Bon d’accord. Côté piété, je ne suis pas un exemple et du côté des cieux je ne suis sans doute pas en odeur de sainteté, mais comme disait Aragon à qui on demandait s’il croyait en Dieu, le vieux communiste avait répondu prudent : “dans le doute, je ne m’abstiens pas“. Moi, je n’ai jamais levé les yeux au ciel, je n’ai jamais pratiqué la génuflexion, je ne suis pas sûr que Paris vaille bien une messe, même celle dite en latin du Père Lefèbvre. Je veux bien implorer Saint Jude, patron des causes perdues, le bon Dieu et tout le Saint Frusquin si ça peut chémar. Je n’ai pas demandé grand chose en pointant mon nez vers le ciel azuréen, d’ailleurs comme disait ce vieux gredin de Gainsbourg, il n’y a rien de plus chiant à photographier qu’un ciel bleu, en plus si tu as des tâches sur le capteur, bonjour l’angoisse, mais je m’égare (de Carhaix)… Je n’ai pas toujours été blanc-brun, ni trop clair mais finalement j’ai essayé d’être assez droit dans mes pompes, habile raccourci pour revendiquer que sur ce coup-là, on pourrait m’accorder le bénéfice du doute. Je sais que le Père aussi éternel soit-il a d’autres chats à fouetter que de se préoccuper de ma supplique. Plus sérieusement, c’est vrai, on n’attaque pas les gens à coups de hache, fut-il un petit hachoir de cuisine. J’ai pour Joeystarr de la compassion qui m’interdit de hurler avec les loups, qui sont toujours plus ou moins les mêmes. Je ne suis pas sûr que quelques mois d’enfermement derrière des barreaux régleront le problème, la rédemption passant rarement par la punition (j’en suis un exemple vivant). Didier Morville est un garçon sensible, intelligent, censé (j’ai eu l’occasion de le rencontrer lors de son passage aux Charrues en 2007) et son pétage de plomb s’explique en grande partie par un abus de substances qui ne me font pas rire. Qu’il doive se débarasser de cette addiction, il n’en doute pas lui-même, il a d’ailleurs entamé un programme de cure. Qu’on doive l’enfermer pour oublier le problème, je ne suis pas sûr de la validité de la solution. Joeystarr est un artiste flamboyant qui se consume sur scène, déployant une énergie salvatrice aussi saine pour lui que pour le public. On n’enferme pas un jaguar dans une cage, ça le rendrait fou. Il faut trouver une autre voie, une solution plus médicale que carcérale. Pas sûr que la justice des hommes m’entende, alors, Padre, dans le doute, comme Aragon, je ne m’abstiens pas et t’adresse ma supplique pour laisser Didier venir à Carhaix. Pour une fois, je t’en prie, fais-le pour moi. Je te revaudrai ça.
Article(s) pouvant aussi vous intéresser :
- Je ne serai jamais ami avec Arnaud Fleurent-Didier.
- Rendez-vous à CharruesLand. Tous aux Vieilles Charrues 2009 !
- Les photos de la Route du rock en ligne
- Rumeurs festival Vieilles Charrues 2010 : et si d’ici… AC/DC !
- Vieilles Charrues 2010. Jeudi. Mais nom de Dieu, que la pluie cesse.









