Quinze jours. Dans quinze jours, Nikon proposera D4 son nouveau haut de gamme numérique disponible à la vente, mais pas partout, uniquement dans un réseau de distribution sélective, histoire d’assurer aux clients professionnels la garantie du meilleur service. On connaît l’attachement de Nikon corp. à assurer le meilleur suivi, le meilleur support aussi, avec le développement de structures comme Nikon Pro Service. La distribution sélective est plutôt une bonne nouvelle pour les pros utilisateurs de la marque jaune. J’ai tenu Nikon D4 en mains, à l’issue de sa présentation par Nikon France début janvier à Paris. Utilisateur d’un D3s depuis plus d’un an, je n’ai pas vraiment été dépaysé. En apparence, j’avais l’impression d’avoir mon reflex entre les mains. En apparence seulement. Car à y regarder de plus près, ce nouveau boîtier reflex numérique intègre des avancées technologiques qui vont faire de lui un outil définitivement redoutable en matière de prise de vue. Voici sept bonnes raisons de craquer pour Nikon D4, classées par ordre de préférences. Mes préférences. Suivez le guide.
1- Nikon D4 embarque un meilleur autofocus
Est-ce qu’on peut sans cesse repousser les limites ? Avec D4, Nikon répond par l’affirmative en proposant un autofocus encore meilleur, encore plus performant et pourtant, Dieu sait si Nikon dispose d’un savoir-faire universellement reconnu dans ce domaine. “Dans certains cas de figure, il vous est sans doute arrivé d’être confronté à certaines limites en matière de focus avec votre D3s ?” J’ai regardé mon interlocutrice, bouche bée, avant de l’entendre poursuivre, en souriant “Eh bien avec Nikon D4, vous allez pouvoir encore repousser ces limites.” Un argument comme celui-là, ça ne peut que me parler. À y regarder de plus près, on trouve sur D4 un capteur RVB de reconnaissance de scène de 91000 photosites (contre 1000 sur D3s) et de nouveaux algorithmes qui améliorent encore le focus, un nouveau suivi 3D optimisé notamment sur les objets de petite taille, un nouveau système de détection de visage (en temps réel dans le viseur), 51 capteurs à f5,6 et onze collimateurs centraux effectifs à f8, je ne vous fais pas un dessin, si ? Bon, en clair, ça veut dire que sur un 200-400 f4, par exemple, on va désormais pouvoir monter un TC20-EIII, obtenir un 400-800 à f8 avec un AF efficace sur 11 collimateurs centraux, voilà. Tout est dit sur l’autofocus. Fermez le ban. Ite missa est.
2- Nikon D4 offre une meilleure plage de sensibilités
La première fois que j’ai entendu parler de 102400 iso sur Nikon D3s, j’ai cru qu’il y avait une coquille dans le communiqué de presse, un zéro en trop. Pouvoir shooter à plus de 100K iso, ça tenait presque du miracle et pourtant c’était vrai. Avec Nikon D4, ce chiffre est doublé, pour monter à 204800 iso. La plage de sensibilités “standard” va de 100 à 12800 iso, ce qui signifie en clair qu’on peut espérer une image très propre à 6400 iso, comme elle l’est déjà à 3200iso sur D3s et ça évidemment, c’est une avancée plus que significative pour ceux qui travaillent en conditions de lumières difficiles, suivez mon regard. Notez aussi qu’on peut désormais, tout en bas de l’échelle des iso travailler à 50 iso, ce qui est loin d’être anecdotique et qui permet à ce D4 d’être magnifiquement polyvalent. Un trait de famille, en quelque sorte.
3- Nikon D4 embarque un capteur de 16mp
J’ai toujours pensé que la taille idéale d’un capteur de reflex numérique se situe autour de 16Mp, un excellent compromis entre taille de documents générés et capacités à utiliser les modes de recadrage dans le viseur proposés tant par Nikon D4 que D3s. Bien sûr, il y a ceux qui vous diront qu’on peut cropper en post-traitement mais ceux-là n’ont pas tout à fait capté l’utilité de cette fonctionnalité qui permet justement d’avoir une image ajustée dès le cadrage et de ne pas avoir à s’en soucier dans le post-traitement. Avec un capteur de 12mp comme sur le D3s, le crop 1,2x fait chuter la taille de capteur à 8,4mp alors qu’avec un capteur de 16mp, le photographe va pouvoir shooter dans ce même mode tout en préservant une taille de capteur raisonnable (11,2 mp). Donc, je le redis ici. 12mp c’est bien mais 16 c’est mieux que 12.
4- Nikon D4 propose une meilleure ergonomie
L’ergonomie, c’est quoi ? C’est un tout. Oui, je sais. C’est un peu réducteur mais finalement c’est ça. C’est le positionnement des commandes qui fait, par exemple, que les boutons se situent dans l’exact positionnement identique, que vous teniez votre reflex en mode paysage comme en mode portrait. C’est l’illumination de la face arrière en conditions de lumières difficiles qui évite d’appuyer sur le bouton menu quand on veut appuyer sur la loupe, c’est une petite langue de lumière qui éclaire les commandes de cadence de prise de vue pour trouver le mode Q dans l’obscurité totale, bref, comme dirait Benji, c’est que du bonheur ! L’ergonomie, c’est plein de petits détails qui ont été gambergés par les techniciens Nikon pour nous rendre la vie plus facile, comme la possibilité d’activer des commandes sans quitter l’œil du viseur, d’activer le picture control par une commande dédiée au lieu de devoir farfouiller dans le menu, j’en passe (et des meilleures). Last, but, not least (envoyez les trompettes) c’est un nouveau putain de bouton de sélection rapide du collimateur AF, rien que d’y penser, rétrospectivement, je me demande pourquoi Nikon n’y a pas pensé avant. Un petit joystick multi-directionnel pour sélectionner son collimateur illico ? Happiness.
5- Nikon D4 embarque Expeed 3
Que dire d’autre ? Expeed 3 c’est le cœur qui bat dans D4 et qui fait vivre cet incroyable ensemble de hautes technologies. La capacité de traitement de la prise de vue en rafale à 11fps, c’est lui. L’optimisation de l’AF, c’est lui. Les nouvelles capacités de communication, c’est lui. Le traitement sur 14 et 16 bits offrant une qualité d’image inégalée, c’est lui. Tous les trucs vachement compliqués que le reflex fait sans qu’on s’en aperçoive, qui facilitent la vie du photographe et permettent de capter des pixels encore plus beaux, c’est encore et toujours Expeed 3.
6- Nikon embarque des fonctionnalités de communication jusqu’ici inconnues
D’abord, Nikon D4 embarque un port Ethernet, ce qui signifie que, via ce port à très haut débit on peut se permettre de transmettre des images (fixes ou animées) à un niveau de transfert inégalé. Ensuite, via les modules WT-4 ou le nouveau WT-5, Nikon D4 peut transmettre des images via le wifi, en temps réel, à un PC ou un Mac, voire à un smartphone ou une tablette comme iPad. La démonstration des fonctionnalité de communication en a laissé plus d’un sur le cul et je n’étais pas le dernier. En gros, on shoote avec D4 qui transmet en temps réel les images par wifi sur un ordinateur distant, voire sur internet via FTP. On peut aussi contrôler Nikon D4 en http via un ordinateur, un smartphone, une tablette. Voire piloter et déclencher simultanément jusqu’à 10 boîtiers D4 équipé du module WT-5. Le concept d’optimisation du flux de production est plus que jamais au centre des préoccupations de Nikon.
7- Nikon D4 fait un pas de géant dans l’intégration des fonctionnalités vidéo
Aujourd’hui, impossible pour une marque comme Nikon d’ignorer la convergence photo/vidéo. Avec Nikon D4, aucun doute possible. Le fossé qui séparait Nikon de son concurrent historique est désormais comblé. Full HD 1080p à 30, 25 et 24 images par seconde, voire en 720p à 60, 50 et 25 images par seconde, le tout en .mov encodé H.264. Durée maximale d’enregistrement sur carte mémoire de 30 minutes mais ce verrou saute en cas de capture directe. Dans ce cas, le flux vidéo n’est pas compressé et peut être récupéré par un enregistreur externe via le port HDMI et exploité directement dans un format de montage. Et ça, ca porte un nom, c’est du cinéma. Ajoutez à cela des fonctionnalités pratiques, comme la modif du diaph pendant la capture (via les boutons situés en face avant du D4) et vous aurez une petite idée des capacités de Nikon D4 en matière de vidéo…
• Conclusion. Nikon D4 repousse les limites. Encore.
À l’issue de la présentation, à la question “Alors ?” qui m’a été posée par une responsable de Nikon France à propos de Nikon D4 j’ai simplement répondu par une locution latine. “Citius. Altius. Fortius.” Finalement, je n’imaginais pas que Nikon puisse faire mieux que D3s, mais dans le monde de la photographie numérique, on ira toujours plus vite, toujours plus haut, toujours plus fort. Un autofocus plus performant, une meilleure gestion des sensibilités, un capteur 16mp, un boîtier plus ergonomique, un processeur Expeed 3 plus musclé, des modules de communication, l’intégration de la vidéo. Sept raisons d’y aller, de craquer pour ce boîtier reflex numérique, Nikon D4 est le digne héritier d’une grande famille. Mais l’essentiel n’est pas là, au fond. Non, le truc impalpable, indescriptible c’est lorsque vous prenez un D4 en mains. Là, à ce moment précis, vous êtes envahi par cet étrange sentiment qui vous dit qu’avec lui, vous n’avez plus qu’une seule limite. Celle de votre œil.

























