Kwal, la divine surprise du Bout du monde.


Danser, chanter, jusqu’à pas d’heure, pour aller faire tomber des murs… J’ai découvert Kwal, par hasard, un soir de septembre, au Run ar Puñs, l’an passé. D’ailleurs, c’est souvent comme ça au Run ar Puñs. On ne sait pas trop ce qu’on vient y voir et on ressort de l’endroit des étoiles plein les yeux. A dire vrai j’avais été subjugué par la prestation, non seulement de l’individu, mais du groupe tout entier. Classer Kwal, lui coller une étiquette, lui attribuer une case, un style ? Non, impossible. Kwal est inrangeable, inclassable, Kwal est un index unique, un artiste rare, polyvalent, politiquement incorrect. Entre slam, rap, chanson, comédie, Kwal surfe sur le mélange des genres, des ethnies, des cultures. Son univers à lui tient dans le seul titre “là où j’habite” où il décrit un quoitidien qui tire un peu sur le sordide sans tomber dans le pathos, où même le beauf de service recèle une part d’humanité. Mais Kwal n’est jamais larmoyant, bien au contraire, il manie l’humour et la déconne comme personne dans “reviens !” ou “les pénibles”, et quand il déclare sa flamme à l’élue de son coeur (“un bout de route”) c’est avec sensibilité et tact. Au Run ar Puñs, il avait dit, seul en scène, un texte d’une beauté rare dédié à sa mère, et tous les yeux s’étaient embués, comme sur le titre “bonhomme”, un poème en prose dédié à un enfant. Voilà. Sur scène, aussi, on retrouve l’univers cosmopolite si cher au coeur de Kwal. Les cultures se croisent, se mêlent, s’entremêlent, les instruments s’accordent et le résultat est harmonieux. Kwal est un mélange de candeur, de naïveté et son regard sur le monde m’émeut. Pour moi, Kwal fait partie des concerts inratables de l’été, au même titre que Bashung au Bout du monde ou que Nina Nastasia à la Route du rock. Rendez-vous au bout du monde avec Kwal, pour danser, chanter jusqu’à pas d’heure…

Buzz : Alister fils naturel de Sébastien Tellier (et neveu de Katerine).


Je suis tombé sur le clip d’Alister (“Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?”) il y a quelques jours en zappant sur la TNT et franchement la moue habituelle devant le spectacle navrant des chaînes pseudo-musicales du bouquet s’est soudainement transformé en sourire et puis au fil du clip en franche bidonnage. Sur la trame, le réalisateur montre quelques séquences de ratages somptueux façon vidéo gag (mais sans les commentaires affligeants de Bernard Montiel, c’est toujours ça de pris). C’est bien connu, il n’y a rien de plus drôle que de voir quelqu’un se rétamer (surtout si ça fait mal). On en redemande. Alister. Ca fait du bien là où ça fait mal.

Justice, le buzz et l’argent du buzz.

justice aux vieilles charrues en 2007Stress, le clip de Justice, c’est le buzz du moment, tout le monde en parle. Alors, comme un passage obligé de crétin d’internaute que je suis, en bon voyeur de l’image malsaine, je me suis branché sur Youtube et j’ai visionné le clip. D’abord, parlons photo, esthétique, visuel, il n’y a rien à dire sinon que Romain Gavras (le fils du réalisateur de “L’aveu”, de “Z”, …) sait tenir une caméra. Dont acte (gratuit). Ca c’est pour la forme et il faut admettre que c’est plutôt réussi. Ce qui me gêne c’est le fond, tout ce qui constitue la trame, le déroulé, un scénario bâti autour d’une équipée sauvage, d’un mini gang composé de mômes de banlieues qui cassent, insultent, cognent, détruisent à peu près tout sur leur passage. Une ode à la violence avec Justice en bande son et le logo du groupe cousu sur les blousons. La problématique avec ce genre de clip, c’est qu’il est rarement pris au premier degré. Pour s’en convaincre, il suffit de lire les commentaires outrés des internautes : “Le pire, c’est que cela doit représenter une réalité bien présente.” J’imagine volontiers la détresse des associations qui œuvrent dans les quartiers, à la vue d’un film qui dépeint une réalité sordide, déformée. Et Justice dans tout cela ? Justice fait son buzz et profite de ses largesses. A défaut d’avoir trouvé la vibe ultime – j’ai vu et photographié leur set aux Vieilles Charrues en 2007 et je dois à la vérité de dire que je m’y suis emmerdé comme rarement – les deux compères ont parfaitement assimilé toutes les bases du marketing lié au business de la musique : identité visuelle soignée, street marketing, décors dantesques constitués d’amplis Marshall ampilés (mais pas branchés), etc… Au dernier étage d’une tour d’ivoire, Justice savoure le buzz et l’argent du buzz en matant avec cynisme et détachement la courbe des ventes, au tintement du roi pognon et des fines bulles de Dom Pérignon. En attendant, la banlieue crève, rongée par l’abstinence des politiques, le chômage et les manques de moyen. Mais je m’égare, à mon tour… Stress c’est juste qu’une fiction, c’est pas réel, pas pour de vrai. D’ailleurs, entre nous, hein ? Qui voudrait encore de nos jours, même en banlieue, foutre le feu à une Citröen BX, je vous le demande ?

Art Rock 2008. Je résérecte, encore et encore.

rokia traore featuring keziah jones art rock 2004Cinquième édition pour Cinquième nuit à Art Rock. Je ne fais pas trop dans la nostalgie, mais quand même. Il y a des choses qui ne s’oublient pas. Par exemple je ne suis pas prêt d’oublier qu’il y a cinq ans j’appelais Art Rock pour obtenir une accrèd et qu’à l’issue de ce festival, couvert avec un modeste boîtier argentique, j’entrais de plain pied dans un monde dont j’ignorais tout des codes et des régles (mais j’apprends vite). Je ne suis pas prêt d’oublier cette putain de sensation que je ressens et qui m’envahit lorsque j’entre dans la fosse, cette bulle qui m’entoure, cette impression de vide, quasi autistique. Plus rien n’existe, il n’y a plus que la traque de l’image, la saisie de l’instant. Demain, donc, je vais retrouver Art Rock que j’aime tant et qui me le rend bien, un festival dont le coeur bat pendant trois jours à l’unisson avec celui d’une ville, Saint Brieuc. L’occasion aussi de retrouver des gens que j’aime, comme Daniel Darc (putain de chanteur), Nada Surf (putain de bassiste), les allumés de Dionysos (dont je ne me lasse pas même si j’ai une préférence marquée pour les couettes virevoltantes de Babetouchka…) et les kids d’Adam Kesher (découverts à la Route du rock). Ouaip ! Art Rock m’appelle et en plus cette année Art Rock m’expose, alors deux bonnes raisons d’y aller. C’est demain et je sens cette excitation palpable au bout de mon index. Il en veut. Alors je résérecte, encore et encore.

• illustration : Rokia Traoré feat. Keziah Jones pendant Art Rock en 2004

Histoire de la télévision. Parle à ma main.

michael youn yelle parle a ma mainVendredi soir. Ca a été une semaine difficile. En fait, le genre de semaine que tu veux éviter de revivre, si c’est possible. Un timing serré fait de contraintes, de désagréments, de problèmes collatéraux, de tout ce qu’Aznavour désignait par le terme générique d’emmerdes. Vendredi soir, tard, c’est fini. Tu es le cul dans ton fauteuil, tu bois une tisane magique censée calmer ta tension et machinalement tu allumes ton poste de télévision. Première erreur grossière. Oh ! Magie de la TNT qui relaye une foule de petites chaînes toutes plus merdiques les unes que les autres. Il paraît que TF1 se fait un sang d’encre devant la concurrence au niveau zéro, on les comprend. La boîte à cons n’aurait donc plus le monopole de la bêtise télévisuelle ? Je confirme. A nous les AB1, MTV, Virgin 17 et consorts. Entre programmes pour décérébrés – Next, Dismissed, … – et programmes pathos – il faut regarder au moins une fois Extreme Makeover – on trouve néanmoins des perles incontournables comme le cultissime Pimp my ride, animé par le joyeux Xzibit et la bande de fous furieux de la clé à molette signée West coast customs spécialisée dans la customisation de tas de boue. On devrait leur envoyer Madame de Fontenay, les kids de WCC en feraient peut-être quelque chose d’honorable (…). Mais je m’égare… Me voilà donc les yeux rivés sur l’écran 16/9ème de mon poste, pour un improbable hit music only, quand déboule “parle à ma main” de Michael Youn aka Fatal Bazooka. Difficile de ne pas être sidéré devant un tel niveau cosmique de conneries et de clichés accumulés dans un format aussi court. Je rends grâce au talent de Youn, génie absolu du marketing télévisuel, grand recycleur de modes. On se souvient de ses commandements (pâle copie des idioties authentiques de Jackass). En revanche, à constater la capacité de Youn à détourner un phénomène ambiant pour en retirer les meilleurs bénéfices, tous les experts du marketing mettent chapeau bas. Après une première tentative avec un guest deluxe (…) Pascal Obispo, Michael Youn remet le couvert avec Yelle dans un clip dont le titre à lui-seul – parle à ma main – frôle le pathos. Ce qui m’amuse, c’est la présence de Yelle, encensée par les Inrocks (mon hebdo culturel) dont elle est devenue quasiment une égérie, désormais en tête de gondole chez le VRP d’un business honi par cette même presse. J’ai regardé jusqu’au bout, la totale : Youn en mini-jupe écossaise, Youn en majorette sur un tempo insupportable relayé par les chorus de Yelle. Et puis, enfin, j’ai fini par trouver le chemin de la télécommande, celui du bouton rouge qui a abrégé mes souffrances. Je regarde ma montre. Minuit 2, on est samedi. Ca a a été une semaine difficile.

en savoir plus sur Michael Youn

Sayag jazz machine, il n’y a pas d’abonné…

sayag jazz machine au run ar puns novembre 2007
Hier soir au Run ar Puñs. Le Sayag jazz machine vient poser ses tempos déconnants sur la scène du Run devant une salle quasi comble. Coup de génie pour les uns, grosse arnaque pour d’autres, le Sayag mélange avec désinvolture les influences, de l’electro root de bon aloi aux sonorités vaguement jazzouilles. Le public du Run (qui ce soir rime définitivement avec djeune), lui, ne se pose pas tant de questions et se laisse aller à la transe déconne, savourant les allusions déconnesques du maître de jeu au saxo. A vrai dire, Sayag jazz machine n’est pas trop ma tasse de thé, même parfumée aux herbes qui font rire. Et puis c’est vendredi et j’ai la tête dedans. Où ça ? Dans ton cul évidemment, tant les volutes de clopes en tout genre, roulées OCB ou Winston cigarettes m’agressent sévérement le cortex, moi l’ancien combattant, fumeur invétéré et décérébré que je fus pendant vingt longues années, période durant laquelle je fis subir ma tabagie ignoble et puante à mes proches, n’affichant qu’un intérêt minime aux états d’âme de mes voisins enfumés. Et puis un jour, je suis sorti de ma torpeur, préférant l’abstinence à la lente crevure. Un téléphone sonne et m’extirpe hors de la léthargie molle où m’avaient plongé les volutes aux herbes de provence. Une voix intérieure semble répéter qu’il n’y a pas d’abonné au numéro que vous avez demandé. One shot, celle-là, c’est d’la bonne petit frère. Allez, c’est dans la boîte… Extérieur nuit, l’air est si pur. Deux mois. Dans deux mois le tabac sera définitivement interdit dans les lieux publics.

Fusion jazz, rock, électro. Attention ! Concert énorme en vue au Vauban !

truffaz benita burger en concert exclusif au cabaret vauban 19 octobre 2007
Au départ, déjà, ça s’annonçait pas dégueu. Erik Truffaz et le Ladyland quartet au Vauban, on signe un concert comme ça quand vous voulez. Et puis le Ladyland ne pouvant être au complet, Quai ouest nous a annoncé Truffaz en duo avec Michel Bénita, une pointure dans le monde du jazz, un des meilleurs contrebassistes du jazz frenchie, on prend ! A l’instant je reçois un email de Quai Ouest qui annonce Rodolphe Burger en guest deluxe ! Truffaz, Bénita, Burger au Vauban le 19 octobre. Oui, oui, vous avez bien lu. Alors un conseil, si vous aimez le jazz, le rock, l’électro, et tout simplement la musique géniale et inventive, ne ratez pas cette soirée parce qu’en vérité je vous le dis, de vous à moi, ça va être mons-tru-eux ce concert, probablement l’un des concerts de l’année au Vauban. Faites vite, il reste des places. Et après ce concert (et inclus dans le prix du billet), la fête continuera avec un set de FMR.exe. Ca va le faire.

Edit : concert annulé pour cause de grève :(

voir le site jazz à vauban

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