
À l’annonce de EOS 7D, j’ai eu la même réaction que le pékin lambda, j’ai lu la fiche technique de présentation avec attention et je me suis dit que sur ce coup-là, Canon nous avait peut être pondu un boîtier aux qualités optimums, sans être tout à fait le boîtier idéal. Rappelons, quand même, que EOS 7D, malgré une numérotation calibrée pro, n’en n’est pas moins rien d’autre qu’un APS-C, j’ironise à peine. Cette absence de capteur plein format étant posée, j’ai regardé ce que les ingénieurs de Canon nous ont imaginé et c’est vrai qu’à la lecture des spécifs, il y avait de quoi vibrer. Chez Canon on clame à qui veut l’entendre qu’on a amélioré l’autofocus, la netteté, la gestion de la lumière. Excusez du peu. Est-il bien utile de vous dire que ces trois arguments réunis n’ont pas manqués de résonner positivement à mes oreilles, surtout quand on repense à mon chapitre (Ô combien douloureux !) avec EOS 5D Mark II qui est mon Alésia à moi. Donc, sur le papier, EOS 7D en avait sous la pédale. Il restait à attendre des images, de la bonne grosse haute déf à se mettre sous la mirette, à défaut de faire partie des beta-testeurs de l’engin. Il est vrai que Brest, c’est au bout du monde ou au début selon la langue. On se contenta donc des images officielles généreusement fournies par Canon, made in Japan. Pas vraiment de quoi se convaincre, avec des images de jour, à 100 et 200 iso. Et puis ce bon vieux Galbraith est arrivé sur son cheval blanc, nous fournissant les premières images de concert crachées du 7D version beta et là, mes amis, la déception fut à la hauteur de l’attente, autant dire grande et intense. A 3200 iso, Rob et son EOS 7D avaient du grain plein les yeux. Ainsi donc, on commença à déchanter et ça n’était que le début…
Canon France, entendant peut-être les coups de gueule venant de Brest (si, si, quand le vent est à l’ouest, même dans le confort des bureaux parisiens, on entend bien les voix du Ponant) se décida de confier une mission de test à un photographe parisien. Celui-ci nous gratifia donc de clichés tapés au Châtelet pendant le concert de Muse, une salle dont on ne peut pas dire qu’elle ait le plan de feux le plus pourri de la capitale. On passe sur le plan fixe de la batterie à 6400, qui confirme que ce mode est raisonnablement inexploitable, comme il l’est d’ailleurs sur le grand frère 5D Mark II. Les clichés à 3200 iso ne me parlent pas, dans la mesure où ils n’ont pas été réalisés dans des conditions de lumière difficiles. Quand je dis “conditions de lumière difficiles” j’entends peu ou pas de lumières, de ces lights à la ramasse qui te contraignent d’aller chercher un petit vingtième (comme Tintin) voire un petit trentième à 2,8, tout cela avec un public chaud comme des barraques à frites qui pogotte dans tous les sens et pas quelques culs serrés sagement assis sur leur fauteuil de velours cramoisi. Oui, j’aurais été convaincu par un shooting avec le 7D dans une petite salle, qui sent la bière et l’animal, avec des lights aussi délicates que borderlines. Comme je doute que Matthew Bellamy (que j’avais croisé il y a cinq ans aux Vieilles Charrues et qui est un garçon délicieux et poli) vienne taper le boeuf avec ses potes de Muse au Run ar Puñs ou au Vauban, on ne saura jamais ce que ça aurait donné.
J’ai lancé à Canon l’invitation et pour peu qu’un EOS 7D arrive jusqu’ici et entre mes mains, je vous promets de tester la bête et d’en dire ce que je ressens. Sans détour.
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