Canon EOS 7D, Nikon D700s : l’envie d’avoir envie.

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Quand j’étais étudiant (dian dian), il y a un putain de bail, j’avais un prof de marketing qui s’appelait Yves Négro. Je me souviens bien de ce mec, de sa tête, de sa façon de parler, de son côté un peu charmeur, bien qu’il ne fût pas à ma connaissance rital pour deux ronds, il avait une tchatche toute méditerranéenne. Et surtout, il était brillant dans sa spécialité, le marketing donc et j’ai gardé de son enseignement le souvenir d’une extraordinaire capacité à faire passer des préceptes complexes avec des mots simples. En gros, il résumait le marketing à la mise en oeuvre de techniques qui tenait en deux mots : donner envie. Et en même temps, cet homme à l’esprit affûté insistait toujours sur le fait que l’envie est un concept qui peut s’émousser et que des événements négatifs peuvent entraîner irrémédiablement le futur consommateur à ne plus avoir envie. Méfiance vis à vis de la marque, mauvaise expérience passée ou simple ressenti. Yves Négro nous disait qu’il convient d’être toujours prudent avec le consommateur, surtout quand il est éduqué. Comprendre qu’il dispose d’un feedback sur un produit ou une gamme de produits. Ne pas laisser la méfiance s’installer, jamais. Et, accessoirement, être conscient qu’un consommateur n’a pas besoin de manger de la merde pour savoir que ça en est. Si je vous parle de marketing, c’est au sujet du lancement par Canon de son EOS 7D. J’ai reçu plusieurs emails de lecteurs de Shots qui se sont étonnés de mes réactions de recul par rapport à ce boîtier jusqu’à s’étonner de ma prise de position alors que je n’ai jamais tenu ce boîtier en main. Ai-je besoin de tenir un boîtier Canon pour avoir un ressenti ? Niet. Je vous l’accorde, si Canon m’avait envoyé un 7D par la poste je l’aurais volontiers testé jusqu’à ses derniers retranchements. Mais le problème n’est plus là. Canon sort ce boîtier et tout laisse à penser que la marque rouge a de grandes hésitations sur certains points de détails, comme celui de livrer des clichés en hautes sensibilités alors que c’est justement et précisément sur ce sujet que nombre de consommateurs attendent Canon au tournant. Ne jamais laisser la méfiance s’installer, disait Monsieur Négro. Depuis les incidents sur l’autofocus de certaines séries d’EOS 1D Mark III et un traitement de la crise pour le moins contestable, Canon a perdu de son aura auprès de sa clientèle pro. Un chancellement largement exploité par Nikon qui, profitant de la brèche ouverte, a lancé une offensive d’envergure sur des bastions traditionnellement rouges, des cibles visibles et parfaitement identifiables, voire prestigieuses, comme l’Agence France Presse. Mais revenons au 7D. Canon brouille le jeu, proposant désormais une numérotation à un digit pour un boîtier non-pro, puisqu’il est établi que le 7D est le successeur du 50D. D’aucuns verront là une façon de donner à la clientèle de photographes amateurs, l’illusion d’utiliser un boîtier pro. Habile manoeuvre marketing ? Pas sûr, à moins que la cible privilégiée de Canon soit désormais cette clientèle de happy fews, prête à bourse délier sans compter ? Donner envie. L’envie à cette clientèle-là d’un boitier (presque) pro. Il ne fait pas de doute que EOS 7D sera un bon produit, dans son segment de boîtier expert APS-C. Tiendra-t-il ses promesses là où pour ma part je l’attends, je n’en sais rien mais je suis pour le moins dubitatif. D’autant que la crémière d’en face a des atouts et dans sa besace un futur D700s dont les specs semblent tourner la tête à plus d’un Canoniste en manque de sensations… Des specs sur un boîtier full frame qui donne envie.

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