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	<title>Commentaires sur : Hommage à Dédé la fleur</title>
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	<description>le blog du photographe Hervé LE GALL</description>
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		<title>Par : Charles Mouloud</title>
		<link>http://www.shots.fr/2008/09/08/hommage-a-dede-la-fleur/comment-page-1/#comment-5084</link>
		<dc:creator>Charles Mouloud</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2008 06:24:43 +0000</pubDate>
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		<description>BIBI-LA-PURÉE Il connaissait le quartier latin &quot;comme personne&quot; et le fréquentait comme tout monde. Roi de la bohème famélique ou prou. En guise de costume il ne possédait ni lauriers ni couronnes mais des chapeaux trouées et des poches cabossés. Filou et beau parleur, il se disait l&#039;ami de Paul Fort ; il était surtout l&#039;ami des ivrognes et de l&#039;absinthe. Il se disait aussi le secrétaire de Verlaine et, à la mort de son maître, il vendit des dizaines de fois, à regrets, la canne du poète.

Picasso Villon Joyce et les autres lui ont rendu hommage... Voilà un singulier bien oublié. Heureusement, il reste les poètes pour laisser quelques traces... Une anecdote : Bibi la Purée, poète du caniveau aussi célèbre que famélique, s’invitait chaque jour dans la cuisine d’Adèle Renoir, il disait un poème tout en vidant le bocal de cornichons et un litron de rouge.

Complainte pour complaire à Bibi-la-Purée

par Jehan Rictus

Stupeur du badaud, gaîté du trottin,

Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,

La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres

Et la requimpette au revers fleuri

D’horribles bouquets pris à la Poubelle,

Ainsi se ballade à travers Paris,

Du brillant Montmartre au Quartier-Latin,

Bibi-la-Purée, le pouilleux célèbre,

Prince des Crasseux et des Purotains !

Le Mufle au sortir d’un bon restaurant

Hurle en le voyant paraître aux terrasses :

— « Quel est ce cochon ? ce gâte-soirée,

Ce Brummell fétide et malodorant,

Vêtu de microb’s et ganté de crasse ?

Vraiment la Police est plutôt mal faite ! »

Mais point ne s’émeut Bibi-la-Purée

Qui porte en son cœur un vaste mépris

Pour quiconque n’est bohème ou poète.

Et lors il s’en va promener ailleurs

Sa triste élégance et sa flânerie.

Cy sont ses métiers, besognes étranges

Et premièrement, simple j’m’en-foutiste,

Puis, chacun le sait, ami de Verlaine,

Ami des ponant’s, ami des artistes,

Modèle à sculpteurs dans les ateliers,

Guide à étrangers, cireurs de souliers,

Vadrouilleur encore, s’il vous plaît, bon ange,

Bon ange à poivrots perdus dans la nuit,

Estampeur, filou, truqueur proxénète,

Ainsi va Bibi, l’illustre Bibi !

On dit de Bibi : — « Chut ! c’est un mouchard. »

D’autres : — « Taisez-vous, il est bachelier ! »

Et d’autres encor : — « Bibi est rentier. »

Mais nul ne peut croire à la Vérité :

Bibi-la-Purée, c’est le Grand-Déchard.

Et quel âge a-t-il ? on ne sait pas bien.

Son nom symbolique en le largongi

Proclame qu’il est assez ancien,

Quasi éternel comme la Misère,

Et trimballes-tu, tu trimballeras,

Ô Bibi, toujours ta rare effigie.

Bibi-la-Purée jamais ne mourra.

Va, comédien, noble compagnon,

Cabot de misère, ami de Verlaine,

Errant de Paris, spectre d’un autre âge

Que ne renieraient Gringoire ou Villon,

Vilain, dégoûtant, lécheur de bottines,

Gibier de prison, chair à échafaud

Que couve l’œil blanc de la guillotine,

Dandy loqueteux, fabuleux salaud,

Ô qui que tu sois, gas d’expédients,

Ministre déchu, ex-étudiant,

Mouchard ou voleur, suce-croquenots,

Tu portes un nom bien plus beau que toi :

— « Bibi-la-Purée » : a dit la Putain ;

— « Bibi-la-Purée », dit la Faubourienne

Aussi la Mondaine, aussi le Bourgeois ;

— « Bibi-the-Piourée », daigne l’Angleterre,

— Bibi-la-Purée, songe le Poète...

C’est le Pèlerin, c’est le Solitaire

Qui depuis toujours marche sur la Terre...

C’est un sobriquet bon pour l’Être Humain.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>BIBI-LA-PURÉE Il connaissait le quartier latin &#8220;comme personne&#8221; et le fréquentait comme tout monde. Roi de la bohème famélique ou prou. En guise de costume il ne possédait ni lauriers ni couronnes mais des chapeaux trouées et des poches cabossés. Filou et beau parleur, il se disait l&#8217;ami de Paul Fort ; il était surtout l&#8217;ami des ivrognes et de l&#8217;absinthe. Il se disait aussi le secrétaire de Verlaine et, à la mort de son maître, il vendit des dizaines de fois, à regrets, la canne du poète.</p>
<p>Picasso Villon Joyce et les autres lui ont rendu hommage&#8230; Voilà un singulier bien oublié. Heureusement, il reste les poètes pour laisser quelques traces&#8230; Une anecdote : Bibi la Purée, poète du caniveau aussi célèbre que famélique, s’invitait chaque jour dans la cuisine d’Adèle Renoir, il disait un poème tout en vidant le bocal de cornichons et un litron de rouge.</p>
<p>Complainte pour complaire à Bibi-la-Purée</p>
<p>par Jehan Rictus</p>
<p>Stupeur du badaud, gaîté du trottin,</p>
<p>Le masque à Sardou, la gueule à Voltaire,</p>
<p>La tignasse en pleurs sur maigres vertèbres</p>
<p>Et la requimpette au revers fleuri</p>
<p>D’horribles bouquets pris à la Poubelle,</p>
<p>Ainsi se ballade à travers Paris,</p>
<p>Du brillant Montmartre au Quartier-Latin,</p>
<p>Bibi-la-Purée, le pouilleux célèbre,</p>
<p>Prince des Crasseux et des Purotains !</p>
<p>Le Mufle au sortir d’un bon restaurant</p>
<p>Hurle en le voyant paraître aux terrasses :</p>
<p>— « Quel est ce cochon ? ce gâte-soirée,</p>
<p>Ce Brummell fétide et malodorant,</p>
<p>Vêtu de microb’s et ganté de crasse ?</p>
<p>Vraiment la Police est plutôt mal faite ! »</p>
<p>Mais point ne s’émeut Bibi-la-Purée</p>
<p>Qui porte en son cœur un vaste mépris</p>
<p>Pour quiconque n’est bohème ou poète.</p>
<p>Et lors il s’en va promener ailleurs</p>
<p>Sa triste élégance et sa flânerie.</p>
<p>Cy sont ses métiers, besognes étranges</p>
<p>Et premièrement, simple j’m’en-foutiste,</p>
<p>Puis, chacun le sait, ami de Verlaine,</p>
<p>Ami des ponant’s, ami des artistes,</p>
<p>Modèle à sculpteurs dans les ateliers,</p>
<p>Guide à étrangers, cireurs de souliers,</p>
<p>Vadrouilleur encore, s’il vous plaît, bon ange,</p>
<p>Bon ange à poivrots perdus dans la nuit,</p>
<p>Estampeur, filou, truqueur proxénète,</p>
<p>Ainsi va Bibi, l’illustre Bibi !</p>
<p>On dit de Bibi : — « Chut ! c’est un mouchard. »</p>
<p>D’autres : — « Taisez-vous, il est bachelier ! »</p>
<p>Et d’autres encor : — « Bibi est rentier. »</p>
<p>Mais nul ne peut croire à la Vérité :</p>
<p>Bibi-la-Purée, c’est le Grand-Déchard.</p>
<p>Et quel âge a-t-il ? on ne sait pas bien.</p>
<p>Son nom symbolique en le largongi</p>
<p>Proclame qu’il est assez ancien,</p>
<p>Quasi éternel comme la Misère,</p>
<p>Et trimballes-tu, tu trimballeras,</p>
<p>Ô Bibi, toujours ta rare effigie.</p>
<p>Bibi-la-Purée jamais ne mourra.</p>
<p>Va, comédien, noble compagnon,</p>
<p>Cabot de misère, ami de Verlaine,</p>
<p>Errant de Paris, spectre d’un autre âge</p>
<p>Que ne renieraient Gringoire ou Villon,</p>
<p>Vilain, dégoûtant, lécheur de bottines,</p>
<p>Gibier de prison, chair à échafaud</p>
<p>Que couve l’œil blanc de la guillotine,</p>
<p>Dandy loqueteux, fabuleux salaud,</p>
<p>Ô qui que tu sois, gas d’expédients,</p>
<p>Ministre déchu, ex-étudiant,</p>
<p>Mouchard ou voleur, suce-croquenots,</p>
<p>Tu portes un nom bien plus beau que toi :</p>
<p>— « Bibi-la-Purée » : a dit la Putain ;</p>
<p>— « Bibi-la-Purée », dit la Faubourienne</p>
<p>Aussi la Mondaine, aussi le Bourgeois ;</p>
<p>— « Bibi-the-Piourée », daigne l’Angleterre,</p>
<p>— Bibi-la-Purée, songe le Poète&#8230;</p>
<p>C’est le Pèlerin, c’est le Solitaire</p>
<p>Qui depuis toujours marche sur la Terre&#8230;</p>
<p>C’est un sobriquet bon pour l’Être Humain.</p>
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