vendredi 30 juillet 2010

Canon EOS 5D Mark II. Premières sensations, premier feedback de retour des Vieilles Charrues.

juillet 23, 2009 par harvey  
Référencé sous festivals, photo, vieilles charrues

en-attendant-springsteen-aux-charrues
Je viens de terminer de dérusher les photos de l’édition 2009 des Vieilles Charrues, j’ai donc un assez bon feedback (une trentaine de concerts environ) par rapport à ce nouveau boîtier, EOS 5D Mark II. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, le niveau qualitatif des photos de l’édition 2009 est nettement supérieur à celui de l’an passé. Bon, en même temps, je m’y attendais un peu, tant il est vrai qu’un EOS 30D versus EOS 5D Mark II, il y a peu de comparaison possible. Seuls points communs les deux objectifs (un 16-35 2,8L et un 70-200 2,8L IS) et le photographe. Allez, ça c’est fait. Premier jour, premiers shoots. Photos cramées, pas nettes. L’enfer me semblerait nettement plus gai. Je suis entré de plain pied dans la diagonale du fou, plus j’avance plus le boîtier me fait des trucs de dingues (mais il faut avouer que je lui facilite largement la tâche). Par exemple de shooter à 1/200e et en visualisation de réaliser qu’en fait il a appliqué 1/100e. Bon, j’ai une petite idée de ce qui est arrivé, mais si vous voulez bien, on n’en reparlera pas. Premier concert. Peu ou pas lu la doc, comme d’hab’, juste monté mon caillou, à la hussarde, 200 iso, mode manuel et en avant Guingamp. Je sors du concert dépité. Second concert, je bosse en priorité ouverture, ça continue de cramer meuh-meuh sur les premiers clichés mais finalement ça se stabilise. Le lendemain, je repère les photographes qui ont un 5D Mark II et j’en parle avec eux. D’abord je réalise que j’ai laissé mon boîtier en mode mesure évaluative (la honte mais bon, le stress, l’urgence…), je passe en mesure spot. Partant de là, je commence à réaliser que ce boîtier a une propension à bouffer de la lumière de manière empirique, à tel point qu’au fur et à mesure que le temps passe et les clichés avec, j’ai tendance à sous-exposer (d’un diaph) et là, ça commence à taper. Et quand je dis taper, mes aïeux ! C’est un euphémisme. En conditions de lumières difficiles, 5D Mark II me renvoit des images brut de capteur sidérantes. Pour compliquer un peu l’histoire, je rencontre ici un photographe emballé par son 5D Mark II, ici un autre qui se plaint de problèmes d’autofocus, là un troisième qui pour toute réponse me dit que ce n’est pas pour rien, hein, qu’il vient de quitter Canon pour l’épicerie d’en face.

l’absence de grain à 3200iso c’est pas du pipeau !
Je tâte un peu du côté des températures couleurs, j’essaie 5400, je monte à 5600 c’est chaud, pour finalement revenir au mode auto, après un passage sur lumière tungstène (beurk !). Du côté des sensibilités, je bosse entre 200 et 500 iso en journée, pour passer de 640 à 1600 iso le soir. J’ai testé 3200 iso (pas au dessus) sur un ou deux concerts, histoire de vérifier si l’absence de grain, ça le fait vraiment, comme mon vendeur me l’a dit. Donc, je confirme, ça le fait. Pas un pet de grain à 3200 iso, aucun doute, Canon, sur ce coup-là, fait très fort. En revanche, la prise en main de 5D Mark II n’est pas aussi évidente qu’elle y paraît. Sur les dix premiers concerts, j’ai louvoyé et j’ai bien failli y perdre une partie de ma santé mentale. L’aspect positif de tout ce bordel a été que j’ai testé sur deux jours tout un paquet de fonctionnalités. Les modes, priorité ouverture, vitesse, j’ai même testé le mode programme (on ne rit pas), pour finalement revenir en manuel, mon seul mode de prédilection. J’ai aussi testé la sensibilité automatique, sans conviction. Et puis, finalement, une fois le boîtier bien en main, ça a été un vrai feu d’artifice.

Où l’on reparle de l’autofocus…
Et là vous me dites… et l’autofocus ? Honnêtement, difficile de me prononcer sur le sujet. J’ai surtout bossé avec mon 70-200 parfois monté sur un extender 1.4 j’étais donc à f4, collimateur central, one shot, mode mesure spot et effectivement, sur certains clichés le focus est pris sur la manche, la boule de micro, la main, alors que je tapais le collimateur central sur le visage. Est-ce que je peux garantir à 100% ce que j’avance, la réponse est clairement non. Tout ceux qui font de la photo de concert connaissent les difficultés liées aux conditions d’urgence, entre autres. Donc je ne peux pas affirmer que ce boîtier présente des difficultés liées à l’autofocus, même si mon intuition me conduit à penser qu’il y a un truc pas clair dans la gestion de l’autofocus du 5D Mark II. Si c’est le cas, de toutes façons il arrivera un moment où je mettrai le doigt dessus. D’ailleurs, si vous-même vous avez un feedback sur le sujet, n’hésitez pas à vous exprimer ici, sur Shots. Pendant le festival, j’ai rencontré un photographe utilisant EOS 5D Mark II qui m’a affirmé sans ambages qu’il n’a jamais fait autant de photos pas nettes (pour ne pas dire floues) que depuis qu’il a un 5D Mark II. Pas très rassurant, tout ça… Si une mise à jour firmware pouvait corriger un éventuel problème, j’en serais ravi.

Une capacité à gérer les conditions difficiles
En conclusion, si vous envisagez d’acheter un 5D Mark II, prévoyez un délai de prise en main, un nécessaire temps d’adaptation. Une fois l’EOS bien en main, la façon dont il restitue les images est bluffante, surtout lorsque les conditions de lumière sont borderline. On dit souvent que ce boîtier nécessite d’excellentes optiques, je confirme. Quant au capteur fullframe, que dire d’autre sinon que c’est le bonheur que de pouvoir à nouveau utiliser un 70-200 comme un vrai 70-200, quitte à monter un extender pour prolonger un peu la focale. Pour le reste, tout le reste, ça se vit sur le terrain et puis sur les photos qu’on ramène à la maison. Je vous donne rendez-vous dans les jours qui viennent, pas loin d’ici, du côté de la cinquième nuit…

voir un cliché de Moby (EOS 5D Mark II, mode manuel, 3200iso, f4 1/400e, mesure spot, focale 180mm)

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Commentaires

16 réponse à “Canon EOS 5D Mark II. Premières sensations, premier feedback de retour des Vieilles Charrues.”
  1. JluK says:

    Pour la mise au point en concert (en fait, en fest-noz…), je passe de plus en plus souvent en mode manuel quand les conditions sont piégeuses. C’est sport et il ne faut pas oublier de revenir en mode auto, mais le jeu en vaut la chandelle.

    Ce petit séjour doit se traduire par un bon paquet d’images ? Est-ce que vous travaillez en JPEG, en RAW ou en combiné RAW+JPEG ?

  2. papillon says:

    Je confirme, la prise en main est un peu délicate mais je suis passé de mon 40d (gardé en complément pour ses rafales dignes d’un chasseur alpin et son capteur x1.6) à un 5D mkII et ça s’est fait en douceur mais le cramage j’y suis passé également:) Une grosse remise en question au début… Les zizos poussés c’est vraiment extra, on peut désormais prendre des photos dans des conditions de lumière vraiment limites sans avoir l’épée de Damoclès du bruit chromatique au dessus de chaque cliché…. Bref, un beau joujou qui par contre, à mon sens, manque d’une finition digne de ce qui se trouve à l’intérieur comme technologie (tropicalisation + poussée et finitions plastique à paufiner… notamment sur la trappe de la carte mémoire qui grince désagréablement sur le mien) . Enfin les optiques, effectivement il faut vraiment monter du bon matos dessus pour tirer tous les bénéfices du 5D.

  3. harvey says:

    @JluK : si je comprends bien, parce que la technique ne suit pas ou plutôt ne suivrait pas (je préfère employer le conditionnel), je devrais m’adapter et déverrouiller l’autofocus pour que le jeu en vaille la chandelle ? J’ai couvert 34 concerts ainsi que les plans officiels (inauguration), conf de presse, ambiance. J’ai utilisé une carte Sandisk Extreme III 16Go (qui étale bien par ailleurs). Je bosse en JPG L uniquement, jamais en raw. Je suis très old school, pas de recadrage, pas de post prod. Ça ne m’empêche pas de maîtriser les outils (j’ai été béta testeur de Photoshop pour Adobe en des temps reculés), mais bon culturellement je ne touche pas au format raw, en tout cas pas pour le moment.

  4. harvey says:

    @papillon : je pense aussi que 5OD plus 5D Mark II forment un bon tandem, bien complémentaire. Plus je discute avec des propriétaires de 5DMII plus je réalise que tout le monde est plus ou moins passé par la séance cramage. Mon pote JP Grémillot (qui fait des photos sous-marines) s’est entraîné en surface sur… des fleurs. Donc c’est plutôt rassurant. Concernant la tropicalisation et la finition, un 5D tropicalisé c’est un 1D ;) Au moins sur ce point précis Canon ne nous a pas pris en traitre, on était brieffé avant d’acheter le boîtier !

  5. JluK says:

    Je voulais parler du nombre total d’images, c’est toujours un peu galère après de gros coups comme celui-là.

    Je sais, beaucoup de collègues sont effrayés par la postproduction. Je sais aussi que d’enregistrer en RAW+JPEG alourdit les opérations, mais c’est une sacrée sécurité. Les images grillées ne le sont pas toujours, la température de couleur n’est plus un problème, mais c’est plus long.
    Par contre, quand on a une belle image, quel dommage de ne pas avoir de RAW, d’autres peuvent se charger de la postprog et la différence de qualité entre une image JPEG et un RAW bien traitée peut-être monumental, équivalente à l’écart entre 30D et un 5D ! Je n’exagère pas.

  6. harvey says:

    @JluK : j’avais compris, j’ai zappé la question sur le nombre d’images à vrai dire j’ai pas compté, mais bon sur un concert je tape une grosse centaine de clichés, j’ai fait 35 concerts, plus les à côté (inauguration, ambiance), donc en gros j’ai dû taper 4000 images. Le raw est un format non destructif par excellence, c’est une vraie machine à voyager dans le temps, un outil exceptionnel dont je mesure toute la valeur.

  7. Léo says:

    Bonjour !
    Je viens de lire cet article avec beaucoup d’intérêt et je te dis bravo pour toutes ces informations !

    Je suis un amateur qui a découvert le numérique il y a à peine 1 an et demi avec l’Eos 40D. Plutôt satisfait (malgré des choses qui restent à découvrir sur le 40D) j’ai voulu aller plus loin en commandant le 5D, après avoir entendu tant d’éloges à son compte ! Il devait arriver 3ème semaine d’août (pour mes vacances) mais voilà je l’ai eu avec 15 jours d’avance. Autant dire que la prise en main sera plus longue (à cause du boulot). Mais avec cet article je sens que je vais gagner de temps ! Je pense par exemple à la surexposition que j’avais constatée aussi !

    Sinon depuis que j’ai découvert le RAW, je n’utilise plus que ça, même si pour certains les photos semblent « froides ».
    Bravo pour ton blog, j’y reviendrai de temps en temps, à la pêche :=))

  8. harvey says:

    @Léo : 5D Mark II demande une prise en main radicalement plus soignée qu’un boîtier de style 30, 40, 50D. Donc dans la série “fiates ce que je dis, ne faites pas ce que je fais (ou plutôt ne faites pas ce que je n’ai pas fait), deux conseils de base. 1- Lisez la doc ! 2- Testez le boîtier sereinement avant d’aller au feu. EOS 5D Mark II en a sous la pédale comme on dit, capable de produire des images là où d’autres boîtiers ne savent pas aller. Mais la prise en main est délicate à plusieurs points de vue. On en reparlera !

  9. Olive says:

    Hello,
    merci pour cet article bien intéressant.
    je suis un novice chanceux qui a pu se payer cet appareil sur les conseils de plusieurs copains photographes.

    J’ai passé une semaine avec un des ces copains et il a aussi mis en avant la tendance à surexposer… il a fallu qu’on joue quasiment à -2/3, – 1 en expo pour arriver à ne pas avoir les ciels surexposés sur bcp de photos paysages de montagne il y a quinze jours, très beau temps avec des nuages. J’ai lu par endroit qu’il y avait moyen de calibrer son appareil mais je n’ai pas trouvé cela dans la doc… donc pour le moment je suis souvent en réglage sous exposé pour compenser.

    Par contre je n’ai pas remarqué de pb d’autofocus marqué, la chance du débutant ou je ne m’en rends pas compte sur mes clichés sans doute simples.

    Oui il faut lire la doc et plusieurs fois je débute mais vraiment c’est un appareil complet il semble normal de devoir lire la brochure…

    J’ai acheté avec le 24 105, je cherche maintenant un zoom pour arriver à 200 ou 300. Je fais des photos de famille, mes gamins, et paysages. Vos avis sont les bienvenus. Je commence à comprendre que le choix d’un objectif dépends bcp du photographe mais j’aime bcp avoir des avis d’utilisateurs.
    J’ai vu votre 70 200 et le modèle en-dessous f4, mais plus léger. j’ai honte de parler de poids et d’encombrement mais ca reste un hobby et si c’est trop lourd avec mes 3 gamins je ne pourrais pas l’emporter aussi…
    Existe-t-il des alternatives à Canon qui restent de qualité ?

    Merci d’avance.

    Olive

  10. harvey says:

    @ Olive : merci pour ce retour, qui confirme une fois encore la nette tendance du 5D Mark II à cramer les images en surexposant de manière systématique. Les témoignages à ce sujet sont unanimes. Quant à l’autofocus, il y a un vrai problème de précision et là aussi on en reparlera, ainsi que de la netteté des images. Concernant le 70-200, il est exact que le 2,8L IS est plus lourd. Il faut mettre en adéquation le matériel avec l’usage qu’on en fait.

  11. kosmo says:

    Bonjour,

    Je serai très interessé par des détails sur comment compenser ce probléme de surexposition.. Je me demande si les ISO automatique ne sont pas le problème…

    Merci de vos conseils.

  12. harvey says:

    @kosmo j’avais testé la fonctionnalité ISO auto sur le 5D Mark II, sans y trouver une solution positive. La surex systématique est une problématique sérieuse, j’ignore si elle touche tous les boîtiers 5D Mark II. A quelle date as-tu acheté ton 5D Mark II ?

  13. cbruno27 says:

    bonjour a tous ,

    je possede un 5d et un 5d mark 2 ,moi aussi j’ai eu des images cramées et je fais -1/3 a -2/3 en correction d’exposition , je n’imprime que du A4 et le résultat en 15 mpx en raw est meilleur que le 21 .
    D’autre part j’ai fait mes premiers essais avec le 24/105 f4 , j’étais
    deçu , en fait il lui faut des objectifs tres lumineux < ou = a 2.8 .
    On obtient l’optimal avec des focales fixes f 1.2 a f 2 , mais qui dit lumineux dit couteux .
    si cela peut aider certains d’entre vous

  14. harvey says:

    @cbruno27 et hop ! Un de plus ! Tout ce que tu dis bruno, je l’ai vécu. Et je n’ai pas d’optiques autres que du L, 2,8 minimum. Avec le recul je me dis que taper du RAW en 15mp est une bonne idée, même si ça peut sembler un peu paradoxal de faire ça avec un capteur 21mp. Par curiosité, à quelle date as-tu acheté ton 5D Mark II ?

  15. cbruno27 says:

    pour Harvey ,

    j’ai acheté mon 5d mark 2 fin mars 2009 , pour en revenir aux 21 mpx
    comme le dit la notice c’est bien pour du A2 ou plus , le 15 mpx suffit
    largement au A3 et au A4 .

    Pour avoir testé vendredi soir le 7d que j’envisage comme boitier complémentaire , force est de constater que l’exigeance en optiques est la meme , j’ai testé avec un 18 / 135 f3.5-f5.6 et le resultat est decevant a 800 isos , demain je vais refaire un essai avec un 24/70 f2.8 et un 50 mm f 1.4 en 18 et 10 mpx car je suis resté sur ma faim…

  16. harvey says:

    @cbruno27 c’est clair que pour du A34/A3 15mp suffisent amplement. Concernant le 7D, je ne peux que te conseiller de tester, sur le terrain avec tes conditions de prise de vue. Et surtout n’hésite pas à revenir ici nous donner tes impressions.

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