Mansfield Tya. Dans les bras de Nyx, déesse de la nuit.

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Je suis sorti secoué, lessivé, éreinté, essoré, subjugué du set de Mansfield Tya. Depuis, j’essaie (vainement) de reprendre mes esprits, en écoutant notamment NYX, le nouvel opus des deux damoiselles du duo nantais. Un signe qui ne trompe point. Bon, déjà il y a quelques mois, j’avais eu l’occasion d’approcher l’univers musical de ce groupe totalement atypique, d’effleurer la beauté, la douceur vénéneuse et la violence de leurs compositions. J’avais écrit un billet pour le site du Vauban sur la venue du groupe en octobre à l’invitation des filles de CoNNe AcTioN et là j’avais pris, coup sur coup, deux titres en pleine gueule. Animal, d’abord, une composition étrange, un univers étrangement fascinant, mélange de voix baroques et de pizzicatos violonesques assumés avec une assurance parfaitement maîtrisée et là je m’étais dit, en me parlant à moi-même, mais putain, what the fuck, on ne m’avait donc rien dit ? Et puis par dessus, il y avait eu un autre titre qui a tourné en boucle, à la fois sur le site du Vauban et dans ma tête pendant des mois et il ne fut pas rare que l’envie me prenne de fredonner “il n’y a pas d’étoiles sur le plafond…” régulièrement dans la journée, ce qui agaçait considérablement mon entourage. Bref. J’étais accro. Mansfield Tya était entré dans ma tête, par la grande porte, sans effraction, avec douceur et volupté, instillé dans mes veines comme un divin poison. Comme j’aime, en somme.

Et puis il y a eu le set du Vauban. Sur scène, deux synthés, une batterie et deux filles, Julia et Carla. L’une vocalise pendant que l’autre s’applique, désinvolte mais consciencieuse sur son violon et là, dès la première note, Ô mes petits frères et sœurs ! Un frisson qui m’envahit le cortex, me secoue la carlingue de haut en bas, quelque chose d’indéfinissable, de doux et en même temps de violent, comme une passion, un feu, une petite mort, un ange exterminateur. Mansfield Tya c’est une tornade, un truc qui te prend, te soulève et qui ne te lâche plus. Ça passe ou ça casse. Soit on aime, radicalement, soit on déteste définitivement, mais avec elles, pas de juste milieu, pas de peut-être, de oui pourquoi pas ? Ça n’évoque rien, c’est à la fois de la pop, mâtinée de son baroque qu’on croirait tout droit venu de temps lointains, à voir ces deux filles faire tout avec brio on pense au son rock minimaliste des White stripes et puis non, ça repart un peu plus loin, je ferme les yeux et la complainte des voix me rappelle la douceur des filles du trio Au revoir Simone, mais pas pour très longtemps parce que Julia est déjà à la batterie et cogne sur ses fûts comme une furie, mais toujours avec élégance. Totalement désinvolte, cette Julia, c’est marrant elle me rappelle vaguement quelqu’un, croisé aux Vieilles Charrues, dans un univers parallèle, sans doute. Mansfield Tya me tient et ne me lâchera plus. Une petite heure à peine et l’oiseau s’est (déjà) envolé. C’est d’ailleurs le seul (petit) reproche qu’on pourra faire au duo, on ressort un peu frustré tellement c’était bien, tellement c’était bon, tellement qu’on a envie d’en reprendre encore un peu, comme quand on a envie de lécher le fond de la casserole avec ses doigts, avec gourmandise, mais non, enough is too much, c’est fini et putain ! C’était vraiment bon…

Finalement on ne pouvait imaginer meilleure ouverture que Mansfield Tya pour cette première édition d’Astropolis collection Hiver. J’ai rencontré Julia, après le set, elle et son regard bleu azur. Je lui ai dit que j’avais cru croiser son chemin par le passé et elle m’a regardé en souriant avant d’ajouter : “Ah ! Je vois que vous avez rencontré ma sœur…” Je n’ai pas insisté et puis j’ai balancé un hasardeux “j’aime beaucoup ce que vous faites” avant d’essayer de ma rattraper maladroitement sur un truc aussi convenu (en deux mots). Julia, aussi lumineuse à la ville qu’à la scène, pas la peine d’en rajouter. Putain de concert. Mansfield Tya est entré dans mon Panthéon musical, en douceur, avec l’élégance définitive qui est la marque de fabrique de ce duo intemporel. Entre Miossec et Bashung, entre Gainsbourg et Daho, Florent Marchet et François Audrain, Romain Humeau et Eiffel, entre Mozart et Au revoir Simone, il y a désormais Mansfield Tya, regard bleuté, mélange sublime de voix et délicieuses bidouilles sonores qui m’emportent ailleurs, loin d’ici, dans les bras de Nyx, déesse de la nuit…

voir le site internet de Mansfield Tya

voir l’article et des vidéos sur le site du Cabaret Vauban

Yelle ou l’histoire de la petite grenouille verte devenue Princesse.

yelle-vieilles-charrues-scene-graal-par-herve-le-gall-shotsIl était une fois un photographe de concerts qui traînait ses guêtres dans tous les festivals du Royaume. Ce photographe qui était un bon gars, quoiqu’un peu bougon, avait pour passion de capturer des images dans une boîte magique que seuls quelques initiés comme lui étaient vraiment capables de maîtriser non mais sans blague ! Ainsi donc cette année-là (lalala lalala), alors qu’il s’en allait sur les verts chemins des contrées du nord, il croisa la route d’une petite grenouille verte bien jolie malgré son statut de grenouille. “Croâ !” fit la grenouille ! Ôte toi de mon chemin, maudite bestiole, ou j’assaisonne tes cuisses que tu as fort jolies au demeurant d’ail, de boursin prêt à cuire et de fines herbes lui lança le photographe, plus chonchon que jamais. “Mais ! Je ne suis pas celle que tu croâ !” répliqua la reinette en sautillant sur le bras du massif central, je suis une princesse ! “C’est cela oui !” répliqua le photographe goguenard avant d’ajouter “et moi je suis le Prince Philippe et si ça continue tu vas me demander mon 06. Allez ! Ouste ! J’ai à faire ! Je vais à Artrock et je suis en retard !”. La petite grenouille expliqua alors qu’elle aussi se rendait au pays d’Artrock et que le voyage serait moins long si elle pouvait embarquer, et qu’elle serait discrète, ce qui fut fait mais à condition qu’elle se taise.

Ainsi donc l’équipage arriva en vue d’Artrock, le photographe laissant là la petite grenouille vaquer à ses occupations tandis que lui s’en allait capturer l’image des étoiles. Puis, un soir venu, le photographe croisa une frêle jeune fille qui s’agitait en tout sens sur une scène, arborant un collier en plastique multicolore du plus mauvais goût tout en scandant des mots mis bout à bout qui n’avaient ni queue, ni tête en tout cas pour lui. Mais, laissant son instinct le guider, ce qui lui avait bien réussi par le passé, il décida finalement de capturer quelques images, même si ces gesticulations en rythme n’étaient pas sa tasse de thé. Il avait seulement retenu un prénom, aussi étrange que le regard chestnut de la demoiselle. Yelle. “Elle ira loin, cette petite !” avait prédit un condé de la programmation, ce qui avait fait bien rire le photographe qui s’en était retourné en se frottant le ventre qu’il avait par ailleurs fort dodu, à l’époque.

Le temps passa et le photographe prit quelques années, perdit quelques kilos, cheveux et certitudes. Il arpentait moins les concerts mais avait rempli sa besace de milliers d’images, de petits princes en herbe, de princesses et de rois déchus. Ah ! Ça, il avait bourlingué, traînant ses boîtes magiques du nord au sud et d’est en ouest. Il repensait parfois à la petite grenouille, se demandant dans l’assiette de quel prince elle avait pu connaître un funeste destin. Et c’est ainsi que ce soir-là il se retrouva à CharruesLand, petit royaume magique de Kerampuilh qui chaque année depuis des temps immémoriaux célébrait le culte de la terre, du sillon, de la musique, des patates au lard et de la bière Coreff en vente partout, surtout au bar numéro 4. Ce soir-là donc, l’homme qui avait pris un raccourci pour aller de Glenmor à Gwernig se retrouva par hasard sur le chemin de Grall, rien avoir avec le Saint mais plutôt du nom du barde breton. Alors qu’il s’approchait de la scène, il lui sembla reconnaître une silhouette, là, sur la scène, devant un auditoire consumé et plein à rabord. D’abord il y avait cette figure, longiligne et magnifique, drapée d’une tunique aux fils cousus d’or, de rubis et d’émeraudes, la tête encapuchonnée, baissée, comme un boxeur prêt au combat. Welcome to fight club. Et puis vinrent la musique, les sons, une mise en lumière parfaite, un show énergique, vibrillonant, étincelant, une voix posée, parfaitement rythmée, un gros son, vous savez ? De celui qui donne envie de taper du pied pour mieux entrer dans le rythme, se laisser envahir par le rythm of the beat comme disait ce cher Peter, prince de la Genèse et de Bath réunis. Diantre, mais qui était donc cette princesse de l’électro que le monde entier, semble-t-il, nous envie ? C’est lorsque la capuche tomba que la vérité apparut. Lorsque le regard de la demoiselle croisa les collimateurs de la boîte magique du photographe, bouche bée. Il lui sembla qu’elle lui parlait. La petite grenouille était devenue princesse par sa seule grâce, par sa maîtrise des images et des sons. On était à mille lieues de l’esquisse. Le photographe était ému. Il écrasa une petite larme sur son gros cœur de vieux con et s’en repartit vers d’autres aventures. En quittant la scène, la princesse lui fit un petit signe de la main dont il eut la faiblesse de croire qu’il lui était adressé. Sur la route de Gwernig, alors qu’il repartait vers sa cinquième nuit, son fidèle compagnon D3s en mains, le photographe croisa une petite grenouille des champs qui lui dit : “Croâ tu en moi ?”

photo : Yelle. Festival des Vieilles Charrues, scène Xavier Graal (crédit photo : Hervé LE GALL)

voir le site web de Yelle.

Au revoir Simone. Et à bientôt, sûrement…


Un bon concert c’est d’abord le plaisir de mes oreilles, un son de qualité, une ou des voix en harmonie, c’est aussi une qualité de traitement du son digne de ce nom, en live. Un très bon concert, c’est quand ce qui se passe sur scène est en phase avec tout ce qui précède, c’est un décor ou simplement une ambiance ou bien des gens, particulièrement agréables à regarder, oui, j’en conviens, l’exercice est plutôt réussi quand il s’agit de filles, bon d’accord excusez mon côté old fucking pervert. Enfin, un putain de concert, c’est quand tous les éléments sont réunis. Et c’est exactement ce qui s’est passé pour le concert de Au revoir Simone, hier soir à la Carène pendant Astropolis. Ce sentiment qu’après ça, tout allait me sembler bien fadasse, Waterloo morne plaine, même les élucubrations déjantées de Ebony bones qui a pris le relais. Mais revenons un moment sur cet instant de pure grâce. Le trio de jeunes filles, tout droit venu de leur Brooklyn natal, chacune à son clavier (voire à sa guitare), distille une pop du meilleur acabit, vous savez de ce son résolument éternel qui fait qu’à la première mesure vous avez simplement envie de baisser les bras, de rendre les armes, de vous soumettre à ce diktat vocal absolument divin. Divines, le mot est lâché. Les trois filles du combo nous embarquent dans un set délicat et harmonieux, direction PopLand dont ces filles-là sont probablement natives. Je me suis laissé embarquer, emballer et le sourire béat n’a pas quitté mon visage un seul instant pendant la courte – la trop courte ! – durée du concert… [Lire plus...]

Cocorosie ouvre Astropolis. Nuit magique à la Carène.

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Astropolis a ouvert en beauté(s) hier soir, à la Carène. Ambiance cool avec l’équipe des kids de Sonic, auto-proclamés stakhanovistes de la fête. Et quelque part, c’est vrai qu’il régne toujours une ambiance à la fois un peu cool et sensiblement déjantée aux concerts Sonic Floor, donc c’est encore un peu plus vrai ce soir avec Astro, le festival électro dont la réputation dépasse désormais largement les frontières du pont de l’iroise. Donc, pour ouvrir cette édition cosmique, Astro a programmé un groupe frenchie, composé d’un duo (jumeaux dans la vie) qui se nomme Underwires. Un tandem prog et claviers, basé entre Paris et Berlin, qui offre une musique aux influences classiques baroques nettement marquées et pour tout dire j’en aurais bien repris une part, histoire de prolonger un peu le climat agréablement romantique, voix douce, tempo léger. Une musique soft à écouter sans retenue, au fond il ne manquait que les sofas. Bref, Underwires a largement préparé le terrain pour les frangines de Cocorosie. Ah ! Cocorosie ! Rien que de dire leur nom, il me revient en tête le set du festival Art rock, il y a deux ans, dont j’étais sorti assez émerveillé. Ce soir, je tempère sensiblement mon feeling, ça doit être l’âge ou le temps qui passe (ce qui revient à peu près au même). Les voix des deux soeurs oscillent entre diva napolitaine et chorale de CM2, et même si l’ensemble est parfaitement cohérent, voire agréable, rythmé au tempo d’un beat box qui tient la route, le traitement des voix réalisé par l’ingé son me semble parfois un brin poussé au paroxysme, à la limite de l’irritant voire du désagréable. Les voix de Bianca et Sierra ont des consonances nasillardes et au bout d’une heure de set, ça devient un poil agaçant. Au milieu du set une jolie brune vient apaiser l’ambiance Martine à la ferme (avec des vrais gloussements de poules dedans) et offre un chant dont la pureté frôle l’extase. On est transporté radicalement ailleurs, du côté des côtes méditerranéennes et au delà, et là c’est franchement beau. En revanche, côté visuel, rien à dire. Comme d’hab’ les soeurs Casady sont lookées à faire le bonheur d’un photographe même si les lights sont un peu molles du genou. Une fois les sacro-saints TPTSF (trois premiers titres sans flash) passés, je me suis balladé dans la Grande Carène, au coeur d’un public heureux, pour aller taper quelques clichés, que vous verrez bientôt en ligne sur Cinquième nuit. Ce soir, la fête continue sur le port avec des concerts gratuits, de Puppetmastaz et Naive new beaters, excusez du peu. Et demain vendredi, Bunker Palace à la Carène strikes back avec rien que du lourd. Les filles de Au revoir Simone, puis Laurent Garnier au Club et Gui Boratto au Vauban. La nuit magique sera longue.

voir les photos de Cocorosie sur Cinquième nuit

Pour Julien Lourau et Jeff Sharel, tapez 1.

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Un samedi soir au Run ar Puñs. Douceur d’une soirée de mai, j’arrive sur le parking qui jouxte la longère mythique. Comme toujours, il y a quelques kids qui tapent la discute accoudés à leurs voitures en avalant une (ou deux) Kro, en attendant les potes, histoire de prendre un peu d’avance au compteur. Ce soir, je me dis qu’un Julien chasse l’autre, à grand coups de pompes dans l’oignon, tant les deux univers supportent peu la comparaison. Julien Lourau est une anti-star et ses choix musicaux en attestent. Ce type est capable de tout et avec brio. Pour ma part, je l’ai vu jouer dans un partition purement jazzy, au Vauban, et c’était déjà à tomber. Deux jours plus tard, alors qu’il avait décidé de rester un peu à Brest, peut-être simplement parce qu’il s’y sentait bien (en même temps, comment ne pas se sentir bien au Vauban à Brest, je vous le demande ?), il avait fait un featuring au saxo sur le set de Elysian Fields et ce moment s’était transformé en pure magie. Ça, c’est l’effet Lourau. Cette capacité à transformer tout ce qu’il touche en grâce infinie. Quelque soit le style. [Lire plus...]

La programmation intégrale du festival des Vieilles Charrues 2009.

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Carhaix, salle Glenmor, jeudi 16 avril 11:00. On y est. Le staff des Vieilles Charrues va nous annoncer le menu. Côté jardin je fais quelques clichés avec l’EOS dans la main droite pendant que j’envoie les infos à mes followers sur Twitter (eh ouais, je suis moderne et parfaitement multi-tâches). Donc, cette année, plutôt que d’annoncer la prog de manière chronologique, les Charrues nous ont concoté une présentation thématique et je dois dire que c’est plutôt bien. Après la séquence happiness et le mode heureux en position on maxi sur le thème Springsteen à Kerampuilh (on ne se lassera pas de dire à quel point les programmateurs ont fait trop fort sur ce coup-là), on parle du Tremplin des Jeunes Charrues (et qui est mon chouchou cette année, hein ? hein ?), des arts de la rue (plein de découvertes cette année) et du Cabaret Breton. De celui-ci je retiens que Marthe Vassalo viendra chanter en trio et que Mesk (le projet Didier Squiban + Sheer K) sera aussi de la fête. A noter, un concours officiel de déguisement sur le thème des extra-terrestres. Si vous venez d’Altaïr ou de Cassiopée, vous êtes hors-concours mais il y a des parkings nombreux dans les champs alentours (parcours balisé dans tout le système solaire). Sinon, revenons à notre bonne vieille terre, avec la prog world : Baba Salah (Mali) parrainé par feu Ali Farka Touré, Alborosie, Nneka (sublime, vue à Art rock), les frères Morvan feat. les Tambours du Bronx. Là, je dois dire que les mecs qui ont imaginé cette rencontre, on leur doit un big up ! Puis vient une soirée Fargo pour fêter le célèbre label et là, mes aïeux, il y a du lourd : Olle Nyman, Alamo Race Track, Joseph Arthur (à voir !), Alela Diane découverte au Vauban puis au Bout du monde. Du côté de l’electro, du lourd aussi avec entre autres Solange la frange, Naïve new beaters, the Driver (Manu le malin), Surkin, … Les coups de coeur du festival : Priscilla Ahn (en ouverture de la soirée Sprinsgteen), Coming soon, Izia (c’est la fille d’Higelin et on me dit qu’elle déchire meuh meuh), Metronomy, Jim Jones revue, Zone libre (le projet Serge Teyssot-Gay et Marc Sens) vs Cadet et Hamé. Du hip hop avec Micronologie, les filles de Yo! Majesty, les gars du MAP, … Section pop rock, (yummy !) avec Fiction plane, Montgomery, et deux concerts qui s’annoncent monstrueux The Rakes et Nashville Pussy. Au chapitre qualifié de sensation : Cocoon (ou pas), la Rue Ketanou, TV on the radio, Julien Doré, The Ting tings, Birdy nam nam, Charlie Winston, excusez du peu. Last, but not least, les têtes d’affiche : Bruce Springsteen & the E-Street Band, The Killers, Lily Allen, Renan Luce, Bénabar, Suprême NTM, Lenny kravitz, Moby, Francis Cabrel. Une programmation éclectique, des noms prestigieux et des images en perspective, un max d’images, à la louche je devrais shooter une quarantaine de concerts sur quatre jours, ça va être chaud. Entre les groupes que je vais revoir et ceux que je vais découvrir, il me tarde d’y être. Dans quatre vingt dix jours, on sera à CharruesLand et comme chaque année, ça va être É-NORME !

• photo : la scène à la fin de l’annonce de la prog, vue de mon iPhone.

Nuit zébrée de Radio Nova : voyage au bout d’une nuit magique !

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La Carène de Brest accueille la nuit Z avec un Z comme zébrée mais aussi avec un M comme magique. C’est ça. Une cinquième nuit magique, avec quatre concerts savamment concoctés par Radio Nova, pour tous les goûts, funk, pop et touchy à souhait. On commence la soirée en douceur avec Stand High Patrol, un trio qui sert un mix d’electro dub mâtiné de reggae, vous savez ? Avec ces voix de tête haut perchées super agaçantes qui vous débitent des paroles auxquelles vous entravez que dalle. Généralement, le dub me fait fuir, mais là bizarrement, ils ont quelque chose d’authentique et de sincère qui fait passer la petite heure de set comme une formalité. La mise en place entre chaque concert est rapide, les techniciens de la Carène, sur ce coup-là, font très fort. Et puis comme le bar n’est pas loin, entre chaque set le public (plutôt à l’image de Nova, très cool donc) va boire une tasse ou en griller une à l’extérieur. Ce qui suit tient de la magie. Piers Faccini, que j’avais vu il y a un bail (cinq ans) au Run ar Puñs en ouverture de Laetitia Sheriff est sur scène, c’est pour lui que je suis là ce soir. Et comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, il est accompagné par une jolie bassiste qui n’est autre que… Laetitia Shériff elle-même. Deux pépites pour le prix d’une, Nova nous gâte. Ce qui suit tient de la symbiose entre musicalité parfaite et pur talent.
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Le Francis Cabrel aux Vieilles Charrues 2009 ? Astaffort (de café) !

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On l’a pressenti, le Francis Cabrel, chez nous à Kerampuilh et puis on avait vite déchanté, quand on avait appris de source sûre (en fait de lui-même), croix de bois, croix de fer, que le gars d’Astaffort n’avait pas trop envie de bouger son cul cet été, préférant siroter son jus de pomme dans son Lot et Garonne de prédilection. On nous l’avait dit et répété, même si le Francis fait partie des arlésiennes du festival des Vieilles Charrues (un peu comme Bob, non pas l’éponge plutôt Dylan), qu’il a répété à l’envi son envie de venir et de partager avec nous un bon gros morceau de fête estampillé made in CharruesLand, on s’était fait une raison, ça ne serait pas pour cette année. Et puis là, ce matin (un lapin), on apprend entre deux par voie de presse, grâce à une indiscrétion d’un journaliste de la Dépêche du Midi qui le tient de source sûre (en fait de Francis Cabrel lui-même…) que le p’tit gars d’Astaffort sera bien des nôtres, à Kerampuihl cet été. Ça nous laisse un peu de temps pour préparer la fête et astiquer les casserolles : cette édition des Vieilles Charrues 2009 s’annonce grandiose, et comme d’hab’ la prog va servir toutes les clientèles, entre pointures planétaires (Springsteen, Kravitz, Moby, …), gratin de la french touch (Cabrel, Renan Luce, …), pop rock classieuse (The Ting tings, TV on the radio), électro du meilleur tonneau (Birdy nam nam est pressenti) sans oublier mes coups de coeur perso, aussi divers que les Frères Morvan, Nashville Pussy, Charlie Winston. Avec, cette année, une mention spéciale pour le tremplin des Jeunes Charrues et mon inconditionnel soutien à Lazhar (Win Lazhar ! Win !).

• cliché : Francis Cabrel par Claude Gassian

Festival Art Rock 2009, nous allions vers les beaux jours.

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Art Rock
vient d’annoncer sa programmation. Le festival au coeur de Saint Brieuc propose cette année une affiche équilibrée mêlant à la fois des têtes d’affiche, parmi lesquels Bloc Party ou Tricky, une carte blanche à Cirkus feat. Neneh Cherry (que j’avais photographié il y a trois ans et que je dois shooter à la Carène de Brest dans une dizaine de jours), le retour de valeurs sûres comme Maximö Park (vus à la Route du Rock en 2005) ou The Kooks (aux Charrues l’an passé). On notera aussi les furieux de Birdy nam nam qui vont mettre le feu ou des groupes dans la vibe comme Cold war kids, des artistes dans le buzz comme Charlie Winston (qui a remplit le Vauban à la vitesse supersonique) ou la québécoise Pascale Picard et le duo The Ting Tings vus l’an passé à la Route du rock. Last but not least, je ne peux pas passer sous silence la venue des brestois de Mon automatique, dont le presta aux Charrues en 2007 avait marqué tous les esprits à commencer par le mien. Et puis (et c’est presque un regret car je ne suis jamais à Art rock ce jour là), il ne faudra pas rater les concerts de la Passerelle, le jeudi en ouverture, avec deux sets incontournables, The Dodoz et les excellents Stuck in the sound.

Une affiche équilibrée, donc, qui fait la part belle aux découvertes, trois jours de musique et de concerts qui vont attirer à Saint Brieuc des publics éclectiques, électro, pop rock, chansons, avec quelques poids lourds et des nouveautés. Sans oublier les expos Numéri Art un peu partout dans la ville, avec quelques trouvailles incontournables, comme chaque année. Des écrans qui parlent, des animations qui bougent et des trous qui fument.

Bref, pour le festival Artrock aussi, nous allons vers les beaux jours…

Jeudi 28 mai 2009 : Sammy Decoster, The Dodoz, Stuck in the sound, Naïve new beaters.
Vendredi 29 mai 2009 : The Kooks, Birdy nam nam, Cold war kids, Get well soon, Mon automatique, Cage the elephant…
Samedi 30 mai 2009 : I’m from Barcelona, Charlie Winston, Pascale Picard, Tricky, Ebony Bones, Coming soon, Laxula, Success, Gablé…
Dimanche 31 mai 2009 : Carte blanche à Cirkus et Neneh Cherry, Anaïs, The Ting tings, Bloc Party, Maximo Park, Radio Moscow, …

retrouvez les photos des éditions 2004 à 2008 d’Art Rock sur Cinquième nuit.
site officiel du festival Art Rock

Sun, longboard, sex wax and rock’n roll : Tahiti 80 strikes back !

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Je crois que j’ai rarement été aussi heureux de reprendre la route des concerts, après une pause hivernale qui m’a fait le plus grand bien. Samedi, direction le Run ar Puñs, une salle définitivement mythique (à vrai dire Run ar Puñs et mythique c’est un pléonasme), à mi-chemin entre Brest et Quimper. Une salle ? Non, un chaudron, une longère tout en granit et une grande cour de ferme façon mode de Bretagne, un lieu totalement intemporel, aussi belle dehors que dedans. D’ailleurs dedans, ce qui frappe c’est une ambiance qu’on ne trouve nulle part ailleurs, surtout quand c’est à bloc Jean Floc’h (ce qui arrive assez régulièrement vu la qualité de la programmation) le Run ar Puñs (il paraît qu’il faut prononcer reune art pince mais pour ma part j’ai toujours dit reune ar peunsse, eh ouais plus punchy) c’est vraiment un îlot paradisiaque façon Tahiti, avec tout plein de vahinés chaudes comme des punch cocos assaisonnés au tabasco. Donc, demain soir, Tahiti 80, le combo french touch le plus célèbre dans l’Empire du Soleil Levant, LE groupe qui fait tremper les petites culottes des mangas girls estampillées made in Japan, revient nous fredonner ses petites bluettes dans la grande tradition de l’easy listening US, mâtiné de french touch et nous faire le coup du revenez-y façon “love is all around”. Et hop ! On sera (enfin !) en mars, direction le printemps (la saison, pas le magasin bande de nazes, qu’est-ce que j’irai bien foutre au Printemps d’abord ?) avec quelques concerts en ligne de mire, allez hop ! Au hasard et dans le désordre, Cirkus feat. Neneh Cherry (faites une recherche sur Girls-rock.net), Maria Modiano (oh ! lala !) en ouverture de Peter Von Poehl – un concert vaubanesque hautement recommandé, classé putain de concert en 2007 -, Martin Rappeneau (classé putain de concert en 2006), quelques sets de jazz classieux dont Next, une touche d’électro avec Elisa Do Brasil (rien que le nom ça donne envie), et puis, évidemment, un détour par Carhaix, tatataaa ! (14 et 15 mars) pour les Vieilles Charrues remettent le son (en attendant de faire péter les amplis à Kerampuihl cet été avec qui-vous-savez). Du soleil, des manga girls, une limonade au Vauban, un petit crème au Run ar Puñs. Je ressors ma longboard et mon sex wax. The serial shooter is back.

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