Nikon annonce son nouveau haut de gamme professionnel. Nikon D4. One step beyond.

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J’y suis allé à reculons. Pétri de certitudes, je me disais qu’avec D3s, au fond, je n’avais plus guère à attendre de Nikon qui avait réalisé selon moi le boîtier parfait. C’est donc dans cet état d’esprit, en touriste, que je me suis rendu à Paris, à l’invitation de Nikon France, pour y découvrir Nikon D4 et plus, si affinités. Mais encore une fois sans rien attendre de plus que le plaisir de retrouver mes amis de la marque jaune et de partager avec eux un Breizh Cola et force petits fours et macarons. Parce que, côté attente matériel, pour ma part, je me sentais un peu comme le joueur de poker, un brelan d’as en main, n’ayant quasiment rien à espérer, sauf peut-être le miracle de l’as manquant. Non. Paris, me voilà. De bonne humeur (qui a dit pour une fois ?) et servi, comme au poker.

Confortablement installé dans une petite salle de conférence aux fauteuils en cuir bleus, je remarque dans le fond de la salle que la retransmission de la conf est assurée en live et à la prise de vue s’y collent trois boîtiers que je ne connais pas. Gonflé de la part de Nikon d’utiliser des boîtiers de pré-série pour diffuser le live, il faut vraiment que la marque ait une ineffable confiance dans son matériel. Elle peut et tout ce qui va suivre va lui donner raison. Après le chapitre sur les chiffres, toujours un peu barbant mais étape obligée, on en arrive à la présentation de l’engin et une liste de specs qui, par rapport à D3s, peut se résumer en un seul mot. Plus.

Nikon D4. Plus haut, plus loin, plus fort, plus vite.
Trois slides après le début de la présentation des specs de D4 j’ai déjà envie de me lever et d’aller en prendre un en mains en disant aux gens de Nikon “ça va, j’ai compris, n’en jetez plus !” Comment résumer D4 ? Disons pour faire court que c’est comme un D3s, mais en mieux. Par où commencer ? Peut-être par des points qui peuvent sembler inutile quand on n’y a pas accès et qui vont s’avérer indispensables quand ils vont être disponibles. Un exemple, l’ergonomie. D4 a été pensé pour que la prise en mains soit confortable, quel que soit le mode de prise de vue, paysage ou portrait. La préhension du boîtier, le positionnement des commandes est identique en paysage ou en portrait. Ensuite, D4 intègre un mini joystick de sélection rapide du collimateur, comme sur EOS ? Oui, comme sur EOS. Si vous avez comme moi l’habitude de sélectionner manuellement votre collimateur, vous imaginez aisément la pertinence d’un tel outil. Pertinent aussi, c’est rien de le dire, le rétro-éclairage des boutons de la face arrière. Et comme à chaque fois qu’on est face à une excellente idée, on se gratte la tête et on se dit : “Dieu me tripotte, mais pourquoi personne n’a jamais pensé à un truc pareil avant ?” Même la molette de sélection de gauche dispose d’une petite langue qui illumine les cadences de prise de vue. Un membre de Nikon Pro me regarde, un soupçon ironique et lâche avec malice :”pour le gars qui a l’habitude de shooter dans des ambiances un peu sombres, c’est très pratique le rétro éclairage, non ?” C’est cela oui, c’est cela. Je vous passe quelques détails éminemment utiles comme les sélections des modes AF qui s’opèrent désormais dans le viseur. Plus confortable, plus rapide. Plus aussi le capteur 16mp, parce que 16 c’est mieux que 12, quoiqu’on en dise, même si 12 c’est suffisant. 16 mégapixels, c’est une taille quasi idéale pour un reflex pro, produisant des images de très haute qualité tout en conservant une taille de stockage raisonnable. Ensuite (tenez-vous bien), deux accélérations particulièrement musclées. D’abord la sensibilité qui passe le mur du son à plus de 200Kiso. Vous avez bien lu, 204800iso avec un mode natif à 100iso. Là, je tempère un peu. Mon D3s monte à plus de 100Kiso et je ne bosse que rarement au delà de 3200iso, seuil au delà duquel je commence à percevoir un poil de bruit. J’imagine qu’avec D4, le seuil de perception passerait à 6400iso sans bruit et 12800 jouable. Et puis il y a l’autofocus, éternelle problématique de la photographie moderne et là, selon Nikon, les avancées sont patentes, avec un autofocus encore plus performant dans les basses lumières. Quand on connaît D3s, sa capacité à accrocher le focus dans des conditions de lumière improbables, les avancées promises avec le D4 laissent rêveur ! Le reste peut sembler presque accessoire et ne l’est pas. Le fait de conserver 11 collimateurs actifs même au delà de f5,6 va laisser plus d’un photographe pantois. Un D4, un 200-400 f4 boosté par un TC20-EIII et en avant la musique ! On shoote à 400-800 à f8 tout en conservant le bénéfice d’un autofocus parfaitement fonctionnel. Alleluïa ! Je ne vous parle pas du nouveau système Expeed 3 embarqué qui rend toutes ces choses possibles, comme de déclencher à 10vps avec l’AF et les fonctions de traitement d’image comme le Active D-lighting. Et là vous me dites ? N’en jetez plus ! D’accord. Abordons maintenant le sujet qui fâche. La vidéo.

Nikon D4. Désormais à armes égales sur le terrain de la vidéo.
La vidéo est un axe prioritaire. Je me souviens d’avoir entendu ce propos du côté de chez Nikon dans les allées du salon de la photo il y a trois ans. Impossible pour Nikon de laisser le champ libre à son principal concurrent sur un segment de marché en plein développement. Il fallait que Nikon réagisse, ça avait déjà été fait sur la gamme expert (je pense au D7000) on n’imaginait pas Nikon ratant la marche sur sa gamme pro. Avec D4, on peut affirmer sans ambages que Nikon comble définitivement le fossé qui le séparait jusqu’à présent de la marque rouge, avec une gamme de spécifications vidéo qui vont combler les utilisateurs les plus exigeants. Prise de vue en full HD 1080p, 24, 25 ou 30 images seconde (et même à 60 en 720p), son stéréo, monitoring, … Seule contrainte, la durée d’enregistrement est limitée sur une carte à un peu moins de 30 minutes, mais avec D4 on peut aussi filmer… sans carte. Le flux vidéo full HD non compressé peut être récupéré via la sortie HDMI par un enregistreur externe avec un niveau de qualité extrêmement élevé. En plus Nikon D4 offre trois formats de capture possibles. Format FX (plein format), format DX (1,5) et un nouveau format 2,7. D4 intègre même un fonction time lapse native qui enregistre les images directement au format vidéo. Nikon avait à cœur de combler l’écart qui le séparait de la boutique d’en face. Ça c’est fait. Le film “Why ?” réalisé en D4 et montré à l’issue de la présentation illustre à la perfection les capacités du nouveau haut de gamme Nikon, qui, pour l’anecdote, pèse 60 grammes de moins que mon D3s, c’est pas grand chose mais merci quand même d’y avoir pensé.

D4 en mains. Tu sens la puissance ?
Difficile de donner un ressenti après avoir eu Nikon D4 entre les mains pendant une dizaine de minutes. La nouvelle ergonomie est une totale réussite, la prise en main de ce reflex est aisé, tous semble facile, très intuitif. Une mention spéciale au joystick des collimateurs, au rétro-éclairage du back office, aux commandes directement dans le viseur. Il n’y avait rien que je n’aimais dans mon D3s, maintenant que j’ai son successeur je me dis que décidément la perfection est toujours perfectible. Nikon pousse encore le niveau de perfection de son AF. Avec D4 on accède à encore plus d’images, dans des conditions de lumière encore plus délétères, avec un AF en suivi 3D optimisé pour les sujets de petite taille. Côté stockage, le choix du support en surprendra plus d’un, puisque D4 propose un logement CF et un second logement au nouveau format XQD, l’occasion pour Nikon de permettre aux photographes de pérenniser les investissements passés, tout en embrayant vers ce qui va probablement devenir le prochain standard. Un choix à la croisée des chemins, en quelques sorte. Surprenante aussi la technologie du nouveau module (optionnel) Wifi qui autorise le contrôle distant du reflex en http via un ordinateur, un smartphone, une tablette. Possible également le transfert des images vers un ordinateur voire un serveur FTP ou le déclenchement simultané de dix reflex embarquant le module WT5. Autre subtilité, Nikon D4 embarque une prise ethernet pour transférer les images à une vitesse subsonique ! What else ? Un reflex garanti à 400000 déclenchements et il y a même une fonction HDR intégrée pour les amateurs du genre…

Nikon D4. L’héritier.
Je suis venu à reculons, mon brelan d’as en tête. Je n’ai pas eu de Breizh Cola mais j’ai eu les macarons et l’enthousiasme de l’équipe Nikon, pas peu fière de présenter ce qui est désormais le nouveau fleuron de la marque. C’est la vie. Tu arrives à une table de poker, persuadé d’être servi, avec ton brelan d’as tu te sens quasiment invincible. Jusqu’à ce que le type d’en face, avec son petit polo noir et le logo Nikon brodé en blanc te sorte sa quinte flush, mais avec le sourire. Moment de solitude. Nikon D4 donne furieusement envie d’aller chercher de l’image, encore. Plus vite, plus faut, plus fort. On se dit que les photographes vont adorer utiliser cet outil ultime, en photographie sportive (aux J.O. de Londres 2012), en photographe animalière, entre autres. Je suis sans limite. Nikon D4 annonce la couleur, place la barre tout en haut, au sommet du monde du reflex numérique. Il est le nouveau maillon fort d’une chaîne. Il est l’as manquant. Et surtout, il est le digne héritier d’une famille. D’une marque flamboyante qui n’a décidément pas fini de m’étonner.

Nikon D4. Disponible à partir du 16 février au prix conseillé de 5799€.

Pré-commandes sur le site Nikon Pro.

photo : Guillaume Cuvillier (Nikon Espace Pro) présente Nikon D4 et le nouveau 85mm f1,8.

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