La naissance de la grâce

Valentina Casula et Jean-Luc Roumier en concert au Vauban
Son prénom à lui-seul – Valentina – c’est déjà la promesse d’un moment exquis. Valentina fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas d’être belle, italienne jusqu’au fond de son regard de braise et d’avoir une démarche à damner Gogre et tous ses anges et ses Saints. Valentina Casula chante, sur les accords posés à la guitare par Jean-Luc Roumier, et cette voix féminine, ronde, sensuelle vous envahit, l’émotion vous submerge et vous comprenez alors ce que le mot talent signifie. Et si vous êtes photographe (suivez mon regard), vous assistez à un instant magique, rare et surprenant, la naissance de la grâce. Ce moment subtil où un visage s’éclaire, s’illumine, se découvre, se dévoile. Unique et intense.

voir les photos de Valentina Casula et Jean-Luc Roumier sur Cinquième nuit

All I want for Christmas is you.

champagne au cabaret vauban
Je viens de passer le week-end au chaud, malade et fébrile, ahanant et fiévreux, passant non sans douleur (mais avec le sourire) le cap des 700 concerts sur Cinquième nuit (I did it yeah !). Encore une brassée de concerts mis en ligne. Du rock plon-plon avec Deportivo, qui m’a aussi peu convaincu lors de leur récente presta au Vauban qu’ils ne l’avaient fait il y a des lustres lorsqu’ils assuraient (enfin le mot est fort) la première partie de Luke. En revanche les locaux de Melvil eux assurent bien, servant un rock proprement engagé à la Carène pour la fête de MySpace. Idem pour Belone Quartet, vus à la Route du rock, revus à la Tournée des Trans au Run ar Puñs, quel pied ! Putain de concert aussi avec le Caratini Grand Ensemble et Mademoiselle Wanzlawe qui transcende les chansons réalistes de sa voix suave et sexy. Après Indochine à la Carène (what a fuck !), j’ai croisé Manu au Vauban et il a juste dit “oh ! Hervé !” c’est comme ça que j’ai su que Da Silva était content de me voir (il était bien le seul !). Ho ! Manu ! Va voir les photos, je crois que pour une dernière fois, c’était de la bonne ! Electric Bazar Cie a mis le feu au Vauban, confirmant une fois de plus le vieil adage. Brest, c’est Byzance. Quant à Denez Prigent, il m’a laissé sans voix, offrant au public de la Carène un de ces concerts dont on se souvient longtemps. L’année se finit doucement, pépère. J’ai encore deux rendez-vous incontournables au Vauban. D’abord avec Jean-Luc Roumier en duo, puis avec Mosalini, excusez du peu. Et pour la dernière semaine de l’année, ça va se finir en grosse déconne avec les Goristes au Vauban. Je regarde les clichés de 2007 et comme d’hab’ je me dis que j’aurais pu mieux faire. Pour 2008, je vais déserter un peu les salles obscures et remonter à la lumière, histoire de mettre en chantier un projet que j’ai en tête depuis longtemps. Ce sera aussi le moment de vous montrer un travail de commande que j’ai réalisé il y a quelques semaines (mais pour le moment il est trop tôt pour en parler). En attendant, champagne pour tout le monde et macarons signés Petitcorps pour les autres. Joyeux Noël. Enjoy.

Borderline, j’suis borderline !

exploding star sextet au vauban
Comme dirait Katerine – qui fait le une de couv’ des Inrocks cette semaine, dansant le tango avec Dominique A (encore lui ?) – j’suis borderline, à tout point de vue. D’abord j’ai un planning de ouf, j’ai euh… une douzaine de concerts en attente (dérushés, certes, mais en attente…) et hier soir c’était la cerise sur le gâteau. J’arrive au Vauban pour Exploding Star Sextet, le combo jazz made in Chicago réuni autour de Rob Mazurek. En posant ma veste je croise mon pote Gilbert, qui officie (très souvent avec beaucoup de talent) aux lights des concerts du Vauban et là, d’un air vaguement goguenard Gilbert me lance “Hervé, ce soir, je t’ai préparé des lights… Tu m’en diras des nouvelles !” M’ouais… Je descends dans la salle, le concert commence, dans le noir. Et puis un rétroprojecteur s’allume et diffuse en boucles des diapos colorées sur les zicos et là je comprends. Je remonte quatre à quatre vers la console lights histoire de demander des comptes à Gilbert, pas de Gilbert. La console est éteinte, Gilbert m’expliquera plus tard que les seules lights sont celles sortant du rétroprojecteur. Dans ces conditions, ce fut chaud, ultra chaud. Mais, comme j’apprécie particulièrement les conditions de prise de vue désastreuses (c’est mon côté fais-moi-mal-johnny), j’ai shooté. Jusqu’à ce que j’obtienne ce cliché un peu irréel de Rob Mazurek.

Pour les puristes (…), voilà les données Exif :
• EXIF : Canon EOS | manuel | 70-200 f/2,8L IS | 148 mm | f/2.8 | 1/25 sec | ISO 1600

C’est dur aujourd’hui peut-être… Mais demain… Ah ! Demain…

jam’s session cabaret vauban jacky bouillol trio
Le Cabaret Vauban remet le couvert, avec la complicité de Penn ar Jazz, en reprenant la tradition de la jam’s session, le premier mardi de chaque mois. Un concert (gratuit) d’une heure, un break d’un quart d’heure puis une jam’s où les musiciens, chanteurs, chanteuses de jazz sont invités à rejoindre la scène. Ambiance cool pour la reprise, c’est le Jacky Bouillol trio qui a ouvert le bal, avec brio évidemment. L’occasion pour moi de retrouver un ami de quarante ans (eh ouais !) Gérard Macé à la batterie, l’inénarrable Jacky Bouillol (qui tient le verbe haut dans les Goristes) et Jacky “Blet” Thomas qui officiait déjà dans les Friandises au siècle passé, qui a bossé avec Higelin – celui qui a la basse a fait des miracles, il s’agit de Monsieur Blet venu spécialement de Brest… – et qu’on retrouve aussi dans les Goristes. Bref, un trio qui n’engendre pas la mélancolie et qui sert un jazz classique, joyeux et décomplexé. Un jazz pour être heureux, en somme. Et comme disait le grand Jacques – encore un ami de trente ans – c’est dur aujourd’hui peut-être, mais demain, ah! Demain ça s’ra vachement mieux !

• cliché inédit : Jacky Bouillol Trio (de gauche à droite Jacky “Blet” Thomas, Jacky Bouillol, Gérard Macé)

Sayag jazz machine, il n’y a pas d’abonné…

sayag jazz machine au run ar puns novembre 2007
Hier soir au Run ar Puñs. Le Sayag jazz machine vient poser ses tempos déconnants sur la scène du Run devant une salle quasi comble. Coup de génie pour les uns, grosse arnaque pour d’autres, le Sayag mélange avec désinvolture les influences, de l’electro root de bon aloi aux sonorités vaguement jazzouilles. Le public du Run (qui ce soir rime définitivement avec djeune), lui, ne se pose pas tant de questions et se laisse aller à la transe déconne, savourant les allusions déconnesques du maître de jeu au saxo. A vrai dire, Sayag jazz machine n’est pas trop ma tasse de thé, même parfumée aux herbes qui font rire. Et puis c’est vendredi et j’ai la tête dedans. Où ça ? Dans ton cul évidemment, tant les volutes de clopes en tout genre, roulées OCB ou Winston cigarettes m’agressent sévérement le cortex, moi l’ancien combattant, fumeur invétéré et décérébré que je fus pendant vingt longues années, période durant laquelle je fis subir ma tabagie ignoble et puante à mes proches, n’affichant qu’un intérêt minime aux états d’âme de mes voisins enfumés. Et puis un jour, je suis sorti de ma torpeur, préférant l’abstinence à la lente crevure. Un téléphone sonne et m’extirpe hors de la léthargie molle où m’avaient plongé les volutes aux herbes de provence. Une voix intérieure semble répéter qu’il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé. One shot, celle-là, c’est d’la bonne petit frère. Allez, c’est dans la boîte… Extérieur nuit, l’air est si pur. Deux mois. Dans deux mois le tabac sera définitivement interdit dans les lieux publics.

Julien Lourau & Rumbabierta. Magic rumba !

julien lourau et rumbabierta la carene 26 octobre 2007
Je viens de dérusher Julien Lourau et Rumbabierta à la Carène le 26 octobre et j’ai revécu le concert en voyant défiler les images. Dire que le concert de Lourau à la Carène était l’un des meilleurs concerts que j’ai vu cette année relève de l’euphémisme. Ce musicien est agaçant de talent et comme tous les zicos de pointure extra large il sait tout faire ou presque. Donc un soir à Paris, Julien Lourau croise la route de ce combo qui donne dans la rumba classieuse, ça lui plaît et là il se dit “tiens je tâterais bien de la rumba, hein ? Pour voir”. Et nous donc, on a vu et c’était carrément énorme. Au trois quart du set, Lourau a dit au public : “bon je vais me retirer et je vais laisser Rumbabierta vous jouer une paire de rumba (…) comme ça vous allez vivre ce que moi j’ai ressenti la première fois que je les ai entendu.” Elégant avec ça Julien, mais bon, l’élégance et le talent, ça va souvent de pair, non ? Agaçant je vous dis. Agaçant certes, mais sympa, humain, drôle et ce putain de talent à fleur de peau qui n’appartient qu’à lui. Magic Lourau ! Respect.

Putains de concerts.

Fat kid wednesdays au run ar puns atlantique jazz festival
En ce moment, les choses vont vite, les concerts se succèdent, offrant de véritables belles perspectives, tant visuelles que musicales. Dans l’ordre d’apparition sur scène, le 26 octobre à la Carène, concert énormissime de Julien Lourau accompagné de Rumbabierta, une formation qui donne dans la rumba et musiques sud américaines comme son nom l’indique. Lourau, c’est une aisance musicale qui frôle l’indécence tant le bonhomme est à l’aise dans tous les styles, capable de passer du registre jazzy au plan funky ou carrément pop comme il l’avait fait en venant accompagner Elysian Fields au Vauban il y a pile deux ans. Et deux jours plus tard au Run ar Puñs – transformé pour l’occasion en club de jazz dans le cadre de l’Atlantique jazz festival – j’ai pris la session des trois allumés de Fat Kid Wednesdays en pleine gueule. Un jazz mélodieux, décomplexé, déconnant, sublime et harmonieux. Deux heures de set, trois ou quatre rappels, un putain de concert, le pied intégral. Et sur scène les trois zicos (contrebasse, saxo, batterie) prennent un vrai plaisir à partager leur partition avec une candeur, une simplicité et un talent hallucinants. Yeah man !

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voir les photos de Fat kid wednesdays sur Cinquième nuit

Fusion jazz, rock, électro. Attention ! Concert énorme en vue au Vauban !

truffaz benita burger en concert exclusif au cabaret vauban 19 octobre 2007
Au départ, déjà, ça s’annonçait pas dégueu. Erik Truffaz et le Ladyland quartet au Vauban, on signe un concert comme ça quand vous voulez. Et puis le Ladyland ne pouvant être au complet, Quai ouest nous a annoncé Truffaz en duo avec Michel Bénita, une pointure dans le monde du jazz, un des meilleurs contrebassistes du jazz frenchie, on prend ! A l’instant je reçois un email de Quai Ouest qui annonce Rodolphe Burger en guest deluxe ! Truffaz, Bénita, Burger au Vauban le 19 octobre. Oui, oui, vous avez bien lu. Alors un conseil, si vous aimez le jazz, le rock, l’électro, et tout simplement la musique géniale et inventive, ne ratez pas cette soirée parce qu’en vérité je vous le dis, de vous à moi, ça va être mons-tru-eux ce concert, probablement l’un des concerts de l’année au Vauban. Faites vite, il reste des places. Et après ce concert (et inclus dans le prix du billet), la fête continuera avec un set de FMR.exe. Ca va le faire.

Edit : concert annulé pour cause de grève :(

voir le site jazz à vauban

Je suis du Vauban.

charles muzy espace vauban brestOn ne peut pas parler de Charles sans parler du Vauban, tellement le lieu est marqué par le bonhomme. D’ailleurs, on ne peut pas comprendre le Vauban, sa mentalité, son état d’esprit sans avoir fait la connaissance de celui qu’on voit jusque tard le soir dans les concerts de ce lieu devenu mythique et qu’on revoit le matin même, l’oeil parfois un peu torve, passer la serpillère, manches retroussées, d’un geste sec, le regard perdu dans on ne sait quels limbes, les oreilles emplies de sonorités rock et d’un délicieux tempo jazzy dont il raffole. Charles c’est une voix (inimitable), un regard souvent tendre, et surtout un sourire massif comme lui. Je connais Charles depuis peu, à vrai dire. Un jour, je lui ai montré quelques photos de Jeanne Balibar en concert au Vauban en janvier 2004 et d’un air salement agacé il m’a regardé en me disant “mais putain ! Elles viennent d’où ces photos ? C’est pris chez moi ça !” J’ai cru un instant que j’allais me faire sortir manu militari jusqu’à ce que vienne le sourire et cet éclat de rire qui résonne pour toujours dans ma tête. Depuis ce jour, j’ai posé mon sac au Vauban, cette putain de salle qui vibre au coeur de Brest, inimitable, incomparable, un endroit unique qu’on ne peut que aimer. Ici, Ferré avait dit à Charles : “ne change rien !” Alors Charles n’a rien changé ou presque. Le charme du Vauban n’est pas désuet, c’est un style, une griffe, un monument. En fait, je connais Charles Muzy depuis toujours. Parce que je suis né ici. C’est ici, dans ce lieu, que j’ai vécu la renaissance d’une passion, après tant d’années de sommeil. C’est d’ici, du Vauban, que tout est parti. C’est ici, au Vauban, que j’ai fait mes premières photographies de concert, grâce à Charles ou peut être à cause de lui. Merci Charles d’être mon ami et bon anniversaire. Et à tout ceux que je croise, dans les fosses et autres lieux hantés par des photographes, à ceux là qui me demandent d’où je viens, je réponds simplement. Je suis du Vauban.

Naissance du blog jazz à Vauban

le blog jazz à vauban Vous aimez le jazz ? Un nouveau blog dédié au jazz dans la salle de concerts à Brest même que le monde entier nous envie vient tout juste de naître. Jazz à Vauban (c’est son nom) propose à tous les fondus de jazz des infos exclusives, des photos inédites et bien entendu l’intégrale de la programmation pour les trois mois à venir.

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