
Son prénom à lui-seul – Valentina – c’est déjà la promesse d’un moment exquis. Valentina fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas d’être belle, italienne jusqu’au fond de son regard de braise et d’avoir une démarche à damner Gogre et tous ses anges et ses Saints. Valentina Casula chante, sur les accords posés à la guitare par Jean-Luc Roumier, et cette voix féminine, ronde, sensuelle vous envahit, l’émotion vous submerge et vous comprenez alors ce que le mot talent signifie. Et si vous êtes photographe (suivez mon regard), vous assistez à un instant magique, rare et surprenant, la naissance de la grâce. Ce moment subtil où un visage s’éclaire, s’illumine, se découvre, se dévoile. Unique et intense.
• voir les photos de Valentina Casula et Jean-Luc Roumier sur Cinquième nuit







On ne peut pas parler de Charles sans parler du Vauban, tellement le lieu est marqué par le bonhomme. D’ailleurs, on ne peut pas comprendre le Vauban, sa mentalité, son état d’esprit sans avoir fait la connaissance de celui qu’on voit jusque tard le soir dans les concerts de ce lieu devenu mythique et qu’on revoit le matin même, l’oeil parfois un peu torve, passer la serpillère, manches retroussées, d’un geste sec, le regard perdu dans on ne sait quels limbes, les oreilles emplies de sonorités rock et d’un délicieux tempo jazzy dont il raffole. Charles c’est une voix (inimitable), un regard souvent tendre, et surtout un sourire massif comme lui. Je connais Charles depuis peu, à vrai dire. Un jour, je lui ai montré quelques photos de Jeanne Balibar en concert au Vauban en janvier 2004 et d’un air salement agacé il m’a regardé en me disant “mais putain ! Elles viennent d’où ces photos ? C’est pris chez moi ça !” J’ai cru un instant que j’allais me faire sortir manu militari jusqu’à ce que vienne le sourire et cet éclat de rire qui résonne pour toujours dans ma tête. Depuis ce jour, j’ai posé mon sac au Vauban, cette putain de salle qui vibre au coeur de Brest, inimitable, incomparable, un endroit unique qu’on ne peut que aimer. Ici, Ferré avait dit à Charles : “ne change rien !” Alors Charles n’a rien changé ou presque. Le charme du Vauban n’est pas désuet, c’est un style, une griffe, un monument. En fait, je connais Charles Muzy depuis toujours. Parce que je suis né ici. C’est ici, dans ce lieu, que j’ai vécu la renaissance d’une passion, après tant d’années de sommeil. C’est d’ici, du Vauban, que tout est parti. C’est ici, au Vauban, que j’ai fait mes premières photographies de concert, grâce à Charles ou peut être à cause de lui. Merci Charles d’être mon ami et bon anniversaire. Et à tout ceux que je croise, dans les fosses et autres lieux hantés par des photographes, à ceux là qui me demandent d’où je viens, je réponds simplement. Je suis du Vauban.
Vous aimez le jazz ? Un nouveau blog dédié au jazz dans la salle de concerts à Brest même que le monde entier nous envie vient tout juste de naître. 









