Un an avec Nikon D3s. Deux ou trois choses que je sais de lui.

florent-marchet-au-vauban-23-novembre-2011Un an. C’est court dans la vie d’un photographe mais c’est largement suffisant pour savoir. D’ailleurs, avec lui, j’ai su tout de suite, dès que je l’ai tenu en mains, j’ai su. C’était il y a un an, pile poil. Malgré son poids d’éléphant (on y reviendra), j’ai senti que j’avais entre les mains LE reflex numérique que je cherchais depuis tant d’années. Un genre d’alliance ultime entre l’aboutissement d’années de recherches de Nikon corp. visant à créer un DSLR capable d’aller capter une image nette dans des conditions de lumières limites d’un côté. Et de l’autre un photographe tor penn*, éternel insatisfait, infatigable explorateur du plus grand mystère de sa vie, la lumière. Au salon de la photo, alors que je sortais d’une séparation houleuse, voire chaotique d’avec Canon, nos chemins s’étaient croisés chez Nikon France. Ah ! Nikon. C’était franchement pas ma tasse thé, Nikon. De toutes façons, j’étais tellement accro aux optiques Canon, au fameux “velouté”, à cette façon irrésistible de transcrire les couleurs, que je ne me voyais pas un instant quitter la maison rouge. Et puis voilà, il y eut l’ours de Vincent (Munier), la présentation en catimini, la litanie des experts marketing cravatés et puis, enfin, la rencontre, la découverte, la première prise en main de ce boîtier dont je pensais à l’époque (et j’en reste convaincu) qu’il marquerait un tournant dans l’histoire de la photographie numérique. Le premier boîtier à avoir franchi la barre symbolique des 100.000 iso, un truc de fou, un concept renversant. Finalement, avec le recul, j’ai réalisé que cet argument choc, cette astuce marketing était surtout là pour marquer les esprits, de manière durable. Et entre nous, ça a plutôt bien fonctionné… Mais la puissance de de ce reflex numérique comme sa pertinence sont ailleurs. Dans la continuité de ce qui a fait le succès de la marque jaune sur le marché du reflex numérique depuis l’avènement du D1 en 1999. Dans cette volonté de pointer vers un seul objectif. Apporter aux photographes l’outil parfait. Une réponse de Nikon qui tient en deux lettres et un chiffre. D3s.
(*casse-tête en breton)

Un bon reflex fait ce qu’on lui dit de faire.
Mais revenons à moi, parce que, entre nous, même si c’est d’une banalité navrante, il faut bien le redire : aussi vrai que l’argent ne fait pas le bonheur, ce n’est pas le reflex qui fait le photographe, certes non. L’argent ne fait pas le bonheur, mais comme disait feu mon grand-père mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade. En photo, c’est pareil. Sauf que vous aurez beau avoir le boîtier super énième mode, si vous avez un regard de merde votre boîtier ne vous sera d’aucun secours. Banalité navrante, je vous dis. Bref. Mon truc à moi, c’est la photo de scène, j’ai même envie de dire de petite scène, l’un des genres photographiques techniquement les plus emmerdants qui soient, les plus contraignants aussi. Je fais aussi du packshot et je peux photographier à peu près tout et n’importe quoi du moment que ça paye les factures. Mais à chaque fois, les contraintes sont les mêmes. D’abord, je veux que mon reflex me suive. Conditions de lumières difficiles, il doit me suivre là où je vais. C’est en particulier vrai pour l’autofocus qui doit réagir au quart de poil, accrocher un point de netteté avec un zeste de lumière. Je bosse toujours en mode manuel, c’est comme ça, je ne sais pas faire autrement. J’ai besoin d’avoir le contrôle, de sentir que c’est moi qui décide. Idem pour l’autofocus. Je n’utilise jamais le mode suivi, je sélectionne manuellement mon collimateur, c’est contraignant mais c’est comme ça. À grande ouverture, quand la chaussure gauche est nette, la chaussure droite est dans le bokeh. Ça, c’est pour la prise de vue en concert. En packshot, c’est différent, moins de contrainte de lumière mais le placement des produits, la mise en scène sont autant de paramètres délicats. Mais quelque soient les conditions de prise de vue, il y a un chapitre où je ne veux pas, plus exactement où je ne peux pas me permettre de passer des heures de taff, c’est le post-traitement. Finalement, c’est pas à la prise de vue qu’on sait si on a en mains un bon reflex. C’est après. Et c’est là où Nikon D3s révèle toute sa pertinence, où il déploie toute sa puissance.

Nikon D3s. L’image est bonne. Tout de suite.
Parce qu’avec D3s, l’image est bonne et elle est bonne tout de suite. C’est quoi le bonheur avec D3s ? C’est de pouvoir cliquer dans le bouton exporter de Lightroom et rien d’autre. Pour moi, ça c’est du bon boulot. Et là vous me dites ? Dans ce cas là, pourquoi ne pas travailler directement au format jpeg plutôt qu’en RAW ? En fait le format RAW c’est une drogue dure, quand on y a touché, quand on sait à quel point ce format peut éventuellement vous sauver la mise, on n’envisage plus de shooter autrement. Mais vous avez raison ! D’ailleurs de nombreux photographes de presse qui utilisent Nikon D3s (comme les photographes de l’AFP par exemple) travaillent pour beaucoup directement en jpeg. C’est d’ailleurs ce qui me plait avec D3s, ce sentiment de confiance, d’adéquation, d’harmonie entre un boîtier, un bras, un œil et un cœur, comme disait ce cher Henri. Le bras, parlons-en. Car c’est le seul sujet qui fâche, avec D3s : son poids de mammouth ! Ah ! Mazette ! Qu’il est lourd à porter, le bougre. J’ai adapté une sangle Optech en lieu et place de la courroie d’origine, une sangle qui présente l’avantage d’être au besoin déclipsable, pratique quand je fais du produit. D’autant que côté optiques, à part le petit Nikkor 50mm f1,4 (que j’utilise rarement), j’embarque Nikkor 24-120mm f4, magnifiquement polyvalent, lumineux et réactif comme un f2,8, une optique qui sait tout faire avec une plage focale de rêve et bien sûr le définitif zoom trans-standard Nikkor 70-200mm f2,8 VRII qui a réussi l’exploit hallucinant de me faire oublier mon cher EF 70-200 2,8L IS et c’est pas peu dire. Nikon D3s et 70-200 accusent à la pesée 3134 grammes (avec deux cartes CF et une sangle Optech) et je vous garantis qu’à l’issue d’une séance mes bras en conservent le souvenir pendant un petit moment. C’est le prix à payer pour avoir le privilège de travailler avec un tandem d’exception.

D3s. Rien à déclarer, à part du plaisir.
Car finalement, le résultat est là. Si je mets de côté son poids, inhérent aux matériaux et aux technologies engagés dans la conception de ce boîtier, il n’y a rien, je dis bien RIEN que je puisse reprocher à Nikon D3s. Il est puissant et surtout il est polyvalent, capable de travailler dans toutes les conditions, il assure, il est capable de générer des images d’une pureté et d’un piqué irréprochables. Il y a un an, j’embarquais avec moi un D3s autant que j’embarquais à bord de la machine Nikon. On a fait un bout de route ensemble et il a toujours été là chaque fois que j’ai eu besoin de lui et il ne m’a jamais trahi. Je n’ai jamais réussi à le mettre en défaut et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé ! Je l’ai trimballé partout dans toutes les conditions de terrain, devant des plans de feux monstrueux comme dans des conditions d’éclairage modestes, sous le soleil, dans la poussière et sous la pluie. J’ai parfois shooté en rafale à 10fps, pour voir et j’ai vu. Dans des ambiances jazzy j’ai tapé en mode Q et personne ne m’a entendu. Nikon D3s, un an après. Chaque fois que je shoote avec ce boîtier, l’émotion est intacte et le plaisir toujours renouvelé. Voilà, on y revient encore, finalement, à la notion de plaisir. Le truc vraiment important, c’est de se sentir bien, d’être en phase avec son matériel, ça n’est pas seulement vrai pour le photographe mais pour tous les corps de métiers, un musicien avec son violon, un menuisier avec ses outils, … “Il ne doit pas y avoir de confrontation entre l’homme et la machine.” Ce postulat n’est pas de moi mais je vous garantis que le gars qui m’a dit ça sait de quoi il cause. D’ailleurs, comme c’est un aussi un lecteur de Shots et l’un de ceux par la grâce de qui cette rencontre avec Nikon D3s est arrivée, j’ai une pensée pour lui, il se reconnaîtra. C’est l’occasion aussi de saluer l’équipe de Nikon Pro, toujours là quand il faut. On dit que c’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis. Je confirme.

D3s. La bonne main.
Avec D3s j’ai enfin réussi à satisfaire et à caler mon éternelle quête d’exigence. Grâce à lui, le doute ne m’habite plus. Au moins, avec un D3s, quand je chie une photo, je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. Et puis, au delà de tout, j’ai trouvé un compagnon de route en qui j’ai confiance. J’ai le sentiment que la route sera longue et pleine de belles rencontres. Alors bien sûr, il y aura d’autres boîtiers, bientôt, avec des specs qui vont faire vibrer les photographes. Mais j’ai l’impression d’être comme un joueur de poker, d’être servi et d’avoir vraiment une bonne main. Je regarderai passer les annonces, bien sûr, avec beaucoup d’intérêt, peut-être et même sans doute aurai-je envie de les tester ? Mais mon boîtier de référence demeure Nikon D3s, pour quelques années au moins. Parce que, finalement, quand on a le privilège d’avoir en mains un boîtier de ce calibre, il faut savoir savourer…

Post-scriptum
Un an. Pour ce premier anniversaire, j’ai choisi de vous montrer quelques clichés réalisés avec Nikon D3s. Ici un stage portrait de Charles Gayle marquant la pose à son piano au Cabaret Vauban, là la fougue de Ari Hoenig, batteur magnifique et instinctif dans le même lieu ou Napoleon Maddox, concentré sur sa machine à sons. PJ Harvey, Yelle, The Chemical brothers au festival des Vieilles Charrues. Une même constance, la complicité avec ce putain de boîtier. Toujours prêt, toujours au rendez-vous. Franchement, entre nous, avec lui, je me suis bien marré et comme dit le Francis, c’est que le début d’accord d’accord. Voilà. On y revient toujours. Du plaisir.

Tests reflex pro Nikon D3s. Effleurer enfin l’inaccessible étoile.

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Je m’en souviens parfaitement, de cette image. Jacques Rosay, pilote de chasse, pilote de ligne et surtout pilote d’essai du projet A3XX qui est devenu, plus tard, Airbus A380. Je me souviens bien de son regard, du pétillant de ses yeux, après le premier essai en vol du prototype A380, nouveau gros porteur d’Airbus industries. Le vieux briscard avait retrouvé son enthousiasme de jeune pilote et sans doute des sensations oubliées. Piloter, maîtriser un engin pareil, au doigt et à l’œil, de vous à moi c’est pas donné à tout le monde. Jacques Rosay fait partie de ces pilotes mythiques, de l’étoffe des héros si chère au cœur de Chuck Yeager, grand baroudeur du ciel devant l’éternel, de ces mecs sévèrement burnés qui sont allés, un jour, chatouiller les étoiles. Mais je m’égare, si je vous parle de Jacques Rosay et de son regard d’enfant retrouvé, c’est parce que j’ai vécu hier soir une expérience similaire, toutes proportions gardées, en embarquant avec moi un Nikon D3s pour un nouveau vol d’essai, pour calibrer l’engin, maîtriser la bête avant le concert privé de -M- samedi soir à Carhaix avec mes potes du festival des Vieilles Charrues. Avec le soutien de Nikon France qui a joint l’utile à l’agréable en livrant un Nikkor 70-200 2,8 VRII sur D3s, je suis allé au Cabaret Vauban et son plan de feux intimiste taper quelques clichés dans l’ambiance cosy des concerts de mes amis de Penn ar jazz. En arrivant sur place, j’ai décidé de ne pas faire dans la dentelle, en montant la molette des sensibilités à 10000iso. Pendant le set, j’ai croisé mon ami Guy Chuiton (mon photographe officiel) qui faisait des clichés argentiques avec son boîtier Contax. Rencontre de deux mondes. J’ai allumé l’écran de contrôle arrière et je lui ai montré la mention “10000″. Il a souri. J’avais l’impression que Jacques Rosay montrait le joystick de pilotage du A380 à Chuck Yeager. Et puis chacun est reparti dans sa bulle…

Nikon D3s. Putain de reflex.
Je vais essayer de me réfréner, de ne pas paraître trop dithyrambique, sinon on va encore me suspecter de publi-reportage pour le compte de Nikon. Tiens, à ce propos, comme le soulignait avec malice un ami photographe, si Shots mangeait dans ce genre de gamelles, je ne serais pas contraint, à l’issue de mes tests, de rendre les boîtiers. Quel dommage ! J’aurais le privilège d’avoir sur mon étagère quelques boîtiers légendaires… Difficile de ne pas sortir extatique d’un shooting avec D3s, tant ce boîtier surclasse de trois têtes, à l’aise, tout ses concurrents. Tous ? Oui, tous sans exception. Nikon D3s est définitivement, à l’heure actuelle, le meilleur reflex professionnel du marché. En combinant une réactivité sans égale, je pense à cet autofocus 51 points redoutablement efficace, la qualité d’optique Nikkor (le piqué du 70-200 2,8 VRII est splendide à f2,8, sublime à f4), un paramétrage personnalisé d’une grande finesse, la capacité de shooter en mode rafale et en suivi autofocus 3D, ce boîtier sait absolument tout faire. Et puis, il y a le coup de génie de Nikon…

Hautes sensibilités. Nikon voyage au bout de la nuit.
Le coup de génie absolu de Nikon c’est d’avoir poussé le bouchon au maximum des possibilités actuelles en matière de gestion des hauts iso. Bien sûr, des gens bien intentionnés vous diront qu’on n’aura jamais besoin de faire des photos à 102400iso. Depuis que la photographie existe, les techniciens n’ont eu de cesse que d’améliorer le confort des photographes, de leur apporter des possibilités sans cesse plus étendues et ce n’est pas Monsieur Leitz et son ingénieur en chef Oskar Barnack, génial concepteur du Leica, qui me contrediraient. Donc, une fois cet argument d’une absurdité sans nom écarté, ce qui m’intéresse c’est que cette fonctionnalité proposée par Nikon sur D3s permet d’aller capturer des images là où on ne pouvait pas techniquement le faire avant D3s. J’ai en mémoire la photo de l’ours réalisée par Vincent Munier, à 12800iso, de nuit, sans un poil de grain, avec pour seule source de lumière les lueurs de la pleine lune. Hier soir, n’ayant ni pleine lune, ni ours sous la main, je me suis contenté de Louis, qui officiait (avec le brio qu’on lui connaît) à la console son du Cabaret Vauban, avec pour seul éclairage celui de la console et les diodes qui la faisaient ressembler à un cockpit d’Airbus A380. J’ai tapé deux clichés, à 16000iso, focale 140mm, 1/50e à f2,8. Un cinquantième, les puristes apprécieront ! Un cinquantième de seconde à 2,8 avec quasiment zéro lumière. Deux ou trois constats sur la netteté, sur le grain et enfin sur la lumière.

La netteté d’abord. Par quel sortilège D3s est-il capable d’accrocher un point de focus dans la quasi obscurité ? Comment l’autofocus de D3s réalise cet exploit, là où la plupart de ses concurrent patinent comme un francilien sur une plaque de verglas en décembre ? On ne le répétera jamais assez. En matière d’AF Nikon est devant, loin devant. Est-ce que l’image présente du grain ? Oui, un peu, mais pas trop. Elle est parfaitement acceptable, comprendre publiable pour un photo reporter, le reste c’est du bla bla… Enfin, D3s est un animal de nuit, capable de sublimer une once de lumière. Une truffe d’ours sous la lune comme les diodes d’une console son au Vauban. Et puis à bien y réfléchir, je me dis que la grande qualité de ce reflex, c’est qu’il apporte au photographe ce sentiment de confort et d’absolue confiance, comme une petite voix qui murmure “vas-y, je te suis et je ne te laisserai jamais tomber“. Voilà, la qualité de Nikon D3s elle est là et tout le reste est singulièrement accessoire. Au moment où j’écris ces lignes, je sais que Nikon ne peut pas fournir de D3s et par avance je m’excuse auprès d’eux d’en avoir ajouté une couche, car j’en connais plus d’un (suivez mon regard embrumé) qui vont craquer à la lecture de ces lignes. Il n’est pas de hasard. Si aujourd’hui on constate une ruée vers D3s c’est que ce boîtier numérique est capable de permettre au photographe pro de réaliser des clichés là où tous les autres sont à la ramasse. Toutes spécialités confondues ! Car D3s est aussi un reflex polyvalent, en clair il sait tout faire, en étant aussi à l’aise en studio que sur le terrain en reportage.
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Points faibles du D3s.
Il y a quelques années, un journaliste qui écrivait un article sur un logiciel que j’avais testé me demandait d’évoquer ses points faibles. Comme je n’en trouvais pas, il m’avait expliqué que dans un banc d’essai il faut toujours trouver un ou deux points faibles, sinon on n’est pas crédible. Alors deux choses. D’abord je ne suis pas journaliste, je suis photographe et je n’ai pas besoin de trouver des points faibles à D3s pour être crédible, sans blague. Ensuite, clairement, je ne trouve pas de faiblesse à ce boîtier. Étonnamment je l’avais trouvé lourd lors de mes premiers galops d’essai il y a un an, hier soir ça ne m’a pas frappé (mais j’ai repris le sport il y a six mois). Clairement, avec un D3s en main, surtout avec son 70-200, comme aurait dit feu ma grand mère il y a de quoi remplir la main d’un honnête homme. Le seul bémol de D3s c’est la taille de son capteur (12mp). Je ne suis pas un adepte du recadrage, pour moi le cadrage est un paramètre essentiel de la photographie, j’ai hérité ça de ma culture argentique, de mes glorieux ancêtres et héros, de Lartigue à Cartier-Bresson en passant par mon cher Larry Burrows. Et puis 12mp c’est largement suffisant pour réaliser des tirages de tailles honorables.

Non, il n’y a rien à dire sur l’évidence et Nikon D3s c’est, à l’évidence, la perfection photographique. Avec ce boîtier pro, Nikon frôle les étoiles, permet d’aller toujours plus haut, plus loin. Avec D3s le photographe pro retrouve ce sentiment de puissance, de performance, de sécurité et surtout, surtout d’absolue confiance. De repousser toujours un peu plus les limites du possible. Un peu comme lorsque Chuck Yeager, au manche de son Bell X1A, tapait le mur du son en octobre 1947 et effleurait, ce jour-là, l’inaccessible étoile…

• illustration photos : Louis, ingénieur du son au Cabaret Vauban (Brest, décembre 2010). La lampe du bar du Vauban (détail) à 16000iso.

Tests Canon EOS 7D. Excellent, à tout point de vue.

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A l’issue de mes tests sur EOS 1D Mark IV, je discutais avec un membre de Canon France et je lui disais qu’au fond, après un test comme celui-là, il n’y avait plus grand chose à ajouter, tant il me semblait avoir fait le tour du sujet. Alors mon interlocuteur (bien intentionné) m’a soufflé qu’il restait encore des tas de choses passionnantes à découvrir chez Canon. “Comme le 7D par exemple ?” De vous à moi, j’étais bien tenté d’aborder ce boîter expert mais j’avais en mémoire quelques uns de mes propos sur EOS 7D, qualifié par mes soins de “Canada Dry de l’EOS 1D Mark IV“. Comme dirait Christophe Miossec, du tacle et de la mauvaise foi. Manquerait plus qu’il soit bon, ce 7D et là, pour le coup, j’aurais l’air malin. Mais la tentation était trop forte et l’envie de défricher trop tenace. Et puis 7D et 1D Mark IV, au fond, c’est un peu le syndrôme du boîtier critiqué à outrance par des gens qui ne l’ont jamais vraiment tenu en mains et encore moins utilisé. C’est d’ailleurs ce qui m’avait motivé pour tester sur le terrain, avec mes conditions, EOS 1D Mark IV et on connaît les résultats. Un boîtier capable de cracher 10 images/seconde sans un pet de flou, avec une qualité et une netteté étourdissante, surtout en bonnes conditions de lumière, même en mode AI servo. Comme EOS 7D est sorti avant son grand frère, embarquant un autofocus revu et corrigé, je me suis dit que ça valait peut être le coup de l’amener avec moi en ballade, sur le terrain. Mon intuition ne m’a pas trompé. Et même plutôt deux fois qu’une…

Le petit frère d’EOS 1D Mark IV
À le voir, comme ça, on sait tout de suite que c’est un EOS, dans la lignée 20 à 50D. Si vous avez déjà eu un EOS, vous ne serez donc pas dépaysé. La construction est propre, le boîtier n’est certes pas tropicalisé mais Canon assure avoir travaillé à l’amélioration de l’étanchéité. Face arrière, on retrouve l’ergonomie habituelle avec la grande molette, un écran 3 pouces confortable. Au chapitre grognon, le bouton on/off a changé de place, désormais logé en haut à gauche. Un bouton de démarrage rapide pour les adeptes de la vidéo (non, je n’ai toujours pas testé les fonctions vidéo). J’aime assez le positionnement des boutons, j’aime le bouton Q qui permet de visualiser et d’accéder aux paramètres du boîtier. Ou pas. Car EOS 7D intègre un menu détaillé avec des fonctions de personnalisation particulièrement élaborées pour un boîtier expert et qui ne sont pas sans rappeler le grand frère, même si évidemment ces fonctions sont moins étendues que sur le Mark IV. On peut affecter, via les menus, les boutons aux fonctions de son choix, décider par exemple d’affecter la molette avant à la vitesse et la roue arrière à l’ouverture (ou l’inverse), de décider du sens de rotation, bref c’est très complet et pour tout dire assez épatant pour les éternels insatisfaits que sont nombre de photographes (suivez mon regard). Une mention spéciale pour le viseur 100% parfaitement lumineux, le choix étendu du mode autofocus, l’illumination du viseur en rouge ou noir selon le niveau de lumière, le quadrillage virtuel, le niveau intégré et j’en passe. C’est un APS-C, un choix somme toute logique de la part de Canon. Un choix casse-gueule aussi : loger 18mp dans un capteur aussi petit ça tient presque du miracle. EOS 7D génère des RAW de 5184*3456 pixels pour un poids unitaire (à la louche) de 20Mo. Comptez 2Go d’espace disque pour la centaine de clichés, je ne vous fais pas un dessin. Vous pouvez commencer à investir chez Sandisk ou Lexar, en tapant sur des cartes 16Go minimum. Et pour le disque dur, c’est idem, 2To est désormais un standard.

Léger, discret, exigeant
EOS 7D ne vous envoit pas sur l’île aux enfants. C’est un EOS, c’est donc un boîtier exigeant. D’abord en optiques. Servez lui du L et exclusivement de la gamme L, votre boîtier vous le rendra. Pour mes tests, j’ai utilisé mes optiques L et principalement mon 70-200 2,8L IS. Mon optique de prédilection qui, par la grâce du capteur, se comporte en focale 110-320, autant dire un casse-tête dans une salle de dimension réduite où je suis collé à la scène et un vrai bonheur dans un pit de concert en festival comme aux Vieilles Charrues. Dans cette gamme d’EOS, j’aime la compacité du boîtier qui permet de voyager aussi discret que léger. Avoir un 7D en main après avoir trimballé 1D Mark IV, c’est assez savoureux. Seul bémol, la prise de vue en mode portrait, moins aisée, même si l’ajout d’un grip optionnel permet d’accéder à ce mode. Pour ma part, le grip j’en suis revenu : plus lourd c’est plus de fatigue à la fin de la journée. Puisqu’on parle de grip qui embarque deux batteries (donc un max d’autonomie), une précision sur la batterie propriétaire LP-E6 de Canon qui intègre des fonctions étendues, comme le nombre de prises de vue restantes, le niveau de charge. Comme toujours, avant de partir avec votre 7D sous le bras, LE bon conseil est de vous manger la doc. En entier ? Oui, en entier. Je l’ai fait avec 1D IV et j’en ai fait autant avec 7D. Une fois fait le tour du propriétaire, il est temps d’aller au charbon.

Sur le terrain avec EOS 7D
J’ai fait une demi douzaine de concerts avec 7D, pour le moment. D’abord au Vauban, avec Lætitia Shériff puis Nouvelle vague et bizarrement, j’ai senti que j’avais ce boîtier en main quasi immédiatement. En fait c’est comme si j’avais toujours eu un EOS 7D. Les clichés ramenés du concert de Nouvelle vague ont confirmés cette intuition. 7D génère une image douce et veloutée avec un niveau de piqué et de netteté très acceptable. Côté sensibilités, les clichés ont été réalisés sur une plage 400 à 1600iso, en mode one shot. Sur des conditions de lumières drastiques, j’ai testé le mode rafale, à 8 images par seconde autant dire que 7D tient la route ! Un mode qui devrait ravir les photographes animaliers et les photographes sportifs. Une fois ramenés à la maison les clichés et les premières sensations, j’ai travaillé sur l’affinage du paramétrage du boîtier. Rappelons encore une fois l’accès à des fonctions personnalisées, au paramétrage d’un style d’images par thématique voire par utilisateur. J’évoquais précédemment la lecture du manuel, prenez aussi le temps de tester différents paramétrages avant d’aller en prise de vues. Après avoir peaufiné mes réglages, j’étais prêt pour repartir sur le terrain.
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Seconde session, je suis au Club, la petite salle de la Carène pour le festival Sonore avec trois concerts de jazz, dont l’excellent Peter Brötzmann Tentet et le trio Tazartès, Berrocal, Fennech. Le déclenchement de 7D (lui aussi paramétrable) peut s’avérer aussi discret qu’utile, d’ailleurs j’aime assez le flap-flap du miroir qui n’est pas sans me rappeler le déclenchement du rideau en titane de mon F1n, allez savoir pourquoi. Je crois que je n’avais pas pris autant de plaisir à photographier depuis un bail, si j’exclus la période Nikon D3s et Canon 1D Mark IV. L’autofocus EOS 7D est parfaitement réactif, avec un léger poil de recul dans les zones d’ombres mais rien de dramatique. Le shoot est souple, confortable et on sent que le boîtier en a sous la godasse. En même temps, il convient de rappeler que 7D embarque un double Digic IV et une capacité surprenante à étaler de l’image en 14 bits, notamment en mode rafale, capable d’enregistrer du RAW à 8 fps, excusez du peu. Je ne le sais pas encore mais le meilleur est à venir.

Excellent à tout point de vue, brut de capteur.
J’ai choisi (sur le conseil express de Canon) de dérusher mes RAW avec DPP dans un premier temps en me disant que je pourrais toujours utiliser Adobe Lightroom au besoin pour optimiser mes images. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que les images de la session jazz shootée à la Carène au festival Sonore, ces images sont nickels, brut de capteur. En visualisant les clichés, j’ai ressenti un frisson de plaisir, ce truc indéfinissable qui se produit lorsqu’on découvre pour la seconde fois une image qu’on a réalisée. On regarde l’image, le cadrage, la netteté, le piqué, les couleurs, les lumières, les contrastes. Et si tous les paramètres sont réunis, en une fraction de seconde on se dit seulement “wouah !” On réalise alors que celle-là et puis celle-là, et puis celle-çi, et puis pas mal d’autres… Elle sont vraiment bonnes et ça va être chaud pour faire le tri. C’est exactement ce qui m’est arrivé avec les trois séries tapées à la Carène. J’ai réalisé avec EOS 7D une série d’images d’un excellent niveau de qualité (je parle de technique). À aucun moment ou presque je n’ai été confronté avec EOS 7D à la cruelle problématique : mes réglages sont bons, mon cadrage est bon, tous les paramètres sont réunis pour que le cliché soit bon, mais… Est-ce que le boîtier va me suivre ? Oui, EOS 7D m’a suivi, j’ai l’impression d’avoir retrouvé avec lui une sérénité oubliée et même d’être revenu aux fondamentaux de la photographie. Un peu de technique, beaucoup de feeling. Et surtout du plaisir. Le plaisir de shooter. Le plaisir de montrer des images authentiques, brut de fonderie. Les clichés des trois sets de jazz n’ont en effet subi aucun post-traitement : cadrage d’origine, balance des blancs d’origine, zéro accentuation. Un simple RAW immédiatement traduit en jpeg. L’image vue par mon oeil et par le capteur de mon EOS 7D.

EOS 7D ? Putain de boîtier !
J’ai reçu ces derniers temps beaucoup d’emails de photographes propriétaires de boîtiers de série expert me demandant mon avis sur EOS 7D. Aujourd’hui, je peux me prononcer. Voilà un boîtier qui m’enthousiasme clairement et que je recommande à tous les photographes qui recherchent un reflex réactif, polyvalent, léger. Mais attention ! C’est aussi un boîtier très exigeant, ma recommandation s’accompagne d’optiques de qualité et pour cela rien de mieux à mes yeux que la gamme L de Canon. EOS 7D c’est aussi à mon avis un excellent choix pour les professionnels, autant comme boîtier principal qu’en boîtier backup, pour un prix somme toute très attractif (autour de 1000€ HT). En complément d’un fullframe comme d’un APS-H, le capteur APS-C du 7D peut s’avérer d’un grand secours, sur le terrain, avec son coeff de 1,6. Sa taille réduite lui permettra sûrement de se trouver une petite place dans votre sac et ses performances font de lui un excellent atout dans la panoplie du photographe. Last, but not least, un paramétrage fin du boîtier vous permettra de tirer la quintessence de ce reflex et de façonner EOS 7D à votre image. Pardon ! À vos images.

• clichés : Tazartès, Berrocal, Fennech Festival Sonore La Carène mai 2010 – EOS 7D + 70-200 2,8L IS 3200iso, brut de capteur.

voir la série de clichés EOS 7D brut de capteur sur Cinquième nuit

Atlantique jazz festival 2009. Archie Shepp le magnifique, au Quartz.

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Il n’a pas changé, depuis octobre 2004, quand je l’avais photographié au Vauban. Ce soir, sur la grande scène du Quartz, il a la même allure bonhomme, la démarche chaloupée, le pas prudent. On dirait qu’Archie Shepp s’économise, qu’il savoure la vie, qu’il mesure chaque note qui s’évapore de son sax ou de sa clarinette. Ils sont nombreux autour de lui pour cette Phat Jam, mélange de jazz et de slam, rien que du beau linge, dont Napoléon Maddox à la beat box ou Ronnie Lynn Patterson au Fender Rhodes. Gros son, donc, rythmé derrière les fûts par le classieux Hamid Drake croisé la veille au Vauban pour un set miraculeux. Ouaip ! Ils sont nombreux sur scène, mais moi je ne vois que lui, Archie le magnifique, point d’orgue de l’Atlantique Jazz Festival dont la bannière orne la façade du mythique Hôtel Vauban entièrement rénové, juste en face du Quartz. Un concert unique, suave et velouté, entre longues tirades au sax et chant entre root et blues, que dire d’autre que magique ? Le temps ne semble pas avoir de prise sur Archie Shepp. Et encore moins sur son pur talent.

• cliché inédit : Archie Shepp au Quartz, scène nationale de Brest
voir les clichés du concert sur Cinquième nuit

Atlantique jazz festival. Bill Carrothers illumine le Vauban.

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Il est penché sur son piano et semble cherche la note ultime qui lui échappe, il cherche la note bleue comme d’autres cherchent le Saint Graal. On se dit qu’il ne la trouvera pas parce qu’elle n’existe pas. Et pourtant… Bill Carrothers extirpe des notes avec une facilité déroutante, déconcertante même, mais jamais désinvolte. Je fais remarquer à Bill, avant le concert, qu’on s’est vu il y a pile poil cinq ans et une semaine. Il s’en souvient mais a l’impression que c’était hier. Ce soir c’est en trio, pour une session magique et débridée. Les doigts de celui que Libération désignait, en toute simplicité, comme le plus grand pianiste de jazz du 21ème siècle, ces doigts-là semblent autant s’amuser sur le clavier qu’on a de fascination à écouter la partition. Et puis, ça part en live et on a l’impression que plus rien ne peut arrêter le pianiste, juste une note finale, comme un souffle, une perfection, un plaisir.

Un sourire, un clin d’oeil, autant de simplicité que de pur talent. Géant.

plus d’infos sur Atlantique jazz festival sur le site de Penn ar Jazz



Sandra Nkaké. Quand une diva tutoie les anges.

sandra-nkake-run-ar-puns-2009Une découverte musicale, c’est toujours un grand moment. Quand la découverte se fait en live, c’est encore plus violent. A dire vrai, je m’y attendais, à la gifle, mais franchement je ne pensais pas qu’elle serait aussi sèche, violente, sans appel. Il faut vous dire qu’on m’avait prévenu. Un de mes bons amis, un érudit estampillé world music qui se reconnaîtra, m’avait gentillement harponné sur le fait que j’avais quasiment passé sous silence le concert de Sandra NKaké en ouverture de Meï Teï Shô en me soufflant, un tantinet narquois que le putain de concert annoncé ne serait peut-être pas celui que je croyais. J’étais prévenu. Quelques jours plus tard, je passais au Run ar Puñs et là, pendant le café, Jakez me reparlait de Sandra Nkaké, y allant de son “ah oui ! Ça va te plaire…” Le soir du concert, je croise un habitué des lieux. Remise de couvert, tu connais Sandra NKaké ? C’est pas possible, c’est quoi ? Une coalition ? Une caméra cachée ? [Lire plus...]

Pour Julien Lourau et Jeff Sharel, tapez 1.

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Un samedi soir au Run ar Puñs. Douceur d’une soirée de mai, j’arrive sur le parking qui jouxte la longère mythique. Comme toujours, il y a quelques kids qui tapent la discute accoudés à leurs voitures en avalant une (ou deux) Kro, en attendant les potes, histoire de prendre un peu d’avance au compteur. Ce soir, je me dis qu’un Julien chasse l’autre, à grand coups de pompes dans l’oignon, tant les deux univers supportent peu la comparaison. Julien Lourau est une anti-star et ses choix musicaux en attestent. Ce type est capable de tout et avec brio. Pour ma part, je l’ai vu jouer dans un partition purement jazzy, au Vauban, et c’était déjà à tomber. Deux jours plus tard, alors qu’il avait décidé de rester un peu à Brest, peut-être simplement parce qu’il s’y sentait bien (en même temps, comment ne pas se sentir bien au Vauban à Brest, je vous le demande ?), il avait fait un featuring au saxo sur le set de Elysian Fields et ce moment s’était transformé en pure magie. Ça, c’est l’effet Lourau. Cette capacité à transformer tout ce qu’il touche en grâce infinie. Quelque soit le style. [Lire plus...]

Sun, longboard, sex wax and rock’n roll : Tahiti 80 strikes back !

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Je crois que j’ai rarement été aussi heureux de reprendre la route des concerts, après une pause hivernale qui m’a fait le plus grand bien. Samedi, direction le Run ar Puñs, une salle définitivement mythique (à vrai dire Run ar Puñs et mythique c’est un pléonasme), à mi-chemin entre Brest et Quimper. Une salle ? Non, un chaudron, une longère tout en granit et une grande cour de ferme façon mode de Bretagne, un lieu totalement intemporel, aussi belle dehors que dedans. D’ailleurs dedans, ce qui frappe c’est une ambiance qu’on ne trouve nulle part ailleurs, surtout quand c’est à bloc Jean Floc’h (ce qui arrive assez régulièrement vu la qualité de la programmation) le Run ar Puñs (il paraît qu’il faut prononcer reune art pince mais pour ma part j’ai toujours dit reune ar peunsse, eh ouais plus punchy) c’est vraiment un îlot paradisiaque façon Tahiti, avec tout plein de vahinés chaudes comme des punch cocos assaisonnés au tabasco. Donc, demain soir, Tahiti 80, le combo french touch le plus célèbre dans l’Empire du Soleil Levant, LE groupe qui fait tremper les petites culottes des mangas girls estampillées made in Japan, revient nous fredonner ses petites bluettes dans la grande tradition de l’easy listening US, mâtiné de french touch et nous faire le coup du revenez-y façon “love is all around”. Et hop ! On sera (enfin !) en mars, direction le printemps (la saison, pas le magasin bande de nazes, qu’est-ce que j’irai bien foutre au Printemps d’abord ?) avec quelques concerts en ligne de mire, allez hop ! Au hasard et dans le désordre, Cirkus feat. Neneh Cherry (faites une recherche sur Girls-rock.net), Maria Modiano (oh ! lala !) en ouverture de Peter Von Poehl – un concert vaubanesque hautement recommandé, classé putain de concert en 2007 -, Martin Rappeneau (classé putain de concert en 2006), quelques sets de jazz classieux dont Next, une touche d’électro avec Elisa Do Brasil (rien que le nom ça donne envie), et puis, évidemment, un détour par Carhaix, tatataaa ! (14 et 15 mars) pour les Vieilles Charrues remettent le son (en attendant de faire péter les amplis à Kerampuihl cet été avec qui-vous-savez). Du soleil, des manga girls, une limonade au Vauban, un petit crème au Run ar Puñs. Je ressors ma longboard et mon sex wax. The serial shooter is back.

Des voyeurs qui payent pour voir un exhibitionniste, c’est petit.

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En attendant la reprise de la saison au Run ar Puñs le 9 février – et croyez moi sur parole, le Run ar Puñs s’est encore déchaîné pour nous offrir une prog renversante à l’image de la soirée Brisa Roché + The Dø à ne rater sous aucun prétexte – c’est reparti pour une saison de concerts. Au Vauban, un brin d’émotion avec Anne Vanderlove (back in the 70′s) et le plaisir de retrouver Raphaël Chevalier qui officie au violon avec Da Silva ou Denez Prigent. Au Vauban encore le retour de Denis Bortek aka Jad Wio, pour un concert glam et goth. Le public voyeur en a pris plein les mirettes et j’en ai un profité pour faire quelques clichés. En voyant Bortek se déhancher en latex devant un parterre de mateurs, il m’est revenu cette phrase de feu Desproges : “des voyeurs qui payent pour voir un exhibitionniste, c’est petit.Higelin à la Carène, porte ses soixante-huit piges, à l’aise Denise. “Je veux cette fille” en ouverture a donné le ton, les monologues qui nous amusaient tant il y a trente piges deviennent lourds, limite pathos, dont acte. Le lendemain au Vauban, tatataaaa ! Uztaglote, le trio nantais, avec Liz la femme à bretelles officiant à l’accordéon. C’est drôle, gai, impertinent. Magique quoi ! Et puis hier soir, du jazz. Orti et Payen ont ouvert en duo de saxo free déglingué, se baladant dans la salle, offrant au public un set ébouriffant. Juste derrière Aka Moon. Si vous êtes un peu connaisseur (comme Charles par exemple, qui les a fait venir au Vauban à leur début) l’évocation seule du nom vous fait vibrer. Si vous êtes une burne en jazz (un peu comme moi) vous attendez les deux premiers morceaux pour en prendre plein la gueule. C’est du jazz rock Grand Cru Classé de 1855, trois pointures, basse, saxo, batteur, avec une mention spéciale pour ce dernier, définitivement éblouissant derrière les fûts. Bref, la musique jamais ne s’arrêtera. Et toutes les images seront bientôt à voir, sur Cinquième nuit, évidemment. Yeah !

• cliché inédit : Denis Bortek aka Jad Wio à l’Espace Vauban

La naissance de la grâce

Valentina Casula et Jean-Luc Roumier en concert au Vauban
Son prénom à lui-seul – Valentina – c’est déjà la promesse d’un moment exquis. Valentina fait partie de ces femmes qui ne se contentent pas d’être belle, italienne jusqu’au fond de son regard de braise et d’avoir une démarche à damner Gogre et tous ses anges et ses Saints. Valentina Casula chante, sur les accords posés à la guitare par Jean-Luc Roumier, et cette voix féminine, ronde, sensuelle vous envahit, l’émotion vous submerge et vous comprenez alors ce que le mot talent signifie. Et si vous êtes photographe (suivez mon regard), vous assistez à un instant magique, rare et surprenant, la naissance de la grâce. Ce moment subtil où un visage s’éclaire, s’illumine, se découvre, se dévoile. Unique et intense.

voir les photos de Valentina Casula et Jean-Luc Roumier sur Cinquième nuit

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