Atlantique jazz festival 2009. Archie Shepp le magnifique, au Quartz.

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Il n’a pas changé, depuis octobre 2004, quand je l’avais photographié au Vauban. Ce soir, sur la grande scène du Quartz, il a la même allure bonhomme, la démarche chaloupée, le pas prudent. On dirait qu’Archie Shepp s’économise, qu’il savoure la vie, qu’il mesure chaque note qui s’évapore de son sax ou de sa clarinette. Ils sont nombreux autour de lui pour cette Phat Jam, mélange de jazz et de slam, rien que du beau linge, dont Napoléon Maddox à la beat box ou Ronnie Lynn Patterson au Fender Rhodes. Gros son, donc, rythmé derrière les fûts par le classieux Hamid Drake croisé la veille au Vauban pour un set miraculeux. Ouaip ! Ils sont nombreux sur scène, mais moi je ne vois que lui, Archie le magnifique, point d’orgue de l’Atlantique Jazz Festival dont la bannière orne la façade du mythique Hôtel Vauban entièrement rénové, juste en face du Quartz. Un concert unique, suave et velouté, entre longues tirades au sax et chant entre root et blues, que dire d’autre que magique ? Le temps ne semble pas avoir de prise sur Archie Shepp. Et encore moins sur son pur talent.

• cliché inédit : Archie Shepp au Quartz, scène nationale de Brest
voir les clichés du concert sur Cinquième nuit

Atlantique jazz festival. Bill Carrothers illumine le Vauban.

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Il est penché sur son piano et semble cherche la note ultime qui lui échappe, il cherche la note bleue comme d’autres cherchent le Saint Graal. On se dit qu’il ne la trouvera pas parce qu’elle n’existe pas. Et pourtant… Bill Carrothers extirpe des notes avec une facilité déroutante, déconcertante même, mais jamais désinvolte. Je fais remarquer à Bill, avant le concert, qu’on s’est vu il y a pile poil cinq ans et une semaine. Il s’en souvient mais a l’impression que c’était hier. Ce soir c’est en trio, pour une session magique et débridée. Les doigts de celui que Libération désignait, en toute simplicité, comme le plus grand pianiste de jazz du 21ème siècle, ces doigts-là semblent autant s’amuser sur le clavier qu’on a de fascination à écouter la partition. Et puis, ça part en live et on a l’impression que plus rien ne peut arrêter le pianiste, juste une note finale, comme un souffle, une perfection, un plaisir.

Un sourire, un clin d’oeil, autant de simplicité que de pur talent. Géant.

plus d’infos sur Atlantique jazz festival sur le site de Penn ar Jazz



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