Je ne connaissais pas Kristina Rady. Tout au plus mon regard croisait le sien, backstage, aux Vieilles Charrues où elle nous rendait visite chaque année parce qu’elle avait tissé des liens forts avec le festival breton. Je savais aussi qu’elle organisait un festival dans son pays natal, en Hongrie, autant dire au bout du monde, vu d’ici. Chaque année, je me disais qe j’irais volontiers faire un tour au Sziget fesztival et chaque année je renonçais, devant l’étendue de la tâche (à côté du Sziget festival et ses six cent concerts, les Vieilles Charrues c’est une promenade de santé). Je me souviens de Kristina Rady, souriante, il y a quelques années, le dernier soir du festival, tapant la discute avec Serge Teyssot-Gay. C’est là que j’avais su qu’elle avait été la femme de Cantat et aussi la mère de ses enfants. J’aurais décidément fait un bien piètre paparazzi. L’an passé, j’avais revu Kristina Rady à la remise des trophées des Jeunes Charrues, elle et son inséparable sourire. Ce sourire, c’est le souvenir que je garde d’elle. Mon regard ne croisera plus le sien et d’elle je ne saurai rien de plus. Et pourtant, je ne saurais dire pourquoi, mais son départ brutal m’attriste. Je suis sûr que cette tristesse est partagée par mes amis laboureurs, là-bas, au début du monde, du côté de Carhaix…
• photo : Kristina Rady (avec Dominique Sonic) lors de la remise des trophées des Jeunes Charrues, le 19 juillet 2009.
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