Pourquoi (finalement) j’ai choisi EOS 5D Mark II.

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C’est décidé. Finalement, mon prochain boîtier sera un EOS 5D Mark II. Après mûre réflexion, tergiversations, détours, observation des produits concurrents, je décide de rester fidèle à la marque Canon avec laquelle je poursuis mon chemin de photographe depuis 1975. Le premier paramètre qui motive ma décision, c’est la qualité de mes optiques. Comme photographe de concert, j’ai deux options. Soit je shoote dans des salles à taille réduite (des jauges 500 et moins) comme le Vauban, le Run ar Puñs et dans ce cas je suis collé à la scène. Ou bien je suis dans une fosse, en recul par rapport à la scène, c’est le cas dans une salle comme la Carène et, bien sûr, c’est le cas dans des festivals comme les Vieilles Charrues, la Route du rock, Art rock, … Première option, je travaille avec mon 16-35, que j’avais initialement acheté en prévision d’un capteur fullframe. Il me tarde de le monter sur mon nouveau boîtier pour voir comment ce caillou s’exprime sur un plein format. Seconde option, je monte mon 70-200, dont je n’hésite pas à dire qu’il est l’un des meilleurs objectifs que j’ai jamais eu entre les mains. Je dois avouer que la perspective de ne plus l’utiliser me terrifait et que c’est en grande partie pour lui (et à cause de lui) que je suis resté chez les rouges. En revanche, paradoxalement j’appréhende un peu le capteur fullframe, dans des fosses comme à Kerampuihl et la perte du coefficient 1,6 bien pratique dans ce cas de figure précis. Pour compenser, je me dis que je pourrai toujours monter mon extender, gagner un coefficient de 1,4 et perdre deux diaphs, tout en montant à 3200 iso sans grain. Là aussi, côté sensibilité, je demande à voir, et le 5D Mark II a intérêt d’étaler (sinon on va pas être copain…). Autre élément, mineur pour beaucoup de photographes mais (très) important pour moi, le viseur du 5D Mark II affiche 98% de l’image, et donc du cadrage, un paramètre déterminant lors de la prise de vue. Et puis il y a, évidemment, ma connaissance de l’environnement Canon. Avec un 5D Mark II entre les mains, pas besoin de me faire un dessin ou une formation, même accélérée rapide. Je loge une carte (ce sera une Sandisk Extreme III de 16Go) et je fais des photos. Mais ne vous méprenez pas, comme je l’ai écrit ici, la mariée est nettement moins belle que ce que j’avais imaginé. Je zappe certains points noirs, je pense au mode rafale minable, concernant l’autofocus 9 points on fera avec et je ne vous parle même pas du mode vidéo. A ce propos, mes explorations du côté de Nikon n’auront pas été vaines. Il semble que la marque jaune s’intéresse aussi de près à l’implémentation d’un mode vidéo sur ces boîtiers… À l’avenir, donc, que ça nous plaise ou pas, il semble bien qu’on n’échappera pas à la présence de la vidéo sur nos boîtiers reflex. Tiens justement, de Nikon, parlons-en…

Un autre regard sur Nikon…
nikon-shots-frL’aspect positif de ma réflexion, c’est que j’en sais beaucoup plus aujourd’hui sur la gamme Nikon, en ayant laissé de côté bon nombre de mes préjugés. J’ai pu vérifier la pertinence de leurs choix, sortir des a priori pour découvrir une marque que j’avais toujours ignoré, avec, je l’avoue, le même dédain que celui que Canon semble montrer à ses clients pros. Dans la gamme professionnelle fullframe, les boîtiers D700, D3 et D3x ont un positionnement clair, avec des niveaux d’utilisations parfaitement identifiés, alors que chez Canon, c’est l’effet inverse, le 5D Mark II ayant shunté les ventes d’un haut de gamme, celui-ci ayant eu, de surcroît, à souffrir d’un épisode douloureux (1D Mark III). Chez Nikon, du côté des optiques, le nouveau 70/200 2,8 VR produit des images d’un piqué et d’un rendu qui n’ont absolument rien à envier à son alter ego signé Canon. J’ai vu des images produites par un 70-200 monté sur un D700, croyez-moi sur parole : ça donne envie ! Mon choix d’objectif Nikon se serait également porté sur un 24-70 2,8, pour couvrir en deux cailloux remarquablement lumineux les principales focales du grand angle (24mm) au télé (200mm). En revanche, la gamme d’objectifs Nikon présente deux inconvénients : le coût d’une part (systématiquement plus élevé que Canon), la complétude d’autre part, en particulier sur les objectifs ultra-lumineux. Chez Nikon, par exemple, pas de 85mm (ou de 50mm) ouverture 1,2. Idem du côté des grands angles, pas de 24mm à 1,4 et le premier 35mm ouvre à 2. Autre argument mineur mais qui pèse (si j’ose dire) dans la balance, 5D Mark II c’est presque 200 grammes de moins qu’un D700 et mine de rien, 20% de gain de poids à traîner, c’est pas anecdotique.

Les arguments du 5D Mark II
Les deux arguments techniques majeurs de mon choix pour l’EOS 5D Mark II demeurent la plage de sensibilité, d’une part, un paramètre radicalement prépondérant dans la photo de concert qui occupe la majeure partie de mon travail. Le fait de pouvoir shooter à 3200 iso en ayant le grain d’un actuel 400 iso, inutile de vous dire que c’est tentant. J’espère que de ce côté-là le boîtier signé Canon tient ses promesses, de toutes façons il ne me faudra pas longtemps pour le vérifier ! D’autre part, un boîtier fullframe c’est des retrouvailles avec un capteur 24×36, cinq ans après ma séparation (douloureuse) d’avec EOS 3 (el magnifico), sans parler de ceux qui l’ont précédé, F1n ou F1 qui étaient de merveilleux outils, remarquablement construits, d’une solidité sans égale. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais pu me résoudre à vendre mon F1 et son 55mm asphérique 1,2 et c’est pas demain la veille. D’ailleurs, je crame une pelloche de temps en temps. Si tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens…

Le grip, la batterie propriétaire, la carte Sandisk
info-batterie-eos-5d-mark-ii-shotsAllez ! Cette fois, c’est fait. Un EOS 5D Mark II et son grip, une carte Sandisk 16Go. Le grip, un accessoire définitivement indispensable pour shooter en portrait et embarquer deux batteries au lieu d’une. Tiens, à propos de batteries, celle de EOS 5D Mark II intègre une puce qui transmet des infos sur le niveau de charge dans le viseur (mais pas sur l’écran LCD, dommage), le nombre de déclenchements réalisés par batterie, l’autonomie restante, … autant de paramètres intéressants. Notez aussi que la batterie qui équipe 5D Mark II dispose d’une charge plus musclée que les précédentes (1800 mAh) ce qui condamne aussi à acheter une batterie Canon, nettement plus chère qu’une compatible. Les batteries dites compatibles ne le sont pas vraiment : pas de puce évidemment (donc pas d’infos viseur) et la nécessité de charger avec le chargeur livré avec, autant dire des emmerdes à la clé. Ce sera donc une batterie Canon à 80€ pièce, merci Canon. Pour la carte compact sandisk-extreme-iii-16go-shots-frflash, pas de doute possible, c’est Sandisk et rien d’autre. Je pense q’une Extreme III 16Go devrait étaler, la différence de prix avec Extreme IV étant du simple au double (pour le prix d’une Extreme IV en 8Go on a une Extreme III en 16Go), je n’ai pas vraiment hésité. Il me reste des cartes Ultra II et je suis sûr qu’elles rendront encore de nombreux services. Une capacité cumulée qui avoisinne désormais les 25 Go embarqués, le disque dur autonome de 80 gigas, voilà qui devrait me mettre à l’abri des surprises et du capteur 21mp pendant l’été… Le bon de commande et le chèque sont signés, il ne me reste plus qu’à croiser les doigts pour que mon vendeur de prédilection (Antoine Wasson de Reflex Pro à Arras, comme toujours) puisse honorer ma commande. Ironie de l’histoire, Canon (une grosse entreprise qui connaît la crise) travaille en flux tendu et la plupart des revendeurs sont actuellement en rupture de stock sur EOS 5D Mark II. Au fond, je me dis que j’attends depuis cinq ans, je saurai donc patienter quelques jours de plus…

• à lire aussi le banc d’essai très complet réalisé par Focus numérique

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