Canon EOS 5D Mark II. Premières sensations, premier feedback de retour des Vieilles Charrues.

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Je viens de terminer de dérusher les photos de l’édition 2009 des Vieilles Charrues, j’ai donc un assez bon feedback (une trentaine de concerts environ) par rapport à ce nouveau boîtier, EOS 5D Mark II. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, le niveau qualitatif des photos de l’édition 2009 est nettement supérieur à celui de l’an passé. Bon, en même temps, je m’y attendais un peu, tant il est vrai qu’un EOS 30D versus EOS 5D Mark II, il y a peu de comparaison possible. Seuls points communs les deux objectifs (un 16-35 2,8L et un 70-200 2,8L IS) et le photographe. Allez, ça c’est fait. Premier jour, premiers shoots. Photos cramées, pas nettes. L’enfer me semblerait nettement plus gai. Je suis entré de plain pied dans la diagonale du fou, plus j’avance plus le boîtier me fait des trucs de dingues (mais il faut avouer que je lui facilite largement la tâche). Par exemple de shooter à 1/200e et en visualisation de réaliser qu’en fait il a appliqué 1/100e. Bon, j’ai une petite idée de ce qui est arrivé, mais si vous voulez bien, on n’en reparlera pas. Premier concert. Peu ou pas lu la doc, comme d’hab’, juste monté mon caillou, à la hussarde, 200 iso, mode manuel et en avant Guingamp. Je sors du concert dépité. Second concert, je bosse en priorité ouverture, ça continue de cramer meuh-meuh sur les premiers clichés mais finalement ça se stabilise. Le lendemain, je repère les photographes qui ont un 5D Mark II et j’en parle avec eux. D’abord je réalise que j’ai laissé mon boîtier en mode mesure évaluative (la honte mais bon, le stress, l’urgence…), je passe en mesure spot. Partant de là, je commence à réaliser que ce boîtier a une propension à bouffer de la lumière de manière empirique, à tel point qu’au fur et à mesure que le temps passe et les clichés avec, j’ai tendance à sous-exposer (d’un diaph) et là, ça commence à taper. Et quand je dis taper, mes aïeux ! C’est un euphémisme. En conditions de lumières difficiles, 5D Mark II me renvoit des images brut de capteur sidérantes. Pour compliquer un peu l’histoire, je rencontre ici un photographe emballé par son 5D Mark II, ici un autre qui se plaint de problèmes d’autofocus, là un troisième qui pour toute réponse me dit que ce n’est pas pour rien, hein, qu’il vient de quitter Canon pour l’épicerie d’en face.

l’absence de grain à 3200iso c’est pas du pipeau !
Je tâte un peu du côté des températures couleurs, j’essaie 5400, je monte à 5600 c’est chaud, pour finalement revenir au mode auto, après un passage sur lumière tungstène (beurk !). Du côté des sensibilités, je bosse entre 200 et 500 iso en journée, pour passer de 640 à 1600 iso le soir. J’ai testé 3200 iso (pas au dessus) sur un ou deux concerts, histoire de vérifier si l’absence de grain, ça le fait vraiment, comme mon vendeur me l’a dit. Donc, je confirme, ça le fait. Pas un pet de grain à 3200 iso, aucun doute, Canon, sur ce coup-là, fait très fort. En revanche, la prise en main de 5D Mark II n’est pas aussi évidente qu’elle y paraît. Sur les dix premiers concerts, j’ai louvoyé et j’ai bien failli y perdre une partie de ma santé mentale. L’aspect positif de tout ce bordel a été que j’ai testé sur deux jours tout un paquet de fonctionnalités. Les modes, priorité ouverture, vitesse, j’ai même testé le mode programme (on ne rit pas), pour finalement revenir en manuel, mon seul mode de prédilection. J’ai aussi testé la sensibilité automatique, sans conviction. Et puis, finalement, une fois le boîtier bien en main, ça a été un vrai feu d’artifice.

Où l’on reparle de l’autofocus…
Et là vous me dites… et l’autofocus ? Honnêtement, difficile de me prononcer sur le sujet. J’ai surtout bossé avec mon 70-200 parfois monté sur un extender 1.4 j’étais donc à f4, collimateur central, one shot, mode mesure spot et effectivement, sur certains clichés le focus est pris sur la manche, la boule de micro, la main, alors que je tapais le collimateur central sur le visage. Est-ce que je peux garantir à 100% ce que j’avance, la réponse est clairement non. Tout ceux qui font de la photo de concert connaissent les difficultés liées aux conditions d’urgence, entre autres. Donc je ne peux pas affirmer que ce boîtier présente des difficultés liées à l’autofocus, même si mon intuition me conduit à penser qu’il y a un truc pas clair dans la gestion de l’autofocus du 5D Mark II. Si c’est le cas, de toutes façons il arrivera un moment où je mettrai le doigt dessus. D’ailleurs, si vous-même vous avez un feedback sur le sujet, n’hésitez pas à vous exprimer ici, sur Shots. Pendant le festival, j’ai rencontré un photographe utilisant EOS 5D Mark II qui m’a affirmé sans ambages qu’il n’a jamais fait autant de photos pas nettes (pour ne pas dire floues) que depuis qu’il a un 5D Mark II. Pas très rassurant, tout ça… Si une mise à jour firmware pouvait corriger un éventuel problème, j’en serais ravi.

Une capacité à gérer les conditions difficiles
En conclusion, si vous envisagez d’acheter un 5D Mark II, prévoyez un délai de prise en main, un nécessaire temps d’adaptation. Une fois l’EOS bien en main, la façon dont il restitue les images est bluffante, surtout lorsque les conditions de lumière sont borderline. On dit souvent que ce boîtier nécessite d’excellentes optiques, je confirme. Quant au capteur fullframe, que dire d’autre sinon que c’est le bonheur que de pouvoir à nouveau utiliser un 70-200 comme un vrai 70-200, quitte à monter un extender pour prolonger un peu la focale. Pour le reste, tout le reste, ça se vit sur le terrain et puis sur les photos qu’on ramène à la maison. Je vous donne rendez-vous dans les jours qui viennent, pas loin d’ici, du côté de la cinquième nuit…

voir un cliché de Moby (EOS 5D Mark II, mode manuel, 3200iso, f4 1/400e, mesure spot, focale 180mm)

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