne. Il en faut pour faire émerger le plus grand festival européen (et assurément le plus beau, le plus vrai, le plus authentique) de ce bout de terre au milieu de la Bretagne, mais le jeu en vaut la chandelle. Pour vous en convaincre, c’est assez simple finalement. Il suffit de venir aux Vieilles Charrues par la route. Une rocade à quatre voies, des échangeurs, un plan routier qui brise l’isolement de la région centre Bretagne. Voilà. Ça c’est l’effet Vieilles Charrues. Parce le festival ne dort pas, tel un vieil Oncle Picsou sur des matelas de dollars, non. Ce festival est généreux, il redistribue et chacun ici profite largement des retombées de cette manne économique. En cela, les Charrues sont un moteur, créant une dynamique régionale. Cette richesse, les gars de Carhaix et des environs ne l’ont pas volée. Cette richesse les a aussi rendu libres de toute pression économique ou politique. Ils ont tous contribué au développement de la structure associative et la réussite de cette vingtième édition est un peu leur récompense à tous. Tous bénévoles, tous égaux devant la réussite. Sold out, comme on dit en anglais. Quatre jours de fête qui affichent complet, quelle putain de récompense ! Je pense qu’un jour je serai vieux et je sais que ce jour-là le boîtier pèsera trop lourd sur mon épaule. Qu’importe l’usure du temps. Tant que ce festival existera, tant que mes yeux verront ou que mes oreilles entendront, je veux bien parier que je serai chaque été à Kerampuilh. Ne serait-ce que pour croiser les bénévoles, partager leurs sourires et leurs coups de gueule, humer les odeurs de frites et de patates au lard, partager une Coreff ou un Breizh Cola, boire un verre de lait au petit matin avec les jeunes agriculteurs. Tracer le sillon avec les inusables frères Morvan. Voir les photographes entrer dans le pit sans se retourner. Regarder le soleil se coucher sur la plus jolie plaine de Bretagne. Et partager. Encore une fois.

cliquez ici pour voir le site internet des Vieilles Charrues 2011.

Siam. L’amour à trois. Comme une désespérance heureuse.

siam bruno leroux fany labiau en novembre 2010 au cabaret vauban brest
Comment reconnaît-on un bon album, je ne dis pas un pur album, non, ça, c’est pour plus tard, mais comment décèle-t-on qu’un album a franchi la limite, passé la barrière comme disait cette vieille fripouille de Schopenhauer, pour s’installer de manière durable dans le gotha des albums de musique qui vous font du bien ? On y revient sans cesse, mué par une force irrépressible, un truc qui vous attire sans vraiment trop savoir pourquoi, comme un junkie qui demande sa dose, comme un alcoolo en fin de parcours, au petit matin Boulevard Clemenceau mécontent de constater qu’à six heures du mat’ le bar du Vauban n’est même pas encore ouvert. Ouais, c’est ça un bon album. Un truc dont tu as envie et qui te fait du bien. Parfois, c’est insidieux, un peu comme la passion, comme l’amour qui te tombe sur le coin d’la gueule sans que tu t’en aperçoives. Un jour, ça arrive et tu ne l’as pas vu venir. J’aurais pu vous dire tout le bien que je ne pensais pas de “L’amour à trois“, premier opus de Siam, duo brestois, comme certains sans même l’avoir vraiment écouté. Ça aurait facile, finalement, d’écrire une review tout en complaisance pour ces deux lascars que je connais depuis des lustres et qui font partie de mon deuxième cercle, mais non justement. Je ne voulais pas me mentir et encore moins mentir à mes potes. Alors, un soir, au Vauban, j’ai embarqué l’album avec moi, pour voir. Tout en douceur, sans violence, les titres se sont installés sur mon iTunes, calés entre une improbable Shania Twain dont je me demande toujours par quel prodige cette blonde peroxydée made in US a pu s’immiscer dans ma play list et l’estimable Steve Hillage, souvenirs de vieux baba chevelu et de pop made in Albion de bon aloi. Mais, encore une fois je m’égare, revenons à l’album de Siam

Un soir qu’au Vauban je traînais mes baskets pas très loin des water-closets, tiens ! Voilà que je me sers de la rime façon Gainsbourg pas tout à fait par hasard (et pas rasé) et puisque je vous parle de Serge, je m’étais entretenu avec Bruno (Leroux qui forme Siam avec Fanny Labiau. NDLR) au comptoir du bar du Vauban, entre limonade et café-cognac de l’éventuelle filiation entre les textes de Siam et les mots du grand Serge. J’avais reçu une fin de non-recevoir aussi sèche que définitive. Bruno, semble-t-il lassé qu’on lui rebattes sans cesse les oreilles d’une éventuelle inspiration gainsbourienne dans son écriture, m’avait ramené brutalement dans les cordes, m’assénant : “Et merde ! Je n’ai rien en commun avec Gainsbourg. Je n’ai pas été imprégné des ses textes, la seule chose que je connaisse vraiment de ce mec c’est l’image médiatique que le bonhomme renvoyait à la télé.” Dont acte. Je n’avais pas trop insisté sur le sujet qui semblait agacer mon interlocuteur. Pas plus de chance non plus sur une possible filiation avec Miossec. Aïe ! Sujet sensible mais inévitable. Là encore, le réveil fut brutal. Je décidais donc de mettre un terme à un exercice finalement assez casse-gueule et j’invitais Bruno à une séance pose-express sur le canapé du hall de l’hôtel Vauban, invitation qu’il s’empressa de décliner, évidemment.

Je devais donc chercher ailleurs, puiser dans d’autres sources, essayer de trouver une influence. Ou pas. Exit Gainsbourg. Quant à Miossec, le fait que Bruno Leroux ait fait partie du trio (avec Guillaume Jouan et Christophe Miossec) qui avait commis le définitif et somptueux premier album “Boire” n’était pas non plus un indice. Alors ? D’où vient cette pertinence, ce son, cette fluidité, cette beauté des mots ? Un ton, un son très french touch, une dégaine scénique qui n’est pas sans rappeler un Bashung voire un Daho période “Mythomane”, et des mots, des putains de mots que n’auraient sans aucun doute pas renié Lucien Ginzburg. “Comme un homme et sa maîtresse, comme deux amants en détresse, rien d’autre que l’amour, mais la foule nous entraîne et déjà la foule gronde, cours, mon amour, le temps change et je t’emmène, loin des peurs et loin des peines. Je meurs d’envie d’en finir dans ton lit, la nuit je tais nos cris…” Échec, certes, mais pas mat. Il m’en fallait plus. Finalement, le premier titre “Le club des caniches”, signé Miossec, m’apparaissait désormais en complet décalage avec le reste de l’album. Non, il me fallait chercher ailleurs. Peut-être dans le somptueux “Mercure” qui glisse entre les doigts sans qu’on puisse y faire quoique ce soit. C’est donc ça la signature de Siam, cette forme de désespérance heureuse, cette fuite en avant mâtinée de cynisme opportun, ce pied de nez à la vie. Je venais de comprendre et j’avais mis du temps (on ne se refait pas). Dès lors, Siam m’ouvrait les bras et chaque titre claquait à mes oreilles comme une évidence. Un phrasé de bandonéon, des envolées lyriques séchées par quelques riffs méchamment assénés, je n’avais désormais plus qu’une envie. Fermer les yeux et monter le son, encore, et encore. Comme à l’image du final de “Mercure”, entre pop et rock. Splendide. L’album se termine sur “Lionel” quelques mots touchants, graves, posés avec une douce délicatesse, le souvenir d’un ami, d’un frère. Un texte magnifique, soutenu par une ligne mélodique discrète qui exprime le sentiment avec pudeur et élégance. Non. On ne sort pas intact de l’écoute attentive du premier album de Siam.

Avec “L’amour à trois” Siam franchit avec allégresse et désinvolture cette barrière si chère au cœur d’Arthur Schopenhauer. Le duo signe un album qui restera, qui marquera l’histoire de la pop française, comme d’autres avant eux, en d’autres temps. Siam a la noblesse d’une lignée, héritier qu’il est de ce que la french touch a commis de meilleur avec une gouaille, un coup de gueule d’amour qui n’est pas sans rappeler la chanson réaliste à la Fréhel, celle-là même qui offrait des diabolos menthes au petit Lulu. La boucle est bouclée. Siam, c’est une osmose, quelque part au bout de cette rue qui mène à l’océan, c’est un peu tout ça en même temps, les mots, les sons qui mis bout à bout, me touchent, m’émeuvent et font que je reviens aux chansons de ‘L’amour à trois” avec ce petit plaisir sans cesse renouvelé. C’est à ça qu’on reconnaît un bon album. Au fond, Bruno avait raison. Les choses sont toujours beaucoup plus simples qu’elles n’y paraissent…

photo : SIAM au Cabaret Vauban en novembre 2010

voir le clip de SIAM “la nuit je tais nos cris”

Voilà l’été. Une sélection de festivals qui vous ressemblent.

les festivals en bretagne
Vous sentez ? Non ? Comment ça… Non ? Ne me dites pas que vous ne sentez rien, diantre ! Ne me dites pas que tout votre corps ne sent pas frétiller ce petit truc incroyablement sexy à l’aube de l’été qui approche à grands pas, aux boules de glaces qui fondent sur les doigts, aux jolies demoiselles court vêtues qui exhibent leurs jolies gambettes (et pas que) à tout va (à ce propos, la mode été 2011 est très courte ou c’est mon regard de old fucking bastard qui veut ça ?), bref vous sentez que c’est l’été et avec l’été s’annonce la période des festivals. Aussi sûrement que vous ne mangerez pas d’huîtres dans les mois sans air, de mai à août, en Bretagne vous allez comme chaque année vous goinfrer de bons sons, déguster des concerts jusqu’à plus soif. Comme chaque année, la Bretagne est en première ligne pour faire la fête et croyez-moi sur parole, cet été vous allez en voir de toutes les couleurs (et moi avec). Et comme toujours, il faudra faire des choix, alors ne reculant devant rien, je vous ai préparé une sélection de fêtes et de festivals inratables pour cet été qui s’annonce fruité et savoureux. Mais comme ici, à Shots, on ne fait jamais rien comme les autres, je vous propose de découvrir des festivals à votre image. Parce que finalement, dans le mot festival il y a le mot fête et dans une fête, l’important c’est d’abord de se sentir bien. Alors autant choisir un festival qui vous ressemble !

Vous aimez la fête, boire des coups avec vos potes et écouter une programmation variée.

vieillescharrues2011Alors là, aucune hésitation possible. Direction le Festival des Vieilles Charrues à Carhaix, une fête ininterrompue de quatre jours, sur la plus jolie plaine du centre-Bretagne, Kerampuilh. Bienvenue à CharruesLand. Vous laissez vos emmerdes à la porte, vous oubliez les tracas de la vie. Vous êtes accueillis par des bénévoles souriants, il y a un camping à proximité et le matin les jeunes agriculteurs vous offrent un verre de lait. Quand le soleil darde (et c’est souvent le cas à la mi-juillet en Breizh Land), les Charrues prennent des airs de kermesse géante, un immense lieu de fête jusqu’au bout de la nuit. On y croise un ou deux Jean Floc’h, à bloc donc dès le milieu de l’après-midi, mais l’ambiance demeure toujours festive et un peu potache. On se ballade, on découvre. Ici un concert des Jeunes Charrues, là sur la scène Gwernig c’est plutôt régional. Une pause au champignon rouge pour retrouver ses potes, déguster une Coreff ou un Breizh Cola dans l’un des nombreux bars. Uniques. Les Vieilles Charrues sont définitivement uniques. Côté zique, la prog est toujours très éclectique, parce que les Charrues c’est ça, c’est comme au resto. On passe de Kaiser Chiefs à Pierre Perret, de Yannick Noah à Goran Bregovic, de David Guetta à Lou Reed. On ne vous oblige pas à tout écouter mais on vous conseille de goûter à tout, sans exclusive. D’ailleurs c’est ça qui me plaît aux Charrues. On n’est obligés de rien, gast ! Pour moi, c’est LE festival de l’été, comme une grande bouffe musicale qu’on fait avec ses amis. Et le dimanche soir, cette année, il y aura un feu d’artifice et pendant un moment on va tous redevenir des gamins émerveillés. Que vive la fête et mes potes. Et longue vie aux Vieilles Charrues !

Vous aimez ce qui vous interpelle, vous êtes curieux et vous appréciez la découverte d’une programmation musicale raffinée.

routedurock2011La Route du rock de Saint Malo est faite pour vous. Vous êtes un esthète de la musique, abonné aux Inrocks vous êtes incollable tant sur la nouvelle scène indie electro pop alternative norvégienne que sur le revival du folk rock made in USA. Ou alors plus simplement vous ne connaissez aucun des noms de la programmation 2011, même pas les têtes d’affiche, mais c’est pas pour autant que vous vous sentez l’âme d’un blaireau. Car il faut au moins reconnaître à la Route du rock ce petit prodige. Réussir chaque année à réunir le temps du festival une programmation raffinée, un genre de best of de tout ce que la fine fleur pop, rock, folk ou electro compte de meilleur. La Route, c’est la haute couture des festivals d’été en Bretagne, d’ailleurs ce n’est pas un hasard si on désigne la version estivale de “collection été”, car il y a aussi une “collection hiver”. Donc, cette année entre le Fort Saint Père, les fauteuils profonds du Palais du Grand large ou la plage, vous allez pouvoir savourer quelques perles au premier rang desquelles le duo The Kills, qui a fait du chemin depuis cette année 2004 où je les avais découverts et vous ne raterez sous aucun prétexte le set des adorables et punchy demoiselles de Electrelane, qui ont décidé finalement de reformer ce groupe où à quatre elles sont tellement meilleurs qu’une par une. Pour l’heure toute la programmation n’est pas encore dévoilée mais il se murmure déjà que les sémillants Blonde redhead seraient de la fête. Qu’importe. Vous pouvez faire confiance aux programmateurs de la Route du rock. La fête sera belle au mois d’août à Saint Malo.

Vous aimez les musiques, toutes les musiques du monde, le métissage, le soleil et la fête.

boutdumonde2011Aucun doute possible, faites vite tamponner votre passeport pour le Festival du Bout du monde. D’ailleurs, ici à Crozon, au début du monde, dans l’un des coins les plus magiques qui soit en Bretagne, l’un des plus beaux aussi, pas besoin de visa. L’équipe du festival vous accueille avec le sourire. ici l’ambiance est vraiment familiale et la qualité de l’organisation est pour beaucoup dans le succès de ce rendez-vous estival dédié à la musique, non dédié à toutes les musiques. Chaque année, le plaisir est renouvelé et l’affiche donne toujours envie. Et cette année, mazette ! Il y a encore quelques pépites dénichées aux quatre coins de la planète. On y croise Marcio Faraco ou Gaëtan Roussel, Catherine Ringer ou Ben l’oncle soul, les allumés de Gogol Bordello ou Lavilliers. Et puis Louis Chédid et Jehro et puis Susheela Raman et puis… des rencontres inouïes (au sens littéral du terme) entre I Muvrini et le Bagad de Plomodiern et ça, ça promet un énorme moment d’émotion. Ah ! Le Bout du monde… La plaine de Landaoudec où on peut se ballader pépère parce que les organisateurs ne poussent pas à la roue et veillent à ce que la jauge public demeure raisonnable, la scène Kermarrec (salut Fanch !), le buffet bio, Jacques qui file comme Buzz l’éclair backstage sur son scooter, des visages, des figures et des sourires, encore et toujours. Le Festival du Bout du monde est sans aucun doute le festival le plus attachant et aussi l’un des plus humains qui soit. Allez-y cette année, vous allez adorer !

Vous aimez les valeurs sûres, un festival à taille humaine et faire la fête.

fetedubruit2011On dit de lui qu’il est le petit festival qui monte. L’an passé j’y suis allé et j’y ai vécu des émotions musicales absolument incroyables avec, pendant deux jours, sur une scène unique, le gratin de la scène internationale, un genre de best of pop, folk, rock, reggae, le tout servi au cœur d’une ville. Cette année la bien nommée Fête du bruit dans Landerneau remet le couvert avec une affiche éclectique où les gros noms comme Simple minds, The Hives, Moby, Arno, les Ogres de Barback… (excusez du peu) côtoient des activistes qui vont foutre un feu de tous les diables, je pense à The Flogging Molly ou aux incroyables Skip the use qu’il faut absolument voir en live. Et puis côté programmation, je note aussi quelques instants de grâce comme Stromae, Asa ou Lilly Wood and the Pricks. Même les amateurs de reggae et de cigarettes qui font rire (non je plaisante les enfants ! La drogue c’est mal, comme le pastis) vont vibrer cette année avec Patrice comme l’an passé avec Steel Pulse. Bref, vous l’avez compris, la Fête du Bruit c’est mon petit chouchou et j’y serai encore cette année avec grand plaisir. Une seule scène, c’est l’assurance de voir une brochette de concerts top qualité dans une ambiance super détendue. Et une organisation aux petits soins et à l’écoute de son public. Oui, il y aura plus de toilettes cette année et oui, Jean Floc’h, on veillera au prix du demi. Des concerts de qualité, des gens heureux et un petit festival qui n’arrête pas de monter. On signe où ?

Vous êtes curieux, vous aimez la découverte, la musique, les arts numériques.

artrock2011Depuis que le Festival Art rock existe, au cœur de la ville de Saint Brieuc, il propose la découverte d’un melting pot artistique, entre arts numériques, découvertes parfois loufoques (j’ai gardé le souvenir mémorable de trous qui fument exposés dans une chapelle) et concerts magnifiques au forum de la Passerelle, au Grand ou au petit Théâtre, sur la Place Poulain Corbion et dans tous les p’tits bars de la ville. Du théâtre aussi, des happenings, les huîtres et le p’tit blanc du dimanche matin, les rencontres avec des artistes qui se baladent dans les rues. J’ai tant de souvenirs heureux à Art rock, non, mieux, je n’ai que de bons souvenirs, en fait. Que du bonheur ! Comme disait un animateur lobotomisé de la télé poubelle, mais ici, avec ce festival-là on est dans le qualitatif, le fin du fin et quand je regarde l’affiche 2011, j’ai envie de faire le mur et d’aller tirer le portrait de Bryan Ferry à Poulain Corbion ou de friser la moustache de Florent Marchet au Grand Théâtre. D’aller me promener dans les rues, découvrir les inénarrables expositions d’art numérique, désormais un grand classique du festival. Art Rock me manque. J’y ai vécu de belles émotions scéniques et c’est ici que j’ai tapé quelques clichés que je ne suis pas prêt d’oublier. Art Rock. Le festival vivant par excellence, un must, une exception culturelle. Et vous qui me lisez, allez vivre au rythme de la programmation délicate de ce festival hors-normes, au cœur d’une ville.

Voilà. Bien sûr, la liste n’est pas exhaustive et il y a plein d’autres festivals à découvrir un peu partout en Bretagne durant l’été, mais ces cinq là me sont particulièrement chers. Les Vieilles Charrues à Carhaix. La Route du rock à Saint Malo. Le Bout du monde à Crozon. La Fête du Bruit dans Landerneau. Art rock à Saint Brieuc. Tous différents et tous pareils finalement, parce qu’ils n’ont qu’un but. Faire la fête et vous rendre heureux. Bons festivals à toutes et à tous !

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et cliquez ici pour voir le site non-officiel de la Route du Rock.
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Programmation du festival des Vieilles Charrues 2011. United colors of Kerampuilh.


Aux toutes première notes de “Walk on the wild side” impossible pour moi de réprimer un petit “Oh !” qui fait sourire mon pote Hugues qui présente la prog de la vingtième édition des Vieilles Charrues cru 2011. Lou Reed, c’est l’excellente et totale surprise de cette édition. C’est celui que je n’imaginais pas, plus précisément que je n’espérais plus. T’en veux d’la légende bébé ? En v’là et pas du petit calibre. On y reviendra. Mais avant de vous parler plus en détail de mes coups de cœur de cette édition 2011, un petit préambule. Le meilleur moyen de ne pas être déçu par une programmation, c’est de n’en n’attendre rien de particulier. J’avais entendu Francis Cabrel dire qu’aux Vieilles Charrues, le truc important c’est pas les artistes, non, le truc important c’est les Vieilles Charrues. Il avait tout pigé, le Francis. Il avait capté l’esprit de ce festival. Finalement, pour schématiser, il y a deux sortes de festivaliers aux Charrues. D’un côté il y a les festivaliers qui viennent pour la programmation, ceux-là peuplent les forums, supputent à donfe, croient à la fois au Père Noël ET aux poissons d’avril. Ils fantasment grave toute la Sainte journée sur la venue, en vrac, de U2, de AC/DC ou des Who. Ils font la gueule à l’annonce de la prog mais pour une grande majorité d’entre eux ils viendront quand même. Parce que nombre d’entre eux fait partie des festivaliers qui viennent pour le festival, pour les Charrues, pour boire un godet de Coreff (ou un pichet d’un litre si tu t’appelles Jean Floc’h) ou un Breizh Cola au bar numéro 4 et savourer cette inimitable ambiance qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les Vieilles Charrues existent d’abord grâce aux bénévoles et aux festivaliers et ce n’est pas un hasard si la thématique retenue pour les vingt ans des Charrues c’est justement les gens, tous ces gens qui font vivre et vibrer la plaine de Kerampuilh pendant quatre jours. “On fournit le son, vous apportez les couleurs !” Voilà. Tout est dit. United colors of Kerampuilh, vingtième du nom. Top départ.

Et là vous me dites, et cette année alors ? Voici mes coups de cœur, en vrac. Pas nécessairement des têtes d’affiches, même si je place Lou Reed tout en haut des concerts absolument et définitivement inratables. Lou Reed, découvert il y a un bail par hasard à la sortie de “Coney Island baby“. La claque, la révélation du rock dans toute sa grandiose splendeur. Le Velvet underground, un nom mythique, une définitive légende du rock et de la pop. J’avais pris dans la gueule, coup sur coup “Transformer“, “Rock’n roll animal” et le sublissime “Berlin” qui fait partie de mon top ten personnel des dix meilleurs albums pop rock de tous les temps, on ne plaisante pas. J’ai vu Lou Reed en live en 1975 et ce concert est resté profondément ancré dans ma mémoire. Voir Lou Reed encore une fois, ça va être un magnifique privilège de la vie. Et pouvoir le croiser dans le collimateur de mon reflex, ça va être unique et intense. Dans un autre registre, je vais enfin voir Kaiser Chiefs qui devait passer aux Charrues il y a trois ans ou quatre je ne sais plus, leur son pop rock (comme on dit sur la FM) me parle, ça va pogotter maousse et rendre le public heureux. Pareil pour Pulp, le combo porte-étendard de la pop british avec un Jarvis Cocker qu’on espère remonté à bloc. Je vais en épater plus d’un mais j’attends aussi David Guetta, je veux bien parier une Coreff avec Jean Floc’h que le set va être monstrueux, même si ça ne tape pas vraiment dans mon registre (doux euphémisme), mais après tout un peu d’easy listening ça ne fait pas de mal, comme dirait Maïté. Dans la série deux pour le prix d’un, j’ai vraiment hâte de voir ce que les p’tits gars de The Octopus nous auront préparé en ouverture du festival, scène Kerouac le vendredi. Les gagnants du tremplin des Jeunes Charrues sont aussi de véritables bêtes de scène, il faut le savoir. Un conseil, vendredi 15 juillet, soyez à l’heure, The Octopus, ça va envoyer le pâté, Hénaff ça va sans dire ! Si vous avez faim de rock, de gros son, de sueur, de bière et d’animal, avec The Octopus, vous allez être servi. Vous ne raterez pas non plus The Bellrays et la sublime Lisa Kekaula, à mi-chemin entre Aretha (Franklin) et Tina (Turner), qui avait foutu un feu d’enfer en d’autres temps à mon respectable et mythique Cabaret Vauban, avec les rescapés du MC5. Dans la série beau temps, mer calme, j’ai promis à mon pote Hugues de ne pas zapper Jack Johnson le vendredi, qui va nous ramener du soleil de sa Californie natale, ainsi que Angus & Julia Stone, dans un registre pop folkeux australien de bon aloi. Dans le genre OMNI (objet musical non identifié), j’irai décalaminer mes esgourdes sur DJ Zebra feat. le Bagad de Carhaix, gast ! Du côté du cabaret breton, rebaptisé scène Youenn Gwernig, pendant les quatres jours il y aura quelques pépites succulentes, j’ai noté Titi Robin trio ou Ibrahim Maalouf (tous les deux découverts au festival du Bout du Monde), Olli & Mood, Marchand vs Burger (salut Rodolphe ça gaze ou quoi ?), Duoud (un duo de ouds), pour ne citer qu’eux. Et dans le rôle des potes de Brest, j’irai jeter quelques unes de mes forces, s’il m’en reste, dans le set de Electric Bazar Cie et je poserai mon sac pour Siam, le groupe composé par Fanny Labiau et Bruno Leroux dont je vous recommande au passage d’écouter l’excellent premier opus intitulé “L’amour à trois“, en vente partout. What else ? Plein de bonnes choses. Difficile d’ignorer les sets d’Adam Kesher (vu à Art rock et à la Route du rock), des Hyènes qui reprennent des standards du rock pour le fun mais pas en yaourt (même s’il y a deux vrais morceaux d’ex Noir Désir dedans) ou des allumés de The Inspector Cluzo que j’avais raté au Run ar Puñs récemment. Idem pour Cold war kids ou Stromae (qu’on verra aussi à la Fête du Bruit dans Landerneau en août). En partenariat avec le Sziget festival, il y aura du (beau) monde aux Balkans avec des joyeux déjantés dont Goran Bregovic, Balkan beat box, excusez du peu. Et maintenant, on range les cannes et on passe au calibre supérieur, pour la pêche au gros.

Pas de Vieilles Charrues sans des noms capables de faire venir la foule des grands jours. Yannick Noah fait partie de ceux-là, il vient de bourrer Penfeld en attirant 10.000 spectateurs à lui tout seul. Jeu, set et match. Le samedi, ça va être chaud, d’autant que c’est aussi le jour de Supertramp et de Cypress Hill ! Idem le dimanche, puisqu’en dehors de mon cher Lou Reed, sur la même scène on va savourer PJ Harvey que j’aime beaucoup et pas seulement parce qu’elle m’a emprunté mon prénom anglais et qu’elle est vachement sexy. Non, j’aime bien son côté hardcore déjanté, son style pop rock un peu crème au beurre, limite indigeste, mais c’est tellement bon de se baffrer comme ça sans retenue, non ? Écoutez “This is love” en poussant le potar vers le haut, vous comprendrez ce que je veux dire. Le jeudi, aussi, du lourd. D’abord du rock teuton avec Scorpions, dont on nous assure qu’il s’agira là de leur dernière prestation live (celui qui a dit “bonne nouvelle !” sort immédiatement de ce blog !). Si la femme de ma vie est dans les parages quand le groupe entonnera “Still loving you“, je lui promets un slow de derrière les fagots estampillé seventies. Bon, coup sur coup on aura aussi le même jour Kaiser Chiefs (i say yeah !), Snoop dog qui paraît-il se fait désormais surnommer “Doggy style”, amis du club des poètes bonsoir, le retour de Pulp qui va vous la décoller du bulbe la pulpe, et les frenchies de service qui vont rameuter la foule des grands jours. D’un côté M’sieur Aubert (celui qui en 77 gueulait dans l’hygiaphone) et Mademoiselle Olivia “just sing” Ruiz, qu’on ne présente plus. Et pendant que j’y suis, le lendemain, M’sieur Eddy pour une dernière séance ouakenole. J’ai oublié personne ? Ah ben si ! D’abord Ben l’oncle soul, vu au Cabaret Vauban. Un garçon plein d’énergie positive, vous allez adorer et mouiller la liquette. Et Pierre Perret, aussi connu pour son zizi légendaire (celui qui amidonne la main de sa soeur) que pour des registres plus graves comme le sublime “Lili”. Je l’avais vu, l’ami Pierrot, au festival du Bout du monde, c’était somptueux, j’en connais même un qui avait pleuré.

Allez, ça c’est fait. Je vous donne rendez-vous dans trois mois et un jour sur le site des Vieilles Charrues pour faire la fête. Si vous me croisez sur le festival, vêtu de mon élégant polo brodé Shots (Hervé Le Gall est habillé par Minipop), n’hésitez pas à vous manifester (même si tu t’appelles Jean Floch et que tu es déjà à bloc), on fera une petite photo souvenir. Les annonces de la conférence de presse d’hier, à Carhaix, étaient ponctuées par un lancer de boule de bowling d’un des membres de l’équipe des Vieilles Charrues. La dernière boule fut lancée par Jean-Jacques Toux, programmateur des Vieilles Charrues. Il s’est avancé sur la piste, fébrile, sous le regard un brin goguenard des journalistes présents. D’une main assurée, la boule a glissé sur la piste… Strike ! Jean-Jacques s’est retourné, est tombé à genoux les deux poings levés, large sourire. Belle image, je trouve. Finalement l’esprit de ce festival, on y revient toujours, c’est un peu ça. Les Vieilles Charrues, c’est d’abord l’histoire d’une bande de potes qui sont là pour se marrer. Alors ? Vous êtes prêts ou quoi ? N’oubliez pas. Cet été à Carhaix il y aura du gros son. Je compte sur vous pour nous en faire voir de toutes les couleurs !

Rumeurs Vieilles Charrues 2011. Buffalo Springfield à Kerampuilh, gast !

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Qui ça ? Buffalo Springfield. C’est qui ces mecs d’abord ? Vous avez tous eu, un jour ou l’autre, entre les oreilles, un titre de Buffalo Springfield, à commencer par le cultissime “For What It’s Worth” et son intro inimitable. D’ailleurs, si vous avez vu le film Forrest Gump, vous devez vous en souvenir, le titre symbolise à lui tout seul l’amérique de la fin des sixties, de la guerre du Viet “fucking” Nam, aussi sûrement que California dreamin’ des Mamas and Papas marque l’insouciance de ces années soixante où l’on croyait encore au rêve américain. Côté lyrics, c’est pas dégueu non plus. I think it’s time we stop, children, what’s that sound everybody look what’s going down. Et puis le line up du groupe, excusez du peu, rien que du lourd. Formé en 1966 par quelques mecs qui allaient compter parmi les pointures king size du son pop folk rock made in USA, le combo s’est séparé après deux ans et trois albums culte et avoir inscrits leurs noms au Panthéon de la zique US. Le premier s’appelle Stephen Stills. Il crée le groupe avec un dénommé Richie Furay. On raconte qu’un jour où les deux compères étaient bloqués dans un embouteillage à LA, ils ont aperçu un corbillard immatriculé dans l’Ontario. Le gars au volant avait choisi ce mode de transport pour passer la frontière incognito avec son bassiste, Bruce Palmer et son batteur Dewey Martin. Le gars en question ne se contente pas de conduire, il écrit aussi avec un talent certain. Il se nomme Neil Young. De lui, David Crosby (oui, celui de Crosby, Stills, Nash & Young) a dit “ce mec était capable d’écrire cinq chansons par semaine. De sa part, rien ne m’étonne“. Ce sont à peu près ses mots quand il a su que l’un des combos mythiques des années soixante se reformait. D’ailleurs, je me suis laissé dire que David Crosby aurait volontiers reformé The Byrds, autre groupe US majeur de ces années glorieuses, mais c’était sans compter sur la tête de bourrique de Roger McGuinn qui refuse d’en entendre parler, dommage… Mais revenons à Buffalo Springfield, séparé en 1968, reformé fin 2010, en tournée en 2011, si vous voyez ce que je veux dire.

J’ai donc activé mes réseaux, histoire de démêler le vrai du faux. Non, parce que là, on parle d’un truc largement aussi balaize que le boss venant taper son Born in the USA à Carhaix city. Là, on parle de légendes aussi absolues que définitives. Neil Young. Stephen Stills. Richie Furay. Trois légendes sur la scène de Glenmor, ça aurait une putain de gueule, excusez du peu ! J’ai donc commencé à gratter la terre de la plaine de mes petites mains fébriles et rapidement j’ai trouvé un faisceau d’éléments concordants. D’abord, Buffalo Springfield est vraiment en tournée. On avait dit que le groupe se contenterait d’un one shot, mais non. Ils sont annoncés au Bonnaroo festival, en juin prochain à Manchester. Pas la seconde patrie du King Eric “ouh ah” Cantona, non plutôt un bled dans le trou du cul du Tenessee profond, un grand terrain agricole qui ressemble à s’y méprendre à la plaine de Kerampuilh, gast, mais en moins bien. Donc les p’tits gars Stills, Young et Richie ne seront point dépaysés, même notre bière (la légendaire Coreff) est meilleure qu’une Bud de bon aloi. Donc c’est jouable. Mais il en fallait plus. Je suis allé jeter un œil sur le site web de Neil Young et là, tenez-vous bien (tenez-vous mieux !) deux choses. D’abord le site confirme que Buffalo Springfield est bel et bien en tournée. La date de juin du Bonnaroo festival est bien bookée. Mais il y a mieux… Un concert du Buffalo Springfield est bien prévu le 15 juillet. De là à imaginer que nos amis cow-boys viennent faire un tour chez nous sur la plaine, il n’y a qu’un pas que j’ai décidé de franchir allègrement.

Avouez quand même que ça aurait de la gueule, non ? D’autant que dans l’état d’esprit, Buffalo Springfield et les Vieilles Charrues, c’est un peu la même chose. Des p’tits gars de la campagne, engagés, qui croient dans leur aventure. Alors ? Buffalo Springfield pour la vingtième des Vieilles Charrues, ça vous tente ? Moi j’ai envie d’y croire. For what it’s worth. Pour ce que ça vaut…

• illustration : Crosby, Stills, Nash & Young par Guy Peellaert.
• la programmation des Vieilles Charrues 2011 sera annoncé le 12 avril.
voir le site du Festival des Vieilles Charrues

Courchevel. J’ai mille raisons de détester Florent Marchet.

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Au moment où je commence à poser mes mots, avec l’ambition démesurée d’écrire une review sur le nouvel album de Florent Marchet, alors que dehors le soleil darde sur Brest (dans ta gueule Barbara) et que j’en aurais presque honte pour mes amis parisiens qui sont sous la neige (comme ceux de Courchevel où par ailleurs je dois noter que je n’ai aucun ami), même si on se pèle le bout du nez, alors que mon Nabaztag, programmé par mes soins pour débiter des inepties de manière totalement aléatoire me rappelle à l’instant “qu’une tartiflette ça ne se refuse pas“, je réalise que ça fait un bail que je n’ai pas écrit une review bien sentie sur un album de musique. Bon, d’accord. À ma décharge, je dois à la vérité de dire que je n’ai rien vu passer de bien folichon cette année, si je compte bien. Sur mon iPod, le top est toujours squatté par le même gang de frenchies, Miossec, Daho, François Audrain, Eiffel et quelques vieilleries old fucking style, de Creedence aux Who en passant par Muse ou un revival pop autour du Floyd. Et puis il y a le cas Florent Marchet et ses deux premiers albums inusables, j’allais dire inoxydables. J’avais pris “Gargilesse” comme une magistrale claque dans la gueule, déjà, à l’époque. J’avais été subjugué par la qualité des textes et j’avais immédiatement détesté ce garçon, qui, non content d’avoir une qualité d’écriture et de mélodies éblouissante, avait en plus la gueule de l’emploi, comprendre cette gueule d’ange qui fait fondre les filles et énerve les garçons. J’avais écouté “Le terrain de sport”, je m’y étais salement retrouvé, trait pour trait. C’était décidé. Florent Marchet ne serait jamais mon ami. Comme Miossec ou François Audrain ? Oui, si vous voulez, mais ne nous éloignons pas du sujet initial, le nouvel album de Florent Marchet : “Courchevel“.

À vrai dire, j’ai découvert Florent Marchet un peu par hasard, grâce à la femme de ma vie, grande découvreuse de raretés devant l’éternel. J’avais donc écouté “Gargilesse”, j’avais suivi la bouche ouverte de béatitude le parcours du petit Florent, j’avais été éberlué par le cynisme des mots. Des titres comme “Levallois”, “Je n’ai pensé qu’à moi”, “Je m’en tire pas mal” (avec Mio en brestois deluxe) m’avaient singulièrement titillé le tympan, sans parler du “terrain de sport” qui m’avait définitivement convaincu que j’avais découvert, grâce à ma moitié, une grande plume de la chanson française comme on dit dans Telerama. Alors, quand le second opus est arrivé dans les bacs, j’ai vraiment eu peur, pas tellement pour moi, non plutôt pour lui. Peur qu’il se soit vautré, peur d’un second album facile qui ne confirmerait pas tout le bien que je pensais de ce garçon et qui m’aurait permis de le ranger aux oubliettes, que c’en serait fini de Florent Marchet, bon débarras, à qui le tour ? Et vint donc “Rio Baril” qui raconte comme une genèse l’histoire du petit Florent qui tuerait volontiers son père, qui admire sa mère autant qu’elle l’insupporte, qui croise des femmes sans trop les voir. La litanie de la vie quoi, comme cette audacieuse et inoubliable lecture de la posologie d’un médicament dans “Les cachets” mon titre préféré allez savoir pourquoi. J’avais pris “Gargilesse” comme une gifle aller-simple, “Rio Baril” était un retour bien appuyé. Saleté !

Comment Florent Marchet pouvait-il prétendre remettre le couvert, pour un troisième album, après tout ça ? J’ai logé les titres de Courchevel sur mon iPod et j’ai écouté l’album dans les pires conditions qui soient. En travaillant. Dès le début on est pris dans le petit monde de Florent Marchet qui nous raconte ses petites histoires. J’ai posé le stylo, je me suis avachi dans mon fauteuil, captivé, prisonnier du sort, en n’ayant pas le moindre doute. La voix, le tempo, les mélodies, les arrangements avec ces cuivres qui viennent de loin, aucun doute possible c’est du Marchet cent pour cent pur Cru bourgeois et dès les premiers titres, je sens que le gars Florent va me la jouer sur l’air du revenez-y sans qu’à aucun moment ça ne sente le déjà vu. Il y va de ses anecdotes qui ressemblent parfois à du Néry comme dans “L’idole” et rebondit sur des morceaux dont on sait qu’ils vont devenir des standards, comme le joyeux “Benjamin” ou “L’eau de rose” qui reprend des thèmes chers au coeur de Marchet, la trentaine et le temps qui passe, les portes qui se ferment plus qu’elles ne s’ouvrent. Et pour ce qui est du featuring classieux, dans cet album c’est Jane Birkin qui vient poser sa voix bouleversante, pleine de fêlures, de grâce et de fragilité sur “Roissy”, un duo beau, dramatique et lyrique, presque surréaliste. On est à peine à la moitié de l’album et je sais déjà que j’ai de bonnes raisons de détester Florent Marchet encore un peu plus. Le reste, tout le reste est à l’avenant. Ce garçon n’est jamais où on l’attend, capable d’écrire sur la solitude de la vie dans une bluette sautillante (“La charette”) avant d’asséner une mélodie définitive et des mots d’une poésie implacable sur le, comment dire ? Sublime, oui c’est ça, sur le sublime “Narbonne plage” qui me percute la tête comme l’avait fait “Le terrain de sport” en d’autre temps. Une suite de polaroids, une chanson comme un film, des images qui défilent et finalement un dénouement dramatique, une conclusion cynique à souhait. Voilà, c’est presque fini. Florent Marchet conclut par un “Qui je suis” où on espère des réponses et dans une ultime pirouette, à laquelle le gars nous a habitué, on obtient seulement un sibyllin “qui je suis ? Dis moi qui je suis ?” Bitch !

Je suis sorti de mon écoute bouleversé, chamboulé, une fois de plus Florent Marchet réussit l’exploit rare de me livrer un troisième pur album, vous savez ? De ces albums dont on se dit que finalement il n’y a rien à jeter. Il y a quelques années, j’avais croisé Florent et je lui avais dit à quel point j’étais client de sa petite entreprise. Je n’aurais pas dû. Il n’y a rien de bon, au fond, à les encourager. Non, il vaut bien mieux regarder passer Florent Marchet et accessoirement, chaque fois que l’occasion se présente, acheter ses albums. En vérité je vous le dis. Il faut acheter la musique de Florent Marchet. Si vous ne le faites pas pour vous, faites-le pour moi. Parce que j’aime bien ses petites histoires, sa façon de les raconter, la qualité de ses mots, sans même évoquer la mise en musique qui me happe. C’est ça. J’ai mille raisons de détester Florent Marchet et au moins une bonne raison de l’aimer. Ce mec me fait du bien.

cliché (inédit) : Florent Marchet aux Vieilles Charrues en 2005.

Tests reflex pro Nikon D3s. Effleurer enfin l’inaccessible étoile.

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Je m’en souviens parfaitement, de cette image. Jacques Rosay, pilote de chasse, pilote de ligne et surtout pilote d’essai du projet A3XX qui est devenu, plus tard, Airbus A380. Je me souviens bien de son regard, du pétillant de ses yeux, après le premier essai en vol du prototype A380, nouveau gros porteur d’Airbus industries. Le vieux briscard avait retrouvé son enthousiasme de jeune pilote et sans doute des sensations oubliées. Piloter, maîtriser un engin pareil, au doigt et à l’œil, de vous à moi c’est pas donné à tout le monde. Jacques Rosay fait partie de ces pilotes mythiques, de l’étoffe des héros si chère au cœur de Chuck Yeager, grand baroudeur du ciel devant l’éternel, de ces mecs sévèrement burnés qui sont allés, un jour, chatouiller les étoiles. Mais je m’égare, si je vous parle de Jacques Rosay et de son regard d’enfant retrouvé, c’est parce que j’ai vécu hier soir une expérience similaire, toutes proportions gardées, en embarquant avec moi un Nikon D3s pour un nouveau vol d’essai, pour calibrer l’engin, maîtriser la bête avant le concert privé de -M- samedi soir à Carhaix avec mes potes du festival des Vieilles Charrues. Avec le soutien de Nikon France qui a joint l’utile à l’agréable en livrant un Nikkor 70-200 2,8 VRII sur D3s, je suis allé au Cabaret Vauban et son plan de feux intimiste taper quelques clichés dans l’ambiance cosy des concerts de mes amis de Penn ar jazz. En arrivant sur place, j’ai décidé de ne pas faire dans la dentelle, en montant la molette des sensibilités à 10000iso. Pendant le set, j’ai croisé mon ami Guy Chuiton (mon photographe officiel) qui faisait des clichés argentiques avec son boîtier Contax. Rencontre de deux mondes. J’ai allumé l’écran de contrôle arrière et je lui ai montré la mention “10000″. Il a souri. J’avais l’impression que Jacques Rosay montrait le joystick de pilotage du A380 à Chuck Yeager. Et puis chacun est reparti dans sa bulle…

Nikon D3s. Putain de reflex.
Je vais essayer de me réfréner, de ne pas paraître trop dithyrambique, sinon on va encore me suspecter de publi-reportage pour le compte de Nikon. Tiens, à ce propos, comme le soulignait avec malice un ami photographe, si Shots mangeait dans ce genre de gamelles, je ne serais pas contraint, à l’issue de mes tests, de rendre les boîtiers. Quel dommage ! J’aurais le privilège d’avoir sur mon étagère quelques boîtiers légendaires… Difficile de ne pas sortir extatique d’un shooting avec D3s, tant ce boîtier surclasse de trois têtes, à l’aise, tout ses concurrents. Tous ? Oui, tous sans exception. Nikon D3s est définitivement, à l’heure actuelle, le meilleur reflex professionnel du marché. En combinant une réactivité sans égale, je pense à cet autofocus 51 points redoutablement efficace, la qualité d’optique Nikkor (le piqué du 70-200 2,8 VRII est splendide à f2,8, sublime à f4), un paramétrage personnalisé d’une grande finesse, la capacité de shooter en mode rafale et en suivi autofocus 3D, ce boîtier sait absolument tout faire. Et puis, il y a le coup de génie de Nikon…

Hautes sensibilités. Nikon voyage au bout de la nuit.
Le coup de génie absolu de Nikon c’est d’avoir poussé le bouchon au maximum des possibilités actuelles en matière de gestion des hauts iso. Bien sûr, des gens bien intentionnés vous diront qu’on n’aura jamais besoin de faire des photos à 102400iso. Depuis que la photographie existe, les techniciens n’ont eu de cesse que d’améliorer le confort des photographes, de leur apporter des possibilités sans cesse plus étendues et ce n’est pas Monsieur Leitz et son ingénieur en chef Oskar Barnack, génial concepteur du Leica, qui me contrediraient. Donc, une fois cet argument d’une absurdité sans nom écarté, ce qui m’intéresse c’est que cette fonctionnalité proposée par Nikon sur D3s permet d’aller capturer des images là où on ne pouvait pas techniquement le faire avant D3s. J’ai en mémoire la photo de l’ours réalisée par Vincent Munier, à 12800iso, de nuit, sans un poil de grain, avec pour seule source de lumière les lueurs de la pleine lune. Hier soir, n’ayant ni pleine lune, ni ours sous la main, je me suis contenté de Louis, qui officiait (avec le brio qu’on lui connaît) à la console son du Cabaret Vauban, avec pour seul éclairage celui de la console et les diodes qui la faisaient ressembler à un cockpit d’Airbus A380. J’ai tapé deux clichés, à 16000iso, focale 140mm, 1/50e à f2,8. Un cinquantième, les puristes apprécieront ! Un cinquantième de seconde à 2,8 avec quasiment zéro lumière. Deux ou trois constats sur la netteté, sur le grain et enfin sur la lumière.

La netteté d’abord. Par quel sortilège D3s est-il capable d’accrocher un point de focus dans la quasi obscurité ? Comment l’autofocus de D3s réalise cet exploit, là où la plupart de ses concurrent patinent comme un francilien sur une plaque de verglas en décembre ? On ne le répétera jamais assez. En matière d’AF Nikon est devant, loin devant. Est-ce que l’image présente du grain ? Oui, un peu, mais pas trop. Elle est parfaitement acceptable, comprendre publiable pour un photo reporter, le reste c’est du bla bla… Enfin, D3s est un animal de nuit, capable de sublimer une once de lumière. Une truffe d’ours sous la lune comme les diodes d’une console son au Vauban. Et puis à bien y réfléchir, je me dis que la grande qualité de ce reflex, c’est qu’il apporte au photographe ce sentiment de confort et d’absolue confiance, comme une petite voix qui murmure “vas-y, je te suis et je ne te laisserai jamais tomber“. Voilà, la qualité de Nikon D3s elle est là et tout le reste est singulièrement accessoire. Au moment où j’écris ces lignes, je sais que Nikon ne peut pas fournir de D3s et par avance je m’excuse auprès d’eux d’en avoir ajouté une couche, car j’en connais plus d’un (suivez mon regard embrumé) qui vont craquer à la lecture de ces lignes. Il n’est pas de hasard. Si aujourd’hui on constate une ruée vers D3s c’est que ce boîtier numérique est capable de permettre au photographe pro de réaliser des clichés là où tous les autres sont à la ramasse. Toutes spécialités confondues ! Car D3s est aussi un reflex polyvalent, en clair il sait tout faire, en étant aussi à l’aise en studio que sur le terrain en reportage.
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Points faibles du D3s.
Il y a quelques années, un journaliste qui écrivait un article sur un logiciel que j’avais testé me demandait d’évoquer ses points faibles. Comme je n’en trouvais pas, il m’avait expliqué que dans un banc d’essai il faut toujours trouver un ou deux points faibles, sinon on n’est pas crédible. Alors deux choses. D’abord je ne suis pas journaliste, je suis photographe et je n’ai pas besoin de trouver des points faibles à D3s pour être crédible, sans blague. Ensuite, clairement, je ne trouve pas de faiblesse à ce boîtier. Étonnamment je l’avais trouvé lourd lors de mes premiers galops d’essai il y a un an, hier soir ça ne m’a pas frappé (mais j’ai repris le sport il y a six mois). Clairement, avec un D3s en main, surtout avec son 70-200, comme aurait dit feu ma grand mère il y a de quoi remplir la main d’un honnête homme. Le seul bémol de D3s c’est la taille de son capteur (12mp). Je ne suis pas un adepte du recadrage, pour moi le cadrage est un paramètre essentiel de la photographie, j’ai hérité ça de ma culture argentique, de mes glorieux ancêtres et héros, de Lartigue à Cartier-Bresson en passant par mon cher Larry Burrows. Et puis 12mp c’est largement suffisant pour réaliser des tirages de tailles honorables.

Non, il n’y a rien à dire sur l’évidence et Nikon D3s c’est, à l’évidence, la perfection photographique. Avec ce boîtier pro, Nikon frôle les étoiles, permet d’aller toujours plus haut, plus loin. Avec D3s le photographe pro retrouve ce sentiment de puissance, de performance, de sécurité et surtout, surtout d’absolue confiance. De repousser toujours un peu plus les limites du possible. Un peu comme lorsque Chuck Yeager, au manche de son Bell X1A, tapait le mur du son en octobre 1947 et effleurait, ce jour-là, l’inaccessible étoile…

• illustration photos : Louis, ingénieur du son au Cabaret Vauban (Brest, décembre 2010). La lampe du bar du Vauban (détail) à 16000iso.

Rotor Jambreks University. Mes devoirs de vacances à la Rock Academy.

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L’idée est aussi simple que lumineuse, comme toutes les bonnes idées. La Rotor Jambreks University propose en un après-midi, de revisiter l’histoire du rock’n roll, de sa naissance à nos jours. Ça a l’air de rien, dit comme ça, j’y suis allé en me disant que j’étais incollable sur le sujet et finalement, j’ai appris plein de trucs. Par exemple que le p’tit gars Elvis Aaron Presley avait honteusement pompé certains répertoires du blues afro-américain, à commencer par le cultissime “That’s alright Mama” (excusez du peu), en 1954, alors que cette chanson avait été signée par Arthur Crudup huit ans plus tôt. Crudup n’a jamais réussi à faire reconnaître son bon droit et a fini sa vie dans la gnole. Rotor Jambreks embarque son public, alternant cours magistral et travaux pratiques. De chaque côté de l’écran, à gauche la petite scène façon Rotor, à droite un bureau sur lequel trône une mappemonde, le manuel de la Rock Academy et bien sûr une figurine d’Elvis Presley. L’histoire commence aux racines du rock’n roll et tout y passe, de l’analyse étymologique du terme rock and roll aux composants de cette musique, dont les tenants de le droite américaine la plus jusqu’au boutiste pensaient qu’elle venait directement de l’enfer. De vous à moi, cinquante balais plus tard, le credo des jusqu’aux Boutin n’a guère évolué. Chaque étape du parcours est ponctuée de reprises de standards parfaitement envoyés, balancés avec la maestria et la pêche qu’on connaît au gars Jambreks. Entre stand-up, mini-concert et approche sociologique de l’histoire de la musique contemporaine, Rotor Jambreks réussit son coup. On ne s’emmerde pas une seconde, on se marre beaucoup, on participe, on apprend plein de choses et quand c’est fini on se dit “ah ben merde alors ! C’est déjà fini ?” Le format est parfait, convient à tous les publics et nul doute qu’on va en entendre parler.

Concert et action sociale.
Tous les publics, justement, parlons-en. Ce concert-spectacle, qui s’est déroulé au Family, en préambule de la Fête du bruit dans Landerneau, était 100% gratuit. L’idée, qu’on doit à Régie Scène association, est on ne peut plus simple. Attirer un public qui ne vient pas aux concerts et leur proposer un spectacle de qualité, le temps d’un après-midi. Une idée réalisée en partenariat avec l’épicerie sociale et qui pourrait bien faire son chemin. Carol Consola de Régie Scène Association résume en deux mots le concept : “Notre objectif est d’établir des partenariats avec des entreprises motivées pour financer ce type de projet. Un mécénat permettant d’associer le nom d’une entreprise à une action sociale.” À y regarder de plus près, il est possible aujourd’hui, pour un budget raisonnable, de monter une affiche, sachant que l’asso (qui est en prise directe avec Régie Scène, l’un des acteurs majeurs en matière de production de spectacles en Bretagne) fournit l’ensemble du package, incluant la salle, le son, les lumières. D’ailleurs c’est ce qui m’a épaté dans ce projet. L’accueil du public avec de vrais billets de concerts, le confort de la salle (places assises), la qualité du spectacle offert et, cerise sur le gâteau (si j’ose dire), un goûter offert par l’épicerie sociale à l’issue du concert. Bon, si je résume… Une belle salle, une organisation motivée, un artiste généreux et enthousiaste, un public souriant et multi-générationnel, des lumières et du rock’n roll. Une certaine idée du bonheur, en somme.

écouter la version originelle de “that’s all right mama” par Arthur Crudup

No news, good news. Et sinon, toujours en Canon ?

suzy-pipouille-shots-2010
Dans la série pas de nouvelles, bonnes nouvelles, l’été s’étire. Lentement. Les salles de concert sont fermées, c’est relâche. Dans quelques jours à Landerneau, j’ai rendez-vous avec la Fête du Bruit et l’affiche est chouette : Placebo, Status Quo, Morcheeba feat. Skye Edwards, … Sans oublier BB Brunes, La Rue Két’ ou Batignolles (entre autres), toujours agréables à shooter. Et puis aller faire des photos avec la joyeuse prod de Régie Scène, c’est toujours un bonheur et en plus c’est à deux pas de Brest. Côté matos je continue de travailler alternativement avec EOS 1D Mark IV et EOS 7D, mais je ne vous cache pas que j’ai désormais une nette prédilection pour le 1D… J’en reparlerai à le rentrée, en septembre, après les vacances. Il y a tellement de choses à dire sur ce boîtier qu’il faudra au moins lui consacrer tout un article. Idem pour le 7D, beaucoup plus abouti qu’à première vue et qui embarque des fonctionnalités épatantes qui lui sont propres. Actuellement dans la gamme Canon, EOS 7D est LE boîtier que je conseille, mais attention, ce reflex est une diva, alors si vous comptez acheter un EOS 7D, veillez bien à ne monter que des optiques dignes de lui (comprendre série L exclusivement). J’évoquais le 1D avec un ami de chez Canon France et je comparais l’utilisation de ce reflex pro au fait de monter un pur sang à cru. Un faux mouvement, une erreur d’appréciation et tu es par terre. En revanche, une fois ce boîtier en mains, j’ai l’impression qu’il est prêt à me suivre au bout du monde, dans les conditions les plus extrêmes. Au chapitre conditions dantesques, pluies diluviennes, le concert de Muse aux Vieilles Charrues 2010 restera un point de référence. 1D Mark IV sous un déluge de flotte incessant, ronronnant du haut de ses 10 chevaux vapeur seconde, pendant que d’autres boîtiers, que je ne citerai pas (pour ne pas raviver de mauvais souvenirs et faire de la peine à certains de mes amis), rendaient l’âme, déclencheur down et optique embuée. Vous avez dit “tropicalisation” ? Sur tout ça et sur le reste on y reviendra. En ce moment, 1D Mark IV est à mes côtés, tout le temps, de jour comme de nuit. Je le pousse dans ses derniers retranchements, dans des conditions vraiment casse-gueules. J’adorerais prendre l’autofocus en défaut, histoire de me faire un trip à la Rob Galbraith et d’enfoncer le clou sur un AI servo défaillant. Mais non, je n’y arrive pas. Et le drame avec le Mark IV, c’est que si le premier shoot est d’enfer et que tu tapes au moteur à la cadence infernale de 10 fps, que tu gardes le bouton sur le déclencheur un peu trop longtemps, tu te retrouves comme un con avec 30 clichés d’enfer, presque identiques, mais pas tout à fait. J’ai vécu ça avec Mika. Bonjour l’ambiance au dérushage. Ouaip ! Cet EOS 1D Mark IV me donne le tournis, je vis avec lui des instants divins, proches du satori, un peu ce que j’avais vécu en d’autres temps avec EOS 3, en argentique. Mais au délà des superlatifs, du plaisir à shooter, il y a une notion essentielle que je ressens avec beaucoup d’acuité en utilisant Mark IV et ça tient en mot. Confiance. Avoir confiance dans son matos, pour un photographe, c’est essentiel. Et ça se traduit simplement. Je cadre, je shoote et je sais que c’est dans la boîte. C’est exactement ce que j’avais perdu avec l’épisode 5D Mark II, c’est précisément ce que j’ai retrouvé avec 1D Mark IV (et 7D). Voilà pour les news estivales. Sinon, pour répondre à la question “toujours en Canon ?” je crois qu’il suffit de regarder quelques clichés tapés au 1D Mark IV pendant les Vieilles Charrues. Comme toujours en photographie, la réponse est dans les images.

• cliché : Suzy Pipouille (EOS 1D Mark IV, EF 24-105 f4).

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